Catégorie : Plein quotidien

  • Fin de vacances

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    Vendredi: Cela faisait très longtemps que je n'avais plus passé une soirée seule à la maison. Mes hommes étaient partis charger le bois pour l'hiver et le ramener jusqu'au garage. Je suis rentrée du boulot, j'ai fait quelques parties de Candy Crush, histoire de me vider la tête, j'ai liquidé les légumes de la semaine dans un délicieux minestrone, pris un bain, mangé un petit bout, téléchargé des morceaux que j'avais entendus, découverts et soigneusement notés. Et je me suis offert le luxe d'écouter quelques entretiens avec Amalia Rodriguez. Ces quelques heures pour moi seule sont du pur bonheur. Je ne suis pas un animal solitaire, loin de là, mais quelques heures où je ne dois ni parler à personne ni écouter personne et où je peux meubler le silence comme bon me semble me font un bien fou.

    Samedi: Refaire la couleur, l'épilation et le soin visage après 4 semaines, c'est encore un moment à moi. Mais cette fois, sans stress puisque personne ne m'attendait pour déjeuner, le transport des bûches se poursuivant toute la matinée. Puis direction La Glanerie, faire l'épilation du jardin qui en avait, lui aussi, bien besoin. Encore un moment de bien-être. Je ne peux pas dire que ce soit de tout repos de tondre cet immense jardin, surtout sous 30° à l'ombre à six heures du soir, mais tout ce vert m'apaise.

    Dimanche: Sur la route du retour, l'Homme, le premier, entend un "petit bruit". D'abord, je n'entends rien mais très vite, le bruit s'accentue peu à peu. Un peu comme si quelque chose s'était dévissé. On arrive à bon port toutefois, l'Homme envisage d'amener la voiture au garage le lendemain, et nous repartons chez G et M pour un chouette dîner entre amis. Le bruit s'est encore amplifié et au retour, vers minuit, un autre automobiliste nous signale qu'une de nos roues ne semble plus tenir que par un fil. Nous avons donc abandonné la voiture sans plus attendre et nous sommes rentrés à pied. 

    Lundi: Pendant que l'Homme fait venir la dépanneuse et prend rendez-vous avec le garagiste pour voir ce qui ne fonctionne pas, moi, je vais passer une radiographie et une échographie pour voir ce qui ne fonctionne pas avec mon épaule. Verdict rapide: luxation du tendon du long biceps. Ca fait chic. Déjà le simple fait de mentionner que j'ai un biceps est valorisant; qu'il soit long est un plus, moi qui suis réputée pour mes bras courts; qu'il soit luxé me fait moins plaisir, surtout quand le médecin me traduit "luxé" par "sorti de son logement". Dû à l'usure et l'usage intensif d'un sac trop lourd.

    Mardi: Le généraliste me prescrit donc des anti-inflammatoires, de la kiné, de la patience et une révision du plan sac. Ca promet, moi qui génétiquement suis programmée pour transporter toute ma maison dans un sac (portefeuille, porte-monnaie, trousse de maquillage (toujours être fin prête), brosse à cheveux, clés de ma maison, du bureau, de la maison des parents, téléphone, un sac plastique okazou, des pansements okazou, un petit carnet (celui que Célestine m'a offert un jour à Paris…..), une trousse de bics – au moins cinq – (si jamais je peux dépanner quelqu'un). Et je n'ai pas mon dé à coudre comme ma grand-mère ou un petit pot de lait comme ma maman au cas où on prendrait le café à l'improviste….

    Mercredi: Journée de retrouvailles. Le midi avec Cat, toute bronzée mais torticolée. Le soir avec Josiane et Stefano, au badminton, tout aussi bronzés et pas torticolés. Cela fait du bien de se remettre à bouger, à papoter et à se faire plein de plans théâtres, restos, etc…. La vie est belle.

