Catégorie : C’est de saison

  • Semaine de fin d’été

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    Lundi: Visite trimestrielle chez le médecin, histoire de vérifier si l'hypertension est toujours bien maîtrisée. Il est content, moi aussi. Il trouve que mon pantalon aurait besoin de bretelles et me fait monter sur la balance. J'ai effectivement perdu un ou deux kilos mais je ne lui dis pas que le tissu de ce pantalon se distend au fur et à mesure que je le porte. J'ai ma fierté. Il nous recommande, à moi et à l'Homme, de faire le vaccin contre la grippe. C'est la première fois qu'on me dit ça. Signe du temps qui passe. Je fais la moue…

    Mardi: C'est la fin de l'été et la chute des pommes. On a ramené ce weekend deux caisses de petites reinettes bien rouges et ce n'est que le début. On compote à qui mieux mieux. Anaïs et Simon viennent manger ce soir et je m'en réjouis. On passe une charmante soirée à quatre, Quentin retenu chez des copains.

    Mercredi: Elle m'a dit qu'elle ne serait plus là dans quelques mois, voire quelques semaines. Elle m'a délégué la tâche d'informer les autres sorcières bien-aimées. J'ai tourné les mots pour le dire, sept fois dans ma tête avant d'accoucher d'un e-mail froid et clinique, dont j'essaie d'éliminer tout pathos mais entre les lignes duquel les trois chéries auront lu toute l'émotion que j'essaie d'endiguer. Elles sont toutes les trois atterrées et désemparées chacune à leur manière.

    Jeudi: Journée riche en émotions diverses. Déjeuner avec l'Homme, son filleul et sa copine. La communication entre filleul et parrain est quasi inexistante mais l'affection est présente même si jamais manifestée. Et là, tout d'un coup, le filleul prend l'initiative d'un "allons déjeuner" et comme par magie, ils se parlent comme si cela leur avait toujours été totalement naturel et spontané et cette heure passe comme un enchantement.  Nous passons, l'Homme et moi, le reste de l'après-midi avec elle, ma sorcière qui a pris son aller simple pour le paradis. Elle veut ranger ses papiers, mettre de l'ordre avant de partir et tout cela me semble si naturel. Je veux passer le plus de temps possible avec elle, engranger encore quelques petits bouts d'elle qui feront un chapelet de souvenirs intenses et qui ajouteront encore quelques perles au collier qu'elle a fait de moi. Mais je suis immensément triste et les quatre heures d'opéra qui ont suivi cette après-midi ont pris une couleur différente et la musique n'a jamais été aussi consolante que ce soir.

    Vendredi: Maïté part ce matin pour le Japon et mon petit coeur se serre. C'est la première fois qu'un de mes enfants part si loin (sans nous). A son âge, "meno male". Mais voilà, on ne se refait pas. Profite mon grand bébé, enjoy Japan et reviens-moi la tête pleine d'images et l'appareil photo plein d'arguments pour convaincre ton père de m'y emmener aussi.

    Samedi: Enfin un weekend sec qui s'annonce. On va pouvoir donner cette deuxième couche de peinture tant attendue par les volets de la maison là-bas. Avec les parents qui assurent l'intendance. Que du bonheur !

    Dimanche: On est arrivés au bout et il ne reste plus que le portail à peindre. On repart le coffre plein d'une nouvelle cargaison de reinettes et on emmène maman voir Joan Baez en concert. Une grande dame septantenaire, exquisement classe et belle, à la voix toujours aussi extraordinaire. Elle l'a chanté hier mais cette semaine encore, plus que jamais, "gracias a la vida que me ha dado tanto…."

  • C’est la sortie !

    Photo

    Pour tout le monde, aujourd'hui, c'est la rentrée. Et pour moi, aujourd'hui, c'est la sortie. Ca y est, je suis officiellement ménopausée. "Avec des résultats comme ceux-là, ma petite dame, y'a pas photo, si vous faites un bébé, on vous met dans le Guinness Book!". 

    Anaïs m'a demandé si j'étais triste. Oui, un peu. Pas vraiment triste désespérée. Mais tristounette. C'est une page qui se tourne, une sortie de scène, l'adieu au charme.

    Oh oui, je sais, une vieille dame a toujours du charme. Certes. Oui, je sais, on sort côté cour et on revient côté jardin. Bien sûr. Oui, je sais on tourne une page, on ne ferme pas le livre. Je n'en doute pas.

