Catégorie : Ailleurs

  • Paris reçu

     

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    Cette année, mon anniversaire tombait un samedi. Le dernier samedi en date, c'était celui de mes 50 ans, un jour idéal pour faire la fête. Mais pour 56 ans, on ne fait pas de fête. Pas de journée prévue avec ma maman non plus. Pas de journée où je fais ce que je veux, rien que ce que je veux puisque c'est un samedi et le samedi, je le passe avec l'Homme. Donc pas de plan particulier, un seul moment agréable en vue, un dîner d'anniversaire chez Anaïs avec tous les enfants.

    Mais pour le reste, une envie de rien, pas trop contente de prendre un an de plus, pas en super forme non plus, grumpy mood quoi…..

    Vendredi soir, on rentre les courses, on prépare le repas et Anaïs et Simon débarquent en coup de vent pour ramener une couette prêtée. Puis Maïté et Jean-Didier se pointent aussi. Je commence à sentir la bouteille de champagne qui ne se tient plus dans le frigo. Je trouve ça très sympa mais bon, on se voit demain chez Anaïs, non ? Maité s'excuse, me dit qu'elle et JD ne seront pas là samedi soir parce qu'ils partent fêter l'anniversaire de JD à Paris….. Je commence à dépiter…. Maité ajoute vite "avec toi !". Il me faut un certain temps pour comprendre que c'est mon cadeau d'anniversaire, qu'ils m'emmènent tous à Paris (à l'exception de Simon, pas bien et de Kerya, en examens). Je crois bien que c'est la première fois de ma vie qu'on parvient à me faire une surprise, je n'ai rien vu venir. Ils ont pris les billets en octobre et mille fois, ils auraient pu vendre la mèche ou j'aurais pu inventer une journée d'anniversaire pour moi qui aurait fait tomber leur plan à la Seine.

    C'était juste une journée fabuleuse. Je n'ai pas eu vraiment le temps de planifier la journée. On a donc marché, marché, toute la journée. Du Vieux-Colombier à la rue du Cherche-midi, de la grande épicerie et du Bon Marché à Deyrolles, du Marais à la Seine, des quais au Louvre. Pauvre Anaïs dont c'était la première sortie au-delà de 2 km depuis trois mois, ses pieds ont été mis à rude épreuve. On a quand même pris un bus jusqu'aux Abbesses, flâné là pour revenir ensuite vers les Grands Boulevards où on a abandonné Maïté et JD à leur hôtel avant de repartir vers la Gare du Nord, épuisés mais heureuse.

    Je n'ai rien fait de ce que j'aurais pu faire – quand j'ai vu que c'était les derniers jours de l'expo de Vigée-le Brun, j'aurais bien voulu me l'offrir mais je n'ai pas voulu imposer ça à toute l'équipe, même si c'était MA journée, je n'ai rien acheté hormis un parfum qu'on ne trouve qu'à Paris et qui me fait de l'oeil depuis deux trois ans. J'ai juste aimé être là, dans cette ville que j'adore, avec eux, et être la reine du jour. Magique.

  • Sérénissime

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    Je ne peux pas mieux qualifier l'état dans lequel je me suis trouvée pendant deux jours et trois nuits. Disons pendant deux jours. Parce que pour être honnête, les trois nuits pas vraiment. Mal dormi malgré une chambre d'hôtel très agréable, le lit en-dessous d'un puits de lumière à 4 ou 5 mètres de haut. Mais bon, un puits de lumière quand le soleil se couche à 17 heures et moi à 23h30, je n'en profite pas vraiment. Et quand le soleil se lève à 7h et que je n'ai pas beaucoup dormi, je ne vous dis pas…..

    Mais les deux jours, sublimes. Et moi sérénissime chez la Sérénissime. Venise, j'oublie tout. Le boulot, les soucis, les mille et une choses à faire. L'Homme aussi oublie tous ses soucis et il redevient un prince vraiment charmant.

