Catégorie : Moi, je

  • Ralentir

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    Ce sera le mot d'ordre de cette nouvelle année. 

    Ralentir pour me poser.

    Ralentir pour me reposer.

    Ralentir pour ne plus faire les choses à moitié.

    Ralentir pour réussir.

    Ralentir pour que le cerveau suive.

    Ralentir pour voir.

    Ralentir pour entendre.

    Ralentir pour sentir.

    Ralentir pour goûter.

    Ralentir pour sentir.

    Ralentir pour en profiter.

    Ralentir pour apprendre.

    Ralentir pour être là. 

    Ralentir pour partager.

    Ralentir pour mieux vivre.

     

  • 2010

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    C'était une belle année. D'un point de vue tout à fait égoïste et personnel, bien sûr. Mais je veux écrire ici mon bonheur pour m'en souvenir lors de temps peut-être plus durs. Je veux reconnaître ma chance et ne pas la bouder.

    C'était une belle année. J'ai fêté mes 50 ans avec bien plus de plaisir que je ne l'aurais imaginé. 51, ce sera autre chose mais franchement sauter dans le demi-siècle, entourée de ma famille, de mes amis, de musiciens à qui je n'aurais jamais osé demander un autographe dix ans plus tôt, gâtée comme une enfant à Noël, rien ne pouvait me rendre plus heureuse.

    J'ai passé du temps avec tous ceux que j'aime, certes pas autant que je l'aurais voulu, mais ces moments, même courts, me sont plus précieux que tout.

    J'ai eu l'immense plaisir de passer 24 heures dans l'Orient-Express nous emmenant de Paris à Venise. Le luxe et la classe à l'état pur mais un cadeau que je n'oublierai jamais.

    J'ai vu des concerts extraordinaires (Lorin Maazel, Dalaras, Clapton et Steve Winwood, cadeau de Swiss'Sis à l'Homme, le Jazz Marathon, le Boogie Woogie Festival, les Golden Years, Cecilia Bartoli, Omara Portuendo, sans compter le concert annuel de djembé de Quentin et tous les concerts classiques avec Mamy), des expositions magnifiques (El Greco, "Imagenes de Mexico", la rétrospective Yves Saint Laurent au Petit Palais à Paris pour la fête des mères, "L'orientalisme de Delacroix à Kandinski"), j'ai lu plein de livres passionnants, vu toute une série de pièces de théâtre drôles, tendres, interpellantes, parfois nulles.

    J'ai passé de jolis weekends "ailleurs", à Paris avec mes sorcières bien-aimées pour mon anniversaire, à Venise avec l'Homme, à Majorque avec G. et C., à Nice avec J. et S. . J'ai eu des vacances magiques, cette année encore avec mes enfants.

    Le petit dernier a eu son bac.

    J'ai réussi un examen qui me sécurise au niveau de mon boulot.

    Bien sûr, il y a eu des décès proches, des alertes médicales inquiétantes, des interventions chirurgicales les unes légères ou peu traumatisantes, d'autres d'amie proche bien plus lourdes de conséquences; bien sûr, il y a eu de grosses déceptions sur le plan professionnel mais surtout sur le plan familial, enveloppées de mensonges et d'omissions; bien sûr, il y a eu des moments de découragement, d'épuisement, de fatigue, des nuits sans sommeil; il y a eu les ratés dans les travaux entrepris dans la maison; il y a eu les moments difficiles au boulot, les accrochages violents en famille, et tant d'autres moments plus pénibles.

    Mais tout cela n'est rien en regard de tout le bonheur et l'amour dont je suis entourée et qui me permet d'en redistribuer d'infimes miettes autour de moi tout comme il me permet de vivre plus sereinement les moments gris.

    A vous tous qui passez par ici, je vous souhaite une année 2011, pleine d'étoiles et de petits soleils pour illuminer chacune de vos journées.

     

     

  • Mon beau sapin

     

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    Ces dernières années, le montage du sapin a perdu tout son charme. L'Homme me gâche tout le plaisir. Déjà, il retarde toujours le moment de le monter (tout comme le moment de le démonter d'ailleurs, bientôt on attendra Pâques pour le ranger). Et je piaffe d'impatience parce que pour moi, la magie de Noël c'est avant Noël et un peu après, mais plus vraiment après le Nouvel An.

