Catégorie : Ailleurs

  • Tchèque liste

     L'Art nouveau (à tous les coins de balcon)

    La Becherowska (l'eau-de-vie typique)

    Le Château (à peine entrevu, vu l'heure)

    Dvoràk au petit déjeuner (grandiose, comme le petit déjeuner)

    La petite soeur de la Tour Eiffel (presque copie conforme)

    Le Funiculaire (qu'on n'a pas pris)

    La cathédrale Saint Guy (aux vitraux impressionnants)

    L'Horloge astronomique (un peu décevante)

     L'Incontournable Taupek (la star du dessin animé tchèque)

    Le Jacobin de Dvoràk au Théâtre National (et vivent les sous-titres en tchèque et en anglais !)

    Les Knedlyki (boulettes de farine, accompagnant un rôti de porc et du chou pour obtenir le plat national)

    La Laterna Magika (qu'on n'aura pas eu le temps de voir)

    Le musée Mucha (très bel homme ce Mucha)

    L'église St Nicolas (baroque rococo, j'aime)

    Un soir à l'Opéra (rien de tel qu'une soirée à l'opéra lors d'un city trip)

    Le Pont Charles (débordant de touristes)

    Le Quartier juif (et l'horloge qui tourne à l'envers)

    Le Restaurant italien (Stefano, tu es incorrigible..)

    La vieille Synagogue (impressionnante)

    Les Trdelnik (des gâteaux creux qui se vendent à tous les coins de rue, un pur bonheur, un goût de trop peu)

    Un moment Unique (dans une ville unique)

    La Valtva (ah, les fleuves dans les villes)

    Un Weekend inoubliable (avec des amis formidables)

    XYZ: Dobry dén, Nashlédanou et Dikuji (bonjour, au revoir et merci !)

     

  • Trois quarts de siècle

    Trois quarts de siècle, ça se fête dignement. Avec ses enfants et ses petits-enfants. Et si les enfants habitent à 800 km les uns des autres, qu'à cela ne tienne, on se retrouve à mi-chemin. La dernière fois, on s'est retrouvés en Alsace, cette fois, c'est le pays de Bade en Allemagne qui nous a réunis. 

    Une journée magnifiquement ensoleillée passée dans un jardin botanico-zoologique, chacun à son rythme ou au rythme de son Nikon, avec une pause pique-grignote près des flamants roses. 

    Un dîner au jardin, sans pull – même pas besoin – au gré d'un menu choisi un rien à l'aveuglette, la carte était en allemand sans traduction mais les bribes et restants de vocabulaire de chacun nous ont permis de nous y retrouver plus ou moins.

    Je l'écris parce que je ne le dirai jamais assez, on a une chance inouïe dans cette famille: rien à régler avec ses parents, des soeurs bien différentes mais parfaitement accordées, des beaufs pas beaufs du tout, et un quatuor de cousins pas du tout compétitifs: une gracieuse petite princesse face à deux ex-princesses devenues fées (l'une du logis, l'autre du joli) et un ex-petit prince devenu prince par trop charmant.

    Et ce sont ces journées-là qui nous injectent des petites piqûres de rappel. 

    Et s'il a 75 ans aujourd'hui, ce blog en a donc cinq. Car c'est à lui que j'ai dédié cette cabane au fond du jardin.

     

  • Valais de coeur

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    J'avais dix-douze ans, je devais faire un exposé sur une région d'Europe, au choix. Je n'ai pas la moindre idée du pourquoi j'ai choisi le Valais. Je n'y connaissais personne, je n'avais jamais mis un pied en Suisse, je n'avais rien lu qui puisse m'inciter à faire ce choix. Est-ce que la prémonition existe à cet âge-là ? J'étais de toute manière loin d'imaginer qu'une de mes soeurs émigrerait au bord du lac Léman et que j'y passerai une à deux semaines pendant 23 ans. Mes enfants, l'un après l'autre, y ont passé leur(s) première(s) semaine(s) de vacances – Quentin n'avait d'ailleurs que 4 semaines -, nous avons profité de mes parents pendant ces 23 ans, petit retour aux soins maternels le temps de se rappeler à quel point il est bon d'être enfant, de mon grand-père aussi pendant 10 ans, au grand plaisir des enfants.

