Catégorie : Cordon ombrellical

  • L’immense chance….

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    J'ai pris congé vendredi dernier. L'homme est parti travailler et moi j'avais rendez-vous à 10 heures chez le coiffeur. J'avais deux heures à passer seule à la maison. Je ne suis jamais seule à la maison ou alors très rarement. Je cherchais une paire de ciseaux et j'ai poussé la porte de la chambre de ma fille. Et un seau de larmes m'est tombé sur la tête. Je sais pertinemment bien qu'elle s'en va, que le 1 novembre elle déménage définitivement, mais quand j'ai vu les caisses remplies, la bibliothèque à moitié vide, les petits trésors accumulés pendant l'enfance et l'adolescence triés entre "je prends", "je jette", "je donne", une grosse bouffée de chagrin inconsolable m'a pris le coeur. 

    Pour arrêter tout de suite cet apitoiement insupportable, je me suis donnée une bonne claque mentale. J'ai pensé à ceux qui n'ont pas d'enfants à pousser hors du nid, ou pire encore à ceux qui ont perdu leur enfant d'une manière ou d'une autre. Mes enfants s'en vont certes, mais ils sont heureux, en pleine santé et pleins d'avenir. Et j'ai pensé à l'immense chance que j'ai.

    Nous sommes allés samedi fêter les soixante ans d'une amie. Elle a pris la parole pour remercier tous ses amis d'être là autour d'elle pour passer le cap de la soixantaine et elle nous a rappelé que le jour de la fête de ses 50 ans, il y avait près d'elle une petite fille qui aimait aussi beaucoup parler dans un micro. Que malheureusement aujourd'hui, elle n'était plus là. Et j'ai repensé à l'immense chance que j'ai.

    J'ai passé la soirée à côté d'un vieux monsieur de 92 ans, absolument charmant. Il nous a regardés valser et danser à plusieurs reprises et m'a murmuré à mon retour à côté de lui : "Comme je vous envie, madame ! Dansez tant que vous pouvez". Et j'ai repensé à l'immense chance que j'ai.

  • Et septembre déjà s’enfuit…

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    Vendredi: Ils sont là tous les trois ce soir, sans "pièces rapportées" – je les aime bien, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, "pièces rapportées" est un terme affectueux -. Nous sommes cinq ce soir et cela mérite bien de marquer le coup. Pourquoi pas un petit resto ? Justement, nous n'avons pas encore fêté l'anniversaire de Quentin au resto cette année. Et ce fut une soirée sous le signe du fou rire et de l'amour fou (ben oui, c'est comme ça) !

    Samedi: Encore une journée sous le signe de l'amour. Pas top down mais bottom up cette fois. Une après-midi à la campagne, le temps de tondre tout le jardin avant la saison d'hiver, même si l'automne vient à peine de commencer. Le temps de ramasser quelques pommes, le temps d'arracher quelques mauvaises herbes mais uniquement là où il y a des taches de soleil, le temps de tailler quelques plantes et de perdre le ressort du sécateur fétiche de Papy – qu'il a retrouvé comme une aiguille dans un paquet d'herbe tondue, le temps de repasser le linge de maman – sinon elle va encore mettre des plombes à le faire -, le temps de papotiner un peu avec elle et nous sommes repartis, avec des provisions de vert dans les veines et de bleu dans le coeur.

    Dimanche: Requiem de Brahms avec Mamy. Un concert de toute beauté. Apprendre – parfois je suis vraiment blonde – que tous les requiems, celui de Verdi, de Mozart, de Berlioz, sont tous écrits autour des mêmes paroles. Qu'ils sont la plupart du temps des messes d'enterrement qui commencent avec la prière des morts "Seigneur donnez leur le repos éternel" mais que celui de Brahms met plutôt l'accent sur les vivants "Béni soit leur chagrin – qu'ils en soient soulagés". 

    Lundi: Le nid se vide. Quentin est parti hier soir pour la semaine. Mais je sais qu'il revient le weekend et cela m'aide un peu. Par contre, quand j'ai vu que Maïté vidait petit à petit ses armoires, j'ai réalisé qu'en ce qui la concernait, c'était pour du bon. Elle me parle d'achat d'aspirateur, de fer et de table à repasser. A chaque oiseau qui s'envole, je vais y laisser quelques plumes…. 