    Ensuite, il est LE spécialiste du sapin, moi je suis assistante, petite main. C'est lui qui monte le sapin artificiel, branche après branche. Moi, je veux aider mais je ne fais jamais les choses comme il faut. Il faut déplier les branches comme ceci et pas comme cela. Puis il s'agit d'installer les circuits lumineux. Les circuits non colorés vinrent à manquer et donc l'Homme s'est mis en chasse. L'ennui, c'est qu'en ces temps plus green que green, on ne trouve plus sur le marché que des circuits LED dont la lumière lave plus blanc que blanc. Il les a installés en mon absence et quand je suis rentrée, j'ai été terriblement éblouie au point de ne pas pouvoir le regarder en face (le sapin, pas l'Homme). Comme j'ai osé donner mon avis en la matière ("Vous ne trouvez pas que c'est un peu éblouissant ces nouveaux circuits ?"), l'Homme, soutenu par le petit d'Homme, m'a traitée de manipulatrice. "Il eût été plus simple de dire franchement que tu n'aimes pas cette lumière". Ben oui, c'est ce que je voulais dire mais je mets les formules de politesse, je ne manipule pas. Enfin bon, j'ai soi-disant obtenu ce que je voulais puisqu'il a enlevé tous les circuits et recommencé en glissant les LED plus profondément dans le sapin afin d'en atténuer l'impact. 

    Après cela, il faut encore patienter 24 heures avant d'accrocher les boules. Oh bien sûr, je pourrais garnir le sapin moi-même. Mais non, il préfère que je ne monte pas sur l'échelle et je passe les petites boules (pas les grosses, les grosses sont pour le bas) comme une infirmière passe le scalpel au grand chirurgien en salle d'op. Anaïs, elle aussi, aime garnir le sapin. Mais comme moi, elle doit ronger son frein. On peut démarrer l'accrochage à hauteur d'homme, enfin de femme. Mais là encore, il passe derrière nous et modifie une boule ou l'autre qu'il considère mal placée. 

    Là, franchement, c'est moi qui ai les boules et je ne parviens plus à m'émerveiller devant le beau sapin fini, ce qui tout de même devrait être le but recherché, non ?

    Magie de Noël, vous disiez ? 

  • Futilités et contrariétés de la semaine

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    Lundi (contrariée): 

    Lui: J'aurai jamais fini de peindre cette fichue cuisine ! Dis à la dame (raccourci pour "la dame qui vient nettoyer chez nous") de ne pas venir demain, c'est trop le bazar (j'édulcore) et elle va rien pouvoir faire.

    Moi: Faut vraiment ?

    Lui: Ben oui, je vais quand même pas la payer à ne rien faire.

    Moi: Ok, ok.

    Moi (in petto): Je déteste faire ça. C'est comme si je la privais de son boulot. Mais je sens bien que ce n'est pas la peine de discuter. Je sais pertinemment bien qu'elle ne travaille jamais que 2/3 de ses heures et que l'Homme n'est absolument pas dupe.

    Mardi (contrariée, enfin pas tant que ça, j'ai l'habitude): 

    – Moi: Regarde le monsieur là, comme il est beau et élégant, tout vêtu de blanc. Il se rend sûrement à la mosquée pour la fête de l'Aïd

    – Lui: Mouais, c'est pas une raison pour lâcher sa voiture, comme ça, sur le trottoir.

    – Moi: Regarde le camion là; il remonte des Villos et renfloue les stations démunies. C'est futé, puisque souvent les gens préfèrent pédaler en descente et les stations du haut de la ville sont souvent dégarnies.

    – Lui: Ouais, et tu trouves ça écolo ces gros camions polluants ? Ca valait bien la peine d'installer des vélos.

    Je continue ?

     Mercredi (futile, enfin pas tant que ça): Lire dans le métro est un plaisir totalement déconnectant. J'oublie tout, je ne suis dans une rame, sur un quai, dans un escalator, je suis là où l'auteur m'emmène. Plus rien d'autre n'existe. Et quand j'arrive en haut de l'escalier, devant la porte de l'appartement, mon boulot est déjà loin. Je suis passée par un sas de décompression en papier.

