Myosottises

  • Derniers préparatifs

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    J-9: Deuxième essai coiffeur et premier essai maquillage. Elle est superbe quand elle est maquillée. Mais elle déteste ça. Soirée à nous cinq. Caïpi et retours sur videos. Fous rires. On aurait voulu dormir tous ensemble mais finalement chacun est rentré chez soi.

    J-8: Je modifie et modifie encore le discours parental.

    J-6: Maïté et moi travaillons d'arrache-pied pour finir la video pour les jeunes mariés avec une Sappho pour une fois pas facile et un nonno pas trop efficace pour s'en occuper. Les parents de Simon, eux, finissent de boire deux casiers de bouteilles bleues (heureusement des bouteilles d'eau) et les débarrassent de leurs étiquettes. Ils ont aussi contribué à manger une centaine de petits pots de yaourts qui finiront en bougeoirs. 

    J-5: Le futur marié s'envole pour 3 jours à Milan. La future mariée stresse parce qu'elle doit s'occuper de tous les derniers détails et de petit Jules.

    J-4: Evidemment, la crèche l'appelle. Jules a de la température. Un copain prend le relais pour les livraisons du jour. 

    J-3: Jules va mieux mais ne peut pas retourner à la crèche directement. Sa maman prend congé mais ne peut rien faire d'autre. Elle reste à la maison avec lui et se repose. Finalement, ce n'est pas plus mal, ce repos forcé. La météo annonce un samedi pluvieux. Mariage pluvieux, mariage heureux, d'accord. Mais brushing dégueu. 

    J-2: Le vol de retour de Milan est annulé. Grève des contrôleurs aériens. La tension monte. Finalement, le vol est reporté à 22h. Anaïs se détend. A peine. J'espère juste que la grève n'affectera pas les vols suisses. Je pars à la recherche d'un petit gilet pour Jules à la tenue trop estivale pour la météo annoncée. J'en trouve deux.  Il faut encore trouver une chemise pour l'Homme. Finir le discours et la video.

    J-1: Les Suisses embarquent avec une vingtaine de bouteilles bleues, un lot repéré par Maïté sur un site de petites annonces suisse (!)  et que Swiss'Sisman a passé une après-midi entière à emballer une par une et à installer stratégiquement dans leur valise. Déjà la douane est passée sans encombres, première étape. Ils arrivent à midi, on les récupère à l'aéroport, eux et leur précieux chargement. On file directement à la Maison des Arts, cadre du jour J. On ouvre la valise, un peu anxieux. Toutes les bouteilles sont intactes. Et en équipe, on garnit une cinquantaine de bouteilles bleues avec 195 tiges de fleurs superbes. A cinq heures, la Maison des Arts ferme et il faut qu'on se dépêche. Un dernier tour avant de partir, on a encore le temps de dresser les nappes sur les tables. Ô stupeur, les nappes sont toutes rectangulaires, les tables sont toutes rondes. On flirte avec le désespoir et la crise de nerfs. Et Swiss'Sisman, sans se départir de son calme, noue les nappes aux quatre "coins" des tables rondes. Et ça marche ! On peut même dire que ça a de la gueule. Gros ouf de soulagement.

    Anaïs rentre avec nous pour sa dernière de nuit de Miss. Demain est un autre grand jour….

  • Mariage en vue

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    Dans moins de 2 semaines, Anaïs et Simon se marient. On n'aurait jamais pu l'imaginer il y a quelques années, tant leur opinion sur la question semblait sans appel. Encore qu'Anaïs ne fût pas insensible au folklore romantique qui accompagne le mariage: la robe blanche, la bague, les fleurs, les jolies tables qu'on compulse et collectionne sur Pinterest et Instagram, cette ambiance de fête réunissant famille et amis. Mais ça ne faisait pas partie de leur plan. Point.

