Catégorie : C’est de saison

  • Un weekend 100.000 volts

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    Parfois les planètes s'alignent toutes dans un seul axe et quand la pleine lune apparaît dans l'axe Bélier-Capricorne, tout est possible. Nous avions tous un souhait, une obligation, un rendez-vous qui tombaient justement ce weekend. 

    J'avais rendez-vous vendredi après-midi chez la notaire à Tournai.

    Les filles avaient décidé de passer le weekend avec Jules et Sappho à la maison-jardin. Mais Anaïs ne pouvait pas venir vendredi parce qu'elle fêtait le départ à la retraite d'un collègue de Simon. Maïté ne pouvait venir avec Sappho qu'après le boulot. On a donc embarqué Jules et Mamy B.

    L'Homme avait décidé d'organiser avec Quentin le transport des bûches à Bruxelles en deux trajets dans une camionnette louée. Il est donc reparti chercher la camionnette, Maïté et Sappho à Bruxelles, récupéré Quentin arrivé par le train. Ils ont chargé ensemble un premier stock (un stère et demi) de bûches et sont repartis vers Bruxelles les décharger au garage avec l'aide de Marc.

    Sis'Cile s'est dit "tant qu'à faire, autant faire voyager des vêtements et des jouets dont Clara n'a plus besoin vers la maison-jardin lors d'un trajet retour à vide de la camionnette".

    L'Homme est revenu le lendemain midi avec Anaïs cette fois. Nouveau chargement de bûches.

    Mamy B. et moi avions un concert samedi soir. La camionnette chargée nous a conduites à la gare où nous avons pris le train pour Bruxelles et l'Homme a poursuivi seul sa route vers Bruxelles où l'attendaient Quentin et Marc pour un dernier déchargement. Nous sommes rentrées ensemble avec la voiture cette fois.

    Au total, l'Homme a fait 900 km, en simples aller-retour, entrecoupés de chargements et déchargements. Il faudrait que je pense à ressusciter mon permis de conduire, en léthargie depuis 13 ans, je lui aurais éviter au moins un trajet ou deux.

    Le dimanche, Simon est venu chercher Anaïs et Jules et nous sommes repartis en fin de journée, épuisés mais missions accomplies.

     

  • Et janvier a filé

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    Le lâcher prise, c'est bien mais à force, on perd un peu pied sur tous les tableaux. Un peu comme les apprentis nageurs, quand on accepte de lâcher la perche ou le bord de la piscine là où on n'a pas pied, il faut aussi apprendre à ne pas paniquer et essayer de garder la tête hors de l'eau. Moi, à force de lâcher prise, je perds un peu le contrôle de tout. Ce blog est négligé, peu entretenu, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à dire. Ma pile de livres à lire menace de s'écrouler, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à lire. Voilà bientôt un an que je me suis offert le mercredi après-midi en me jurant de prendre du temps pour moi. Combien d'expos aurais-je vu en un an ? Deux ? Trois ? Grand maximum. Mais à quoi passé-je donc mon temps ? Et pourquoi file-t'il si vite ?

    Qu'avons-nous fait de ce janvier ? A part les éruptions urticantes de l'Homme qui ne sont toujours pas résolues et qui occupent nos conversations un jour sur deux, le mois s'est à nouveau écoulé entre délicieux moments, nouvelles joyeuses et nouvelles tristes à pleurer, jolis spectacles, réflexions hautement philosophiques et routines rassurantes.

    Un moment sublime et délicieux dans tous les sens du terme dans ce restaurant 2 étoiles incomparable, indécemment cher mais bluffant, en compagnie non moins délicieuse.

    Un essai de guimauve, pas mauvais mais esthétiquement perfectible.

    De nouveaux draps tellement tellement agréables.

    Ce foutu pèse-ma-personne qui me balance un chiffre indécent. Janvier, je te déteste !

    Une soirée d'hommage à Nat King Cole, pas déplaisante mais trop fatiguée pour en profiter vraiment.

    L'annonce de la mort d'un enfant de onze ans, que ses parents ont quitté sur un quai de gare, tout joyeux de partir à la neige. Il mourrait le lendemain, victime d'une rupture d'anévrisme insoupçonnée. Je sais que chaque jour tant d'enfants meurent mais quand ce drame touche des amis qui vous sont proches, je suis chaque fois plus bouleversée que je ne le voudrais.

