Catégorie : Moi, je

  • A mes actes manqués

    A nos actes manqués

    Jean-Jacques Goldman

    A tous mes loupés (un peu), mes ratés (beaucoup), mes vrais soleils
    Tous les chemins qui me sont passés à côté
    (pas tant que ça)
    A tous mes bateaux manqués
    (aucun), mes mauvais sommeils (souvent)
    A tous ceux que je n’ai pas été
    (innombrables)

    Aux malentendus (finalement pas tant que ça), aux mensonges (si peu), à nos silences
    A tous ces moments que j’avais cru partager
    Aux phrases qu’on dit trop vite et sans qu’on les pense
    (yep)
    A celles que je n’ai pas osées
    (de moins en moins)
    A nos actes manqués

    Aux années perdues à tenter de ressembler (alors là,…. no comment)
    A tous les murs que je n’aurais pas su briser
    (mon vrai regret mais tout n’est pas perdu)
    A tout c’que j’ai pas vu tout près, juste à côté
    (disons que j’ai vu mais que j’ai pas osé regarder)
    Tout c’que j’aurais mieux fait d’ignorer
    (vraiment ?)

       

     

    Au monde, à ses douleurs qui ne me touchent plus (hélas, elles me touchent toujours et même plus que jamais)
    Aux notes, aux solos que je n’ai pas inventés

    Tous ces mots que d’autres ont fait rimer et qui me tuent
    Comme autant d’enfants jamais portés
    A nos actes manqués

    Aux amours échouées de s’être trop aimé (?)

    Visages et dentelles croisés justes frôlés (??)
    Aux trahisons que j’ai pas vraiment regrettées
    (jamais)
    Aux vivants qu’il aurait fallu tuer
    (par principe, aucun)

    A tout ce qui nous arrive enfin, mais trop tard (jamais trop tard)
    A tous les masques qu’il aura fallu porter
    (grande erreur)
    A nos faiblesses
    (hélas), à nos oublis, nos désespoirs (inutiles)
    Aux peurs impossibles à échanger
    (dommage)

    A nos actes manqués 

    Chemin

        

       

    Montre-moi le chemin © Nada Ayoub @ De A à Zed

  • La vita è bella

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    Je vais bien. Hanka m’a dit hier: "Je persiste à dire à tout le monde ici (càd à mes ex-collègues à Parme que j’ai quittés la mort dans l’âme) que tu vas bien. J’ai raison, non ?".

    Oui, elle a raison. Je vais très bien. Un an plus tard, j’ai enfin métabolisé mon départ de Parme. Accepté la perte de niveau de responsabilité (sans trop de difficultés) et la perte de salaire très relative finalement (avec beaucoup plus de difficultés mais maintenant ça va – il faut dire que Maïté n’est plus une onéreuse étudiante à Londres…). Accepté la séparation d’avec une équipe en or, d’avec des personnes qui m’étaient me sont toujours très chères, Hanka la première. Accepté d’avoir quitté mon Italie chérie. De ne plus prendre l’avion toutes les semaines. D’avoir quitté mon lit de princesse pour moi toute seule trois nuits par semaine.

    Je me sens bien à la maison, toute la famille réunie, je veux en profiter au maximum. J’ai trouvé un rythme de croisière au bureau. J’ai perdu cette impression de ne pas pouvoir tout assurer, mes rôles de femme, de maman, de fille, de soeur, de chef, d’amie.

    Je me sens mieux dans ma tête, mieux dans mon jeans, mieux dans mes escarpins.

    J’ai l’intention de profiter de cet état de grâce aussi longtemps qu’il durera.

  • Housewife pas du tout désespérée

    2col_dhw_invite J’adoooore faire le ménage. Aussi loin que je remonte, j’ai toujours trouvé cette activité particulièrement épanouissante. J’en vois déjà parmi vous qui ricanent, d’autres qui s’esclaffent (hahaha, Madame Propre, toi ?!). Et pourtant si, j’adore ça.

    Je ne suis pas particulièrement fana des intérieurs copie conforme des Côté Sud, Ouest, Est, Arts et Décoration, House and Garden (encore que, encore que…) parce que, même si j’y trouve plein d’idées, c’est quand même toujours trop top clean pour être vraiment habité. Mais j’aime les maisons propres et bien rangées. Out and in. Traduisez: armoires et tiroirs compris. Mmmmmh, le plaisir de vider un tiroir, de déterrer des trésors oubliés, de jeter les invendus et de ranger à nouveau en ordre militaire (au carré ! horreur du vrac !). Mmmmmh, le délicieux frisson de voir la poussière disparaître, les minous être engloutis, les tâches se fondre, le calcaire se dissoudre, les cuivres briller, l’émail glisser.

    Et pourtant, rien de plus ingrat. A peine tout ce remue-ménage terminé, tout est à recommencer. Dans notre sainte famille de bordéliques diplômés, nous avons une espèce de phobie de la surface plane: tout plan de travail, dessus de meuble, table, étagère, à moins de 120 cm du sol ne restent jamais lisses et dégagés plus d’une demi-heure. La piste d’atterrissage est toujours encombrée de clés, papiers à signer, factures à payer, paquets de mouchoirs en papier, lunettes, pile de linge en attente de passer dans la pièce à côté (où elle attendra d’être rangée dans l’armoire), vaisselle propre sortie du lave-vaisselle (attendant l’étape suivante – armoire ou table selon le moment du déplacement), crayons, livres, portables, téléphones, etc, etc….