    Jeudi (futile): Quoi ? Kate Middleton, future reine d'Angleterre (un jour) porte la bague fiançailles de Lady Di ? Mais c'est totalement indécent ! Lady Di vient à peine de mourir. Comment ça, ça fait déjà 13 ans ? Ah bon ? Oui, mais c'était SA bague de fiançailles. Je sais, c'est futile mais ça me contrarie…. 🙂

    Vendredi (très contrariée): J'en ai marre que les gens que je croise dans la rue, au bureau même parfois, au supermarché (même quand ils marchent sur mes pieds avec leur caddie), dans le bus ou le métro (je sais, je sais, je lis – mais je regarde aussi autour de moi), j'en ai marre donc qu'ils ne vous jettent aucun regard, ne fût-ce que pour vous saluer des yeux, pour remercier, s'excuser ou accepter des excuses. Rien, nous sommes transparents. Ce n'est pas futile et ça me contrarie.

     

     

  • Dommage

    Horloge
    Le rythme au boulot s'est – très légèrement – calmé mais je n'arrive toujours pas à suivre mon activité bloguesque. Je fais le tour du blog au pas de course – mon chien ma souris me regarde d'un air interloqué "d'habitude, tu marches moins vite !" – , je n'alimente plus aussi régulièrement le mien – et c'est pas parce que je n'ai rien à dire, au contraire. Mais le temps me manque.

    Franchement, travailler plein temps, assurer un minimum d'intendance à la maison, être un minimum disponible pour ses enfants et la personne avec qui l'on vit, profiter de ses parents, soeurs, beaux-frères et nièce sans parler du restant de la famille, voir ses amis, faire un 'tit peu de sport, lire, se cultiver (théâtre, concerts, cinémas, expos, …), s'informer, s'instruire, voyager, faire du shopping, cuisiner, essayer des restos, se promener, jouer, bloguer, dormir…., ça le fait pas. Y'a un truc en trop. A mon avis, si j'enlève une de ces activités mais une seule – pas n'importe laquelle non plus, une seule bien précise -, je devrais arriver à combiner tout le reste.

    Hélas, je sens que ça ne va pas marcher…. 

  • Trop plein

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    Là, ça commence à bien faire. Je suis submergée de boulot. Révision budgétaire pour le dernier trimestre. Préparation de tests écrits pour une sélection de candidats. Préparation d'une présentation des activités Ressources humaines par une équipe qui déteste parler en public. Lancement des exercices de promotion. Réorganisation de la moitié des fonctions de l'équipe. Tout ça avec des échéances simultanées et immédiates. Vient se greffer là-dessus un exercice de crise et de continuité des opérations, lancé par définition à l'improviste comme les exercices incendie – sauf que ça dure deux jours -. Comme si on n'avait vraiment rien d'autre à faire. Et un vol de portefeuille dans les transports en commun, mercredi soir, pour couronner le tout. Découvert vers 23h30 seulement quand le fils se souvient soudainement qu'il aurait besoin de quelques euros. 

    Je suis vidée, lessivée, mon corps crie grâce et pouce. Mais je lui intime le silence. Et je me dis que si j'arrive à tenir comme ça, c'est probablement et d'une part parce que ma vie familiale est plutôt stable – un de mes collègues est en train de divorcer et n'arrive pas à vraiment travailler; je me projette dans sa situation et je sais que je serais totalement incapable de fonctionner ne fût-ce que normalement au boulot – et d'autre part parce que je suis une totale optimiste, une adepte du verre à moitié plein, une Scarlett – demain est un autre jour – et que je sais que demain ça ira mieux.

