Catégorie : Moi, je

  • Une après-midi pour moi

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    Cela faisait partie de mes résolutions pour cette année 2016. Une fois par mois, m'offrir une après-midi pour moi: une expo, un magasin, une découverte, un petit plaisir comme un massage, une séance de yoga, un film……

    J'ai consciencieusement fixé ma première après-midi au 12 janvier. L'intervention chirurgicale de l'épaule était fixée au 20 et je voulais en profiter avant. Mais c'était sans compter avec mes états d'âme et les avis nombreux et variés de tous ceux à qui j'ai parlé de cette intervention. Tous ceux qui ont eu un souci ou l'autre à l'épaule, qui ont récupéré lentement mais sûrement ou qui connaissent quelqu'un qui….

    A force d'entendre les uns et les autres et de plus en plus stressée au fur et à mesure que l'on se rapproche de la date fatidique, j'ai bien entendu freiné des deux pieds. J'ai fini par céder à la proposition de demander un deuxième avis. Inconsciemment, j'espérais que ce second avis confirmerait le premier, histoire de ne pas décommander l'intervention une semaine avant. Mais bien sûr, le deuxième avis donné par un chirurgien pas particulièrement agréable, était différent. Tout ce qu'il me fallait pour me déstresser !

    J'ai donc passé l'après-midi pour moi dans les hôpitaux: visite à un ami médecin à qui je demande de m'aider à me dépatouiller de tout ce brouillard dans mon cerveau. Bien mal m'en prit, on parle dix minutes de moi – pour me dire de prendre un troisième avis – et….. trois quarts d'heure de lui et de ses problèmes. Sa femme m'appelle le soir pour prendre de mes nouvelles. Occupée à dîner, je promets de la rappeler un quart d'heure plus tard. Quand je la rappelle, elle a déjà oublié la raison de son appel initial et on parle pendant une heure d'elle et de ses problèmes et on finit par raccrocher sans qu'on ait mentionné une seule fois l'intervention qui m'attend. Je sais que je suis plutôt quelqu'un qui écoute, mais là, c'est le pompon, 

    L'après-midi, j'ai passé les examens pré-opératoires et attendu une heure et demi l'anesthésiste, probablement endormi quelque part…. Et j'ai attendu jusqu'à 20 heures de pouvoir voir le chirurgien qui m'a gentiment reçue alors que je n'avais pas rendez-vous et qui m'a finalement rassurée sur le bien-fondé de cette intervention. 

    Voilà donc une après-midi pour moi qui a rempli son office. Je me suis effectivement occupée de moi mais pas exactement comme je l'avais initialement souhaité.

    La décision est enfin prise et confirmée mais le stress a changé de cible. J'angoisse maintenant à l'idée de l'anesthésie. J'ai beau savoir comment ça se passe, je n'en reste pas moins terriblement stressée à cette idée de perte de contrôle.

    Vivement jeudi que tout cela soit derrière moi. 

  • Paris reçu

     

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    Cette année, mon anniversaire tombait un samedi. Le dernier samedi en date, c'était celui de mes 50 ans, un jour idéal pour faire la fête. Mais pour 56 ans, on ne fait pas de fête. Pas de journée prévue avec ma maman non plus. Pas de journée où je fais ce que je veux, rien que ce que je veux puisque c'est un samedi et le samedi, je le passe avec l'Homme. Donc pas de plan particulier, un seul moment agréable en vue, un dîner d'anniversaire chez Anaïs avec tous les enfants.

    Mais pour le reste, une envie de rien, pas trop contente de prendre un an de plus, pas en super forme non plus, grumpy mood quoi…..

    Vendredi soir, on rentre les courses, on prépare le repas et Anaïs et Simon débarquent en coup de vent pour ramener une couette prêtée. Puis Maïté et Jean-Didier se pointent aussi. Je commence à sentir la bouteille de champagne qui ne se tient plus dans le frigo. Je trouve ça très sympa mais bon, on se voit demain chez Anaïs, non ? Maité s'excuse, me dit qu'elle et JD ne seront pas là samedi soir parce qu'ils partent fêter l'anniversaire de JD à Paris….. Je commence à dépiter…. Maité ajoute vite "avec toi !". Il me faut un certain temps pour comprendre que c'est mon cadeau d'anniversaire, qu'ils m'emmènent tous à Paris (à l'exception de Simon, pas bien et de Kerya, en examens). Je crois bien que c'est la première fois de ma vie qu'on parvient à me faire une surprise, je n'ai rien vu venir. Ils ont pris les billets en octobre et mille fois, ils auraient pu vendre la mèche ou j'aurais pu inventer une journée d'anniversaire pour moi qui aurait fait tomber leur plan à la Seine.

