Encore 5 fois dormir. Mais encore 4 fois travailler aussi. Ce sont toujours les 4 jours les plus longs de l'année. Tant de dossiers à boucler, d'instructions à donner, de compte-rendus à terminer, de témoins à passer, de rendez-vous de dernière minute (il faut que je te voie absolument avant que tu partes !). Avant de les poser quelque part, avant même de les boucler, les valises, je les ai sous les yeux.
Mais dans 5 jours, on met les voiles. Au propre et au figuré. Une semaine de voile en Croatie, deux semaines de mer-tourisme-farniente-bouquins-ouzo-mezze et retsina dans le Pélopponèse et une semaine de montagne-famille-petits suisses. J'ai connu pire comme programme.
Mais avant de mettre la clé sous le paillasson, il faut encore:
– décider ce que je veux/peux encore mettre (périlleux exercice pour le moral s'il en est)
– choisir les bouquins qui vont nous accompagner
– aller récupérer ma nouvelle carte d'identité
– faire tourner les machines et repasser
– Inscrire Quentin en agronomie (ouf, il a choisi !). Croiser les doigts pour qu'il obtienne son bac.
– acheter des cadeaux pour ceux qui nous accueillent en Grèce
– nettoyer les frigos
– préparer les 80 ans de Mamy L., pour ne pas être pris au dépourvu 3 jours après notre retour
– acheter des baskets pour Quentin qui n'a plus que des baskets "aérées" à se mettre
– penser épilation, manucure, pédicure, couleur et coupe pré-estivales
Les amis, si on ne s'entend plus d'ici-là, bonnes vacances à tous !
Je me suis amusée à faire la liste des séries qui m'ont fait rêvé tant et plus tant dans la petite enfance que dans la grande enfance qu'est l'adolescence, voire plus tard encore. Je n'imaginais pas que la liste serait si longue et je suis sûre que j'en oublie….
Moi, petite fille, j'étais folle de:
Thierry la Fronde
Quentin Durward – troooop beau !
Zorro
D'artagnan – Dominique Paturel, si charmeur, et Milady, si classe
Poly
Skipper le Dauphin
Graine d'Ortie – trop chou
Sébastien parmi les hommes – Mehdi, le plus beau (et à 54 balais, toujours autant)
Belle et Sébastien
Sébastien et la Marie-Morgane
Ma sorcière bien-aimée
Oncle Bill
L'homme du Picardie
Moi, ado, j'étais fana de (parfois des mêmes):
La porteuse de pain
Les gens de Mogador (Marie-José Nat et Thierry la Fronde himself)
Le jeune Fabre (re-Mehdi qui a grandi en même temps que moi)
Les Galapiats
Jacquou le Croquant
Mannix
Noëlle aux Quatre Vents
Les Chevaliers du Ciel
Arsène Lupin
Les Saintes chéries
La demoiselle d'Avignon (ah Koba et Louis)
Les rues de San Francisco
Amicalement vôtre
Le Virginien
The Partridge Family
Daktari
L'âge heureux (les petits rats de l'opéra)
Les brigades du Tigre
Kojak
Starsky et Hutch
Chips
Happy Days
Moi, à peu près adulte, j'ai gardé une fascination pour:
Racines
Le Riche et le Pauvre
Dallas
Un prete tra noi (Italie oblige)
Commissario Montalbano (itou)
Friends
J'en ai certainement oublié. D'autres me sont passé complètement à côté tels que La petite maison dans la prairie ou Les feux de l'amour.
Mais toutes ces tranches de vie d'une demi-heure ou d'une heure m'ont accompagnée avec une telle force que j'en ai gardé une nostalgie très réconfortante. Et je bénis Internet qui me permet, comme le génie de la lampe, de satisfaire mes moindres envies de revoir un extrait de tout souvenir qui me vient à l'esprit.
Autant vous dire que je m'en suis donnée à coeur joie. Et j'ai vaillamment résisté à l'envie de vous coller un extrait de chacun de ces petits talismans.