    23 ans de plaisirs renouvelés auxquels a mis fin la combinaison de la vente de l'appartement loué – toujours le même – à d'autres propriétaires et le désir d'autre de chose de mes parents. Difficile de leur en vouloir, nous n'avons nous-mêmes jamais offert à nos enfants le bonheur simple d'une "maison de vacances". Nous avons toujours préféré changer chaque année de destination, découvrir d'autres horizons, ne pas se donner les contraintes de la seconde résidence ou se créer une routine familière en retournant systématiquement au même endroit. Facile, les parents l'ont fait pour nous. Les deux formules ont leurs avantages et leurs inconvénients. Rien ne remplace les souvenirs communs accumulés au même endroit mais la rupture avec ces madeleines-là est d'autant plus pénible.

    Cet été, en retraversant les Alpes, nous sommes forcément passés au pied de l'Ardevaz et il a fallu se concentrer sur la route pour ne pas pleurer.

    Pour nous aider à passer le cap, j'ai fait la liste de tous les petits cadeaux dont nous avons rempli nos valises au cours des deux décennies passées:

    – la montée vers la station, la plupart du temps avec la musique à fond, dernière ligne droite d'une longue route, le coeur qui bat un peu plus de retrouver ceux qu'on aime. Un petit sms avant d'entamer la montée: "Vous pouvez "lancer" le café ! On est là !"

    – la Fondation Gianadda où presque chaque année on a pu admirer l'exposition de l'un ou l'autre grand peintre (Picasso, Degas, les impressionnistes, Suzanne Valadon, Matisse, Courbet, …)

    – le traditionnel chaud froid de fruits rouges à Chiboz avec ou sans marche préalable

    – les piscines intérieure et extérieures du Thermalp, de 30 à 36°au choix

    – le barbecue en plein air

    – la raclette et/ou la fondue

    – les tartes aux fruits rouges

    – les feux du 1er août, les lampions avant 10 ans, les pétards après 10 ans, et les feux de bengale à partir d'un âge plus que de raison, le discours du maire, le petit bal musette, suisse en diable

    – les sacs à dos remplis de petits pains, gendarmes, choc, barres sucrées, fromage, pulls, k-ways, pansements, bouteilles d'eau

    – les petits pots "de merde" (appellation contrôlée depuis le jour où Maïté les a baptisés ici dans sa rébellion ras-le-bolique de ses 15 ans) destinés à la cueillette des mûres,framboises et fraises des bois 

    – les soirées confitures après immolation sur la plaque de cuisson des petits vers sortis des fruits (on ne connaissait pas bien le sadisme méticuleux de Mamy)

    – les étirements du champion de Swiss'Sis après son entraînement vélo en vue, au choix, d'un marathon, triathlon ou IronMan

    – les parties de Mah-Jong, Uno, Monopoly, manille, poker et de l'inusable Scrabble ("Quelqu'un peut me passer le dictionnaire du Scrabble ?"

    – le passage obligé chez Gollut

    – les promenades – le chemin des écureuils, Petit Pré, Grand Pré, Sorgno, Tsantonaire, la Passerelle de Farinet, la Seya, Odonne, Bougnone, la Pierre Avoi, la promenade des planètes à St Luc, à la Cabane Rambert. Ces noms chantent à nos oreilles comme autant de souvenirs joyeux.

    – la virée annuelle à Lausanne avec l'incontournable passage chez Globus, le roi de l'épicerie fine. 

    – les enfants portés comme des moutons sur les épaules, les enfants qui remplissent leurs poches de cailloux qui les alourdissent dangereusement, les enfants qui parlent à leur ami imaginaire pour passer le temps pendant la marche, les enfants qui marchent trop près du précipice et qu'on rattrape de justesse, les ados qui grimpent vite parce que c'est ch…. de marcher, les ados qui chassent les papillons et les sauterelles en marchant….

    23 ans de petits bonheurs suisses accumulés comme autant de barres d'Ovomaltine pour nous donner un maximum d'énergie pour les 20 ans à venir.

