Catégorie : Moi, je

  • Ulcérée mais bien pansée

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    Et bien voilà, voilà. A force de ruminer toutes mes aigreurs, toute cette humeur citron a fini par me ronger l'estomac. D'abord un peu puis un peu plus puis encore un peu plus. Au point que les douleurs diffusent dans toute la cage thoracique. On appelle ça des douleurs de type neurogène. Evidemment, ça je ne le savais pas. Au bout d'une matinée un peu angoissante, j'ai cédé à l'insistance de l'Homme de m'envoyer aux urgences. Où bien sûr, on nous a rassurés rapidement. L'infarctus n'était pas au programme. Peut-être un petit début d'ulcère à confirmer par une échographie. 

    L'après-midi, j'ai pris la décision de me trouver un médecin traitant. A 52 ans, ce n'est probablement pas du luxe. Mais cela m'a tout de même donné l'impression de passer dans la catégorie adulte. Il m'a pas mal rassuré lui aussi, m'a donné rendez-vous dans un mois, après les vacances, pour faire le point. Il m'a aussi donné trois jours de repos. 

    Impossible de m'arrêter trois jours. Je suis restée connectée avec le bureau pendant les 3 jours. Ma chef a tout fait pour m'obliger à m'arrêter; elle a donné ordre à mon équipe de ne plus m'envoyer de mails, de ne plus me téléphoner et elle a donné instruction à mon secrétaire de rediriger tous les mails entrants de ma boîte. Je suis devenue enragée. Je voulais traiter un mail et le temps que je ferme les yeux, le mail avait disparu. Ca m'a rendue folle. C'est comme ça aussi que j'ai compris qu'effectivement, j'étais prise dans un engrenage d'assuétude profonde. Le vendredi, j'ai commencé à lâcher prise. Et le samedi j'étais épuisée. Faute d'adrénaline. 

    J'ai pris un peu de recul malgré tout. Certains de vos petits mots, ceux de Swiss'Sis, ceux de Joséfine, ceux de l'Homme ont fait leur chemin vers mon cerveau déraisonné. Ils ont fait mouche, touché juste et m'aident à réfléchir, à penser, bien penser. Et ces petits pansements aident à cicatriser et à repartir le coeur au ventre.

     

  • Caméléon

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    Ce mois m'épuise. Je dors peu, vraiment peu. Je sens que c'est la fin de l'année (traduisez: il y a un an que je n'ai pas pris de vacances si on ne prend pas en considération les longs weekends éparpillés au cours de l'année écoulée). 

    Je dors peu, je rumine mon mécontentement de tout. Mais surtout de moi-même. Je joue un double "je" qui m'enrage. Je suis en porte-à-faux avec certaines décisions particulièrement importantes prises au niveau de la Direction et j'ai beaucoup de difficultés à m'opposer franchement. Si on me demande mon avis, j'y arrive facilement, même si mon avis est totalement à l'opposé de l'avis général. Mais dès qu'on ne me demande rien, j'abonde dans le sens général. Et je suis en contradiction avec moi-même. Enfin pas tout à fait mais quand même. Je n'arrive pas à être tout blanc ou tout noir. Je passe ma vie à voir le bon et le mauvais dans tout. Et pour être tout à fait honnête, j'ai même tendance à ne voir que le bon.

    Cela fait 20 ans que je passe ma vie à écouter les gens vider leur sac, à aller dans leur sens, même si je ne pense pas toujours qu'ils aient raison mais je les laisse tout sortir. Parfois mais parfois seulement, quand je sens qu'ils sont prêts à entendre, je leur donne à voir les contradictions qu'ils énoncent, les arguments de la partie adverse – parce que souvent il s'agit de conflits -, les pistes de solutions, d'autres fois, je leur apporte la solution quand celle-ci se trouve dans mes mains. Mais souvent, je me contente de les laisser s'épancher. Et souvent, cela leur suffit. 

    Aujourd'hui, je craque. D'une part, ce rôle d'éponge a probablement atteint une certaine limite. L'éponge déborde et je pleure.

    Mais aussi, cette habitude d'aller toujours dans le sens des autres me joue des tours et je n'arrive plus à être totalement vraie. Et la couleur caméléon ne me sied pas. 

