Catégorie : C’est de saison

  • Chant de l’heure nocturne

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    Cette nuit, j'ai:

    – préparé toutes les quatre vérités que j'allais dire à tous ceux qui me fâchent

    – j'ai fait l'inventaire de toutes mes tâches professionnelles du lendemain

    – j'ai élucubré sur les raisons des multiples sirènes de police ou ambulance passant sous mes fenêtres. A chaque fois, bien sûr, ce ne pouvait être qu'une catastrophe arrivée à ma fille aînée pas encore rentrée. Et bien sûr, il ne lui arrive quelque chose qu'au moment où elle est à 100 mètres de la maison. Ou alors, ils me la ramènent en ambulance, plus rapide que le taxi.

    – j'ai organisé toute une série d'enterrements. C'est la suite logique du point plus haut mais j'étends le drame comme une tâche d'huile.

    – je me suis retournée comme une crèpe un nombre incroyable de fois, probablement autant de fois que l'on prévoyait de crèpes le lendemain.

    – j'ai regardé chaque heure passer, chaque demi-heure s'égrener, chaque quart d'heure s'écouler, j'ai fermé les yeux mais les paupières internes restaient grand ouvertes.

    – j'ai envoyé des sms à 00h40, 00h44, 01h25, 03h30, j'ai appelé à 03h35. Elle m'a dit "je suis là dans une heure". Alors forcément…

    J'avais promis de lâcher prise et en général j'y arrive. Mais voilà, il y avait -10° dehors et l'Homme avait fait allusion dans la soirée au danger potentiel de l'alcool par temps froid, un verre de trop, une chute, un froid polaire et ciao…. Non pas qu'elle était partie pour une folle soirée d'ébriété, juste une soirée prolongée chez une copine. Mais le cerveau des mamans est une espèce de magma bouillonnant complètement incontrôlable.

  • La teuf à Léon

     

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    La fête de Noël la tête à l'envers. Je ne sais pas pourquoi mais je fais tout de travers ces derniers temps. Les objets m'échappent des mains, je me cogne partout, je fais des bêtises. Et cette veille de Noël ne déroge pas à la règle. 

    Pourtant, tout s'annonçait joliment. Swiss'Sis et Thierry n'ont pas eu à souffrir de la grève de jeudi et sont arrivés sans encombres, tous les cadeaux étaient prêts et emballés le 23 au soir, le sapin monté bien à temps, et j'ai même trouvé le temps de préparer une sélection de mes chants de Noël préférés. C'est dire que, pour une fois, ça se présentait bien. 

    Oui mais, le 24, tout m'a échappé.

    Le brushing a fondu sous la pluie.

    La pâte des sablés me collait aux doigts et je ne parvenais plus à m'en dépatouiller, malgré de grands renforts de farine.

    Le cougnou a pris des proportions monstrueuses et ne ressemblait plus du tout à un enfant enmailloté.

    En me promenant avec ma poche à douille remplie de lemon curd, j'en ai renversé la moitié sur les patates douces en attente de cuisson.

    Au lieu d'ajouter une petite branche de romarin à la cuisson de mes myrtilles au vin rouge, j'ai carrément immergé deux plants qui ont imprégné les myrtilles d'un goût particulièrement amer.

    Mais surtout, lorsque Sis'Cile a ouvert un de mes cadeaux, je suis restée bouche bée un bon moment. J'ai réalisé que le livre qu'elle tenait dans les mains était destiné à Lola de l'autre côté de l'Atlantique et que le livre que je destinais à Sis'Cile était parti la veille par la poste…. J'ai mis un certain temps à m'en remettre. 

    Mais à part ça, tout va bien, c'était un joyeux Noël, une jolie table, une dinde "orgasmique" (selon les critères de Sis'cile), une journée en cuisine avec Swiss'Sis mais sans Anaïs cette fois, études obligent. De jolis cadeaux pour tout le monde dont pour moi, quatre romans qui viennent s'ajouter à la pile à lire, les contemplations gourmandes de Victor Hugo, un superbe collier et de très jolies boucles d'oreilles.

    Et plus que tout, le plaisir d'être à nouveau tous réunis. Le vrai cadeau de Noël.

  • Ils étaient trois petits enfants…

     

    …. qui ne voulaient pas grandir un jour par an. Un seul jour. 