    Venise est devenu notre rendez-vous annuel. Cette fois encore, nous avons dormi à Murano. Loin de la foule.

    Nous sommes retournés sur l'île de Torcello, petit paradis sur terre. Pas un touriste avant 11 heures du matin, plus un touriste après 17h. Et ceux qui viennent là ne sont pas trop envahissants. Neuf personnes, pas une de plus, habitent sur cette île. Je rêve d'être la dixième et l'Homme le onzième. Pas une pharmacie, pas un boulanger, rien. Burano à 10 minutes en bateau. Et un bateau qui passe toutes les 15-20 minutes. Une maison qui me fait de l'oeil depuis l'année passée. Pas vraiment à vendre, mais pas habitée non plus. Ou alors rarement.

    Le lendemain, nous avons marché pendant 5 heures dans le quartier de Castello, derrière l'Arsenal, ensoleillé et peu fréquenté. Pur bonheur. 

    Pendant tout ce temps-là, on parle, on parle, de tout, de rien. La phrase qui revient le plus souvent c'est "qu'est-ce qu'on est bien ici…." ou "on revient quand ?".

    En janvier ? J'ai trouvé une petite offre pas chère…. Pas sérieux ? si, si, sérieux-issime !

     

  • Premiers jours d’automne

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    Lundi: Reprise des cours de portugais. Je pensais qu'après trois mois d'interruption, j'aurais déjà tout oublié et je me suis surprise à retrouver très vite les mots, les conjugaisons, la grammaire, à comprendre tout ce que Maria disait et à y trouver beaucoup de plaisir. Pourtant quand elle a annoncé que le cours risquait d'être déplacé au mercredi – ce qui ne me convient pas du tout, je ne vais tout de même pas renoncer au badminton -, j'ai immédiatement pensé que je remplacerais le portugais par le japonais pour cette année. Incorrigible, je sais, mais je ne vais tout de même pas perdre une année sans langue :-).

    Mardi: Je me suis décidée à aller chez le médecin et me laisser faire cette infiltration. Il a anesthésié légèrement l'endroit de la piqûre et je n'ai quasi rien senti de l'injection. Il m'a même demandé si je sentais déjà la différence. Et de fait, miracle, je ne sentais quasi plus de douleur. Mais une demi-heure plus tard, l'anesthésie s'est évaporée et j'ai vraiment peu apprécié la diffusion du produit dans mon bras. Et cerise sur le gâteau, le médecin considère qu'il y a plus que probablement une indication pour une intervention chirurgicale. Cela me réjouit infiniment, cette perspective d'immobilisation de quelques semaines voire mois. Seul un arthroscanner permettra un diagnostic sûr. Bon, faut maintenant que je me décide à prendre ce rendez-vous là.

    Jeudi: Envol pour notre escapade annuelle avec J. et S.. Rien ne pouvait me faire autant de bien. Tout oublier, un ciel sans souci, une compagnie sans nuages. Atterrissage à Rome, deux heures de route et un agritourisme en pleine campagne. Fatiguée mais déjà relax.

    Vendredi: Un chaton joue les intrus dans notre chambre et résiste aux récriminations de l'Homme qui lui interdit de se vautrer dans la valise ouverte. La journée commence souriante. Débat animé au petit déjeuner, controverse autour d'Uber. J'adore quand Stefano trouve toujours avec calme et pondération les arguments qui contrent un peu l'Homme toujours au combat. Le hasard de la route nous fait passer à une centaine de km de Sienne. Ils se sont mariés là il y a bientôt dix ans et je ne vois pas pourquoi on ne leur offrirait pas le plaisir d'y passer, dix ans plus tard. Petit moment doux dans la ville coquillage. Mini stop au cimetière où repose le grand-père de Stefano, à défaut d'avoir trouvé le cimetière de la grand-mère. Mais on compte sur le nonno pour passer le message. Un peu de shopping, où j'ai fini par acheter ce petit manteau en pilou gris que j'avais essayé à Turin avec mes sorcières, ré-essayé avec l'Homme et les enfants et toujours pas craqué. Plaisir d'avoir craqué malgré les moues de l'Homme en été.