    Et puis, il y a eu ce fameux samedi où Anaïs nous a annoncé exactement le contraire. Un bébé et deux ans plus tard, nous y voilà presque. Tout est pour ainsi dire prêt. A un détail près. La mariée, à défaut d'avoir trouvé chaussure à son pied, n'a toujours pas trouvé la robe de ses rêves. Elle a écarté toutes les robes meringues à budget indécent, elle a écumé les cabines d'essayage des magasins qui ne vendaient pas de robes de mariées mais des robes blanches qui auraient pu se faire passer comme telles, elle a poursuivi sa quête dans les boutiques de location, elle a commandé toute une série de modèles sur Internet. Rien n'a eu grâce à ses yeux. Elle a essayé la couleur. Sans succès. Elle a essayé la robe de mariée de Swiss Sis qui lui allait comme une princesse. Mais elle ne voulait pas une robe de princesse. 

    A J-10, elle était prête à se marier toute nue. Je l'ai emmenée presque de force dans une boutique où j'avais repéré, en désespoir de cause,  une robe verte qui serait assortie à ses yeux. Mais finalement, c'était un vert triste à côté de ses yeux. La vendeuse n'a pas voulu s'avouer vaincue pour autant. Elle a sorti une robe blanche qui n'avait pas un statut de robe de mariée mais qui aurait pu y prétendre sans rougir. La même robe que, 3 semaines plus tôt, j'avais décroché de la tringle mais qui m'avait valu un refus catégorique. Mais les vendeuses expertes ont plus d'aplomb que les mamans. "Essayez-là, ça n'engage à rien". Et l'essai fut transformé. Ou plutôt a transformé la demoiselle en rayon de soleil.

    Soulagement total. Emerveillement. Profonde satisfaction de la vendeuse. Et on peut enfin passer à autre chose. 

  • Marcher sur des oeufs

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    Pâques est notre fête de retrouvailles familiales. Mais parfois les tensions comme on en connaît dans toutes les familles prennent le dessus, bêtement. Les non-dits, les mal-dits, les trop-vite-dits ont quelque peu brouillé les oeufs. On ne sait qui de l'oeuf ou de la poule a commencé mais nous sommes deux à nous être dressées sur nos ergots et à nous être envoyées nous faire cuire un oeuf. Après cris et larmes et noms d'oiseaux, nous avons mis les choses au plat et la mayonnaise a repris.

     

  • Tout Eze et tout heureuses

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    Et revoilà les sorcières en vadrouille. Trois jours, trois nuits à Eze, magnifique petit village perché à quelques kilomètres de Nice. Trois jours, trois nuits de papotes interminables, trois jours, trois nuits de fous rires, trois jours, trois nuits de confidences, trois jours, trois nuits de pur plaisir.

    Bien sûr, j'ai toujours un peu de peine à quitter l'Homme mais une fois que je les ai retrouvées toutes les trois, je suis vraiment heureuse. Parce qu'elles sont toutes les trois incroyablement belles et drôles mais surtout incroyablement authentiques.  

    On ne se voit jamais toutes les quatre ensemble plus d'une fois par an et chaque fois, on se retrouve comme si on s'était vues la veille. Enfin, probablement pas, vu les heures qu'on passe à se remettre à jour. Même la cinquième était là, elle a manifesté sa présence en brisant les photophores sur la terrasse alors qu'on parlait d'elle. Et même si scientifiquement, il est clair que la flamme de la bougie fondue au soleil de l'après-midi explique le bris du verre à son contact, la coîncidence n'en restait pas moins sorciérique.

    Dix ans séparent la plus âgée de la plus jeune; la plus âgée a toujours et a toujours eu une longueur d'avance sur tout: les enfants, les ados, la ménopause, les petits-enfants, les petits soucis de santé and so on. Mais elle n'a pas réponse à tout, elle n'a pas eu de jumeaux, elle n'a pas eu à affronter l'anorexie, n'a pas vraiment eu  besoin de réinventer sa vie, n'a pas ses parents malades à distance.Et quand bien même, elle aurait vécu tout cela, son expérience n'a que peu de poids puisque chacun vit sa vie avec ses propres références, son propre cadre, sa propre expérience.

