Catégorie : Moi, je

  • Une semaine parmi d’autres

    Jours

    Lundi: Rendez-vous annuel pour la mammographie. J'y vais toujours confiante, comme si le simple fait d'y aller était une garantie d'échapper au drame. Une sorte de syndrome de la bonne élève. Absurde mais impossible d'échapper au sentiment. Quand elle m'a dit d'un petit air contrarié: "Je dois comparer avec les clichés de l'année dernière, je reviens dans 5 bonnes minutes", j'ai flippé et j'ai passé en revue tous les scenarii possibles. Bien sûr, elle est revenue souriante mais j'ai retenu la leçon. 

    Mardi: J'ai réservé la veille deux aller-retour pour Palma en septembre pour rejoindre Guy et Catherine comme l'année passée. Le midi, Anaïs me signale, un peu narquoise, que nous partons la semaine qui suit sa semaine de vacances en Toscane. Je soutiens le contraire puisque je sais pertinemment que nos semaines de vacances coïncident. Mais elle persiste et je suis bien obligée de constater que je me suis royalement plantée. Coup de chaleur intense, vite téléphoner à la compagnie aérienne qui, parce que dans un délai de 24 heures, accepter de modifier mes dates. Ouf ! Je bénis 36 fois ma petite curieuse qui met toujours son nez dans mes affaires, mes e-mails, mes to-do lists. Anaïs, toi qui sais toujours tout, saurais-tu me dire où on a égaré les deux places de concert de Cesaria Evora que Mamy a offert à l'Homme ? 

    Mercredi: Voilà un an que Quentin collectionne les insectes dans le but de finaliser sa "boîte à insectes" à remettre pour la fin du mois et qui doit compter 50 insectes de 8 ordres différents, uniquement belges et en bon état. Voilà un an que petit à petit mon surgélateur se remplit de bocaux où un ou deux insectes ont été cryogénisés. Ce mercredi, ils sont tous passés dans le panier chinois que l'on utilise pour cuire à la vapeur (hum!) et le doux parfum de la chitine qui dégèle n'a rien de très alléchant. Mais le résultat est assez beau. Sauf que les alignés dans la boîte ne sont qu'une quarantaine et de 6 ordres différents seulement. Ce sera dur de boucler la chasse pour ce dimanche. 

    Jeudi: Petite fête au bureau réunissant les RH, la Communication et les informaticiens autour de deux guitares, une pompe à bière, une "casserole" de mojito et quelques petits plats maison. En prime, deux baffles et quelques mp3. Pour ceux et celles qui aiment danser, un bon moment. Pour ceux qui aiment boire, un autre bon moment. Le hic, c'est qu'à partir d'une certaine heure, ceux qui aiment danser rentrent chez eux, famille oblige. Ceux qui aiment boire s'incrustent et ont de plus en plus de mal à se lever pour rentrer chez eux. Moi, je serais bien restée encore un peu, surtout autour des deux guitares, mais la "lourdeur" de certaines éponges devenait de plus en plus difficile à supporter.

    Vendredi: Rendez-vous chez le spécialiste de la main. Oui, je sais, c'est la semaine médicale. A ma grande surprise, à 8 heures du mat', j'ai retrouvé dans la salle d'attente deux de mes collègues. L'une s'est retourné un doigt en ponçant un mur, l'autre s'est tordu le poignet en bâchant et moi, je me paye une épichondylite à force de trop chatouiller la …. souris. A la maison aussi, les deux hommes ont tenu à m'accompagner dans les "bobos manuels". Mais ils se la jouent plus chic. Alors que moi, j'arbore une attèle de tout le bras, en forme de bras porté en écharpe, Quentin porte une attèle en forme de gant de coureur automobile pour traiter les suites d'une mini-fracture de la main mal soignée et l'Homme porte une mini-bague pour un doigt en col de cygne (traduisez un petit doigt qui joue à se désolidariser de la main, sans prévenir). 

    Samedi: Typical samedi: le marché, le pain, la pharmacie, le pressing, le trottoir côté soleil toujours. Des petits pois à écosser. Des cerises à croquer. Les premiers abricots. Soirée en amoureux au jazz marathon. On prend les mêmes que l'année dernière et on recommence. 