    Mardi: Déjeûner avec K. que je n'avais plus vue depuis de longs mois. Et elle raconte tout ce qu'elle vient de vivre de tragique avant de finalement attendre une petite fille pour dans 3 mois. Je réalise avec effroi que l'on peut passer à côté d'événements terribles qui arrivent à ceux que vous aimez mais que vous ne voyez pas tous les jours ou toutes les semaines. Ces amis qui vous sont proches mais que vous ne cotoyez pas aussi ou plus aussi souvent pour qu'ils jugent nécessaire de vous informer des drames qu'ils vivent. Que savons-nous finalement de ceux que nous aimons ?

    Mercredi: On prépare activement l'anniversaire de S. J'ai prêté notre espace pour l'occasion à J. qui a invité une cinquantaine de personnes pour une soirée dansante à l'occasion des 45 ans de son mari. La surprise est toujours bien gardée mais nous avons de plus en plus de mal à ne pas laisser échapper une petite phrase qui vendrait la mèche ou allumerait un soupçon dans l'esprit de cet homme si attentif. Vigilance donc…

    Jeudi: Le jour qu'elle redoutait tant est arrivé: elle part à la retraite. Cette collègue, dont j'ai découvert – ô petitesse du monde – qu'elle était la maman de la meilleure amie de ma fille, ne vient plus travailler depuis 1 an et demi, histoire de se battre vaillamment contre une saloperie de cancer du sein, et cette pré-retraite contrainte et forcée l'a empêchée de terminer en beauté. Elle est donc revenue le dernier jour nous faire ses adieux. Elle était resplendissante et nous a fait un discours émouvant dont quelques paroles m'étaient adressées et m'ont fait chaud au coeur. Je ne suis pas restée en reste et je lui ai lu un discours longuement pensé et préparé. Je deviens d'ailleurs la reine du discours d'adieu au bureau au point que certains passent commande pour leur départ éventuel… Mais je ne peux écrire ces au revoir que si j'ai ressenti quelque chose pour ceux qui partent….

     

  • Kill bile !

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    Cette semaine tant appréhendée est enfin passée.

    Mercredi: Une des filles opérées – rien de grave mais anesthésie générale quand même -. Le soir même, elle nous appelle alors qu'on se gare devant l'hôpital: "Alors c'est quand que vous venez me chercher ?". Il n'était même pas prévu qu'elle sorte le jour même mais bon puisqu'elle récupère aussi vite, le médecin est d'accord. Ca me donne un peu du coeur au ventre pour vendredi.

    Jeudi: Quentin passe en deuxième mais il n'aura pas réussi à se débarrasser de ses maths. C'est ce qu'on appelle en Belgique une réussite article 79 càd une réussite partielle. Il peut donc passer en deuxième mais ses résultats de deuxième ne seront délibérés si et seulement si il réussit ces satanées maths ! En clair, une sérieuse épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Parce que s'il rate, il n'aura pas perdu 2 ans mais 3. Il y a des stratégies à mettre en place !

    Vendredi: Bon, allez, on y va. Je suis prévue à 13 heures mais je dois me présenter à 9 heures déjà. Un deux petits X*anax pour la route et à 10 heures on m'embarque déjà. J'ai encore le temps de voir l'anesthésiste et le médecin et puis plus rien. Ils ont travaillé comme des chefs, je n'ai rien senti, je me suis réveillée comme dans mon lit, pas malade, rien.  Sauf que je me suis rendormie aussi sec. J'ai fait plusieurs sommes de plomb entrecoupés de semi-conversations un peu décousues avec mon infirmière personnelle près de moi pendant toute l'après-midi, ma petite maman qui reprend du service et qui fait ça à merveille. Je n'aurais voulu personne d'autre, elle est parfaite. 

    Samedi: Le médecin est passé très tôt, m'a délivré un permis de tout manger et de sortie. En prime, un certificat d'absence maladie pour une semaine. L'homme est venu me chercher très vite. J'ai tout de même passé la journée au lit, encore à moitié assommée.

    Dimanche: Un peu présomptueuse, j'ai commencé à ranger la cave. Au bout d'une heure, j'ai repris le chemin qui mène sous la couette. Point trop n'en faut.

    Lundi, c'est le chat qu'on a emmené chez le vétérinaire, il s'arrache les poils par touffes et se mord à sang. Verdict: il est anxieux ce matou. C'est la faute de l'Homme qui lui mène une vie d'enfer ! Nous voilà réduits à acheter des anxiolytiques pour chat. Encore heureux qu'on ne nous demande pas d'aller chez le psy-chat-re avec lui !