    Nos vies se poursuivent chacune en parallèle et prennent la tangente pour se croiser le temps de quelques capuccinos, de quelques apéros et de quelques confidences qu'on ne ferait à personne d'autre, avant que chacune ne reprenne son chemin, toujours plus riche qu'avant.

  • Les pépites culturelles des dernières semaines

     

    Noguchi

    Nuages et feuilles, d'Akemi Noguchi, 2005, Manière noire

    J'ai vu tant de belles choses ces dernières semaines que je ne résiste pas au plaisir de les partager.

    Un opéra de Carl Maria von Weber, Der Freischütz, premier opéra en allemand. Rien à voir avec le romantisme allemand à la Wagner. C'est très joyeux, même si l'intrigue n'est pas légère puisqu'il s'agit d'un thème très faustien du don de son âme au diable, mais même si les airs sont incroyablement gais comme chez Verdi – qui n'a pas son pareil pour chanter l'horreur, le drame et la tragédie sur un ton on ne peut plus guilleret – (genre Murat dirait: "Ah je ris de me voir si blanc dans cette baignoire…."), au moins ici le rideau tombe sur un happy end. Et cerise sur le gâteau ou boule de cristal sur le dos de la main, la prestation totalement magnifique de Clément Dazin, jongleur, danseur, circassien, dans le rôle du Diable.

    Une pièce de théâtre adaptée de 1984 de George Orwell. Une adaptation super bien montée qui fait froid dans le temps. Incroyable comme ce roman écrit en 1948 était si visionnaire et à quel point la réalité a dépassé la fiction. Quand j'ai lu le livre il y a plus de 30 ans, je n'ai pas été particulièrement impressionnée mais là, 3 décennies plus tard, j'étais presque terrorisée à l'idée de cette intrusion dans notre vie. Bon, ce n'est pas comme si je ne le savais pas, je suis consciente de m'exposer – peu mais toujours trop – sur les réseaux sociaux, je connais – un peu mais pas assez – les rouages parfaitement huilés qui font tourner la machine, les algorithmes qui rythment nos vies virtuelles, mais là, c'était plutôt flippant.

    Otello de Verdi à Viva l'opéra avec un de mes ténors chouchous, Jonas Kauffmann. Trois heures à l'écouter, trois heures à le regarder surtout, je deviens une midinette du troisième âge. Comme m'a dit récemment un collègue assez jeune, au sortir d'un quintuple pontage, le plus étrange est d'avoir un cerveau de gamin(e) dans un corps de senior. Et ce stupide Otello que j'ai toujours tendance à considérer comme un imbécile fini a pris sous ses traits et par son jeu scénique une dimension plus humaine, me donnant à considérer la jalousie comme une maladie dont souffre vraiment le vilain jaloux plutôt que comme une tare insupportable à vivre pour les victimes de ce sentiment.

    Ce qui arrive: Une pièce très originale en ce qu'elle est l'adaptation très fidèle d'un roman graphique américain écrit il y a une dizaine d'années par Richard Mc Guire, Here.  Le concept du roman est déjà très particulier. Chaque planche présente un même lieu mais des personnages habitant ce lieu à des moments différents et sans réelle chronologie. Il s'agit en majeure partie de la même maison où se suivent plusieurs générations. La transcription de ce roman graphique en pièce de théâtre est un véritable succès et j'ai adoré ces scènes de famille en va-et-vient incessants qui nous renvoyaient à notre propre histoire de tribu familiale avec les références musicales, vestimentaires, comportementales et autres qui s'imposent. Un bijou.

