
Avant de partir ensemble là où la sérénité du lieu nous rabiboche avec la beauté du monde, nous nous sommes disputés pendant un bon 48 heures. C’est très long pour nous aujourd’hui. Cela ne l’était pas au début de nous deux, ce qui nous a permis de mettre les choses au clair assez rapidement. Très peu de concessions unilatérales, des mises au point régulières, des disputes bien senties nous ont permis d’adopter un modus vivendi et amandi parfaitement rodé. Et depuis, tout roule ou presque.
Mais ces derniers jours, mon mode opératoire dans la gestion de mes relations aux autres s’est heurté de plein fouet à son ras-le-bol d’être pris pour un pigeon. Il a vu beaucoup de malveillance de la part de proches, là où moi, je ne voyais que mauvaise communication. Et j’ai plutôt mal supporté. Tant de le voir souffrir vraiment que de le voir croire en la malveillance de ceux que j’aime.
Il vit avec moi depuis cinquante ans et il appris à composer de manière à garder l’église au milieu du village, puisque tel est mon credo. Alors que le sien est de ne rien laisser passer. D’accord, je suis née avec une sainte horreur du conflit et c’est sans doute ce qui motive mon besoin viscéral de remettre la chapelle à sa place. C’est sans doute ce qui lui a permis de rester en bons termes avec sa propre famille. Et plus encore avec la mienne. Il sait que je suis intransigeante sur la question.
Mais à chaque fois que ce sujet devient brûlant, je me pose la question: est-ce que j’ai raison d’excuser à tout prix ? Cette fois, plus encore que jamais, j’ai décidé une fois pour toutes que je ne changerais pas de cap. Il n’est pas question ici de me laisser marcher sur les pieds. Mais envers et contre tout, je partirai du principe que la plupart de ceux que je chéris sont bons, n’ont pas de mauvaise intention, ont quelquefois de sérieux problèmes de communication et que toutes les difficultés relationnelles viennent de là.
Pendant longtemps, j’ai affiché dans mon bureau la phrase de Bernard Werber: » Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même…«
Alors essayons…..