    Un petit moment tout court avec Jules, le temps d'aller le chercher à la crèche et de le ramener à sa maman. Un petit moment très court mais pendant lequel j'aurais pu le manger tout cru dix fois.

    Des moments plus longs avec Mademoiselle Sappho, de plus en plus loquace et si charmante.

    Trois petites heures à la maison-jardin, le temps de récupérer quelques bûches. Arrivés en presque fin d'après-midi, à cette heure mi-figue mi-raisin qu'on dit entre chien et loup, une fois la chaleur revenue dans la maison, le simple fait de passer la porte et de rentrer dans la cuisine réchauffée vous envoie au visage un parfum chaud particulier qui n'appartient qu'à cette maison et qui fait revivre instantanément mon papa. Et j'ai furtivement essuyé les quelques larmes glissant sur mes joues et mon nez qui n'a pas résisté à se plonger dans son écharpe accrochée au porte-manteau.

     

  • 2018

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    L'année a commencé dans une belle bouffée de bonheur avec l'arrivée de Petit Jules qui a confirmé notre état de grands-parents si jamais on ne l'avait pas encore vraiment intégré. Bonheur qui se renouvelle chaque semaine, lorsque l'un ou l'autre – ou les deux – nous rendent visite. On oublie le planning, on remonte les escaliers et on enlève le manteau si on était sur le point de sortir, plus rien ne compte que ces deux-là. Sans compter qu'ils nous amènent leurs parents respectifs, ce qui n'est pas le moindre de nos plaisirs.

    C'est l'année des 80 ans de Maman, un anniversaire à la fois joyeux et teinté d'émotions, en l'absence du Hibou. 

    Mais c'est aussi une année de gestion de la succession, clôturer les comptes, vendre la voiture, résilier l'immatriculation, transférer les assurances, les services et autres plaisanteries au nom de Maman, écrire ou téléphoner à gauche et à droite. Aider Maman chaque semaine dans une gestion administrative qui est loin d'être sa tasse de thé. Toutes ces démarches qui m'obligent à contenir les larmes à l'intérieur des glandes lacrymales. Jusqu'à ce premier anniversaire où je me suis calfeutrée chez moi pour hurler et pleurer tout mon saoûl. 

    2018, c'est aussi l'année où j'ai pris une décision que j'aurais dû prendre il y a si longtemps. Je me suis offert le mercredi après-midi et cela m'a fait un bien fou. Peut-être plus au début qu'à la fin de l'année où j'ai bousillé une bonne partie de mes mercredis en rendez-vous médicaux ou consacré en chasse aux cadeaux de St Nicolas ou Noël. 

    La fin de l'année aura été riche en maux d'hiver et variés, parfois peu symptomatiques, du genre "le médecin tâtonne", une pneumonie chacun, des trucs peu compréhensibles mais ce qui est certain c'est que nous finissons 2018 dans un état de fatigue rarement aussi parfait.

    Il y aura aussi eu la Normandie, Rome, Preggio, l'Algarve avec Anaïs, Simon, Kerya, Quentin et Petit Jules. Il y aura eu Lyon et bien sûr Venise. Pas de grands voyages mais de bien beaux moments.

    Et puis il y aura eu ces 3 jours avec Petit Jules et ces 3 semaines avec Sappho. Que du bonheur à l'état pur.

    Une année entre grisaille et soleil éblouissant. Une année belge, quoi !

    Dommage de la finir sur la mort d'un ami, aussi brutale qu'inattendue, et que je n'arrive pas à bien intégrer encore. Mais comme le disait la dernière phrase du dernier mail que nous avons échangé: "A part ça, tout va mon capitaine ! "

     

     

     

  • Vous avez dit Noël ?

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    Pas le temps d'y penser vraiment. Le temps file et Noël se profile à l'horizon, paraît-il.

    Lundi: A nouveau confinée à la maison. Même pas en congé maladie mais en télétravail, histoire de ne pas sortir par ce temps pluvieux et de faire une sieste, une vraie, à la pause déjeuner. Je suis vraiment sur les rotules et la toux a repris de plus belle. Nous voilà à nouveau, l'Homme (dans un état tout aussi lamentable) dans le cabinet du médecin pour la quatrième fois en cinq semaines. Le médecin se décide enfin à m'envoyer faire un scanner des poumons. Une prise de sang en prime.