    C'était juste une journée fabuleuse. Je n'ai pas eu vraiment le temps de planifier la journée. On a donc marché, marché, toute la journée. Du Vieux-Colombier à la rue du Cherche-midi, de la grande épicerie et du Bon Marché à Deyrolles, du Marais à la Seine, des quais au Louvre. Pauvre Anaïs dont c'était la première sortie au-delà de 2 km depuis trois mois, ses pieds ont été mis à rude épreuve. On a quand même pris un bus jusqu'aux Abbesses, flâné là pour revenir ensuite vers les Grands Boulevards où on a abandonné Maïté et JD à leur hôtel avant de repartir vers la Gare du Nord, épuisés mais heureuse.

    Je n'ai rien fait de ce que j'aurais pu faire – quand j'ai vu que c'était les derniers jours de l'expo de Vigée-le Brun, j'aurais bien voulu me l'offrir mais je n'ai pas voulu imposer ça à toute l'équipe, même si c'était MA journée, je n'ai rien acheté hormis un parfum qu'on ne trouve qu'à Paris et qui me fait de l'oeil depuis deux trois ans. J'ai juste aimé être là, dans cette ville que j'adore, avec eux, et être la reine du jour. Magique.

  • 2015

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    Une année tellement bizarre. Des attentats terroristes en début et en fin d'année. Paris par deux fois, puis Bruxelles en état d'alerte maximale. Un arrière-goût plutôt amer. Et malgré cela, beaucoup d'amour partout autour de moi. Une espèce de bulle légère dans une atmosphère plutôt pesante.

    Premier congrès de sorcières à quatre. On aurait voulu se retrouver au Mont St Michel pour réaliser son dernier souhait inassouvi mais c'était tellement compliqué à rejoindre pour la Turinoise. Alors on a choisi Turin, berceau de notre rencontre et la Sagra di San Michele.

    2015, c'est aussi Cuba, déconcertant et fabuleux à la fois, un weekend en Ombrie entre amis, dix jours en Normandie, la Suisse éternelle, le weekend en Toscane avec J et S et notre escapade quasi annuelle en amoureux à Venise. 

    Ce sont aussi les premières vacances à deux, totalement sans enfants et un plaisir partagé et non dissimulé. 

    C'est une invitation à dîner chez Maïté.

    Ce sont de grands événements de Sis: le mariage de Sis'Cile et Marc puis les 50 ans de Swiss'Sis et le séjour magique qu'elle nous a organisé à Giessbach à cette occasion. 

    2015, ce sont toutes les tracasseries liées à la mise en place du piétonnier dans le centre-ville, décidé envers et contre tous par le bourgmestre de Bruxelles.

    2015, c'est le couronnement des efforts d'Anaïs sous la forme d'un joli diplôme et la totale remise en question du parcours de Quentin.

    Ce sont les deux opérations successives des hallux valgus d'Anaïs et la lente rééducation à la marche.

    C'est aussi l'évolution pas trop agréable de mes douleurs au bras et à l'épaule.

    C'est une année d'évolution en quelque sorte.

    J'en ai fait encore et toujours un peu trop mais je ne veux même pas renoncer. J'en veux encore et toujours plus. 

    Toujours plus de théâtre, de cours de langues, de sport, de lectures, de voyages, mais aussi d'amour, d'amitié, de temps à donner, de tendresse, de bonheur.

    Sus à 2016 !

     

  • Oisive

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    Nous avons reçu comme cadeau de Noël l'année passée, un Bongo. Non, pas un instrument à percussion mais un chèque-cadeau "pour une expérience inoubliable". En l'occurrence, un séjour d'une nuit dans un hôtel à choisir dans un catalogue d'hôtels. Nous avions opté pour une nuit à Cologne en décembre, histoire d'arpenter un de ces fameux marchés de Noël dont l'Allemagne détient le secret absolu.