    Un seul jour en décembre, ils demandent à redevenir petits. Ils ont aujourd'hui 24, 22 et 20 ans mais n'imaginent même pas qu'on puisse arrêter cette tradition au pied de la cheminée. Oh bien sûr, ils ne préparent plus un petit plateau avec une tasse de café, quelques biscuits pour le grand Saint et un bol d'eau et quelques carottes pour sa monture. Bien sûr, ils ne se lèvent plus le matin du grand jour, tout excités par l'attente de toute une nuit. Encore que…. 

    Mais le plaisir est toujours au rendez-vous. Pour eux. Pour nous. Un mois avant, je note mes idées glanées au fur et à mesure de conversations entendues, de listes de souhaits, j'achète ici quelques jolis bols pour la cuisine de celle qui s'installe doucement, un pull pour chacun, une crème pour l'une, un brillant à lèvres pour l'autre, la première eau de toilette pour le dernier. L'homme est responsable de l'achat des St Nicolas en speculoos grand format. Un jeu de dames et un tavli. Les pièces en or n'ont plus cours et les mandarines ont également disparu du tableau. Les macarons ont remplacé les sujets en massepain. Et je suis toujours aussi étonnée de les voir heureux de leurs présents.

    Et cette année, comme l'année dernière, les parents ont aussi été gâtés par les trois petits enfants. Marrons glacés et, comme si on s'était donné le mot, des macarons….

    Cette St Nicolas de "grands" est en quelque sorte notre Noël à nous cinq. Ce sera d'autant plus vrai au fil du temps puisqu'un jour ou l'autre, ils ne seront plus là le soir du 24 décembre, belles-familles obligent. 

  • Bonne fête Maman ??

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    Est-ce que quelqu'un(e) pourrait m'expliquer comment on inculque à ses enfants certaines traditions, à mes yeux incontournables ? Par l'exemple ? La persuasion ? La répression ? L'indignation ? La gratitude ?

    Si vous avez une idée, je suis preneuse. Moi, je n'ai pas trouvé la formule. 

    Depuis que j'ai l'âge du bricolage scolaire, j'ai toujours fêté la fête des mères. Je dois sans doute être formatée comme ça, je n'imagine pas qu'il en soit autrement et cela me fait sans doute autant plaisir que la fêtée.

    Pourtant, même si la maman de l'homme est assez intransigeante à cet égard – il serait impensable d'oublier ce jour -, la mienne ne se formaliserait pas si – par soudaine attaque d'Alzheimer – je devais oublier ce deuxième dimanche de mai, même si elle a une mémoire des dates plus sûre qu'un calendrier perpétuel. 

    Je résume: mes enfants ont donc eu l'exemple "parfait" sous les yeux. Ils ont été dans des écoles normales où les enseignants les ont aidés à confectionner des colliers de pâtes, des porte-clés, des porte-crayons, des sous-plats, accompagnés de poèmes délicieux. Ils ont des rappels discrets, voire moins discrets, peu de temps avant le jour J. J'ai feint l'indignation quand ils m'ont oubliée, j'ai débordé de gratitude quand ils y ont pensé.

    Alors pourquoi n'y accordent-ils pas la moindre importance ? Anaïs est la seule qui semble être correctement formatée. Cette année, elle s'y est prise à l'avance et s'est trompée de dimanche. Pas de cadeau, bien mieux, un petit mot sur mon petit déjeuner. Je ne demande rien de plus.

    Mais tout de même un peu plus que le: "Oh p….. , c'est la fête des mères !" des deux autres, au moment de servir le café après le déjeuner lorsque l'Homme me demande si je suis prête pour partir chez nos mamans respectives. 

    Peut-être qu'après tout, ils sont sensibles au fait que je ne me formalise pas vraiment. Mais, tout de même, je sais que ma maman ne se formaliserait pas et pourtant….. Grmblgrmblgrmlblgrmbl……

  • Nice br’egg

     

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    Cinq jours de pause on ne peut plus bienvenus. Du jeudi saint au lundi de Pâques, cinq jours si doux. Allez, soyons honnêtes, quatre jours doux et un jour – le dernier – nettement moins. 