     

  • Un peu de tout

     

    • Un concert comme je les aime. Ce n'est jamais que la dixième fois que je vais le voir mais c'est un peu comme un rendez-vous que je ne peux absolument pas manquer. Il concentre à lui seul ma fibre grecque et mes années de jeune mariée: les moments délicieux avec l'Homme dans le resto dont nous avions fait notre QG et où le patron nous faisait toujours une petite place, même si nous ne consommions que du vin ou un dessert et où nous refaisions le monde avec Yanni guitare et Yanni bouzouki entre deux prestations; les moments délicieux sans l'Homme où je passais en boucle de la musique grecque captée avec toutes les peines du monde sur Radio Campus, une des seules radios libres des années 80 qui passait ce que l'on retrouve sans problème aujourd'hui sur Internet sous le vocable "Musiques du Monde". Dalaras, c'est tout ça pour moi et je ne m'en lasserai jamais.
    • Une petite intervention chirurgicale de rien du tout sous anesthésie locale. Totalement sans douleur. Même si l'infirmière en a fortement douté au vu des grimaces de souffrance crispée que je lui adressais. "Vous avez mal ?" "Non, pas du tout mais j'anticipe !". Elle a dû me prendre pour une de ces cinglées….
    • Un lunch avec deux amis métis que je connaissais séparément et qui travaillent maintenant ensemble et une discussion extraordinaire sur leur perception de l'Afrique et de son fonctionnement. J'ai fini par me sentir plus Africaine qu'eux dans la tolérance à l'à peu-près et au lâcher prise. Mais bien sûr, je la comprends quand elle me dit que la coiffeuse la plante en plein milieu de son soin, demi-tête faite et l'autre pas, en disant "Revenez demain, je dois absolument partir…" .
    • Une pièce de théâtre impromptue (Mamy B. avait gagné deux places) assez interpellante et très bien jouée sur l'impact des chatrooms sur les zados et dans ce cas bien précis sur les envies de – ou les pousse au – suicide. Sur le potentiel malveillant qu'il y a en chacun de nous aussi. Brrrr !
    • Un bouquin passionnant, une brique de 750 pages mais que je retrouve avec délice tous les soirs (et les matins de ce long weekend): Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia. Le portrait d'une génération, celle de mes parents, mais en France, la fin de la guerre, la libération, l'Algérie et les exilés de l'Est, passés définitivement à l'Ouest, abandonnant derrière eux femme et enfants. Poignant mais toujours l'humour, toujours l'humour.
  • Tu peux compter sur moi

    Politique-du-chiffre

    Entre eux et moi, une histoire de "je t'aime moi non plus". J'ai aimé et j'aime le calcul, je n'aime pas trop les mathématiques. J'aime les plus, les moins, les multipliés et les divisés. Je n'aime pas les formules, les graphes, les abscisses et les ordonnées.

    Pendant mes études, j'occupais chaque moment creux en inventant des calculs écrits à l'infini; une addition suivie d'une soustraction, puis d'une multiplication et enfin d'une division. En calcul mental, j'étais imbattable et encore aujourd'hui, je suis généralement la plus rapide à ce genre d'exercice.

    Mais depuis peu, depuis quatre ans plus exactement, enfin disons depuis que j'ai un Directeur, ex-ingénieur en informatique, qui ne jure que par les balances carrées, j'ai acquis une réputation de nulle en chiffres. Je suis parfaite pour tout mais pour les chiffres, alors là ! "Ma petite N. vous savez que je vous aime bien, mais je n'ose pas imaginer vous confier le département Finances, même dans mes pires cauchemars". Charmant. D'abord, je ne lui ai rien demandé de tel, suis pas folle. Ensuite, d'accord, je me suis trompée une ou deux fois au début, mais maintenant, je vis le syndrome du cancre dans le fond de la classe qui se comporte comme on le considère.

    Et c'est sûr, je ne m'applique pas assez sans doute. Si je lui rapporte qu'au 31 mars, on était 425 membres du personnel, et qu'en fait on était 427, il avale sa calculette de travers. Alors que pour moi, c'est pas grave si en réalité on est 427. Quand il y en a pour 425, c'est pas deux couverts en plus qui vont faire la différence. C'est pas comme si j'avais dit qu'on est 143 non plus. Mais je ne sais pas pourquoi, dès que je tourne le dos à mon ordinateur, les formules de mon tableau Excel se modifient à mon insu. Juste un peu de sorte que je ne me rend compte de rien.

    Mais je sais moi que je ne suis pas nulle en chiffres. 