    Un livre à faire circuler absolument: Le garçon de Marcus Malte. Pas tant pour l'histoire que pour l'écriture magistrale, une pépite vraiment. J'ai au moins appris une centaine de mots nouveaux dans ce livre, tous utilisés avec un à-propos incroyable. Je ne m'attendais pas à ça, sachant que la collègue qui me l'a passé n'est pas à proprement parler la reine de l'éloquence. Mes bêtes préjugés non maîtrisés en ont pris un coup et je me suis bien flagellée mentalement.

    LUCA: La meilleure pièce de l'année selon moi. L.U.C.A. signifie Last Universal Common Ancestor. Deux petit-fils d'Italiens immigrés dans les années 50-60 revisitent de manière génialogique la problématique des origines et se trouvent un L.U.C.A.dans les montagnes de Zagros en Iran. Sorte de documentaire joyeux et sérieux à la fois qui aborde aussi l'incroyable refus de ces anciens immigrés de considérer les migrants d'aujourd'hui dans une situation similaire à la leur. A voir et revoir.

  • Prem de dix

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    Weekend à dix. Sous prétexte de célébrer tous ensemble les 30 ans d'Anaïs, on s'est tous retrouvés en Touraine chez Véro et Olivier et nous avons squatté leur gîte et chambres d'hôtes troglodytes pendant deux nuits. Pour Anaïs, cela comptait vraiment puisqu'elle a passé là trois mois de stage pendant son bachelor en gestion hôtelière et que ces deux-là ont été sa deuxième famille pendant tout ce temps. Un séjour là est une parenthèse de bonheur tranquille et paisible. On retrouve pour quelques jours une espèce de sérénité.

    Même le soleil a pointé le bout de ses rayons et la journée s'est écoulée entre une petite promenade dans Amboise, la préparation d'un dîner d'anniversaire digne de son nom, une sieste au soleil, quelques parties de ping pong et quelques verres de champagne.

    Bien sûr, six heures de route aller et six heures de route retour c'est beaucoup sur un weekend. Particulièrement pour une petite fille qui a le mal des transports. Heureusement, après chaque retour de marchandise, elle était joyeuse comme un pinson et ne semblait pas plus affectée que cela. Mais au retour, c'est Quentin qui a voyagé à ses côtés et qui l'a amusée sans fléchir pendant les six heures de trajet, ce qui lui a évité tous ces déboires. Quentin peut envisager une reconversion s'il s'ennuie dans son boulot. Clown anti-émétique.

    J'espère que ce weekend sera le premier d'une longue série. J'aime les regarder vivre, les entendre rire, les écouter chanter, les voir s'aimer. C'est probablement un des mes plus grands bonheurs.

     

  • 30 ans et autres considérations

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    Voilà, la deuxième a eu 30 ans. Son bébé a eu un an. Comme elle a fêté son premier anniversaire, un mois après mes 30 ans. La roue tourne. Je suis rentrée dans ma soixantième année et je me demande encore où sont passées toutes ces années. 

    On aura passé la journée ensemble pour fêter ça et le soleil nous a accompagnées toute la journée. Une petite coupe chez le coiffeur, quelques boutiques pour la rhabiller, la première glace de l'année, un petit tour dans une boutique de papiers et crayons et la journée était déjà finie. Nous sommes allées chercher petit Jules et son papa à la crèche et retour à la case départ pour une petite coupe flûte de champagne avec ceux qui nous attendaient là. Coup de coeur pour Sappho qui se précipite dans nos bras quand on arrive. On peut dire ce qu'on veut, ça fait un bien fou. Ils ne sont pas restés bien longtemps, les uns devaient partir le lendemain matin pour Carcassonne et Quentin devait se lever tôt le lendemain. On s'est fait une petite pâte à quatre avec Anaïs et Simon pendant que petit Jules dormait tranquillement.

