Catégorie : Ailleurs

  • Turkish delights

    Nous n’aurions sans doute jamais choisi ce format de voyage. Organisé, en car, format retraités et plus, avec arrêts sur sites archéologiques, sur musées, sur bazars, sur mosquées, sur ateliers d’artisans de tapis, bijoux ou cuir, arrêts chronométrés et réglementés. C’est clair que cela nous a demandé un certain lâcher prise. Bien sûr , il y a eu des moments plus tendus, quand on serait bien restés une ou deux heures de plus sur le site de Pergame ou de l’ancienne ville de Troie ou encore au musée de Topkapi, quand on est passé à côté de Sainte Sophie et qu’on n’a pas pu y mettre un pied parce que pas au programme ou quand on nous emmène chez des marchands de tapis, bijoux et cuir et où une armée de vendeurs vous encerclent pendant la courte présentation et vous assaillent tout de suite après pour ne plus vous lâcher jusqu’à ce que vous achetiez un tapis, un bijou ou une veste en cuir. 

    Mais il y a eu aussi des moments vraiment lumineux. L’ambiance dans le car était vraiment sympa. Un bon paquet de troisième âge, d’éclopés, de cannes, d’appareils auditifs mais une joie de vivre et de l’optimisme à revendre. Des visites même raccourcies de sites époustouflants, du mythique Topkapi, de la mosquée bleue, de bazars et marchés éclatants de couleurs et de parfums, des petits cafés turcs en terrasse. Un tour en bateau dans la Corne d’Or, une rencontre inattendue avec un habitant qui nous a offert un thé à Gallipoli, un aperçu de dix minutes sur les impressionnantes terrasses de calcaire de Pamukkale, une cérémonie de derviches tourneurs (probablement spéciale touristes mais majestueuse néanmoins).

    Puis la deuxième semaine, on a laissé nos petits copains de car dans un hôtel all-in, on a loué une voiture et visité – à notre rythme cette fois – d’autres sites comme Ephèse, Priène, Didyme et Milet. On a poussé jusqu’à Bodrum où l’on est resté deux nuits. Le château de Bodrum est une pure merveille et abrite, grain de grenade sur le baklava, un musée d’archéologie sous-marine vraiment époustouflant.

    En deux semaines, j’ai appris un nombre incroyable de choses, j’ai rencontré une foule d’individus humainement très intéressants et attachants, j’ai vu beaucoup de beauté, en bref, il n’est pas impossible que je réitère l’expérience.

    Petite anecdote qui a bien fait rire tout le monde de ma naïveté: bien sûr, je connaissais Ataturk mais je n’avais jamais poussé la curiosité à savoir à quoi il ressemblait. Il se trouve qu’en Turquie, son portrait apparait partout. Mais vraiment partout. A chaque coin de rue, dans chaque magasin, devant chaque hôtel, etc…. Lorsque j’ai découvert un portrait grandeur poster devant notre premier hôtel, j’ai cru que le propriétaire de l’hôtel venait de mourir et qu’on lui rendait hommage à l’entrée. On m’a vite fait comprendre ma méprise et à chaque portrait rencontré, je suis devenue la mignonne petite tête de Turc du groupe.

  • Family in Paris

    Jouer les Parisiennes pendant deux jours et trois nuits, maman, Sis’Cile et moi pour fêter les 60 ans de Swiss’Sis.

    Arrivée un peu plus tôt que nous à la gare de Lyon, la jubilaire est venue nous chercher à la gare du Nord. De là, on a rejoint nos pénates louées pour trois nuits au pied de la Tour Eiffel, un appartement au sixième étage d’un vieil immeuble. L’ascenseur ne peut emmener qu’une personne et une valise à la fois. Si on contrevient à la règle, c’est 500€ d’amende, ça commence fort. On s’installe vite fait et on trouve notre cantine dès le premier soir, une brasserie super sympa où on mange vraiment bien et où l’ambiance est très détendue. Sis’Cile décrète qu’on reviendra manger là les soirs suivants. Un des garçons a dû lire dans ses pensées et nous a dit « A demain ».

