Et bien voilà, voilà. A force de ruminer toutes mes aigreurs, toute cette humeur citron a fini par me ronger l'estomac. D'abord un peu puis un peu plus puis encore un peu plus. Au point que les douleurs diffusent dans toute la cage thoracique. On appelle ça des douleurs de type neurogène. Evidemment, ça je ne le savais pas. Au bout d'une matinée un peu angoissante, j'ai cédé à l'insistance de l'Homme de m'envoyer aux urgences. Où bien sûr, on nous a rassurés rapidement. L'infarctus n'était pas au programme. Peut-être un petit début d'ulcère à confirmer par une échographie.
L'après-midi, j'ai pris la décision de me trouver un médecin traitant. A 52 ans, ce n'est probablement pas du luxe. Mais cela m'a tout de même donné l'impression de passer dans la catégorie adulte. Il m'a pas mal rassuré lui aussi, m'a donné rendez-vous dans un mois, après les vacances, pour faire le point. Il m'a aussi donné trois jours de repos.
Impossible de m'arrêter trois jours. Je suis restée connectée avec le bureau pendant les 3 jours. Ma chef a tout fait pour m'obliger à m'arrêter; elle a donné ordre à mon équipe de ne plus m'envoyer de mails, de ne plus me téléphoner et elle a donné instruction à mon secrétaire de rediriger tous les mails entrants de ma boîte. Je suis devenue enragée. Je voulais traiter un mail et le temps que je ferme les yeux, le mail avait disparu. Ca m'a rendue folle. C'est comme ça aussi que j'ai compris qu'effectivement, j'étais prise dans un engrenage d'assuétude profonde. Le vendredi, j'ai commencé à lâcher prise. Et le samedi j'étais épuisée. Faute d'adrénaline.
J'ai pris un peu de recul malgré tout. Certains de vos petits mots, ceux de Swiss'Sis, ceux de Joséfine, ceux de l'Homme ont fait leur chemin vers mon cerveau déraisonné. Ils ont fait mouche, touché juste et m'aident à réfléchir, à penser, bien penser. Et ces petits pansements aident à cicatriser et à repartir le coeur au ventre.

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