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  • Plein soleil


    *    Des saveurs : 

    –      les spécialités maison préparées par la signora Siretta : la caponata que j’avais très envie de découvrir et qui s’est avérée à la hauteur de mes espérances; una parmigiana d’aubergines nettement moins meilleure que la nôtre, apprise religieusement auprès de Rosa à Turin, des orecchiette alla salsiccia, un délice et un plat tout bête de riso, patate e zucchine al forno, mais absolument divin.

    -       un menu largement inspiré du Moyen-Age italien lorsque la lasagne s’appelait encore « lacana » qui nous a laissé en bouche un festival de saveurs aussi exquises que variées, tellement bon qu'on y est retourné trois fois.

    -       le petit déjeuner – incontournable des vacances réussies selon Ste Anaïs -, préparé par le premier debout (celui-là même qui ne glisse pas un seul pied hors de la couette avant 10 heures le weekend pendant l’année mais qui dès le premier matin des vacances est sur le pont – ou la terrasse -, appareil photo en main dès 7 heures du mat’) : cappuccino crémeux au fur et à mesure des réveils plus laborieux de ses troupes, jus de fruits, œufs coques parfois parfaits parfois moins, jambons, fromages, toasts grillés, pain frais, beurre, confiture (cette année, la confiture de petites prunes de la signora Siretta, offerte en cadeau de bienvenue – un pur délice), fruits frais – pêches, melons, ananas, abricots, cerises -  coupés en morceaux.

    -       l’apéro sur la terrasse, tradition purement estivale qui commence dès le premier soir et fait partie des petits plaisirs non tant gustatifs que le simple plaisir d’être ensemble autour d’un verre – le Spritz (apéritif typiquement vénitien fait d’Apérol, de spumante et d'eau pétillante) n’a toutefois pas le même peps que sur une piazzetta de Venise à la tombée du jour en mai –.

    -       une glace – LA glace (pas cet infâme Magnum auquel nous avons sacrifié une seule fois sur la plage en souvenir des Maxibons de l’enfance italienne pour le regretter dès le premier coup de langue – il gelato donc, aux parfums dont les noms sont déjà en eux-mêmes des promesses de bonheur : pistacchio, noce, yoghurt – le parfum préféré d’AnaIs – frutti di bosco, mandorle, melone, limone, baci, Maria d’Enghien (vanille et citron), terre d’Oriente (cannelle et autres épices orientales)

     

    * Des sensations :

    -       une fatigue immense qui met du temps à sortir. Il me faudra bien une semaine avant de me sentir à nouveau plus vivante.

    -     la chaleur du soleil, à même la peau, dont je ne me lasse jamais. Bien-être infini.

     

    * Des plaisirs des yeux :

    Partout la beauté. J’ai peu de mérite parce que je la vois partout, toujours. Dans le métro, au bureau, en ville, dans les plus infimes détails, dans les visages ingrats, partout. Mais, en vacances, non seulement je peux m’arrêter et prendre le temps mais la nature est telle que partout où mes yeux se posent, je ne vois que le beau. Je ne vois que fugitivement les poubelles éventrées, abandonnées en pleine nature faute d’une gestion rationnelle des poubelles municipales, j’efface de ma mémoire les – rares – sacs plastiques ou autres déchets que j’évite dans les vagues. Ma rétine n'imprime que la beauté. Elle ne retient que:

    -    Tout ce vert autour de moi, les oliviers somptueux, les cactus grassouillets, les pêchers, les amandiers, le mûrier rouge qui a donné son nom au trullo que nous occupons, cette terre rouge argileuse si particulière qui nous font à Maïté et à moi irrésistiblement penser à Tara et à Scarlett,

    -       Ce trullo, absolument magique, restauré avec un goût parfait, le plafond que je ne me lasse pas de contempler quand je suis couchée, cette blancheur lisse et douce, à mi-chemin entre l’intérieur d’un sein et des blancs montés en meringue soyeuse et brillante.

    -       Les nuages, inexistants la première semaine, bien plus présents dès la deuxième sans toutefois jamais nuire à la douceur ambiante mais beaux, blancs, joufflus, se mélangeant avec grâce et volupté.  Les regarder est un plaisir sans cesse renouvelé.

