Catégorie : Ailleurs

  • Pomme d’amour

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    Ville aux multiples facettes, nous l'avons visitée en deux fois. Un dimanche, assoupie au soleil, où elle nous a dévoilé tous ses charmes. Un mercredi, beaucoup moins endormie et moins charmante.

    Le dimanche matin, avant que les Grenadins ne sortent de l'église ou de leur lit, se faufiler à pas de loup dans les petites ruelles ensoleillées et ensommeillées, gagner la place Bib-Rambla et trouver encore une table de libre au Bib-Rambla Gran Café, déguster les meilleurs churros de Grenade, nos premiers churros à nous, à accompagner absolument d'un chocolat chaud épais comme de la crème. Mais très vite, la ville se réveille, les Grenadins s'installent pour leur brunch dominical, les touristes débarquent.

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    Le moment venu pour nous de commencer la visite de l'Albaicin, l'ancien quartier maure de la ville, qui a sauvegardé l'aspect de medina qu'il avait il y a plusieurs siècles. Nous nous sommes balladés au hasard de ses ruelles étroites, de ses culs-de-sac, au détour de ses petites places pavées, nous avons furtivement passé la tête pour admirer les patios fleuris de ses demeures anciennes. En quelque sorte, un petit Montmartre espagnol. Tout en haut, sur la place du Tertre plaza San Nicolas, la vue mythique et la plus photographiée au monde sur l'Alhambra, Grenade et la Sierra Nevada.

    Finir la journée par LA glace des vacances, tellement à tomber que les deux représentants mâles sont retournés chez le glacier illico s'en remettre deux boules.

    Le mercredi, changement d'ambiance. Visite programmée de l'Alhambra. Le nombre d'entrées vendues sur place est très limité et il est hautement recommandé de réserver par Internet. Par contre, la réservation n'est valable que pour une heure bien déterminée et il vaut mieux arriver à l'heure. Avant l'heure, c'est pas l'heure et après l'heure c'est plus l'heure. Du coup, l'affluence est grande et on se marche un peu sur les pieds. Bizarrement, il n'y a quasi personne sur aucune de nos photos mais là, je dois louer la patience incroyable de mon photographe attitré qui traque le moindre passage à vide entre deux groupes et leur guide ou entre deux familles à la queue leu leu. 

    Etait-ce la foule qui m'oppresse, était-ce l'attente trop importante de merveilleux, ou peut-être l'agacement assez perceptible de l'Homme par rapport à l'organisation trop rigide à son goût, était-ce la chaleur, une fatigue plus marquée ? Toujours est-il que je n'ai pas été touchée par la grâce et la beauté de l'endroit comme je m'y attendais. Mais en visionnant les photos par la suite j'y ai vu beaucoup plus de charme et de merveilles que sur place. Pourtant Dieu sait si ce style me plait infiniment, ce raffinement extrême, la fragilité des matériaux comme le plâtre et le stuc, la calligraphie arabe omniprésente sur les murs, les bassins et les fontaines dans des jardins et sur des terrasses enchanteresses.

     

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    Et pour finir la journée à Grenade et l'avant-dernier jour des vacances en beauté, un petit coup de boules: trois boules cette fois – on ne reviendra pas de sitôt – plus deux puisque affinités pour qui vous savez.

  • Hemingway, Orson Welles et Ordonez

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    Excursion à l’intérieur des terres, deux heures de route dont une partie dans des lacets de montagne. On n’aime pas trop ça mais on s’accroche. On pense déboucher sur un petit village de montagne, blanc et sauvage, qui nous récompensera de ce trajet un peu nauséeux et à notre grand dépit, au détour d’un virage, une ville, une vraie ville tout ce qu’il y a de plus moderne nous saute au visage. Je sens les soupirs se gonfler dans l’habitacle. Heureusement, quelques kilomètrs plus loin, le vieux centre de la ville se fait pardonner ses abords trompeurs.