    Expo Greuze au Petit Palais, découverte de la nouvelle Notre Dame, expo Rock and drôle d’Antoine de Caunes au Bon Marché (tiens c’est bizarre, m’aurait-il volé mon titre ?), expo photos Vanessa Paradis, près de deux heures dans la Grande Epicerie (excitées comme des poules sans tête dans les rayons), un thé chez The Caddy Tea avec des scones et tout et tout, juste à côté de Shakespeare and Company, la Seine, les quais, le Marais, marcher, marcher, marcher, monter (surtout) et descendre les escaliers du métro parisien (bravo Maman !), grignoter des sandwiches au pâté (maman a vidé son frigo) sur des bancs publics en se foutant pas mal du regard oblique, soleil et ciel bleu tout le temps, une pièce de théâtre un soir avec Isabelle Carré et Bernard Campan (pur délice) et puis champagne et saumon fumé à l’appart.

    Un joli programme. Je crois que Swiss’Sis a aimé son cadeau mais la plus ravie était sans conteste la maman de ces trois filles en goguette. Si ça ne tenait qu’à elle, on pourrait fêter tous les anniversaires à venir in Paris.

  • Ramiers voyageurs

    A peine revenus, le temps de défaire les valises, lancer les machines, repasser, embrasser tous les enfants, embrasser Maman et nous voilà repartis pour quelques jours avec J. et S. dans les Langhe, magnifique région du Piémont, patrie du Barolo, des noisettes et de la truffe. On est retourné dans cet agritourisme que l’Homme et moi avions découvert il y a deux ans. J’avais adoré ce couple de retraités qui a transformé la maison d’une des grand-mères en maison de campagne puis annexé les dépendances pour accueillir leurs deux mamans vieillissantes et à leur décès à toutes les deux (quando ci sono mancate – quand elles en sont venues à nous manquer – l’italien est si beau), recyclé le tout en chambre d’hôtes quelques mois par an. Je crois que J. et S. les ont aussi bien aimés. Le soleil nous a accompagnés pendant 4 jours, en promenade dans une nature incroyable, en dégustation de vins, visites de châteaux, et en repas mémorables. Cerise sur le gâteau, nous avons découvert l’exposition d’un artiste italien qui nous a émus aux larmes (enfin surtout les filles). A peine rentrés, nous voilà repartis fin d’après-midi pour Rotterdam pour un concert en hommage à Mikis Theodorakis qui aurait fêté son centenaire cette année et c’était tout simplement magique.

    Retour à la maison le soir même, mardi yoga, accueillir les filles l’après-midi parce que les enseignants sont en grève, nain jaune, puzzles et goûter puis je file au cours de danses grecques. Le mercredi, on accueille Jules, Sam et Amalia exceptionnellement. Ils ouvrent l’armoire à jeux, chacun prend ce qui lui plait. A la fin de l’après-midi, l’armoire est vide, il y a des jouets partout partout mais ils ont été exemplaires.

    Ils sont punis depuis quelques jours et privés de sucreries jusqu’à la fin du mois. Au moment de les ramener, Jules me demande si on peut passer devant l’école, peut-être que le marchand de gaufres chaudes sera là et on pourra ouvrir la vitre de la voiture pour qu’il puisse se nourrir du parfum de la gaufre. Jules l’épicurien.

    Après les avoir ramenés, on file à un spectacle de marionnettes sur le thème des violences sexuelles et autour d’Edith Piaf. Super bien fait.

    Demain je pars à Paris avec maman et mes deux soeurs pour fêter ensemble les 60 ans de Swiss’Sis.

    On nous demande souvent si on ne peut pas s’arrêter un peu. Et bien non, je ne veux pas. Je dois tenir de ma maman et si c’est ça qui la maintient en forme à 87 ans, je veux bien suivre ses traces.