    Et puis le matin du départ, gros coup de fatigue, pluie annoncée à Cologne pour deux jours sans discontinuer, une envie furieuse de tout annuler. Après tout, on peut essayer. J'appelle la société Bongo qui en 5 minutes chrono contacte l'hôtel, obtient l'annulation sans frais et remet notre "compteur bongo" à zéro, ce qui nous donne le droit de réserver autre chose dans les 4 mois qui viennent.

    Soulagement certain de ne pas devoir traîner sa fatigue sous la pluie pendant deux jours entiers. Mais soudain un vide total devant moi. Une montagne de boulot qui m'attend au bureau et une tentation immense d'annuler les deux jours de congé, denrées rares. L'Homme m'en dissuade. A mon corps défendant. Je ne sais pas quoi faire de ces deux jours. L'Homme me propose de se laisser porter, ne rien faire d'important, faire un peu de shopping pour préparer la St Nicolas des enfants, sans se presser.

    J'ai beaucoup de mal à ne rien faire, à ne pas avoir un programme bien défini et je me retrouve totalement désarçonnée. Je trouve même tout cela fort stressant. Et il me faudra quelques heures et toute la détermination de l'Homme pour finalement me relaxer et accepter d'être en congé "non rentable". Enfin, c'est relatif, puisque nous avons quasi rempli toute la hotte de St Nicolas.

  • Libre ?

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    Je me suis amusée à faire un petit test de psycho de comptoir supposé analyser mon niveau de liberté. Suis-je libre ? 

     

    Vous partez en vacances dans 1 mois : 

     
    Alors, vous m'auriez posé la question l'année passée, je vous aurais dit: Non, mais c'est une blague ? Mais ma bonne dame, tout est planifié depuis janvier, on sait où on va, la maison qu'on loue, les étapes qu'on fait sur la route, tout quoi. Si par un concours de circonstances , en mars, on n'a rien de prévu, je stresse à mort. 
    Mais en fait, cette année-ci, total lâcher prise.  Fin mai, on ne savait toujours pas où on allait en juillet. On risquait même de rester à la maison et de faire des travaux de rénovation. 
    Je ne me reconnais pas, ce n'est pas moi du tout ça. Alors je ne sais pas quoi cocher…..
     
     

    Votre profession : 

    C'est clair, j'ai laissé le hasard faire les choses. J'avais un attrait certain pour les mots dans quelque langue que ce soit, j'étais de toute évidence plus littéraire que scientifique mais après deux années dans la traduction et six ans dans le monde bancaire, je suis tombée dans le chaudron des ressources humaines tout à fait par hasard, sans rien en connaître. Et je ne suis jamais sortie du chaudron. Je suis partie en Italie par deux fois, tout à fait par hasard. Je me laisse guider, je me donne vaguement l'impression que je choisis mais en fait les circonstances de la vie choisissent pour moi. 

     

    L'idée de tout plaquer et de partir :

     

    C'est sûr, cette idée m'est totalement étrangère. Je dis ça mais en même temps, je suis partie deux fois, me direz-vous. Oui, mais pour partir, l'Homme a dû me pousser dans le dos, voire même me botter l'arrière-train. 

     

    Dans 1 semaine c’est l’anniversaire d’un de vos proches : 

     En général, une semaine à l'avance, l'affaire est dans le paquet cadeau. Et j'y pense depuis bien plus longtemps. Je suis organisée comme un métronome. Je connais les dates d'anniversaire de chacun. C'est bien simple, il y a certainement 200 jours de l'année où quelqu'un que je connais a son anniversaire. Famille, amis, collègues, connaissances, tout le monde est fiché dans un coin de mon cerveau. Et je passe une bonne partie de tous mes weekends à la chasse au cadeau. Et puis quelquefois, c'est vrai, je sèche, je n'ai aucune idée de ce que je pourrais offrir. Et dans ce cas, une autre partie de mon cerveau travaille en permanence à la recherche du cadeau possible. Sans que ce soit conscient. Et puis soudain, un neurone spécialisé envoie un message en surface pour m'informer de sa trouvaille. Et l'affaire est dans le paquet cadeau.

     

    Quand vous organisez un événement (anniversaire, mariage, diner) : 

     Pardi, j'invite tout le monde pour ne blesser personne. C'est ainsi que pour mes 50 ans j'ai invité tous mes collègues plutôt que de faire un tri sur le volet. Et bien sûr, je regrette d'en avoir invités certains. Mais c'est ainsi.