  • Non fuggite lieti istanti della mia felicità….*

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    * Ne fuyez pas, doux instants de bonheur… (Le barbier de Séville de Rossini).

    Toute une semaine de moments de bonheur les uns après les autres. Des moments de plaisir des sens, des moments de chaleur humaine, des moments de douceur de vivre…. Comment ne pas se réjouir à chaque instant d'être en vie, en bonne santé, tout comme ceux qui nous entourent, comment ne pas profiter pleinement de tout ce qui nous est offert ?

    Samedi: Je vais m'acheter une paire de chaussures (enfin deux), toujours les mêmes mais dans d'autres couleurs, dans ce magasin qui vend tout au long de l'année les mêmes chaussures tellement confortables qu'une fois essayées, elles sont adoptées et qu'il devient difficile d'acheter autre chose. J'en suis à ma sixième paire. Toutefois, la dernière paire s'est mise à bailler à la semelle après peu de temps. La propriétaire de la boutique, d'habitude plutôt peu aimable, s'est montrée charmante et m'a offert de remplacer la paire fatiguée et défectueuse par une paire identique toute neuve. Elle a fait ma journée….

    Dimanche: Parmi les livres de la tournée de 12 livres que l'on se partage à 12 en un an, j'ai reçu pour le mois de mai la biographie de Marie Laurencin. Et j'attends chaque jour avec impatience le moment du coucher où je vais retrouver pour quelques instants la butte Montmartre, le Bateau-Lavoir et le Lapin Agile avec Marie, Guillaume, Pablo, Fernande, le Douanier, Gertrude et Alice, tous ces jeunes fous qui vivaient de rien, de couleurs et de fêtes et qui me fascinent aujourd'hui. Parmi les multiples époques où j'aurais aimé vivre, je pense que ce Paris-là m'aurait infiniment séduite.

    Lundi: L'arbre qui se trouve devant l'entrée du bureau où je travaille est sublime. Il est entré dans le printemps tout en bourgeons roses qui se sont ensuite épanouis en magnifiques fleurs blanches. Il verdit lentement jour après jour. Il est tout simplement splendide. Il me fascine et si j'avais le temps je m'arrêterais chaque jour un instant pour l'admirer plus longuement.

    Mardi: Réjouissances festives entre amis pour célébrer l'anniversaire de l'Homme autour d'une table malgache. Une cuisine divine, tout en saveurs et parfums. Le ravitoto, plat traditionnel national est un pur régal: une cassolette de porc longtemps mijotée aux feuilles de manioc pilées et au gingembre accompagnée de riz parfumé au coco et d'une salade de tomates à la coriandre et au kumbava. Un vrai délice. Le tout arrosé au rhum, arrangé ou non. Et cerise sur le gâteau, le couple qui a ouvert récemment ce tout premier restaurant malgache à Bruxelles est exquis de gentillesse, de sourires et d'attentions. Une soirée délicieuse.

    Mercredi: Non contents de l'avoir entouré la veille, les amis lui ont offert des billets pour le concert organisé au Bozar pour célébrer les 90 ans de Toots Thielemans. Ce fabuleux artiste bruxellois nous a époustouflés. Deux heures ininterrompues de morceaux hyper connus mais revus au son de son harmonica légendaire. Deux heures sans même boire une goutte d'eau. Quel souffle ! Il aurait pu aisément éteindre ses 90 bougies ! Le public en délire lui a manifesté haut et fort son enthousiasme et son amour. L'émotion était vraiment palpable et nous, les filles, nous avons essuyé notre petite larme.

     

    Jeudi: Toutes les semaines ne sont pas aussi chargées mais le rendez-vous était fixé depuis longtemps. Soirée à nous deux, cette fois. Deuxième séance cinéma-opéra de l'année et cette fois c'est Figaro qui nous a enchanté les oreilles. On m'aurait dit il y a 30 ans que j'adorerais ça, j'aurais été plus que sceptique et pourtant nous sommes tous les deux de plus en plus enthousiastes. Cette fois, le Barbier de Séville était retransmis du Teatro Regio de Parme, ce qui ajoutait un brin de nostalgie à l'événement, pour moi, la Parmiggiana d'une année. Morceaux archi-connus ou moins connus, prestation enjouée, trois heures de plaisir non dissimulé. 