    Mardi: Retour au boulot, c'est plus fort que moi.Il faut croire que je suis devenue workaholic. Difficile de lâcher prise. Et pourtant, je suis si fatiguée. Et je ne suis pas prête non plus à renoncer aux activités culturelles du soir. Très belle pièce un peu fantastique. Le porteur d'histoire. Les histoires sont emboîtées les unes dans les autres à la manière de poupées russes, les personnages sont nombreux et on voyage à la fois dans le temps, de l'Antiquité à nos jours, et dans l'espace (de l'Algérie au Canada en passant et repassant par la France.

    Mercredi: Encore une journée bien chargée. Rendez-vous tôt le matin pour un scanner des poumons. Dose de stress déjà suffisante pour la journée: non seulement j'arrive avec 20 minutes de retard parce que j'ai un sens de l'orientation d'une poule sans tête et que l'hôpital a le chic pour changer son entrée principale justement ce jour-là mais aussi le technicien ne trouve pas une bonne veine pour injecter le produit et doit donc s'y reprendre à deux fois. Tout ce que j'aime. Après-midi de congé pour finaliser les achats de St Nicolas, récupérer les colis commandés sur Internet, décharger mes bras et ma vessie par un bref passage à la maison, repartir chercher ce qui me manque et filer chez Maman pour notre rendez-vous du mercredi. Heureusement le badminton était annulé pour cette fois. Sinon, je ne sais pas comment j'aurais survécu à cette journée.

    Jeudi: Le médecin m'appelle pour me donner les résultats du scanner: pas de tumeur (ah bon, on cherchait ça aussi ?), pas d'embolie, par contre toujours un foyer de pneumonie (Yeah !) et accessoirement des bronches en tuyau de pipe (bon, parait que presque tout le monde a ça à un certain âge). Par contre, pas de nouvelles de la prise de sang. Il faut donc attendre pour savoir comment traiter. Le soir, réception en grande pompe pour les employés qui ont 20 ans de carrière. Photo de famille où on voit bien que j'adore ce genre d'événement. On m'avait dit que je verrais, que j'adorerais, que je retrouverais des tas de gens plus vus depuis longtemps. Et bien non, je n'ai pas adoré, je n'ai retrouvé que des gens que je n'avais pas envie de voir sauf une amie que j'ai entrevue cinq minutes et qui s'est carapatée aussi vite que possible. Les ronds de jambe et le pied de grue, un verre de champagne à la main, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé.

    Vendredi: Déjà la dernière journée de la semaine qui passe en un éclair. Le soir, pas d'activité prévue. Un vendredi soir sans programme équivaut neuf fois sur dix à une sortie restaurant à nous deux. Cette habitude nous est venue depuis que nous ne sommes plus que deux. Mais elle reste plutôt rare et garde ce caractère un peu festif. Ce soir donc, on pourrait. Mais il propose de manière très vague, je réponds tout aussi vaguement. Je ne mange rien dans l'attente d'une décision. Plus précisément, j'attends qu'il décide. Mais lui ne sait pas trop ce qu'il veut et en l'absence d'un enthousiasme délirant de ma part, reste indécis. Au final, une occasion manquée, une atmosphère grincheuse et grinçante à la fois, une soirée gâchée et …. un estomac vide.

    Samedi: Dernière ligne droite avant la visite de St Nicolas. Derniers achats. Après-midi en cuisine sans lambiner pour être sûrs d'être prêts pour demain. Concert Bartok et Dvorak le soir avec Mamy et retour au pas de course à la maison pour ouvrir la cheminée au Grand Saint et mettre la table.

    Dimanche: Today is the day. Probablement le plus beau jour de l'année pour moi, à l'exception du premier jour des vacances d'été. Ce jour où je gâte mes enfants, les originaux, les beaux et les petits, au-delà du raisonnable mais rien ne pourrait m'arrêter. Ce jour où ils nous gâtent aussi avec une mise en scène toujours si jolie et des cadeaux tellement bien pensés et qui me vont droit au coeur. Ce jour où ils sont tous réunis autour de la table, heureux de l'être et me donnant ce sentiment fabuleux d'être la personne la plus comblée au monde.