    Jeudi: Après deux mois de vacances non méritées, d'inertie totale ou presque, et de vide intersidéral au niveau de la réflexion sur le futur proche et lointain, l'intérêt de Quentin s'est enfin réveillé. On a tout passé en revue, la gestion (pour ouvrir son "truc", mais il ne sait pas trop quel "truc"), le développement durable, trouver un job tout de suite et voir plus tard, partir 6 mois en coopération, on a fini sur la comptabilité, faute de mieux. Et tous nos proches atterrés de voir le solaire animal finir assis à un bureau à aligner des chiffres en actif et passif ! Les bouches bées de Josiane et Stefano m'ont secouée et j'ai à nouveau relancé le débat. Et en passant, j'ai mentionné l'enseignement. Et à l'autre bout du fil, j'ai entendu un moineau se gonfler les plumes, une envie se réveiller, une voix s'allumer, une voie s'éclaircir. Reste à voir maintenant si le trop grand nombre d'échecs ne va pas lui fermer cette dernière piste.

  • Il myo ritorno

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    Et me voilà de retour depuis 15 jours déjà. Un retour en douceur, sans travailler pendant une semaine encore, le temps de faire tourner les lessives (ah, le plaisir de ne rien repasser pendant 3 semaines !), de remplir le frigo, de ranger un peu la maison. 

    On a passé le dernier weekend au vert, histoire de retrouver les parents et de se relaxer une dernière fois avant de reprendre le collier. La relaxation a malheureusement été largement entravée par une vilaine crise de cholécystite qui m'a laissée plutôt K.O.

    La reprise du boulot s'est faite sans trop de heurts pour une fois, l'accueil plus sympa que d'habitude – on ne m'a pas saluée en disant : "Ne pars plus jamais si longtemps !". Reprise en douceur donc malgré les 400 mails en attente.

    La moins bonne nouvelle après la visite de contrôle chez le médecin, c'est l'inéluctabilité de la soustraction de ces vilains calculs par une opération sous anesthésie générale. J'ai bien essayé d'y remédier autrement mais il devient de plus en plus évident que je ne pourrai m'y soustraire. Je vais donc passer sur le boulier billard début septembre. 

    En attendant, je traque le gras pour éviter toute nouvelle crise. On a même fêté l'anniversaire de Mamy L. autour d'un plateau de fromages sans que j'y touche et sans que personne ne s'en rende compte. Un exploit ! A croire qu'ils ont pensé que je cachais mon reblochon sous la salade !

    Pour terminer ces deux premières semaines d'août en beauté, un concert absolument magique, Leonard Cohen à Gand en plein air. Un moment de grâce. Trois heures et demie de concert à 77 balais, chapeau M. Cohen.

     

  • Eté indien

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    Il fait absolument magnifique. Le mois d'août est enfin arrivé. Le hic, c'est la rentrée aussi. Cherchez l'erreur ! Allez un petit semainier pour fêter le soleil !

    Lundi: Dîner de rentrée avec Cat et Joséfine. Juste un peu de bonheur entre filles.

    Mardi: C'est l'anniversaire de ma meilleure amie d'enfance. Elle aurait aujourd'hui 52 ans. Elle me précédait de quelques mois. Chaque année, j'y pense à la même date, mais je ne sais pas pourquoi cette année encore plus que d'autres. Je repense à ce matin d'avril quand le (futur) Homme est venu me chercher à la gare, à la joie de le revoir, brisée en éclats en un instant quand il m'a annoncé l'impensable. 21 ans, un vélo à la mer, une voiture, un vol plané, la mort instantanée. 

    Mercredi: Nouveau rendez-vous chez la diététicienne. Cette pèse-personne se fait un poids d'or si elle traite toutes les clientes comme moi. Je rentre, je monte sur la balance, elle note le verdict, me dit de continuer comme ça et allège mon porte-feuille. Et rendez-vous pour dans un ou deux mois. Ca me revient à ce jour à peu près à 60 euros le kilo (perdu). Je sais, c'est cher payé, mais finalement, ça marche lentement mais sûrement. Alors, tout compte fait, autant la payer elle que d'investir dans des poudres hyper-protéinées ou autres cochonneries allégeantes.

    Jeudi: Première pièce de théâtre de la saison. Manneke. On ne peut pas faire plus belge. Tendre et émouvant, l'histoire de l'auteur-acteur lui-même, celle d'un enfant transbahuté par une mère extravagante entre Liège et Bruxelles, entre sa grand-mère et les hommes de passage de sa mère. Mais drôle, émouvant, bouleversant.

    Vendredi: Soirée cinéma en amoureux dans ce cinéma menacé d'expropriation. Le dernier Nanni Moretti "Habemus Papam". Du bon Moretti, de l'Italie, des curés, de la tendresse, un Michel Piccoli absolument superbe d'angoisses. 

