Soirée douce débutant exceptionnellement sur un petit apéro en famille, papote, occupations diverses. Vers 22h30, Quentin baisse le son de son jeu et nous invite à écouter le léger mais régulier clapotis, plic-ploc, …… d'une fuite d'eau au plafond qui atterrit plic-ploc-plouc sur la grande armoire à linge de l'Homme.
Branle-bas de combat. Le plus zélé grimpe sur une chaise et place un seau sous la fuite. Très vite, il apparaît que le goutte-à-goutte est trop rapide pour espérer que le réceptacle tienne la nuit et le risque d'infiltration dans l'armoire est trop grand. L'homme organise donc le déplacement de l'armoire. On la vide au pas de course. On la déplace à grand renfort de roulettes et de plaques en carton pour ne pas abîmer le parquet et l'Homme décide qu'elle prendra temporairement ses quartiers dans…. MON salon. Pour mémoire, ledit salon a accueilli pendant neuf long mois tout le contenu de la cave, elle-même victime d'un dégât des eaux et ce n'est qu'à Noël, échéance bénie et fête familiale oblige, que la cave a réintégré son capharnaüm. J'aurai donc profité de mon joli salon pendant 3 petites semaines.
D'accord, une armoire, très belle par ailleurs, ce n'est pas un capharnaüm de cave mais bon, je suis déjà très grumpy.
Dans l'excitation mâle pour sauver des eaux l'ar-moïse, Quentin grimpe sur une échelle non ouverte et bien entendu, l'échelle se casse la figure en balafrant sérieusement au passage les armoires de rangement. Quentin va bien, merci, puisqu'en bon singe agile, il s'est suspendu à la mezzanine.
De grognon, je suis devenue hystérique et je l'ai abreuvé de tous les noms d'iconoclaste possibles et imaginables pour détérioration de MON bien public. D'hystérique, je suis devenue colérique et je me suis précipitée dans sa chambre à la recherche de quelque chose à détériorer myself. J'ai lorgné d'un oeil son djembé – à qui je crois même avoir adressé quelques mots – mais je ne suis jamais en colère au point de perdre la tête vraiment. Pas touche au djembé, donc. Il y avait là par terre quelques sacs en plastique et en papier remplis de je ne sais quoi et dont j'ai décrété qu'ils n'avaient pas à se trouver là. Je me suis calmée en leur donnant quelques coups de pieds rageurs. Et j'ai sommé mon bêtiseur de fils de venir tout ranger sur le champ. Je n'ai pas compris tout de suite son sourire mordu.
Maïté a essayé de me raisonner: il y a plein de gens qui vivent dans les caisses et les travaux. Ben oui, mais moi, j'ai le sentiment d'avoir assez donné dans la rubrique "chantiers". L'homme aussi a insisté: par ce froid qui court, il y a d'autres familles où la catastrophe est bien pire lorsque ce sont des conduites d'eaux qui gèlent et éclatent. Ben oui. Et j'ai surenchéri en mon moi-même: sans compter que moi, j'ai un toit pour dormir.
Penaude, je suis aussi punie parce que j'ai compris après coup que les paquets, dans lesquels j'ai donné rageusement des coups de pieds, faisaient partie de trésors cachés dans l'armoire et évacués en catastrophe à mon insu. C'est mon anniversaire demain et je crois bien avoir passé ma colère sur mes propres cadeaux. De colérique, je suis devenue calimérique.


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