Myosottises

  • Vacances

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    Passer dix jours aux Pieux, y'a pas plus reposant ! Pour la première fois depuis longtemps, nous nous sommes retrouvés tous les deux en Normandie. Dix jours parfaits: quelques bouquins, un peu de soleil, quelques promenades sur la plage les jours plus couverts et le farniente le plus total. 

     

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    Passer quinze jours en Algarve, invités par Anaïs et Simon dans la maison des parents de Simon, en compagnie de Petit Jules. Descendre la France et l'Espagne en voiture avec Quentin et Kerya, passer du temps avec ces quatre là et surtout avec ce petit garçon de plus en plus sage, de plus en plus beau, de plus en plus drôle. Découvrir une région du Portugal encore inconnue, passer un moment de pur délice dans un petit restaurant cantine dans la montagne, lire au bord de la piscine, se promener avec petit Jules, faire des apéros géants, ne rien faire….

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    Passer une semaine de rêve à Venise, rien qu'à deux, pour terminer en beauté cette trilogie. Ce n'est jamais que la dixième fois qu'on y revient, inlassablement, mais tout nous appelle.  Toutes ces rues cachées, loin des hordes, ces surprises à chaque coin de ramo, le labyrinthe des canaux, toutes ces îles au large de la lagune, celles qu'on connaît déjà si bien, ce restaurant où ils nous demandent des nouvelles des enfants quand on y retourne, les îles qu'on découvre pour la première fois…… ces coins et recoins qu'on connaît par coeur et qui pourtant nous font encore découvrir d'autres facettes, c'est là toute la magie de Venise.

    Alors oui, nous avons passé de merveilleuses vacances cette année.

  • Un moment hors du temps

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    Deux petits pieds de part et d'autre de mon poignet, cinq petits doigts autour de mon index. Sous ma main bat sa fontanelle comme un oisillon à peine éclos. Mon pouce caresse sa joue de soie, ses yeux gris bleus bien plantés dans les miens. C'est un moment hors du temps où plus rien d'autre n'existe. Et pour une fois, une petite fois, je me laisse aller à vivre le moment présent. Pleinement. 

  • Nostalgies

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    Sur la route des vacances, on oscille entre Radio Nostalgie et l'Info Trafic. Ca roule plutôt bien. Les vieux morceaux s'enchaînent et mon esprit vagabonde. Il y a les morceaux que j'adore, les morceaux qui ne me parlent en rien et puis, il y a les morceaux qui éveillent une image. Toujours la même. Je veux dire, une chanson bien spécifique fait naître un souvenir bien particulier. 

    Juste quelques-uns, entendus là sur la route:

    Like a virgin de Madonna: Je suis à Turin. J'ai laissé mari et enfants à grands regrets à Bruxelles. L'Homme a dit que c'était une opportunité en or, qu'on devait partir, ce serait bien pour les enfants, cette ouverture sur autre chose. Moi, je ne voulais pas mais je me suis laissée faire. Mais il fallait que les enfants terminent l'année scolaire, le temps que je passe la période d'essai. Pas la peine de déménager toute une famille si on ne me gardait pas à l'issue de cette période. Donc, pendant neuf mois, j'ai fait l'aller retour Bruxelles-Turin et obtenu de travailler trois jours sur place et deux jours à distance, histoire de ne pas me priver de trois petits enfants, si petits, que les trois jours hebdomadaires de sevrage me restent encore en travers du coeur, 25 ans plus tard. 

    Madonna donc. Il faut préciser que ce nouveau boulot n'était que la prolongation du précédent et que je n'étais pas seule à partir. Nous étions 30 collègues à quitter Bruxelles et à nous retrouver pendant quelques temps, logés dans le même hôtel, accolé au bureau, le temps de trouver un logement plus permanent. Trente garçons et filles entre 20 et 35 ans. Tous célibataires et plein de fougue. Sans enfants. J'en avais 35 et 3 enfants. Après le boulot, on se retrouvait tous au bar de l'hôtel. Et Silvana chantait Madonna. Dansait Madonna. Et me subjuguait. Ce morceau reste à jamais associé à cette courte période d'insouciance en contradiction avec mon statut de maman de 3 jeunes poussins.