La magie ne s’est pas arrêtée sur le quai de Santa Lucia. Nous avons passé deux jours dans une de nos villes préférées. Nous avons eu la chance de la visiter déjà plusieurs fois lorsque nous habitions l’Italie. Nous avons donc pu, sans complexes, quitter les sentiers trop battus, et nous échapper dans les ruelles abandonnées aux seuls Vénitiens. Et cette belle échappée a ravi le photographe fou qui se cache en l’Homme. Moi, j’ai moins l’âme d’une compagne de Tintin reporter (la preuve, celui-là n’a jamais trouvé de Castafiore à son pied) et le suivre – trois pas en avant, deux pas en arrière – est particulièrement épuisant. Lui avance au rythme de son zoom, moi, j’avance à l’allure du routard ou de n’importe quel autre guide de voyage plus original. J’ai besoin de savoir où regarder, lui sait où regarder; en bonne élève, je cherche à comprendre ce que je vois, compulse les explications, retient la petite histoire; lui, généralement sait tout ça – ou disons presque tout. Bonne fille, je le suis et j’essaye de me repérer sur le guide. Là, j’avais choisi de suivre les « Ballades de Corto Maltese » qui emmènent dans un Venise moins connu. J’ai essayé de prendre en route la ballade correspondant à l’endroit où nous mène Mr Nikon mais son zoom prend bien entendu la ballade à contresens. Comme j’ai pas mal de difficultés d’orientation, quand je dois traduire « tournez à droite » par « tournez à gauche » parce qu’on va à l’envers, rien ne va plus.
Mais Venise reste belle malgré la fatigue et la (légère) frustation.
Comme on a choisi un hôtel pas cher, j’avais dit qu’on remplacerait par un thé ou un apéro dans le bar d’un grand hôtel ou mieux au Harry’s bar. On a fait une à une les recettes du livre de Harry Cipriani et je voulais goûter de mes propres papilles si on était vraiment loin du compte.
Quand on dit à un homme: « Ca te dirait d’aller boire un verre au Danieli ? », vous les femmes, vous traduisez « Ca me plairait d’aller boire un verre au Danieli ! », non ? Et bien, un homme comme le mien, non, il comprend « Ca te dirait d »aller boire un verre au Danieli ? » et il répond « Non, pas vraiment. » Dans un premier temps, on se dit: « Ok, pas maintenant, y’a justement le soleil qui se pointe, c’est le moment idéal pour les photos, ça donne une autre luminosité, etc… ». Deuxième essai: « Ca te dirait d’aller boire un verre au Danieli ? » – « Non, pas vraiment. » Troisième essai:…./…..
Bon, là, faut que je pleure. Facile, je suis crevée, j’ai mal aux pieds, mal à la hanche, j’ai froid, très froid. Je dois même pas jouer la comédie, ça coule tout seul. L’homme n’aime pas ça du tout, les larmes. Il marche silencieux, je le suis. « Où on va ? ». « Ben, au Harry’s bar puisque c’est CA que tu veux » soupire-t-il. Ah, c’est malin. Je vais arriver là avec des yeux de grenouille, ça va pas le faire.
Il a été séduit – comme toujours – et on a même réservé une table pour le soir. C’est pas donné mais c’est notre anniversaire de mariage aujourd’hui, que diable ! Seul hic, il faut patienter encore deux bonnes heures et pas question de retourner à l’hôtel, trop loin, on aurait juste le temps d’entrer et de sortir, même pas le temps de s’habiller, se maquiller et se recoiffer. Bon, qu’à cela ne tienne, je ferai avec les moyens du bord. Mais il va encore falloir marcher deux heures ??