  • Les petits plaisirs

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    Après tout un été de pioux, dix jours rien qu'à nous deux. Enfin presque. Voilà quelque temps que J et S insistent pour qu'on passe quelques jours avec eux dans cette île au large de la Sicile, plutôt difficile d'accès. Ils y ont loué un dammuso pour une dizaine de jours pour y convier quelques amis. Le hic, c'est qu'ils ont réservé aux mêmes dates où nous avons déjà depuis longtemps notre réservation dans notre sacro-sainte Venise. Et donc, un peu de guerre lasse, un peu pour ne pas les vexer, nous avons fini par amputer notre séjour à Venise de 3 jours, pris nos billets d'avion Venise-Palerme, Palerme-Pantelleria et Pantelleria-Venise. Et nous nous sommes embarqués, un peu la moue boudeuse. A tort, comme toujours, quand nous chaussons nos souliers de plomb. L'île est belle, même si nous ne la voyons pas avec les mêmes yeux amoureux que J. – mais nous pouvons comprendre puisque nous vivons cet amour inconditionnel avec la Sérénissime – mais surtout ils ont invité des amis que nous ne connaissions pas à l'exception d'un couple. Et c'est là que souvent la magie opère. Tous plus sympas les uns que les autres, de belles personnes, drôles aussi. Un couple de Romains, un couple de Roumains, un Napolitain et une Néerlandaise. Un arc en ciel d'horizons différents. Et on en repart plus riches qu'avant.

    Retour à Venise où nous avions laissé la voiture, changement de valises et nous voilà à nouveau dans la ville du bonheur. On retrouve notre sous-toiture, notre terrasse sur le toit. Et c'est parti pour dix jours d'expos, de restos et de journées lecture en mode lézard. Je suis toujours émerveillée de voir qu'on peut passer dix jours ensemble H24 sans jamais s'ennuyer ou avoir envie de souffler. Je suis bien avec lui et il me semble bien avec moi.

    J'ai dévoré trois livres: Limonov d'Emmanuel Carrère; la Danse de la Mouette d'Andrea Camilleri; et Pierre-Auguste Renoir, mon père de Jean Renoir. A la descente, on s'était arrêté pour voir une expo sur les Regards Croisés de Renoir et Cézanne. Et j'ai acheté le livre pour poursuivre cette plongée dans la magie de Renoir.

    On s'est offert cinq expos tout aussi différentes qu'intéressantes:

    • Une installation d'Eva Jospin assez féérique, une forêt faite de tableaux brodés et de cartons finement ciselés. Un magnifique travail et une impression de toute beauté.
    • Une rétrospective sur l'oeuvre de Robert Indiana, connu surtout pour sa sculpture du mot LOVE, reprise sous des dizaines de forme, mais qui a créé bien plus que ça en grand maître du pop art. J'ai adoré.
    • Une installation complètement folle reconstituant un soi-disant mont de piété à l'endroit même de l'ancien Mont de Piété de Venise, devenu la Fondation Prada (!), un amoncellement d'objets totalement disparates, des piles de journaux, des outils, des collections de luges, des vélos, des bijoux de pacotille par  centaines, des civières de la Croix-Rouge, des monceaux de vêtements, j'en passe autant que j'en oublie. 
    • Une exposition sur l'artiste de rue Ernest Pignon-Ernest, des portraits magnifiques dessinés au fusain de Pasolini, Alma Akhmatova ou Forough Farrokzhad, poétesses l'une russe, l'autre iranienne, faisant écho à mes lectures toutes récentes. Je ne les connaissais pas avant de les lire cette année et je les retrouve par hasard – mais est-ce un hasard ? – dans  cette expo.
    • Une grande foire d'artisanat du monde entier organisée sur le thème de la vie à la mort. Beaucoup de belles choses en peu de temps.

     

    Et last but not least, on s'est régalé dans quelques restaurants, connus ou découverts, mais pour la plupart exquis dans l'assiette et dans le verre.

    Bref, encore un séjour haut en bonheur. 

     

  • En mai, fais ce qu’il te plait

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    Un mois de passé depuis mon dernier billet. Le temps me file entre les doigts. Mais le moins qu'on puisse dire c'est que j'aurai appliqué autant que faire se peut l'adage dévolu au mois de mai.