    Roxane de Sting: J'ai 20 ans. La vraie insouciance cette fois. Je ne dois penser à rien d'autre qu'à mes études et mes amours. Je fais des pauses à la cafetaria qui n'est rien d'autre qu'un deux-pièces au premier étage d'une vieille maison délabrée. On boit de la bière, beaucoup, on joue aux cartes, on rigole. On chante aussi. Tout le répertoire des chansons d'étudiants. Et on revisite les tubes du moment. Ro-xaaaaan est devenue Weeeeeb-ster du nom d'un petit bouclé un peu timide qui se faisait chambrer chaque fois qu'il passait le bout de son nez à la porte de la cafetaria. Je ne chante plus jamais Ro-xaaan d'ailleurs mais bien le nom de ce type dont je me demande bien d'ailleurs ce qu'il est devenu.

    The battle of Jericho des Golden Gospel Singers: Je suis à nouveau à Turin. L'Homme et les enfants m'ont rejointe. L'Homme fait l'aller-retour entre Bruxelles et Turin à son tour pendant quelques mois. Au printemps suivant, je n'y tiens plus, lui non plus, il prend une pause carrière de quelques années et joue les papas au foyer au grand bonheur de tous, sauf moi peut-être qui aurais secrètement préféré le scenario renversé. Probablement à cause de ce manque des enfants à jamais imprimé dans ma peau. Ce sont néanmoins les années de la vie douce en Italie. L'appartement est vaste, chaque enfant a sa chambre, la terrasse est une pièce de vie à part entière. Le boulot n'est pas simple, j'ai accepté un job au-dessus de mes compétences mais on m'a tellement seriné que je me sous-estimais que j'ai fini par y croire. Je l'ai payé par après mais c'est une autre histoire. En attendant, la vie était douce. Pas d'heures supp', le temps de prendre un cappuccino le matin entre copines/futures sorcières, lunch avec l'Homme le midi, des enfants dorés comme des brioches, gais comme des pinsons, heureux comme des poissons dans l'eau dans cette bulle de bonheur. Le premier ordinateur, les débuts d'Internet, le jeu video en famille – le papa qui joue à Tomb Raider et les enfants qui jouent les supporters sur ses genoux ou dans son dos -. Pas de mp3 encore, mais un lecteur CD à cinq platines, le luxe. Et The Battle of Jericho qui tourne presque en boucle pendant qu'on range la maison, en sautillant au-dessus des rayons de soleil qui rentrent par les porte-fenêtres et baignent la maison entre ombre et lumière. 

    Bye bye Baby des Bay City Rollers: J'ai 15 ans. Je suis à la mer avec elle. C'est ma meilleure amie. Celle qu'on adore par dessus tout à l'adolescence, qu'on quitte à quatre heures à la fin des cours et à qui on écrit une lettre le soir parce qu'entretemps on a mille choses à lui dire. Ses parents m'ont invitée à passer une semaine avec eux à la mer pendant les vacances de Pâques. On parle jusqu'à plus soif. On se promène, on saute depuis la digue dans le sable, des sauts d'une hauteur inimaginable, on n'a peur de rien à cet âge là. On a repéré deux frères plutôt mignons. Etienne et Stéphane. Elle choisit Etienne, moi Stéphane. Il est né le 1/9, moi le 9/1. C'est un signe indéniable que nous sommes faits l'un pour l'autre. Nous sommes bêtes comme le sont les ados. Elle a acheté une eau de toilette au parfum très frais. Eau jeune. J'adore. Et les Bay City Rollers passent en boucle.

  • Un an

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    Aurais-je pu imaginer il y a un an que ce petit bout de femme prendrait tant de place dans ma vie, dans mon coeur ? Aurais-je pu croire un seul instant que l'Homme qui ne jurait que par mes beaux yeux allait un jour m'avouer, un rien penaud: "La seule dont tu pourrais être jalouse, c'est elle !" Aurais-je pu penser que je me ficherais du statut de grand-mère comme d'une guigne pourvu que je la voie souvent – elle et son petit Jules de cousin ?