     

    Avez-vous déjà acheté quelque chose de cher sur un coup de tête ?

    Disons que oui, cela peut arriver. Mais franchement, c'est plutôt rare. Et si c'est le cas, avant le coup de tête proprement dit, càd plus précisément au moment de passer à la caisse, je vais réfléchir intensément, au point de me torturer les méninges. Oui, non, oui, non….. Et quand le oui gagne le combat, alors on peut parler de coup de tête.

     

    Lors d’une conversation : 

     A votre avis ? Je fais super attention à ne pas aborder les "sujets qui fâchent". Surtout avec l'Homme qui m'accompagne. 

     

    Résultat: 

    Vous ne vous sentez pas libre. 

    Vous avez du mal à vous affirmer et à résister aux pressions sociales et familiales. Vous avez tendance à vous conformer et à mettre de côté vos envies. Attention à ne pas trop vous perdre, s’écouter et se faire plaisir est parfois essentiel.

     

    Bon, ben ça va, je ne me sens pas trop perdue. Je mets peut-être bien parfois de côté mes envies mais d'un autre côté, quand j'ai vraiment envie de quelque chose, je ne lâche pas facilement prise.

    Alors, libre ? Je pense que oui. Je dirais: libre d'accepter ou de refuser toutes les contraintes que je m'impose pour, selon moi, de très bonnes raisons. 

     

  • Les bulles, les ondes et les peaux de banane

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    Ma vie est faite de bulles de champagne ou de savon, d'ondes de chaleur et quand même, pour être comme tout le monde, de petites peaux de bananes.

    Les bulles de la semaine:

    Les conversations Whazup avec les cinq. La petite maligne qui a créé ce groupe n'imagine même pas à quel point cela me fait plaisir d'échanger comme ça, bêtement, pour rien, quelques infos, quelques jeux de mots, quelques rires, n'importe où, n'importe quand.

    Maïté qui veut une "boîte à outils gâteaux", à matériel de pâtisserie pour être plus précis, parce qu'elle veut s'entraîner à faire de beaux gâteaux comme maman pour sa future ribambelle; Maïté qui veut être une maman tout terrain. Je fonds…..

    La gratitude de ce collègue à qui j'offre un poste nouveau pour lui. Il était sûr de ne pas avoir réussi l'entretien tant son stress crevait les yeux, malgré une préparation en béton. Et moi, je n'ai retenu que cette préparation en béton. 

    La générosité de son collègue direct qui lui, n'avait pas été aussi brillant à l'entretien, alors que c'était lui que je pressentais pour le poste. Il savait avant l'autre à qui j'offrais le poste et il l'a attendu dans le couloir pour le féliciter au sortir de mon bureau. Et c'était sincère.

    La fête d'anniversaire de Liviu et le plaisir de danser librement en mode disco années 80.

     

    Les ondes de chaleur:

    Les vraies, les physiques, celles que le soleil dépose sur le dos en ces premières journées d'automne.

    Celles qu'envoient les mains expertes du shampouineur/masseur de crâne, à condition que je me laisser aller.

    Celles que provoquent la couverture chauffante dont me borde l'esthéticienne, rien que pour me faire du bien.

    La formation pour coachs de ces deux derniers jours. La première demi-heure, j'aurais voulu m'enfuir tellement je déteste ce genre de formation à l'américaine. Et au bout d'une heure, j'étais complètement dedans, bluffée par l'honnêteté et la générosité des participants.  

    "La Création" de Joseph Haydn avec Mamy. Tout simplement sublime. 

     

    Les peaux de banane:

    La douleur persistance au niveau du bras et de l'épaule et fulgurante lors de mouvements brusques comme lorsque je me brûle accidentellement avec la vapeur du fer à repasser. Les larmes coulent toutes seules.

    La prise de poids sur laquelle j'ai perdu tout contrôle. Je n'ai jamais eu de tablettes de chocolat mais là, je suis passée en mode muffin-pudding. 

     

  • Fin de vacances

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    Vendredi: Cela faisait très longtemps que je n'avais plus passé une soirée seule à la maison. Mes hommes étaient partis charger le bois pour l'hiver et le ramener jusqu'au garage. Je suis rentrée du boulot, j'ai fait quelques parties de Candy Crush, histoire de me vider la tête, j'ai liquidé les légumes de la semaine dans un délicieux minestrone, pris un bain, mangé un petit bout, téléchargé des morceaux que j'avais entendus, découverts et soigneusement notés. Et je me suis offert le luxe d'écouter quelques entretiens avec Amalia Rodriguez. Ces quelques heures pour moi seule sont du pur bonheur. Je ne suis pas un animal solitaire, loin de là, mais quelques heures où je ne dois ni parler à personne ni écouter personne et où je peux meubler le silence comme bon me semble me font un bien fou.