    Jeudi: J'adore être en congé en même temps que tous mes collègues – en d'autres termes, ils ne remplissent pas votre boîte mail en votre absence – alors que le reste de la ville travaille. Comme un samedi en semaine. Si en plus, le soleil est de la partie. On a fait le marché et nourri les fauves. Ensuite, l'Homme a emmené Anaïs choisir un bonsaï pour l'anniversaire de son Simon pendant qu'ils me "lâchaient" dans un magasin pour acheter des chaussures. Je suis ressortie avec des chaussures, une robe, trois pantalons, deux tops et le cadeau pour l'anniversaire de Maman. Ils m'ont lâchée, je me suis lâchée. J'aurais bien acheté tout le magasin. 

    Vendredi: Départ dans l'après-midi pour La Glanerie avec Quentin. Les filles nous rejoindront le lendemain. Les parents étaient déjà là, le jardin resplendissait, papa aussi bronzé qu'après deux mois de vacances – le jardinage, même à l'ombre, ça burine – et maman entre blanc farine et rose rhubarbe. Sis'Cile, monsieur F. et Clarinette nous ont rejoints une heure plus tard. Il ne manquait, à notre grand regret, que Swiss'Sis retenue pour vacances grecques. Dîner au jardin. Effluves de parfum de glycine, roucoulements de ramiers et soleil couchant. Ce soir, c'est moi qui raconte l'histoire à Clara et rien n'est plus doux qu'un petit corps chaud abandonné sur les genoux et le parfum des cheveux d'enfant sur le visage.

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    Samedi: Rituel du lever de la Reine-mère, assises en tailleur sur son lit, papote du jour, café servi par le Roi-père, devenu Roger the Butler le temps du petit déjeuner. Toilette tirée en longueur, rien ne presse. Journée qui s'étire entre cuisine et jardin, entre pommes de terre épluchées au soleil et mauvaises herbes patiemment arrachées, entre préparatifs du lendemain et jeux de cache-cache ou de "j'ai perdu mon mouchoir-e tout au bord du trottoir-e" au grand plaisir de Clara, entre lessive et chaises longues, entre arrivée des filles et anniversaire de Mamy. Que du doux.

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    Dimanche: Sis'Cile a remplacé Swiss'Sis dans son rôle annuel de co-cloche et l'Homme l'a trouvée parfaitement à la hauteur. Sa seule erreur de débutante c'est d'avoir oublié – à 7h30 du matin – de mettre ses lentilles et de ne plus se rappeler où elle avait caché les oeufs deux heures plus tard, faute de visualiser correctement ses cachettes. Chasse aux oeufs sous un soleil déjà très présent et une Clara concentrée sur un balayage systématique du paysage. Après une heure de chasse, branle-bas de combat pour préparer le grand barbecue et l'arrivée des guest stars du jour, la soeur de maman et son mari et…. super top guest star, LE Simon d'Anaïs. La pluie nous a obligés à activer le plan B pour le repas mais la tarte à la rhubarbe et les fraises à la crème ont repris le chemin du jardin et le soleil ne nous a plus quittés de l'après-midi. Chaises longues, cache-cache et autres jeux et le temps s'est étiré tout doucement. Retour à regret en fin de soirée vers la ville mais les examens de Quentin mardi ne souffrent plus de retard.

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    Lundi: Studieux pour les uns, maussade pour les autres. Dispute échafaudée sur des malentendus nés de mots véritablement "mal entendus". Quand "ça va tes photos ?" (L'homme se plaignait de la mauvaise qualité de ses dernières photos et s'inquiétait de ce que donnerait la nouvelle fournée pascale) devient "ça te va les faucons ?" (J'avais proposé en début de journée d'aller voir les bébés faucons nés la semaine dernière à la cathédrale et l'Homme a cru que je proposais d'y aller à ce moment-là), cela donne un quiproquo épique, un homme qui s'habille pour sortir, une femme qui se demande où il va mais ne le demande pas et un homme qui ne comprend pas pourquoi sa femme continue d'aller et venir dans la maison sans se préparer pour sortir. Il nous en faut moins que ça pour bouder des heures. Ou comment mal terminer un weekend idyllique.

     

     

  • Mars

    Primavera

    Mars est un mois ambigu. C'est soi-disant le mois du printemps mais ses trois premières semaines sont des semaines d'hiver. 

    C'est un mois de contradictions. On voudrait réformer les gros pulls et les écharpes mais on n'est pas tout à fait prêtes à abandonner ces remparts de protection.

    C'est un mois vert. Les bourgeons se gonflent, les premières feuilles s'épanouissent, les arbres nus et gris hier ont à peine le temps de fleurir que déjà ils se parent d'une ramure émeraude.