    Un vieux pont enjambe à 100 mètres de hauteur une gorge impressionnante qui coupe la ville en deux. On frissonne à l’idée que durant la guerre civile, les opposants au régime de Franco étaient jetés vivants de haut de ce pont. C’est ce que raconte Hemingway dans son roman « Pour qui sonne le glas ». Ce cher Ernest qui adorait ce coin d’Espagne et plus encore ses arènes spectaculaires. C’est vrai qu’elles sont belles et comptent parmi les plus belles d’Espagne voire du monde. Le sable ocre se marie à merveille avec les barrières en bois et la pierre des tribunes. Elles font en tout cas partie des plus anciennes et des plus respectées. Orson Welles, adorateur des corridas, demanda à ce que ses cendres soient dispersées dans cette arène mais ce lui fut refusé et c’est finalement sur les terres d’Ordonez, torero adulé en Espagne qu’elles le furent. J’ai beau être totalement hermétique à l’art de la tauromachie, je n’ai pu m’empêcher d'être totalement impressionnée par la visite de ces lieux particuliers.

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  • Une gitane, un barbier et un tombeur

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    Après trois jours de récupération, piscine, bronzette, bouquins, mah-jong, apéros, salades et barbecue, on a entamé notre série « Un jour à… ». Pour le début de la série, on a choisi la destination la plus lointaine de notre moulin, à deux heures et demie de route. Sans compter la recherche du parking pas complet, avec un GPS pas coopérant, un homme de plus en plus irrité, prêt à refaire les deux heures et demie de retour sur le champ. Moment délicat où, si l’on veut maintenir le programme fixé pour la journée, la diplomatie à déployer est un mélange subtil de soutien dans l’agacement «  Oui, cette c…. (petit nom affectueux de la madame GPS) est vraiment nulle ! », « C’est incroyable, il y a des sens interdits partout dans cette ville ! » ,  d’encouragement par petites touches « Je te cherche le parking le plus proche après celui-ci… » et de remerciements admiratifs  « Merci de nous avoir amenés jusqu’ici » (en chœur et en canon avec les enfants).

    Donc, Séville, nous voici. Une ville bourrée de charme, une lumière absolument magnifique. C’est donc ici que Carmen, Figaro et don Juan ont sévi….. 

     La plus grande cathédrale d’Europe, après Saint Pierre à Rome et St Paul à Londres, que personnellement j’ai trouvé bien plus belle de l’extérieur qu’à l’intérieur. La Giralda, emblématique de Séville, ancien minaret que les catholiques se sont empressés de coiffer d’un clocher au moment de la Reconquista, histoire de bien faire savoir qui était au pouvoir alors. Le muezzin y grimpait à cheval tout le long d’une rampe de 35 paliers, nous, on y monte à pied. Et la vue est superbe, sur tout, sur Séville, sur les terrasses environnantes, sur les arches ciselées de la cathédrale, sur les cloches. Magnifique. 

    Après un petit bocadillo et un jus d’oranges pressées sur une terrasse aspergée, ô luxe suprême, de vapeur d’eau fraiche, on enchaîne avec los reales alcazares. J’ai failli y renoncer, vu la chaleur et la fatigue, mais franchement, l’homme a bien fait d’insister. D’anciens palais maures absolument splendides, réinvestis par les rois catholiques qui raffolaient eux aussi de l’art mudéjar. Un luxe inouï de pièces, plus belles les unes que les autres, des patios délicieux et tout autant de jardins incroyables. Quentin et moi, nous avons visité cet alcazar témoin, avec une idée bien précise de l’endroit où on installerait notre lit, la table du petit déjeuner et la machine à espressos. J’achète !

     Retour fatigué mais heureux et le cœur et les yeux remplis de tant de beauté. 

     

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  • Vacances, j’oublie tout

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    J'aurais bien voulu encore faire une petite note pour Delphine sur une sélection des meilleurs bouquins lus ces derniers mois, mais je n'aurai pas le temps. J'en ferai une après les vacances, ce sera encore mieux.

    J'aurais voulu tout nettoyer mais tant pis. De toute façon, ce n'est pas Mamy L. qui vient nourrir le chat et les plantes, c'est JD qui garde tout. La maison, le chat et les plantes.

