Myosottises

  • Zules a deuzan

    Jules 2 ans

     

    Et voilà, à ton tour, Petit Prince, de fêter ton deuxième anniversaire. Le temps m'échappe.

    Tendre et fort à la fois, Petit Jules, tu es un petit d'homme encore bien attaché à Olga l'oie et Panda… le panda. Tu les traînes partout où tu vas et si tu es occupé, ta garde rapprochée ne doit pas trop s'éloigner. Tu t'es maintenant entiché de Yaka'i et son cheval Petit Tonne''e. Tu les fais revivre avec enthousiasme et ferveur. 

    Tu es un petit d'homme que les moments de routine sécurisent plus que tout.

    Tu parles si bien et tu sais parfaitement ce que tu veux. 

    Tu connais le son des animaux et le verbe correspondant. Tu m'épates toujours. 

    Tu adores qu'on te raconte des histoires et tu as toujours plein de commentaires à faire.

    Tu n'es pas encore à l'âge des "pourquoi ?" mais plutôt à celui des "c'est quoi ?" ou dans ton cas plutôt "Oh, c'est quoi ?"

    Tu as une passion pour la musique et tu as le rythme dans la peau.

    Tu adores aussi cuisiner ou du moins participer à la cuisine. Moi j'aime la tour d'observation que ton papa et ta maman t'ont construite pour t'associer à la préparation du repas, sans prendre de risque. Je ne comprends même pas comment on n'y a pas pensé quand ta maman était petite. Lorsque ta maman a préparé ton gâteau d'anniversaire, tu as vérifié dix fois qu'elle avait bien embarqué le beurre, la farine, les oeufs et le sucre.

    Le jour de tes deux ans, tu étais si heureux d'être le centre du monde qu'on ne te reconnaissait plus, toi toujours si sérieux.

    Mais ce qui me réjouis plus que tout, c'est de voir l'attachement que tu portes, en toute réciprocité, à ta cousine Sappho. Le premier mot que vous sortez en arrivant chez Bonnie et Nonno, c'est le prénom de l'autre. Jules ? Sappho ?. Si l'un manque, le reste du monde est dépipeulisé. Mais que m'importe de ne plus compter que pour des prunes ou presque si vous êtes là tous les deux. Fatiguée de vous voir me demandaient vos mamans ? Moi jamais…..

  • Un weekend sens dessus dessous

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    Quel merveilleux weekend ! Tous mes sens ont été chamboulés. 

    Vendredi après-midi, j'ai pris congé et nous avons commencé le weekend par fêter une nouvelle fois mes soixante palais dans ce restaurant gastronomique qui enchante mes papilles. A nouveau, ce fut une explosion de saveurs et de parfums, un plaisir des yeux aussi. A une seule exception près – et non des moindres – je n'ai jamais été déçue par cet "artisan du goût"; bien au contraire, il parvient à me bluffer à chaque fois. Difficile de sortir de là en fin d'après-midi et d'aller faire son supermarché du vendredi soir. Je me suis vraiment sentie comme Cendrillon après les douze coups de minuit….

    Samedi matin: Soin lift chez l'esthéticienne pour remonter d'un demi-cran ce qui retombera de deux crans dès le soir. Mais qu'importe, ce soin du visage me fait un bien fou et quand j'enchaîne avec un shampooing chez le coiffeur et que le massage du cuir chevelu est juste divin, je ronronne. C'est là que j'apprends à la délicieuse masseuse capillaire que le mot lui-même "shampooing" vient d'une langue indienne et signifie justement "masser".

    Samedi après-midi: c'est la course… des courses. Il faut faire vite, Sappho vient dormir chez nous ce soir et elle arrive vers 17h30. On arrive plus ou moins à boucler notre tour et être là quand la princesse arrive. Une fois qu'elle sera couchée, on pourra finir le gâteau de Clara pour demain. C'est sans compter Quentin et Kerya qui reviennent de Prague et ratent leur connexion train de Charleroi à Bruxelles. Allo Papa ? Les finitions du "terrain de football" attendront donc le retour de l'Homme dont la précision pour découper des lignes de terrains dans du sucre de couverture est inégalable.

    Dimanche matin: j'ai dormi avec Sappho, le nez dans ses cheveux de soie au parfum d'ange. Et ce plaisir, à nul autre pareil, est indescriptible.

