Catégorie : Love affair

  • Et septembre déjà s’enfuit…

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    Vendredi: Ils sont là tous les trois ce soir, sans "pièces rapportées" – je les aime bien, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, "pièces rapportées" est un terme affectueux -. Nous sommes cinq ce soir et cela mérite bien de marquer le coup. Pourquoi pas un petit resto ? Justement, nous n'avons pas encore fêté l'anniversaire de Quentin au resto cette année. Et ce fut une soirée sous le signe du fou rire et de l'amour fou (ben oui, c'est comme ça) !

    Samedi: Encore une journée sous le signe de l'amour. Pas top down mais bottom up cette fois. Une après-midi à la campagne, le temps de tondre tout le jardin avant la saison d'hiver, même si l'automne vient à peine de commencer. Le temps de ramasser quelques pommes, le temps d'arracher quelques mauvaises herbes mais uniquement là où il y a des taches de soleil, le temps de tailler quelques plantes et de perdre le ressort du sécateur fétiche de Papy – qu'il a retrouvé comme une aiguille dans un paquet d'herbe tondue, le temps de repasser le linge de maman – sinon elle va encore mettre des plombes à le faire -, le temps de papotiner un peu avec elle et nous sommes repartis, avec des provisions de vert dans les veines et de bleu dans le coeur.

    Dimanche: Requiem de Brahms avec Mamy. Un concert de toute beauté. Apprendre – parfois je suis vraiment blonde – que tous les requiems, celui de Verdi, de Mozart, de Berlioz, sont tous écrits autour des mêmes paroles. Qu'ils sont la plupart du temps des messes d'enterrement qui commencent avec la prière des morts "Seigneur donnez leur le repos éternel" mais que celui de Brahms met plutôt l'accent sur les vivants "Béni soit leur chagrin – qu'ils en soient soulagés". 

    Lundi: Le nid se vide. Quentin est parti hier soir pour la semaine. Mais je sais qu'il revient le weekend et cela m'aide un peu. Par contre, quand j'ai vu que Maïté vidait petit à petit ses armoires, j'ai réalisé qu'en ce qui la concernait, c'était pour du bon. Elle me parle d'achat d'aspirateur, de fer et de table à repasser. A chaque oiseau qui s'envole, je vais y laisser quelques plumes…. 

    Mardi: Déjeûner avec K. que je n'avais plus vue depuis de longs mois. Et elle raconte tout ce qu'elle vient de vivre de tragique avant de finalement attendre une petite fille pour dans 3 mois. Je réalise avec effroi que l'on peut passer à côté d'événements terribles qui arrivent à ceux que vous aimez mais que vous ne voyez pas tous les jours ou toutes les semaines. Ces amis qui vous sont proches mais que vous ne cotoyez pas aussi ou plus aussi souvent pour qu'ils jugent nécessaire de vous informer des drames qu'ils vivent. Que savons-nous finalement de ceux que nous aimons ?

    Mercredi: On prépare activement l'anniversaire de S. J'ai prêté notre espace pour l'occasion à J. qui a invité une cinquantaine de personnes pour une soirée dansante à l'occasion des 45 ans de son mari. La surprise est toujours bien gardée mais nous avons de plus en plus de mal à ne pas laisser échapper une petite phrase qui vendrait la mèche ou allumerait un soupçon dans l'esprit de cet homme si attentif. Vigilance donc…

    Jeudi: Le jour qu'elle redoutait tant est arrivé: elle part à la retraite. Cette collègue, dont j'ai découvert – ô petitesse du monde – qu'elle était la maman de la meilleure amie de ma fille, ne vient plus travailler depuis 1 an et demi, histoire de se battre vaillamment contre une saloperie de cancer du sein, et cette pré-retraite contrainte et forcée l'a empêchée de terminer en beauté. Elle est donc revenue le dernier jour nous faire ses adieux. Elle était resplendissante et nous a fait un discours émouvant dont quelques paroles m'étaient adressées et m'ont fait chaud au coeur. Je ne suis pas restée en reste et je lui ai lu un discours longuement pensé et préparé. Je deviens d'ailleurs la reine du discours d'adieu au bureau au point que certains passent commande pour leur départ éventuel… Mais je ne peux écrire ces au revoir que si j'ai ressenti quelque chose pour ceux qui partent….

