Catégorie : Plein quotidien

  • L’irraison de la colère

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    Soirée douce débutant exceptionnellement sur un petit apéro en famille, papote, occupations diverses. Vers 22h30, Quentin baisse le son de son jeu et nous invite à écouter le léger mais régulier clapotis, plic-ploc, …… d'une fuite d'eau au plafond qui atterrit plic-ploc-plouc sur la grande armoire à linge de l'Homme.

    Branle-bas de combat. Le plus zélé grimpe sur une chaise et place un seau sous la fuite. Très vite, il apparaît que le goutte-à-goutte est trop rapide pour espérer que le réceptacle tienne la nuit et le risque d'infiltration dans l'armoire est trop grand. L'homme organise donc le déplacement de l'armoire. On la vide au pas de course. On la déplace à grand renfort de roulettes et de plaques en carton pour ne pas abîmer le parquet et l'Homme décide qu'elle prendra temporairement ses quartiers dans…. MON salon. Pour mémoire, ledit salon a accueilli pendant neuf long mois tout le contenu de la cave, elle-même victime d'un dégât des eaux et ce n'est qu'à Noël, échéance bénie et fête familiale oblige, que la cave a réintégré son capharnaüm. J'aurai donc profité de mon joli salon pendant 3 petites semaines.

    D'accord, une armoire, très belle par ailleurs, ce n'est pas un capharnaüm de cave mais bon, je suis déjà très grumpy.

    Dans l'excitation mâle pour sauver des eaux l'ar-moïse, Quentin grimpe sur une échelle non ouverte et bien entendu, l'échelle se casse la figure en balafrant sérieusement au passage les armoires de rangement. Quentin va bien, merci, puisqu'en bon singe agile, il s'est suspendu à la mezzanine.

    De grognon, je suis devenue hystérique et je l'ai abreuvé de tous les noms d'iconoclaste possibles et imaginables pour détérioration de MON bien public. D'hystérique, je suis devenue colérique et je me suis précipitée dans sa chambre à la recherche de quelque chose à détériorer myself. J'ai lorgné d'un oeil son djembé – à qui je crois même avoir adressé quelques mots – mais je ne suis jamais en colère au point de perdre la tête vraiment. Pas touche au djembé, donc. Il y avait là par terre quelques sacs en plastique et en papier remplis de je ne sais quoi et dont j'ai décrété qu'ils n'avaient pas à se trouver là. Je me suis calmée en leur donnant quelques coups de pieds rageurs. Et j'ai sommé mon bêtiseur de fils de venir tout ranger sur le champ. Je n'ai pas compris tout de suite son sourire mordu.

    Maïté a essayé de me raisonner: il y a plein de gens qui vivent dans les caisses et les travaux. Ben oui, mais moi, j'ai le sentiment d'avoir assez donné dans la rubrique "chantiers". L'homme aussi a insisté: par ce froid qui court, il y a d'autres familles où la catastrophe est bien pire lorsque ce sont des conduites d'eaux qui gèlent et éclatent. Ben oui. Et j'ai surenchéri en mon moi-même: sans compter que moi, j'ai un toit pour dormir.

    Penaude, je suis aussi punie parce que j'ai compris après coup que les paquets, dans lesquels j'ai donné rageusement des coups de pieds, faisaient partie de trésors cachés dans l'armoire et évacués en catastrophe à mon insu. C'est mon anniversaire demain et je crois bien avoir passé ma colère sur mes propres cadeaux. De colérique, je suis devenue calimérique.

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  • Le calendrier de l’Après

    Jeudi 25: Les jours de Noël ne sont plus ce qu'ils étaient: une journée entourée de coton, où l'on émerge assez tard et que l'on passe en quasi-pyjama, à tout ranger, vider et remplir le lave-vaisselle, laver les verres à la main, ramasser tous les papiers cadeaux, découvrir à la lumière du jour les présents reçus et tester tous les desserts qu'on n'a plus pu savourer la veille. Le tout devant un ou deux films spécial 25 décembre (Love actually, The Family Stone, Charlie et la chocolaterie, Benny and Jude, …). Non, les jours de Noël sont maintenant jours de blocus pour enfants trèèèès studieux. Et le charme est un peu rompu.