    -       La voûte céleste dans la nuit claire où j’essaie en vain de repérer l’une ou l’autre étoile filante. Je n’en ai jamais vue, je m’efforce d’être attentive mais chaque fois que quelqu’un s’exclame et s’empresse de faire un vœu, le temps que mon regard se tourne vers le cri de joie, elle a … filé. A cinquante et un an, je trouve cela très dépitant.

    -       La mer, toujours la mer.

    Les vacances cuvée 2011 étaient loin de me déplaire….

     

     

  • Loirs en bord de Loire

     
    Un petit weekend en bord de Loire chez Véro et Olivier. Rien que du bonheur.
    Elle, c'est une de mes sorcières bien aimées.
    La plus piquante, dont le nez se retrousse comme celui de Samantha à chaque plaisanterie bien sentie ou à chaque "gossip" croustillant.
    La plus altière et la plus classe qui porte des colliers lourds comme la Toison d'Or avec une légèreté de gazelle.
    La plus zen que rien ne stresse, rien ne presse. Auprès d'elle, j'ai lâché prise. On s'est promenés pendant 2 heures et demie et tant pis si les enfants ont dû nous attendre jusqu'à près de 15 heures pour déjeûner. Moi qui stresse sans commune mesure quand mes adulescents ne sont pas nourris avant 14 heures…..
    La plus engagée dans la sphère bio, alimentation durable et écolo. Elle est incollable sur les OGM, les parabens et les pesticides en tous genres.
    La plus fidèle de mes lectrices ici qui ne rate aucun épisode et qui, du coup, en sait plus que moi sur ma propre vie.
    La plus audacieuse dans ses projets de vie pour avoir suivi un mari encore plus fou dans une entreprise de chambre d'hôtes parfaitement gérée, dans un endroit sublime.
    La plus courageuse aussi pour avoir accepté de s'enfermer dans un endroit perdu malgré sa sublimité.
    La plus pétulante.
    La plus manipulatrice de toutes, qui nous mène par le bout du nez, nous demande notre avis pour le programme des activités, écoute religieusement et nous propose un programme totalement différent, de son choix sans avoir l'air d'y toucher. Et toutes, béates, nous suivons sans broncher.
    La plus mystérieuse à mes yeux: depuis le jour où nous nous sommes rencontrées pour la première fois, il y a presque 20 ans, nous cherchons d'où nous nous connaissions déjà. Au premier regard, on savait qu'on s'était déjà rencontrées mais on n'a jamais trouvé ni quand ni sous quels cieux. Peut-être en vraies sorcières encore inconscientes de l'être, nous nous sommes reconnues et souvenues de notre vie future.
    Nous avons passé avec elle et lui un moment figé dans la douceur de vivre, le plaisir d'être ensemble, l'envie d'arrêter le temps et de profiter de chaque seconde sans plus aucune contrainte. Un avant-goût du paradis.
  • Cinq sorcières sur la Canebière

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    Cinq sorcières

    Sur la Canebière

    Venues faire le plein de soleil

    A Marseille

    Cinq sorcières

    Bonne Mère

    Pleines d'allégresse

    Autour de la bouillabaisse

    Se brouillent

    Avec la rouille

    Se chamaillent

    Avec l'ail

    Fêtent les quarante ans

    Epatants

    De la benjamine 

    Kristien

    Marchandent

    Des savons à la lavande

    Achètent

    Des navettes

    Sans oublier

    Du mimosa par brassées

    Cinq sorcières

    Sur la canebière

    Se sont retrouvées

    Comme chaque année

    Pour leur congrès annuel

    Leur weekend pluri-elles. 

     

  • Ah comme la neige a neigé….

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    Premier vers du plus célèbre poème d'Emile Nelligan, poète québécois que j'ai découvert sous la plume d'un écrivain…. haïtien:

    Je n'étais durant cet après-midi de décembre

    qu'une ombre derrière la fenêtre givrée 

    en train d'admirer

    l'un des plus bouleversants spectacles de la nature.

    Je regardais fasciné toute cette neige

    qui ne cessait de tomber.