    Dimanche: Dernier jour pour Quentin avant un mois d'examen. Je ne sais pas trop comment l'aider. Mais le mois qui s'annonce va être particulièrement pénible.

     

     

  • Un peu, beaucoup, passionnément….

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    J'ai une relation particulière aux fleurs. Je n'aime pas tant les bouquets que les fleurs solitaires. Non pas une fleur unique à poser dans un solitaire mais les fleurs uniques dans leur variété. Je les préfère dans un jardin ou dans la nature mais comme je n'ai ni jardin ni nature autour de moi, j'aime celles que l'on m'offre – rarement – également.

    Chacune d'elle entretient avec moi une histoire, voire plusieurs histoires particulières. Chacune d'elle m'évoque une branche de ma vie, un pétale de mon coeur.

    Le coquelicot: ma préférée. Fragile, éphémère, délicate, associée à jamais aux champs de blés. Il le savait, il s'est arrêté plusieurs fois entre la mer et Bruxelles pour me ramener à la vitesse du vent, avant qu'il ne se fane, un coquelicot cueilli au bord de la route. Je n'en profitais pas parce que je les séchais immédiatement entre deux dictionnaires pour être sûre de ne pas perdre ce précieux témoignage de son amour, comme si je pouvais protéger de la même manière la permanence de cette idylle naissante. Et j'ai toujours dans un tiroir un de ces petits coquelicots, mon âme….

    L'hortensia: Je connais plein de gens qui trouvent l'hortensia ringard. Moi pas. Il est d'abord associé à ma grand-mère que je n'ai pas connue. Mon grand-père me disait qu'elle en coupait toujours quelques uns dans le jardin qu'elle mettait dans un vase sur l'appui de fenêtre pour honorer la Sainte Vierge le jour de la procession du 15 août qui passait devant sa maison. Puis ce fut – et ce l'est probablement encore – une des fleurs préférées de ma Joséphine qui est tout sauf ringarde et qui du même coup a rendu à l'hortensia ses lettres de noblesse. Si Joséphine les aime, c'est que forcément c'est une fleur on ne peut plus élégante. Enfin, c'est LA fleur de notre jardin en Italie. Tout le long de l'escalier qui menait à l'entrée de la maison, des parterres d'hortensia m'accueillaient tous les soirs de mai à septembre. Une vraie bénédiction. C'est leur image qui sera ma dernière vision de la maison quand nous sommes partis en marche arrière. Pour notre anniversaire de mariage, l'Homme – qui déteste les hortensias – m'a fait le plaisir de m'en offrir deux gros pots. 

    Le lys: L'autre fleur préférée de Joséphine. Offrez-lui des lys blancs pour voir ses grands yeux pétiller. Ce sont aussi les fleurs que Mamy L. offre régulièrement au souvenir de Papy L.

    La pensée: La petite veloutée à mettre sous presse par excellence. Tante Danielle en avait des parterres sublimes. Cette discrète est un modèle de perfection de dessin, de couleurs et de douceur.

    La pivoine: Souvent je l'appelle la bonne grosse pivoine. Elle a un côté joufflu, "fluffy" qui me réjouit. Et ses couleurs me regonflent le coeur.

    L'orchidée: Cette fleur que je n'aimais foncièrement pas et qui s'est imposée à moi par amour. C'est la toute première fleur qu'Il m'a offerte, une seule fleur d'orchidée coupée très court, d'une couleur douteuse, piquée dans un petit vase en plastique très moche. Mais je suis restée éveillée une partie de la nuit à la regarder. Nous entretenons des relations distantes, je la trouve foncièrement belle, surtout les blanches et pourtant hautaine et prétentieuse. Mais c'est la fleur de mon premier et unique amour. 

    La glycine: C'est le premier et le seul arbre que nous nous sommes jamais achetés. Elle nous a charmés sur la terrasse à Turin et nous n'avons pas eu le courage de l'abandonner là-bas. Nous l'avons ramenée à La Glanerie où elle s'est acclimatée à des cieux plus frais et s'épanouit tout en parfums. Mais il faut malheureusement jongler avec les calendriers et les caprices des saisons pour en profiter le temps si court d'un weekend.