     

  • Un premier baiser et une dernière paire de claques

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    Il y a 35 ans aujourd'hui, j'échangeais mon premier baiser. Curieusement, j'ai pensé "Ah bon, ce n'est que ça ?". Pourtant, si je ne me suis pas pâmée d'émotion, j'en ai bel et bien perdu totalement la notion du temps. Moi qui rentrais toujours à l'heure après l'école, je ne me suis pas manifestée avant 9 heures du soir. Tout le temps de laisser à mes parents de se faire un sang d'encre (je peux imaginer, surtout maintenant que j'ai les mêmes à la maison), de téléphoner à tous les hôpitaux de Bruxelles (je doute un peu qu'ils l'aient fait malgré tout), de laisser un mélange d'angoisse et de colère les envahir. Quand je suis réapparue comme une fleur, sourire aux lèvres, le mélange angoisse-colère cristallisé en une grosse boule d'adrénaline et une pelote de nerfs a explosé en deux bonnes claques. Les dernières.

    Il faut croire que seules les filles ont la mémoire calendrier. J'ai souhaité un bon anniversaire de mariage à ma copine C. il y a une semaine et elle m'a remerciée de l'attention en me précisant que j'étais bien la seule à y avoir pensé. J'aurais mieux fait de m'abstenir. 

    Mais je peux lui dire aujourd'hui qu'elle n'est pas la seule. Si on ne le leur rappelle pas, les hommes oublient ces dates. A moins qu'évidemment, ça ne l'ait pas beaucoup marqué ce premier baiser. Ah, romantisme, quand tu nous tiens… Je me suis jurée de ne pas bouder et de ne rien dire. Mais bon, il mériterait bien une bonne paire de claques !

  • Youpie, il a dit oui !

     

    Il refusait catégoriquement. J'ai tout essayé, rien n'y faisait. Lui, le fana d'Apple, ne voulait rien entendre dès qu'il s'agissait du format "Big". Et puis, la veille de mon anniversaire, il a dit: "j'ai vu une offre pour 3 jours à NY…". Je n'ai même pas répondu parce que ma bouche s'est ouverte et je ne suis pas arrivée à la refermer tout de suite. J'ai dû attendre le lendemain pour reprendre la conversation. Je voulais garder la magie de l'instant, je craignais de rompre l'enchantement en parlant "détails pratiques". Petit bémol, ce sera sans les enfants. Trop cher pour un citytrip qui ne l'enchante pas a priori. On verra a posteriori. Mais c'est un très beau cadeau.

  • Un peu, beaucoup, passionnément….

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    J'ai une relation particulière aux fleurs. Je n'aime pas tant les bouquets que les fleurs solitaires. Non pas une fleur unique à poser dans un solitaire mais les fleurs uniques dans leur variété. Je les préfère dans un jardin ou dans la nature mais comme je n'ai ni jardin ni nature autour de moi, j'aime celles que l'on m'offre – rarement – également.

    Chacune d'elle entretient avec moi une histoire, voire plusieurs histoires particulières. Chacune d'elle m'évoque une branche de ma vie, un pétale de mon coeur.

    Le coquelicot: ma préférée. Fragile, éphémère, délicate, associée à jamais aux champs de blés. Il le savait, il s'est arrêté plusieurs fois entre la mer et Bruxelles pour me ramener à la vitesse du vent, avant qu'il ne se fane, un coquelicot cueilli au bord de la route. Je n'en profitais pas parce que je les séchais immédiatement entre deux dictionnaires pour être sûre de ne pas perdre ce précieux témoignage de son amour, comme si je pouvais protéger de la même manière la permanence de cette idylle naissante. Et j'ai toujours dans un tiroir un de ces petits coquelicots, mon âme….

    L'hortensia: Je connais plein de gens qui trouvent l'hortensia ringard. Moi pas. Il est d'abord associé à ma grand-mère que je n'ai pas connue. Mon grand-père me disait qu'elle en coupait toujours quelques uns dans le jardin qu'elle mettait dans un vase sur l'appui de fenêtre pour honorer la Sainte Vierge le jour de la procession du 15 août qui passait devant sa maison. Puis ce fut – et ce l'est probablement encore – une des fleurs préférées de ma Joséphine qui est tout sauf ringarde et qui du même coup a rendu à l'hortensia ses lettres de noblesse. Si Joséphine les aime, c'est que forcément c'est une fleur on ne peut plus élégante. Enfin, c'est LA fleur de notre jardin en Italie. Tout le long de l'escalier qui menait à l'entrée de la maison, des parterres d'hortensia m'accueillaient tous les soirs de mai à septembre. Une vraie bénédiction. C'est leur image qui sera ma dernière vision de la maison quand nous sommes partis en marche arrière. Pour notre anniversaire de mariage, l'Homme – qui déteste les hortensias – m'a fait le plaisir de m'en offrir deux gros pots. 