    Ces petits pieds qui essayent de s'ancrer dans le sol pour ne pas vaciller, ces petites mains menues aux petits doigts qui pincent délicatement les petits bouts de banane ou de mie de pain pour éviter qu'ils ne lui échappent, ces petites joues que je ne peux m'empêcher d'embrasser et de grignoter, ce sourire qui me fait fondre, ces yeux merveilleux qui vous rendent complètement accro. 

    Je mesure ô combien ma chance de la voir si souvent et je remercie ses parents de m'offrir ces moments-là. 

    Cette ensorceleuse fête aujourd'hui le premier anniversaire de son arrivée sur cette terre et on se demande comment était la vie avant. 

  • En mai, tout ce qui m’a plu

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    Le mois de mai s'est ouvert sur le sabbat annuel des sorcières, à Anvers, cette fois. Trois jours de retrouvailles avec ces trois canailles, si chères à mon coeur. La cinquième était présente malgré elle; le premier soir, K. avait réservé une table pour cinq, sans s'en rendre compte, par une inadvertance lourde de sens. Si l'hôtesse du restaurant n'a pas fait grand cas de cette erreur de couverts, elle, et nous par ricochet, a mis quelques instants à s'en remettre. H. était donc là, parmi nous, encore et toujours. 

    On a passé 4 jours avec petit Jules pendant que ses parents fêtaient les 30 ans de Simon sur la côte d'Opale et s'offraient par la même occasion 3 nuits complètes. Nos nuits l'étaient moins, nos jours ont été plutôt chahutés, petit Jules ne nous a pas laissés beaucoup de répit. Mais quand il ne fait pas la grosse moue et qu'il ne pleure pas, il a l'art de décocher un sourire dévastateur, lumineux et enchanteur.  Rien que pour ce sourire, j'attends avec impatience le prochain besoin de nuits récupératrices de ses parents. Pour autant que je ne sois pas moi-même en gros manque de sommeil. 

    L'amitié, toujours au rendez-vous, en ce mois de mai, et les 50 ans de S. nous ont réunis, comme il y a dix ans – déjà -.  On prend (presque) les mêmes et on recommence. On passe une première nuit à Rome, on retourne dans des restaurants qui nous sont mythiques tant chaque bouchée trouve immédiatement le point G de nos papilles. On se balade, le coeur en fête, dans cette ville tout aussi mythique, on retrouve la fontaine de Trevi, restaurée, en fonction cette fois et c'est juste un moment de pur bonheur. Puis on prend la route et on retrouve cette divine maison de J et B en Ombrie, où la douceur de vivre et le farniente total ont été vécus comme le luxe suprême. 

    Ce joli weekend s'est terminé par un des plus beaux concerts de ces dernières années: la dernière tournée de Joan Baez. Subjuguée du début à la fin par cette infatigable militante, par ses paroles, sa présence, sa beauté à 77 ans. 

     Un dîner en pleine semaine avec des amis devenus insaisissables, tant ils voyagent par monts et par vaux. Nous avons mis des semaines à trouver une date commune pour nous retrouver et nous avons fini par nous rabattre sur un soir de semaine si on voulait se voir avant Noël. Mais ce fut un dîner agréable, où on a presque retrouvé l'insouciance et la joie de vivre de nos vingt ans. Ils ont mis leur mal-être et leurs récriminations au vestiaire et cela nous a fait un bien fou.

     Et ce joli mois de mai s'est terminé dans une bulle de poésie. Petite Anne m'a emmenée à la Fondation Folon que je n'avais jamais visitée malgré une envie jamais assouvie. Il faisait délicieux, le château de La Hulpe est un endroit paisible et serein et l'exposition Folon était surprenante. 

    Il y a longtemps que je n'avais plus appliqué les adages aussi à la lettre: En mai, j'ai fait ce qui me plaisait.