    Mais on ne revient jamais en arrière. Et qu'on ne se méprenne pas, loin de moi l'idée de revivre les joies de la maternité à 54 ans, il y a un temps pour tout. Mais tout ce remue-manège intérieur est quand même épicé d'une belle pointe de nostalgie. C'est le côté irréversible et inéluctable du phénomène qui donne le vertige.

    Vertige et mélancolie, ce sont là les couleurs qui teintent cette rentrée, celle de mon automne à moi….

     

  • Long weekend fruité

    Reines-claudes

    Je ne le dirai jamais assez, j'adooooore les weekends de 3 jours. Je trouve qu'ils devraient tous être de 3 jours, d'ailleurs. On travaillerait nos 40 heures semaine sur 4 jours – ça ne changerait déjà pas grand chose à la réalité, ou alors à peine – et on aurait 3 jours de weekend ! Un jour pour faire tout ce qu'on DOIT faire (les courses, la lessive, le repassage, etc….) , un jour pour faire tout ce qu'on VOUDRAIT faire (une expo, un cinéma, une ballade, une soirée entre amis, ….) et un jour pour ne RIEN faire. Vraiment rien. Le jour qui permet de vraiment décompresser.

    On dit ça et puis finalement….

    Vendredi: on a fait l'aller-retour à LG pour cueillir 4 cageots pleins de reines-claudes et un grand ravier de mûres. Ce ne fut pas long mais ces deux heures au vert m'ont complètement déstressée. Retour à la maison pour  soutenir celui qui étudie encore et toujours (je pense que j'en ai plus marre que lui….). Et première soirée confitures.

    Samedi: marché, supermarché, lessives, shopping cadeaux d'anniversaire à venir, et surtout surtout soirée avec tous les enfants. Je me répète, je me répète mais j'adore ces soirées-là. A me lire, on va finir par croire que je ne vis plus que dans l'attente de ces moments-là mais ce n'est pas le cas. J'aime aussi les soirées en famille réduite avec le petit rescapé, j'aime les têtes à têtes avec l'Homme, j'aime les soirées entre amis. Mais forcément, quand on est jeunes parents, on donnerait n'importe quoi pour une soirée en amoureux; et quand on n'est plus parents à temps plein, on aspire à ces moments de retrouvailles. Et je suis clairement et franchement dans cette phase-là. Et je pousse un peu tous les éléments dans la bonne direction: "Anaïs et Simon vont passer et ils resteront sans doute manger, si ça vous dit…", "J'achèterai du poulet rôti et je ferai une tarte…", "Oui, bien sûr, tu peux faire une petite lessive….".

    Dimanche: Anaïs m'a apporté ses pots de confiture parce que j'ai épuisé ma réserve et la bassine à confitures reprend du service. On vide l'armoire de l'Homme, on élimine, Quentin hérite de pulls et de T-shirts, moi de chemises d'homme et le reste est prêt à être donné. Il déteste faire ça, mais il a fait bonne figure et c'est nickel chrome. Je suis sûre qu'il est ravi d'avoir une armoire bien rangée mais il ne l'avouera jamais.

    Résultat de ce long weekend fruité: 40 pots de confiture, 3 litres de compote, 2 tartes géantes. Et nous ne sommes pas arrivés au bout des quatre cageots de fruits récoltés vendredi.

  • Vacances en clair-obscur

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    Obscur:

    – Quinze jours seulement. D'accord, je ne devrais pas me plaindre, il y en a qui en rêveraient de mes quinze jours. Et puis ce n'est pas tout à fait vrai, les quinze jours sont suivis d'une semaine à la montagne. Mais quinze jours seulement de farniente, soleil, bouquins.  A mon âge (c'est la nouvelle excuse), j'ai besoin de trois semaines. Parce que….

    – Le soleil n'a pas été au rendez-vous TOUS les jours. Je vous le dis, je deviens de plus en plus difficile. Un jour de temps maussade et je me mets au diapason. A mon âge, j'ai besoin de beaucoup de soleil pour synthétiser la vitamine D et fixer le calcium dont j'ai besoin pour mes os.

    – La piscine était froide (forcément) et toutes mes résolutions pour aller apprendre à nager sont tombées à l'eau.

    – L'accident de la route juste au-dessus de la voie de chemin de fer qui longe la maison et dont le fracas m'a fait croire qu'un train déraillait dans le jardin (comme dit l'Homme, je n'ai jamais entendu le bruit d'un train qui déraille. Pourquoi, lui oui ?) était un accident mortel et quand on entend en surplomb "Le gars, il est mort !", on passe quelques jours à y penser et l'ambiance est tristounette. Mais de quoi je me plains donc avec ces vacances ?