    Samedi et Dimanche: Enfin un weekend à la maison. Et malgré le beau ciel bleu, nous sommes restés entre nos 4 murs à les uns coller des plaques de gyproc sur le mur de la cuisine et les autres ranger à grande échelle. Vu de l'extérieur, ce n'est pas très drôle mais moi j'aime les weekends "chantier".

    Et youpie, on nous promet cet été indien pour encore une semaine !

     

     

  • La fin du monde

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    Bruxelles, 10 heures du matin.

    – J'ai appelé les enfants et j'ai dit à Quentin que "non, ce n'était pas la nuit, qu'il fallait absolument se lever".

    – J'ai appelé l'Homme à qui j'ai annoncé la fin du monde, lui qui ne se doutait de rien puisqu'il travaille sans vue sur le monde extérieur. Il m'a demandé si j'étais en règle avec le Très-Haut. J'ai répondu par l'affirmative et il m'a traité de présomptueuse.

    – J'ai appelé mes parents et papa m'a dit que maman était chez le coiffeur. Chacun ses priorités.

    Et tout ça, ma bonne dame, parce que les Chinois ont envoyé des fusées dans le ciel l'année dernière pour garantir des conditions climatiques exemplaires aux JO.

    Franchement, y'a d' l'abus là avec la météo, non ?

  • Semaine de retour

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    Lundi:  Après 4 semaines loin des dossiers, du PC, des collègues, le retour est toujours un peu appréhendé. Mais cette année, ma chef ne m'a pas accueillie d'un "Plus jamais 5 semaines !!" avant même de me dire bonjour. Normal je n'ai pris que 4 semaines…. Et j'avais un remplaçant…. et le mois de juillet 2011 a été moins pénible. Une matinée passée à faire le point avec elle, à saluer tout le monde (du moins ceux qui sont encore là), s'enquérir du temps "magnifique" que les aoûtistes ont eu en Belgique, se réjouir de leurs vacances à venir, être sûre que tout le monde va bien, c'est pas tout ça mais j'ai des mails à lire. 170. C'est moins que l'année passée. Mais qu'est-ce que je donnerais pour être ailleurs….

    Mardi: Rendez-vous chez la diététicienne. Je me demande pourquoi j'y vais, pourquoi je paie une consultation de dix minutes, le temps de monter sur sa balance, vérifier qu'elle est parfaitement d'accord avec la mienne (de balance), et m'entendre dire que c'est bien, qu'on est sur la bonne voie, qu'il faut continuer comme ça. C'est idiot mais c'est plus fort que moi, j'ai besoin de quelqu'un qui joue les "maîtresses d'école" et me donne des bons ou mauvais points. Seul bonus de cette pause-déjeuner: le passage par la librairie et l'achat de Gatsby le Magnifique que je ne me souviens pas d'avoir lu et que le livre de Gilles Leroy (Alabama Song) sur la vie de Zelda Fitzgerald m'a donné envie de lire.

    Mercredi: Mon collègue le plus rentable (rapport efficacité/rapidité) s'en va pour un avenir meilleur. Forcément ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont. Je le regrette déjà. 

    Jeudi: C'est l'anniversaire de Mamy L. Comme avait l'habitude de plaisanter Papy L., on retourne les chiffres de son âge et ça lui fait un joli 18 ans. Du coup, je lui ai offert son premier rouge à lèvres Chanel et elle en avait les joues aussi roses qu'une jeune fille. Dommage que l'Homme ait gâché l'ambiance pour une sombre mais violente discussion avec ses enfants et plus particulièrement son fils sur la valeur du serment et celle de la parole donnée. J'étais assez désolée de la tournure que prenaient les choses mais visiblement Mamy L., contactée le lendemain et qui avait dormi comme un bébé, a trouvé qu'elle avait passé une excellente soirée. Elle est sans doute immunisée contre le verbe haut. Pourquoi je n'y arrive pas ? Je reçois pourtant des piqûres de rappel au moins hebdomadaires.

    Vendredi: Fin de cette première semaine de travail et j'ai l'impression de n'être jamais partie en vacances. Il faut croire que le rythme ne me convient pas. En me levant à 6h30, je devrais aller dormir au plus tard à 23 heures. mais c'est juste pas possible, je n'y arrive pas. Trop de choses à faire, trop d'envies, trop de tout. Comment apprendre à ralentir ?