    La gueule de loup: Une drôle de petite fleur qui m'a toujours fascinée dans le jardin de Tante Danielle. J'ai joué pendant des heures à mener patiemment mais cruellement des insectes dans la …. gueule du loup.

    La jonquille: La fleur de Pâques. Il n'y en avait que deux-trois dans le fond du jardin à La Glanerie et n'en étaient que plus précieuses. Jusqu'au jour où j'ai passé un séjour linguistique chez Mrs Wright qui cultivait des parterres entiers de "daffodils".

    La lavande: La reine de la Provence, la discrète mais entêtante lavande au parfum totalement inimitable. 

     Et puis, last but not least, à ne pas oublier,… le myosotis. 

  • Au fil d’avril

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    Un petit semainier ?

    Vendredi: Avril commence toujours sous le signe de la facétie et de la plaisanterie. Cette année, nous avons annoncé à nos 500 collègues qui se plaignaient régulièrement de la température trop élevée ou trop basse de leur environnement de travail que nous allions redistribuer l'espace des deux bâtiments dont nous disposons en fonction de leur origine géographique: tous les Méditerranéens dans le bâtiment fournaise et tous les Nordiques dans le bâtiment frigo. La plupart ont tout de suite flairé le relent de poisson mais certains ont mordu à l'hameçon et ont déploré plaintivement l'approche parce que "vraiment ils regretteraient de ne plus pouvoir travailler avec leur charmante collègue portugaise ou leur chef irlandais".

    Samedi: Soirée délicieuse au sens propre et figuré. Au sens propre parce que le lapin à la grecque de l'Homme était divin, que mon tartare de tomates et ma poire confite aux épices et glace vanille n'étaient pas mal non plus. Au sens figuré surtout parce que les convives étaient aussi exquis. Trois couples de 40, 50 et 60 ans que finalement rien ne sépare si ce ne sont les signes du temps et la situation familiale (petits enfants, grands adulescents et jeunes adultes hors nid). Cela donne des conversations et des échanges de vues tout aussi riches qu'agréables. Et on s'endort toujours ces soirs-là avec un sentiment de plénitude non dissimulée.

    Dimanche: Guy et Catherine nous ont invités à visionner les photos de leur séjour à Cuba auquel nous avons renoncé, à gros regret en ce qui me concerne. Et les photos mais surtout le compte-rendu de leur séjour riche de nombreux contacts avec les habitants ont attisé ce regret. Je ne parle plus l'espagnol et je n'aurais plus l'occasion de profiter de cette approche plus directe. Bien sûr, je peux toujours m'y remettre, bien sûr. Mais la vie file….

    Lundi: Nous revoilà dans une période de boulot intensif et je dois de nouveau renoncer à plein de choses; pas de table de conversation en grec ce midi, pas de cours de Pilates, pas de cours de barre à terre. A la place, une lasagne maison préparée par un collègue, engloutie sur un bout de bureau, les fesses engluées sur ma chaise.

    Mardi: Et suite logique, lors du rendez-vous chez la diétiéticienne, le verdict est tombé: un kilo de plus que le mois passé alors que son programme est sensé me faire perdre entre 2 et 4 kilos par mois. Je dois sans doute me planter quelque part. Elle passe en revue mon compte-rendu minutieux de mes entrées et identifie les coupables. A partir de maintenant, plus de pain (à part le toast du matin), plus de pâtes, plus de féculents pendant 2 mois. Un litre d'eau pure. 20 minutes de marche serrée par jour. Allez, on s'y remet.

    Mercredi: Séminaire d'une demi-journée pour l'équipe de direction auquel je suis invitée en special guest. Le thème du jour est la responsabilisation et la motivation de ses troupes. J'apprend donc que ma chef considère que si les choses fonctionnent avec moi, entre autres troupes, c'est parce qu'elle a décidé que cela devait marcher, il n'y a pas d'autre choix. De prime abord, son approche me choque parce que tout de même, je pensais qu'elle m'appréciait autrement que pour l'obligation que cela marche. Mais quelque part, elle a raison. Nous n'étions absolument pas faites pour nous accorder. Elle est abrupte, communique comme une guillotine et ses petites tapes amicales dans le dos relèvent plus de la bourrade d'un géant alors qu'elle est petite comme une souris. Moi je suis dans le maternel, la douceur, le réconfort parfois réel parfois hypocrite mais toujours bienveillant. Elle est dans l'efficace, le rendement, le pratique et le logique. Moi, je suis sur une autre planète, toujours en retard d'une guerre, je me perd, elle avance. Je pourrais allonger la liste de nos différences. Mais finalement, nous sommes complémentaires et parce que nous en sommes toutes les deux conscientes et l'acceptons, on fait toutes les deux en sorte que "cela marche".