    Samedi tranquille et occupé à la fois, petites courses, visite à Mamy L.,  un petit tour en cuisine et soirée chahutée. Je voulais aller voir le Brussels Light Festival, l'Homme m'a accompagnée et n'a pas arrêté de tout critiquer. "Toutes ces installations électriques à l'heure du zéro déchet, zéro consommation, protection de la planète, éteignez les lumières, etc…. Faire un son et lumière de ouf sur une façade en ruine totale, tout le monde vient voir et applaudit et de jour, personne ne regarde cette façade totalement décrépite". Il m'a tellement dégoûtée que je l'ai planté là, de fort méchante humeur et je suis allée me calmer devant une installation encore plus magique que les autres pendant qu'il rentrait seul à la maison en maugréant de plus belle. 

    Dimanche à la maison. Petite heure au balcon pour profiter du soleil incroyable, d'un cigare et d'un petit rhum. Puis manucure-pédicure avec Katia et Anaïs et petit Jules qui nous ont rejoints. Essayage de jupe-top de mariée pour Anaïs. Jolie jupe mais trop large, top trop petit et trop grand à la fois. Quelques ajustements et ça devrait le faire. Elle sera jolie ma fille…..

    Aujourd'hui Lagerfeld est mort et je le découvre seulement maintenant beau garçon en son temps, drôle et charmant. Je reprendrais bien à mon compte une des manières dont il se décrit : "Je suis un concierge culturel"…. J'aime assez.

    Comme je le disais, je commence par les 30 ans d'Anaïs et je finis par n'importe quoi. 

  • Le petit Prince

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    Le petit Prince a eu un an aujourd'hui. Il a soufflé sa première bougie posée sur un joli gâzoo. Un ours, une girafe, un faon et un renard. Mais ce n'est pas un renard qui a apprivoisé mon petit Prince à moi, non, c'est une oie sauvage dont petit Jules est tombé amoureux.  

    Olga, c'est le nom de cette migrante annuelle, a séduit le petit Prince dès le premier regard. Il l'emmène partout avec lui, la traîne par la patte et quelquefois lui fait du bouche à bec. Si par inadvertance, il la lâche, il opère illico un demi-tour de ses quatre pattes motrices et la récupère sans même couper le moteur.

    Bientôt, le petit Prince marchera de ses propres ailes et son petit monde ne s'arrêtera plus aux frontières de l'astéroïde B612 et Olga ne parviendra plus à le suivre dans son exploration du monde. Mais elle restera probablement dans un coin de son coeur pour l'éternité.

     

  • Et janvier a filé

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    Le lâcher prise, c'est bien mais à force, on perd un peu pied sur tous les tableaux. Un peu comme les apprentis nageurs, quand on accepte de lâcher la perche ou le bord de la piscine là où on n'a pas pied, il faut aussi apprendre à ne pas paniquer et essayer de garder la tête hors de l'eau. Moi, à force de lâcher prise, je perds un peu le contrôle de tout. Ce blog est négligé, peu entretenu, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à dire. Ma pile de livres à lire menace de s'écrouler, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à lire. Voilà bientôt un an que je me suis offert le mercredi après-midi en me jurant de prendre du temps pour moi. Combien d'expos aurais-je vu en un an ? Deux ? Trois ? Grand maximum. Mais à quoi passé-je donc mon temps ? Et pourquoi file-t'il si vite ?

    Qu'avons-nous fait de ce janvier ? A part les éruptions urticantes de l'Homme qui ne sont toujours pas résolues et qui occupent nos conversations un jour sur deux, le mois s'est à nouveau écoulé entre délicieux moments, nouvelles joyeuses et nouvelles tristes à pleurer, jolis spectacles, réflexions hautement philosophiques et routines rassurantes.

    Un moment sublime et délicieux dans tous les sens du terme dans ce restaurant 2 étoiles incomparable, indécemment cher mais bluffant, en compagnie non moins délicieuse.

    Un essai de guimauve, pas mauvais mais esthétiquement perfectible.

    De nouveaux draps tellement tellement agréables.