    Samedi: Je suis allée porter un petit colis à la poste en compagnie de l'Homme. Témoins de loin d'une petite altercation entre un client et un employé, nous avons vu – sans entendre ce qui se disait – le geste honorifique de l'employé à l'aimable attention du client. Nous sommes sortis en même temps que le client furieux, vitupérant mais raccompagné par une charmante vigile, suivie très rapidement par le responsable du bureau de poste. Très vite, nous avons compris que le client était dans son droit et n'avait pas à tolérer les grossièretés proférées par le guichetier. Malheureusement, l'état de sobriété, l'accent étranger ainsi que la mise du pauvre hère n'allaient pas jouer en sa faveur si, comme il en menaçait la planète entière, il allait faire venir la maréchaussée. Ce que l'Homme a tenté de lui faire comprendre, de concert avec madame la vigile et monsieur le responsable, mais dans des termes que la fonction de ces derniers ne leur permettait pas d'utiliser et qui étaient certainement plus percutants pour ce bougre, pourtant bien Belge et fier d'avoir défendu la patrie, comme il s'est empressé de nous montrer les traces de balle sur tout son torse ("Tiens moi ça" et hop que je t'enlève mon T-shirt !). La vigile lui a proposé une cigarette, le responsable a promis qu'il ferait "le nécessaire pour que ça ne se reproduise plus" et son copain est arrivé et l'a emmené "boire un pot, c'est mon anniversaire, aujourd'hui !". Et nous on est repartis en rouvrant le débat sur la valeur des dires de personnes assermentées, sobres ou non.

    Dimanche: Après-midi et dîner chez un ancien copain de l'Homme qu'on voit à peu près une fois par an. Chaque année, je redoute cette rencontre et cette année n'a pas démérité: il n'a pas fallu cinq minutes pour que les conversations se scindent – comme dans les églises aux enterrements d'autrefois – entre hommes à gauche et femmes à droite. Je ne sais pas pourquoi mais c'est le seul couple avec lequel ça nous arrive. Et ce n'est pas ma copine, c'est la femme d'un copain "annuel". Parce que si c'était mes copines, ça irait, je pourrais parler des heures sans les hommes. Mais pas avec elle. Et pourtant elle est intelligente, elle dit pas de c… niaiseries, je ne peux vraiment rien lui reprocher. Alors, bien sûr, au retour, je peux comparer avec l'Homme nos conversations respectives et on a, au final, le double d'informations que si nous avions bavardé à quatre. Mais tandis que l'Homme m'informe sur les nouveaux programmes universitaires et de recherche en matière de sciences de l'éducation physique, moi je ne peux que le tenir au courant des nouveaux protocoles opératoires des colonoscopies (l'anesthésie générale permet maintenant de "faire d'une pierre deux coups, s'il y a un polype, on l'enlève tout de suite", youpie !). J'aimerais autant n'avoir que la moitié des infos et dormir sur le chemin du retour…

     

  • Une semaine parmi d’autres

    Jours

    Lundi: Rendez-vous annuel pour la mammographie. J'y vais toujours confiante, comme si le simple fait d'y aller était une garantie d'échapper au drame. Une sorte de syndrome de la bonne élève. Absurde mais impossible d'échapper au sentiment. Quand elle m'a dit d'un petit air contrarié: "Je dois comparer avec les clichés de l'année dernière, je reviens dans 5 bonnes minutes", j'ai flippé et j'ai passé en revue tous les scenarii possibles. Bien sûr, elle est revenue souriante mais j'ai retenu la leçon. 

    Mardi: J'ai réservé la veille deux aller-retour pour Palma en septembre pour rejoindre Guy et Catherine comme l'année passée. Le midi, Anaïs me signale, un peu narquoise, que nous partons la semaine qui suit sa semaine de vacances en Toscane. Je soutiens le contraire puisque je sais pertinemment que nos semaines de vacances coïncident. Mais elle persiste et je suis bien obligée de constater que je me suis royalement plantée. Coup de chaleur intense, vite téléphoner à la compagnie aérienne qui, parce que dans un délai de 24 heures, accepter de modifier mes dates. Ouf ! Je bénis 36 fois ma petite curieuse qui met toujours son nez dans mes affaires, mes e-mails, mes to-do lists. Anaïs, toi qui sais toujours tout, saurais-tu me dire où on a égaré les deux places de concert de Cesaria Evora que Mamy a offert à l'Homme ? 