    J'aurais voulu tout repasser mais le fer à repasser a rendu l'âme hier. On en a vite racheté un autre mais ce ne sera pas suffisant pour tout liquider.

    J'aurais voulu faire les soldes mais je n'ai pas vraiment eu le courage.

    J'aurais voulu, j'aurais voulu. Et bien j'ai pas pu. Voilà.

    Demain, on part chercher la chaleur là où elle se trouve, au pays du flamenco, de Pablo Picasso et de l'Alhambra.

    Demain, j'oublie tout.

    A très vite. (Enfin, pas trop vite).

  • Impressions très personnelles – en vrac

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    Meteo: Difficile de croire qu'on était à la même latitude que Naples ou Madrid. Les gratte-ciels et les rues rectilignes se serrent les unes contre les uns pour former de longs et hauts couloirs où le vent s'engouffre et gèle les os. Il y avait longtemps que je n'avais plus eu aussi froid….

    Mes pieds: J’ai marché, marché, marché. Je suis prête pour Compostelle mais je vais revoir mes distances à la baisse. 4 heures par jour me semblent amplement suffisantes. Au régime de six à sept heures par jour, je ne tiens pas plus de 3 jours. Le matin du quatrième jour, j’aurais bien demandé une chaise roulante. Mais on pourra dire qu’on a sillonné Manhattan en long et en large, en rues et en avenues. Je signale aux guides touristiques que les 45 secondes pour aller d’une rue à l’autre et les 2 minutes pour aller d’une avenue à l’autre sont un peu sous-estimés. Il faut compter avec les feux de signalisation, neuf fois sur dix au rouge quand j’arrive. C’est ainsi que nous avons mal calculé et que nous sommes arrivés au rendez-vous avec Lola avec royalement vingt minutes de retard.

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    Grand Central Terminal: Une gare extraordinaire; on y a passé au moins deux heures. Tout était beau. Du sol au plafond – Ah ce plafond qui représente la voûte céleste, magique ! -. Des guichets aux escaliers. Des quais aux portes battantes. Peu de trains toutefois mais suffisamment pour la maintenir en vie. C'est Paul Auster qui m'y a emmenée, que Sis'Cile en soit remerciée !

    Grayline: Les bus hop on hop off sont parfaits pour voir beaucoup de choses en un minimum de temps. Mais quand il fait deux degrés, le séjour prolongé sur le deck supérieur, en plein vent, sans bonnet et sans gants, fait qu'on renonce à faire le tour complet; on descend au point le plus éloigné du trajet et on revient à pied. C’est ainsi qu’on a arpenté Central Park dans toute sa longueur.

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    Central Park: Un de ces lieux mythiques qui m’a toujours fait rêver. Se dire “j’y suis” et être tellement congelée qu’il m’a fallu une bonne demi-heure de soleil en perfusion pour revenir à la réalité et en profiter pleinement. 

    Beurk food: Nous disions donc 5 portions de fruits et 4 portions de légumes par jour ? Disons tout de suite que ces bonnes résolutions sont intenables lors d’un séjour comme celui-ci. Petit déjeuner américain avec les oeufs brouillés, les pommes de terre et le lard grillé, histoire de se caler l’estomac pour la journée,  un peu de fromage et jambon accompagnés de quelques tranchettes de concombre et de tomates épouvantablement transgéniques et terminer par quelques fruits coupés, melon, ananas et raisin sans aucun goût. La journée, on a fait l’impasse sur le fast food offert à tous les coins de rue (bretzels, bagels, pizzas, hamburgers, hot dogs, pittas, nuts4nuts, …). Deux soirs sur trois, on s’est contenté d’un paquet de chips, fromage et saucisson (je sens littéralement les plaques d’athérome s’aggripper aux parois de mes artères). Le seul soir où on s’est offert un resto, on a visé “italien”, on a lu les commentaires sur internet qui laissaient raisonnablement à penser que ce serait décent. Et même là, déception. A part le café et le vin. Mais le vin versé comme du Coca, à ras bord, ça perd un peu de son charme, même s’il est bon. Je pense que malgré le régime de marche intensive, au mieux, je n’aurai pas perdu un gramme.

