Myosottises

  • Couper la pomme en deux

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    L'autre soir, fait tout à fait exceptionnel, l'Homme n'est pas rentré à l'heure comme prévu. Il a prolongé des agapes de midi avec d'anciens collègues pour ne pas abandonner un des leurs, en pleine déprime. J'avais donc pour moi une soirée seule, non prévue, et dont je ne savais donc que faire.

    J'ai pris un long long bain, j'ai laissé filer l'eau du bain sans avoir même le courage de sortir de la baignoire. Je suis restée un long moment comme ça, un drap de bain en couverture et mes pensées ont filé vers tous ceux qui sont seuls sans l'avoir souhaité.

    J'ai pensé à ma maman qui fuit chaque soir ou presque vers une salle de concert, une salle de cinéma ou tout autre loisir qui lui permette d'échapper à ces soirées en solo. Elle sortait déjà pas mal avant le départ impromptu de mon papa mais beaucoup moins. Quand elle sortait, elle savait qu'en rentrant à la maison, la lumière serait allumée, il ferait chaud, elle pourrait le trouver devant la télévision ou devant son ordinateur, son plaisir à lui, et qu'elle pourrait lui raconter sa soirée.

    Du jour au lendemain, elle a perdu ce repère, ce phare dans sa vie et la réorganisation d'une vie de pomme coupée en deux demande beaucoup de courage et de volonté pour ne pas se laisser avaler avec l'eau du bain.

     

  • Ici et ailleurs

     

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    Souvent je passe pour une hyperactive et j'essaye de démontrer le contraire. Mais il y a des semaines où j'aurais beaucoup de mal à démentir cette image. En particulier la semaine qui vient de s'écouler:

    Lundi: Dernier jour de vacances à Mykonos, un dernier petit tour par la plage, un dernier petit tour en ville, un dernier apéro, un dernier coucher de soleil. Ce soir, on dort encore à Mykonos. Je déteste les fins de vacances.

    Mardi: Les vacances sont finies, on boucle les valises, on fait un dernier tour d'inspection et nous voilà en route pour l'aéroport. Ce soir on dort à Athènes. On a passé l'après-midi à marcher dans la ville que nous n'avions plus vue depuis 35 ans, une éternité. On a découvert le Jardin Botanique, on est remonté jusqu'à l'Acropole au soleil finissant. Cette vieille dame a pris quelques rides, elle est liftée de partout et c'est dommage. Mais j'étais quand même contente de la revoir. Le soir, ballet d'ombres des evzones sur la façade du Parlement. Souvenirs.

    Mercredi: On referme les valises entrouvertes et retour à l'aéroport. Ce soir, on dort à Bruxelles. Retour à la maison. On devait passer par la case concert tout de suite après l'atterrissage mais ce dernier a été annulé pour des raisons de santé. Retrouvailles avec le chat, ranger les valises, lancer les machines, lire le courrier. Petit coup de froid et petit coup de blues.

    Jeudi: L'Homme reprend le chemin du boulot. Moi celui du coiffeur et de Mamy L. Je passe embrasser Anaïs aussi qui télétravaille. Et je rentre fissa à la maison pour l'étape repassage et préparation d'une nouvelle valise. Ce soir on joue au badminton et on dort encore à Bruxelles.

    Vendredi: Le matin tôt, je rejoins Mamy B. pour prendre le bus direction l'aéroport. Et rebelote, on s'envole pour Milan. Les Sis et moi, on lui a offert un opéra à la Scala et c'est moi qui l'accompagne. Ce soir on dort à la Scala à Milan.

    Samedi: On repart assez vite en début d'après-midi, fatiguées mais plutôt heureuses. Au retour, pas de passage par la case maison, on raccompagne Mamy et on file avec Quentin et Kerya sur Eupen pour fêter les 60 ans de mon cousin. Chaleureuses retrouvailles avec une toute une série de personnes que je n'avais plus vues depuis longtemps. Ce soir, je dors enfin dans mon lit mais on a bien failli dormir à Eupen.

