Catégorie : Love affair

  • 2024

     

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    Démarrer l'année en prenant un vol pour l'autre bout du monde, il y a pire. Cela faisait plus de 10 ans que nous n'avions plus pris un long courrier ni fait un long voyage. Et quel voyage ! J'avais déjà été séduite par la Nouvelle Zélande et le Pérou mais je m'y attendais. L'Inde, ce fut la surprise ! Jamais je n'aurais imaginé que ce pays me marquerait autant. Je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner.

    Le temps d'atterrir et de se poser, nous voilà éblouis par l'arrivée de la septième merveille du monde, la princesse Oona. Belle comme un coeur, elle vient compléter l'équipe qui grandit aussi, chacun à sa manière. Sappho perd sa première dent et Amalia fait ses premiers pas.

    Deux séjours au printemps et à la fin de l'été dans notre Sérénissime adorée dont un a bien failli tomber dans la lagune quand l'Homme m'a fait un choc anaphylactique (et même un choc tout court) le matin du départ. Réaction violente à la pénicilline qu'il avait pourtant l"habitude de prendre. Il aura fallu toutefois plus de 9 mois pour confirmer cette hypothèse. 

    Une semaine en Ombrie et deux-trois jours à Pantelleria où le meilleur du séjour aura été à chaque fois la rencontre avec d'autres amis des amis qui sont tous autant qu'ils sont de belles personnes avec qui on peut échanger vraiment.

    Trois semaines de pioux à géométrie variable à la campagne et deux semaines en Algarve, invités par Anaïs et Simon, avec tous les pioux. Rien que du bonheur. Et pendant notre séjour en Algarve, ce concert tellement improbable de ce bon vieux Tom Jones qui m'a ensorcelée comme à mes 15 ans. 

    Un séjour à Disneyland Paris, prévu pour 2025, mais quand on aime à ce point, on ne compte plus et au diable les varices !

    Un weekend en Ardennes avec toute la tribu pour fêter nos 40 ans de mariage. Un puzzle de mille petits morceaux de nous, un pestacle sur notre histoire et une video reprenant des petits et grands bouts de films HI8 de notre mariage et de notre vie de jeune parents. J'ai dit qu'après ce weekend, je pouvais mourir. Réflexion faite, je ne suis pas si pressée.

    Et terminer l'année sur un anniversaire incroyable, celui de la Fondation où j'ai travaillé pendant 5 ans à Turin. Retrouver tous les anciens avec une émotion non simulée pour la plupart d'entre nous et une joie tellement vraie.

    Tout cela a l'air – et est – idyllique. Mais bien sûr, il y a eu la vente de l'appartement qui nous a vu vivre nos dix premières années de vie commune à deux, puis à trois, quatre et cinq. J'en ai versé des torrents de larmes. Bien sûr, il y a eu l'abattage du noyer qui a vu naître mon papa, jouer mes soeurs et moi, nos enfants et nos petits enfants. Et ce n'est passé sans mal. Et bien sûr, il y a tous ces problèmes de santé qui me minent le moral, les problèmes mécaniques, de genoux, de hanche, de dos qui me font enrager et ces soucis de défense immunitaire très déficiente qui me rendent très suspicieuse au moindre éternuement et à la moindre toux d'autrui. Mais il y a pire et je pense que je peux m'estimer heureuse qu'après tout "ce n'est que çà".

    Au final, une année merveilleuse sur le plan personnel et je mesure ma chance quand je vois tous ceux dont la vie est ruinée par la folie de certains débiles mentaux. 

     

  • Weekend de rêve

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    L'autre jour, C. m'a dit "Mes enfants sont venus tous les deux ce weekend pour fêter l'anniversaire de J.; c'était le bonheur absolu. Après ça, je peux mourir". 

    Je pense que j'en pourrais dire autant après ce dernier weekend si je n'avais pas tant le désir de poursuivre encore l'aventure, voir grandir les pioux, rire avec les grands et les petits, danser et chanter avec les amis et fêter la vie chaque jour du temps qu'il me reste.

    Ce weekend était juste parfait. On avait loué un gîte dans les Ardennes pour fêter nos 40 ans de mariage avec toute la tribu. L'Homme a lâché prise sur l'organisation des repas et chaque couple a pris en charge un des trois repas. Déjà rien que ça, ça changeait toute la dynamique. plus de grand maître absolu en cuisine, plein de nouveautés et d'autres manières de faire, l'Homme disponible pour autre chose (une partie de billard avec les grands, une partie de babyfoot avec les plus petits, une concentration sur l'apéro, …). J'ai adoré. 