     

    Je ne voudrais pas avoir l'air d'un papillon écervelé, je sais qu'autour de moi, proches et moins proches vivent une souffrance, que ce soit une maladie soudaine, un divorce difficile, un deuil violent ou les effets sournois de la crise. Je vois les montées d'extrêmes un peu partout, la peur qui grandit. Je ne suis ni hermétique ni aveugle. J'apporte ce que je peux, même si c'est si peu, dans le réconfort. Mais je ne peux pas m'empêcher de souligner ici, dans la bulle qui m'appartient, les moments de plaisir que l'on peut trouver un peu partout.

  • La liste de mes envies

    Wishlist

    Si j'avais le temps,

    je prendrais plus de temps pour les miens

    je verrais plus souvent mes amis

    je ferais du bénévolat

    je visiterais tous les parcs de Bruxelles

    je m'adonnerais plus assidûment au Pilates et au yoga

    je m'initierais au Tai chi et au Nia

    je suivrais des cours de langue que je ne connais pas

    je prendrais des cours d'oenologie et surtout de thé-ologie (comment on appelle l'étude du thé ?)

    je me lancerais dans la méditation

    je jardinerais

    je serais une parfaite fée du logis

    je prendrais des cours de guitare et de piano

    j'irais danser la salsa et la valse et le boogie et le paso doble et le chachacha

    j'apprendrais le flamenco

    je lirais un livre par semaine

    j'irais au marché tous les jours

    je ferais toutes les expos qui me plaisent

    je tricoterais et je ferais de la broderie

    j'irais à la cinémathèque et à l'opéra

    j'écrirais plus régulièrement sur ce blog

     

    Si en plus, je gagnais au lotto, 

    je visiterais toutes les villes d'Europe

    je dévaliserais toutes les brocantes

    je retaperais les ancêtres qui dorment dans les garages de mon papa et de mon grand-père

    je passerais une saison à la campagne, une saison en ville, une saison à la montagne et une saison à la mer

     

    Alors voilà, je joue au lotto et j'attends la retraite. Pour l'un, les chances sont très limitées voire inexistantes, pour l'autre, je ne suis pas sûre qu'elle me laissera ni le temps ni l'énergie de tout faire.

    Mais rêver ne coûte rien.

  • Prise au vent

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    J'aime le vent. L'homme ne me croira pas mais oui, j'aime le vent. Même si je suis frileuse. Je n'aime pas me promener sur la plage en bikini, faire des allers-retours le long de l'eau, par jour de grand vent sous prétexte que la peau se tanne encore mieux. Non, moi j'aime le vent quand je suis bien couverte de la tête aux pieds. Alors là oui, je peux en profiter pleinement.

    Pas de bol, neuf fois sur dix, "on" ne me propose une promenade en plein vent ou une partie de cerfs-volants qu'en été par grand vent frais. Alors forcément "on" croit que je n'aime pas le vent.

    Alors cette fois, j'ai profité de la journée qui nous était offerte avec Cat, Mitch, Charlotte et Jérémy, à Royan. Une journée de grand vent, où on avait le droit -voire l'obligation – d'être bien couverts et où, pour la première fois de ma vie, j'ai pu prendre les commandes du cerf-volant. 

    Le nez au vent, les yeux rivés vers le cerf-volant, j'ai aimé chercher la prise au vent, lui permettre de s'élever d'un coup et de tout faire pour le maintenir en l'air. Tendre les fils, lâcher un peu de lest, exercer un léger mouvement qui se décuple là-haut. Le garder en vol stationnaire puis brusquement lui imprimer des mouvements de "huit". Donner du mou à la ligne lorsque le bel oiseau pique du nez vers la terre. L'engager à redécoller. Virevolter inlassablement. Sensation d'intense liberté. J'aurais pu rester là des heures.