    Ce foutu pèse-ma-personne qui me balance un chiffre indécent. Janvier, je te déteste !

    Une soirée d'hommage à Nat King Cole, pas déplaisante mais trop fatiguée pour en profiter vraiment.

    L'annonce de la mort d'un enfant de onze ans, que ses parents ont quitté sur un quai de gare, tout joyeux de partir à la neige. Il mourrait le lendemain, victime d'une rupture d'anévrisme insoupçonnée. Je sais que chaque jour tant d'enfants meurent mais quand ce drame touche des amis qui vous sont proches, je suis chaque fois plus bouleversée que je ne le voudrais.

    Un petit moment tout court avec Jules, le temps d'aller le chercher à la crèche et de le ramener à sa maman. Un petit moment très court mais pendant lequel j'aurais pu le manger tout cru dix fois.

    Des moments plus longs avec Mademoiselle Sappho, de plus en plus loquace et si charmante.

    Trois petites heures à la maison-jardin, le temps de récupérer quelques bûches. Arrivés en presque fin d'après-midi, à cette heure mi-figue mi-raisin qu'on dit entre chien et loup, une fois la chaleur revenue dans la maison, le simple fait de passer la porte et de rentrer dans la cuisine réchauffée vous envoie au visage un parfum chaud particulier qui n'appartient qu'à cette maison et qui fait revivre instantanément mon papa. Et j'ai furtivement essuyé les quelques larmes glissant sur mes joues et mon nez qui n'a pas résisté à se plonger dans son écharpe accrochée au porte-manteau.

     

  • Pas de panique

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    A l'automne, l'Homme a cru que le réchauffement de la planète n'avait pas tué tous les moustiques. Y'a plus de saison, ma bonne dame. Il avait les jambes mouchetées de petites piqûres. Pas trop content. Le lendemain, le surlendemain et encore pendant quelques jours, d'autres piqûres et encore d'autres piqûres. On a pensé aux punaises de lit, sans trop savoir comment on aurait pu ramener ça à la maison mais rien n'est impossible. On a tout passé au peigne fin et à la machine. 

    Puis plus rien.

    Le matin de Noël, l'Homme a développé une espèce d'urticaire géant. On était loin des piqûres de moustiques. De très grandes gourmes lui couvraient le visage, le haut du corps, le dos et les jambes, les yeux gonflés, la bouche enflée. On a alors pensé allergie. Mais le médecin a décrété que son système immunitaire s'affolait et en faisait soudain un peu beaucoup. Un élément déclencheur suffit et tout part en sucette. Le hic c'est de trouver l'élément déclencheur. Souvent un médicament. On lui supprime donc un premier médicament et on le met sous cortisone. Magique. Il passe un Noël tout lisse. 

    Au Nouvel An, on remet ça. Il revêt son déguisement d'ocelot. On lui supprime un deuxième médicament et on augmente la dose de cortisone. Et tout disparait comme par enchantement. 

    Cette nuit, il se réveille oppressé, avec comme un poids qui lui comprime la cage thoracique. Rien de très fulgurant mais comme un malaise. Comme on vous recommande de ne jamais laisser passer ce genre de douleur sournoise, on décide "urgences" mais sans se presser. On prend au passage un bouquin au cas où, un chargeur de téléphone, si ça devait se prolonger. Accueil hyper professionnel, aimable, juste bien. C'est l'heure où le service est calme. On est en semaine, ce n'est pas encore le petit matin, l'heure des accidentés de la route, des beurrés comme des petits lus qui se sont pris un poteau ou des bagarres de fin de nuit.

    Après six heures d'examen en tous genres, de contrôles espacés et de résultats rassurants, on peut rentrer avec la certitude que c'était une fausse alerte, qu'on a bien fait de venir tout de même, qu'ils sont là pour ça et que c'est probablement la cortisone above qui lui bousille le système digestif.

    Il va donc falloir réduire progressivement le médicament miracle et attendre la suite.