    Jeudi: Euh, ce qui marche aussi, on dirait, c'est zéro féculent, 20 minutes de marche et un litre d'eau  = 500 g en moins. A suivre.

     

     

  • On me mène en pause

    LA_MNO~1 
    Hum, je crois que je comprends ce qui m'arrive. Cela m'est tout d'un coup apparu comme une évidence.

    • Plus aucun régime ne fonctionne. Moi qui ne sais pas nager, je me retrouve affublée d'une petite bouée autour de la taille. Ok, moi qui ne sais pas nager, ça peut me servir si je tombe à l'eau mais quand je travaille ou quand je me promène en ville, je préfère l'enlever, c'est plus seyant. Et bien non, cette bouée semble incrustée à moi plus sûrement qu'une moule à un brise-lames.
    • Le soir, j'ai l'impression, ô cruelle ironie, d'être enceinte de 5 mois.
    • Je ne reconnais plus mon visage, je m'étais préparée aux rides, à l'attraction terrestre (merci mon cher Newton), pas à cet aspect bouffi.
    • La nuit, je visite en rêve tous les saunas de la Finlande et tous les hammams de la Méditerranée. Et même si mes relations avec Morphée se sont améliorées, ce n'est pas non plus comme si on était devenus les meilleurs amis du monde.  
    • J'ai le moral dans les chaussettes et même si je stimule quotidiennement mes zygomatiques, le coeur n'y est pas vraiment.

    Bon Dieu, mais c'est bien sûr…! C'est elle la coupable. C'est la pause midi. La mise en faillite de ma petite entreprise (artisanat de bébés – pièces uniques). Liquidation totale avant fermeture définitive. Fin de stock.

    Ce serait plus simple si on pouvait fermer, glisser la clé sous le paillasson et passer à autre chose. Mais non, il faut en passer par là.

    Il parait que ça peut durer de 5 à 10 ans. Je sens que ça ne va pas être possible. Il me faut absolument passer à la contre-attaque.

     

     

     

     

  • Grumble pour des prunes

    Importance of Fruits In Diet

    Voilà deux semaines que je grommelle en mon moi-même. Je suis de mauvaise humeur interne. C'est une des raisons de mon absence de ce blog, bien plus longue qu'à mon habitude. Au contraire des grands artistes romantiques qui ne trouvent l'inspiration que dans la peine, moi j'ai besoin d'avoir un minimum de pêche pour écrire. 

    Et là, rien, je boude. Pour des queues de cerise d'accord mais je n'arrive pas à croquer la pomme. La montée de la sève du printemps ne me réussit pas. Et pourtant TOUT va bien. Mais:

    – je m'ennuie. Je sais que je passe pour la reine des busy bees. Je viens d'avoir mon rapport d'évaluation 2010 et une des appréciations majeures que je reçois est la quantité phénoménale de travail que j'abats. Mais qu'est-ce qu'elle aurait dit il y a 5 ans ? Moi je trouve que j'ai sérieusement levé le pied. J'essaye d'aller au yoga, au Pilates, si je n'y vais pas c'est que je travaille, je suis des tables de conversation en grec tous les mardis. Je suis tout le temps occupée, je lis trois livres en même temps, on va au théâtre une semaine sur deux, au badminton toutes les semaines, on remplit le frigo, on le vide (ben oui, ça prend du temps), on trie, on lave, on repasse. Etc, etc… Mais je m'ennuie. Est-ce normal docteur ? Je sens bien que j'ai besoin d'autres projets mais rien ne bouge, rien ne me fait bouger.