    Le poète Emile Nelligan a atteint l'immortalité

    pour avoir employé deux fois le mot neige

    dans ce vers très bref: 

    "Ah comme la neige a neigé."

     L'énigme du retour – Dany Laferrière

    Il neige sur la Belgique depuis une semaine par petites touches. Il fait bigrement froid mais petit à petit on s'habitue. 

    Fin de semaine sous le signe de la neige et du froid:

    Jeudi: Une pièce d'Amélie Nothomb au théâtre: Les Combustibles. Pas une pièce particulièrement extraordinaire mais qui pose question néanmoins par ce soir de grand froid: Une étudiante, un assistant et un professeur de littérature vivent ensemble dans l'appartement du professeur en pleine période de guerre. Il fait dramatiquement froid et ils ont déjà brûlé tous les meubles. Restent les livres, une bibliothèque fabuleuse. Mais dilemme: quel(s) livre(s) brûler en premier ? On connaît bien la question: "Quel(s) livre(s) emmèneriez-vous sur une île déserte ?" mais se demander quel livre brûler en premier pose la question sous un angle très différent. Il y a un côté sacrilège difficile à surmonter. Et j'ai essayé de répondre à la question sans y parvenir. Il faut croire que j'ai pas encore assez froid pour la prendre au sérieux…..

    Vendredi: On a pris la route à six direction Le Touquet. Soirée dans une chambre d'hôtes/restaurant à vous recommander absolument: La Cour de Rémi. Arrivés sur place, on a entrepris de faire une petite promenade de soleil couchant. Brrrrr, – 8°C, – 10°C, on n'a pas tenu très longtemps et le plus méditerranéen d'entre nous a déclaré forfait et nous nous sommes engouffrés dans le seul et unique café du village, à côté de la petite église, et nous avons débarqués chez les Ch'tis: "Vous v'nez de Bruxelles, hein ?" "Ah, monsieur est anglais, hein ?", "Et vous v'nez ici pour une nuiiiit ?". Un vieux poêle Godin, un tapis de cartes, les cartes, des petits Portos (personne ne s'est aventuré du côté du Picon vin blanc), des clients du cru qui nous dévisagent en riant sous cape. Retour chez Rémi: Une soirée toute en saveurs et parfums, toute en rires et dégustation, et hop sous la couette + couverture supplémentaire. Un petit déjeuner mémorable et une promenade plutôt courte sur la plage du Touquet, absolument pas belle pour deux sous, mais la plage sous la neige, cela reste toujours un spectacle d'enfant pour des citadins comme nous. Et retour sous une tempête de neige vers Bruxelles où la neige a fondu.

  • Les petits bonheurs

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    Après ces dernières semaines particulièrement fatigantes, je profite de plein de petites bulles de bonheurs tout bêtes:

    • le plaisir d'une promotion
    • la découverte du magasin de Little Circus
    • un soin visage
    • deux nouvelles paires de chaussures
    • deux livres trouvés en brocante dont un reprenant toutes les fables de La Fontaine avec illustrations
    • un weekend tout en douceur à Nice avec Joséphine et Stefano
    • des discussions philosophico-théologiques très profondes et personnelles
    • une petite sieste sur la plage de galets en-dessous de la promenade des Anglais
    • le marché de couleurs, parfums et saveurs sur le cours Saleya
    • des repas gastronomiques hauts en couleurs, parfums et saveurs
    • ma chef qui avoue un timide "Je suis vraiment contente que tu sois là"
    • la fin des petits bobos de mon papa
    • des bouquins passionnants en cours de lecture
    • des petites figues absolument divines
    • des beignets de fleurs de courgettes

    Trois fois rien mais juste assez pour faire oublier la fatigue.

  • Taches de Grèce

     
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    Le charme
    est rompu mais une certaine tendresse persiste. Je l’ai tant aimée depuis plus
    de trente ans. Au point de passer deux heures par semaine en cours du soir pour
    en apprendre la langue, pendant sept ans. De vibrer sur sa musique, bien plus
    riche que la chanson de Zorba ou les enfants du Pirée. D’écouter toutes les
    émissions radiophoniques disponibles à l’époque des radios libres. De passer un
    certain nombre de vacances dans les différentes régions de la Macédoine au
    Pélopponèse en passant par quelques îles.