    Premier cadeau de la soirée: un puzzle de 1000 pièces représentant une photo de notre mariage. Chacun a bien essayé d'apporter sa petite pièce tout au long du weekend mais cela s'est avéré bien plus compliqué que prévu. Qu'à cela ne tienne, je me mets au défi de le terminer avant Noël. 

    Après le risotto marrons et champignons des bois, une gageure pour 15 un vendredi soir, une fois tous les enfants couchés, deuxième cadeau. Ils ont récupéré les vieilles cassettes HI8 de notre mariage, de leur enfance, à Bruxelles et à Turin et les ont converti en mp3 et préparé un montage de deux heures. Bonheur de replonger de 30 à 40 ans en arrière, de revivre ces moments heureux qui semblent avoir eu lieu hier, juste hier.

    Le lendemain, piscine, billard, babyfoot, puzzle et l'après-midi, longue promenade en forêt, les grands devant, les petits derrière, armés de bâtons magiques, motivés par un "glaçage" façon Reine des Neiges des sorcières, vampires et autres malfaisants de la forêt, ce qui suppose un arrêt tous les 50 mètres mais nous a évité de porter sur les épaules ces apprentis sorciers aux petites jambes. Retour au chaud et nouveau plongeon dans la piscine, apéro et délicieux coquelets-purée de chou-fleur.

    Dimanche, cerise sur le dernier cadeau: un pestacle tellement drôle et émouvant que j'en pleurais. Pièce en un seul acte et quatre scènes: le cours de danse, la demande en mariage, le mariage, le service après-vente. Pour rappel, nous nous sommes disputés après le mariage, j'ai voulu qu'il me ramène chez mes parents et mon père a voulu détendre l'atmosphère en déclarant qu'il était désolé et qu'il n'y avait pas de service après-vente. Samuel dans les baskets improbables de mon père était magnifique. Jules et Lémoni déguisés en nous deux étaient craquants et Sappho en maître de cérémonie était parfaite. 

    Dernier repas, gyozas, wontons et petites billes de riz gluant fourrées au sucre de palme, à tomber…..

    Et puis ce fut déjà l'heure de partir. J'ai réussi à verser quelques larmes avant de fermer la porte. Je n'y peux rien, le bonheur absolu me gonfle le coeur et il déborde par les yeux.

  • Une sainte horreur des adieux

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    Je dois l'avoir déjà consigné par ici, j'ai une sainte horreur des adieux. Je peux m'en rendre malade. Le simple fait de quitter un lieu de vacances que l'on a investi pendant 3 semaines et que j'imagine ne probablement plus jamais revoir me fait monter les larmes aux yeux. C'est en fait aux merveilleux moments que j'y ai passés que je dis adieu, je le sais bien mais ça ne change rien à l'affaire.

    Quitter la maison que nous avons habitée pendant 4 ans en Italie m'a arraché des sanglots indécents, assise par terre dans ma cuisine – plus une chaise, tout était dans le camion de déménagement, qui me narguait en bas de la maison – , complètement dévastée à l'idée de quitter cet endroit. Je crois bien, honte à moi, avoir pleuré là plus de larmes que je n'en ai versé aux différents enterrements auxquels j'ai assisté. Même de mes aimés. Mais c'est vrai qu'aux enterrements, je reste digne….. 

    Alors en ce mois de novembre bien gris, j'ai dit adieu cette semaine à un arbre. Celui qui domine de toute sa majesté la maison-jardin, celle qui a vu naître mon père, grandir mes soeurs et moi, jouer nos enfants et jusqu'à aujourd'hui mes petits enfants. Il s'est creusé dangereusement à la base, mangé par un vilain champignon et la mort dans l'âme, j'ai accepté qu'on l'abatte avant qu'il ne s'en charge tout seul sur la maison des voisins. J'ai même fait appel à une "docteur des arbres", qui se dit "pour l'acharnement thérapeutique" mais même elle a signé son arrêt de mort. J'ai quitté la maison-jardin en pleurant en lui jetant un dernier regard.

    Et ce mois aussi, maudit soit-il, je vais faire mes adieux à l'appartement qui a abrité notre amour à ses débuts, mon premier chez-moi, mon premier nid, où j'ai couvé trois petits, où j'ai vécu dix ans de bonheur absolu avant de partir pour l'Italie, en abandonnant l'appartement à ma soeur. Il a finalement été décidé de le vendre. Mais fermer une porte en sachant qu'on peut y retourner, même quelques instants, c'est très différent de fermer la porte pour toujours.