    La première semaine de vacances scolaires, on a gardé les filles et Maoh est venu les rejoindre pour une nuit et un jour à la fin de la semaine. Quand Maoh est là, je dors avec eux. Il a encore besoin d'être rassuré et moi, je n'aime pas faire des allers-retours la nuit. C'était une combinaison inédite: Sappho, Lémoni et Maoh. Et le combo a fonctionné à merveille. J'ai retrouvé en Sappho l'aînée que j'étais, organisatrice de jeux en tous genre mais un chouia très directrice. Quand elle a dit aux deux autres: "Ce n'est plus possible de jouer à la cabane, vous l'avez cassée. C'est dommage…..", l'Homme s'est empressé d'envoyer un message au clan en demandant : "Ça ne vous rappelle personne ?". Tsssss. Le jeudi, on a réalisé un atelier raviolis à la courge avec les deux filles. Quatre heures de boulot, essentiellement pour l'Homme, faute de machine à abaisser la pâte. Mais un résultat plus qu'honorable.

    Puis on est partis – guess where – en Italie passer une semaine chez des amis en Ombrie. Une semaine de dolce vita et de farniente total. Rien que des moments de douceur, de discussions sans fin, de plaisirs en cuisine et des découvertes d'amis d'amis. 

    A notre retour, nous avons repris notre rythme soutenu d'heureux retraités, puis nous sommes partis en Champagne nous réapprovisionner pour tous les moments festifs à venir. Et nous avons passé le long weekend de Pentecôte avec Françoise et Thierry à la maison-jardin, faire un grand tri de printemps. 

    Et cette dernière semaine s'est à nouveau passée sous le signe des Pioux. Aller chercher Sappho à l'école un jour de grève de la garderie et fondre devant ce sourire de plaisir quand elle nous voit. Faire un crochet au retour pour lui offrir un cornet à deux boules. Passer le vendredi soir avec Quentin, Kerya, Maoh et Oona. Garder Amalia le samedi pendant que son frère fête son anniversaire à la ferme. Et profiter de l'absence de sa maman pour avoir droit aux câlins qu'elle refuse systématiquement lorsqu'Anaïs est là. Accueillir le soir SamSam, Lémoni et Maoh pour la nuit. Une autre combinaison qui a très bien marché. Et finir le dimanche en fêtant les 4 ans de SamSam avec les adultes cette fois. 

    C'est vrai qu'après deux, voire trois semaines selon les fratries, sans les voir, j'avais besoin d'une immersion dans cette petite bande d'amour.

  • Juste être là

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    "On est bien parce qu’on est là. On est bien parce qu’on n’est nulle part mieux que là où on est. Habitant ce corps-là, tranquillement posté à la frontière entre ce qui est soi et ce qui n’est pas soi, entre le dehors et le dedans, et se sentant vivre. Pas faire quelque chose : seulement vivre. Ca n’a rien d’extraordinaire, c’est le contraire : l’ordinaire même." Emmanuel Carrère – Yoga

     

    Cela peut paraître un peu surfait de dire ces choses là mais j'ai tellement peu l'habitude de vivre le moment présent que cela valait la peine de le souligner. Après l'épisode un peu difficile qui a précédé notre départ, arriver ici a été un pur bonheur. Ici j'arrive à ne (presque) plus penser qu'en termes d'"ici et maintenant" et à mettre ma to do list au frigo. Je vis au jour le jour sans autre préoccupation que de savoir ce qu'on va faire au cours des prochaines heures. Lézarder au soleil avec un bon bouquin, visiter un musée, programmer un resto, flâner au hasard dans Venise, …..

    Et puis fêter ces 40 années de bonheur à deux, dans cette lagune qui nous va si bien, dans ce restaurant où on est accueilli comme des amis, sur cette île, berceau de Venise, si petite qu'elle ne compte plus que 10 habitants et où j'ai eu la prétention d'écrire à l'un deux qui vend sa maison qui aurait pu nous accueillir avec toute la tribu de temps en temps mais qui n'entre malheureusement pas dans notre budget. 