    Le soir, magnifique coucher de soleil rose, qui annonce la pluie. Repas divin mais dans une ambiance feutrée, sombre et silencieuse, totalement incongrue pour l'Italie. Mais il est vrai que rares sont les Italiens dans ce magnifique domaine pour touristes posés. 

    Samedi: Visite du vignoble de Sassicaia, prétexte initial de cette escapade. Dégustation de ce vin d'exception et de ses petits frères, histoire de bien tenir la comparaison. Moment rare. Journée de pluie qui se termine sur la plage pour un coucher de soleil qui enflamme d'or tout ce qu'il touche, se jette dans la mer, face aux courbes parfaites d'un arc-en-ciel complet jaillissant de la montagne. Un instant magique.

    Le soir, retour dans cet agritourisme qui a vu nos enfants petits puis grands s'émerveiller de toute la bontà de la cucina italiana à profusion et plaisir de partager cela avec ces amis-là.

    Dimanche: Direction Bologne, soleil délicieux, flâneries encore et toujours, apéro en terrasse et déjeuner dominical à l'Osteria dei poeti pour finir en beauté. Retour à la maison heureux et les batteries rechargées à bloc.

  • Anniversaires en cascade

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    C'était son anniversaire et c'est elle qui nous a invités. Alla grande. Deux nuits dans un magnifique hôtel suisse, vieux de plus de cent ans, face à une cascade immense, un lac aux eaux turquoises et à côté du plus vieux funiculaire d'Europe. Un séjour magique.

    Elle ne voulait rien d'autre que réunir toute la famille et ce fut de nouveau un de ces moments mémorables. Il ne manquait que Simon et Kerya, l'un retenu pour préparer la défense de mi-parcours de son doctorat, l'autre pas encore sûre de pouvoir venir au moment où il a fallu réserver les chambres. 

    Elle a offert la grande suite aux parents et leur chambre est devenu le point de ralliement aux moments-clés de ces deux journées. Rassemblement avant le premier dîner, rassemblement avant le déjeuner, rassemblement avant le départ en promenade le long de la cascade puis le autour du lac avec retour en bateau à aubes et funiculaire. Féérique. 

     

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    Et enfin, rassemblement avant le dernier dîner, champagne pour fêter la cinquantenaire….. et Papy dont c'était également l'anniversaire le jour même. 

    Fins de soirée, affalés dans des fauteuils ou autour du billard. 

    S'il n'y avait pas 7 heures de route aller et 7 heures de route retour, on se ferait bien tous les anniversaires là !

    Merci cinquante mille fois, Swiss'Sis !

  • La vache !

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    Moi, je croyais que la vache était une gentille grosse bête, un peu bonnasse. Rien qu'à voir ses yeux doux, on lui donnerait le bon Dieu sans confession.

    Et bien, mes amis !

    Lors de nos pérégrinations dans les Alpes suisses, nous avons fait une rencontre moyennement sympathique avec des vaches qui ne riaient pas. En 27 ans de vacances helvétiques, ce n'est bien entendu pas la première fois que nous croisions ces gentilles bovines mais dans notre souvenir, elles étaient plutôt paisibles et avenantes.

    Anaïs et Quentin caracolaient loin devant, l'Homme avançait au rythme du Nikon et moi, comme toujours je fermais lentement la marche. On entendait bien les cloches d'un troupeau mais rien d'étonnant dans ce coin. Quand soudain, j'ai vu les enfants se cacher derrière un arbre et l'Homme me faire signe d'activer le mouvement. Je n'ai pas compris pourquoi. Sur son insistance, j'ai fini par me retourner et j'ai vu la chef du troupeau freiner ses troupes des quatre sabots, en attendant que moi, la tortue humaine, je dégage le terrain pour leur permettre de dévaler à toute allure vers la ferme en contrebas.