Et le soir, j’ai eu le point d’orgue de mon cadeau d’anniversaire, petite crème catalane sur le gâteau, devinez qui dînait à la table voisine avec deux autres Espagnols et un Italien ? Un des trois ténors, José Carreras, él mismo. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite mais son visage m’intriguait. Quand j’ai compris, je n’ai plus pu quitter ni son visage ni leurs conversations. Je sais, c’est très impoli mais je fais ça discrètement. Parce que je suis une pipolette invétérée. Je me fiche comme de l’an quarante de ce que raconte la presse pipole mais en voir un en vrai de près, ça m’a toujours transportée un peu plus près des étoiles.
Alors, oui, vraiment, ce cadeau d’anniversaire valait tous les bijoux de la planète.
J’en rêve
depuis plus de 30 ans. Je ne sais pas quand cela a commencé mais je me souviens
de ce jour où ce train mythique était à quai à Bruxelles pour quelques jours
offert à la curiosité des visiteurs. Je devais avoir 18-20 ans et mon papa m’a
emmenée le visiter (ou était-ce l’inverse ?).Malgré une visite type Vatican (“Avancez svp, poussez-vous, y’en a d’autres derrière qui attendent !”), j’en ai gardé un
souvenir éblouissant.
Jamais je
n’aurais cru qu’un jour, moi aussi….
J’avais essayé l’année dernière pour nos 25 ans de mariage mais je me suis fait
remettre sur les rails aussi sec (“Ca va
pas la tête ? Tu sais combien ça coûte ?).C’était sans compter sur la famille, les amis, qui ont remis
le train sur la bonne voie pour mes 50 ans. Et le rêve est devenu réalité.
Thalys
Bruxelles-Paris. Gare du Nord-Gare de l’Est. Accueil et petite mise en bouche
dans un lounge de la Gare de l’Est. Assez nul et qui fait déjà craindre à
l’Homme la suite du programme. Moi, je m’amuse à observer les personnalités qui attendent
l’embarquement. Un peu comme Hercule Poirot que j’ai bien sûr racheté pour
l’occasion. Beaucoup sont là pour la première fois, comme moi, visiblement pour
un cadeau d’anniversaire de mariage ou de dizaine. En couple, en famille ou en
couples de parents et d’enfants adultes. Très peu entre amis.
21h45: on
embarque. Le train bleu est encore plus beau que dans mon souvenir et pour une
fois, l’Homme est émerveillé (“Ah ouais,
c’est vrai qu’il est beau !”) – ouf, Dieu sait comme il est difficile
d’épater l’Homme. L’intérieur ne le décevra pas non plus. C’est splendide. Par
contre, je ne me rendais pas compte que les cabines étaient si petites. Se
changer pour le dîner dans 3m2, à deux, demande pas mal de patience et de
collaboration. Et encore, le train n’a pas encore démarré. Et pour cause, il
ne démarrera qu’à 1h15 du matin avec plus de trois heures de retard. La
locomotive était en panne et la loco de rechange se trouvait dans le Sud-Est de
la France.
Le dîner en compagnie d'une Mamie de 80 ans et de sa petite fille est tout à fait à la hauteur et la magie continue d'opérer. Pendant ce temps, le steward de notre wagon a joué les marraines de Cendrillon et a transformé notre dressing de 3m2 en chambre nuptiale. Bon, d'accord en lits superposés mais malgré tout, cela reste très glamour. La nuit, je dors peu, je ne veux pas en perdre une miette et je scrute le paysage dans la nuit. Je parviens à distinguer des forêts de grands sapins très impressionnants dans le noir. Je finis par m'endormir, sourire aux lèvres. Je ne remercierai jamais assez ceux qui m'ont fait ce cadeau.
Petit déjeuner dans la chambre, si l'on peut dire. A partir de là, le paysage commence à devenir totalement idyllique, on ne sait plus où regarder, par la fenêtre du wagon, par la fenêtre du couloir, je passe de l'un à l'autre et l'Homme clique-claque à tout va. Le train traverse la Suisse, l'Autriche, le Liechtenstein et passe les Alpes et des paysages de montagne au printemps défilent sous mes yeux émerveillés. Le train emprunte des voies peu fréquentées et prend son temps. C'est un TPV qui pousse des pointes à 130.