    Dimanche après-midi: c'est l'anniversaire de Clara et on se retrouve tous au complet chez elle pour souffler ses 14 petites flammes, grignoter quelques centimètres du terrain de foot et jouer une partie de Cluedo pour clôturer l'après-midi. Pendant ce temps, deux petits monstres manipulent sans ménagement les vieux jouets de Sis'Cile qui perdent quelques plumes au passage.

    Dimanche soir: concert fabuleux. Un des plus grands ténors du moment qui revisite les mélodies viennoises de sa grand-mère. Je suis aux anges. Je l'adore comme une vieille midinette décatie, Vienne m'enchante et ces mélodies (non pas que les valses de Strauss, pas que….) tournent en boucle dans ma tête. Pur bonheur pour mon cinquième sens.

     

  • Fêtée comme jamais

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    Je ne voulais rien faire. A tout le moins, je ne voulais rien organiser. Joséphine avait mis la barre très haut avec son sublime cinquantenaire écossais. Mais même l'idée d'organiser une petite fête à la maison toute simple me semblait une montagne. Ce n'est pas l'envie qui manquait, seulement l'énergie. Si on l'avait organisée pour moi, je n'aurais pas dit non. Mais tout le monde sait que j'aime bien tout contrôler et personne n'a osé. 

    Comme simultanément je transmettais mes difficultés à passer ce cap, tout le monde a traduit que je ne voulais pas fêter ce cap. L'Homme en particulier a interprété tout cela à la lettre et m'a répété à l'envi "mais tu as dit que tu ne voulais rien". Rien, point final. 

    C'est vrai que le jour même, je voulais vraiment rester sous la couette et ne rien faire. Dormir. Dans un silence total. J'y suis parvenue pendant deux petites heures. Entre son départ et un premier réveil où je n'ai pas résisté à regarder mon téléphone. Parmi les messages affectueux, celui de Cat qui me demande si elle pouvait passer vers 11h30. Bien sûr, je n'ai pas refermé les yeux pour ne pas oublier de me lever, m'habiller et être debout au moment où elle passerait. Je ruminais déjà mais comment lui en vouloir de venir m'apporter un magnifique bouquet de mes sorcières bien-aimées. Puis l'Homme m'a invitée à l'improviste à déjeuner. Comment refuser une aussi charmante invitation ? Après ce délicieux moment, il est reparti travailler et je suis retournée deux petites heures….. sous la couette.

    Le soir, j'ai réussi à le convaincre de m'emmener au cinéma. Lui qui déteste ça ne pouvait me refuser ça, ce jour-là.

    Le lendemain, Anaïs a pris l'après-midi et m'a accompagnée dans mes souhaits d'exposition. Une expo Dali-Magritte que j'ai moyennement aimé et une immersion dans l'univers de Bruegel assez bien faite. Un petit salon de thé avant de rentrer à la maison où tous les enfants m'attendaient pour un apéro surprise et une super idée de cadeau. Une valise. Dans la valise, un dé pour définir le mode de transport – avion ou train -, une boussole pour la direction et un indice pour deviner trois destinations parmi les 24 et puis choisir….. sans dé. J'adore jouer, j'adore voyager, je déteste choisir. Mais ça va venir.

    Dimanche, déjeuner en famille chez ma maman et cadeau de mes soeurs et de maman: un très joli pendentif serti de grenats…. verts qui ne me quitte plus et un livre de mon papa ("Je suis sûre qu'il aurait voulu que je te le donne"), le cadeau émotion….

    L'après-midi, petits gâteaux (je n'en peux plus) chez ma belle-mère et ma belle -soeur et un cadeau totalement improbable, un magnifique kimono en soie et dentelle, dont je connaissais la valeur au moment d'ouvrir la boîte et qui me laisse totalement interloquée. Moi qui n'enlève même pas mes chaussures quand je rentre chez moi, je ne sais pas trop quand je vais me relaxer en kimono digne d'une star.

    Enfin retour au boulot où boucles d'oreilles de l'Atacama (mes premières boucles d'oreille de ces temps de fête!), livres de cuisine et écharpe et foulard m'attendaient avec amour.

    Je suis comblée….

  • Senior

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    Voilà, le cap est passé. Mais avant d'y arriver, que de larmes, que d'angoisses.

    Je n'ai redouté aucune dizaine, j'ai vécu légère et rayonnante les 30, les 40, les 50. Mais cette dizaine-ci me reste en travers de la gorge. 

