Catégorie : Love affair

  • Vraiment en mode vacances

     

     

    DSC_5147

    En mode vacances à deux et farniente total. Exactement ce dont j'avais besoin. Il me fallait simplement l'admettre. 

    C'est un peu le monde à l'envers, c'est l'Homme qui propose de faire une petite excursion dans la région, ce n'est plus moi qui trépigne le Routard dans une main, le Géoguide dans l'autre. Moi, je veux juste le soleil, les pieds dans l'eau de la piscine pour réguler la température si nécessaire, et des bouquins. Y inclus le Routard et le Géoguide que j'épluche de A à Z. Parce que, tout de même, je ne vais pas mourir idiote. Des romans en français, un roman en espagnol et mon premier livre en portugais. Et un livre sur comment mieux vieillir, comme à Okinawa, passionnant. Quelques chapitres de chaque livre chaque jour. Je suis au paradis. 

    On se prend l'apéro, on se fait de bonnes petites salades ou je mets en pratique certains principes d'Okinawa – un max de fruits et de légumes surtout et du soja. Les algues et le poisson, ce sera pour après les vacances.

    On se fume des havanes en regardant la pleine lune et on discute avec le voisin culture de châtaignes et aberrations européennes pour les petits producteurs.

    L'Homme fait ses longueurs dans la piscine, moi je reprends le Pilates. Et je me sens bien. J'essaye des figures de hip hop complètement improbables et totalement impossibles pour moi mais qui n'essaye rien…..

    Après une nuit d'orages insensés, on s'est quand même offert une virée resto à Avignon dont on rêvait depuis deux ans, deux heures et demie aller et idem retour pour un oeuf mollet à l'huile de truffe sur une brandade de morue. Mais une vraie tuerie !

    Et aujourd'hui, on s'est baladés sur la corniche des gorges de l'Ardèche. Splendide. Malheureusement, il n'y avait pas que nous qui trouvions cela splendide. 

    Ces vacances sont une bénédiction.

     

  • Une larme de Porto

    DSC_3955

     

    Quatre jours, cinq nuits rien que pour nous deux. Dans une ville à découvrir. City trip à Porto. A priori le paradis. 

    Mais où est passée la moi d'avant, la moi "en avant", la moi "vive l'aventure", la moi qui veut tout voir encore et encore, jusqu'à ce qu'on ait épuisé toutes les propositions du petit routard ou du petit futé ? Elle s'est noyée dans une épaule en reconstruction, des attentats meurtriers, deux petites embolies et une thyroïde sous haute surveillance. Et c'est une moi, ralentie, sans envies, en larmes totalement sans raison certains jours que l'Homme déstabilisé a dû traîner derrière lui.

    Et pourtant, c'était bien. Vraiment bien. On a dormi dans un superbe vieux monastère transformé en hôtel plutôt luxueux, on y a mangé chaque soir divinement bien. On s'est promené dans Porto à un rythme de sénateur, on a grimpé les rues pentues, visité des églises baroquissimes, admiré des azulejos absolument magnifiques, retrouvé les vagues extraordinaires de l'Atlantique, fait une dégustation fabuleuse de 4 Portos secs et 4 Portos doux, on s'est promenés dans la vallée du Douro toute une journée, on s'est arrêtés dans des endroits improbables, j'ai pu tester les bénéfices des quatre ans de cours de portugais et surtout surtout j'ai acheté mon premier livre de portugais dans une des plus belles librairies anciennes d'Europe. Fière comme un petit paõ.

    Porto est vraiment une belle ville, jeune et dynamique et je voudrais bien y retourner avec un esprit plus joyeux et un peu plus d'énergie. Si je peux dire ça, c'est qu'il reste une petite flamme au fond de moi qui ne demande qu'à redevenir feu follet.

     

  • Oisive

    6_Vaq5U

     

    Nous avons reçu comme cadeau de Noël l'année passée, un Bongo. Non, pas un instrument à percussion mais un chèque-cadeau "pour une expérience inoubliable". En l'occurrence, un séjour d'une nuit dans un hôtel à choisir dans un catalogue d'hôtels. Nous avions opté pour une nuit à Cologne en décembre, histoire d'arpenter un de ces fameux marchés de Noël dont l'Allemagne détient le secret absolu.