    Je m'étais jurée qu'une fois à la retraite, je pourrais enfin trouver le temps d'écumer toutes les expos de Bruxelles et c'est complètement raté. Si j'arrive à en voir une ou deux sur l'année, c'est beaucoup. Par contre, ici, on profite du fait de ne pas avoir dix mille choses à faire pour passer la porte de quelques musées pour mon grand plaisir. Encore que, cette année, la pioche n'a pas été extraordinaire. Mais j'en retire malgré tout toujours quelque chose.

    Ici, on passe 24 heures sur 24 ensemble et tout est fluide comme un vaporetto qui glisse sur le grand canal. Jamais un mot plus haut que l'autre, des attentions permanentes l'un pour l'autre, un immense plaisir partagé à table, un même rythme, une même harmonie.

    A défaut de pouvoir vivre ici, on veut y revenir autant de fois qu'on le pourra encore. 

     

     

     

  • Un voyage haut en couleurs

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    Après avoir terminé l'année 2023 et commencé 2024 sur les chapeaux de roue, nous avons pris l'avion le 2 janvier pour une destination inattendue. Bien sûr, on savait où on allait mais ce n'est sans doute pas le premier pays que j'aurais choisi pour fêter un an de retraite. Mais G. et C. nous ont proposé de partir en Inde, et contre toute attente, l'Homme a dit "Pourquoi pas ?". Dans ces conditions, je n'ai pas chipoté sur la destination et j'ai signé des deux mains. 

    Il me restait malgré tout quelques appréhensions mais celles-ci se sont complètement évanouies dès que j'ai posé le pied sur le sol indien. J'ai dans un premier temps été étourdie par le concert ininterrompu de klaxons et la densité de circulation mais petit à petit, je me suis détendue tant la circulation était fluide. En 3 semaines, je n'ai pas vu un seul accident ni le moindre accrochage. Après l'oreille, ce sont mes yeux qui en pris plein la vue. Jusqu'au dernier jour, j'ai été éblouie par l'arc-en-ciel de saris colorés et chatoyants et l'élégance dont ce vêtement habille chaque femme, quelle que soit sa morphologie. 

    Notre voyage avait la forme d'un sourire. De Chennai, ancienne Madras, à Goa, en passant par Pondichéry, Tanjore, Ooty, Cochin, Hampi et tant d'autres étapes aussi variées que dépaysantes. 

    J'ai tout aimé: le vert inédit des rizières, les plantations de thé comme autant de petits coussins verts, les temples époustouflants, les uns creusés à même la roche, les autres construits en énormes blocs de pierres, la dévotion incroyable des Hindous – j'ai moins aimé toutefois me déchausser les jours de pluie, marcher dans la boue et remettre mes baskets sans avoir l'occasion de me laver les pieds mais bon, sortir de sa zone de confort, cela ne peut pas faire de mal parfois -, je suis devenue une spécialiste de la mythologie indienne – bon, niveau 1, mais quand même, je ne m'en sortais pas trop mal -, la visite d'Auroville, cette utopie des années 70, la découverte des banyans, la soirée de mon anniversaire dans un ancien palais de riches commerçants Chettyar, la fête de Pongal, les kolams devant les maisons, ces magnifiques symétries dessinées par les femmes chaque matin, les visites de palais plutôt pas laids, la visite d'un jardin de plantes ayurvédiques, la journée en bateau sur les backwaters au milieu des jacinthes sauvages et des lotus, les deux safaris dont l'un à 6 heures du matin qui nous a permis de voir, chose très rare, un éléphant dormir couché près de son bébé de quelques semaines (normalement les éléphants dorment debout pour éviter de prendre trop de temps à lever leur lourde carcasse en cas de danger et ne s'autorisent à dormir couchés que lorsqu'ils se sentent en confiance), le magnifique site de Hampi, la cuisine indienne malgré le côté parfois fort fort épicé et surtout surtout j'ai été conquise par les Indiens, leur sourire, leur gentillesse et leur permanente envie d'être photographiés avec nous.