    Oh bien sûr, entre le soir de mes 59 ans et le matin de 60 ans, rien n'a changé. Mais le passage à la soixantaine revêt une symbolique bien plus profonde. Vieillir reste difficile, c'est accepter la perte de toute une palette de possibles et se confronter de manière de moins en moins floue à la finitude. La disparition ou la " pénible maladie" de proches mais surtout d'amis de notre génération nous injecte quelques piqûres de rappel au cas où nous n'aurions pas encore compris: tout a une fin….Nous y compris. Et quand on nage dans le bonheur jusqu'à pouvoir se noyer dedans, on en oublie la ligne d'horizon. 

    Vieillir est aussi physiquement douloureux. Je suis fatiguée de dire que je suis fatiguée, de ne plus avoir l'énergie du lapin Duracell, d'avoir une appréhension en descendant les escaliers, d'être sujette aux "urgences" (non pas celles de l'hôpital, celles des commodités les plus proches 🙂 ), je regrette de ne plus pouvoir mettre les chaussures qui me plaisent, de ne plus arriver à maîtriser les bouées qui ne me sont d'aucun secours, bien au contraire. Et tout cela sans être touchée par une maladie bien plus grave ou handicapante. 

    Vieillir c'est aussi renoncer à toute une série de projets qu'on sait maintenant qu'on ne fera plus. Même si certains restent encore techniquement possibles et s'inscrivent encore dans la catégorie des "yaka", on les considère malgré tout comme des illusions perdues: je ne ferai plus une carrière au théâtre, je n'ouvrirai pas un business de chambres d'hôte, je ne verrai pas tous les pays du monde (1. à supposer que je vive encore 20 ans en état de voyager, il y a peu de chances que je puisse m'offrir une petite dizaine de pays par an; 2. sans parler du "flightshame" ni de la campagne anti-"vieux" conducteurs), je ne jouerai pas de la guitare ou du piano et ainsi de suite à l'aune de mes désirs d'un temps, jamais mis en oeuvre. Bien sûr, y'a qu'à…. Mais ce n'est pas aussi simple….. Certaines choses sont définitivement perdues, d'autres n'adviendront jamais. 

    Enfin, et même si c'est bien plus futile, c'est fou ce que le visage change, je ne me reconnais pas, je me deviens en quelque sorte étrangère et l'air de rien, ne plus se reconnaître est une souffrance.

    Toutes ces réflexions se bousculent dans ma tête depuis des semaines, descendent en boule dans ma gorge et remontent en larmes derrière mes paupières avant d'être refoulées sans ménagement dans l'arrière-boutique de mon cerveau bouillonnant.

    J'ai pris le temps de formaliser ces pensées, de les écrire et faire le tri. J'ai relu le billet de Célestine à la veille de son passage dans la catégorie senior et j'y ai puisé l'énergie nécessaire pour sauter. Et j'ai sauté…. comme un bouchon de champagne !

     

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  • 2019

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    Et déjà on referme la porte sur 2019. Elle vient à peine de commencer, me semble-t'il. C'est une année de douceur, comme un ciel d'avril plutôt bleu, parsemé de quelques nuages gris noirs, mais enchanté de pépiements de jeunes oiseaux à peine sortis du nid. 

    C'est un peu l'année d'Anaïs, ses 30 ans radieux, son mariage incroyablement joyeux avec son Simon plus que parfait. Sa quête désespérée d'une robe de mariée introuvable mais dénichée à J-10. Son bonheur rayonnant le jour J.

    Ce sont les nouveaux boulots des uns et des autres, plus stables mais moins sources d'épanouissement. Pourquoi est-il toujours aussi difficile de concilier l'un et l'autre ?

    Ce sont les pioux qui me ravissent chaque semaine et qui m'émerveillent de leur découverte de la vie. Je ne m'en lasse pas. Je les aime de cet amour inconditionnel qui m'a nourri depuis plus de 30 ans avec mes propres enfants.

    Ce sont les disputes et les tensions qui m'ont terrifié au printemps et l'apaisement indéfinissable qui a suivi la réconciliation.

    Ce sont les moments incroyables en Touraine avec toute la tribu, le weekend de sorcières à Eze, Venise en amoureux encore et toujours, la Grèce après une si longue absence, la Scala à Milan avec maman et l'incroyable long weekend en Ecosse pour les 50 ans de J.

    Mais c'est aussi la mort d'un ami, les deux découvertes de cancer de tout proches.

    Et toujours et encore l'absence paradoxalement de plus en plus difficile à vivre de ce papa omniprésent dans les petits détails de la vie.