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  • Météo et bas

      Meteo

    Neige: Chaque année, je reporte cet achat pourtant essentiel. Mais je me dis que j'ai des vieilles bottines et que ça fera l'affaire. Même si je ne les mets pas parce que ça ne va avec rien sauf avec un jeans et que je ne vais pas travailler en jeans. Je me dis que c'est dommage d'acheter quelque chose que je ne porterai qu'une ou deux semaines par an. Mais cette année, j'en ai eu marre de zigzaguer entre les plaques de verglas et les purées de mélasse neigeuse propres aux rues fort arpentées. J'ai donc investi dans des bottes de neige. Pas sexy, c'est pas le but. Pas des moonboots non plus, suis pas à la montagne là, pas des Uggs, ce doit être super chaud mais j'aurais l'impression d'être en charentaises pour l'extérieur, des bêtes bottes quoi mais qui m'éviteront le patinage peu artistique et la pirouette improvisée. 

    Zone de haute pression: Depuis le début de l'année, la tension est maximale au boulot. Je ne suis plus en odeur de sainteté du côté hiérarchique et je n'ai aucune idée de ce qui a bien pu déterminer ce revirement. Je pensais me faire des idées fausses mais depuis que les collègues viennent "me présenter leurs condoléances" après certaines réunions hourleuses, je me rends compte que je ne fabule pas.

    Arc en ciel: On a dépensé le contenu de la tirelire. Cela faisait un an que l'on attendait ce super dîner gastronomique. Je reste totalement admirative devant l'inventivité créative de cet "artisan cuisinier". Il nous a proposé, entre autres, un « Bar de Ligne en rocher d’Huître » où les huitres sont glissées sous la peau du bar et où le tout est cuit dans une croûte de coquilles d'huitres concassées. Une petite merveille. Et tant d'autres surprises telles qu'une mini-choucroute de fenouil, une meringue fine comme du papier de soie et un sorbet d'oranges sanguines à se damner. 

    Brouillard: Le bureau où je travaille est divisé en deux bâtiments, situés dans la même rue à 200 mètres de distance l'un de l'autre. Un bout de la rue est un cul-de-sac. Donc forcément quand on va d'un bâtiment à l'autre, on croise toujours des gens qui, neuf fois sur dix, travaillent dans la même boîte que vous. Et je suis toujours époustouflée et ébahie de croiser des gens qui ne vous voient pas, soit ils sont dans le brouillard, soit je suis invisible. Impossible d'accrocher leur regard, il flotte au ras du trottoir. Et si je lance un bonjour à un non regard, c'est à peine si les yeux se lèvent. Heureusement, il y a bien sûr plein de jolis sourires croisés. Mais au moins un ou deux absents par jour malgré tout….

    Ensoleillement: J'ai déjeûné avec N. après 6 mois de chimio et 3 mois de radiothérapie. Ses cheveux ont repoussé et elle a enfin laissé tomber la perruque. Ses cheveux courts sont roux comme le miel, soyeux comme ceux d'un bébé et bouclent dans le cou. Je n'en revenais pas de la voir si belle, un vrai soleil….

     

     

     

     

  • 2011

     

    Petit-chaperon-rouge

    C'était à nouveau une belle année. Oh, bien sûr, j'ai raté Cuba mais j'ai découvert Marseille et Prague. 

    J'ai perdu un poste que je convoitais mais j'ai gagné en sécurité avec mon premier CDI depuis 20 ans.

    J'ai perdu 3 kilos, même si ça ne se voit pas tant que ça.

    J'ai appris à dormir, ou disons plutôt j'ai lâché prise sur mes angoisses chaque fois qu'un enfant dort/sort dehors.

    J'ai redécouvert l'opéra.

    Les premiers petits maux ont fait leur apparition, une tendinite au niveau du coude m'a bien agacée pendant des mois et mes genoux ont momentanément (enfin, j'espère) perdu ma confiance.

    J'ai vu, oh bonheur, Goran Bregovic, Haris Alexiou et surtout une dernière fois, Cesaria Evora.

    On a passé des vacances délicieuses dans un trullo dans les Pouilles et je me dis qu'on a vraiment beaucoup de chance.

    C'était notre première année sans vacances à la montagne après 23 ans de retrouvailles familiales suisses mais on a passé des moments gravés comme des pierres précieuses dans nos mémoires en famille, à Pâques, à Noël, à Stuttgart pour les 75 ans de Papa, entre soeurs en novembre et en décembre.