    Ouf, elle est passée cette semaine de ouf ! A partir de maintenant, plus la peine de se faire de bile, je ne sais plus où la stocker.

     

  • Rentrée solaire mais solitaire

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    Il fait splendide pour cette rentrée scolaire, le soleil brille, la lumière est magnifique, la température douce. 

    Et pourtant le coeur n'y est pas. Bien sûr, la semaine qui s'annonce n'est pas de type "long fleuve tranquille". Je n'ai pas envie de me faire opérer, on le sait déjà mais plus la date approche plus j'angoisse. A tort, je sais mais ça ne se raisonne pas vraiment ces sentiments-là. Bien sûr, on attend les résultats de Quentin, et on est dans le scenario "ça passe ou ça casse", donc la pression est lourde. Bien sûr, bien sûr…

    Mais à l'inquiétude passagère s'est substituée la nostalgie. Voir Clara rentrer à la grande école m'a ramenée une quinzaine d'années en arrière et le bourdon m'a tournée bruyamment autour.

    Où sont passées ces belles années où j'étais la maman d'un lapin, d'un castor et d'un écureuil selon l'âge et la classe où j'allais les conduire le matin ? Où donc s'est enfui le temps des "dix-heures", ces collations qu'on achetait avec tendresse pour glisser chaque soir dans le cartable pour le lendemain ? Où sont les petites mains nichées dans la grande main ? Fini les achats groupés de crayons, gommes, cahiers, tubes de colle. Fini les étiquettes au nom de chaque enfant à coller sur tout et n'importe quoi. Fini les battues à travers toute l'école pour retrouver un sac de gym, une veste, des moufles, un bonnet. Fini les fêtes d'école désorganisées mais bon enfant. 

    Ce temps est révolu. Mieux encore, le moment est bientôt venu de quitter carrément le nid. Je n'en reviens pas que le temps se soit envolé si vite. 

  • Echec et maths

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    C'est le billet dans l'air du temps chez les mamans bloggueuses qui ont des enfants aux études. Le mois de juin n'a définitivement pas la cote. C'est le mois des examens, du blocus qui épuise l'énergie, la résistance et les nerfs tant des étudiants que des parents. Rien ne vient alléger cette lourdeur dans l'air. 

    D'accord, tout n'est pas noir. Chaque examen réussi ramène un sourire et un soulagement notoire à la maison mais pour une courte durée. Le temps de manger un petit bout et c'est reparti pour l'examen suivant. Lorsque le résultat est plus douteux, les larmes affleurent pour les unes et le sourire absent pour les autres et la remise en route est plus pénible. 

    Parfois le stress les amène à perdre complètement les pédales. Chaque année, nous sommes appelés à la rescousse en grande catastrophe pour l'une qui s'est perdue et tourne comme une poule sans tête dans un dédale de rues à la recherche de l'adresse où elle doit se présenter pour un examen d'entrée, pour l'autre qui a perdu sa carte d'étudiante et qui doit absolument l'avoir pour présenter l'examen deux heures plus tard. 

    Cette année, le stress s'est manifesté la nuit. Nous avions justement un invité à la maison qui venait de débarquer à minuit. Après un accueil sommaire, vu l'heure tardive, nous avons tous rejoint nos plumes. A une heure et demie du matin, je me réveille en sursaut: bruit d'eau et d'extracteur dans la douche, lumière dans la cuisine. Mais qui donc prend une douche à une heure et demie du matin ?! Je fulmine et maudis déjà le nouveau venu dans la maison. "Il ne va tout de même pas commencer à prendre des douches pendant la nuit, juste en-dessous de ma chambre ??". Je n'ose pas pourtant descendre remonter les bretelles (au sens figuré, de toute évidence) au monsieur Propre indélicat. Mais j'envoie un sms en pleine nuit à ma fille dont c'est quand même l'invité – "Qui prend une douche à cette heure ??". Pas de réponse. J'entends maintenant distinctement que l'odieux se lave les dents. Tout sauf discret. Au bout de cinq minutes, ma fille, enfin réveillée, vient frapper à la porte de la douche "Ca ne va pas de prendre des douches à des heures pareilles ? Les parents dorment !". 