     Une semaine après notre retour, je suis toujours sous le charme. Je pourrais y retourner demain. Sans doute à un autre rythme. Mais cette Inde-là, celle du Sud, m'a définitivement séduite. 

     

     

  • Veni etiam

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    Mais que j'aime cette ville. Je ne l'ai pas encore quittée que je pense déjà à organiser nos retrouvailles. Veni etiam, viens encore. Il ne faudra pas me le répéter deux fois. Je reviens dès que je peux. A chaque séjour, je suis un peu plus amoureuse. De l'eau, de la lagune, du soleil qui scintille sur l'eau, des ponts, des ruelles sombres, des campi déserts puis résonnant de cris d'enfants, du va et vient des vaporetti, du bruit qu'ils font quand ils freinent et accostent, des petites vieilles et leurs caddies, ….

    On a retrouvé nos restaurants favoris, on a pris le temps de faire deux-trois expos, on a marché, marché, marché, on a découvert une nouvelle île, San Servolo, si sereine, on s'est reposés sur notre altana, on a lu, on a ri, on a aimé chaque instant. 

    J'ai enfin fait découvrir à l'Homme le musée Fortuny, dans sa maison, le Palazzo Pesaro degli Orfei, transformé en atelier par Mariano Fortuny et sa femme Henriette, lui Espagnol, elle Française et eux deux amoureux de Venise.  Fortuny se consacrait aux nombreuses disciplines qui le passionnaient: de la photographie à la peinture, en passant par l’éclairage théâtral et domestique et le couple fabriquait à la main des tissus et des vêtements et c'est surtout cette activité là qui est passée à la postérité. 

    Comme il pleuvait, on s'est engouffré dans un second musée présentant une expo sur 70 ans de photographies de Vogue de 1910 à 1980. Une sorte de chronorama qui traverse presque tout un siècle par le biais de près de 400 photos connues, moins connues ou totalement inédites. Impressionnant.

    Quelques jours plus tard, j'ai voulu voir une expo de photographies prises par Nikos Aliagas, "Regards Vénitiens" que je n'ai pas aimée mais qui nous a permis de découvrir dans le même bâtiment une autre exposition sur le Marco Polo de l'Inde, Nicolo Manucci. Et là j'ai adoré. Comme quoi, ne jamais hésiter, une expo peut en cacher une autre.
     
    A part ça, on a dormi comme des marmottes, il a préparé des petits déjeuners succulents, on a pris son temps pour tout, on a mangé des glaces chaque jour, la dernière à la truffe blanche, à tomber, on a regardé des films bêtes et moins bêtes, on a regardé la lune grossir jour après jour au-dessus du canal, enfin bref, deux semaines idylliques. 

     

  • Rentrée des pioux, sortie pour nous

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    Rentrée des classes pour quatre des pioux dont une à l'école primaire, l'autre à l'école maternelle. Une rentrée toute en douceur. Petit bémol tout de même: après deux semaines, Le meilleur ami de Sappho, dont elle est inséparable depuis leur entrée à la crèche, a changé d'école du jour au lendemain, sans signe avant-coureur, sans même avoir eu le temps de dire au revoir. Ce n'est pas comme s'ils n'allaient plus se voir du tout mais le choc est grand malgré tout quand le matin on arrive à l'école et il n'est plus là. Et même si Sappho ne montre pas trop de désarroi, on ne sait pas ce qu'il se passe derrière ses beaux yeux bleus un peu perdus….

    Sortie pour nous, maintenant que nous avons rendu nos tabliers de grands-parents d'été. Alors en route pour la Bourgogne pour retrouver Gérard et Martine que nous n'avons plus vus depuis 15 ans pour lui, 20 ans pour elle. On s'est rencontrés en Italie, lui et moi comme collègues, elle et l'Homme au cours d'italien. Elle a vite trouvé un boulot d'institutrice au Lycée Français et Quentin l'a adorée dès le premier jour. Après cinq ans, nos chemins se sont séparés, nous sommes rentrés en Belgique, eux ont encore fait un petit tour de deux ans en Jordanie avant de rentrer dans leur Bourgogne. Les retrouver a été un pur plaisir. Deux nuits chez eux, deux journées enivrantes dans tous les sens du terme.