    – je dors un peu plus mais pas vraiment mieux. Cela n'arrange pas à mon humeur mi-figue mi-raisin.

    – j'ai des petits bobos qui minent. Une espèce de tendinite à l'avant-bras qui m'empêche de soulever quoi que ce soit sans avoir mal. Et je ne parle pas de soulever 6 litres d'eau ou de lait mais simplement soulever mon sac (d'accord, ça vaut au moins 3 litres d'eau) ou sortir le linge de la machine à laver. Je devrais consulter mais pffffff….. 

    – l'Homme n'est pas du genre à faire dérider ma pauvre pomme, il est lui-même d'humeur assez citron. Il grince sur tout. Et ce n'est pas à son boulot qu'il se fend la poire.

    – Et cerise sur le gâteau, voilà six semaines que je me fais suivre par une diététicienne et six semaines que rien ne bouge. C'est peut-être encore ce qui me démoralise le plus. J'aurais tout aussi bien pu me lancer dans un régime de bananes, l'effet eut été le même. 

    – je voudrais rester dans mon lit, la tête sous la couette, et ne plus voir personne. Mais évidemment, on n'hiberne pas au début du printemps….. 

    Et pendant ce temps-là, au Japon…. Je ferais mieux d'arrêter de marmonner….

     

     

  • Maïté, Morphée et moi

    Counting-sheep

    Je commence tout doucement à émerger de semaines, voire de mois interminables d'insomnie.

    Moi qui ai toujours dormi comme un bébé marmotte les quarante premières années de ma vie, j'ai commencé un recensement de moutons il y a une dizaine d'années maintenant. Parfois, il y a pénurie de moutons, plus un seul ovidé à compter et je dors mieux. 

    Mais ces derniers mois, j'ai repris du service en tant que bergère de nuit. Maïté, qui sortait déjà beaucoup et fort tard (traduisez: rentrait fort tôt), a encore intensifié son rythme de croisière. Et fidèle à elle-même, elle est totalement incapable de donner une heure de retour. Ou si elle s'efforce de nous faire plaisir et promet de rentrer à une certaine heure, elle est parfaitement dénuée de toute notion du temps. 

    Et quand elle est sortie, je ne dors pas. Ou si je m'endors confiante, je me réveille au milieu de la nuit comme un pantin sort de sa boîte pour constater qu'elle n'est toujours pas rentrée et me visser instantanément l'oeil au réveille-matin. Je regarde passer les minutes qui s'éloignent l'une après l'autre de l'heure à laquelle elle a plus ou moins promis de rentrer, j'écoute les sirènes passer dans la rue, je l'imagine allongée sur un passage pour piétons, renversée par une voiture, je l'appelle pour vérifier, elle ne répond jamais, elle n'entend pas son portable, elle n'a jamais le moindre sou pour m'appeler ou me laisser un message. Plus les heures passent, plus je file la laine des moutons et je tisse des scenarii tragiques. Immanquablement, je finis par réveiller l'Homme qui devient très vite ronchon et pas content.

    Quand enfin elle glisse la clé dans la serrure, je peux rendre mon tablier de bergère et me glisser dans les bras de Morphée mais souvent l'aube pointe, même s'il fait encore nuit et je vis alors dans l'angoisse de ne pas entendre le réveille-matin. Et je n'ose m'endormir.

    On a bien sûr tout essayé pour raisonner la chouette génératrice d'angoisses maternelles mais rien n'y fit. Elle a compati tout son soûl, a promis, a essayé, a quelquefois (quand plus riche de quelques sous) prévenu de retard prévu, mais toujours elle a insisté pour que je dorme, pour que je ne m'inquiète pas, pour que je me raisonne moi aussi. Elle n'a pas cédé d'un pouce. On a même envisagé de fermer la porte à clé, une fois dépassée l'heure fixée par elle. Bien entendu, cette nuit-là, je ne me suis même pas endormie et j'ai attendu le moment où elle se retrouverait devant porte close. Je n'ai pas tenu une demi-minute et j'ai sommé l'Homme d'aller lui ouvrir. Je ne suis absolument pas parvenue à accepter l'idée de la retrouver le lendemain matin, endormie sur le paillasson.