    On a passé des moments de pur plaisir, de fous rires, de douceur ou de plénitude avec nos amis, à Majorque, en Touraine, dans les Ardennes ou tout simplement à Bruxelles.

    J'ai lu plus de trois livres par mois, j'ai persévéré dans les tables de conversation grecque, on prend toujours autant de plaisir au théâtre, seuls ou avec Mamy L. et je suis toujours aussi ravie d'être invitée par Mamy B. aux concerts classiques. 

    On a organisé avec plaisir une nouvelle cousinade et surtout surtout on a fêté joliment les 20 ans du petit dernier, tant à nous cinq dans les Pouilles que la soirée surprise à la maison avec tous ses copains.

    Bien sûr, on a dû digérer les échecs scolaires des deux extrêmes et j'ai encore pas mal d'efforts à fournir dans le lâcher prise de jour (la nuit, ça y est, j'y arrive, peux pas tout réussir en même temps, moi non plus).

    L'envol tout en épanouissements d'Anaïs est un vrai bonheur à savourer chaque jour et son installation à quelques volées d'escalier du nid familial l'a beaucoup aidée à s'épanouir.

    Je ne renoncerais pour rien au monde aux journées annuelles avec chacune de mes filles et j'espère que chaque année m'offrira ce bonheur.

     Et, petit Jésus sur la bûche, je vis avec un Homme profondément énervant mais dont je ne saurais me passer un instant. Il est comme le miel ou la crème, il rend ma vie infiniment douce et savoureuse.

    J'écris ce dernier billet de l'année les yeux sur le sapin qui brille de mille petites lumières et je sais pourquoi je suis une "ravie de la crèche". Je n'ai pas trop grandi et je vois toujours les choses avec des yeux de petite fille. Ce n'est pas très adulte, je le confesse, mais c'est ainsi et je ne souhaite pas changer.

    En 2012, je voudrais me servir de cette faculté comme marchepied pour offrir à ceux que j'aime et à ceux que je ne connais pas un infime je ne sais quoi qui leur permettrait de se sentir bien, ne fût-ce qu'un instant. C'est  mon voeu le plus cher – et ma seule bonne résolution pour cette nouvelle année -.

  • Eté indien

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    Il fait absolument magnifique. Le mois d'août est enfin arrivé. Le hic, c'est la rentrée aussi. Cherchez l'erreur ! Allez un petit semainier pour fêter le soleil !

    Lundi: Dîner de rentrée avec Cat et Joséfine. Juste un peu de bonheur entre filles.

    Mardi: C'est l'anniversaire de ma meilleure amie d'enfance. Elle aurait aujourd'hui 52 ans. Elle me précédait de quelques mois. Chaque année, j'y pense à la même date, mais je ne sais pas pourquoi cette année encore plus que d'autres. Je repense à ce matin d'avril quand le (futur) Homme est venu me chercher à la gare, à la joie de le revoir, brisée en éclats en un instant quand il m'a annoncé l'impensable. 21 ans, un vélo à la mer, une voiture, un vol plané, la mort instantanée. 

    Mercredi: Nouveau rendez-vous chez la diététicienne. Cette pèse-personne se fait un poids d'or si elle traite toutes les clientes comme moi. Je rentre, je monte sur la balance, elle note le verdict, me dit de continuer comme ça et allège mon porte-feuille. Et rendez-vous pour dans un ou deux mois. Ca me revient à ce jour à peu près à 60 euros le kilo (perdu). Je sais, c'est cher payé, mais finalement, ça marche lentement mais sûrement. Alors, tout compte fait, autant la payer elle que d'investir dans des poudres hyper-protéinées ou autres cochonneries allégeantes.

    Jeudi: Première pièce de théâtre de la saison. Manneke. On ne peut pas faire plus belge. Tendre et émouvant, l'histoire de l'auteur-acteur lui-même, celle d'un enfant transbahuté par une mère extravagante entre Liège et Bruxelles, entre sa grand-mère et les hommes de passage de sa mère. Mais drôle, émouvant, bouleversant.

    Vendredi: Soirée cinéma en amoureux dans ce cinéma menacé d'expropriation. Le dernier Nanni Moretti "Habemus Papam". Du bon Moretti, de l'Italie, des curés, de la tendresse, un Michel Piccoli absolument superbe d'angoisses. 