    Dimanche: Un dimanche à la maison. Enfin. Et une après-midi avec deux petits qui m'avaient tellement manqués pendant ces presque 3 semaines. Ce soir, je m'endors fatiguée mais heureuse.

     

  • My Mykonos

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    On voulait revenir en Grèce. Près de dix ans depuis notre dernier séjour dans le Pélopponèse, il était temps pour nous. On s'est dit qu'on n'avait vraiment rien vu des Cyclades et on a hésité entre Santorin et Mykonos. Finalement, sur base de l'offre de logements, on a opté pour Mykonos. Pour moi, c'était l'"île aux moulins". Plus tard, quand on me demandait où j'allais, on me regardait avec des yeux ronds et des sourires entendus. Jamais je n'avais associé Mykonos à l'île de la jet set, du bling bling et de la fête de la nuit. C'est donc avec un peu d'appréhension que avons débarqué sur cette île aussi "réputée". 

    Nous sommes arrivés très fatigués, de toute une année sans vrai repos et d'une nuit blanche à l'aéroport d'Athènes en attendant le bateau du matin. Et je n'ai vu de la petite maison de pêcheurs joliment retapée, qui allait être notre repère pendant 12 jours, que les aspects négatifs, la terrasse à l'ombre jusqu'à fin d'après-midi, le parking en contrebas avant de reconnaître qu'on voit surtout la baie de Mykonos et la mer scintillante.

    Je devrais le savoir, c'est toujours comme ça, la fatigue me fait tout voir en gris clair et gris foncé. J'ai même dit à une amie qui me demandait si c'était bien que oui, c'est bien mais ce n'est l'endroit où je reviendrai. 

    Bien sûr qu'après douze jours, je ne demande qu'à revenir. J'ai adopté cette petite maison, parfaite pour nous, cette vue incroyable, surtout au coucher du soleil, j'ai adoré le mouvement incessant des bateaux, tous les bateaux: les barques de pêcheurs, les catamarans, les voiliers, les yachts – l'un d'eux portait le nom improbable de "Plan B", on se demande ce qu'est le plan A -, les paquebots de croisière, grands et moins grands, les navettes qui amènent les "croisiéristes" vers le port et les cars qui les attendent pour faire le tour de l'île.

    J'ai lu et relu tout ce qui me tombait sous la main sur cette île, un roman de Melpo Axioti – Mon île -, un recueil d'un auteur anglais sur tout ce qu'il a appris sur Mykonos, les informations glanées ici et là, et tout m'a plu. La vraie Mykonos, celle qui se fait petit à petit engloutir par le tourisme mais qui garde malgré tout quelques traces d'authenticité.

    Même le bling bling croisé le soir dans les rues m'a fait sourire ou rire comme un spectacle de one man ou one woman show muet, un carnaval de tenues plus voyantes les unes que les autres, des masques de clown(e)s botoxé(e)s comiques et tristes à la fois.

    Et quelques malheureux moulins, sans voiles, en piteux état, abandonnés aux selfies et aux grands angles. 

    Mais la Grèce, ma Grèce toujours…..

  • Weekend en clair obscur

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    Dernier weekend avant les vacances. J'ai eu envie de réunir les enfants pour un dernier brunch d'été avant de partir. Evidemment, je ne sais pas faire simple, j'aime trop mettre les petits plats dans les grands. L'Homme s'y met aussi et veut mettre les grands plats dans les petits. Tout cela demande malgré tout une certaine organisation et un timing suisse. Sans compter qu'il me fallait caser le coiffeur et la coupe d'avant vacances. Alors quand des amis appellent pour manger un petit bout le soir pour nous voir encore une fois avant les vacances, je panique bêtement. Bien sûr, j'ai envie de les voir aussi mais ils ne rentrent pas dans mon planning. Je me sens totalement envahie par le stress. Je sais qu'il faut aussi préparer la réunion de copropriété où L'Homme ira avec celui de Sis'cile représenter ma maman. C'est la première fois et ce n'est pas un dossier facile, un minimum de préparation s'impose. Tout mon coeur voudrait accepter l'invitation mais toute ma tête repousse violemment cet élan du coeur. Je finis par refuser parce qu'"elle" me dit toujours de dire les choses sincèrement et de penser parfois à moi et dès cet instant, tout s'apaise. Mais je crois bien qu'elle a eu quelques difficultés à comprendre mon choix.