    Mercredi: Voilà un an que Quentin collectionne les insectes dans le but de finaliser sa "boîte à insectes" à remettre pour la fin du mois et qui doit compter 50 insectes de 8 ordres différents, uniquement belges et en bon état. Voilà un an que petit à petit mon surgélateur se remplit de bocaux où un ou deux insectes ont été cryogénisés. Ce mercredi, ils sont tous passés dans le panier chinois que l'on utilise pour cuire à la vapeur (hum!) et le doux parfum de la chitine qui dégèle n'a rien de très alléchant. Mais le résultat est assez beau. Sauf que les alignés dans la boîte ne sont qu'une quarantaine et de 6 ordres différents seulement. Ce sera dur de boucler la chasse pour ce dimanche. 

    Jeudi: Petite fête au bureau réunissant les RH, la Communication et les informaticiens autour de deux guitares, une pompe à bière, une "casserole" de mojito et quelques petits plats maison. En prime, deux baffles et quelques mp3. Pour ceux et celles qui aiment danser, un bon moment. Pour ceux qui aiment boire, un autre bon moment. Le hic, c'est qu'à partir d'une certaine heure, ceux qui aiment danser rentrent chez eux, famille oblige. Ceux qui aiment boire s'incrustent et ont de plus en plus de mal à se lever pour rentrer chez eux. Moi, je serais bien restée encore un peu, surtout autour des deux guitares, mais la "lourdeur" de certaines éponges devenait de plus en plus difficile à supporter.

    Vendredi: Rendez-vous chez le spécialiste de la main. Oui, je sais, c'est la semaine médicale. A ma grande surprise, à 8 heures du mat', j'ai retrouvé dans la salle d'attente deux de mes collègues. L'une s'est retourné un doigt en ponçant un mur, l'autre s'est tordu le poignet en bâchant et moi, je me paye une épichondylite à force de trop chatouiller la …. souris. A la maison aussi, les deux hommes ont tenu à m'accompagner dans les "bobos manuels". Mais ils se la jouent plus chic. Alors que moi, j'arbore une attèle de tout le bras, en forme de bras porté en écharpe, Quentin porte une attèle en forme de gant de coureur automobile pour traiter les suites d'une mini-fracture de la main mal soignée et l'Homme porte une mini-bague pour un doigt en col de cygne (traduisez un petit doigt qui joue à se désolidariser de la main, sans prévenir). 

    Samedi: Typical samedi: le marché, le pain, la pharmacie, le pressing, le trottoir côté soleil toujours. Des petits pois à écosser. Des cerises à croquer. Les premiers abricots. Soirée en amoureux au jazz marathon. On prend les mêmes que l'année dernière et on recommence. 

    Dimanche: Dernier jour pour Quentin avant un mois d'examen. Je ne sais pas trop comment l'aider. Mais le mois qui s'annonce va être particulièrement pénible.

     

     

  • Au fil d’avril

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    Un petit semainier ?

    Vendredi: Avril commence toujours sous le signe de la facétie et de la plaisanterie. Cette année, nous avons annoncé à nos 500 collègues qui se plaignaient régulièrement de la température trop élevée ou trop basse de leur environnement de travail que nous allions redistribuer l'espace des deux bâtiments dont nous disposons en fonction de leur origine géographique: tous les Méditerranéens dans le bâtiment fournaise et tous les Nordiques dans le bâtiment frigo. La plupart ont tout de suite flairé le relent de poisson mais certains ont mordu à l'hameçon et ont déploré plaintivement l'approche parce que "vraiment ils regretteraient de ne plus pouvoir travailler avec leur charmante collègue portugaise ou leur chef irlandais".

    Samedi: Soirée délicieuse au sens propre et figuré. Au sens propre parce que le lapin à la grecque de l'Homme était divin, que mon tartare de tomates et ma poire confite aux épices et glace vanille n'étaient pas mal non plus. Au sens figuré surtout parce que les convives étaient aussi exquis. Trois couples de 40, 50 et 60 ans que finalement rien ne sépare si ce ne sont les signes du temps et la situation familiale (petits enfants, grands adulescents et jeunes adultes hors nid). Cela donne des conversations et des échanges de vues tout aussi riches qu'agréables. Et on s'endort toujours ces soirs-là avec un sentiment de plénitude non dissimulée.