    Samedi et Dimanche: Enfin un weekend à la maison. Et malgré le beau ciel bleu, nous sommes restés entre nos 4 murs à les uns coller des plaques de gyproc sur le mur de la cuisine et les autres ranger à grande échelle. Vu de l'extérieur, ce n'est pas très drôle mais moi j'aime les weekends "chantier".

    Et youpie, on nous promet cet été indien pour encore une semaine !

     

     

  • Non, non, rien n’a changé

     

    Suite au billet de FD de cette semaine sur les tubes "trop la honte" de notre jeunesse, j'avoue tout. Je connais par coeur les chansons de:

    – C. Jérôme (j'ai encore quelque part des photos découpées dans des Salut les Copains), Stone et Charden, Demis Roussos, Patrick Juvet, Mike Brant (Qui saura, qui saura, qui sauraaaaa ?), Danyel Gérard, Joe Dassin, Sylvie Vartan, Rika Zaraï, Frédéric François, Carlos, Il était une fois, Mort Shuman, Dalida, Claude François, Michel Sardou, Francis Cabrel, Gérard Lenorman, Dave, j'en passe et des meilleurs.

    – En version anglaise, Elvis, les Beatles, Barry White, Middle of the Road, Tom Jones, les Rubettes, Slade, Sweet, the Troggs, Suzi Quatro, Mungo Jerry, David Cassidy, Billy Swan, Status Quo, Boney M (aaaaargh !), Abba.

    Si un ou plusieurs de ces amours de jeunesse passe à ma portée, je vais les voir en concert, entourés de vieux croulants qui sont heureux comme des enfants. En version anglaise, je vais religieusement en pélérinage aux Golden Years chaque année, en version française je n'y suis allée qu'une seule fois. 

    Vendredi dernier, je suis allée voir les Poppys, si, si, c'est un groupe autorégénérant permanent. Et j'ai chanté à tue-tête "Non, non, rien n'a changé, tout tout a continué – é – é !". Avec conviction. En prime, il y avait the Voca People (extraordinaires), les Magic Platters (tout aussi autorégénérés) et les Choeurs de l'Armée Rouge (ben oui, j'aime aussi Kalinkakalinkakalia…).

    Je suis ultra-ringarde mais j'assume totalement. Rien ne peut me mettre de meilleure humeur que quelques notes d'intro d'un de ces vieux machins pourris.

     

    Hier 

     

    Aujourd'hui

     

  • Semaine de retour

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    Lundi:  Après 4 semaines loin des dossiers, du PC, des collègues, le retour est toujours un peu appréhendé. Mais cette année, ma chef ne m'a pas accueillie d'un "Plus jamais 5 semaines !!" avant même de me dire bonjour. Normal je n'ai pris que 4 semaines…. Et j'avais un remplaçant…. et le mois de juillet 2011 a été moins pénible. Une matinée passée à faire le point avec elle, à saluer tout le monde (du moins ceux qui sont encore là), s'enquérir du temps "magnifique" que les aoûtistes ont eu en Belgique, se réjouir de leurs vacances à venir, être sûre que tout le monde va bien, c'est pas tout ça mais j'ai des mails à lire. 170. C'est moins que l'année passée. Mais qu'est-ce que je donnerais pour être ailleurs….

    Mardi: Rendez-vous chez la diététicienne. Je me demande pourquoi j'y vais, pourquoi je paie une consultation de dix minutes, le temps de monter sur sa balance, vérifier qu'elle est parfaitement d'accord avec la mienne (de balance), et m'entendre dire que c'est bien, qu'on est sur la bonne voie, qu'il faut continuer comme ça. C'est idiot mais c'est plus fort que moi, j'ai besoin de quelqu'un qui joue les "maîtresses d'école" et me donne des bons ou mauvais points. Seul bonus de cette pause-déjeuner: le passage par la librairie et l'achat de Gatsby le Magnifique que je ne me souviens pas d'avoir lu et que le livre de Gilles Leroy (Alabama Song) sur la vie de Zelda Fitzgerald m'a donné envie de lire.

    Mercredi: Mon collègue le plus rentable (rapport efficacité/rapidité) s'en va pour un avenir meilleur. Forcément ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont. Je le regrette déjà. 