     

     

     

  • Délicieux Noël

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    Délicieux le repas, l'Homme a vraiment l'art de mettre les dindes en valeur. Euh non, je ne dis pas ça pour moi mais plutôt pour celle qui s'invite maintenant chaque année à Noël. Lui aimerait passer à autre chose mais tout le monde en redemande, à son grand dam.

    Délicieux les mises en bouche et les desserts de Swiss'Sis, Sis'Cile et moi.

    Délicieux les allées et venues des petits dans nos pattes pendant les journées de préparation du 23 et du 24.

    Délicieux les cadeaux échangés sous le sapin.

    Mais surtout surtout, délicieux moments d'un Noël incroyable où personne n'était de mauvaise humeur.

    Un seul regret, la fatigue extrême et l'infection virale de Mamy qui l'a empêchée de se sentir bien. 

  • Dormir ou jouir, il faut choisir

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    Non, ce n'est pas un billet sur un éventuel conflit d'intérêt potentiel sous ma couette ou sur mes oreillers. Je n'aime pas trop m'étendre sur le sujet de toute façon. 

    Mais je maintiens que dormir ou jouir est devenu mon problème existentiel du moment. Ces deux dernières semaines ont été extrêmement intenses. Presque pas un seul soir à la maison, deux pièces du théâtre, un opéra, deux soirées badminton, un resto pour l'anniversaire de ma belle-soeur, quatre concerts avec ma maman, la fête de Noël du bureau et enfin, le divin brunch de St Nicolas des enfants.

    Et une série de nuits sans sommeil pour cause de ronchopathie conjugale, une nuit avec Sappho malade, fiévreuse qui dort entre nous et vomit tout son quatre heures à une heure du matin et une autre nuit avec Sappho pour cause d'angine blanche de sa maman et d'absence de son papa.

    Alors, comment concilier le travail toujours très envahissant, les envies de profiter de tout, de faire un minimum de sport, de voir les mamans, les amis et surtout les enfants, grands et petits sans empiéter sur le sommeil ? C'est juste impossible et c'est Morphée qui trinque. Pas de bol parce qu'il me le fait payer, ce qui est beaucoup moins chouette…..

    Et je ne trouve pas le juste milieu, l'équilibre parfait, je ne vois qu'une solution: arrêter de travailler. Mais en attendant, dormir ou jouir, il faut choisir.

  • November rain and sun

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    Et le mois de novembre touche à sa fin. Et la vie continue. Avec ses pluies de larmes et ses rayons de soleil.

    Notre ami s'est éteint, bien plus vite que je ne l'avais imaginé. Le dîner que j'avais voulu organiser pour lui pour que notre groupe d'amis se retrouvent une dernière fois autour de lui avait  été annulé en raison de son immense fatigue. Mais du coup, certains d'entre nous se sont retrouvés malgré tout et c'est au cours de ces retrouvailles que nous avons reçu l'appel de Véronique nous annonçant son départ. Celle qui nous recevait avait déjà perdu son compagnon et on s'est tous dit que le futur aurait maintenant cette couleur d'au revoir successifs.

    Et comme toujours dans ces cas-là, ressentir l'urgence d'aimer encore et toujours plus. Dévorer les plus petits de baisers, serrer ses amis dans les bras, échanger à profusion avec ceux qu'on aime des messages pailletés d'amour entre les lignes et les émojis, ne jamais rater une occasion de se voir, même fatigués. Oser dire à ceux qui nous sont moins proches et qu'on admire en se moquant de ses propres craintes du ridicule.

    Et profiter à 200% de ce weekend en Ecosse pour fêter les 50 ans de J. avec une douzaine de ses amis, tous aussi fabuleux les uns que les autres. Ceux qu'on connait bien et ceux qu'on découvre. Sept couples, sept nationalités, trois langues en permanence. Cinq jours de pur plaisir et sérénité. Elle avait tout organisé avec la classe et le sens du détail qui la caractérise. Des Italiens aux fourneaux à peu près tous les jours, des débats sans fin sur le type de pâtes pour quelle sauce, quel vin pour quel plat, sur la quantité d'huile pour la farinata – attend je note, oui mais combien de temps la cuisson ? Ah mais ça dépend du four…. et combien d'huile ? Ah ça dépend, un demi-verre, un verre, tu  dois voir comment la pâte se délie – , des discussions sur parmesan ou  pas parmesan, râpé comment ?, – un Scottish dinner pour le jour J, un cours de danses folkloriques qui se termine en fou rire magistral, une visite de distillerie et une dégustation sensuelle de whisky, une météo inespérée de grand soleil malgré un froid polaire, une randonnée de trois heures dans un paysage magique, des rires et des moments de délicieuse tendresse.