  • Middelkerke

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    J'en rêvais depuis des années. Mais l'Homme ne voulait pas m'accompagner. Il ne voulait plus en entendre parler. Je n'avais jamais un moment à moi où je pouvais envisager y aller sans lui. Avec mes tous nouveaux mercredis après-midi, l'occasion était toute trouvée. Alors j'ai rajouté un mercredi matin et je suis partie. 

    J'ai pris le train qui m'a amenée jusqu'à Ostende, puis j'ai pris le tram de la côte jusqu'à Middelkerke, la plage de mon enfance. Je voulais retrouver chaque maison, chaque appartement où, année après année, j'ai passé un bout d'été, avec mes parents, mes grands-parents, mes soeurs et d'autres membres de la famille, en géométrie variable selon les années. 

    Je n'ai rien retrouvé. Tous les lieux de location où j'aurais pu respirer un peu de parfum d'enfance avaient disparu. Tous les immeubles à appartements qui bordent la côte, toutes les villas en lotissement à l'intérieur des terres, m'étaient totalement inconnus, voire hostiles. Même le Casino, emblème, s'il en est, de cette station balnéaire, a été rasé il y a trois mois. Dépit total. 

    Seule la Poste Centrale existait toujours. Disons le bâtiment extérieur. A l'intérieur, plus de poste, et surtout plus de cabines téléphoniques insonorisées par de grandes plaques trouées qui me fascinaient, petite, pendant que j'attendais ma grand-mère qui appelait Bruxelles ou peut-être Eupen. Après avoir attendu patiemment que la préposée nous indique la cabine où le numéro demandé nous attendait au téléphone. Qui pouvait imaginer qu'un jour on appellerait la terre entière où qu'on soit, dans son fauteuil, au bord de la mer, dans la montagne ou en pleine brousse à l'aide d'un téléphone intelligent à peine plus grand qu'un jeu de cartes.

    Mais cette Poste Centrale a été transformée en Musée d'Histoire de la Côte et j'y ai finalement retrouvé quelques vestiges de mes années mer-veilleuses. 

    Puis j'ai marché marché sur la plage, sans but, mais heureuse d'être là.

    J'ai repris le train, un peu déçue, un peu contente. Perdue dans mes pensées, je ne me suis pas rendu compte que je devais changer de train à Gand et je me suis retrouvée perdue en pleine campagne flamande entre Gand et Anvers. J'ai prévenu l'Homme, un peu dépitée et lui qui n'écoute que son coeur de Zorro quand il s'agit de me retrouver, a enfourché illico sa Peugeot Tornado pour un périple de 90 minutes à ma recherche.

    J'ai bouquiné au soleil presque couchant sur un quai de gare désert, finalement pas si mécontente de ma journée.

  • Le monde est vraiment petit petit

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    Je l'ai déjà dit, si on creusait un peu, on pourrait mélanger nos racines avec à peu près n'importe qui.

    L'autre soir, Lohengrin de Wagner à l'opéra, cadeau de Noël des enfants. 4h30 de spectacle, donc forcément une petite pause technique à l'un des entractes s'impose. En sortant des toilettes, je tombe nez à nez sur une de mes collègues. Salutations plus ou moins distinguées. En fin de spectacle, re-belote, je tombe à nouveau sur la même collègue mais cette fois, accompagnée de Monsieur. On se salue à nouveau, on fait les présentations. Généralement, moi, je présente l"Homme par son prénom. Mais elle me présente le sien par ses prénom et nom. La carte de visite complète. Paul-Henri Durand (toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant réellement existé ne saurait être que fortuite). 

    Ce nom m'est tellement familier mais ma mémoire refuse de l'identifier immédiatement. Ce visage ne me dit rien, je ne le connais pas. Son nom oui, très bien. Devant ce paradoxe, mon cerveau bugge. On se dirige vers le vestiaire et dans la bousculade, on se perd de vue. 

    Et puis soudain, mon cerveau retrouve un semblant d'activité. Ce Paul-Henri Durand mais c'est bien sûr ! 