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    Vendredi 26: Séance esthéticienne et coiffeur. Retrouvailles de toutes les sorcières autour d'un thé ou d'un verre de vin, le temps de s'embrasser, de revoir grandis tous les enfants (sauf les nôtres, les trop grands et trèèès studieux enfants), de "tolérer' non sans grand plaisir les maris et nous revoilà déjà reparties vers nos rendez-vous familiaux (à l'agenda très serré pour les expats d'entre nous).

    Samedi 27: Une course un peu trop rapide dans les escaliers et clac fait le muscle qui se déchire légèrement. Il faut croire que je jalousais secrètement le tendon d'Achille de l'Homme. La douleur est vive mais se supporte beaucoup mieux voire disparaît …. sur talons hauts. Bon, au saut du lit, en peignoir, ça le fait moins …

    Dimanche 28: Dernières retrouvailles familiales avant le départ de Swiss'Sis pour son Helvétie tranquille autour d'une choucroute anticipée et d'une brocante maternelle devenue tradition. J'aime ces moments de partage d'objets hétéroclites, chinés auprès des grand-mères, grand-tantes, voisines, enfants de voisins peu attachés aux souvenirs ou dépourvus d'espace dans de trop petits appartements et qui se débarrassent un peu vite de trésors de naguère. Et Mamy B. récolte patiemment, pour notre plus grand plaisir vaisselle, bibelots, nappes, serviettes, gants, et autres trésors offerts en brocante à ses trois filles ravies.

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    Lundi 29: petite journée au boulot. Comme d'hab', je pensais trouver le temps de ranger un peu le capharnaum qui me sert de bureau. Mais le temps m'a de nouveau prise par suprise et je n'ai quasi rien rangé. 

    Mardi 30: Après neuf mois d'absence, visite à Tante Danielle. C'est fou comme neuf mois sont énormes à 95 ans. Je n'en reviens pas de constater à quel point elle a changé. Elle ne rit plus, ne plaisante plus, est assez agressive et exigeante. Et le plaisir de la voir s'est éteint pour laisser la place à la désolation. Je lui ai promis de revenir plus vite et je tiendrai promesse. Mais ce sera avec des pieds de plomb. 

    Mercredi 31: Je n'avais pas très envie de ce Nouvel An en tête à tête. Pour moi, le passage d'une année se fête nécessairement dans le bruit, entourée d'amis, de musique, de rires, de champagne, pour m'étourdir et ne pas céder à la nostalgie qui me prend à chaque fin d'année. Je ne supporte pas de fermer la porte sur une année écoulée et je vis si mal l'idée de ce qui ne sera plus. Plus jamais.

    Il ne voulait rien d'autre et j'ai accepté mal gré bon gré de rester à la maison. Il a mis les petits plats dans les grands. Il nous a dressé une jolie table, préparé quelques antipasti, une fricassée de champignons sauvages. Il s'est habillé comme pour un jour de fête, j'ai mis une longue robe, mon plus beau collier, mes plus belles boucles d'oreille, je me suis fait faire un chignon de grande dame chez le coiffeur. On a allumé toutes les bougies. Je n'ai rien fait à part cela et mis quelques toasts à griller. Il s'est occupé de tout. On a dansé rien qu'à nous deux, en essayant de ménager qui son talon d'Achille, qui son muscle légèrement déchiré, avec dans les yeux un mélange de plaisir partagé et de panique à l'idée de rompre la guérison fragile de nos jambes respectives. Soirée fragile donc, délicieuse, rare, réussie. Mais personne ne comprendra si j'émets le souhait de revivre la même nuit de la Saint Sylvestre en tête à tête, l'année prochaine.

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  • Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain *

    La procrastination est la caractéristique majeure qui unit les membres de cette famille. Demain est autre jour. Fans de Scarlett, levez-vous ! Ne faites pas aujourd'hui ce que vous pourriez remettre à demain.

    Quentin et Maïté sont passés orfèvres en la matière. La simple idée de s'avancer dans son boulot stresse Quentin. Qui sait si le prof ne déciderait pas à la dernière minute d'annuler tel ou tel devoir, ce serait vraiment trop bête d'avoir fait quelque chose pour rien.