    Ces moments qu'on thésaurise au plus profond de soi pour le futur, à condition d'éviter le chemin d'Aloïs Alzheimer….

  • L’insolence du bonheur

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    Il m'arrive parfois d'avoir envie d'étouffer sous un énorme oreiller tout le bonheur qui m'habite. Mais je ne suis pas douée pour cela et souvent, l'oreiller explose et fait voleter autour de ma tête des plumes de bonheur insolent.

    Je trouve la vie injuste en fait. En soi, ce n'est pas un scoop mais néanmoins, je suis souvent à la limite subtile de la honte et de l'embarras quand je vois autour de moi des proches et un peu moins proches faire face avec dignité et force de caractère à des situations désespérantes alors que je vis chaque instant de ma vie dans une opulence de moments joyeux et heureux.

    Une amie de mes filles vient enfin d'avoir son bébé tant attendu depuis des années pour découvrir un mois après sa naissance que ce petit garçon est atteint d'une amyotrophie spinale et que son espérance de vie est très limitée. Sauf que on vient de trouver un traitement en décembre 2018, remboursé, et susceptible d'être efficace. Tout cela reste malgré tout très fragile mais cette fille merveilleuse au lieu de désespérer, se réjouit de ne pas avoir pu mettre un enfant au monde avant, puisque le traitement n'existait pas. Un modèle de positivité.

    Un de nos amis s'éteint doucement et sa femme est extraordinaire également. Elle veut vivre ses derniers moments le plus sereinement possible. Elle aussi m'épate.

    Et moi, pendant ce temps-là, je passe une journée remplie de bonheur avec ma fille pour fêter ses 32 ans, je profite de Sappho pendant un long weekend – dormir avec elle fait partie des mes plus grands plaisirs, même si je dors peu -, je passe un peu de temps avec Jules et ses parents puis avec Jules et Sappho et mes deux filles. Et je ne me lasse pas de ces instants si précieux.

    Et je me sens impuissante à soulager un tant soit peu ceux qui souffrent malgré leur résilience extraordinaire.

  • Un weekend 100.000 volts

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    Parfois les planètes s'alignent toutes dans un seul axe et quand la pleine lune apparaît dans l'axe Bélier-Capricorne, tout est possible. Nous avions tous un souhait, une obligation, un rendez-vous qui tombaient justement ce weekend. 

    J'avais rendez-vous vendredi après-midi chez la notaire à Tournai.

    Les filles avaient décidé de passer le weekend avec Jules et Sappho à la maison-jardin. Mais Anaïs ne pouvait pas venir vendredi parce qu'elle fêtait le départ à la retraite d'un collègue de Simon. Maïté ne pouvait venir avec Sappho qu'après le boulot. On a donc embarqué Jules et Mamy B.

    L'Homme avait décidé d'organiser avec Quentin le transport des bûches à Bruxelles en deux trajets dans une camionnette louée. Il est donc reparti chercher la camionnette, Maïté et Sappho à Bruxelles, récupéré Quentin arrivé par le train. Ils ont chargé ensemble un premier stock (un stère et demi) de bûches et sont repartis vers Bruxelles les décharger au garage avec l'aide de Marc.

    Sis'Cile s'est dit "tant qu'à faire, autant faire voyager des vêtements et des jouets dont Clara n'a plus besoin vers la maison-jardin lors d'un trajet retour à vide de la camionnette".

    L'Homme est revenu le lendemain midi avec Anaïs cette fois. Nouveau chargement de bûches.

    Mamy B. et moi avions un concert samedi soir. La camionnette chargée nous a conduites à la gare où nous avons pris le train pour Bruxelles et l'Homme a poursuivi seul sa route vers Bruxelles où l'attendaient Quentin et Marc pour un dernier déchargement. Nous sommes rentrées ensemble avec la voiture cette fois.

    Au total, l'Homme a fait 900 km, en simples aller-retour, entrecoupés de chargements et déchargements. Il faudrait que je pense à ressusciter mon permis de conduire, en léthargie depuis 13 ans, je lui aurais éviter au moins un trajet ou deux.

    Le dimanche, Simon est venu chercher Anaïs et Jules et nous sommes repartis en fin de journée, épuisés mais missions accomplies.