    Et puis le matin du départ, gros coup de fatigue, pluie annoncée à Cologne pour deux jours sans discontinuer, une envie furieuse de tout annuler. Après tout, on peut essayer. J'appelle la société Bongo qui en 5 minutes chrono contacte l'hôtel, obtient l'annulation sans frais et remet notre "compteur bongo" à zéro, ce qui nous donne le droit de réserver autre chose dans les 4 mois qui viennent.

    Soulagement certain de ne pas devoir traîner sa fatigue sous la pluie pendant deux jours entiers. Mais soudain un vide total devant moi. Une montagne de boulot qui m'attend au bureau et une tentation immense d'annuler les deux jours de congé, denrées rares. L'Homme m'en dissuade. A mon corps défendant. Je ne sais pas quoi faire de ces deux jours. L'Homme me propose de se laisser porter, ne rien faire d'important, faire un peu de shopping pour préparer la St Nicolas des enfants, sans se presser.

    J'ai beaucoup de mal à ne rien faire, à ne pas avoir un programme bien défini et je me retrouve totalement désarçonnée. Je trouve même tout cela fort stressant. Et il me faudra quelques heures et toute la détermination de l'Homme pour finalement me relaxer et accepter d'être en congé "non rentable". Enfin, c'est relatif, puisque nous avons quasi rempli toute la hotte de St Nicolas.

  • Sérénissime

    DSC_6502

     

    Je ne peux pas mieux qualifier l'état dans lequel je me suis trouvée pendant deux jours et trois nuits. Disons pendant deux jours. Parce que pour être honnête, les trois nuits pas vraiment. Mal dormi malgré une chambre d'hôtel très agréable, le lit en-dessous d'un puits de lumière à 4 ou 5 mètres de haut. Mais bon, un puits de lumière quand le soleil se couche à 17 heures et moi à 23h30, je n'en profite pas vraiment. Et quand le soleil se lève à 7h et que je n'ai pas beaucoup dormi, je ne vous dis pas…..

    Mais les deux jours, sublimes. Et moi sérénissime chez la Sérénissime. Venise, j'oublie tout. Le boulot, les soucis, les mille et une choses à faire. L'Homme aussi oublie tous ses soucis et il redevient un prince vraiment charmant.

    Venise est devenu notre rendez-vous annuel. Cette fois encore, nous avons dormi à Murano. Loin de la foule.

    Nous sommes retournés sur l'île de Torcello, petit paradis sur terre. Pas un touriste avant 11 heures du matin, plus un touriste après 17h. Et ceux qui viennent là ne sont pas trop envahissants. Neuf personnes, pas une de plus, habitent sur cette île. Je rêve d'être la dixième et l'Homme le onzième. Pas une pharmacie, pas un boulanger, rien. Burano à 10 minutes en bateau. Et un bateau qui passe toutes les 15-20 minutes. Une maison qui me fait de l'oeil depuis l'année passée. Pas vraiment à vendre, mais pas habitée non plus. Ou alors rarement.

    Le lendemain, nous avons marché pendant 5 heures dans le quartier de Castello, derrière l'Arsenal, ensoleillé et peu fréquenté. Pur bonheur. 

    Pendant tout ce temps-là, on parle, on parle, de tout, de rien. La phrase qui revient le plus souvent c'est "qu'est-ce qu'on est bien ici…." ou "on revient quand ?".

    En janvier ? J'ai trouvé une petite offre pas chère…. Pas sérieux ? si, si, sérieux-issime !