  • Juste être là

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    "On est bien parce qu’on est là. On est bien parce qu’on n’est nulle part mieux que là où on est. Habitant ce corps-là, tranquillement posté à la frontière entre ce qui est soi et ce qui n’est pas soi, entre le dehors et le dedans, et se sentant vivre. Pas faire quelque chose : seulement vivre. Ca n’a rien d’extraordinaire, c’est le contraire : l’ordinaire même." Emmanuel Carrère – Yoga

     

    Cela peut paraître un peu surfait de dire ces choses là mais j'ai tellement peu l'habitude de vivre le moment présent que cela valait la peine de le souligner. Après l'épisode un peu difficile qui a précédé notre départ, arriver ici a été un pur bonheur. Ici j'arrive à ne (presque) plus penser qu'en termes d'"ici et maintenant" et à mettre ma to do list au frigo. Je vis au jour le jour sans autre préoccupation que de savoir ce qu'on va faire au cours des prochaines heures. Lézarder au soleil avec un bon bouquin, visiter un musée, programmer un resto, flâner au hasard dans Venise, …..

    Et puis fêter ces 40 années de bonheur à deux, dans cette lagune qui nous va si bien, dans ce restaurant où on est accueilli comme des amis, sur cette île, berceau de Venise, si petite qu'elle ne compte plus que 10 habitants et où j'ai eu la prétention d'écrire à l'un deux qui vend sa maison qui aurait pu nous accueillir avec toute la tribu de temps en temps mais qui n'entre malheureusement pas dans notre budget. 

    Je m'étais jurée qu'une fois à la retraite, je pourrais enfin trouver le temps d'écumer toutes les expos de Bruxelles et c'est complètement raté. Si j'arrive à en voir une ou deux sur l'année, c'est beaucoup. Par contre, ici, on profite du fait de ne pas avoir dix mille choses à faire pour passer la porte de quelques musées pour mon grand plaisir. Encore que, cette année, la pioche n'a pas été extraordinaire. Mais j'en retire malgré tout toujours quelque chose.

    Ici, on passe 24 heures sur 24 ensemble et tout est fluide comme un vaporetto qui glisse sur le grand canal. Jamais un mot plus haut que l'autre, des attentions permanentes l'un pour l'autre, un immense plaisir partagé à table, un même rythme, une même harmonie.

    A défaut de pouvoir vivre ici, on veut y revenir autant de fois qu'on le pourra encore. 

     

     

     

  • 2023

     

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    S'il n'y avait pas eu le départ douloureux de Michèle, cette année aura été tellement belle !

    Elle a commencé toute en merveille avec l'arrivée d'Amalia, pour tout dire la sixième merveille du monde, le 3 janvier. 

    J'ai passé le mois de janvier comme un hamster sur une roue pour essayer de finir tout ce que je voulais finir et jusqu'à la dernière seconde, j'ai donné le meilleur de moi-même. Et puis j'ai clôturé 40 ans de carrière, l'estomac noué, le coeur serré, les yeux noyés.

    Et la nouvelle vie a commencé. Il m'a fallu une ou deux semaines d'adaptation, surtout en termes de cohabitation permanente avec l'Homme, mais une fois les compteurs ajustés, un nouveau bonheur s'est installé. Je crois que ce qui m'a fait et me fait encore aujourd'hui le plus plaisir dans le nouveau format, c'est le droit de dormir longtemps. Alors bien sûr, pas tous les jours, selon les impératifs du calendrier, mais souvent. Et au bout de quelques semaines, je me suis surprise à ne plus répondre à la sempiternelle question "Comment vas-tu ?" " Bien mais fatiguée" au point que je m'énervais moi-même de cette réponse invariable. C'est fini, je ne réponds plus jamais en fonction de mon besoin de sieste. Et je trouve ça très luxueux.

    L'autre luxe est de pouvoir partir en vacances quand on veut ou presque et autant qu'on veut ou presque. Et cette année-ci, nous n'avons pas lésiné sur les kilomètres qui nous ont amenés quatre fois en Italie, seuls ou entre amis. La montagne, par deux fois, un grand étoilé transalpin, autre grand plaisir de l'année écoulée, et Venise l'incontournable.

    Et puis le coup de folie, le concert de Stavros Xarchakos, sous l'Acropole à Athènes, sans doute un des plus beaux moments de l'année si pas de ma vie, dans ce registre.