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    Les gratte-ciels: Il y eut cette époque où c'était à celui qui pourrait chatouiller le ciel au plus près pour le faire rire plus fort. Contrairement à ce que j'imaginais, l'architecture de ces tours immenses est pensée dans le détail tant au rez-de-chaussée qu'au 86ème étage. Contrairement à ce que j'imaginais, ils sont beaux, très beaux, souvent des chefs d'oeuvre d'art déco. Contrairement à ce que j'imaginais, ils se marient superbement avec toute l'architecture autre de New York: le style géorgien, les cast-iron buildings dans le quartier de Soho, les grandes baies vitrées et la présence d'escaliers extérieurs. Les brownstones à Harlem ou à Brooklyn. A tout moment, j'ai pensé à la Source vive de Ayn Rand.

    Times Square: Le premier soir, fatiguée, sous la pluie, j'ai rien vu et ça m'a plus énervée qu'autre chose. Le lendemain soir, c'était déjà plus sympa. Les deux soirs suivants, j'étais fascinée. Lumières et couleurs, images et mouvements, instantanés et permanence.

    Patinoire du Rockfeller Center: J'adore. Ne me demandez pas pourquoi, je pourrai rester là des heures à les regarder patiner. Et si je savais patiner, j'aurais beaucoup aimé me joindre à eux. 

    Schwarz: J'ai cherché dans tous les rayons l'ancien jouet que ma maman m'avait rapporté de New York quand j'avais 2 ou 3 ans, un petit ours (ou était-ce un hérisson ? ) qui faisait du café et quand le café était prêt et qu'il fumait (si, si), il versait le café dans une tasse. Ce jouet a disparu on ne sait où et 50 ans plus tard, je le cherche toujours.

    Tiffany: C'est un peu idiot, mais je ne pouvais pas éviter d'y aller. Juste mythique.

    Les New yorkais: Les New-Yorkais sont incroyablement sympathiques, gentils et attentifs. Dès notre arrivée – disons une fois passée la halte au contrôle d'identité où, là, on a dépassé le summum de la muflerie exaspérée – , cette gentillesse ne s'est jamais démentie. Du chauffeur de navette qui affichait "complet" et qui a attendu 15 minutes avec nous que la prochaine navette arrive pour être sûrs que nous soyions pris en charge aux vendeurs et vendeuses dans les grands magasins, absolument charmants, engageant juste pour le plaisir une conversation badine mais intéressée par vous, en passant par tous ceux qui travaillent dans l'industrie du tourisme et dont le sourire et la gentillesse ne sont pas juste un outil de travail. Ou du moins font tout pour vous prouver le contraire.

    La consommation d’énergie: Les Américains (ou peut-être seulement les New-Yorkais) sont loin des économies d'énergie qu'on connaît en Europe. Le chauffage fonctionne à fond (en été, la clim' aussi je suppose) et l'eau chaude est facilement à 80°. La première fois que je me suis lavé les cheveux, j'ai bien cru m'ébouillanter.

    Le décalage horaire: Curieusement, j'en ai beaucoup plus souffert à l'aller qu'au retour. Or, on dit que c'est toujours plus dur quand on voyage vers l'est. Je suppose que comme je ne me suis vraiment pas adaptée à l'heure NY en 3 jours, je suis restée dans le rythme européen et au retour, pas le moindre souci. Par contre, sur place, à 7 heures du soir, j'étais cuite et à deux heures du mat' fraîche comme un jardin (je sais, on dit "comme un gardon", mais est-ce que j'ai vraiment une tête de gardon ?)

