Ce mois m'épuise. Je dors peu, vraiment peu. Je sens que c'est la fin de l'année (traduisez: il y a un an que je n'ai pas pris de vacances si on ne prend pas en considération les longs weekends éparpillés au cours de l'année écoulée).
Je dors peu, je rumine mon mécontentement de tout. Mais surtout de moi-même. Je joue un double "je" qui m'enrage. Je suis en porte-à-faux avec certaines décisions particulièrement importantes prises au niveau de la Direction et j'ai beaucoup de difficultés à m'opposer franchement. Si on me demande mon avis, j'y arrive facilement, même si mon avis est totalement à l'opposé de l'avis général. Mais dès qu'on ne me demande rien, j'abonde dans le sens général. Et je suis en contradiction avec moi-même. Enfin pas tout à fait mais quand même. Je n'arrive pas à être tout blanc ou tout noir. Je passe ma vie à voir le bon et le mauvais dans tout. Et pour être tout à fait honnête, j'ai même tendance à ne voir que le bon.
Cela fait 20 ans que je passe ma vie à écouter les gens vider leur sac, à aller dans leur sens, même si je ne pense pas toujours qu'ils aient raison mais je les laisse tout sortir. Parfois mais parfois seulement, quand je sens qu'ils sont prêts à entendre, je leur donne à voir les contradictions qu'ils énoncent, les arguments de la partie adverse – parce que souvent il s'agit de conflits -, les pistes de solutions, d'autres fois, je leur apporte la solution quand celle-ci se trouve dans mes mains. Mais souvent, je me contente de les laisser s'épancher. Et souvent, cela leur suffit.
Aujourd'hui, je craque. D'une part, ce rôle d'éponge a probablement atteint une certaine limite. L'éponge déborde et je pleure.
Mais aussi, cette habitude d'aller toujours dans le sens des autres me joue des tours et je n'arrive plus à être totalement vraie. Et la couleur caméléon ne me sied pas.

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