    Plus tard dans la journée, nous recevons l'appel d'une autre amie qui nous annonce que son mari, notre ami, atteint d'une leucémie, a vu le médecin qui lui a annoncé la fin des prolongations. Il est maintenant en sursis et souhaite nous voir si possible avant notre départ en vacances, sinon très vite après. On convient d'une date à notre retour. Mais au petit matin, je me suis ravisée. Et nous avons convenu de nous voir le dimanche soir.

    Le dimanche, dès onze heures, tous les enfants, les originaux, les beaux et les petits nous ont rejoints pour le maxi-brunch de Bonnie et Nonno. Le plus délicieux de tout était bien entendu le moment passé ensemble, les retrouvailles de Zules et Fofo, les voir tous réunis et si bien assortis. Tellement meilleur que ce qui se trouvait dans l'assiette, ce qui n'était déjà pas négligeable.

    Et le soir, nous sommes allés voir cet ami, un noeud à l'estomac, ne sachant pas si nous allions lui dire au revoir ou adieu. Parler de tout et de rien, de son traitement, de sa fatigue, de son désir de profiter encore un peu d'elle, de ses enfants, de ses petits-enfants, d'écrire ses mémoires, de son chagrin à elle qui aurait encore bien signé pour 20 ans de plus avec lui, du déménagement qu'ils devaient faire mais qu'elle fera sans lui…. Leur fille était là, enceinte d'un petit-fils qu'il ne verra sans doute plus et leur fils nous a rejoints et nous avons parlé d'un pain à la croûte sublime d'un nouveau boulanger installé en ville et du champagne que nous lui avons apporté et qu'il trouvait "long en bouche".

    On est repartis, le coeur dans les chaussettes, presque embarrassés d'être si vivants.

  • Temps d’écran

    Smartphones

     

    L'autre soir, mon smartphone, communément appelé "doudou", tellement il ne quitte pour ainsi dire jamais ma main, à l'instar des bouts de chiffon ou autres lapins, singes (comme le copain Cosaque de Sappho) ou oies sauvages (comme la copine Olga de Jules), mon smartphone donc affichait un record de 7h55 de temps d'écran pour une journée commencée à 7h30 et finie à 23h30. La moitié de ma journée rivée à mon écran miniature. De quoi me faire un peu peur. Je me savais complètement accro mais là j'ai dépassé mon propre entendement.

    Et pourtant, je ne suis pas du tout asociale. Sur la même journée, j'ai passé deux heures avec Sappho et ses parents, j'ai rendu visite à Mamy L. pendant une heure, j'ai passé une heure avec Marc et Sis'Cile pour rendre visite à la voiture vintage de mon papa qui dort depuis 30 ans dans un garage et boire un verre dans la foulée pour discuter de l'avenir de cet ancêtre, j'ai passé une heure et demie en tête à tête avec l'Homme à discuter de tout et de rien et plis particulièrement d'un weekend en Ecosse pour célébrer les 50 ans de Joséphine. J'ai aussi repassé pendant une heure, cuisiné pour les repas du jour et pour les prochains lunches, pris un long bain. En d'autres termes, je n'ai pas du tout eu l'impression d'être en mode adolescente avachie dans le fauteuil, les yeux hypnotisés, Kaaptivée par un Smart Python qui me susurre "Aie confiance, crois en moi, que je puisse veiller sur toi".