     

  • Revoir ma Normandie

    DSC_0714

     

    Trois premières cet été:

    1) Première fois que nous retournons au même endroit pour les vacances d'été. Bien sûr je ne tiens pas compte de notre semaine traditionnelle en Suisse où nous retournons depuis près de 30 ans pour terminer les vacances. Mais le temps nous a vraiment pris de court cette année, compte tenu des incertitudes relatives aux résultats de Quentin et compte tenu des vacances de Simon et Anaïs qui, elle, aurait bien voulu un petit rab de vacances avec papa-maman, just for the taste of it, et nous n'avons plus rien trouvé qui nous plaise. Alors, quand l'Homme a vu que la petite maison en Normandie, où nous avions passé les vacances il y a deux, était encore libre pour 10 jours, il s'est tout de suite projeté sur les immenses plages, cerf-volant en main, il a pensé petits marchés, bons petits plats, promenades, soleil et vent. Alors, on a réservé, même pour 10 jours. Et on est arrivés un peu comme chez nous. La dame qui nous accueille avait caché la clé dans un endroit secret et on a tout de suite tout trouvé dans le noir – la clé, les toilettes (vite, vite), les interrupteurs, la chambre, le wifi (!). Enfin comme chez nous, quoi.

    2) Première fois depuis très longtemps qu'on ne part pas pour 4 semaines d'affilée. J'avais pourtant juré que je ne partirais plus autrement, que j'avais vraiment besoin de ça pour récupérer. Mais vu la disponibilité limitée de la maison, vu les commentaires rassurants de Swiss Sis qui m'a juré ses grands dieux que le temps nécessaire à une bonne récupération ne dépassait pas les 12 jours, j'ai acheté le concept des vacances d'été coupées en deux. Et le fait est qu'effectivement je me suis complètement vidée la tête en 10 jours. Côté corps, c'était moins la fête. Si on oublie la douleur croissante à l'épaule, je n'ai en outre pas passé une seule nuit d'affilée. Réveil tous les jours à trois heures du mat' et impossible de refermer l'oeil avant cinq heures. Pas top !

    3) Première fois depuis si longtemps que nous passons les vacances d'été (entendez par là, les Vacances, pas un voyage) rien qu'à nous deux. Puisque finalement, nos dates ne coïncidaient pas avec celles d'Anaïs et que Quentin a décidé de ne pas nous accompagner, principalement pour laisser s'apaiser les relations post-résultats un peu tendues entre son père et lui, nous sommes partis à deux. Bilan parfait. Même rythme de lézards quand il fait soleil (on peut rester 10 heures d'affilée, allongés dans des transats à bouquiner et soigner le bronzage) ou de furets en promenade touristique les jours plus gris, se promener sur la plage, faire les boutiques de vêtements ou les épiceries fines, se choisir un parapluie à Cherbourg, se faire une bonne table avec un vin différent pour chaque plat, se cuisiner un petit truc ou aller chercher de petites choses chez le traiteur, se faire juste un apéro, danser sur une sélection de mp3, faire un feu dans la cheminée parce que c'est sympa, pas parce qu'il fait froid, et parler pour ne rien dire ou dire de belles choses. 

    Et cerise sur le gâteau aux pommes, nous quand on va en Normandie, on apporte le soleil. Et donc, les Normands nous invitent à revenir plus souvent. 

    Et là, de savoir qu'on a encore deux semaines en Suisse qui s'annoncent avec les parents, Swiss Sis et les enfants quelques jours ou plus selon les disponibilités, la formule de cet été est finalement plus que gagnante !

  • La bague au doigt

     

    11062025_10154051398129012_1791434755028039041_n

     

    Je n'irai pas jusqu'à dire qu'elle avait juré de ne jamais se marier mais en tout cas, elle faisait partie de celles qui pensent "très peu pour moi, merci". Une espèce d'irréductible gamophobe. 

    Mais peut-être savait-elle inconsciemment qu'elle devait l'attendre….

    Elle fait partie aussi de ces femmes mues par la seule passion du "tout ou rien". La passion, c'est un trait de famille. On peut demander le divorce pour une dispute qui se prolonge ou enterrer du jour au lendemain un amour contrarié. On sait que c'est excessif mais c'est plus fort que nous, quand on le dit, on le pense vraiment, sur le moment. Après, bien sûr, on relativise.