    Mais sans doute ce que je chéris le plus au monde, ce sont les moments avec les pioux, seuls ou en groupe, ces deux mois d'été avec eux, un peu, beaucoup, à la campagne, à la mer ou à Disneyland Paris. Je peux regarder inlassablement les photos sur mon téléphone ou relire les billets de ce blog qui les concernent avec délectation pour revivre ces moments-là.

    Octobre a vu ma reprise en main en termes d'activité physique et j'ai le meilleur coach de la planète. Ce n'est pas parce que  c'est mon fils que je le dis mais il est le meilleur pédagogue qui soit. Et je n'ai pas l'intention de m'arrêter en si bon chemin. Dommage que son père ne soit pas aussi discipliné et disposé à passer le seuil d'une salle de sport. 

    En somme, une année sous le signe de la famille, de ma tribu, de mes pioux, des amis, de la musique, du soleil, des vacances, des bouquins…. S'il n'y avait pas les petits bobos insignifiants à la main, aux genoux, aux poumons et le reste du monde qui part en sucette, 2023 a été une année magnifique !

    Et 2024 s'annonce joliment.

     

     

     

     

  • Veni etiam

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    Mais que j'aime cette ville. Je ne l'ai pas encore quittée que je pense déjà à organiser nos retrouvailles. Veni etiam, viens encore. Il ne faudra pas me le répéter deux fois. Je reviens dès que je peux. A chaque séjour, je suis un peu plus amoureuse. De l'eau, de la lagune, du soleil qui scintille sur l'eau, des ponts, des ruelles sombres, des campi déserts puis résonnant de cris d'enfants, du va et vient des vaporetti, du bruit qu'ils font quand ils freinent et accostent, des petites vieilles et leurs caddies, ….

    On a retrouvé nos restaurants favoris, on a pris le temps de faire deux-trois expos, on a marché, marché, marché, on a découvert une nouvelle île, San Servolo, si sereine, on s'est reposés sur notre altana, on a lu, on a ri, on a aimé chaque instant. 

    J'ai enfin fait découvrir à l'Homme le musée Fortuny, dans sa maison, le Palazzo Pesaro degli Orfei, transformé en atelier par Mariano Fortuny et sa femme Henriette, lui Espagnol, elle Française et eux deux amoureux de Venise.  Fortuny se consacrait aux nombreuses disciplines qui le passionnaient: de la photographie à la peinture, en passant par l’éclairage théâtral et domestique et le couple fabriquait à la main des tissus et des vêtements et c'est surtout cette activité là qui est passée à la postérité. 

    Comme il pleuvait, on s'est engouffré dans un second musée présentant une expo sur 70 ans de photographies de Vogue de 1910 à 1980. Une sorte de chronorama qui traverse presque tout un siècle par le biais de près de 400 photos connues, moins connues ou totalement inédites. Impressionnant.

    Quelques jours plus tard, j'ai voulu voir une expo de photographies prises par Nikos Aliagas, "Regards Vénitiens" que je n'ai pas aimée mais qui nous a permis de découvrir dans le même bâtiment une autre exposition sur le Marco Polo de l'Inde, Nicolo Manucci. Et là j'ai adoré. Comme quoi, ne jamais hésiter, une expo peut en cacher une autre.
     
    A part ça, on a dormi comme des marmottes, il a préparé des petits déjeuners succulents, on a pris son temps pour tout, on a mangé des glaces chaque jour, la dernière à la truffe blanche, à tomber, on a regardé des films bêtes et moins bêtes, on a regardé la lune grossir jour après jour au-dessus du canal, enfin bref, deux semaines idylliques. 

     

  • Italie 2023 – Acte 3 – Scène 2

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    Lundi: Le ciel est à nouveau gris… Seule la perspective de retrouver Kristien et Kristof à Turin ce soir maintient mon moral à un niveau acceptable. En attendant, je dévore "Trois". On prend la route vers 16h toujours sous la pluie pour arriver à Turin sous un ciel plombé, sans pluie mais lourd d'humidité maximale. L'orage s'annonce ici. On trouve quand même le temps de prendre l'apéro dehors avant d'aller manger chez eux. Il est très rare que l'on se retrouve à quatre et c'est une soirée exceptionnelle que nous passons avec eux. 

    Mardi, mercredi: Cette fois la coupe est pleine. Il pleut sans discontinuer toute la journée. A mon tour de vouloir plier bagages et de rentrer. Mais la perspective de trois jours de soleil pousse l'Homme à m'encourager à rester. Impossible de sortir se promener, il fait marécageux partout. Donc on se résigne à lire et à regarder des séries. Et en fait, c'est bien aussi. 