    Face à cette résistance (consciente ou inconsciente, allez savoir) somme toute assez passive mais épuisante, j'ai capitulé. Il fallait absolument que je dorme et pour me débarrasser du sentiment d'inquiétude maternelle assez légitime, je me suis consciemment déconnectée de toute préoccupation de cet ordre. Je me suis convaincue que si elle n'habitait plus sous mon toit, je ne m'inquiéterais qu'après quelques jours sans nouvelles sollicitées. Je me suis persuadée que s'il lui arrivait effectivement quelque chose la nuit, soit elle serait en état de me prévenir soit je n'en saurais rien avant un bon bout de temps et que ma veille forcée n'y changerait rien.

    Aujourd'hui, je me congratule de mon bel effort de lâcher prise tout en culpabilisant à mort d'une certaine forme de désintérêt.

    Mais je dors au moins deux nuits sur trois. Et mon coeur de marmotte soupire d'aise sous la couette.

     

  • Double semainier

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    Le temps me file entre les mains et je trouve moins de temps pour venir dans ma cabane au fond du jardin.

    Le temps me glisse entre les doigts mais je ne m'ennuie pas pour autant. La frénésie est toujours au rendez-vous. 

    Février a commencé en fanfare et violons. Nous nous étions promis de ne plus y retourner tant notre déception était grande l'année dernière mais l'envie de valser a été la plus forte. Grand mal nous en a pris, c'était pire que l'année dernière. Pas moyen de valser au delà de un, un, un deux, un, un…. Si c'est pour hoqueter de cette manière, autant rester chez soi. On a essayé un petit boogie woogie mais là encore, j'ai servi de cible à un type qui jouait au jokari avec sa partenaire. Le bal russe a vraiment perdu tous ses charmes. On doit trouver d'autres moyens de sortir le smoking et les escarpins !

    Après les balalaïkas, un petit tour par les bouzoukis et notre traditionnel rendez-vous au restaurant grec pour l'anniversaire de ma (grande) filleule dont on a fêté les 24 charmants printemps. Nous sommes arrivés un rien avant eux et lorsque nous avons demandé la table réservée à leur nom, on nous a installés à une table de 14 personnes. J'avais un peu perdu de vue que tout ce petit monde grandit et que les jeunes "pièces rapportées" se joignent au festin. Et que dans une famille recomposée, ça double la mise. Mais l'ambiance était bonne et les mezzés savoureux.

    Après les balalaïkas et les bouzoukis, les grands orchestres. Concert avec Mamy B. et le ténor péruvien Juan Diego Florez pour la première fois en Belgique. Absolument magique. Décidément, j'adore l'opéra. Je suis aussi fan de Verdi, Rossini et comparses que d'Elvis, Fats ou Johnny Cash. 

    Voilà pour le weekend dernier.

    J'ai commencé la semaine par une visite chez la diététicienne programmée depuis quelques semaines. Je suis imbattable en quizz diététique mais totalement dénuée de volonté. J'ai donc périodiquement (une fois tous les deux ans à peu près) besoin d'une maîtresse d'école qui me concocte un programme et à qui je dois remettre mes déboires une fois par mois. J'ai besoin qu'on me mette les points sur les i et qu'on me remette dans le droit chemin.

    Vendredi, j'ai pris congé pour la traditiannuelle journée avec Anaïs pour son anniversaire. Malgré la pluie incessante, nous avons passé une charmante journée mère-fille. J'ai épuisé ses petits pieds délicats tant nous avons marché. Magasin de matériel de cuisine, de vêtements, de petits cadeaux jolis, lunch et salon de thé en fin de journée. Pas d'expo cette année mais une très belle journée.

    Le soir, soirée cinéma avec l'Homme. Les émotifs anonymes. Film charmant dont seuls sans doute les vrais émotifs anonymes, qu'ils soient profonds, légers ou moyennement atteints, peuvent s'émouvoir. Nous, on s'y est retrouvés à plus d'une prise.

    Samedi, concert de djembé de Quentin. Rendez-vous annuel au Sénégal. Comme toujours, on aime cette ambiance bon enfant et ces percussions envoûtantes. Et puis Quentin, ah Quentin, mon dernier bébé plus bébé pour deux sous.