    Le lys: L'autre fleur préférée de Joséphine. Offrez-lui des lys blancs pour voir ses grands yeux pétiller. Ce sont aussi les fleurs que Mamy L. offre régulièrement au souvenir de Papy L.

    La pensée: La petite veloutée à mettre sous presse par excellence. Tante Danielle en avait des parterres sublimes. Cette discrète est un modèle de perfection de dessin, de couleurs et de douceur.

    La pivoine: Souvent je l'appelle la bonne grosse pivoine. Elle a un côté joufflu, "fluffy" qui me réjouit. Et ses couleurs me regonflent le coeur.

    L'orchidée: Cette fleur que je n'aimais foncièrement pas et qui s'est imposée à moi par amour. C'est la toute première fleur qu'Il m'a offerte, une seule fleur d'orchidée coupée très court, d'une couleur douteuse, piquée dans un petit vase en plastique très moche. Mais je suis restée éveillée une partie de la nuit à la regarder. Nous entretenons des relations distantes, je la trouve foncièrement belle, surtout les blanches et pourtant hautaine et prétentieuse. Mais c'est la fleur de mon premier et unique amour. 

    La glycine: C'est le premier et le seul arbre que nous nous sommes jamais achetés. Elle nous a charmés sur la terrasse à Turin et nous n'avons pas eu le courage de l'abandonner là-bas. Nous l'avons ramenée à La Glanerie où elle s'est acclimatée à des cieux plus frais et s'épanouit tout en parfums. Mais il faut malheureusement jongler avec les calendriers et les caprices des saisons pour en profiter le temps si court d'un weekend.

    La gueule de loup: Une drôle de petite fleur qui m'a toujours fascinée dans le jardin de Tante Danielle. J'ai joué pendant des heures à mener patiemment mais cruellement des insectes dans la …. gueule du loup.

    La jonquille: La fleur de Pâques. Il n'y en avait que deux-trois dans le fond du jardin à La Glanerie et n'en étaient que plus précieuses. Jusqu'au jour où j'ai passé un séjour linguistique chez Mrs Wright qui cultivait des parterres entiers de "daffodils".

    La lavande: La reine de la Provence, la discrète mais entêtante lavande au parfum totalement inimitable. 

     Et puis, last but not least, à ne pas oublier,… le myosotis. 

  • On me mène en pause

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    Hum, je crois que je comprends ce qui m'arrive. Cela m'est tout d'un coup apparu comme une évidence.

    • Plus aucun régime ne fonctionne. Moi qui ne sais pas nager, je me retrouve affublée d'une petite bouée autour de la taille. Ok, moi qui ne sais pas nager, ça peut me servir si je tombe à l'eau mais quand je travaille ou quand je me promène en ville, je préfère l'enlever, c'est plus seyant. Et bien non, cette bouée semble incrustée à moi plus sûrement qu'une moule à un brise-lames.
    • Le soir, j'ai l'impression, ô cruelle ironie, d'être enceinte de 5 mois.
    • Je ne reconnais plus mon visage, je m'étais préparée aux rides, à l'attraction terrestre (merci mon cher Newton), pas à cet aspect bouffi.
    • La nuit, je visite en rêve tous les saunas de la Finlande et tous les hammams de la Méditerranée. Et même si mes relations avec Morphée se sont améliorées, ce n'est pas non plus comme si on était devenus les meilleurs amis du monde.  
    • J'ai le moral dans les chaussettes et même si je stimule quotidiennement mes zygomatiques, le coeur n'y est pas vraiment.

    Bon Dieu, mais c'est bien sûr…! C'est elle la coupable. C'est la pause midi. La mise en faillite de ma petite entreprise (artisanat de bébés – pièces uniques). Liquidation totale avant fermeture définitive. Fin de stock.