    J'ai donc dégagé, rejoint l'Homme derrière son arbre, et d'un coup vingt doubles paires de pattes se sont mise en mouvement. Gloups ! Merci madame la vache en chef d'avoir attendu et retenu tes copines ! Parce que je ne suis pas sûre de ce que ça aurait donné. Un "aplatissage" en bonne et due forme sans doute.

    Quelques-unes de ces charmantes peaux de vache se sont arrêtées à hauteur des deux arbres et ne semblaient pas trop apprécier nos museaux. On a appris après qu'il ne faut jamais les regarder dans les yeux, exactement le contraire de ce qu'on a fait. On a appris que les cas de piétinement de randonneurs se sont multipliés. Re-gloups.

    Et quand nous les avons rejointes à la ferme en contrebas et qu'on a entendu le fermier appeler la plus noire d'entre elles, qui trépignait du sabot et soufflait en nous regardant: "Viens ici Panthère !', on a compris que vraiment, la vache qui rit, c'est bien fini.

     

     

  • Retour à Turin

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    Nous voilà repartis pour une deuxième quinzaine de vacances, cette fois-ci avec Anaïs et Quentin. Ils ont chacun laissé leur moitié, l’une à ses examens de seconde session, l’autre à son boulot et gardien de Spock, le chat de la maison, et père nourricier de Miel en fin de quinzaine lorsque Maïté et Jean-Didier nous rejoindront pour quelques jours et que Miel sera totalement abandonné à son triste sort.

    Une première nuit dans un charmant petit hôtel à Besançon avant de passer les Alpes comme nous l’avons fait tant de fois il y a quinze ans. On connait chaque coin de la montée et de la descente du Saint-Bernard, on identifie ce qui a disparu, ce qui a changé, ce qui est nouveau. On arrive à Turin avec toujours le même sentiment de « tornare a casa ». 

    Le bed and breakfast que Kristien nous a trouvé est parfait. Deux grandes chambres dans un vieil appartement turinois, en plein centre ville, que la propriétaire nous a laissées jusqu’au lendemain soir, histoire de nous rafraîchir avant de reprendre la route.

    Nous avons retrouvé Kristien et Kristof chez « les garçons » qui semblaient vraiment très heureux de la surprise. La joie de les revoir était réciproque et il ne manquait que Maïté pour que le bonheur soit total. Le plaisir dans l’assiette et dans les verres n’a eu d’égal que la déception d’apprendre qu’ils fermaient leur restaurant fin septembre. Nous avons alors décidé de prolonger notre séjour du lendemain jusqu’à la fin de la journée et de ne reprendre la route pour la Suisse qu’après être venus savourer un nouveau repas, plus léger. 

    Nous avons passé la journée du lendemain à flâner dans Turin, retrouver tous les endroits que l’on aimait, revoir la maison de loin, la via Roma, la piazza San Carlo, la via Po, le Lingotto et Eataly que je voulais montrer à Anaïs, une pizza à la Fila, une glace chez Fiorio…. avant de retrouver une dernière fois les garçons. Cette soirée était très émouvante dans la mesure où ils avaient annoncé l’après-midi même la fermeture à leur personnel qui, imperturbable, jouait « the show must go on » à m’en fendre le coeur. On les a quittés à regret en promettant de tout faire pour venir à leur table encore une fois avant leur fermeture. 

    Et on repris la route le coeur gros vers la Suisse.