    Pendant 2 ans, mon papa a été instituteur. Deux petites années seulement. Voire moins. Le temps de deux-trois remplacements. Il en a gardé une forme de nostalgie et a gardé, collectionneur en herbe, tout, absolument tout ce qui avait trait à cette période bénie pour lui. Cahiers des premiers de classe, petits mots d'excuse des parents, rédigés avec tout le respect reconnu aux professeurs en ce temps-là, lettres de remerciement des élèves à Monsieur le Professeur….

    Quelques années plus tard, je suis devenue une petite fille qui jouait à "école". J'étais une maîtresse hors pair. Et j'utilisais comme modèle les beaux cahiers des premiers de classe, ceux de …… Paul-Henri Durand, je lisais les petits mots d'excuse de la maman de Paul-Henri et il y a fort à parier que la lettre de remerciement était écrite de sa superbe écriture.

    Quand, le lendemain, j'ai demandé à ma collègue si par hasard…., elle lui a téléphoné illico et m'a confirmé que oui, Paul-Henri se rappelait très bien de mon papa et qu'il aurait beaucoup aimé le rencontrer.

    Le monde est vraiment petit, petit…..

     

  • 80 printemps

     

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    Ah, on peut dire qu'elle les porte joliment ses quatre-vingts printemps. C'est une petite souris encore bien verte qui court toujours, n'est jamais rassasiée de culture, d'expositions, de concerts et surtout surtout, depuis l'envol du Hibou, de cinéma. Elle voit au moins un film par jour, le plus souvent à la cinémathèque, mais aussi au cinéma ou à la télé. Insatiable.

    Je sais de qui tenir, je suis ses traces et si je peux arriver à son âge dans le même état de santé, je serai tout aussi assoiffée. 

    Cette petite souris a une mémoire d'éléphant. Elle peut me dire ce que j'ai fait le 19 septembre 1975 et me donner le temps qu'il faisait. N'essayez pas de tromper cet éléphant, elle ne s'en laisse pas compter. 

    Cette jolie souris est aussi une tête de mule. Si elle a décidé quelque chose, vous pouvez danser le chachacha sur les mains, rien n'y fera. Elle sait ce qu'elle veut – et ce qu'elle ne veut pas – et qui l'aime la suive.

    Pour la fêter, on a réuni toute la trHibou autour d'elle, dans une grande maison dans les Vosges. Dans quelques années, elle pourra vous assurer que le weekend du 21 et 22 avril 2018, il faisait un temps magnifique, qu'elle a passé un joli moment avec ses trois filles, ses gendres charmants, ses petits-enfants et consorts et ses deux arrière-petits-poussins, que tout le monde était en mode détente, pétanque, billard, tennis, farniente, couvertures dans l'herbe, bébés suspendus en maxi-cosi aux branches d'un tilleul, qu'elle a reçu en cadeau bonus un kaleidoscope, symbole de sa vie aux multiples facette et de ce qu'elle est au propre et au figuré: une jolie image à regarder. Et à écouter.

     

  • Trois

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    Le nombre de pelés qui accompagnent le tondu.

    Les mouvements qu'on fait en deux temps.

    La hauteur en pommes des petits.

    Sa règle permet de vérifier que le compte est bon.

    Le nombre de pattes qu'on ne casse pas à un banal canard.

    Le prix bon marché qu'on multiplie par rien.

    Le ménage qu'on fait avec son mari et la technicienne de surface.

    Jusqu'à combien on compte quand on menace.

    Le nombre de pièces que compte un costume complet.

    Les coups avant d'entrer en scène au théâtre.

    Le nombre de mousquetaires avant l'arrivée de d'Artagnan.

    Le nombre de petits cochons affrontant le loup.

    Le nombre de Pieds Nickelés.

    Le nombre de Rois Mages suivant l'étoile du Berger.

    Autant de Suisses qui vendent sur catalogue.

    Les petits tours que font les marionnettes avant de s'en aller.

    Autant de dimensions pour voir dans l'espace.

    Le nombre d'ours qui ont séduit Boucle d'Or.