  • Carcasse répare, carcasse remplace

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    Je ne sais pas ce qui nous arrive cette année mais voilà un mois qu'un virus s'est introduit chez nous sans vraiment demander la permission et ne veut plus vraiment déloger. Une espèce de mal élevé qui n'a pas vraiment été invité mais qui se tape l'incruste à n'en plus finir. Déjà, il nous a empêchés de partir en Suisse chez Swiss'Sis fin octobre. Et pour qu'on renonce à partir, je peux vous dire qu'on était bien mal. L'importun s'est faufilé dans mes poumons très discrètement ou plutôt très sournoisement. Pas de toux, pas de fièvre, rien. Juste un drôle de petit bruit de succion et une légère douleur localisée. C'est bon que j'avais déjà une petite expérience en la matière que je l'ai suspecté d'aller fouiller là où il n'avait rien à faire et que j'ai pu proposer au médecin d'aller voir par là s'il n'y était pas.

    Puis l'Homme a enchaîné avec sa propre pneumonie. Le copain de mon virus a été tout aussi intrusif et beaucoup plus bruyant comme hôte. La toux de l'Homme fait pitié et grimacer. Moi, pour faire bonne figure, j'ai enchaîné de mon côté avec un état grippal, fièvre, mal partout, etc… Cette fois, le médecin nous a gracieusement offert une semaine de repos. Je déteste ce genre de semaine où on est pas assez mal pour passer la journée au lit mais trop mal pour faire quelque chose de rentable. Si je ne dors pas, je ne peux pas rester inoccupée, cela m'est impossible.

    En fin de semaine, on a pensé qu'enfin, on remontait la pente mais non, voilà que le virus – mais est-ce bien lui ? – nous est tombé qui sur le bas du dos, qui sur la peau au niveau de la ceinture. J'ai envie de hurler quand on m'effleure la peau. Et pas la moindre rougeur, rien. Je ne comprends pas ce qui se passe et c'est encore pire.

    Dire que d'habitude on passe à travers l'hiver comme deux perce-neige. 

    Alors si je rajoute que mon épaule gauche prend doucement le chemin de la salle d'op' comme le lui recommande l'épaule droite, que lundi je vais faire une radio et une écho du pied droit dont l'hallux valgus me rappelle à son bon souvenir avec une régularité d'horloge suisse et du pied gauche que des lames de rasoir transpercent de manière plus aléatoire mais tellement plus violente. Pour quelqu'un qui aime bien marcher, cela devient problématique. 

    On est bien d'accord, ce sont bien les charmes de l'âge qui s'annoncent et le jour où on ne sentira plus rien, cela voudra dire qu'on sera mort. Mais quand même, il existe pas un service type "Carcasse répare, carcasse remplace" ?

  • Vacances

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    Passer dix jours aux Pieux, y'a pas plus reposant ! Pour la première fois depuis longtemps, nous nous sommes retrouvés tous les deux en Normandie. Dix jours parfaits: quelques bouquins, un peu de soleil, quelques promenades sur la plage les jours plus couverts et le farniente le plus total. 

     

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    Passer quinze jours en Algarve, invités par Anaïs et Simon dans la maison des parents de Simon, en compagnie de Petit Jules. Descendre la France et l'Espagne en voiture avec Quentin et Kerya, passer du temps avec ces quatre là et surtout avec ce petit garçon de plus en plus sage, de plus en plus beau, de plus en plus drôle. Découvrir une région du Portugal encore inconnue, passer un moment de pur délice dans un petit restaurant cantine dans la montagne, lire au bord de la piscine, se promener avec petit Jules, faire des apéros géants, ne rien faire….

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    Passer une semaine de rêve à Venise, rien qu'à deux, pour terminer en beauté cette trilogie. Ce n'est jamais que la dixième fois qu'on y revient, inlassablement, mais tout nous appelle.  Toutes ces rues cachées, loin des hordes, ces surprises à chaque coin de ramo, le labyrinthe des canaux, toutes ces îles au large de la lagune, celles qu'on connaît déjà si bien, ce restaurant où ils nous demandent des nouvelles des enfants quand on y retourne, les îles qu'on découvre pour la première fois…… ces coins et recoins qu'on connaît par coeur et qui pourtant nous font encore découvrir d'autres facettes, c'est là toute la magie de Venise.