    Qu'est-ce que je peux bien faire pendant 8 heures sur un smartphone ? Tout. Alors, oui, je suis un peu beaucoup accro à Instagram, je peux aller relever le compteur quinze fois par jour si ce que j'ai à faire ne me plaît pas. Oui, je collectionne des images sur Pinterest et je les regarde ensuite avec beaucoup de plaisir. Oui, je joue avec mes soeurs, mon beau-frère et ma fille à un quizz en ligne mais le temps est limité à 6 questions jusqu'à ce que le partenaire ait lui même répondu à 6 questions, délai qui peut atteindre 24 heures si ce dernier est moins accro ou plus occupé, c'est selon. Et je précise que ce quizz est instructif, j'apprend tous les jours. Je cherche la signification d'un mot, une date de naissance, une explication sur un phénomène scientifique, médical ou autre sur Wiki and co.  Pour le reste, je consulte les mails, la météo (dix fois par jour, on ne sait jamais que les prévisions auraient changé pendant le déjeuner), je compte mes pas et le le nombre d'escaliers montés (ainsi que la moyenne sur l'année, sinon ce ne serait pas drôle) – je peux pousser l'honnêteté jusqu'à avouer qu'il m'est arrivé de retourner dans mon bureau si j'ai oublié mon smartphone avant de monter les deux étages qui mènent au Directeur – parce que bien sûr, aussi intelligent soit-il, mon téléphone ne compte mes pas et mes volées d'escaliers que s'il les monte avec moi. Enfin et surtout, je consulte régulièrement mes 97 listes qui régulent ma vie. Là, je sens que je suis à deux doigts de me faire recommander les urgences digitales.

    Mais comme tous les fous, je me sens tout à fait normale. Comment donc faisais-je au temps béni non connecté ? Et bien, je collectionnais les images que j'aimais et que je découpais consciencieusement, je les gardais et les contemplais dans une régulière béatitude. Je jouais déjà à des quizz dans les magazines, je feuilletais compulsivement les dictionnaires et les encyclopédies – quand je ne les recopiais pas tout simplement -, j'écrivais tous les jours à ma meilleure amie après l'école alors que je venais de la quitter et que j'allais la retrouver le lendemain matin. Bon d'accord, pour la météo, je regardais par la fenêtre (oui papa, je faisais ça)  mais pour mes pas et les escaliers, je les comptais déjà pour m'occuper sur le chemin de l'école, puis plus tard en montagne pour me donner du courage. Si si. Et pour les listes, elles existaient en version papier. Et elles régulaient déjà ma vie. Mais ça, ce sera pour un autre billet ….. 😉

     

  • Deux semaines avec les pioux

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    Voilà bien deux semaines dont la perspective nous réjouissait. Deux semaines à la maison-jardin avec les pioux. Deux semaines à géométrie variable où nous étions les seuls permanents au milieu des allées et venues des petits, avec ou sans leur maman, et Mamy B. Tout était bien agencé et voilà que nous nous sommes retrouvés tous les deux au tapis, incapables même de soulever ces poids plume. Tellement KO qu'on en aurait pleuré. Enfin moi, surtout. L'Homme ne pleure pas. Gastro-entérite pour l'un, broncho-pneumonie pour l'autre. Fille cadette, exaspérée de nous voir non seulement totalement inopérationnels mais surtout inaptes à l'apéro festif sur l'herbe, nous a intimé l'ordre d'aller chez le médecin. On ne s'est pas trop fait prier, ce qui est un signe assez évident de notre lamentable état.

    Antibiotiques aidant, on a vite repris pied, suffisamment du moins pour être un peu plus vifs et pour pouvoir profiter un peu plus de ces deux petites croquettes d'amour. Jeux de mini-piscine, jeux d'eau, de brouette, de bulles et de ballon, découvertes, goûters, livres, deux semaines de vacances de petits cousins à la campagne. Je pense qu'ils ont aimé ça. Mais probablement pas autant que nous. On rempilera volontiers l'été prochain.

  • Deuzan

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    Tu es juste incroyable. Deuzan déjà. Et déjà une personnalité bien trempée. Séduisante sans en faire trop, charmeuse naturelle, il suffit que tu souries, coquine, pour que tous les coeurs s'ouvrent. Tes petites dents de perle et l'eau de mer capturée dans tes yeux font fondre les plus endurcis.Tu sais exactement ce que tu veux et surtout ce que tu ne veux pas. 