     

  • Revoir ma Normandie

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    Trois premières cet été:

    1) Première fois que nous retournons au même endroit pour les vacances d'été. Bien sûr je ne tiens pas compte de notre semaine traditionnelle en Suisse où nous retournons depuis près de 30 ans pour terminer les vacances. Mais le temps nous a vraiment pris de court cette année, compte tenu des incertitudes relatives aux résultats de Quentin et compte tenu des vacances de Simon et Anaïs qui, elle, aurait bien voulu un petit rab de vacances avec papa-maman, just for the taste of it, et nous n'avons plus rien trouvé qui nous plaise. Alors, quand l'Homme a vu que la petite maison en Normandie, où nous avions passé les vacances il y a deux, était encore libre pour 10 jours, il s'est tout de suite projeté sur les immenses plages, cerf-volant en main, il a pensé petits marchés, bons petits plats, promenades, soleil et vent. Alors, on a réservé, même pour 10 jours. Et on est arrivés un peu comme chez nous. La dame qui nous accueille avait caché la clé dans un endroit secret et on a tout de suite tout trouvé dans le noir – la clé, les toilettes (vite, vite), les interrupteurs, la chambre, le wifi (!). Enfin comme chez nous, quoi.

    2) Première fois depuis très longtemps qu'on ne part pas pour 4 semaines d'affilée. J'avais pourtant juré que je ne partirais plus autrement, que j'avais vraiment besoin de ça pour récupérer. Mais vu la disponibilité limitée de la maison, vu les commentaires rassurants de Swiss Sis qui m'a juré ses grands dieux que le temps nécessaire à une bonne récupération ne dépassait pas les 12 jours, j'ai acheté le concept des vacances d'été coupées en deux. Et le fait est qu'effectivement je me suis complètement vidée la tête en 10 jours. Côté corps, c'était moins la fête. Si on oublie la douleur croissante à l'épaule, je n'ai en outre pas passé une seule nuit d'affilée. Réveil tous les jours à trois heures du mat' et impossible de refermer l'oeil avant cinq heures. Pas top !

    3) Première fois depuis si longtemps que nous passons les vacances d'été (entendez par là, les Vacances, pas un voyage) rien qu'à nous deux. Puisque finalement, nos dates ne coïncidaient pas avec celles d'Anaïs et que Quentin a décidé de ne pas nous accompagner, principalement pour laisser s'apaiser les relations post-résultats un peu tendues entre son père et lui, nous sommes partis à deux. Bilan parfait. Même rythme de lézards quand il fait soleil (on peut rester 10 heures d'affilée, allongés dans des transats à bouquiner et soigner le bronzage) ou de furets en promenade touristique les jours plus gris, se promener sur la plage, faire les boutiques de vêtements ou les épiceries fines, se choisir un parapluie à Cherbourg, se faire une bonne table avec un vin différent pour chaque plat, se cuisiner un petit truc ou aller chercher de petites choses chez le traiteur, se faire juste un apéro, danser sur une sélection de mp3, faire un feu dans la cheminée parce que c'est sympa, pas parce qu'il fait froid, et parler pour ne rien dire ou dire de belles choses. 

    Et cerise sur le gâteau aux pommes, nous quand on va en Normandie, on apporte le soleil. Et donc, les Normands nous invitent à revenir plus souvent. 

    Et là, de savoir qu'on a encore deux semaines en Suisse qui s'annoncent avec les parents, Swiss Sis et les enfants quelques jours ou plus selon les disponibilités, la formule de cet été est finalement plus que gagnante !

  • San Michele

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    On se l'était promis. Un de tes derniers souhaits avant de mourir, c'était de voir le Mont St Michel. Mais le temps t'a prise de court. Alors, tes sorcières bien-aimées ont voulu y aller pour toi. Puis on a vite compris que pour la cadette, rejoindre le Mont St Michel au départ de Turin, c'était carrément une expédition d'une journée. On a abandonné l'idée. Et je ne sais plus laquelle d'entre nous a pensé à la Sacra di San Michele. Cette abbaye à une demi-heure de route de Turin pourrait faire l'affaire. San Michele ou St Michel, c'est du pareil au même, non ? Et puis Turin, tout de même, c'est le berceau de notre amitié. 