    Je me
    faisais une joie d’y revenir après 8 ans d’absence en ce qui concerne le pays,
    25 ans en ce qui concerne le Pélopponèse. Bien sûr, le paysage est toujours
    aussi magnifique dès qu’on s’éloigne des grandes routes mais je ne m’attendais
    pas à ce que le pays soit toujours aussi sale par ailleurs. En 25 ans, la
    gestion des déchets n’a pas franchement évolué; non seulement la collecte des
    ordures ne semble pas particulièrement efficace au vu des poubelles qui
    s’amoncèlent autour des conteneurs ad hoc; le tri sélectif n’a pas encore l’air
    à l’ordre du jour; les déchets plus encombrants sont abandonnés “comme un chien
    lâche sa crotte” (du moins ceux dont le maître est peu regardant) – expression
    consacrée de Mamy L. qui l’utilisait pour parler des Italiens qui garaient leur
    voiture n’importe où.

    Peut-être
    aussi ai-je mal vécu les conditions logistiques de ce séjour. On a tellement eu
    l’habitude ces dernières années de louer de jolies maisons, bien équipées,
    bourrées de charme que j’ai eu beaucoup de difficultés à vivre dans des
    conditions plus proches du camping – de luxe certes mais camping tout de même –
    dans une seule pièce cuisine-séjour-coin dodo, sans eau chaude pour la
    vaisselle, avec une seule casserole, cinq fourchettes et quatre couteaux, un
    seul torchon, une gazinière qui fait sauter les plombs toutes les deux
    cuissons, un frigo qui surchauffe à l’extérieur, une proximité avec les voisins
    plus difficile à vivre que dans un vrai camping parce qu’il y en a au-dessus,
    en-dessous, à gauche, à droite.

    Peut-être
    ai-je mal surmonté ma déception face à la plage de galets, moi qui ne jure que
    par les plages de sable fin.

    Peut-être
    ai-je trop enragé d’avoir tant perdu la pratique de la langue, ce qui
    m’handicape toujours quand je suis dans un pays où je ne peux pas m’exprimer
    librement dans la langue autochtone.

    Peut-être
    la chaleur assommante a-t-elle 
    annihilé ma résistance et ma tolérance.


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    Et pourtant, j’ai adoré: 

     les levers du soleil sur la mer admirés en me contentant de lever légèrement la tête de l’oreiller

    – les séances boucanage-bouquinage à la plage

    – les apéros en jouant aux cartes, au mah-jong ou au poker

    – la visite de certains sites touristiques peu fréquentés comme Messène ou le palais de Nestor sous la guidance de Marie-Pierre, passionnée et passionnante

    – le poisson pêché du jour et grillé 

    – pouvoir lire plus de deux livres sur le mois

    – la vue absolument magique des eucalyptus géants devant la mer

    – les nuits dans des sacs de couchage en soie, légers comme une plume

    – les cafés frappés préparés par Maïté

    – la pleine lune sur la mer

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  • Petite croatière entre amis

    Une semaine
    à 15 en Croatie: 4 enfants, 9 adultes et 2 adulescents. Commencer les vacances
    par une bulle de mer sur un voilier avec d’autres, amis proches certes mais
    avec qui on n’a jamais partagé une semaine de vacances, reste un exercice
    périlleux. Mais malgré nos appréhensions à tous, cette semaine a vraiment été
    parfaite. Avec des oh! et des bah ! comme il va de soi.
     

    Les bah !

    • Après 22
      heures de route ininterrompue dont 6 de nuit, une ou deux heures de repos dans
      des conditions plus qu’inconfortables – l’Homme se surestime toujours et refuse
      toujours de s’arrêter dans un motel et d’abandonner sa voiture chargée comme un
      oeuf à la malveillance de mauvais bougres en mal de bagages intéressants – , nous
      sommes arrivés dans la marina où nous attendait le caïque. Il nous a fallu une
      heure et demie pour le trouver en plein soleil de midi, épuisés et tiraillés
      par un besoin de plus en plus urgent. Autant dire que ma première impression du
      bateau était loin d’être éblouissante. Et l’étroitesse de l’espace a
      cristallisé toutes les tensions des dernières 24 heures. Je ne me voyais pas
      passer les sept jours suivants dans un espace aussi petit. Après une nuit d’un
      sommeil plus ou moins réparateur et une mise à jour des paramètres spatiaux de
      mon corps, je me suis habituée et organisée.
       