    Maïté elle, ne peut fonctionner que sous stress. L'adrénaline de la dernière minute.  Jusque là, elle cogite à la manière de faire ou de ne pas faire.

    Anaïs est moins régulière mais a quelques jolis essais à son actif. Tous trois n'ont qu'un mot à la bouche: "Attends", "Tout de suite" (traduire: PAS tout de suite), "je finis un truc et j'arrive".

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    Ceci dit, ils ne sont probablement pas tombés loin du nid. Et celui des deux qui n'aura pas l'honnêteté de le reconnaître n'est certainement pas le moins procrastinateur des deux.

    Nous parvenons d'ailleurs à rendre fou un couple de nos amis dont la devise "Ne pas remettre à demain…" est appliquée à la lettre. A l'extrême. Au point, lorsqu'ils nous reçoivent, de débarrasser la table COMPLETEMENT dès le dernier café poussé (càd, le bouquet de fleurs d'origine à nouveau déposé sur ladite table et la cuisine nickel chrome comme sortie d'un magazine). Alors que chez nous, ce rangement post-bonne soirée peut bien attendre le lendemain. Mais au moins, on ne donne pas à nos invités l'impression que la soirée est terminée et qu'ils feraient bien de lever le camp.

    Ces amis-là ne comprennent pas qu'on mette plus d'un an à peindre une porte, changer une lampe ou réparer un robinet. Moi non plus, en principe, mais j'ai déjà tellement la réputation d'une emm… pour les 4 qui doivent vivre avec moi que je me modère, quoi qu'ils en pensent.

    Moi, je vis la procrastination surtout au bureau. Tout ce que je ne fais pas bien, je reporte au lendemain, au surlendemain, à la semaine suivante et ainsi de suite. Jusqu'à être acculée. Et de finalement mal faire ce fichu rapport ou ce foutu document.

    Il paraît que cette tendance affecte particulièrement les personnes atteintes de perfectionnisme. A y regarder de plus près, je dois bien avouer que ce n'est pas faux. Et que, chez nous, quand on s'y met, on vise le top. Et en général, on peut dire que si ce n'est pas LE top, c'est top quand même. Maïté dans ses créations, Anaïs et moi dans l'art de recevoir et la cuisine, les hommes dans tant et tant de disciplines différentes que c'en est écoeurant.

    Mais comme il est rare d'atteindre la perfection autrement que par essais et erreurs et que nous vivons mal l'idée de faire une erreur, on contourne le problème en ne faisant rien. Enfin, façon de parler. On fait mille et une autres choses que ce que l'on devrait faire.  

    Dernières procrastinactions du moment:

    • Les bouteilles vides attendent un trajet vers la bulle à verre depuis au moins 6 mois

    • Les chaussures d'été attendent toujours d'être rangées

    • Cela fait 15 jours que je dois répondre au mail de V.

    • Cela fait plus de trois mois que je devrais équiper Quentin en draps, taies et housses de couette

    • On pense commander un nouveau four qu'on a déjà identifié depuis juillet

    Je continue ?

    PS: Ce billet est en construction depuis le 14 août.

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    * Alphonse Allais

  • Fatiguée, frustrée, vexée….

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    Fatiguée: Un des points positifs que l'Homme peut retirer de cette période unijambiste, c'est tout le mérite qu'on lui reconnaît. Je le savais déjà – et plus d'une ne s'est pas privée de me le faire remarquer -, j'ai épousé un de ces individus d'une rare espèce qui sait tout faire: cuisiner, repasser, nettoyer, faire les courses, réparer, bricoler, etc…. Alors forcément, on sent la différence quand il ne fait rien de tout ça. J'assure son repassage (bon, j'aurais préféré qu'il se contente de t-shirts puisqu'il ne sort quand même pas mais s'il se sent un peu moins diminué dans une chemise, je ne vais pas le priver de ce plaisir sous prétexte que c'est plus long à repasser). Anaïs a pris le relais pour la cuisine. Elle m'aide aussi beaucoup pour les courses, comme les deux autres d'ailleurs. Mais il est certain que toutes les courses à pied, ça prend pas mal d'énergie. Je cours pas mal de droite à gauche et sans lui. A croire que quand on court à deux, je suis moins fatiguée. Bien sûr on a mis notre vie sociale entre parenthèses mais il y a néanmoins des obligations auxquelles on n'a pas pu (pas voulu) se soustraire: les 20 ans de Caroline, les 50 ans d'Elza pour laquelle je me suis engagée à préparer un beau gâteau, encore un truc qui me mange toute mon énergie. Alors j'ai beau prendre des complexes vitaminés, du zinc et du magnésium, je n'en vois pas les effets et je me traîne.