    On ne pensait pas si bien dire. Arrivées la veille à Turin, nous nous sommes retrouvées pour une soirée spa-apéro. L'apéro j'aime assez, le spa moins. Ca fripe la peau et au bout de vingt minutes, j'en ai déjà marre. Mais mes sorcières bien-aimées aiment tellement ça, les sorties de bain en tissu éponge détrempé et les bains bulles que je n'ai pas eu le coeur de les priver de ce plaisir aquatique. Le lendemain, on a pris la route pour la sacra di San Michele vers onze heures, après une grasse mat' et cappuccino croissant au petit bar du coin. Bien sûr, on est arrivées à midi deux alors que la billetterie fermait à midi pile. Tu devais bien rire de nous, essoufflées, en nage, et dépitées d'être arrivées en retard. 

    On est redescendues tristounettes vers le lac pour déjeuner en attendant 14 heures pour la réouverture de la billetterie.

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    Et nous avons découvert ce lieu sublime que toi, tu avais bien sûr déjà visité et que nous, nous avions négligé en cinq ans de séjour à Turin. On a allumé cinq bougies et on t'a lu la petite bafouille qu'on t'avait écrite pour te dire adieu. Et bien sûr les larmes ont coulé. On avait l'air malin, toutes les quatre, serrées l'une contre l'autre sur un petit banc de prière devant je ne sais même plus quelle statue, en train de renifler et de sortir les mouchoirs.

    Et puis au fond de l'église, on a trouvé un panneau qui nous a expliqué le lien entre le Mont St Michel et la sacra di San Michele. Ce sont deux étapes d'un pèlerinage qui part de St Michael en Irlande et descend vers Jerusalem dans une oblique parfaite en passant par St Michael en Cornouailles, le Mont St Michel, la sacra di San Michele, le monte Sant'Angelo dans les Pouilles et le Mont St Michel à Symi en Grèce. Et cela nous a donné des idées…..

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    Tout en haut de la sacra, on a assisté à une demande en mariage et c'était vraiment un clin d'oeil de ta part.

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    Tu nous as accompagnés tout au long de ce weekend de premières retrouvailles sans toi et c'était vraiment bien. On avait un peu peur de cette première fois et ta présence angélique nous a bien aidées. 

    Mais ton côté sorcière s'est aussi manifesté quand tu as annulé notre avion de retour vers Bruxelles et que nous avons passé le dimanche après-midi, Cat et moi, dans l'aéroport de Turin et que tu nous as déroutées sur Munich avant de nous laisser rentrer paisiblement dans nos chaumières.

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  • Cuba, salsa agridulce

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    Alors, c'était pas le Pérou, c'est sûr. On nous avait dit "Vous allez A-DO-RER !". Et en fait, non, on a juste BIEN-AI-ME. Mais une petite overdose d'arnaques et de gentils coups bas ont eu raison d'un enthousiasme probablement exacerbé. 

    Trop de chaud-froid peut-être: entre esthétisme et désolation, entre zéro analphabètes et liberté d'expression plus que réduite, entre système de santé gratuit et accès limité à l'eau potable, c'est un pays de contrastes à tous les niveaux.

    Oui l'architecture cubaine est magnifique, qu'elle soit coloniale, art déco ou classique, à La Havane ou à Trinidad, les patios, les balcons, les portes sont autant de plaisir pour l'oeil. Et puis, au détour d'une rue, ou vu du bar de la terrasse d'un hôtel luxueux, la désolation d'une ville qui tombe en ruines, un petit air de Beyrouth après la guerre et plus que tout, savoir que ces ruines sont habitées par un grand nombre de personnes.

    Oui les belles américaines dont les couleurs me rappellent tellement les voitures des manèges de mon enfance et sur lesquelles tout le monde s'extasie – à raison – sont rutilantes mais elles ne sont en fait que le résultat de l'ingéniosité des Cubains pour maintenir en état les seules voitures qui pouvaient être importées jusqu'à récemment si on tient compte des petites Made in China autorisées depuis peu.

    Oui, les Cubains sont chaleureux et nous avons fait de très belles rencontres, dans les casas particulares (chambres d'hôtes), dans la rue, en prenant en auto-stop les innombrables infatigables marcheurs en mal de transport en commun. Mais quand l'ouverture à l'autre et la générosité légendaires deviennent un subterfuge pour faire des pigeons voyageurs des voyageurs pigeons, je ris jaune, la moutarde me monte au nez puis je tourne au vinaigre. 