    Dimanche: Guy et Catherine nous ont invités à visionner les photos de leur séjour à Cuba auquel nous avons renoncé, à gros regret en ce qui me concerne. Et les photos mais surtout le compte-rendu de leur séjour riche de nombreux contacts avec les habitants ont attisé ce regret. Je ne parle plus l'espagnol et je n'aurais plus l'occasion de profiter de cette approche plus directe. Bien sûr, je peux toujours m'y remettre, bien sûr. Mais la vie file….

    Lundi: Nous revoilà dans une période de boulot intensif et je dois de nouveau renoncer à plein de choses; pas de table de conversation en grec ce midi, pas de cours de Pilates, pas de cours de barre à terre. A la place, une lasagne maison préparée par un collègue, engloutie sur un bout de bureau, les fesses engluées sur ma chaise.

    Mardi: Et suite logique, lors du rendez-vous chez la diétiéticienne, le verdict est tombé: un kilo de plus que le mois passé alors que son programme est sensé me faire perdre entre 2 et 4 kilos par mois. Je dois sans doute me planter quelque part. Elle passe en revue mon compte-rendu minutieux de mes entrées et identifie les coupables. A partir de maintenant, plus de pain (à part le toast du matin), plus de pâtes, plus de féculents pendant 2 mois. Un litre d'eau pure. 20 minutes de marche serrée par jour. Allez, on s'y remet.

    Mercredi: Séminaire d'une demi-journée pour l'équipe de direction auquel je suis invitée en special guest. Le thème du jour est la responsabilisation et la motivation de ses troupes. J'apprend donc que ma chef considère que si les choses fonctionnent avec moi, entre autres troupes, c'est parce qu'elle a décidé que cela devait marcher, il n'y a pas d'autre choix. De prime abord, son approche me choque parce que tout de même, je pensais qu'elle m'appréciait autrement que pour l'obligation que cela marche. Mais quelque part, elle a raison. Nous n'étions absolument pas faites pour nous accorder. Elle est abrupte, communique comme une guillotine et ses petites tapes amicales dans le dos relèvent plus de la bourrade d'un géant alors qu'elle est petite comme une souris. Moi je suis dans le maternel, la douceur, le réconfort parfois réel parfois hypocrite mais toujours bienveillant. Elle est dans l'efficace, le rendement, le pratique et le logique. Moi, je suis sur une autre planète, toujours en retard d'une guerre, je me perd, elle avance. Je pourrais allonger la liste de nos différences. Mais finalement, nous sommes complémentaires et parce que nous en sommes toutes les deux conscientes et l'acceptons, on fait toutes les deux en sorte que "cela marche".

    Jeudi: Euh, ce qui marche aussi, on dirait, c'est zéro féculent, 20 minutes de marche et un litre d'eau  = 500 g en moins. A suivre.

     

     

  • Futilités et contrariétés de la semaine

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    Lundi (contrariée): 

    Lui: J'aurai jamais fini de peindre cette fichue cuisine ! Dis à la dame (raccourci pour "la dame qui vient nettoyer chez nous") de ne pas venir demain, c'est trop le bazar (j'édulcore) et elle va rien pouvoir faire.

    Moi: Faut vraiment ?

    Lui: Ben oui, je vais quand même pas la payer à ne rien faire.

    Moi: Ok, ok.

    Moi (in petto): Je déteste faire ça. C'est comme si je la privais de son boulot. Mais je sens bien que ce n'est pas la peine de discuter. Je sais pertinemment bien qu'elle ne travaille jamais que 2/3 de ses heures et que l'Homme n'est absolument pas dupe.

    Mardi (contrariée, enfin pas tant que ça, j'ai l'habitude): 

    – Moi: Regarde le monsieur là, comme il est beau et élégant, tout vêtu de blanc. Il se rend sûrement à la mosquée pour la fête de l'Aïd

    – Lui: Mouais, c'est pas une raison pour lâcher sa voiture, comme ça, sur le trottoir.