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    Lola: Framboise sur la lemon tart, j'ai enfin rencontré Lola. J'avais hésité, je ne voulais pas imposer à l'homme une rencontre d'une copine de blog que je n'avais jamais rencontrée moi-même. Mais l'occasion était trop belle et l'envie trop forte. Et elle aussi était disponible, prête à faire une heure et demie en train pour rejoindre New York. Elle m'a dit "manteau noir, écharpe bleue". Ce n'était vraiment pas nécessaire, je l'aurais reconnue entre mille. On s'est trouvées comme si on se retrouvait après quelques semaines d'absence. C'était normal. Comme une amie de la vraie vie. Ce qu'elle est, en fait. On a parlé de tout, de rien, des petits détails de la vie quotidienne. Elle nous a présenté un autre New York, celui de la High Line, une ancienne voie ferrée aérienne désaffectée, reconvertie en parc urbain, une réussite en termes de réaménagement de l'espace. Les deux heures que nous avons passées ensemble se sont envolées comme par enchantement.

     

     

  • Envies de Venise

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    Cette année, les sorcières ont déposé leurs valises à Venise. Il fallait une ville à la hauteur de leur dixième anniversaire d'escapades annuelles. 

    Pour mener leur sabbat tout à leur aise, elles ont loué un appartement en plein centre de la ville mystérieuse, coincé entre ruelle et canal. Elles sont arrivées au compte-gouttes de potion. La sorcière tourangelle et la turinoise sont arrivées les premières. Les sorcières du plat pays sont arrivées beaucoup plus tard. Les premières ont prêté oreille à leur faim et se sont sustentées à la première auberge venue, au grand dam de la sorcière aînée qui avait amené son chaudron dans son grand cabas et un brouet arrache-gosier. Elle les aurait bien gavées de force, si elle avait pu. La sorcière G.O. a distribué les chambres. Et elles se sont endormies d'un sommeil agité de chauve-souris et de philtres magiques.

    Le lendemain, elles ont flâné dans une Sérénissime glaciale mais ensoleillée. Première expo à la Punta della Dogana sur – sorcières obligent – l'Eloge du Doute. Spritz à l'apéro. Dîner à la première auberge ensuite.

    Pour le deuxième jour de congrès, la sorcière aînée avait concocté un programme d'exception: visite privée de la crypte de la basilique Saint Marc et contemplation d'une croix en verre taillé absolument splendide, réalisée par un sculpteur de verre, puis, grâce à sa fille (celle du sculpteur, pas de la sorcière), visite de l'atelier de l'artiste, disparu il y a deux ans. De pures merveilles. 

    Soirée autour d'un repas préparé avec les moyens du bord, autour d'un petit verre de vin. 

    Le lendemain, visite d'une autre expo au Palazzo Grassi et l'heure des adieux a déjà sonné. Chacune a repris son balai et s'est envolée vers ses pénates. 

    On va où l'année prochaine ?

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  • Youpie, il a dit oui !

     

    Il refusait catégoriquement. J'ai tout essayé, rien n'y faisait. Lui, le fana d'Apple, ne voulait rien entendre dès qu'il s'agissait du format "Big". Et puis, la veille de mon anniversaire, il a dit: "j'ai vu une offre pour 3 jours à NY…". Je n'ai même pas répondu parce que ma bouche s'est ouverte et je ne suis pas arrivée à la refermer tout de suite. J'ai dû attendre le lendemain pour reprendre la conversation. Je voulais garder la magie de l'instant, je craignais de rompre l'enchantement en parlant "détails pratiques". Petit bémol, ce sera sans les enfants. Trop cher pour un citytrip qui ne l'enchante pas a priori. On verra a posteriori. Mais c'est un très beau cadeau.

  • Joyeux Parisversaire

    La chance

    A 46 ans, j'ai décidé que je ne travaillerais plus le jour de mon anniversaire. Une journée rien que pour moi. Cette année-là, je me suis offert mon premier massage. L'année suivante, j'ai considéré que le summum de la journée pour soi était une journée matinée coiffeur-esthéticienne. Puis les années passant, ce programme est passé du pur plaisir à l'absolue nécessité. Alors cette année, j'ai inauguré la journée "ailleurs". Et qu'est-ce qui pourrait me faire plus plaisir qu'une petite journée à Paris ? Qui plus est avec celle dont c'est un peu aussi l'anniversaire parce que, tout de même, sans elle, il n'y aurait pas d'anniversaire. Une journée à Paris donc, avec ma maman à moi. 