    Frustrée: de ne plus rien faire avec lui. Ne plus faire le marché ensemble. Ne pas aller danser ensemble à l'anniversaire d'Elza. Ne plus se parler vraiment parce qu'il est enfermé dans sa bulle pour oublier son état, oublier qu'il perd une partie de la maîtrise au boulot aussi. Ne plus compter sur lui pour rien. Ne pas savoir conduire sa voiture et ne pas trouver l'énergie pour essayer. Voir les travaux à l'arrêt et commencer à craindre que le contenu de la cave soit toujours dans le salon à Noël. De préparer ce gâteau toute seule, sans même l'avoir à côté de moi pour me conseiller sur les aspects techniques parce que, s'il ne peut pas y toucher, il s'en désintéresse complètement. De tout ce qu'on aurait pu faire sous ce beau soleil et qu'on ne fera pas. Et je me dis que ma frustration n'est rien à côté de la sienne.

    Vexée: Parce que les enfants trouvent que si c'était moi qui vivait temporairement sur béquilles, je serais deux fois plus ch… que lui. Et ça, je peux même pas l'imaginer. Que l'on puisse être deux fois plus ch… que lui.

    My dear Scarlett, tomorrow is another day, another week….

  • Le semainier

    (Pour faire plaisir à Isa) 

    Dimanche: Dimanche sans voiture à Bruxelles. Comme chaque année, au lieu de sortir profiter de cette belle journée ensoleillée et parfaitement calme en ville, nous, on reste cloîtrés à la maison. Je refuse de sortir avec l'Homme car la moindre incartade d'un cycliste anarchiste (et ils sont légion ces jours-là) risque de tourner à l'altercation sauce vinaigre. En effet, l'Homme est extrêmement susceptible lorsque un cycliste brûle un feu et prend le risque majeur de le renverser. Et l'Homme susceptible n'est pas le genre d'animal qu'on aime laisser sortir un jour de soleil sans voiture.

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    Lundi: Pur bonheur de retrouver enfin un peu d'exercice comme je les aime. J'ai enfin franchi la porte de ce cours de barre à terre que je lorgne depuis six mois (je sais, je suis un peu lente au démarrage) et c'est tout simplement divin. Ambiance simplissime, prof délicieuse, exercices parfaits. J'adore !

    Mardi: Journée d'entretiens d'embauche. On est quatre dans le jury et les journées sont plutôt longues, même si de temps en temps, on rencontre des candidats au parcours particulièrement intéressant. Mais l'attention que ces entretiens nous demandent est très soutenue et n'admet pas beaucoup de relâche. Entre deux candidats, la présidente du jury s'absente un court instant et revient avec une barre de chocolat. Je trouve l'initiative excellente. Elle se rassied et engloutit, morceau après morceau, toute la barre de chocolat sans un seul instant remarquer mes (nos) yeux dépités. Elle est à côté de moi et se relève pour faire je ne sais trop quoi, se penche et m'offre une vue zoomée sur sa face arrière. A cet instant précis, j'ai vu tous ces chocolats stockés là et pensé vipèrement "Bien fait!"

    Chocolat

    Mercredi: On s'est disputés le matin, simplement en écoutant les actualités qui suscitent souvent des débats houleux dans la voiture. C'est d'ailleurs à peu près la seule source de dispute qu'il nous reste. Je l'ai quitté fâchée et j'ai dit que dorénavant je prendrais le bus. Je ne pensais pas si bien dire. Le soir, on s'est retrouvés au badminton. Il jouait déjà avec Quentin parce que j'étais en retard, en raison de ces fichus entretiens d'embauche. Je suis arrivée pile poil pour le cueillir dans mes bras, en syncope. Il s'est claqué le tendon d'Achille sur une belle reprise. Vive le sport ! Un petit clac et ce sont des semaines d'immobilisation et de complications de la vie quotidienne. Ambulance, urgences, patience, engeance.