    Puis nous avons mis le cap sur l'Italie. Après une nuit dans un agritourisme absolument délicieux, nous avons pris le bateau à Ancône vers la Grèce. Trois petits jours dans Athènes la magnifique avant d'assister à ce concert tant attendu. Concert inoubliable dans un endroit magique, l'Odéon d'Hérode Atticus, juste sous l'aile de l'Acropole. Je n'en reviens toujours pas d'avoir vécu ce moment. 

    Seul bémol, une bronchite bien malvenue m'a empêchée de profiter comme j'aurais voulu de ces 3 jours à Athènes. 

    Retour à la maison pour une petite semaine, le temps de fêter avec retard nos amis lions, de retrouver les enfants et les pioux et de convertir le cadeau de mes collègues en 2 billets d'avion pour le Sud de l'Inde. Et de refaire les valises pour Venise !

    Elle est pas belle la vie de pensionnés ?

  • Le cadeau

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    Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, dans une autre vie, j'ai dû être grecque. Cela fait quarante ans que je vibre au son de la langue grecque et de la musique grecque, rebêtiko en particulier. 

    Et voilà que début juillet, j'ai découvert, totalement par hasard, un compositeur et chef d'orchestre grec aussi connu que Mikis Theodorakis dans son pays mais très peu hors Grèce. J'ai regardé en boucle des concerts qu'il a dirigés et où la majorité des morceaux joués étaient ceux que j'aimais depuis 40 ans, réalisant par la force des choses que c'est cet homme là qui a composé tous ces fabuleux  morceaux. Le regarder diriger les musiciens et les chanteurs était juste du pur bonheur. Je peux même dire qu'il était fringamment séduisant malgré son âge avancé.

    De fil en aiguille, j'apprends qu'il donne un concert le 3 septembre qui s'annonce "Stavros Xarchakos. Rebêtiko, 40 ans après". C'est comme si une boucle se bouclait. Pistache sur le baklava, ce concert se donne en plein air sur le flanc de la colline qui mène à l'Acropole, dans l'Odeon d'Hérode Atticus. Il y a 4 ans, en redescendant de l'Acropole, je me suis arrêtée pour écouter et regarder les répétitions d'un concert prévu le soir. J'ai regretté depuis ce moment de n'avoir pas cédé à l'envie de prendre des places pour être là, même sans savoir vraiment qui donnait un concert ce soir là, tellement l'endroit est magique.

    La billetterie ouvre le 10 juillet. La nuit, l'idée surgit. Et pourquoi pas en fait ? Si je ne cède pas à mes envies maintenant, quand le ferais-je ?

    Il y a ce cadeau qu'ils m'ont offert pour mes 60 ans. Un voyage au choix que je n'ai jamais eu l'occasion de choisir because of Covid. Et si je choisissais pour destination Athènes pour quelques jours début septembre ? Oui mais. Oui mais on descend à Venise mi-septembre, c'est un peu exagéré. Oui mais j'ai une intervention prévue chez la dermato. Oui mais on a un rendez-vous chez l'ophtalmo. Oui mais on est invité chez Anne et Guido. Oui mais on descend en Bourgogne chez Gérard et Martine fin août. 

    Mais la pulsion est très forte. J'en parle à l'Homme, pensant qu'il me ramènerait les pieds sur terre. Il a répondu: "ok, on prend le bateau à Ancône". 

    Le 10 juillet à midi, j'avais deux places à l'Odéon. On a mis quelques jours à trouver encore des places sur un bateau, un hôtel à Athènes, on a reporté l'ophtalmo et la dermato, réorganisé les rendez-vous avec les amis. 

    Je n'en reviens toujours pas. Mon excitation s'est un peu calmée mais je suis comme un enfant qui attend Noël. Je crois que je ferais bien d'avoir des coups de folie plus souvent. De toute manière, c'est maintenant ou jamais.