    Et on termine le weekend par un resto pour célébrer les 22 ans d'Anaïs, avec notre première pièce rapportée qui commence à trouver sa place dans ce quintette d'enfer.

     

  • Janvier

     Le-choix 

     

    Janvier a beau être le mois de mon anniversaire, c'est rarement le meilleur mois de l'année. Et cette année ne fait pas exception à la règle.

    Il fait froid et les fêtes passées, il n'y a plus de perspectives scintillantes pour nous aider à passer l'hiver. On veut du printemps, des jonquilles, des bourgeons, quelques rayons de soleil, des oiseaux, des couleurs gaies. Rien ne nous retient en janvier ou en février. On ne part plus au ski depuis belle lurette – on avait la "domenica bianca" quand on vivait à 100 km des pistes mais depuis… -, on ne part jamais au soleil en hiver, quoique….

    Quoique. Guy et Catherine nous ont proposé à brûle-pourpoint de partir avec eux en mars à Cuba. On venait d'en parler le weekend avec les enfants comme une destination possible pour l'été. Mais ce n'est pas la bonne saison pour partir là-bas, les billets d'avion sont bien plus chers, et l'idée est restée en suspens… Alors quand cette proposition est arrivée… Mais il fallait se décider en 3 heures. Comment faire pour décider en 3 heures si nous pouvons réorganiser toutes les réunions professionnelles que nous avons pendant ces 12 jours, pour décider si nous pouvons nous permettre d'amputer le budget vacances d'été sacré pour nous, décider si nous pouvons laisser pendant 12 jours nos enfants si prompts à faire la fête, si peu disciplinés en matière d'assiduité scolaire ? Nous qui mettons des plombes à nous décider pour la moindre bricole. On a donc renoncé. Et je le regrette déjà. Où est passé le petit grain de folie qui nous a habité quelquefois, où est passé mon bélier de mari qui fonçait parfois tête baissée en se disant "on verra après" et qui aujourd'hui hésite profondément par crainte aussi d'être déçu ?

    Dans le registre "décision à prendre", alors que je viens d'obtenir mon contrat à durée indéterminée, je me morfonds et rumine une nouvelle proposition d'emploi bien intéressante, plus près de chez moi et un rien mieux payée mais trois fois hélas limitée à 6 ans. Ce qui me ramène sur le marché de l'emploi à 57 ans. Je ne serai évidemment plus de première fraîcheur. Décision très difficile.

    Tout cela ne contribue pas à améliorer la qualité du sommeil, l'alimentation équilibrée et l'attitude zen.

  • Alerte à ma lipo

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    Après les fêtes, c'est encore ma fête. Naître en janvier n'est vraiment pas bon pour la ligne. Tous mes efforts depuis mai dernier pour perdre péniblement deux malheureux kilos ont été anéantis par six semaines de célébrations diverses et variées.

    On ouvre le feu fin novembre avec l'anniversaire de Joséphine et de ma belle-soeur. Et décembre s'ouvre sur la St Nicolas, se poursuit par les drinks, lunches, dîners de bureau, entre collègues, entre amis, en anticipation de Noël. Puis viennent "les Noëls" en famille, re-famille et entre amis. Et les rogatons des lendemains. Le Jour de l'an ne veut pas se trouver en reste et les voeux s'accompagnent de douceurs sucrées ici, salées là mais toujours caloriques. 

    On croirait en être quittes mais non, les Rois Mages rappliquent avec l'or, la myrrhe, l'encens et…. la galette étouffe-chrétien. Trois jours plus tard, je referme le chapitre de mes 50 ans. Et re-célébration en double ou triple exemplaire.

    Ouf, ce samedi clôturait cette période de bombance. On est tranquille jusqu'à la Chandeleur. Mais il en faudra bien plus pour perdre ces deux satanés kilos – qui ne sont d'ailleurs qu'un petit rabais sur ce qui devrait disparaître.

     

  • Insomnie

    Insomnie

    Empêcher consciemment quelqu'un de dormir relève de la torture.

    L'insomnie génère du surpoids.

    L'insomnie transforme en quelques heures un être humain en animal ruminant.

    L'insomnie rend agressif.

    Je suis devenue une grosse vache aboyante. 

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