    La pauvre, je l'ai fait trotter dans tout Paris. Depuis le Grand Palais au Village St-Paul, de la Place des Vosges au Marais et à la rue des Rosiers, de Saint-Sulpice à Saint-Placide, en terminant par une boulangerie qu'elle voulait découvrir à Montmartre.

    L'expo "Des jouets et des hommes" était super intéressante et riche et on y a passé deux bonnes heures. J'ai regretté la note finale qui, sous prétexte de mettre en avant la nécessité de se séparer de ses jouets pour grandir, représentait un feu de cheminée virtuel dans lequel reposaient de vrais jouets brûlés. Je n'ai rien contre l'idée de grandir, je ne suis pas convaincue par le besoin de se séparer de ses jouets. J'ai déjà très mal vécu la séparation d'Andy et de Woody dans Toy Story, alors bon….

    Au petit bonheur

    Après ces deux heures de retour en enfance, on a mangé les petites tartines préparées par Mamy B. debout, sur le trottoir, au soleil. Pas de lunch assis, en terrasse ou non, mais quel temps gagné ! Hop, dans le métro et direction le Village St Paul où les brocanteurs se succèdent et que j'appelle "l'annexe de chez Mamy B.". Comme chez elle, on retrouve là, pêle-mêle, dans un merveilleux bric à brac, tout ce qui rappelle notre enfance: des cartes postales, des pinceaux, des vieux cahiers d'école, des petits jouets anciens, des boules à neige, des stylos où glissent des skieurs, des torchons de cuisine, des bols, du linge anciens, des trésors de mercerie, des petites boîtes, de vieux pots de confiture et tant d'autres merveilles dans un espace minuscule. Malheureusement, la boutique fermait le lundi et nous avons dû nous contenter de la vitrine. Mais rien que ça nous a pris un bon vingt minutes.

    Au petit

    Après le Village St Paul, direction le Marais, la place des Vosges, le temps d'une pause au soleil timide, la rue des Rosiers et l'achat de quelques bägels pour les enfants. Puis un saut rue du Cherche-Midi, le temps de constater que Mamy Gâteaux est elle aussi fermée et que la pause thé-douceurs est à l'eau, le temps d'un crème de substitution, très requinquant par ailleurs, et nous voilà reparties vers Montmartre.

    Le soleil était déjà couché et nous avons repris le chemin de la gare après une journée absolument parfaite. Le portefeuille même pas allégé, les yeux remplis de mille et une choses et le coeur gonflé de moments doux.

     Crédit photos:  http://jbtaylor.typepad.com

     

  • Demi-teintes

     

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    Je sais que j'ai une propension surdimensionnée à voir le joli côté des choses, à me comporter comme une "ravie de la crèche", expression que j'adore et que m'a fait découvrir Célestine. Je ne dois même pas me forcer, je suis naturellement contente. Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis née comme cela parce qu'on me rappelera vite fait que, petite, je boudais beaucoup. Mais de toute évidence, cela m'est passé.

    Ce soir, après un weekend heureux, dans les Ardennes cette fois, avec J. et S. et C. et M., je vais essayer de râler un peu et de trouver les petits nuages de ces deux jours. Je me force, je me force….

    – La chambre de l'hôtel était super obscure. Le pire, c'était que c'était voulu, lumière hyper tamisée, bougies partout, murs foncés… Le soir, c'est joli, la journée, ça l'est beaucoup moins. A force, cela devient déprimant…

    – La cheminée dans le salon de l'hôtel refoulait. On a beau être en Ardennes, être parfumée au jambon fumé, très peu pour moi….

    -Il n'a pas arrêté de pleuvoir. On a visité l'abbaye d'Orval sous la pluie, marché deux heures le dimanche sous la pluie et dans la gadoue. Je n'ai quasi rien vu de la promenade, tant j'étais concentrée à regarder où je posais les bottines.