    Autant de voeux que nous offrent les fées.

    Le nombre de soeurs imaginées par Tchekov, et accessoirement par mes parents.

     

     

     

     

  • Entre hiver et printemps

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    Lundi: Je continue à tout faire pour ne pas rater l'entraînement tous les lundis midi. Ce n'est pas encore vraiment de l'addiction mais presque. Et pourtant, on peut dire que ça me coûte. Non seulement, je pense bien que je n'y suis jamais allée sans que ce soit un jour de pluie ou pire, de neige. Et David le coach ne lésine pas sur le côté cardio, mon point faible. Mais je persévère. Et, c'est bête, je pense bien que cela fait partie de sa formation de coach, mais quand il me félicite, c'est comme si j'avais 8 ans et que l'institutrice me tapote la tête en me disant "C'est bien !".

    Mardi: Baby sitting express chez petit Jules, le temps de permettre à sa maman de faire un aller retour chez le médecin pour une visite de contrôle. Enfin seuls, lui et moi. Et c'est un moment où on se rencontre enfin, tout en douceur et caresses. Il a cette peau douce et fragile à la fois, que seuls les tout petits ont encore. Il s'exprime par petits essais de areuh ou alors par des pleurs aussi subits que puissants. Quelques chansons et caresses le calment un instant et ses yeux semblent vous regarder pour vous dire toutes les choses qu'il ne peut pas exprimer. Et dans ces moments-là, j'éprouve pour lui toute la tendresse du monde. 

    Mercredi: Ce mercredi, je le réserve à ma maman. Quand j'arrive, elle est en pleine tractation avec le jeune voisin qui lui rachète la voiture de papa. Elle est contente de voir cette voiture partir dans des mains connues et surtout appréciées de Papa. Enfin, le monsieur, pas les mains. 

    Jeudi: Visite de contrôle chez le médecin. Tout va bien. Sauf qu'il entend toujours un léger sifflement dans mes poumons. La fin de bronchite diagnostiquée par la pneumologue n'était pas une bronchite selon lui. Mais quoi alors ? Il ne sait pas, on contrôlera la prochaine fois. Du coup, j'oublie de parler de mes pieds. Ah mes pieds…. A gauche, j'ai l'impression de marcher sur des lames de rasoir, à droite, l'oignon, ce cornichon, me fait crier "aïe" à chaque pas. Je ne supporte plus que les boîtes à chaussures. Je ne peux quand même pas marcher pieds nus en ville. Je sens qu'il va falloir qu'on déménage en bord de plage.

    Vendredi: Spectacle de danse le soir. Aline et Quintijn ont monté un spectacle entre danse, cirque et féérie. J'étais très fatiguée et mes pieds me faisaient terriblement souffrir. Mais j'ai profité de ce moment de magie, malgré, quelquefois, les paupières très lourdes.

    Samedi:  Il neige. On croyait l'hiver terminé mais non, il a repris du service. Et il fait froid. On fait quelques courses, mais au pas de course, on se les gèle trop. On fait un saut chez Mamy qui n'a plus de connexion internet. En arrivant dans sa rue, je ne vois plus la voiture de Papy. Se peut-il que le jeune voisin l'ait déjà emmené en France, comme il en avait l'intention? Je ne peux pas arrêter les larmes qui coulent soudain. Ce n'est qu'une voiture, me dit l'Homme. Oui, bien sûr. Je ne pleure pas la voiture, je pleure un nouveau coup de gomme sur tout ce qui faisait le quotidien lié à mon papa.

    Dimanche: Matin maussade, estomac barbouillé de la veille, dîner gastronomique annuel après avoir cassé la tirelire du badminton. Mais puisqu'on a préparé un osso buco pour les lovebirds, Q et K, qui viennent manger ce midi, il faut bien se forcer un peu. Après-midi Sappho, bougonne parce qu'encombrée, mais toujours aussi craquante malgré tout. N'empêche, elle commence à bien savoir ce qu'elle veut et surtout…. ce qu'elle ne veut pas.

    Et la semaine se termine au coin du feu….