     

    Clair:

    – J'ai lu tout mon saoûl et j'ai aimé tout ce que j'ai lu. Et je me réjouis d'avoir eu tout ce temps pour lire.

    – J'ai tenu ma résolution de faire 45 minutes de Pilates et yoga tous les jours (ou presque) et j'ai apprécié les résultats; je ne me lève presque plus comme une petite vieille au saut du lit.

    – On a visité la Camargue et même si je n'en ai pas vraiment profité (les flamants roses, les chevaux et les hérons et autres oiseaux sans jumelles, c'est pas très grand et poireauter pendant que Mr Nikon Big Zoom s'en donnait à coeur joie, dans la voiture parce que je n'aime pas les jours de grand vent et lui il adooooore), je suis malgré tout contente d'y avoir été et d'avoir vu les Saintes Maries de la Mer.

    – On a découvert un resto absolument sublime avec des amis de l'Homme et on y est retourné avec les enfants pour notre plus grand bonheur papillesque.

    – Et surtout surtout, on a passé 4 jours à cinq. Comme avant. J'aurais apprécié la présence des valeurs ajoutées des deux filles mais ils n'ont pas pu se libérer. Alors, on a fait comme si on revenait quelques années en arrière. On a beaucoup ri, beaucoup parlé, on a joué (le jeu des intros musicales, notre favori, reste un des meilleurs moments comme toujours) , pris l'apéro, fêté l'anniversaire de Quentin. Et ces moments de bonheur pur (qui, en fait, effacent tout ce qui fut soi-disant obscur) nous ont donné l'envie de nous retrouver tous ensemble l'été prochain à l'endroit que nous avons élu à l'unanimité le plus bel endroit de nos dix années de vacances ensemble. Et cette fois avec les valeurs ajoutées, si possible.

  • Les diables m’emportent

     

    Baby_foot
     

    Les rouges en particulier.

    Je n'y peux rien, c'est plus fort que moi. Tous les quatre ans à la même période, je m'entiche du ballon rond.

    Pendant trois ans et onze mois, je suis totalement hors jeu, je n'en ai strictement rien à cirer du terrain rectangulaire, des cartes jaunes et rouges, des goals, des coups francs, des clubs et des arbitres.

    Et puis tout d'un coup, des cornes me poussent sur la tête, le démon me possède et je me transforme en rouge diablesse. Entendons-nous, je refuse de me déguiser en drapeau belge en plumes, paréo de ville, chaussettes pour rétroviseur ou griffes colorées sur le visage.

    Pendant un mois, je suis les matches avec un intérêt qui me sidère moi-même, je connais le CV de tous les joueurs, le classement de chaque groupe, les dates et heures des prochaines rencontres.

    Mais quel est ce mystère qui fait de moi une envoûtée diabolique ? Je n'en suis pas encore au stade de collectionner les vignettes Panini, encore que, si on me le proposait à la caisse de mon supermarché, je serais probablement bien tentée.

    Si la Belgique ne participe pas, je me choisis une autre équipe de coeur, voire même plusieurs quand entre l'une ou l'autre, mon coeur balance et je peux soutenir un jour l'Italie, le lendemain la France ou le Brésil et quelques jours plus tard le Cameroun ou le Portugal.

    Mais quand les Diables sont qualifiés, le délire est à son comble et me voilà complètement ensorcelée.

    J'ai beau me dire que pour beaucoup de Brésiliens, la coupe est pleine et que je devrais avoir honte de participer à cette liesse qui nie totalement les coulisses du Mundial, je ne résiste pas et je me laisse porter par cet enthousiasme national de quatre semaines.

     

     

  • Camaïoeufs de Pâques

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    Bleu, le ciel qui nous a accompagnés ces cinq jours de bonheur pascal. Peu importe les quelques gros cumulus et les petites gouttes de pluie du dimanche de Pâques, on n'a retenu que le bleu soleil.

    Bleues et mauves les fleurs du jardin, couleurs fétiches du jardinier en chef. Iris, lilas, glycine, bleuets, campanules, muscaris, myosotis (!) et tant d'autres dont je ne connais même pas le nom.

    Vert, ah le vert, couleur dominante de ce moment "au vert". Tonte, coupe, taille, jeunes pousses…. le jardin a apprécié les soins esthétiques et la cure de rajeunissement dont il avait vraiment besoin et que les jardiniers d'un weekend lui ont amoureusement offerts.

    Bleus, verts, roses, les oeufs durs colorés et cachés dans le jardin pour les grands et la petite.

    Verte la vieille pompe dans laquelle les mésanges réservent chaque année la même chambre.