    Ils se sont aimés comme les adolescents ou les jeunes adultes peuvent s'aimer. Passionnément, à la folie et puis ils se sont dit que non, pas du tout, ça n'allait pas le faire et ils se sont perdus de vue, se sont cherchés sans se trouver. Mais quelque part, la petite flamme ne s'est jamais éteinte.

    Et puis un jour, quelqu'une a trouvé une petite allumette, une adresse, et le feu a repris à chaque fois qu'un gros soupir d'abandon, de refus d'y croire, a attisé les braises endormies. 

    Et puis un jour, va savoir pourquoi, l'âge aidant à se dire que c'est maintenant ou jamais, que la vie a donné trop d'occasions, trop de signes du destin qu'il en devient indécent de ne pas se donner une chance, un jour, ils y ont cru.

    Et l'irréductible Sis'Cile a dit "oui" au Stromboli tout feu tout flammes, en penchant la tête légèrement sur le côté comme on dit "ben oui, pourquoi pas !"

     

  • Pépites pour le coeur

      

    2015 05-0251-Preggio

    Au retour de Cuba, il y a eu Pâques et les retrouvailles familiales autour de la chasse aux oeufs, du repas pascal, des anniversaires de Sis'Cile et l'Homme et autour de la brocante de Mamy B. Cette fois, ce sont plutôt mes filles qui ont pioché parmi les trésors trouvés par Mamy. 

    Puis il y a eu le dîner chez Maïté et JD. Je ne suis pas encore habituée à être invitée par mes enfants et cela me semble toujours un peu irréel. Et pourtant c'est un pur plaisir. J'ai adoré les voir se couper en quatre pour nous, servir l'apéro sur la terrasse de leur nouvel appartement, nous offrir un plat de gnocchi aux asperges et aux champignons et un dessert sublime, une ganache à la fleur de sel et à l'huile d'olive. J'ai adoré qu'elle ait allumé les très vieilles bougies glanées à la brocante de Mamy. J'ai craqué lorsqu'elle a dit à JD qui s'est éclipsé pour préparer le dessert "Vas-y, appelle-moi quand ce sera prêt, je viendrai pour les paillettes" en frappant des mains comme une petite fille. C'est tellement plus joli que de dire "appelle-moi pour j'ajoute la touche finale". Surtout qu'il n'y avait rien à ajouter. 

     Il y a eu ce long weekend en Ombrie. A dix. Cinq couples. Cinq garçons, cinq filles de 45 à 60 ans. Enfin, ce serait plus correct de dire cinq hommes et cinq femmes. Quand devient-on l'un et l'une plutôt que l'autre ? C'était un weekend magique où tout est bien. Les plaisirs de tous les sens, la tendresse, les rires, les découvertes des uns et des autres, le farniente ou presque. Le genre de weekend dont on atterrit avec beaucoup de difficultés.

    Il y a tous ces mercredis soirs où je suis accueillie comme un cadeau de Noël par mes parents pour un petit souper avant le badminton. Et franchement rien ne fait plus chaud au coeur que d'être attendue avec autant de bonheur.

    Et enfin, il y a tous ces moments de plus en plus nombreux passés en la seule compagnie de l'Homme, dans une bulle de complicité joyeuse, qui me font voir les années à venir sous d'heureux auspices.

  • Cuba, salsa agridulce

      2015 03-0036-Cuba V1DSC_8233DSC_88192015 03-1439-Cuba D300DSC_8132

    Alors, c'était pas le Pérou, c'est sûr. On nous avait dit "Vous allez A-DO-RER !". Et en fait, non, on a juste BIEN-AI-ME. Mais une petite overdose d'arnaques et de gentils coups bas ont eu raison d'un enthousiasme probablement exacerbé. 

    Trop de chaud-froid peut-être: entre esthétisme et désolation, entre zéro analphabètes et liberté d'expression plus que réduite, entre système de santé gratuit et accès limité à l'eau potable, c'est un pays de contrastes à tous les niveaux.