    Jeudi, vendredi, samedi: Enfin le soleil est revenu ! On profite un maximum de ces 3 jours qu'il nous reste. Et on passe encore une dernière soirée avec les Turinois.

    Dimanche: On quitte cette magnifique maison, encore une fois à regrets en ce qui me concerne. Mais contents d'avoir passé ces deux semaines ensemble, presque rien qu'à nous deux. 

  • Comme de jeunes mariés

     

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    Ça y est, nous voilà tous les deux démobilisés. On aurait pu s'attendre à une nouvelle lune de miel. Mais c'est mal nous connaître. Pourtant oui, cela ressemble étrangement à nos premiers jours de vie commune. Une période de perturbations atmosphériques assez remuantes. Une perturbation atmosphérique est "une interruption de l'équilibre local de l'atmosphère qui conduit à la formation de nuages et de précipitations".C'est tout à fait ça. C'était le cas, il y a bientôt 40 ans, c'est le cas aujourd'hui. 

    On se retrouve presque 24 heures sur 24 ensemble. Là n'est pas le problème. Quand on partait en vacances, rien qu'à nous deux, ces dernières années, on était aussi jour et nuit ensemble et cela nous convenait très bien. En vacances, on est plutôt d'accord sur le programme du jour, l'expo à visiter, le resto où réjouir nos papilles. Mais là, contrairement à ce que d'aucuns pensent, nous ne sommes pas en vacances. Et se mettre d'accord sur le programme du jour relève d'une dynamique bien différente. 

    Le soir où je suis rentrée du bureau pour la toute dernière fois, chargée d'émotions comme un gros cumulonimbus, je n'avais pas envie que l'Homme décide pour nous du programme du lendemain et encore moins envie du programme décidé, à savoir partir à la chasse à la nouvelle voiture ! Bien sûr, il était terriblement stressé à l'idée que la voiture commandée il y a 13 mois était loin de débarquer. Le concessionnaire nous la promettait pour "aujourd'hui peut-être ou alors demain…" ou plus prosaïquement " le 16 mars ou alors peut-être mi-avril" ou aux calendes grecques. Bien sûr, il fallait trouver une solution, la voiture en titre montre des signes de faiblesse et devrait aussi pouvoir prendre une retraite bien méritée. Bien sûr, il m'attendait pour prendre  ce genre de décision. Mais de là, à m'emmener dès le lendemain matin en car hunting, beuh, ça ne m'a pas mise de très bonne humeur, déjà que j'avais des yeux de grenouille, j'ai poussé des "quoi !?" de crapaud. Mais bien sûr, je me suis laissée faire.

    Ces car-acolades ont duré quelques jours et ce n'est que le lundi que j'ai enfin pu me sentir un peu plus relax. Il est parti une bonne partie de la journée et je suis restée seule à la maison, musique à fond et j'ai cuisiné. Détente absolue. J'avais enfin l'impression d'avoir du temps pour moi. 

    Le lendemain, on démonte enfin le sapin de Noël (oui, c'est bon, c'est pas encore Pâques, donc ça va, non ?) et tout se passe bien, en musique et dans la bonne humeur. Ça nous prend une bonne partie de la journée mais on travaille en équipe et tout est fluide. On range tout dans le réduit sous l'escalier et on en sort une caisse qu'on n'a plus utilisée depuis quelques années. Je sais qu'elle contient des guirlandes assez démodées, des circuits de lampes et du papier de soie. Mais je décide de l'ouvrir plus tard pour faire le tri.

    Aujourd'hui, Maïté passe à la maison et comme j'y pense, je lui propose pour l'école de Sappho les guirlandes démodées. J'ouvre la boîte, elle les voit et les adopte pour son prochain Noël. Restent les circuits et les papiers de soie. Et c'est là que ça se corse. Déjà bien énervé par l'assemblée générale des co-propriétaires du matin, il râle de mon idée subite et de l'ouverture de la boîte. Il décrète que les circuits sont à jeter et le papier de soie à garder. Il a à peine le dos tourné que je ramène les circuits vers le réduit sous l'escalier, parce que peut-être, je vais les tester et s'ils fonctionnent, ce serait sympa à la maison-jardin, dans le grenier, pour les petits. Alors que le papier de soie, franchement, on en a déjà plus qu'assez. 