    • L’absence
      de résultats concrets du régime pré-vacances commencé en avril et les effets de
      plus en plus manifestes de l’âge m’ont plongé dans un état de déprime
      difficilement maîtrisé. J’apprends donc à me ceinturer du pareo chaque fois que
      je m’assieds, à ne plus m’asseoir en tailleur, à me tenir plus droite. Mais
      c’est surtout en photo que le choc est grand. En prime, chaque fois que je
      voyais une photo de ma fille, mon oeil, qui commence à fléchir lui aussi, me
      prenait en défaut et je pensais que finalement j’avais de beaux restes pour me
      rendre compte une demi-seconde plus tard que ce n’était pas moi mais elle, la
      jolie brunette souriante. Grrrr !
    • Le réveil à
      l’aube de l’Homme en vacances est la chose la plus désagréable qui soit. Pour
      moi, pas pour lui. Toute l’année, il se lève après moi. Surtout le weekend où
      le décalage est souvent d’une heure ou deux. Mais en vacances, son rythme
      s’inverse. Il ne veut rien perdre, le lever du soleil, les photos du
      matin, la paix de la nature autour
      de lui avant le lever de tous les autres, le plongeon dans une mer sans rides,
      pas une miette de ses vacances n’est à perdre.  Mais moi, je veux dormir et cet homme qui se lève, se
      douche, se mouche, se rase, se tartine de crème solaire, prépare son sac photo
      en essayant de faire le moins de bruit possible mais en faisant un tintamarre
      de tous les diables, cet homme me brouille le teint dès le matin. Je me retourne,
      essaye de retrouver le sommeil mais généralement rien n’y fait, Morphée s’est
      fait la malle et je n’ai plus qu’à poser le pied – gauche – par terre.

     

    Les oh!

    •  Le dolce
      farniente ! Cat qui nous a organisé la croisière a opté pour la formule
      “cuisinier à bord”. Joséfine, Stefano et nous, nous n’étions pas ravis, la
      cuisine on aime ça et l’idée de nous faire servir ne nous enchantait pas
      vraiment. Mais le fait que Cat organise tout lui donnait de facto un pouvoir de
      décision tacite. Et finalement, contre toute attente, cette formule nous a ravis.
      Force nous est de reconnaître que faire les courses tous les jours ou tous les
      deux jours, capacité de conservation oblige, pour 15 personnes, puis de
      préparer à manger pour tout ce petit monde en tenant compte des petits, des
      allergiques au poisson au sens propre comme au sens figuré, des dégoûtés des
      mollusques et autres goûts et couleurs, tout cela nous aurait pris pas mal de
      temps. Cerise sur le gâteau, le cuisinier était parfait, on a mangé sainement,
      délicieusement, ni trop ni trop peu. 
      Le tout sans jamais avoir l’impression de se faire servir.
    • La couleur
      turquoise de l’eau ! Une mer pas toujours très chaude mais transparente,
      limpide,  magnifique.  A moi qui ne nage pas, Cat a prêté une
      bouée et j’ai pu les accompagner “à la nage” vers une petite plage bien
      sympathique. Un vrai moment de bonheur. 
    • De jolis
      petits ports, des baies enchanteresses où se réveiller le matin, des petites balades sans autre but que
      de trouver un glacier pour les petits (et les grands), une petite église très
      claire, de jolis points de vue pour le zoom de l’Homme, des parties de tavli
      (backgammon), de cartes, de loup-garou, de Uno, de Lobo77, des concours de
      plongeon, des lézarderies sur la plage avant du bateau où la seule
      préoccupation se résume à s’enduire d’indice 30 suffisamment souvent et de
      compter les enfants encore plus souvent, une vie de petite sirène qu’on aurait bien prolongée de quelques jours…