    Oui l'architecture cubaine est magnifique, qu'elle soit coloniale, art déco ou classique, à La Havane ou à Trinidad, les patios, les balcons, les portes sont autant de plaisir pour l'oeil. Et puis, au détour d'une rue, ou vu du bar de la terrasse d'un hôtel luxueux, la désolation d'une ville qui tombe en ruines, un petit air de Beyrouth après la guerre et plus que tout, savoir que ces ruines sont habitées par un grand nombre de personnes.

    Oui les belles américaines dont les couleurs me rappellent tellement les voitures des manèges de mon enfance et sur lesquelles tout le monde s'extasie – à raison – sont rutilantes mais elles ne sont en fait que le résultat de l'ingéniosité des Cubains pour maintenir en état les seules voitures qui pouvaient être importées jusqu'à récemment si on tient compte des petites Made in China autorisées depuis peu.

    Oui, les Cubains sont chaleureux et nous avons fait de très belles rencontres, dans les casas particulares (chambres d'hôtes), dans la rue, en prenant en auto-stop les innombrables infatigables marcheurs en mal de transport en commun. Mais quand l'ouverture à l'autre et la générosité légendaires deviennent un subterfuge pour faire des pigeons voyageurs des voyageurs pigeons, je ris jaune, la moutarde me monte au nez puis je tourne au vinaigre. 

    Ceci dit, une fois rentrés à la maison, on relativise, on se dit que la prochaine fois, on prendra les choses moins au sérieux, on aura appris, on sera plus méfiants prudents et bientôt on en rira.

    On ne gardera en mémoire que les bons moments ensemble pendant 15 jours, 24 heures sur 24, à pied, en voiture, dans des chambres toutes drapées de satin mauve ou rose fuchsia, assis sur des bancs à contempler les lieux, autour d'un verre de daïquiri frappé ou de cuba libre.

    Et on ne regrette pas d'avoir cédé au mythe.

  • 30 ans

     

    NC 140484

    Il y a 30 ans, j'ai passé une dernière nuit avec mes deux soeurs dans le même lit parce que je les quittais le lendemain. Si j'avais pu, j'aurais bien embarqué mes parents dans le même lit mais il n'y avait pas assez de place. Esprit de clan encore très présent: dans une semaine, c'est Pâques et trois filles entre 44 et 54 ans se retrouvent assises en tailleur sur le lit de la reine mère et se font servir le café au lit par le papa prince consort.

    Il y a 30 ans, je suis rentrée dans l'église non pas au bras de mon papa mais au bras de l'Homme et sans attendre le curé qui aurait voulu venir nous accueillir sur le seuil comme il se devait, selon lui. Je suis rentrée guillerette, le coeur aux lèvres, le rire aux yeux.

    Il y a 30 ans, ils étaient tous là, la famille, les amis, ils chantaient pour nous et le soleil chantait aussi après 15 jours de pluie ininterrompue.

    Il y a 30 ans, le jour de fête est passé comme dans un brouillard de visages souriants, de félicitations, de musique et de danse.

    Il y a 30 ans, on a ouvert la soirée avec "Qué serà, serà" de Doris Day parce qu'on le pensait vraiment. Sans se promettre aveuglément que 30 ans plus tard, on serait toujours là. Même si, c'est sûr, ça faisait partie du plan.

    Il y a 30 ans, les amis ont préparé en cachette les habituelles surprises de goût douteux (le dentifrice sur les poignées de la voiture, la mousse à raser sous les essuie-glaces, les casseroles à l'arrière….). L'Homme au mauvais caractère n'a pas apprécié le dentifrice chu sur son beau smoking tout propre.

    Il y a 30 ans, je riais encore de son irascibilité irationnelle que mon rire décuplait au point que mon sourire s'est affaissé en bouderie.

    Il y a 30 ans, il a voulu me ramener chez mes parents, ce qu'en bonne frondeuse j'ai accepté. Mon père a décrété qu'il n'y avait pas de service après-vente et nous a conduits à l'hôtel où nous étions sensés nous réconcilier.