    Samedi: Refaire la couleur, l'épilation et le soin visage après 4 semaines, c'est encore un moment à moi. Mais cette fois, sans stress puisque personne ne m'attendait pour déjeuner, le transport des bûches se poursuivant toute la matinée. Puis direction La Glanerie, faire l'épilation du jardin qui en avait, lui aussi, bien besoin. Encore un moment de bien-être. Je ne peux pas dire que ce soit de tout repos de tondre cet immense jardin, surtout sous 30° à l'ombre à six heures du soir, mais tout ce vert m'apaise.

    Dimanche: Sur la route du retour, l'Homme, le premier, entend un "petit bruit". D'abord, je n'entends rien mais très vite, le bruit s'accentue peu à peu. Un peu comme si quelque chose s'était dévissé. On arrive à bon port toutefois, l'Homme envisage d'amener la voiture au garage le lendemain, et nous repartons chez G et M pour un chouette dîner entre amis. Le bruit s'est encore amplifié et au retour, vers minuit, un autre automobiliste nous signale qu'une de nos roues ne semble plus tenir que par un fil. Nous avons donc abandonné la voiture sans plus attendre et nous sommes rentrés à pied. 

    Lundi: Pendant que l'Homme fait venir la dépanneuse et prend rendez-vous avec le garagiste pour voir ce qui ne fonctionne pas, moi, je vais passer une radiographie et une échographie pour voir ce qui ne fonctionne pas avec mon épaule. Verdict rapide: luxation du tendon du long biceps. Ca fait chic. Déjà le simple fait de mentionner que j'ai un biceps est valorisant; qu'il soit long est un plus, moi qui suis réputée pour mes bras courts; qu'il soit luxé me fait moins plaisir, surtout quand le médecin me traduit "luxé" par "sorti de son logement". Dû à l'usure et l'usage intensif d'un sac trop lourd.

    Mardi: Le généraliste me prescrit donc des anti-inflammatoires, de la kiné, de la patience et une révision du plan sac. Ca promet, moi qui génétiquement suis programmée pour transporter toute ma maison dans un sac (portefeuille, porte-monnaie, trousse de maquillage (toujours être fin prête), brosse à cheveux, clés de ma maison, du bureau, de la maison des parents, téléphone, un sac plastique okazou, des pansements okazou, un petit carnet (celui que Célestine m'a offert un jour à Paris…..), une trousse de bics – au moins cinq – (si jamais je peux dépanner quelqu'un). Et je n'ai pas mon dé à coudre comme ma grand-mère ou un petit pot de lait comme ma maman au cas où on prendrait le café à l'improviste….

    Mercredi: Journée de retrouvailles. Le midi avec Cat, toute bronzée mais torticolée. Le soir avec Josiane et Stefano, au badminton, tout aussi bronzés et pas torticolés. Cela fait du bien de se remettre à bouger, à papoter et à se faire plein de plans théâtres, restos, etc…. La vie est belle.

    Jeudi: Après deux mois de vacances non méritées, d'inertie totale ou presque, et de vide intersidéral au niveau de la réflexion sur le futur proche et lointain, l'intérêt de Quentin s'est enfin réveillé. On a tout passé en revue, la gestion (pour ouvrir son "truc", mais il ne sait pas trop quel "truc"), le développement durable, trouver un job tout de suite et voir plus tard, partir 6 mois en coopération, on a fini sur la comptabilité, faute de mieux. Et tous nos proches atterrés de voir le solaire animal finir assis à un bureau à aligner des chiffres en actif et passif ! Les bouches bées de Josiane et Stefano m'ont secouée et j'ai à nouveau relancé le débat. Et en passant, j'ai mentionné l'enseignement. Et à l'autre bout du fil, j'ai entendu un moineau se gonfler les plumes, une envie se réveiller, une voix s'allumer, une voie s'éclaircir. Reste à voir maintenant si le trop grand nombre d'échecs ne va pas lui fermer cette dernière piste.