    C'est un mois jaune et blanc. Le mois des perce-neiges, des narcisses et des jonquilles.

    C'est l'ouverture de la saison des amours, des agneaux, des poussins et des petits lapins. 

    C'est un mois de transition, de passage. De l'heure d'hiver à l'heure d'été, des frimas à la douceur, de l'engourdissement à la renaissance, de l'hibernation au réveil.

    C'est un mois de promesses.  

  • On me mène en pause

    LA_MNO~1 
    Hum, je crois que je comprends ce qui m'arrive. Cela m'est tout d'un coup apparu comme une évidence.

    • Plus aucun régime ne fonctionne. Moi qui ne sais pas nager, je me retrouve affublée d'une petite bouée autour de la taille. Ok, moi qui ne sais pas nager, ça peut me servir si je tombe à l'eau mais quand je travaille ou quand je me promène en ville, je préfère l'enlever, c'est plus seyant. Et bien non, cette bouée semble incrustée à moi plus sûrement qu'une moule à un brise-lames.
    • Le soir, j'ai l'impression, ô cruelle ironie, d'être enceinte de 5 mois.
    • Je ne reconnais plus mon visage, je m'étais préparée aux rides, à l'attraction terrestre (merci mon cher Newton), pas à cet aspect bouffi.
    • La nuit, je visite en rêve tous les saunas de la Finlande et tous les hammams de la Méditerranée. Et même si mes relations avec Morphée se sont améliorées, ce n'est pas non plus comme si on était devenus les meilleurs amis du monde.  
    • J'ai le moral dans les chaussettes et même si je stimule quotidiennement mes zygomatiques, le coeur n'y est pas vraiment.

    Bon Dieu, mais c'est bien sûr…! C'est elle la coupable. C'est la pause midi. La mise en faillite de ma petite entreprise (artisanat de bébés – pièces uniques). Liquidation totale avant fermeture définitive. Fin de stock.

    Ce serait plus simple si on pouvait fermer, glisser la clé sous le paillasson et passer à autre chose. Mais non, il faut en passer par là.

    Il parait que ça peut durer de 5 à 10 ans. Je sens que ça ne va pas être possible. Il me faut absolument passer à la contre-attaque.

     

     

     

     

  • Février

    Coloriage-fevrier

    C'est le mois le plus court de l'année et comme toujours il n'a pas failli à sa réputation. Il a filé comme le vent d'hiver, je ne l'ai pas vu passer. 

    C'est le mois de l'anniversaire d'Anaïs et de notre traditionnelle journée ensemble qui fut probablement une des plus jolies journées de ce mois.

    C'est le mois de la Chandeleur et pour rien au monde je ne renoncerais à faire des crèpes ce jour-là. 

    C'est le mois où on commence à sérieusement s'inquiéter des vacances d'été et où règne une certaine incertitude tant qu'on n'a rien réservé. Quand on arrive à la fin du mois de février et qu'on ne sait toujours pas où on va en été, je fais la grimace.

    Dans la foulée, c'est le mois où je commence à m'inquiéter de la surcharge que j'inflige à ma balance et où je me reprends en main avec ou sans aide.

    C'est le dernier mois de l'hiver, même si mars a forcément encore son mot à dire pendant 3 semaines. Mais je suis moins tolérante aux frimas en mars. 

    C'est le mois de la St Valentin et franchement, ça me laisse assez indifférente. Je préfère la St Valontan toute l'année.

    C'est le mois du carnaval et cela fait longtemps que je n'en ai plus fêté un. A vrai dire, je n'ai jamais fêté un vrai carnaval digne de ce nom que ce soit à Binche, Nice, Venise ou Rio. Dommage, j'ai l'impression de rater quelque chose. 

    C'est le mois de la settimana bianca mais là aussi, cela fait bien bien longtemps que je n'ai plus mis les pieds sur des skis.

    C'est le mois des perce-neige, le printemps approche et tous les espoirs sont permis…. 

     

     

  • Janvier

     Le-choix 

     

    Janvier a beau être le mois de mon anniversaire, c'est rarement le meilleur mois de l'année. Et cette année ne fait pas exception à la règle.

    Il fait froid et les fêtes passées, il n'y a plus de perspectives scintillantes pour nous aider à passer l'hiver. On veut du printemps, des jonquilles, des bourgeons, quelques rayons de soleil, des oiseaux, des couleurs gaies. Rien ne nous retient en janvier ou en février. On ne part plus au ski depuis belle lurette – on avait la "domenica bianca" quand on vivait à 100 km des pistes mais depuis… -, on ne part jamais au soleil en hiver, quoique….

