Cette nuit, j'ai:
– préparé toutes les quatre vérités que j'allais dire à tous ceux qui me fâchent
– j'ai fait l'inventaire de toutes mes tâches professionnelles du lendemain
– j'ai élucubré sur les raisons des multiples sirènes de police ou ambulance passant sous mes fenêtres. A chaque fois, bien sûr, ce ne pouvait être qu'une catastrophe arrivée à ma fille aînée pas encore rentrée. Et bien sûr, il ne lui arrive quelque chose qu'au moment où elle est à 100 mètres de la maison. Ou alors, ils me la ramènent en ambulance, plus rapide que le taxi.
– j'ai organisé toute une série d'enterrements. C'est la suite logique du point plus haut mais j'étends le drame comme une tâche d'huile.
– je me suis retournée comme une crèpe un nombre incroyable de fois, probablement autant de fois que l'on prévoyait de crèpes le lendemain.
– j'ai regardé chaque heure passer, chaque demi-heure s'égrener, chaque quart d'heure s'écouler, j'ai fermé les yeux mais les paupières internes restaient grand ouvertes.
– j'ai envoyé des sms à 00h40, 00h44, 01h25, 03h30, j'ai appelé à 03h35. Elle m'a dit "je suis là dans une heure". Alors forcément…
J'avais promis de lâcher prise et en général j'y arrive. Mais voilà, il y avait -10° dehors et l'Homme avait fait allusion dans la soirée au danger potentiel de l'alcool par temps froid, un verre de trop, une chute, un froid polaire et ciao…. Non pas qu'elle était partie pour une folle soirée d'ébriété, juste une soirée prolongée chez une copine. Mais le cerveau des mamans est une espèce de magma bouillonnant complètement incontrôlable.

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