    Ce serait plus simple si on pouvait fermer, glisser la clé sous le paillasson et passer à autre chose. Mais non, il faut en passer par là.

    Il parait que ça peut durer de 5 à 10 ans. Je sens que ça ne va pas être possible. Il me faut absolument passer à la contre-attaque.

     

     

     

     

  • Mon beau sapin

     

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    Ces dernières années, le montage du sapin a perdu tout son charme. L'Homme me gâche tout le plaisir. Déjà, il retarde toujours le moment de le monter (tout comme le moment de le démonter d'ailleurs, bientôt on attendra Pâques pour le ranger). Et je piaffe d'impatience parce que pour moi, la magie de Noël c'est avant Noël et un peu après, mais plus vraiment après le Nouvel An.

    Ensuite, il est LE spécialiste du sapin, moi je suis assistante, petite main. C'est lui qui monte le sapin artificiel, branche après branche. Moi, je veux aider mais je ne fais jamais les choses comme il faut. Il faut déplier les branches comme ceci et pas comme cela. Puis il s'agit d'installer les circuits lumineux. Les circuits non colorés vinrent à manquer et donc l'Homme s'est mis en chasse. L'ennui, c'est qu'en ces temps plus green que green, on ne trouve plus sur le marché que des circuits LED dont la lumière lave plus blanc que blanc. Il les a installés en mon absence et quand je suis rentrée, j'ai été terriblement éblouie au point de ne pas pouvoir le regarder en face (le sapin, pas l'Homme). Comme j'ai osé donner mon avis en la matière ("Vous ne trouvez pas que c'est un peu éblouissant ces nouveaux circuits ?"), l'Homme, soutenu par le petit d'Homme, m'a traitée de manipulatrice. "Il eût été plus simple de dire franchement que tu n'aimes pas cette lumière". Ben oui, c'est ce que je voulais dire mais je mets les formules de politesse, je ne manipule pas. Enfin bon, j'ai soi-disant obtenu ce que je voulais puisqu'il a enlevé tous les circuits et recommencé en glissant les LED plus profondément dans le sapin afin d'en atténuer l'impact. 

    Après cela, il faut encore patienter 24 heures avant d'accrocher les boules. Oh bien sûr, je pourrais garnir le sapin moi-même. Mais non, il préfère que je ne monte pas sur l'échelle et je passe les petites boules (pas les grosses, les grosses sont pour le bas) comme une infirmière passe le scalpel au grand chirurgien en salle d'op. Anaïs, elle aussi, aime garnir le sapin. Mais comme moi, elle doit ronger son frein. On peut démarrer l'accrochage à hauteur d'homme, enfin de femme. Mais là encore, il passe derrière nous et modifie une boule ou l'autre qu'il considère mal placée. 

    Là, franchement, c'est moi qui ai les boules et je ne parviens plus à m'émerveiller devant le beau sapin fini, ce qui tout de même devrait être le but recherché, non ?

    Magie de Noël, vous disiez ? 

  • Comment gâcher une journée de vacances ?

    Commencez
    si possible dès le petit déjeuner. Prenez le premier prétexte venu pour vous
    énerver. Par exemple, contestez une remarque anodine de votre mari sur le code
    de la route. Discutaillez sur l’importance de l’infraction entre rouler en
    permanence sur la bande du milieu ou dépasser par la droite. Piquez une colère
    parce que vous ne supportez soudain plus les “Mais je te dis que…” exaspérés du
    mari. C’est un
    bon début, le mari boude et lit sur son lit. Descendez zapper sur les 3-4
    chaînes portugaises et hésitez en permanence entre la messe du dimanche
    retransmise depuis une église à deux pas d’ici et la finale de beach volley
    Portugal-Brésil également à deux pas d’ici.

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    Si vous
    êtes le mari boudeur, faites bouillir les marmonnements sous couvert de
    lecture; prenez ombrage de l’éternité passée par vos deux filles dans la salle
    de bains et décidez que le petit maraîcher du coin ferme à midi puisque c’est
    dimanche. Et puisqu’elles ont mis les parents en retard, décrétez qu’elles
    iront elles-mêmes approvisionner la famille en fruits et légumes et surtout
    surtout en pain. Parce que rien n’est plus en rogne qu’un homme sans pain.
    Lorsque vos filles se décident enfin à descendre sur la place du village,
    décrétez qu’elles sont incapables de choisir des fruits et des légumes
    correctement. Allez-y vous-même. Mettez ainsi dans l’embarras votre fille aînée
    qui comptait utiliser cette pseudo-obligation pour acheter des cigarettes après
    deux jours de sevrage (ce qui ajoute à l’ambiance générale !).