    Et c'est là que j'ai compris que je m'étais trompée sur la personne du douché. Je me suis levée comme une bombe quand j'ai compris que c'était Quentin qui, complètement stressé par l'examen de maths du jour, s'était levé à une heure du matin, fermement convaincu qu'il était six heures, qu'il avait pris son petit déjeuner, s'était douché, fin prêt pour partir. Quand il a réalisé sa méprise, il s'est effondré. Allez vous recoucher pour trois heures de sommeil après cela ! Et bien sûr, l'examen a été un échec. Pour lui, cet échec est lourd de conséquences, il met un terme à son projet de tour de France à vélo avec deux copains. Et j'en suis vraiment désolée. 

     

     Crédit photo: http://www.mysteres-datelier.be/carnet-croq-moi/le-jour-sest-leve/

     

  • Moins vite

     

    Pour Sis'Cile (après le concert de Bénabar hier soir, à la fois tendre et énergique, comme on aime quoi), pour Célestine, pour mes trois ex-schtroumpfs et pour toutes les nostalgiques des dents de lait, des cailloux au fond des poches et des moufles qui tombent des manches…..)

    Bon d'accord vous savez marcher, Clopin clopan d'abord vous avancez, Rien que le temps de le dire, Vous savez déjà courir, Nan ne vous dépêchez pas surtout, De faire deux têtes de plus que nous,Trouvez encore qu'on est super fort, Quand on ouvre un pot de confiture,

    Moins vite, Trainez en chemin qu'on en profite, Moins vite, Laissez dans nos mains vos mains si petites, Deux précieux cailloux au fond des poches, Et par-dessus tout les moufles qui pendent des manches, Moins vite,

    Ok ok ok vous savez manger, On va pas en faire tout un plat de cette purée, Les biberons n'sont pas encore secs, Qu'on sort déjà la cuillère en plastique, Ces petits vêtements beaucoup trop grands, Ils ne vous vont plus depuis longtemps, On vous dépose à la crèche un matin, Qu'on vous récupère en CM1,

    Moins vite, Trainez en chemin qu'on en profite, Moins vite, Laissez dans nos mains vos mains si petites, Deux précieux cailloux au fond des poches, Et par-dessus tout les moufles qui pendent des manches,

    Voilà voilà voilà vous savez parler, Même si le vocabulaire laisse à désirer, Vos phrases tagada j'admets, Qu'on ne les corrige qu'à regret, ça pour dessiner ça ça dessine, Patientez qu'le temps lentement patine, Qu'ils sèchent le feutre sur les murs, Avant d'écrire vos noms sans ratures

    Moins vite, Trainez en chemin qu'on en profite, Moins vite, Laissez dans nos mains vos mains si petites, Deux précieux cailloux au fond des poches, Et par-dessus tout les moufles qui pendent des manches,

    Moins vite

  • Maxwell coffee-loving bear

    Je l'ai retrouvé 🙂 Internet est un trésor….

    Ici et là:

     

    Je n'ai qu'une envie. Le racheter.

  • Chant de l’heure nocturne

    Cute-kawaii-stuff-epicute-sleepytime-breakfast

    Cette nuit, j'ai:

    – préparé toutes les quatre vérités que j'allais dire à tous ceux qui me fâchent

    – j'ai fait l'inventaire de toutes mes tâches professionnelles du lendemain

    – j'ai élucubré sur les raisons des multiples sirènes de police ou ambulance passant sous mes fenêtres. A chaque fois, bien sûr, ce ne pouvait être qu'une catastrophe arrivée à ma fille aînée pas encore rentrée. Et bien sûr, il ne lui arrive quelque chose qu'au moment où elle est à 100 mètres de la maison. Ou alors, ils me la ramènent en ambulance, plus rapide que le taxi.

    – j'ai organisé toute une série d'enterrements. C'est la suite logique du point plus haut mais j'étends le drame comme une tâche d'huile.

    – je me suis retournée comme une crèpe un nombre incroyable de fois, probablement autant de fois que l'on prévoyait de crèpes le lendemain.

    – j'ai regardé chaque heure passer, chaque demi-heure s'égrener, chaque quart d'heure s'écouler, j'ai fermé les yeux mais les paupières internes restaient grand ouvertes.

