Alors, c'était pas le Pérou, c'est sûr. On nous avait dit "Vous allez A-DO-RER !". Et en fait, non, on a juste BIEN-AI-ME. Mais une petite overdose d'arnaques et de gentils coups bas ont eu raison d'un enthousiasme probablement exacerbé.
Trop de chaud-froid peut-être: entre esthétisme et désolation, entre zéro analphabètes et liberté d'expression plus que réduite, entre système de santé gratuit et accès limité à l'eau potable, c'est un pays de contrastes à tous les niveaux.
Oui l'architecture cubaine est magnifique, qu'elle soit coloniale, art déco ou classique, à La Havane ou à Trinidad, les patios, les balcons, les portes sont autant de plaisir pour l'oeil. Et puis, au détour d'une rue, ou vu du bar de la terrasse d'un hôtel luxueux, la désolation d'une ville qui tombe en ruines, un petit air de Beyrouth après la guerre et plus que tout, savoir que ces ruines sont habitées par un grand nombre de personnes.
Oui les belles américaines dont les couleurs me rappellent tellement les voitures des manèges de mon enfance et sur lesquelles tout le monde s'extasie – à raison – sont rutilantes mais elles ne sont en fait que le résultat de l'ingéniosité des Cubains pour maintenir en état les seules voitures qui pouvaient être importées jusqu'à récemment si on tient compte des petites Made in China autorisées depuis peu.
Oui, les Cubains sont chaleureux et nous avons fait de très belles rencontres, dans les casas particulares (chambres d'hôtes), dans la rue, en prenant en auto-stop les innombrables infatigables marcheurs en mal de transport en commun. Mais quand l'ouverture à l'autre et la générosité légendaires deviennent un subterfuge pour faire des pigeons voyageurs des voyageurs pigeons, je ris jaune, la moutarde me monte au nez puis je tourne au vinaigre.
Ceci dit, une fois rentrés à la maison, on relativise, on se dit que la prochaine fois, on prendra les choses moins au sérieux, on aura appris, on sera plus méfiants prudents et bientôt on en rira.
On ne gardera en mémoire que les bons moments ensemble pendant 15 jours, 24 heures sur 24, à pied, en voiture, dans des chambres toutes drapées de satin mauve ou rose fuchsia, assis sur des bancs à contempler les lieux, autour d'un verre de daïquiri frappé ou de cuba libre.
Et on ne regrette pas d'avoir cédé au mythe.





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