    – Ca m'énerve qu'on suppose que je n'ai pas pris mes chaussures de marche sous prétexte que je ne suis pas une sportive. Alors quand l'Homme utilise mes genoux douloureux pour éviter de faire une promenade juste avant le retour, au lieu de dire qu'il n'a pas envie qu'on rentre tout crasseux dans sa voiture, c'est lui qui se prend mes yeux revolver.

    – J'ai passé la première nuit à essayer de garder tout ce que mon estomac aurait préféré évacuer. A mon avis, les épinards n'étaient pas frais.

    – Un sms professionnel est venu me gâcher une partie du weekend à l'idée que lundi matin, il faudrait préparer des documents en urgence, avant 9 heures. Stress garanti pour débuter la semaine.

     

    Mais voilà, chassez le naturel, il revient au galop:

    – Le lit était moelleux, confortable et tout et tout. La baignoire était super profonde et quand même les bougies dans la salle de bains, c'est joli.

    – Malgré la pluie, l'abbaye d'Orval valait le détour, sans compter la bière et les excellentes tartines au fromage et au jambon d'Ardenne après la promenade.

    – La cueillette du gui par la druidesse J. valait toute la promenade.

    – On n'a pas arrêté une seconde de parler, des bienfaits de l'alimentation bio aux voeux de chasteté des moines, de l'enseignement des mathématiques aux souvenirs de ski, des avantages et inconvénients d'Apple, des i-phones et des tablettes aux plaisirs de la table.

    – J'ai passé deux jours avec des amis avec lesquels je ne m'ennuie jamais et le temps avec eux passe toujours trop vite.

    – On a vraiment des maris exceptionnels. Ou alors, on a vraiment été bien inspirées le jour où on a croisé leur chemin…

    – Le coup de fil d'Anaïs après son premier cours de harpe "Maman, c'est trop trop trop bien !" était une explosion de bonheur qui a fait office de rayon de soleil pour le weekend.

     

  • Que du bonheur !

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    Je fais collection de petits moments tout doux, j'engrange ces pépites pour d'éventuels jours plus durs. Je sais que j'ai de la chance d'être tombée dedans depuis que je suis née mais je ne peux pas m'empêcher d'être contente. Je déjeûnais avec un collègue la semaine dernière qui me disait être heureux, content de sa vie pour le moment. Il me demandait mon avis et je lui ai répondu spontanément: "je suis heureuse à 150%. Si je regarde les 50 ans qui viennent de s'écouler, je ne jette rien ou si peu."

    Et tout me ravit:

    – le weekend que l'on vient de passer en Touraine, chez Olivier et Véro, la douceur de vivre qui les accompagne, le temps offert, le cadre dans lequel ils vivent, conscients eux aussi de la chance qu'ils ont. 

    – le moelleux incomparable du lit dans lequel nous avons dormi comme des marmottes.

    – la sieste annuelle que je me suis offerte.

    – l'incroyable Nutella maison préparé par Vero (Praliné de côte d'or, lait concentré sucré, beurre, ….)

    – sa tarte aux pommes tout simplement exquise.

    – la conversation en "live" sur F@cebook avec Célestine (un vrai moment de bonheur virtuel, plus riche en une demi-heure que en mois de commentaires).

    – la perspective d'un weekend shopping entre soeurs dans une dizaine de jours.

    - le petit moment passé avec Anaïs sur la tombe de mes grands-parents, à nettoyer à la brosse à dents, les lettres encrassées de terre de leurs noms; le soleil sur le dos, piquant des fous rires à l'arrivée de l'autobus qui s'arrête juste à notre hauteur, les passagers perplexes devant notre activité surprenante au cimetière.

    – les premiers repérages dans les magasins pour les cadeaux de Noël et les idées qui commencent à affleurer pour (tenter de) faire plaisir aux uns et aux autres.

    – les deux livres en cours pour le moment qui m'emmènent l'un et l'autre loin, très loin d'ici. L'un m'emmène dans le Japon d'avant la guerre, chronique familiale de 900 pages, tout de suite le temps ralentit. L'autre m'isole dans les transports en commun et me transporte dans le désert en compagnie de candidats réfugiés.

    Et tant et tant d'autres petites douceurs….