    Tu cours comme un joueur de rugby, tu joues au ballon avec les pieds et avec la tête (enfin, sans le faire exprès vraiment), pas avec les mains. Il faut dire qu'à la crèche, il y a une majorité de petits mecs autour de toi.

    Je pourrais te regarder jouer à faire semblant toute la journée, je ne m'en lasse pas. Et tu parles, tu parles, tu parles, un vrai moulin. Certains pourraient s'en lasser, moi non. Je me repasse en boucle les quelques videos prises au vol où tu te racontes des histoires.

    Tu aimes faire tout toute seule et je dois dire que tu te débrouilles vraiment bien pour t'habiller et te déshabiller, pour manger et boire proprement. Tes petites mains sont d'une précision assez étonnante pour une petite fille de ton âge.

    J'adore te lire des histoires et t'écouter reconnaître ce que tu as retenu ou même me faire découvrir de petits détails qui m'avaient, à moi, complètement échappé.

    Tu chantes "Le monde entier est un cactus" de Jacques Citron et tu imites la Piaf à s'y méprendre. Tu chantes et tu m'enchantes. 

    Tu es drôle, tu me fais rire, tu as l'âge que je préfère par-dessus tout, tu as deuzan.

  • Venise

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    Encore et toujours. Je sais, on se demande toujours ce que je peux bien faire à Venise chaque année. Une fois embrassés des yeux la place St Marc, le pont de Soupirs et le Rialto, que reste-t'il à voir ? Et bien tout, justement. Les ruelles esseulées, les places désertes, les ponts oubliés, les dédales méconnus, tout un monde de mystères nous attend à Venise. 

    Les autres îles de la lagune aussi. Celles qu'on connaît déjà, Murano où l'on dort, loin de toute l'agitation, Burano et surtout sa voisine Mazzorbo où on vit au rythme des habitants plus âgés, et Torcello ma bien-aimée, le berceau de Venise. On y retourne manger au même endroit chaque année où on nous accueille maintenant avec un "Bentornati !" absolument réconfortant. Pour peu, on se sentirait presque de la famille.

    Il y a encore tellement d'îles qu'on ne connaît pas et qu'on rêve de découvrir.

    Prendre le temps de faire quelques expos avec l'Homme qui cède à mon plaisir et qui finalement y trouve un peu du sien. Cette année, nous avons enfin poussé les portes de l'Accademia, une mine de chefs d'oeuvre absolument magnifiques. Une deuxième expo complètement différente nous a fait découvrir un des artistes majeurs de l'arte povera, Iannis Kounellis. J'adore ces moments-là.

    J. et S. se sont joints à nous pour les premiers jours et partager ces moments avec eux fait également partie du plaisir.

    J'aime cette ville de manière inexplicable et dès que je quitte la lagune, je n'ai de cesse d'organiser le prochain séjour pour retrouver la sérénité.

  • Déjà juin

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    Vendredi: Weekend de l'Ascension à la campagne avec Princesse Sappho. Toujours un vrai plaisir d'être avec elle. Sage et drôle à la fois. Et pourtant cette fois, elle n'a pas voulu s'éloigner de moi, voire décoller de mes bras. On ne sait toujours pas ce qui l'a inquiétée. Le bruit des tracteurs, des motos, le vent dans les feuilles des arbres, même le coq qui chantait deux maisons plus loin, tout semblait source d'inquiétude. Un seul instant, elle a essayé de vaincre sa peur et de traverser la grande pelouse qui séparait son nonno de moi et passés les dix premiers pas, elle s'est mise à courir en pleurant. Espérons que fin juillet, elle sera moins craintive. Je compte sur Jules pour lui faire oublier tous les bruits.