L'heure du déjeuner nous ramène au wagon-restaurant où le maître d"hôtel nous a réservé une table pour deux cette fois. Le chef est toujours à la hauteur. Le reste de l'après-midi s'écoule à la vitesse de l'éclair à travers des paysages de montagne tout simplement magnifiques. L'arrivée à Venise en soirée représente la fin d'un rêve.
Il y a des
choses qu’on ne fait qu’une fois dans sa vie. Vraiment ? Au dîner, j’ai entendu un
monsieur dire à sa maman : “C’est la
première fois qu’il part avec autant de retard!”.S’il dit cela, c’est que cela fait au moins 3 à 4 fois qu’il
le fait, ce voyage, non ?
Je peux
revenir pour mes 60 ans ? mes 70 ? mes 80 ?
Les sorcières et une fée se sont assorciées pour m'offrir un super cadeau d'anniversaire: un cours de cuisine tous ensemble (elles et les princes qu'on sort rarement) à l'Atelier Guy Martin, le grand chef du Grand Véfour à Paris.
Au programme: Déclinaison de mandarines au poivre de Séchouan; Bouquet de crevettes Obsiblue déclinées en bisque, grillées et pochées; Carpaccio de cervettes Obsiblue au kombu salé, fenouil croquant et pomme granny smithet la suite du weekend ensemble à Paris.
Le cours avait lieu à 11 heures, l'enterrement de Tante Danielle à … 11 heures. Toute la famille m'a encouragée à partir à Paris, les sorcières et la fée ont insisté pour que je fasse ce dont j'avais vraiment envie: assister à l'enterrement. Elles m'ont convaincue. Ils ont suivi le cours sans moi, La seule personne inconnue dans le groupe autour de la table de Guy Martin était une Française qui avait reçu ce cours en cadeau de son mari pour ses… 50 ans. Ils ont chanté tous en choeur "Happy birthday" à cette "usurpatrice" 🙂
Après l'enterrement, nous avons pris le train et nous les avons rejoints. Et le reste du weekend a été placé sous le signe de l'amitié, du rire, de la gourmandise et de la …..bise.
Un vent glacial nous a accompagnés pendant ces 24 heures chrono et l'on a passé notre temps à boire et manger pour se réchauffer (sauf quand on a mangé des glaces pour comparer deuxglaciers exquis). Mais le plaisir d'être fêtée, de retrouver les copines venues de France, de Bruxelles et d'Italie, de revoir les maris qu'on voit moins souvent, m'ont tenu le coeur bien au chaud à défaut du reste. Happy birthday me !
Trois jours
de pur bonheur. Loin de tout, dans un lieu perdu en Ombrie, entre Pérouse et
Assise, où la couverture de tout portable est très improbable. A la limite, si
le temps n’est pas couvert, si vous montez sur le petit muret devant la maison,
vous levez le téléphone vers le ciel et vous utilisez le haut-parleur vous
pourrez échanger quelques mots avec votre interlocuteur. Trois jours, trois
nuits, quatre couples, quarante bougies (réduites à quatre) pour la plus jolie des
quatre filles. Un bon kilo en plus aussi certainement pour les plus gourmandes. Un
repas d’anniversaire mémorable préparé par les 4 chefs et coqs –tempura de courgettes, de chou-fleur et… de feuilles de sauge, pâtes fraîches préparées maison, salade de Trévise à la
truffe fraîche, lapin à la cannelle, poivrons, tomates et lentilles, polenta
crémeuse à souhait. Pendant ce temps, les dames se sont blotties au coin du
feu,tisane et massage des mains
aux huiles essentielles, confidences et rires,douceurs et émotions, et une petite flûte de champagne.
Cette
soirée fut le point d’orgue d’un weekend de douceur, de slow food à l’italienne, de capuccini crémeux, de soleil tendre sur les épaules, de douces collines
à perte de vue et de délicate bienveillance
de l’un envers l’autre.