    – j'ai envoyé des sms à 00h40, 00h44, 01h25, 03h30, j'ai appelé à 03h35. Elle m'a dit "je suis là dans une heure". Alors forcément…

    J'avais promis de lâcher prise et en général j'y arrive. Mais voilà, il y avait -10° dehors et l'Homme avait fait allusion dans la soirée au danger potentiel de l'alcool par temps froid, un verre de trop, une chute, un froid polaire et ciao…. Non pas qu'elle était partie pour une folle soirée d'ébriété, juste une soirée prolongée chez une copine. Mais le cerveau des mamans est une espèce de magma bouillonnant complètement incontrôlable.

  • Ils étaient trois petits enfants…

     

    …. qui ne voulaient pas grandir un jour par an. Un seul jour. 

    Un seul jour en décembre, ils demandent à redevenir petits. Ils ont aujourd'hui 24, 22 et 20 ans mais n'imaginent même pas qu'on puisse arrêter cette tradition au pied de la cheminée. Oh bien sûr, ils ne préparent plus un petit plateau avec une tasse de café, quelques biscuits pour le grand Saint et un bol d'eau et quelques carottes pour sa monture. Bien sûr, ils ne se lèvent plus le matin du grand jour, tout excités par l'attente de toute une nuit. Encore que…. 

    Mais le plaisir est toujours au rendez-vous. Pour eux. Pour nous. Un mois avant, je note mes idées glanées au fur et à mesure de conversations entendues, de listes de souhaits, j'achète ici quelques jolis bols pour la cuisine de celle qui s'installe doucement, un pull pour chacun, une crème pour l'une, un brillant à lèvres pour l'autre, la première eau de toilette pour le dernier. L'homme est responsable de l'achat des St Nicolas en speculoos grand format. Un jeu de dames et un tavli. Les pièces en or n'ont plus cours et les mandarines ont également disparu du tableau. Les macarons ont remplacé les sujets en massepain. Et je suis toujours aussi étonnée de les voir heureux de leurs présents.

    Et cette année, comme l'année dernière, les parents ont aussi été gâtés par les trois petits enfants. Marrons glacés et, comme si on s'était donné le mot, des macarons….

    Cette St Nicolas de "grands" est en quelque sorte notre Noël à nous cinq. Ce sera d'autant plus vrai au fil du temps puisqu'un jour ou l'autre, ils ne seront plus là le soir du 24 décembre, belles-familles obligent. 

  • L’élasticité du cordon

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    Il fut un temps pas si lointain où l'une de mes soeurs me faisait remarquer que si mes enfants ne quittaient pas le nid, c'était principalement dû au fait que je ne les laissais pas partir. Ou pour être plus juste, que tout mon langage corporel leur disait "Si vous partez, je serai siiii malheureuse !". (Dans la série "langage corporel", une petite vidéo de fin de vacances filmée par Maïté où je dis, des larmes plein les yeux: "J'ai passé de très belles vacances, j'ai profité de chaque instant parce que c'était certainement les dernières !".). Un petit peu vexée, je n'en ai pas moins introspecté mon moi-même et j'ai bien dû reconnaître qu'elle avait raison sur les puissants décibels de mes non-dits. Par contre, je ne suis pas si sûre que ce soit la raison profonde de leur attachement au nid. Je crois surtout que le confort du nid – dans tous les sens du terme – joue un bien plus grand rôle. Mais tout cela n'est pas l'objet de mon billet du jour.

    Non, la grande nouveauté de cette année, c'est le départ d'Anaïs. Oh, pas bien loin. Elle émigre au….. 5ème étage. Quand je pense que parmi vous, certains enfants sont partis dans un autre pays ou encore quand je pense à une de mes copines qui m'a annoncé que son fils partait en Nouvelle-Calédonie, je ne peux pas franchement dire qu'Anaïs ait coupé le cordon ombilical. Disons plutôt qu'on a testé l'élasticité du cordon.

    La formule nous convient bien à toutes les deux. Et sans doute aussi aux trois autres membres du clan. Elle a son chez elle, travaille pour le financer en partie, mais partage encore nos repas. Elle s'est meublée de 3 fois rien, un divan-lit prêté par des amis, une table de cuisine glanée chez une grand-mère, des verres offerts par l'autre grand-mère, une étagère récupérée chez nous.

    Aujourd'hui, ce qui me manque le plus, peut-être, c'est de les entendre rire ensemble dans la chambre commune. Ce n'est pas non plus que cela arrivait tous les jours, loin s'en faut, mais tout de même, c'est un petit rien qui comptait beaucoup.