    – Moi: Regarde le camion là; il remonte des Villos et renfloue les stations démunies. C'est futé, puisque souvent les gens préfèrent pédaler en descente et les stations du haut de la ville sont souvent dégarnies.

    – Lui: Ouais, et tu trouves ça écolo ces gros camions polluants ? Ca valait bien la peine d'installer des vélos.

    Je continue ?

     Mercredi (futile, enfin pas tant que ça): Lire dans le métro est un plaisir totalement déconnectant. J'oublie tout, je ne suis dans une rame, sur un quai, dans un escalator, je suis là où l'auteur m'emmène. Plus rien d'autre n'existe. Et quand j'arrive en haut de l'escalier, devant la porte de l'appartement, mon boulot est déjà loin. Je suis passée par un sas de décompression en papier.

    Jeudi (futile): Quoi ? Kate Middleton, future reine d'Angleterre (un jour) porte la bague fiançailles de Lady Di ? Mais c'est totalement indécent ! Lady Di vient à peine de mourir. Comment ça, ça fait déjà 13 ans ? Ah bon ? Oui, mais c'était SA bague de fiançailles. Je sais, c'est futile mais ça me contrarie…. 🙂

    Vendredi (très contrariée): J'en ai marre que les gens que je croise dans la rue, au bureau même parfois, au supermarché (même quand ils marchent sur mes pieds avec leur caddie), dans le bus ou le métro (je sais, je sais, je lis – mais je regarde aussi autour de moi), j'en ai marre donc qu'ils ne vous jettent aucun regard, ne fût-ce que pour vous saluer des yeux, pour remercier, s'excuser ou accepter des excuses. Rien, nous sommes transparents. Ce n'est pas futile et ça me contrarie.

     

     

  • Dommage

    Horloge
    Le rythme au boulot s'est – très légèrement – calmé mais je n'arrive toujours pas à suivre mon activité bloguesque. Je fais le tour du blog au pas de course – mon chien ma souris me regarde d'un air interloqué "d'habitude, tu marches moins vite !" – , je n'alimente plus aussi régulièrement le mien – et c'est pas parce que je n'ai rien à dire, au contraire. Mais le temps me manque.

    Franchement, travailler plein temps, assurer un minimum d'intendance à la maison, être un minimum disponible pour ses enfants et la personne avec qui l'on vit, profiter de ses parents, soeurs, beaux-frères et nièce sans parler du restant de la famille, voir ses amis, faire un 'tit peu de sport, lire, se cultiver (théâtre, concerts, cinémas, expos, …), s'informer, s'instruire, voyager, faire du shopping, cuisiner, essayer des restos, se promener, jouer, bloguer, dormir…., ça le fait pas. Y'a un truc en trop. A mon avis, si j'enlève une de ces activités mais une seule – pas n'importe laquelle non plus, une seule bien précise -, je devrais arriver à combiner tout le reste.

    Hélas, je sens que ça ne va pas marcher…. 

  • Trop plein

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    Là, ça commence à bien faire. Je suis submergée de boulot. Révision budgétaire pour le dernier trimestre. Préparation de tests écrits pour une sélection de candidats. Préparation d'une présentation des activités Ressources humaines par une équipe qui déteste parler en public. Lancement des exercices de promotion. Réorganisation de la moitié des fonctions de l'équipe. Tout ça avec des échéances simultanées et immédiates. Vient se greffer là-dessus un exercice de crise et de continuité des opérations, lancé par définition à l'improviste comme les exercices incendie – sauf que ça dure deux jours -. Comme si on n'avait vraiment rien d'autre à faire. Et un vol de portefeuille dans les transports en commun, mercredi soir, pour couronner le tout. Découvert vers 23h30 seulement quand le fils se souvient soudainement qu'il aurait besoin de quelques euros. 

    Je suis vidée, lessivée, mon corps crie grâce et pouce. Mais je lui intime le silence. Et je me dis que si j'arrive à tenir comme ça, c'est probablement et d'une part parce que ma vie familiale est plutôt stable – un de mes collègues est en train de divorcer et n'arrive pas à vraiment travailler; je me projette dans sa situation et je sais que je serais totalement incapable de fonctionner ne fût-ce que normalement au boulot – et d'autre part parce que je suis une totale optimiste, une adepte du verre à moitié plein, une Scarlett – demain est un autre jour – et que je sais que demain ça ira mieux.