    Alors oui, nous avons passé de merveilleuses vacances cette année.

  • Entre hiver et printemps

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    Lundi: Je continue à tout faire pour ne pas rater l'entraînement tous les lundis midi. Ce n'est pas encore vraiment de l'addiction mais presque. Et pourtant, on peut dire que ça me coûte. Non seulement, je pense bien que je n'y suis jamais allée sans que ce soit un jour de pluie ou pire, de neige. Et David le coach ne lésine pas sur le côté cardio, mon point faible. Mais je persévère. Et, c'est bête, je pense bien que cela fait partie de sa formation de coach, mais quand il me félicite, c'est comme si j'avais 8 ans et que l'institutrice me tapote la tête en me disant "C'est bien !".

    Mardi: Baby sitting express chez petit Jules, le temps de permettre à sa maman de faire un aller retour chez le médecin pour une visite de contrôle. Enfin seuls, lui et moi. Et c'est un moment où on se rencontre enfin, tout en douceur et caresses. Il a cette peau douce et fragile à la fois, que seuls les tout petits ont encore. Il s'exprime par petits essais de areuh ou alors par des pleurs aussi subits que puissants. Quelques chansons et caresses le calment un instant et ses yeux semblent vous regarder pour vous dire toutes les choses qu'il ne peut pas exprimer. Et dans ces moments-là, j'éprouve pour lui toute la tendresse du monde. 

    Mercredi: Ce mercredi, je le réserve à ma maman. Quand j'arrive, elle est en pleine tractation avec le jeune voisin qui lui rachète la voiture de papa. Elle est contente de voir cette voiture partir dans des mains connues et surtout appréciées de Papa. Enfin, le monsieur, pas les mains. 

    Jeudi: Visite de contrôle chez le médecin. Tout va bien. Sauf qu'il entend toujours un léger sifflement dans mes poumons. La fin de bronchite diagnostiquée par la pneumologue n'était pas une bronchite selon lui. Mais quoi alors ? Il ne sait pas, on contrôlera la prochaine fois. Du coup, j'oublie de parler de mes pieds. Ah mes pieds…. A gauche, j'ai l'impression de marcher sur des lames de rasoir, à droite, l'oignon, ce cornichon, me fait crier "aïe" à chaque pas. Je ne supporte plus que les boîtes à chaussures. Je ne peux quand même pas marcher pieds nus en ville. Je sens qu'il va falloir qu'on déménage en bord de plage.

    Vendredi: Spectacle de danse le soir. Aline et Quintijn ont monté un spectacle entre danse, cirque et féérie. J'étais très fatiguée et mes pieds me faisaient terriblement souffrir. Mais j'ai profité de ce moment de magie, malgré, quelquefois, les paupières très lourdes.

    Samedi:  Il neige. On croyait l'hiver terminé mais non, il a repris du service. Et il fait froid. On fait quelques courses, mais au pas de course, on se les gèle trop. On fait un saut chez Mamy qui n'a plus de connexion internet. En arrivant dans sa rue, je ne vois plus la voiture de Papy. Se peut-il que le jeune voisin l'ait déjà emmené en France, comme il en avait l'intention? Je ne peux pas arrêter les larmes qui coulent soudain. Ce n'est qu'une voiture, me dit l'Homme. Oui, bien sûr. Je ne pleure pas la voiture, je pleure un nouveau coup de gomme sur tout ce qui faisait le quotidien lié à mon papa.

    Dimanche: Matin maussade, estomac barbouillé de la veille, dîner gastronomique annuel après avoir cassé la tirelire du badminton. Mais puisqu'on a préparé un osso buco pour les lovebirds, Q et K, qui viennent manger ce midi, il faut bien se forcer un peu. Après-midi Sappho, bougonne parce qu'encombrée, mais toujours aussi craquante malgré tout. N'empêche, elle commence à bien savoir ce qu'elle veut et surtout…. ce qu'elle ne veut pas.

    Et la semaine se termine au coin du feu….