    Bleue la chambre côté rue, rose la chambre côté jardin, blanches les autres chambres. Les hôtes d'un jour, deux jours ou quatre jours s'accommodent des conditions sommaires de ces chambres fort encombrées qui ne ressemblent en rien à des chambres d'hôtes à la campagne. Les plus accommodants se contentent d'un canapé-lit dans le salon.

    Bleue la nappe, vertes les assiettes, sur la table qui rassemble cinq, huit ou treize convives selon les arrivées et les départs successifs. Repas à géométrie variable.

    Je vis toujours ces weekends de Pâques qui rassemblent toute la famille comme posée sur un arc-en-ciel. Je suis certainement fleur bleue mais on ne m'enlèvera pas du coeur ces moments de pure douceur.

     

     

  • Let’s spring

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    Je suis météo-dépendante. Et quand il fait lumineux, ensoleillé, presque chaud, mon coeur explose. Tout est beau. Déjà qu'en temps normal, il ne m'en faut pas beaucoup pour être de bonne humeur, pour tout voir   en rose, autant dire que quand le printemps se pointe comme ces derniers jours, je vois tout en rose à petits pois, étoiles, et tout scintille. Les gens, les choses, tout s'illumine à mes yeux. Et je pourrais embrasser tout le monde. Tout en moi bondit. Let's spring !

     

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  • 2013

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     Malgré les dernières semaines un peu pénibles, je le reconnais, ce fut une belle année.

    On a fait un voyage absolument magnifique et je garde à l'esprit un kaleidoscope d'images hautes en couleurs de ces trois semaines intenses au Pérou.

    J'ai revu Amsterdam avec mes sorcières bien-aimées.

    J'ai découvert un coin de la Normandie que je ne connaissais pas.

    J'ai vu l'île de Murano sous un jour complètement différent, j'ai découvert Udine et Trieste, une autre Italie.

     Je suis retournée dans mes chères montagnes valaisanes.

    Cela fait un an que Maïté est partie et on a trouvé un nouveau rythme. Bien qu'encore aux études, elle prend son envol artistique à tout petits coups d'aile, d'une foire d'art à une autre. Et pour vivre, elle vend toujours des glaces et des chocolats. 

    Anaïs a terminé ses études de gestion hôtelière et entame des études en sciences du travail. Elle aussi a pris son envol professionnel et a passé trois mois de rêve en stage chez Véro où elle s'est éclatée. Simon l'a rejointe et ils vivent tous les deux au cinquième étage mais elle aussi sera bientôt partie. D'ici quelques mois, ils auront trouvé un appartement loin de ce centre-ville que Simon abhorre.

    Quentin, lui, ne s'envole pas du tout. Non seulement, il fait plutôt du sur-place au niveau études mais il  est aussi rentré au bercail. Je ne vais pas me plaindre de cette bonne humeur doublée de bon humour permanent à la maison mais mon bonheur serait à son comble s'il donnait quelques signes de progression.

    J'ai poursuivi les cours de portugais mais sans Anaïs, qui a préféré recommencer sa première année avec Simon.

    Pour le reste, j'entends bien et je vois bien, quoi qu'on en dise, je ne suis pas en trop mauvaise forme si ce n'est une tension trop élevée. Je ferais mieux de faire comme certains: lâcher la pression et hurler un bon coup au lieu d'accumuler toutes ces tensions à l'intérieur. C'est malin.

    Mais dans l'ensemble, 2013, ce fut encore et toujours l'amour, l'amitié, à donner, à recevoir, la famille, les amis. Beaucoup de tendresse et de sérénité. 

    Et je pense que 2014 s'annonce fantastique !

     

  • C’est Noël, bordel !

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    Lettre à une rosse de Noël

    Je sais que tu ne lis pas ce blog et j'hésite encore à t'envoyer cette lettre par la voie normale. Voilà 30 ans que je t'invite à passer Noël chez moi parce que j'aime ça, les Noël en famille. Et tu fais partie de ma famille. Ces trente dernières années, tu n'es pas la seule à avoir plombé l'ambiance – c'est normal, les plombages d'ambiance font partie inhérentes des réunions de famille, et plus on est de fous, plus on prend le risque de disjoncter – mais toi, tu as la palme d'or. Au point qu'avant Noël, on s'inquiète tous quelques semaines à l'avance, de la météo de tes humeurs pour le soir de Noël. Celui ou celle que le sort désigne pour t'offrir un cadeau demande à remettre le petit nom dans le chapeau et les courageux qui osent se jeter à l'eau tergiversent mille fois avant de se décider et une fois le cadeau acheté, se torturent à l'idée d'avoir mal choisi.