    Jeudi: C'est l'anniversaire de Mamy L. Comme avait l'habitude de plaisanter Papy L., on retourne les chiffres de son âge et ça lui fait un joli 18 ans. Du coup, je lui ai offert son premier rouge à lèvres Chanel et elle en avait les joues aussi roses qu'une jeune fille. Dommage que l'Homme ait gâché l'ambiance pour une sombre mais violente discussion avec ses enfants et plus particulièrement son fils sur la valeur du serment et celle de la parole donnée. J'étais assez désolée de la tournure que prenaient les choses mais visiblement Mamy L., contactée le lendemain et qui avait dormi comme un bébé, a trouvé qu'elle avait passé une excellente soirée. Elle est sans doute immunisée contre le verbe haut. Pourquoi je n'y arrive pas ? Je reçois pourtant des piqûres de rappel au moins hebdomadaires.

    Vendredi: Fin de cette première semaine de travail et j'ai l'impression de n'être jamais partie en vacances. Il faut croire que le rythme ne me convient pas. En me levant à 6h30, je devrais aller dormir au plus tard à 23 heures. mais c'est juste pas possible, je n'y arrive pas. Trop de choses à faire, trop d'envies, trop de tout. Comment apprendre à ralentir ?

    Samedi: Je suis allée porter un petit colis à la poste en compagnie de l'Homme. Témoins de loin d'une petite altercation entre un client et un employé, nous avons vu – sans entendre ce qui se disait – le geste honorifique de l'employé à l'aimable attention du client. Nous sommes sortis en même temps que le client furieux, vitupérant mais raccompagné par une charmante vigile, suivie très rapidement par le responsable du bureau de poste. Très vite, nous avons compris que le client était dans son droit et n'avait pas à tolérer les grossièretés proférées par le guichetier. Malheureusement, l'état de sobriété, l'accent étranger ainsi que la mise du pauvre hère n'allaient pas jouer en sa faveur si, comme il en menaçait la planète entière, il allait faire venir la maréchaussée. Ce que l'Homme a tenté de lui faire comprendre, de concert avec madame la vigile et monsieur le responsable, mais dans des termes que la fonction de ces derniers ne leur permettait pas d'utiliser et qui étaient certainement plus percutants pour ce bougre, pourtant bien Belge et fier d'avoir défendu la patrie, comme il s'est empressé de nous montrer les traces de balle sur tout son torse ("Tiens moi ça" et hop que je t'enlève mon T-shirt !). La vigile lui a proposé une cigarette, le responsable a promis qu'il ferait "le nécessaire pour que ça ne se reproduise plus" et son copain est arrivé et l'a emmené "boire un pot, c'est mon anniversaire, aujourd'hui !". Et nous on est repartis en rouvrant le débat sur la valeur des dires de personnes assermentées, sobres ou non.

    Dimanche: Après-midi et dîner chez un ancien copain de l'Homme qu'on voit à peu près une fois par an. Chaque année, je redoute cette rencontre et cette année n'a pas démérité: il n'a pas fallu cinq minutes pour que les conversations se scindent – comme dans les églises aux enterrements d'autrefois – entre hommes à gauche et femmes à droite. Je ne sais pas pourquoi mais c'est le seul couple avec lequel ça nous arrive. Et ce n'est pas ma copine, c'est la femme d'un copain "annuel". Parce que si c'était mes copines, ça irait, je pourrais parler des heures sans les hommes. Mais pas avec elle. Et pourtant elle est intelligente, elle dit pas de c… niaiseries, je ne peux vraiment rien lui reprocher. Alors, bien sûr, au retour, je peux comparer avec l'Homme nos conversations respectives et on a, au final, le double d'informations que si nous avions bavardé à quatre. Mais tandis que l'Homme m'informe sur les nouveaux programmes universitaires et de recherche en matière de sciences de l'éducation physique, moi je ne peux que le tenir au courant des nouveaux protocoles opératoires des colonoscopies (l'anesthésie générale permet maintenant de "faire d'une pierre deux coups, s'il y a un polype, on l'enlève tout de suite", youpie !). J'aimerais autant n'avoir que la moitié des infos et dormir sur le chemin du retour…