  • Cou dur

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    Je me suis réveillée ce premier matin suisse complètement bloquée. Jamais de ma vie, je n’ai eu un torticolis pareil. Impossible de tourner la tête ni à gauche ni à droite, ni vers le haut ni vers le bas. Je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. J'ai déjà eu un torticolis mais ça, ce n'est plus un torticolis, c'est une minerve naturelle…..

    J'ai passé la journée à dormir. Le soir, encore un peu plus fort, pas moyen de me coucher. Après quelques pleurs d'épuisement. j'ai fini par utiliser un système D, une serviette de bain roulée que j'ai utilisée comme poulie autour du cou, pour le faire descendre lentement vers l'oreiller.

    Après 48 heures, les choses sont rentrées plus ou moins dans l'ordre. Mais cet épisode m'a fait comprendre qu'il fallait absolument cesser d'ignorer les signes que mon corps m'envoie. Cela fait dix mois que j'ai une douleur récurrente dans le bras, qui depuis un mois s'est étendue à l'épaule et est devenue fulgurante à certains moments tout en limitant sérieusement l'amplitude de mes mouvements. Je n'ai pas voulu écouter et me voilà bien handicapée. L'ostéopathe renonce à m'aider tant que je n'ai pas fait une radiographie et une échographie. 

    Rendez-vous est enfin pris. On en saura plus la semaine prochaine.

     

     

  • Silences

     

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    Je voudrais juste qu'on arrête de me crier dessus. Je voudrais juste pour une fois ne plus être empathique, en mode "tu ne vas pas bien, tu exprimes ta colère et tu iras mieux après, moi j'attends que ça passe". Je voudrais qu'on m'oublie en tant que trop-plein/déversoir de frustrations, rancoeurs, rages, tristesses et autres joyeusetés.

    Juste un jour.

    Je ne veux pas devenir sourde mais je voudrais m'entourer pendant 24 heures d'une bulle de silence.

    D'autres jours, je voudrais ne plus rester silencieuse. Silencieuse face à tout ce qui ne tourne pas rond. Toutes les frustrations, rancoeurs, rages et tristesses que les autres viennent déverser chez moi sont parfois – pas toujours – la traduction de souffrances distillées inconsciemment ou non par d'autres. Et j'obéis parfois trop facilement à la supplique "Je t'en parle parce que ça me fait du bien mais je ne veux pas que tu fasses quoi que ce soit, ça pourrait se retourner contre moi…. ". Et je me fais en quelque sorte complice involontaire de cette souffrance. Par fatigue, lâcheté, manque de temps surtout.

     

    Je voudrais pouvoir, oser parler et je voudrais que les autres se taisent.

    Tout le contraire de ce qui a fait ma vie jusqu'à aujourd'hui, en somme. 

  • Eternelle

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    Je continue à vivre comme si j'étais éternelle. Une partie de ma tête sait pertinemment bien que ce n'est pas le cas mais une autre partie, plus irrationnelle n'intègre pas du tout cette dimension.

    J'ai largement dépassé la moitié de l'espérance de vie actuelle dans nos pays mais tout dans mon comportement incite à croire que je n'en suis qu'au début. 

    Je sais bien aujourd'hui que je ne pourrai plus matériellement visiter tous les pays mais je fais comme si j'avais devant moi tout le temps de faire le tour du monde.

    Je vois bien que je ne suis plus dans une forme olympique, même si je n'ai vraiment pas à me plaindre de ma condition physique mais j'agis comme si je pouvais encore tout me permettre; je peux même croire qu'en y mettant un peu d'effort, je pourrai bientôt retrouver une souplesse type grand écart que je n'ai quasi jamais eue; je suis sûre que je pourrais encore apprendre à monter à cheval, skier comme Tomba la bomba ou nager comme une sirène.

    Je suis persuadée que je peux encore apprendre au moins dix langues.

    Je sais que je ne lirai pas tout ce que la littérature a de meilleur et pourtant je crois que je vais dévorer encore et toujours plus de bouquins.

    Je n'intègre pas cette fin inéluctable. Et pourtant l'année qui vient de s'écouler s'est bien chargée de me rappeler que nous ne resterons pas indéfiniment sur cette terre. 

    Mais rien n'y fait, je me sens partie pour rester.*

     

    * Celle-là, je l'ai empruntée à Cabrel….