      Badminton

     

    Jeudi: Une journée d'attente à jeun, une prémédication une demi-heure, une heure avant la salle d'op' et puis, finalement, annulation. Reporté à demain. Déception. Mal en patience. Demain est un autre jour.

     Vendredi: Enfin réparé. Sous péridurale. Donc, frais comme un gardon au retour en chambre. Un bonheur infini de le voir comme ça, rasé de près, beau, souriant. Envie de ne le partager avec personne si ce n'est les enfants. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Je dois attendre la fin de la journée mais aussi la fin des heures de visite pour grapiller quelques instants pour nous deux.

    Samedi: L'organisation des semaines à venir se met en place, sans voiture (oui, j'ai mon permis, mais je ne peux pas conduire l'engin qui nous sert de moyen de locomotion: il fait trois fois la taille de mon ancienne voiture et c'est une manuelle et mes pieds ne se souviennent que des automatiques, trop de handicaps en une fois pour une sous-douée de la roue comme moi). Les enfants sont efficaces. Les transports en commun sont rentabilisés. Seuls points noirs: la soirée dansante pour les 50 ans d'Elza dans 15 jours et le city-trip à Budapest dans 6 semaines.3464_badminton_cartoon

    Si on essayait le ping-pong ?

  • Plus ou moins

    La fin de l'été en plus et en moins:

    Lundi: Elles sont enfin toutes revenues de vacances mes petites troupes chéries. Elles ont bonne mine, sont en pleine forme et bourrées d'énergie. On va reprendre nos réunions petit-déjeûner, on va se remettre au rythme de "La croisière s'amuse". J'ai repris un peu du poil de l'animal et un chouia de goût au travail depuis qu'elles sont toutes là. Je peux au moins DE-LE-GUER 🙂

    Mardi: Pourquoi à partir d'un certain âge, on ne parvient plus à courir comme une jeune chèvre avec des talons hauts ?  Quand j'avais trente ans, je pouvais trotter toute la journée, emmener 3 petits bouts à l'école en transport en commun, courir les magasins, sur mes échasses sans jamais me maudire et regretter les ballerines ou les baskets.

    Premier principe d'élégance pour une courte sur pattes comme moi: toujours allonger la jambe et affiner la cambrure du mollet avec un joli talon d'au moins 5 cm. Et aujourd'hui, je garde vaille que vaille mes principes (mes jambes ne se sont pas allongées entretemps) mais je peux dire que cela me coûte. Et pas un peu. "Il faut souffrir pour être belle" qu'ils disaient. Je souffre donc en silence et je peste surtout. J'ai comparé avec d'autres pré-cinquantenaires et le constat est le même (sauf chez Catherine, mais bon Catherine !).

    La sagesse voudrait qu'au demi-siècle on descende d'un cran et qu'on range au placard les escarpins et les Louboutin, les salomés et les compensées, après 30 ans de bons et loyaux services. Mais sage ne suis pas…

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    Mercredi: Je m'insupporte quand je  dis "oui-oui-amen" à un chauffeur de taxi, charmant par ailleurs, qui m'emmène chez le dentiste en déblatérant sur le monde qui va à vau-l'eau, les cyclistes et les piétons qui sont toute arrogance, les jeunes qui n'ont plus aucune éducation, les travaux qui n'ont d'autre finalité que d'emmerder les gens, et en particulier les chauffeurs de taxi, etc. Je pourrais me contenter d'acquiescer mais non, j'en rajoute, juste pour lui faire plaisir. Et neuf fois sur dix, je pense le contraire de ce que je dis. Décidément je m'insupporte…

    Jeudi: Anaïs est fatiguée, cette seconde session n'en finit pas d'en finir. Et je ne sais pas comment l'aider. Mais il y a forcément quelque chose d'injuste dans cet effort studieux interminable alors que l'aînée se dore la pilule en Grèce malgré l'absence de lauriers sur lesquels se reposer et que le cadet se la douce cool et ne trouve rien de mieux à lui dire quand elle nous annonce qu'elle devra attendre le 11 septembre pour avoir ses résultats: "Espérons que ce ne sera pas l'annonce d'une nouvelle catastrophe !".