    Déjeunez
    rapidement et sans enthousiasme. Evitez surtout d’échanger quelques mots
    agréables.

    Décidez-vous
    enfin à une petite activité touristique d’après-midi. Perdez-vous un peu en
    cours de route. Même madame GPS fait tout pour pourrir l’ambiance. Arrivés à la
    billeterie d’un château à visiter, décrétez que la culture devrait être
    gratuite pour tous et que vous n’allez pas payer pour cela. Mais que ceux qui
    veulent y aller peuvent y aller.

    Si vous
    faites partie de ceux qui veulent y aller, dites-le mais sacrifiez-vous, ça
    fait partie du scenario, sinon vous ne pourrez pas râler.

    Revenus au
    village plus bas, qui se visite gratuit lui, faites une légère remarque
    désagréable pour que le mari parte du côté opposé. Suivez-le après quelques
    instants, dépassez-le et ne vous arrêtez pas quand il vous demande ce qui ne va
    pas.  Le plaisir ne serait plus le
    même. Avancez d’un bon pas, puis errez un peu.  Au bout d’un moment, optez pour un retour vers la voiture si
    vous constatez que personne ne vous a suivie.

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    Retrouvez
    vos enfants à un carrefour qui ont maintenant perdu leur père. Continuez ce jeu
    de l’oie jusqu’au retour à la case départ. 

    Inversez
    les rôles. Prenez la chambre et le lit en ôtage et un bon bouquin. Il prendra
    la télé et la zappette. Laissez les enfants préparer le dîner. Passez à table.
    Mangez sans appétit. Ne vous laissez pas attendrir par les enfants
    médiateurs, casques bleus
    exemplaires. Quittez la table et retirez-vous dans vos boudoirs respectifs. 

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    Si vous
    êtes décidée à mettre un terme à ce jeu-là, prenez la porte et tentez de
    trouver le chemin de la plage. Il y a gros à parier qu’après dix minutes, il
    prendra la voiture et vous cherchera …. sur le chemin de la plage. Il est trop
    tard pour le coucher du soleil mais le ciel est encore légèrement rose. Le
    sable est froid sous les pieds. Le vent est tombé. Dans ses bras, il fait bon.

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  • Tango

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    Il y a un quart de siècle, nous avons ouvert le bal sur une valse. Que serà serà de Doris Day. On avait choisi cette chanson à dessein. On avait beau s'être engagés officiellement et solennellement devant tout le monde, on ne voulait pas se jurer que tout se passerait pour le meilleur et dans le meilleur des mondes. On ferait tout pour, d'accord, mais whatever will be will be.

    Et 25 ans plus tard, on est toujours là, tous les deux sur la piste. Et on danse, comme on l'a toujours fait. Notre vie à deux est une valse, une valse à deux temps, à trois, quatre puis cinq temps, une valse à t'as mis le temps. C'est aussi une vie très rock and roll, quand on est In the Mood. Mais surtout surtout, notre vie à deux est un tango.

    Le tango se danse à deux. C'est une danse d'improvisation, au sens où les pas ne sont pas prévus à l'avance pour êtres répétés séquentiellement, mais où les deux partenaires marchent ensemble dans une direction impromptu à chaque instant, choisi par le guideur, mais dont l'énergie est également influencée par les deux partenaires. Un partenaire (traditionnellement l'homme) guide l'autre, qui suit en laissant aller naturellement son poids dans la marche, sans chercher à deviner les pas. (Wikipedia)

    C'est tout à fait ça. On danse à deux mais on improvise. On marche ensemble mais sans trop savoir où va l'autre; on devine, on finit par connaitre l'orientation générale mais on est encore surpris par les raccourcis ou les détours pris par l'autre. La plupart du temps, c'est lui qui guide. Mais on ne va nulle part si je freine des quatre fers. Je ne suis que si j'ai envie de suivre, ou si cela ne me dérange pas plus que cela. L'énergie du mouvement est on ne peut plus clairement influencée par les deux. Souvent, je le suis sans chercher à deviner où ses pas m'entraînent, je sais intuitivement que ce sera bien.