    • J'ai tenu les comptes du ménage au centime près bien avant l'arrivée d'internet à la maison, dans un joli carnet à carreaux. 
    • J'ai économisé sou après sou de quoi s'offrir un micro-ondes à une époque où cet achat représentait une montagne. 
    • A quelques exceptions près, je ne me suis jamais trompée dans mes règles de trois pour préparer un gâteau. 
    • J'ai travaillé 6 ans dans une banque et je comptais les billets à la main et je tombais presque toujours juste. 
    • Je connaissais par coeur les comptes bancaires de la plupart des clients. (D'accord, un jour, j'ai, par inadvertance, balancé un chèque de 15 millions de francs belges à la poubelle mais ça, c'est pas une erreur de calcul :-)). 
    • Je n'ai jamais perdu un enfant quand on organisait un anniversaire avec 14 petits copains. 
    • Je peux compter les calories mieux que n'importe qui. 
    • C'est souvent moi qui compte les points au Scrabble. 
    • Quand on part en weekend à plusieurs, c'est à moi qu'on confie la cagnotte et les comptes à la fin du séjour. 
    • Et je suis passée maître en comptage de moutons la nuit.

    Alors, qu'est-ce qu'il ra-compte, ce Directeur binaire ?

  • Le dream de l’Orient Express

    J’en rêve
    depuis plus de 30 ans. Je ne sais pas quand cela a commencé mais je me souviens
    de ce jour où ce train mythique était à quai à Bruxelles pour quelques jours
    offert à la curiosité des visiteurs. Je devais avoir 18-20 ans et mon papa m’a
    emmenée le visiter (ou était-ce l’inverse ?).  Malgré une visite type Vatican (“Avancez svp, poussez-vous, 
    y’en a d’autres derrière qui attendent !”),
    j’en ai gardé un
    souvenir éblouissant.

    Jamais je
    n’aurais cru qu’un jour, moi aussi…. 

    J’avais
    essayé l’année dernière pour nos 25 ans de mariage mais je me suis fait
    remettre sur les rails aussi sec (“Ca va
    pas la tête ? Tu sais combien ça coûte ?).
      C’était sans compter sur la famille, les amis, qui ont remis
    le train sur la bonne voie pour mes 50 ans. Et le  rêve est devenu réalité.

    Thalys
    Bruxelles-Paris. Gare du Nord-Gare de l’Est. Accueil et petite mise en bouche
    dans un lounge de la Gare de l’Est. Assez nul et qui fait déjà craindre à
    l’Homme la suite du programme. 
    Moi, je m’amuse à observer les personnalités qui attendent
    l’embarquement. Un peu comme Hercule Poirot que j’ai bien sûr racheté pour
    l’occasion. Beaucoup sont là pour la première fois, comme moi, visiblement pour
    un cadeau d’anniversaire de mariage ou de dizaine. En couple, en famille ou en
    couples de parents et d’enfants adultes. Très peu entre amis.

    21h45: on
    embarque. Le train bleu est encore plus beau que dans mon souvenir et pour une
    fois, l’Homme est émerveillé (“Ah ouais,
    c’est vrai qu’il est beau !”)
    – ouf, Dieu sait comme il est difficile
    d’épater l’Homme. L’intérieur ne le décevra pas non plus. C’est splendide. Par
    contre, je ne me rendais pas compte que les cabines étaient si petites. Se
    changer pour le dîner dans 3m2, à deux, demande pas mal de patience et de
    collaboration. Et encore, le train n’a pas encore démarré. Et pour cause, il
    ne démarrera qu’à 1h15 du matin avec plus de trois heures de retard. La
    locomotive était en panne et la loco de rechange se trouvait dans le Sud-Est de
    la France.

     Le dîner en compagnie d'une Mamie de 80 ans et de sa petite fille est tout à fait à la hauteur et la magie continue d'opérer. Pendant ce temps, le steward de notre wagon a joué les marraines de Cendrillon et a transformé notre dressing de 3m2 en chambre nuptiale. Bon, d'accord en lits superposés mais malgré tout, cela reste très glamour. La nuit, je dors peu, je ne veux pas en perdre une miette et je scrute le paysage dans la nuit. Je parviens à distinguer des forêts de grands sapins très impressionnants dans le noir. Je finis par m'endormir, sourire aux lèvres. Je ne remercierai jamais assez ceux qui m'ont fait ce cadeau.