    Vendredi: J'ai pris congé l'après-midi; il a pris congé l'après-midi. Mais nous avons à faire chacun de notre côté. Je n'aime pas être en congé en même temps que lui et ne pas passer ce temps-là avec lui. J'ai l'impression de perdre un temps précieux.

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    Samedi: Une journée à la mer. Une très belle journée à la mer. Toute en détente et en soleil. Trop de soleil malheureusement. La veille, l'Homme a sorti les crèmes solaires de l'armoire, je pensais qu'il les préparait pour les emporter mais non, il les a sortis juste pour les regarder sans doute mais pas pour les emmener. Et sans crème solaire, on vire vite crème brûlée.

    Le soir, soirée indienne chez Cat et Mitch, habillés indiens pour ceux qui le souhaitent. Je n'ai plus eu qu'à prétendre que j'avais compris "indien peau-rouge" et non "indien sari".

    Dimanche: On a enfin repris le badminton, oh bonheur. J'avais besoin de ça pour reprendre mon programme de mise en forme. En avant toute, c'est définitivement la rentrée !

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  • Moments doux et moments aigres d’août

    Il faut se rendre à l'évidence, le boulot a définitivement repris et les vacances sont bel et bien finies. Le mois d'août a toujours ce goût mi-figue, mi-raisin, avant-goût d'automne et arrière-goût d'été. Un mélange de moments doux et de moments moins doux.

    Plutôt aigres ou grinçants:

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    • A deux reprises ce week end, j'ai grincé des dents. Hier, on s'est offert un nouvel aspirateur. La vendeuse propose à l'Homme une garantie de 5 ans en cas de pièces en panne. Son argument c'était "si jamais Madame aspire quelque chose qu'il ne faut pas et que ça bousille l'appareil…" Ben voyons, et Monsieur il aspire jamais ? Quand je le lui ai demandé, mi chair mi poisson, elle a répondu candide: "Ah non, les hommes ce sont les machines à laver qu'ils font capoter…. en laissant des cure-dents ou des trombones dans leurs poches et que Madame oublie d'enlever." Et bien, les clichés ont encore de belles années devant eux. Idem, aujourd'hui, au marché: un marchand de fromages explique gentiment à un monsieur: "Délicieux, monsieur, goûtez. Et quand votre femme n'a pas envie de faire à dîner, vous mangez ça. Moi, c'est ce que je fais quand ma femme n'a pas envie de préparer un repas.". Ben voyons. Oh la bienheureuse moi chez qui l'Homme fait à manger et passe l'aspirateur.
    • Le boulot me pèse, toujours pas envie d'être là. Je sais que ça va revenir mais ça y est toujours pas.
    • Une météo de novembre.
    • On a déménagé tout le contenu de la cave dans le salon pour cause de travaux. Déjà qu'on y avait la moitié de la cave depuis mars pour cause d'inondation. Je suis ravie. Mais ok, je prendrai mon mal en patience, le temps que l'Homme transforme cette caverne d'Ali Baba en cave-témoin pour bricoleurs ordonnés. Sans oublier de faire à manger et de passer l'aspirateur. Un tyran, moi ?

    Plutôt doux:

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    • Les doigts griffés de terre (à force d'enlever toutes les mauvaises herbes – c'est fou comme la nature reprend ses droits à la vitesse v v' -) et violets couleur mûres cueillies et finies en crumble.
    • Les plants de thym, menthe, roquette, coriandre et basilic sur la terrasse et aujourd'hui de nouveaux plants: romarin, lavande et hortensias.
    • Re-découverte du marché du midi, de ses couleurs, ses parfums et ses cultures mélangées. Une magnifique caisse de mini-courgettes et fleurs de courgettes.
    • Un petit resto avec Joséphine, toujours le même plaisir.
    • Robert Charlebois, pas mal fringuant à plus de 60 balais, en concert sur la Grand Place. Je pensais ne rester qu'un petit moment, vu mon dos en compote, mais c'était tellement bien qu'on est resté jusqu'au bout.

    Une fin d'été en deux teintes mais l'un dans l'autre pas si mal que ça….