    C'était sans compter son passage impromptu sous l'escalier et sa voix de barytonton Donald "Est ce que je peux savoir pourquoi tu as remis les circuits sous l'escalier, j'ai dit qu'il fallait les jeter !". Et que bien évidemment, je me suis énervée et j'ai violemment jeté les circuits à la poubelle.

    On se croirait vraiment revenus 40 ans en arrière. Malheureusement, les réconciliations seront plus chastes :-).

  • En avril, je perds le fil

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    Voilà à nouveau six semaines de passées. Je m'étais pourtant efforcée d'être plus assidue ici. Mais le temps m'échappe. Quoi de neuf, donc ?

    On arrive tout doucement à la fin des travaux de rénovation de la façade, ce qui veut dire qu'ils vont bientôt démonter l'échafaudage et la bâche sous laquelle nous étions enfouis depuis septembre dernier. Il était temps, la déprime nous guette en l'absence de lumière. Et je ne parle même pas du nombre de fois où l'appartement s'est recouvert d'une fine couche de poussière de travaux. 

    Pâques a enfin pu inviter les cloches au jardin et c'était quand même bien plus sympa qu'en appartement ou en confinement. J'ai adoré voir les deux grands s'entr'aider pour attraper des oeufs arrêtés dans leur chute au creux d'arbres ou sur des branches hautes. Ils se sont fait la courte échelle, ils ont grimpé sur le dos de Nonno, et se sont même occupé des plus petits, dont c'était la première chasse aux oeufs?

    Nous sommes allés au mariage du fils de mon amie d'enfance et c'était bien. La retrouver elle, la voir émue au bras de son petit dernier, et tout simplement s'amuser comme on s'amuse dans un mariage où on est invité, sans être partie prenante. Il y avait longtemps.

    J'ai vu trois concerts: Marisa, diva du fado, un hommage à Toots Thielemans et dans la foulée Goran Bregovic dans le cadre de Balkan Trafic. Très éclectique mais tellement bien !

    J'ai invité mon mari au restaurant pour son anniversaire à la toute dernière minute, genre "Tu fais quelque chose ce midi ?" à 11h30. Je l'ai amené chez un petit Italien, où Cat m'avait emmenée pour mes 60 ans, et il a adoré. Le patron, un peu dingo, les plats qu'on ne choisit pas (le chef décide si toi tu mangeras de la viande ou du poisson), le vin que tu ne choisis pas (pour le coup, il était un peu déconcerté et sur la défensive, difficile pour un homme qui décide tout de se laisser guider). Il avait au départ un lunch avec des copains, moi avec une collègue. Son lunch a été annulé, en trois clics, j'ai annulé le mien, demandé congé l'après-midi et réservé une table. 

    Et last but not least, j'ai envoyé ma demande de mise à la retraite. 

     

  • Année Chutney

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    Dès janvier, j'ai su que cette épidémie chinoise allait nous apporter des ennuis. Je ne sais pas pourquoi. Je n'ai jamais pensé ça avec la grippe aviaire ou Ebola. Mais cette fois-ci oui. Mon anxiété était irrationnelle et très sincèrement j'avais déjà imaginé qu'on ne finirait pas l'année sans perdre quelqu'un. Et, knock on wood, tout le monde est encore à bord, personne n'a fini aux soins intensifs ni même à l'hôpital. Personne n'a perdu ni boulot, ni salaire. Nos mamans sont chez elles et pas en maison de retraite. Franchement, "on" veille sur nous de là-haut, si là-haut existe.

    Mais tout de même quelle année de m…. ! Le télétravail, c'est bien mais à la longue, le contact humain ça manque. C'est bien mais pas avec des petits enfants à gérer en même temps. C'est bien mais les yeux trinquent, le dos aussi.

    Et ne plus embrasser ceux qu'on aime depuis dix mois, c'est très mauvais pour le moral. Ne parlons même pas de ceux qu'on ne peut plus voir.

    Année au goût amer et aigre, donc.

    Mais aussi au goût doux et sucré. Deux bébés en 6 mois de temps. Un deuxième petit bonhomme chez Anaïs et une deuxième petite fille chez Maïté. Que du bonheur. Un mariage masqué mais heureux, même si ramené à sa plus simple expression. Des vacances ensemble, totalement inespérées, loin de tout, mais ensemble. Et puis, nous deux à Venise encore et toujours. On n'y croyait même pas.

    Une fin d'année tristounette avec un Noël au rabais et en catimini et un Nouvel An en tête à tête, bien agréable mais c'est bien parce que l'Homme a tout fait pour balayer la morosité ambiante.