    C'est une danse fougueuse et enflammée. Danseurs fusionnels et passionnés. Une danse qui vient du pays de la Terre de feu. Normal, je suis capricorne, signe de terre, il est bélier, signe de feu.

    25 ans, noces d'Argentine.

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  • Antin’hommie

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    Pas toujours facile de vivre avec un homme parfait. Je ne parle pas d’un mari parfait, contrairement à ce que disent toutes mes copines, non, je parle d’un homme parfait. C’est-à-dire un homme qui sait tout faire (d’accord, c’est une des composantes du mari parfait), qui sait qu’il sait tout faire et qui est persuadé qu’il le fait mieux que personne.

    Au quotidien, c’est épuisant. Parce que je fais tout le contraire de ce qu’il fait. Et bien sûr, c’est moi qui ai tout faux. Il nettoie les carottes en commençant par les éplucher puis il coupe les deux bouts. Moi, je coupe les deux bouts puis j’épluche. Il privilégie le fouet, j’affectionne la cuillère en bois. Il boit le café long et corsé, je le préfère court et léger. J’aime le train, l’avion, le bateau, il ne jure que par la voiture et la Vespa. Il aime les films d’action et de suspense, j’aime les comédies et les études de société. Il est sensible aux matières, je prête plus attention aux coupes. Il aime les grands chantiers, je préfère les petits travaux. Et ainsi de suite.
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    Dans ce contexte, c’est vrai, les carottes, au final, on arrive au même résultat. Le café, après tout, chacun le boit comme il veut. Mais il ne « comprend pas mon engouement pour la cuillère en bois, enfin, le fouet c’est quand même mieux, regarde… », on ne prend l’avion ou le bateau que si l’on est obligé de traverser la mer mais si on peut éviter d’aller se mouiller si loin, c’est mieux. Certains soirs, c’est ma fête, et j’ai droit à une comédie, vraie concession. S’il m’accompagne en shopping, je ferai abstraction de la coupe de l’un ou l’autre vêtement pour céder au plaisir de la matière. Les grands chantiers, c’est bien, mais ça ne s’entame que quand on a vraiment du temps, càd pas souvent, voire jamais.
    Et comme moi, j’ai fait toute ma scolarité sur le rythme « Peut mieux faire », je suis forcément toujours trois pas en retrait derrière un homme qui fait le mieux du mieux. Et si on l’écoutait, je suis sûre qu’il trouve un goût légèrement meilleur aux carottes nettoyées à sa façon et une saveur plus onctueuse à une sauce battue au fouet qu’à la cuillère en bois.
    Un peu d’auton’hommie me ferait le plus grand bien…
  • Automn’Homme

    Quand il était petit, les premiers mots qu'a dû prononcer cet homme-là ont certainement été: "Ma pas petit, ma tout seul !". Je n'ai jamais rencontré d'homme (ni de femme) aussi farouchement autonome. Et l'état de dépendance où l'a mis ce stupide accident de very bad minton met en lumière aveuglante sa plus grande faiblesse, son talon d'Achille (excusez-moi, je n'ai pas pu résister): son incapacité à accepter cette dépendance, même temporaire.

    Il enrage et tout le met en colère. Il ne fait pas bon être ses filles, étudiantes, et donc à temps partiel à la maison. Leurs allées et venues sont sous haute surveillance, la vie cool des enfants dont les deux parents travaillent et qui ne sont pas en permanence sur leur dos est un vieux souvenir, la liberté de mouvement, un ancien concept.

    Il enrage et peste contre tout. Tout ce qui n'est pas rangé sur le champ fait l'objet de remarques désagréables et la moindre chose qui traîne et qu'il aurait ignoré, il y a deux semaines, il prend un malin plaisir à la ramasser ou la déplacer en faisant des figures de cirque en béquilles au risque de se la casser (la figure).

    Il enrage, ne remercie pas pour les petits cafés que ses filles lui apportent à chaque fois qu'elles osent mettre le nez dans la cuisine mais rumine pour tous les petits cafés qu'on ne lui apporte pas. Forcément, les filles passent chacune à 20 minutes d'intervalle et puis ne reviennent plus avant deux heures. Le service infirmière à domicile ne suit pas bien.

    Pas le pied pour un homme actif et particulièrement indépendant de se retrouver prisonnier sur un pied et obligé de lever le pied.

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