    Quoique. Guy et Catherine nous ont proposé à brûle-pourpoint de partir avec eux en mars à Cuba. On venait d'en parler le weekend avec les enfants comme une destination possible pour l'été. Mais ce n'est pas la bonne saison pour partir là-bas, les billets d'avion sont bien plus chers, et l'idée est restée en suspens… Alors quand cette proposition est arrivée… Mais il fallait se décider en 3 heures. Comment faire pour décider en 3 heures si nous pouvons réorganiser toutes les réunions professionnelles que nous avons pendant ces 12 jours, pour décider si nous pouvons nous permettre d'amputer le budget vacances d'été sacré pour nous, décider si nous pouvons laisser pendant 12 jours nos enfants si prompts à faire la fête, si peu disciplinés en matière d'assiduité scolaire ? Nous qui mettons des plombes à nous décider pour la moindre bricole. On a donc renoncé. Et je le regrette déjà. Où est passé le petit grain de folie qui nous a habité quelquefois, où est passé mon bélier de mari qui fonçait parfois tête baissée en se disant "on verra après" et qui aujourd'hui hésite profondément par crainte aussi d'être déçu ?

    Dans le registre "décision à prendre", alors que je viens d'obtenir mon contrat à durée indéterminée, je me morfonds et rumine une nouvelle proposition d'emploi bien intéressante, plus près de chez moi et un rien mieux payée mais trois fois hélas limitée à 6 ans. Ce qui me ramène sur le marché de l'emploi à 57 ans. Je ne serai évidemment plus de première fraîcheur. Décision très difficile.

    Tout cela ne contribue pas à améliorer la qualité du sommeil, l'alimentation équilibrée et l'attitude zen.

  • La première dinde

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    Non, je ne vais pas vous écrire un billet sur Carla, loin de moi cette idée saugrenue. Mais bien sur notre première dinde farcie de Noël. En 27 réveillons de Noël, jamais nous n'avons préparé de dinde. Et cette fois, nous avons sacrifié à la tradition. Bien nous en prit, le succès a été unanime. Les plus difficiles (traduisez, chez nous, ceux qui n'aiment pas du tout la sophistication) ont décerné l'Oscar du Noël dans la catégorie "papilles".

    Malgré l'affaire Tannenbaum, ce fut un beau Noël encore une fois. Ca a bien failli tourner à nouveau en purée de marrons à cause de cette brave dinde. L'homme a préparé la farce à sa façon et a cuit le restant avant de la mettre au four pour qu'on teste la dite farce. J'ai émis mon avis ("Est-ce que tu ne trouves pas qu'elle manque un peu de goût ? Ca ne va pas donner beaucoup de goût à la dinde ? Tu as mis des épices, cannelle, quatre-épices ? C'est même moins bon que ton pain de viande habituel...). Je me suis à nouveau fait traiter de manipulatrice par l'homme et les enfants qui trouvaient cette farce tout à fait digne. Il n'empêche que l'homme a récupéré sa farce, l'a retravaillée avec épices, cognac, etc… et que tout le monde a bien dû reconnaitre qu'il y a bien farce et farce. La bonne blague ! Et "on" a encore insinué que j'obtenais tout ce que je voulais. Mais bon, puisque c'est le rôle qu'"on" m'a attribuée dans ce couple, j'assume. Je suis le quality controller d'une équipe qui marche, alors pourquoi changer la formule ?

    Hormis la dinde, le plaisir était au rendez-vous. Le plaisir en cuisine pendant toute la journée du 24 avec Swiss'Sis, Anaïs et le champion de la dinde, le plaisir autour du sapin et au milieu des cadeaux, le plaisir des sourires heureux, le plaisir de réunir ceux qu'on aime, une pensée très émue pour Papy L. qui manque toujours autour de la table.

    Le plaisir encore le lendemain, à ranger les vestiges de la fête, le plaisir de découvrir plus au calme ses cadeaux (un flacon de Coco Mademoiselle, un soin Capture de Dior et "Le goût des pépins de pomme" de Katharina Hagena pour moi), le plaisir de traîner un peu sans trop rien faire pour une fois.

    J'espère que pour vous aussi, Noël a été source de joie et de bonheur en famille…