  • Le coucou du hibou

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    Lundi: 1 janvier. Réveil un peu difficile mais heureuse de la veille. Les enfants autour de la table, la princesse qui termine avec nous les dernières heures de sa première année sur terre. Heureuse de l'ambiance autour de la table, heureuse de les voir heureux, tellement reconnaissante à JD, Simon et Kerya de les rendre heureux. Traditionnelle choucroute du 1er de l'an chez Maman, la courageuse, qui a tenu à maintenir la tradition, même si son compagnon de fourneaux n'est plus là pour l'aider. Elle était délicieuse et revigorante. Et tellement chaleureuse. Puis pour terminer la tournée, petits gâteaux chez Mamy L., ravie de nous voir, nous, mais surtout la princesse, qu'elle n'a pour ainsi dire pas lâchée. Enfin retour à la maison, faire la vaisselle des 24 verres de la veille. Et puis, hop au lit !

    Mardi: Dernière journée de congé déjà. Comme le temps est passé vite ! J'essaye de profiter au maximum de cette journée. Déjà, pour la première fois depuis le début de ces vacances, j'ai dormi jusqu'à dix heures. Grasse mat' exceptionnelle. Pour le reste, on a fait un peu de rangement, un peu de repassage et on s'est envoyé deux films, The Queen et …. impossible de me rappeler le nom du deuxième…..

    Mercredi: Badminton or no badminton tonight ? J et S sont en Italie. M est cloué au lit avec une gastro. On décide donc de faire l'impasse et de rester tranquillement à la maison. C'est bien aussi. 

    Jeudi: Deuxième jour et déjà fatiguée. Je ne suis plus très motivée. Le boulot est devenu très procédurier et je n'aime pas ça. Une partie de mon boulot, c'est aussi de motiver les troupes et sans motivation, c'est aussi efficace que de faire prendre une mayonnaise avec une plume. A midi, j'ai fait un saut chez le coiffeur. Pas très malin non plus, un jour de crachin qui s'insinue sous le parapluie. Sur le chemin du retour, j'ai acheté 4 pralines avec l'idée d'en manger une par jour. A 16h, je les avais mangées toutes les 4. J'ai aussi acheté un petit plant de jasmin pour me faire oublier la grisaille de l'hiver. Enfin, le soir, j'ai repris le chemin de la salle de sport et j'ai dégusté grave. La remise en forme est impérative.

    Vendredi: Fin d'une courte semaine. Soirée tranquille au coin du feu à rêver aux prochaines vacances d'été. Maïté nous annonce la destination de son cadeau de 30 bougies programmé pour l'automne prochain et on se voit déjà en train d'aller chercher Sappho à la crèche tous les soirs pendant deux semaines. Petit bonheur en perspective après avoir reçu plus tôt dans la soirée sa première vidéo de rires aux éclats. 

    Samedi: Soldes habituels dans le seul et unique magasin où je vais depuis 25 ans à cette période de l'année (je déteste les soldes dans les magasins où on doit faire son choix par terre, vu que tout le monde profite de cette période pour se comporter de manière non civilisée et jette tout ce qui ne plaît pas au sol). Pour la première fois, et même si comme toujours, la propriétaire de la boutique me fait essayer la moitié du magasin, je suis ressortie avec une petite pièce. Je deviens sage. Le soir, on pensait être 4 autour d'une lasagne maison, puis finalement deux autres se sont rajoutés et enfin les deux derniers qui ne faisaient que passer pour dire bonjour en fin d'après-midi, ont changé d'avis à la seule évocation de la lasagne. Autant dire que j'ai passé un délicieux moment. Cette tribu fait tout mon bonheur.

    Dimanche: Blanquette et galette chez Mamy. Je lui suis tellement reconnaissante de maintenir la tradition. J'ai été gâtée par avance pour mon anniversaire, un collier, des boucles d'oreille, un petit carnet "La marchande de prose", un marque-page avec une petite perle, un livre sur Vivaldi à Venise, Alma Viva dédicacé par l'auteur, un bon pour un soin visage chez l'esthéticienne japonaise de Mamy où je rêve d'aller, sans jamais trouver le temps de prendre un rendez-vous, une pochette brodée au point de croix à l'ancienne, et… le It Book de Cachemire et Soie, épuisé depuis si longtemps. Vraiment gâtée.