    Petit déjeuner dans la chambre, si l'on peut dire. A partir de là, le paysage commence à devenir totalement idyllique, on ne sait plus où regarder, par la fenêtre du wagon, par la fenêtre du couloir, je passe de l'un à l'autre et l'Homme clique-claque à tout va. Le train traverse la Suisse, l'Autriche, le Liechtenstein et passe les Alpes et des paysages de montagne au printemps défilent sous mes yeux émerveillés. Le train emprunte des voies peu fréquentées et prend son temps. C'est un TPV qui pousse des pointes à 130. 

    L'heure du déjeuner nous ramène au wagon-restaurant où le maître d"hôtel nous a réservé une table pour deux cette  fois. Le chef est toujours à la hauteur. Le reste de l'après-midi s'écoule à la vitesse de l'éclair à travers des paysages de montagne tout simplement magnifiques. L'arrivée à Venise en soirée représente la fin d'un rêve.

    Il y a des
    choses qu’on ne fait qu’une fois dans sa vie. Vraiment ? Au dîner, j’ai entendu un
    monsieur dire à sa maman : “C’est la
    première fois qu’il part avec autant de retard!”.
      S’il dit cela, c’est que cela fait au moins 3 à 4 fois qu’il
    le fait, ce voyage, non ?

    Je peux
    revenir pour mes 60 ans ? mes 70 ? mes 80 ?




  • Une journée comme les autres

    Rh
     

    C'est quoi ton boulot exactement ? Tu t'occupes de recrutement ? C'est curieux, tout le monde a dans sa vie professionnelle à faire avec un service au mieux de Ressources humaines, au pire du Personnel mais il y en a encore qui se demandent ce qu'on fait toute la journée. Alors pour ceux-là, pour mes enfants et pour ma…. chef, voici à quoi ressemble une journée-type:

    8h30: un peu plus tard que d'habitude, vacances de Pâques oblige, j'ouvre la boutique (càd dans l'ordre, la lumière, le PC et les mails de la nuit).

    Jusqu'à neuf heures: je réponds aux derniers mails, en m'interrompant toutes les 5 minutes pour saluer les collègues qui arrivent au compte-gouttes et me racontent l'une ou l'autre aventure de leur soirée de la veille ou qui me détaillent par le menu leur bulletin de santé.

    9h: je m'offre un café et commence à finaliser un dossier de mobilité interne – qui a postulé où, qui a interviewé qui, qui prend qui -, je donne quelques coups de fil aux différents responsables concernés et j'établis une première esquisse des mutations à venir. 

    Cela ne devait pas me prendre plus d'une demi-heure mais comme toujours j'ai été interrompue à plusieurs reprises pour 

    1) réclamer au service de la sécurité les autorisations d'accès au bâtiment pour les ouvriers qui viennent terminer les travaux de la cafeteria ce samedi. – C'est uuurgent, si on les a pas, ça va être le bordel demain matin ! – D'accord, d'accord, je m'en occupe.

    2) un de mes collègues téléphone pour dire qu'il est malade et qu'il ne viendra pas aujourd'hui. Le temps de récolter les informations essentielles de sa journée et de réorganiser les rendez-vous qu'il avait, trouver les volontaires désignés pour le remplacer ici et là. 

    3) je réponds à une collègue qui a besoin d'informations pour avancer dans ce que je lui ai demandé de faire la veille

    4) je réponds à une dame qui vient juste de perdre son mari et qui nous téléphone pensant que son mari travaillait chez nous alors que ce n'était pas le cas.

    Il est donc déjà 10h30 et dans une demi-heure et j'ai une réunion dans un autre bâtiment à dix minutes de là. Je ne vais pas pouvoir faire grand-chose. Je parcours rapidement les mails arrivés entretemps. J'en gère un ou deux et je rassemble mes papiers pour la réunion.

    11h: Réunion pour valider les grilles de sélection de la prochaine procédure de recrutement. Dans la fonction publique, on essaye d'être le plus transparent et équitable possible. La moindre suspicion de favoritisme est immédiatement qualifiée de népotisme. On fait gaffe. Du coup, on met en place des procédures d'évaluation des candidatures tellement sophistiquées et mathématiques que cela en devient ridicule et qu'on y perd en qualité de jugement. Et on perd un temps fou en plus. 