    Samedi: Journée en cuisine pour recevoir Anne et Guido. Soirée de plein été chaude et mémorable. Ces deux-là sont juste incroyables. C'est la parfaite réussite du couple mixte des deux principales cultures belges, elle pure francophone, lui bruxellois néerlandophone, la parfaite réussite de la famille recomposée, trois enfants séparément, un petit dernier en cerise sur le gâteau, pas mal de difficultés pour nouer les deux bouts mais toujours prêts à faire la fête avec trois bouts de ficelle et une bonne bouteille de vin, généreux, aimants, merveilleux même dans l'adversité la plus terrible comme la perte d'un neveu de onze ans. Je les adore. Nous sommes amies depuis l'âge de 12 ans et nous le serons probablement jusqu'à la mort.

    Lundi: Concert avec Mamy B. de Yuja Wang, pianiste magicienne, virtuose hors pair et incroyablement….. sexy. Elle m'a subjuguée pendant deux heures trente. J'ai rarement vu une technique pareille doublée d'une sensibilité extraordinaire. Et d'une beauté sensuelle à couper le souffle. Du coup, j'ai appris que cette artiste particulièrement exceptionnelle était vertement critiquée, non pas pour son jeu incomparable mais pour ….. ses tenues de concert. Après coup, j'ai lu toute une série d'articles où une brochette de critiques musicaux, tous plus guindés les uns que les autres, la descendent en flammes parce que non, vraiment, ça ne se fait pas de jouer Chopin ou Beethoven en tenue sexy. J'en suis restée sur mon …. 

    Mardi: Première injection de ce nouveau traitement en test aveugle pour l'Homme pour essayer de venir à bout de ces 6 mois de papules urticantes et surtout tenter de mettre un terme à son traitement d'antihistaminiques divers et de cortisone. Le tout lui aura pris toute une journée entre prise de sang, re-prise de sang, injection difficile à faire, questionnaires à remplir et temps d'attente interminables entre chaque étape. Croisons les doigts.

    Jeudi:  Cadeau de ma belle-soeur à l'Homme pour son anniversaire, un spectacle intitulé Les Franglaises. Pas particulièrement motivés, plutôt méfiants parce que "repérés à la télé" – exactement ce qu'il ne faut pas nous dire -, on a été complètement bluffés. On a ri du début à la fin, de ce rire qu'on ne contrôle plus vraiment tant il est répétitif. Cette troupe d'une quinzaine d'artistes polyvalents est partie du principe que nous sommes très nombreux à fredonner des airs méga connus sans trop réaliser ce que nous chantons vraiment. En partant de textes de chansons traduits via Google Translation, ils ont interprété ces morceaux anglais dans leur traduction française littérale et hilarante. Entre Pourpre Pluie, Il pleut des hommes et J'aime le pierre et roule, on a passé un moment super frais 😉

     

  • Un mariage à leur image

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    On peut dire qu'ils ont tout réussi. C'était un mariage à leur image. Cool et détendu et en même temps, malgré les apparences, très bien organisé. Même la partie plus officielle devant monsieur le maire était joyeuse et relax, petit Jules était là pour superviser l'affaire. 

    La clémence du temps y était aussi pour permettre la transition entre le mariage civil et la cérémonie laïque dans un beau jardin clos, appelant au farniente et à la douceur de vivre. Apéritif tout en détente, siestes, jeux de quille et de mikado géant, conversations et retrouvailles.

    Deux de leurs amis avaient organisé la cérémonie toute en élégance et décontraction. L'ensemble avait ce mélange très subtil de classe et de flegme très 007. Rien de très formel, des discours d'amis et de parents, drôles, émouvants, sympathiques, des échanges de voeux sincères, très amoureux mais toujours empreints d'humour parce qu'au final la vie à deux c'est toujours mieux en fous rires joyeux.

    Un buffet plus que parfait, sans chichis mais tellement savoureux, une photobox pour se fabriquer des souvenirs souriants et facétieux, un concert métissé de ragtime et rythmes africains, une soirée décontractée et cette journée à leur image était déjà terminée.

    Seul bémol: la mère de la mariée n'a pas réussi à se détendre et n'a pas pu profiter pleinement de tout ce bonheur.  Mais peu importe, les mariés, eux, ont vécu cette journée comme un manège enchanté.