  • Blog en pré-vacances

    Pour cause de :

    • trop de concerts. Bruce Springsteen le lundi avec Cécile et Quentin, John Cale le mercredi. Deux genres très différents. L’un a enflammé le Sportpaleis d’Anvers et nous par la même occasion, l’autre a ému et enchanté malgré la fatigue et le type rock alternatif à textes. Pas facile facile.
    • Soirée déclaration d’impôts pour Mamy L.
    • Soirée déclaration d’impôts pour nous et les filles.
    • Soirée badminton et petite bouffe post-badminton.
    • Soirée chez Benoît et Josefa avec Joséphine et Stefano. Un lapin confit pendant toute une après-midi à tomber par terre et une glace marguerita à se damner, recette « empruntée » à Cat.
    • Virée chez Décathlon. Beurk !
    • Escapade à La Glanerie, le temps de voir Françoise et Thierry et les parents pour une petite papote au soleil et retour à la maison.
    • Allemagne-Espagne en fond sonore et fond d’écran. Ce soir, la rue est jaune et rouge. Viva Espana !

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  • Alleluia, on a de l’eau chaude !

    X1pFv1qNu5qoEmD9KdZbEEPLjKbO6NZH82-EAXpzHWhSe5VygghPHIDUkrEx_sFM-FPndi-B_-KGQLNKVbzWiRSq1o-HcU41zRQMhnlS Quinze jours sans eau chaude ! Dur dur le retour aux sources (froides). Nos petits corps douillets ne supportent pas les douches à l'eau glacée. Les shampooings à l'eau froide, ça va une fois, deux fois, ça referme parfaitement les écailles du cheveu mais ça me donne aussi la migraine.

    Alors, on commence à jouer de la bouilloire électrique. Et on apprend vite à bien doser. Une demi-bouilloire d'eau bouillante, une demi d'eau froide.

    Remplir une baignoire à la bouilloire électrique, ça on oublie. Un litre à la fois, impensable.

    Alors quand le chauffagiste vient enfin, on le bénit. Et le soir-même, on fait mousser le bain en se réjouissant à l'idée de se plonger jusqu'au cou dans la mousse.

    Et bien, curieusement, j'étais contente, mais pas autant que je l'avais imaginé. Mouais, c'est bien, mais. Bien sûr, c'est très relaxant mais y'a un petit côté guimauve ramollo qui me surprend.

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    Par contre, celle qui était vraiment contente, c'est Anaïs qui s'est précipitée au pied de la baignoire pour reprendre les conversations de salle de bains avec sa mère, là où elle les avait laissées, càd là où elle sait sa mère coincée, ne pouvant lui échapper.

    Qui a dit qu'un bon bain était un moment de détente ??

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  • Quelques brèves

    Pourquoi, au théâtre, n’y a-t-il qu’un accoudoir pour deux à tous les coups ? Pourquoi aussi ai-je toujours le chic pour m’asseoir entre deux hommes qui prennent leurs aises et occupent les deux accoudoirs qui entourent mon siège ?

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    Le mois de mai est si beau, si chaud qu’il me rappelle les mois de mai de mon enfance. Il y avait longtemps, il me semble, que mai n’avait plus été aussi beau et ensoleillé. Or, quand j’étais à l’école, j’ai  l’impression que c’était toujours le cas. C’était traditionnellement le mois de Marie. Tous les jours, vers 10 heures, nous nous retrouvions devant la "grotte" de la Vierge (une anfractuosité dans la roche où les religieuses avaient installé une statue géante de la Madonne, sublime en blanc et bleu). Et toutes en choeur, nous récitions des "Je vous salue Marie" et chantions des "Ave Maria". Et toujours sous le soleil…

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    Un des petits loulous qui travaille pour moi a justement aussi fait ses études dans cette école. On partage donc hier quelques souvenirs et je lui demande nonchalamment en quelle année il est sorti. Il me répond "en 1999". Sans trop réfléchir, je lui dis "Moi, en 1977".  Et avec son plus beau sourire, éclatant de jeunesse, il s’excuse "Ah, moi je n’étais pas encore né !". Gloups ! J’ai pris 30 ans dans les lattes, là !

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