    12h30: Je reviens au bureau. La secrétaire me signale qu'il y a un mail urgent : une maman dont le fils de10 ans vient de se casser la jambe au ski demande en urgence un congé parental, elle voudrait rester avec son fils dès lundi. Normalement il convient de le demander x semaines à l'avance mais là, c'est urgent et la collègue en charge de ce type de demande est en vacances. Bon, je passe la main, je trouve une collègue dont ce n'est pas le domaine d'activité mais qui s'y connait un peu et je lui demande de contacter la collègue et de gérer l'affaire. 

    12h45: je devrais me mettre en route et repartir pour l'autre bâtiment pour la séance de Pilates mais je sens le stress de ma chef qui rôde autour de moi pour une note urgente à finaliser. Je décide de laisser tomber le Pilates, je m'attaque à cette note. Elle me barbe. C'est complexe, juridique et trop long à vous expliquer ici. J'ai faim et je ne suis plus très efficace. Je déjeûne sans quitter l'écran. Je vais me chercher un café. Je passe devant les petits oeufs de Pâques, je résiste. Cette note m'ennuie vraiment. C'est l'heure de la pause tout de même. Je fais un petit tour des blogs. Je laisse quelques commentaires.

    Bon, cette note….. Péniblement j'aligne deux trois paragraphes. On frappe à la porte que j'avais fermée pour mieux me concentrer. Une intérimaire qui n'en peut plus de ne jamais connaître ce dont demain sera fait. Je la rassure assez vaguement, je n'ai pas la tête à ça. Elle repart, à mon avis, peu satisfaite. 

    14h: Bon, je n'ai pas trop avancé, il faudrait que je m'active. 

    14h30: Encore un mail urgent. Je dois identifier les volontaires désignés pour faire partie des comités d'évaluation des candidatures de stagiaires. Cela va assez vite, je ne rencontre pas trop de résistance. 

    15h: je prépare le rapport d'évaluation d'une collègue. J'avais complètement oublié que j'étais en vacances la semaine prochaine et cela doit être prêt pour mon retour.

    16h15: j'ai une réunion dans une demi-heure, je n'ai pas fini la note urgente et je dois encore téléphoner au médecin conseil pour prendre des nouvelles de deux collègues en maladie depuis longtemps et discuter des approches à suivre. 

    16h30: rendez-vous avec un consultant externe pour préparer un séminaire de toute la direction sur le plan d'action consécutif à l'enquête de satisfaction du personnel. Super intéressant. La consultante, je la connais, est une femme extraordinaire et je bois comme du petit lait tout ce qu'elle dit. Elle a l'art de transformer les situations les plus désastreuses en tremplin pour rebondir et elle regonfle à bloc les baudruches les plus à plat.

    17h30 déjà: je termine plus tôt, c'est vendredi et j'ai un supermarché à faire. Je refile la note à l'état plutôt embryonnaire à ma chef qui se lamente sur l'absence de ma tête, de mes dix doigts et de ma bouche la semaine prochaine. Cela sonne bizarrement mais je décide de le prendre comme un compliment.

    17h50: je ferme la boutique, je file, l'Homme m'attend depuis 20 minutes. 

    18h20: Supermarché à deux, un des chouettes moments du vendredi.

    19h30: double file, décharger la voiture, tout monter, tout ranger, petite pause café.

    20h: l'Homme prépare une poêlée de courgettes, poivrons, tomates. Je range quelques bricoles, grignote ici et là (pas bien), papote.

    21h: on dîne enfin, à quatre, Maïté rentrait plus tard. Un copain vient chercher Quentin pour aller…. manger. A cet âge là, ils peuvent manger deux fois, ça gêne pas.

    21h30: Maïté rentre, je lui propose de nous accompagner à brûle-pourpoint à Balkan Trafic, une soirée de musique des Balkans au BOZAR. Moi, j'y vais surtout pour une heure de rébétiko. Elle accepte séance tenante. Si c'est grec, en bonne fille de sa mère, Maïté est toujours partante. 

    22h: une heure de pur bonheur. Stelios Vamvakaris et son bouzouki. Une heure de rebetiko absolument divin. Dommage que le public n'ait pas été à la hauteur. 

    24h: Bonne nuit, demain est un autre jour……