J'ai pris congé vendredi dernier. L'homme est parti travailler et moi j'avais rendez-vous à 10 heures chez le coiffeur. J'avais deux heures à passer seule à la maison. Je ne suis jamais seule à la maison ou alors très rarement. Je cherchais une paire de ciseaux et j'ai poussé la porte de la chambre de ma fille. Et un seau de larmes m'est tombé sur la tête. Je sais pertinemment bien qu'elle s'en va, que le 1 novembre elle déménage définitivement, mais quand j'ai vu les caisses remplies, la bibliothèque à moitié vide, les petits trésors accumulés pendant l'enfance et l'adolescence triés entre "je prends", "je jette", "je donne", une grosse bouffée de chagrin inconsolable m'a pris le coeur.
Pour arrêter tout de suite cet apitoiement insupportable, je me suis donnée une bonne claque mentale. J'ai pensé à ceux qui n'ont pas d'enfants à pousser hors du nid, ou pire encore à ceux qui ont perdu leur enfant d'une manière ou d'une autre. Mes enfants s'en vont certes, mais ils sont heureux, en pleine santé et pleins d'avenir. Et j'ai pensé à l'immense chance que j'ai.
Nous sommes allés samedi fêter les soixante ans d'une amie. Elle a pris la parole pour remercier tous ses amis d'être là autour d'elle pour passer le cap de la soixantaine et elle nous a rappelé que le jour de la fête de ses 50 ans, il y avait près d'elle une petite fille qui aimait aussi beaucoup parler dans un micro. Que malheureusement aujourd'hui, elle n'était plus là. Et j'ai repensé à l'immense chance que j'ai.
J'ai passé la soirée à côté d'un vieux monsieur de 92 ans, absolument charmant. Il nous a regardés valser et danser à plusieurs reprises et m'a murmuré à mon retour à côté de lui : "Comme je vous envie, madame ! Dansez tant que vous pouvez". Et j'ai repensé à l'immense chance que j'ai.

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