    Cette année, c'était moi et j'étais sûre d'avoir choisi un collier et un foulard que tu aimerais. Je suis allée dans ton magasin préféré, j'ai choisi les deux pièces dans les couleurs que tu adores. Je n'étais pas à côté de toi quand tu as ouvert le paquet mais j'ai vu, catastrophée, que tu tournais et retournais dans tes mains le foulard et le collier avec une moue dépitée; j'ai compris tout de suite que j'avais fait fausse route. Tu as murmuré quelques mots à ta voisine qui disaient "Mais ce n'est pas possible, ils me détestent, ils me détestent….". Je sais que tu ne le penses pas, mais tu l'as dit. Tu es venue vers moi et tu m'as rendu le collier en disant: "Je suis désolée mais ce n'est pas possible, vraiment, je n'aime pas du tout. Désolée." J'ai bredouillé: "Mais ce sont tes couleurs…" et tu as montré les perles blanches entre les perles de tes couleurs avec une moue dégoûtée et pour mettre fin rapidement à cette torture, j'ai promis d'aller l'échanger.

    L'année dernière aussi, tu as fustigé mon fils parce que tu t'es vite rendu compte en ouvrant son cadeau que ce n'était pas lui qui s'était déplacé et qu'il avait délégué l'achat à quelqu'un d'autre. 

    De temps en temps, on fait mouche mais si souvent on se trompe. Toi-même si souvent….

    Et c'est le grand débat entre toi et moi, choisir entre l'hypocrisie du "merci, c'est trop gentil" alors que non vraiment sans façon et la franchise assassine du "il faut me détester pour m'offrir ça", il y a certainement un juste milieu que nous pourrions trouver. Tout le monde peut se tromper et les commerçants intelligents le savent d'ailleurs très bien et vous proposent spontanément le carton d'échange. Mais il y a la manière…..

    Et si Noël est une fête de famille, c'est aussi une fête de paix et de (ré)conciliation. Et c'est pour cela, plus que tout autre chose, que je t'en veux, tu m'empêches de vivre cette journée en paix et en douceur.

    Heureusement, il y l'avant et l'après. L'avant avec Swiss'Sis, Anaïs et l'homme pour préparer Noël et l'après avec Sis'Cile, les parents et mes enfants.

    Sans eux, je passerais Noël aux Caraïbes, sans dinde, sans sapin et surtout…. sans cadeaux !

  • Les petits plaisirs de la rentrée

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    • La rentrée est, depuis quelques années, synonyme de la fin des examens de seconde sess'. Et donc, on peut enfin respirer voire même faire un peu de bruit et, plaisir suprême, écouter de la musique tout son soul (non, non, ce n'est pas une fôte d'ortografe, c'est voulu…). Et profiter toute la journée de toute la musique que j'aime au volume que je veux et dans toutes les pièces si je veux.

     

    • La rentrée c'est le retour au théâtre et la première pièce de l'année nous a mis en appétit. Race fait écho à l'affaire DSK et pourtant cette pièce a été écrite deux ans avant l'affaire. Elle nous bouscule dans nos idées préconçues sur le racisme et la discrimination. Elle nous confronte à nos préjugés ou nos a priori. Tous nos préjugés, ceux des blancs envers les noirs, ceux des noirs à l'égard des blancs mais aussi la culpabilité, la honte et la mauvaise conscience des uns et des autres. Remuant. 

     

    • La rentrée, c'est faire un saut à La Glanerie tondre une dernière fois les pelouses avant le retour des parents. Cueillir les mûres du bout des doigts pour éviter les épines des ronces, les araignées et… les taches. Cueillir les reines-claude parfaitement à point. Rentrer, nettoyer la bassine en cuivre et se lancer dans une confiture de reines-claude; préparer aussi une compote de prunes et de mûres parfumée à la cardamone et finalement décider de tout mélanger. Résultat exquis.

     

    • La rentrée, c'est se faire inviter par les enfants à une partie de bowling et en profiter pleinement. 

     

    • La rentrée, c'est se retrouver sans enfants et décider d'une sortie au restaurant rien qu'à nous deux. Je crois bien que la dernière fois, c'était il y a … presque sept ans.

     

    • La rentrée, c'est fêter l'anniversaire de Papy tous ensemble à La Glanerie sous le soleil à nouveau. Pouvoir sortir les transats et profiter un moment de la chaleur. Admirer le pommier à reinettes au soleil couchant qui donne l'impression d'être déjà à Noël. Enfin, presque.