Seul bémol
à cette rhapsodie d’automne: mes nuits sans vrai sommeil malgré le silence
monastique des nuits en montagne. Juste de quoi se rappeler que je n’étais pas
au paradis.
Joli weekend de sorcières à Nice. Il y a quelques années, à la fin d'un de nos congrès de sorcières, l'une d'elles a lancé : "Quel a été le plus beau moment de votre weekend ?" Et chacune d'y aller de sa petite émotion sur tel ou tel instant un peu magique de nos retrouvailles annuelles. Au moment où on m'a posé la question, je devais être un peu nostalgique et j'ai répondu spontanément: "Le moment où l'Homme m'a appelée". Je crois que je les ai vexées, mes sorcières bien-aimées. Elles me resservent la petite phrase chaque année en se moquant copieusement de moi.
Alors cette année, je vais leur rendre justice.
Quand je suis rentrée, j'ai plutôt mal atterri. Dispute avec l'homme, Anaïs très pas contente qu'à peine débarquée, je reparte au concert de Cecilia Bartoli avec Mamy B., Quentin pas là. Maïté charmante.
Maison plutôt bordélique, malgré tous les petits travaux sympas.
Concert sublime.
Retour au boulot gloups !
Ma chef: "C'était bien ton congé ? - Oui – " Sauf que c'était vraiment pas le moment!" - C'est jamais le moment; et je remets ça la semaine prochaine. – "Putain !" (ma chef a un langage très fleuri).
Youpie !
Mais j'ai passé un super weekend et le plus beau moment c'était:
le fou rire dans le tram, quand un type a éternué tout son H1N1 dans la rame et s'est promené ensuite de long en large devant nous,
le shopping,
le Vieux Nice,
le cours Saleya et le marché au fleurs,
les douceurs du marché, le petit pot de confiture ananas, noix de coco et chocolat que j'ai acheté pour Anaïs et pour son projet "dessert antillais (mais que j'ai dû jeter, contrainte et frustrée, à l'aéroport. )
faute de petits farcis, les petits farceurs facétieux que sont les Niçois,
la mer le soir,
les papotes interminables à toute heure qui font traîner les repas en long ruban de douceur et de plaisir,
et un petit peu quand j'ai eu l'homme au téléphone… (quâmême !)
Je n'en reviens pas: Philippe Gloaguen, LE routard par excellence, rêve d'aller en Corée, en Afrique centrale et aux pôles. Quoi !? Il n'a même pas fait ça ? Lui ? Alors, tous mes rêves de tour du monde s'envolent. Déjà, il ne me reste plus assez d'années à vivre qu'il ne me reste de pays à visiter et j'en prends tout doucement mon parti mais alors si lui n'a pas réussi à boucler la carte du Nord au Sud et d'Est en Ouest, qui suis-je moi pour espérer tout voir un jour ?
En pleine réunion, ma chef me canarde en riant avec des mignonnettes Côte d'Or. J'en ai pris plein le visage. Les autres participants riaient jaune, moi j'ai hésité entre rire jaune et lui recatapulter les chocolats.
Je ne la connais pas mais j'ai lu sa vie dans un magazine d'intelligence moyenne. Elle a fêté ses 100 ans en septembre. Elle vit seule dans sa maison, fait son ménage, jardine, cuisine, coud pour donner un coup de main à ses petits-enfants, elle a eu 5 enfants, 13 petits-enfants et autant d'arrière-petits-enfants. Elle fait des mots croisés, et râle parce qu'elle ne parvient pas à terminer les sudoku. Elle lit sans lunettes et entend parfaitement bien. Pour son anniversaire, elle a voulu faire un tour en montgolfière. Ca me fascine ces gens-là.