    Ceci dit, une fois rentrés à la maison, on relativise, on se dit que la prochaine fois, on prendra les choses moins au sérieux, on aura appris, on sera plus méfiants prudents et bientôt on en rira.

    On ne gardera en mémoire que les bons moments ensemble pendant 15 jours, 24 heures sur 24, à pied, en voiture, dans des chambres toutes drapées de satin mauve ou rose fuchsia, assis sur des bancs à contempler les lieux, autour d'un verre de daïquiri frappé ou de cuba libre.

    Et on ne regrette pas d'avoir cédé au mythe.

  • Vacances en clair-obscur

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    Obscur:

    – Quinze jours seulement. D'accord, je ne devrais pas me plaindre, il y en a qui en rêveraient de mes quinze jours. Et puis ce n'est pas tout à fait vrai, les quinze jours sont suivis d'une semaine à la montagne. Mais quinze jours seulement de farniente, soleil, bouquins.  A mon âge (c'est la nouvelle excuse), j'ai besoin de trois semaines. Parce que….

    – Le soleil n'a pas été au rendez-vous TOUS les jours. Je vous le dis, je deviens de plus en plus difficile. Un jour de temps maussade et je me mets au diapason. A mon âge, j'ai besoin de beaucoup de soleil pour synthétiser la vitamine D et fixer le calcium dont j'ai besoin pour mes os.

    – La piscine était froide (forcément) et toutes mes résolutions pour aller apprendre à nager sont tombées à l'eau.

    – L'accident de la route juste au-dessus de la voie de chemin de fer qui longe la maison et dont le fracas m'a fait croire qu'un train déraillait dans le jardin (comme dit l'Homme, je n'ai jamais entendu le bruit d'un train qui déraille. Pourquoi, lui oui ?) était un accident mortel et quand on entend en surplomb "Le gars, il est mort !", on passe quelques jours à y penser et l'ambiance est tristounette. Mais de quoi je me plains donc avec ces vacances ?

     

    Clair:

    – J'ai lu tout mon saoûl et j'ai aimé tout ce que j'ai lu. Et je me réjouis d'avoir eu tout ce temps pour lire.

    – J'ai tenu ma résolution de faire 45 minutes de Pilates et yoga tous les jours (ou presque) et j'ai apprécié les résultats; je ne me lève presque plus comme une petite vieille au saut du lit.

    – On a visité la Camargue et même si je n'en ai pas vraiment profité (les flamants roses, les chevaux et les hérons et autres oiseaux sans jumelles, c'est pas très grand et poireauter pendant que Mr Nikon Big Zoom s'en donnait à coeur joie, dans la voiture parce que je n'aime pas les jours de grand vent et lui il adooooore), je suis malgré tout contente d'y avoir été et d'avoir vu les Saintes Maries de la Mer.

    – On a découvert un resto absolument sublime avec des amis de l'Homme et on y est retourné avec les enfants pour notre plus grand bonheur papillesque.

    – Et surtout surtout, on a passé 4 jours à cinq. Comme avant. J'aurais apprécié la présence des valeurs ajoutées des deux filles mais ils n'ont pas pu se libérer. Alors, on a fait comme si on revenait quelques années en arrière. On a beaucoup ri, beaucoup parlé, on a joué (le jeu des intros musicales, notre favori, reste un des meilleurs moments comme toujours) , pris l'apéro, fêté l'anniversaire de Quentin. Et ces moments de bonheur pur (qui, en fait, effacent tout ce qui fut soi-disant obscur) nous ont donné l'envie de nous retrouver tous ensemble l'été prochain à l'endroit que nous avons élu à l'unanimité le plus bel endroit de nos dix années de vacances ensemble. Et cette fois avec les valeurs ajoutées, si possible.