    Il y a 30 ans, les amis nous attendaient devant l'hôtel et nous avons fini la fête dans un restaurant grec ami à boire du retsina.

    Il y a 30 ans, je me suis réveillée aux aurores sur la plus belle place du monde, par le chant d'un coq et de ses poules, encore en vente à l'époque le dimanche matin sur cette place, à côté d'un inconnu, dans une chambre inconnue et j'ai réalisé que je m'étais mariée.

    Aujourd'hui, on est toujours là and whatever will be, will be for the next 30 years. Je resigne des deux mains.

    Untitled 

     

  • Grande ire

    18406586

    Message à l'homme que j'aime, Don Dingo de la Vague:

    A toi tout seul, tu es un condensé de tous ces personnages désagréables des sixième et septième arts.

    Tu es:

    – Mon Schtroumpf grognon: Son expression favorite est "Moi, je n'aime pas…". Cependant, bien qu'il ne semble rien aimer, il possède en fait un grand cœur. Il aime le Bébé Schtroumpf et est secrètement amoureux de la Schtroumpfette, et c'est le seul qui est aimé par celle-ci. Il aime aussi les fleurs et la poésie. Sous ses airs grognon et râleur, il lui arrive parfois de donner de bons conseils aux Schtroumpfs.

     

    Schtroumpf_grognon

    – Mon Alceste, le misanthrope. Alceste hait l'humanité tout entière, y dénonce l'hypocrisie, la couardise et la compromission. Mais il aime pourtant Célimène, coquette et médisante. Le vertueux se lance ainsi dans des combats perdus d'avance qui l'acculent à la fuite… Il critique les mœurs de la cour, l'hypocrisie qui règne dans cette société du paraître, où les comportements frisent la parodie.



    – Mon Archibald. Haddock possède un caractère pour le moins expressif. C'est un impulsif qui se laisse entraîner par son enthousiasme ou son découragement. Il est très colérique, mais ses emportements sont aussi brefs que spectaculaires. Malgré son caractère bourru et irascible, c'est un homme généreux et sensible. Il éprouve une profonde amitié envers Tintin, pour qui il n'hésiterait pas à donner sa vie et considère Tournesol comme un de ses meilleurs amis, bien que ce dernier le fasse parfois sortir de ses gonds.

     
    Captain-haddock


    – Mon Donald Fauntleroy Duck. Tout l'exaspère et le pousse à des accès de colères. Ce caractère volcanique est pourtant bien apprécié des enfants…

    Donald%20Duck20

    On dit que les contraires s'attirent. Moi qui aime la fluidité, qui fuis les conflits comme la peste, qui évite de faire des vagues, toi qui aimes la confrontation des idées, qui recherches les débats, toi qui es pacifique et comme l'océan du même nom, soulèves des vagues énormes et terrassantes. Dès que l'on t'oppose des idées qui pourraient suggérer une négation de la démocratie ou qui laissent entendre une régression de la justice sociale, tu deviens incontrôlable. Tu défends la démocratie de manière dictatoriale et tu combats bec et ongles toute tentative anti-sociale, même si elle est justifiée sous d'autres angles. (Non, je sais, je sais, rien ne la justifie !)

    Face à l'ouragan, c'est bien connu, chacun court aux abris, chacun sort les parapluies, se taire terre au loin. Mais toi, tu ne comprends pas, tu continues à tempêter, à m'embêter aussi, à t'empêtrer dans ta colère et tes arguments, tu hurles et ne veux pas reculer, tu clames et ne veux pas te calmer. Et ceux qui t'entourent commencent à se demander s'il ne serait pas temps de sortir le tensiomètre.

    Tes croisades ont reçu mon adoubement mais je te supplie de calmer tes ardeurs si tu ne veux pas que je te déclare félon pour excès de fiel. Essayer de te faire taire serait délétère, essayer de te contraindre au silence serait t'éteindre à petit feu. Tel n'est pas mon souhait. Je voudrais juste essayer de baisser le son, diminuer les décibels, réduire la puissance des baff(l)es pour qu'on ne devienne pas sourd à tes messages si sages.