Mes filles ont des travaux pratiques pour leurs études respectives qui m'enchantent. L'une a récupéré les papiers de soie qui emballent les oranges qu'une voisine de Mamy B. a collectionné pendant des années et elle en fait des robes en papier absolument magnifiques. L'autre collectionne les livres de recettes antillaises pour comparer les différentes façons de préparer les tourments d'amour. Je ne sais toujours pas ce que le petit dernier – qui ferait d'ailleurs bien de s'en préoccuper – a l'intention de faire en septembre prochain mais je suis assez impatiente de le découvrir.
J'ai du boulot à faire sauter mon disjoncteur et je ne sais pas ce qui me permet de tenir le coup. Je dois avoir une résistance en béton. Mais demain, je déconnecte pour trois jours. Congrès de mes sorcières bien-aimées. Après Turin, Parme et Lyon, Nice here we come !
La liste de Rome selon Charles Dantzig (Encyclopédie capricieuse du tout et du rien):
A Rome, les palais sont lourds, mais roses. …/… dans le fatras des petites cheminées et du linge qui sèche, il y a toujours un pin parasol et deux coupoles en ananas. Le profil de Rome, ce sont des cyprès se découpant en haut d'une colline. …/… Il pleut. Aussitôt des Hindous surgissent, vendant à la sauvette des parapluies pliants. Cela n'arriverait ni en France ni en Espagne, je crois. En France, par mépris du pratique, en Espagne, par orgueil. …/… La mode des trois-quarts matelassés bleu marine ne passe pas. C'est l'uniforme du bourgeois romain. …/… ville de places plus enthousiasmantes les unes que les autres, …/…
La liste de Rome selon moi:
Une journée magnifiquement ensoleillée, éclairant les façades roses des palais d'une manière absolument divine, le farniente et la dolce vita à l'italienne, pure flânerie dans les rues de Rome sans d'autres attentes que le coin de la rue, des cappucini en terrasse ou au café Greco à tomber, une orgie de saveurs entre les carciofi alla giudea, les arancini, la burrata, les puntarelle, les fleurs de courgette, les linguine con gamberi, asparagi e provola affumicata, un peu de lèche-vitrines dans la via dei Condotti, une promenade nocturne dans le Trastevere, une glace aux marrons glacés con la panna chez Giolitti, une pluie de fin de nuit ce matin et effectivement un vendeur à la sauvette devant l'hôtel ce matin. Une journée plus grisouillette hier mais pourtant jolie malgré la grosse déception proportionnelle à l'attente que j'avais par rapport à la chapelle Sixtine. Une foule terriblement oppressante qu'aucun compte-goutte ne retient et qui s'engouffre à plus de 500 touristes, ensardinés dans cette chapelle où le recueillement est totalement impensable malgré les "Silence please" et les "Chuuut" tonitruants des gardiens. Toute la beauté du travail de Michel Ange est inaccessible dans ces conditions. J'en suis sortie toute déconfite.
Mais la ballade vers la villa Borghese m'a réconciliée avec la beauté.
Bien sûr, un weekend à Rome à deux peut être très romantique mais si l'on ajoute un Italien, Romain pour un quart et la femme la plus élégante de la planète, tous les deux, compagnons de voyage parfaitement en harmonie avec notre rythme et esthètes jusque dans les moindres détails, le weekend prend des allures d'hymne à la beauté, à l'art de vivre et à la dolce vita.
Depuis 20 ans, invariablement, on termine les vacances d'été par une semaine en Suisse (quand on n'y a pas passé l'entièreté de nos vacances). Avec une soeur installée en Suisse et des parents qui louent tout le mois de juillet à la montagne, c'est un passage non pas obligé mais oblique vers le retour à la dure réalité.
En 20 ans, on a épuisé tout ce qui peut être fait sur place. Et on a fait le tri de ce qu'on aimait vraiment. On s'est donc concocté un vrai programme fourre-tout et pour tous les goûts:
une marche en montagne (bien moins longue que d'habitude, genou, cheville et mollet divers obligent)
Pour la première fois depuis 20 ans, on a fait l'impasse sur le feu d'artifice de la fête nationale. Par contre, on n'a pas échappé à la dispute annuelle autour du jeu de cartes.