    Et puis, ce moment tellement inattendu. Mamy devient reine, alors qu'elle ne pourrait même plus dire à quand remonte la dernière fois, et la fève, contre toute attente, est un …. Hibou, le surnom donné à mon papa. Grosse émotion pour tout le monde autour de la table. Moi qui ne crois pas à ce genre de signe, j'ai beau retourner la question dans tous les sens et chercher une explication rationnelle, je suis fortement ébranlée. 

    Papa, s'il te plait, envoie d'autres signes, c'est vraiment très chouette !

     

     

  • Ca sent le printemps

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    Je continue à nager dans les eaux des troubles hormonaux et c'est peu de le dire. Nous avons retrouvé un groupe d'amis que nous avons connus à 18 ans et nous avons tous ensemble, 15 petits-enfants et demi (la demie en question s'épanouissant gentiment dans le rond cocon de Maïté…). Et toutes ces grand-mères réelles ou potentielles ne connaissent ni les bouffées de chaleur ni le moindre problème annexe. De 50 à 60 ans et toutes leurs dents et tous leurs cheveux. Non, mais ? Je suis punie ou quoi ?

    Promis, j'arrête de m'auto-narcisser le nombril. 

    Enfin les jours rallongent, enfin la lumière s'intensifie, ça sent le printemps dans l'air. Maïté s'arrondit, elle fait des listes de vêtements de bébé, de biberons, de doudous, de gigoteuses et de nids d'ange. Anaïs fait des listes de lieux verts et accueillants, d'activités ludiques en tous genre, de robes de mariée délicates, de décorations scintillantes. Moi, je fais des listes de listes de listes.

    On prépare activement l'anniversaire de mon sexygénaire. Un weekend en Touraine chez Véro et Olivier, les filles s'occupent de l'entrée sous la houlette de Josiane et les garçons préparent le "main course" guidé par le naked chef Mitch. Une vraie fête des papilles en perspective.

    On se prépare au déménagement des deux filles en avril. 

    En attendant, le boulot me prend la tête et l'énergie mais l'ambiance est plutôt positive. Il faut juste tenir. 

    Allez, encore deux semaines dormir et ma chère Sérénissime, nous voilà.

     

     

     

     

  • La fin de l’été

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    Charmante soirée mardi avec une ancienne collègue que je n'avais plus vu depuis presque dix ans et C. qui nous a rejointes. L'impression de s'être quittées hier ou presque. J'avais oublié à quel point c'était une jolie personne et comme j'aimais échanger avec elle. Elle vient de fêter son demi-siècle et ses petits sont aujourd'hui de grands ados à l'université. Elle vit mal cette nouvelle décennie, ne sait plus comment s'habiller, où s'habiller, voit son corps changer sans rien pouvoir y faire, raconte tout le mal être de notre âge, comme une nouvelle adolescence et je m'y reconnais tellement que je suis ébahie d'entendre dans la bouche d'une autre tout ce que j'ai ressenti et ressens sans l'exprimer aussi bien.

    Dans ma poche, un livre qui me bouleverse. Le bleu de la nuit de Joan Didion qui raconte la mort de sa fille à l'âge de 39 ans mais surtout qui décrit admirablement de son écriture sèche et incisive les tourments du temps qui passe. 

    Quand vient la saison des nuits bleues, on a l'impression que les journées n'en finissent jamais. Et à mesure que la saison des nuits bleues se rapproche de son terme (inexorable, inéluctable), on est saisi d'un frisson, d'une appréhension physique, maladive, lorsqu'on s'en avise pour la première fois : la lumière bleue s'en va, déjà les jours raccourcissent, l'été n'est plus là. Ce livre s'appelle «Le bleu de la nuit» parce qu'à l'époque où j'ai commencé à l'écrire, j'avais l'esprit de plus en plus souvent tourné vers la maladie, vers la fin des promesses, le déclin des jours, l'inévitable assombrissement, l'agonie de la clarté. Le bleu de la nuit, c'est le contraire de l'agonie de la clarté, mais c'est aussi son avertissement.

    Il y a une saison pour tout .
    L’ecclésiaste bien sur, oui, mais je pense d'abord aux Byrds, "turn turn turn".

    Il y a une saison pour tout, oui, et c'est bien ainsi. Mais pourquoi passent-elles si vite ?