    _1183857_housewife2_300 Alors, ce weekend, je me suis éclatée, c’était un cleaning Sunday. Et je prétend mordicus que j’aimerais faire ça tous les jours. Personne ne veut me croire, que j’aime trop mon boulot pour ne plus travailler, que je m’ennuierais sans les contacts humains que j’y trouve, que je m’étiolerais entre mes quatre murs. Mais je reste persuadée du contraire.

    • Un, je ne vois pas pourquoi je devrais nécessairement rester entre quatre murs;
    • deux, mon plaisir ne se limite pas au cleaning business, j’aime aussi organiser tout ce qui est organisable (aller porter les vêtements au nettoyage à sec, les chaussures chez le cordonnier, les clés à refaire idem, aller chercher les papiers nécessaires à la maison communale, à la police, à l’école, à la banque, organiser les rendez-vous médicaux, rendre visite, rendre service, faire une petite course pour l’un ou l’autre, organiser les anniversaires, les vacances, les week ends, and so on);
    • trois, personne mieux que moi ne sait à quel point les périodes les plus heureuses de ma vie sont celles où je n’ai pas travaillé: les trois congés de maternité et la première année sabbatique entre l’Italie et la reprise de boulot – la deuxième s’apparentant beaucoup plus à un cauchemar). Le plaisir de ces périodes-là est encore très présent dans ma mémoire.

    Tout ça pour dire que j’en ai marre de travailler, je me sens lost, je veux faire un Prison break, je veux être une absolutely not desperate housewife, 24 heures sur 24 avant de finir six feet under.

  • Todolist’s shortlist

    Tous les samedis, j’ai une short list de ma todolist. Les choses à faire qui sont devenues urgentes et qu’idéalement, j’aimerais régler le week end même.

    Certains samedis, j’arrive à biffer plein de choses sur ma shortlist de ma todolist et je suis contente. Satisfaite. Repue. D’autres samedis, tout foire. Le temps me manque pour faire tout et je ne me lance que dans quelques urgences. Et elles tournent toutes à rien. Ce samedi, je voulais:

    • Trouver un déguisement pour la fête des mille et une nuits de Cat
    • Trouver un cadeau pour Sarah
    • Passer chez l’opticien pour Quentin
    • Porter un sac à réparer
    • Acheter des rallonges au Brico
    • Faire faire un double de la clé de la douche
    • Aller voir les fauteuils Art Déco qu’on a tous les deux repérés (c’est pas si courant) et les acheter

    On est allé voir les fauteuils, on les a touchés, ils étaient pas en cuir, le vendeur nous a pas plu. Et pouf, l’affaire est sortie du sac. Fini, les fauteuils.

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    On est allé chez Zara Home où j’avais repéré une belle tunique qui pouvait faire l’affaire pour les 1001 nuits. Y’avait pas ma taille. Et pouf, retour à la case départ, il me faut chercher une nouvelle idée.

    On a marché, marché, j’avais mal au dos. Et surtout, surtout, on est revenu bredouilles. Frustrée. Insatisfaite. Pendant ce temps perdu, on aurait pu

  • Trouver un cadeau pour Sarah
  • Passer chez l’opticien pour Quentin
  • Porter un sac à réparer
  • Acheter des rallonges au Brico
  • Faire faire un double de la clé de la douche
  • Claude croit que je suis une shopaholic, sevrée si elle a pas eu sa dose d’achat. Je pense pas que ce soit ça. C’est juste un syndrôme de "non struckthrough todolist"….

    PS: le simple fait qu’il ait pensé à m’offrir un petit café à la terrasse du Vieux Saint Martin (même s’il n’y avait plus de place) a suffi à me consoler 🙂

  • Ni fleurs ni turrón

    Fleurs   Moi non plus, j’aime pas les fêtes commerciales. Offrir des fleurs ou aller au resto pour la St Valentin, bof. Mais, question essentielle: la fête des mères  est-elle vraiment une fête commerciale ??

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    Ben moi, je trouve pas. D’habitude, un enfant sur trois (Anaïs l’organisée) retient que le deuxième dimanche de mai, c’est la fête des mères et se fend d’une rose. Cela me suffit et me fait super plaisir.         

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      Mais cette année, il a fallu que je souhaite bonne fête à ma maman à moi au téléphone pour que oops, ils s’en souviennent. Et me dessinent un chemin de bonbons menant à mon lit et à deux petits mots gentils griffonnés à la hâte pendant mon coup de fil. Bien sûr, ça m’a quand même fait plaisir, bien sûr Maïté m’a aussi envoyé une e-card, super mignonne. Mais il y a des fois où, quand même, j’aimerais bien une petite fleur, ou un vrai cadeau, petit certes, – oui, Quentin, je maintiens "c’est l’intention qui compte" – , mais pensé à l’avance (et l’épargne minuscule que ça suppose), c’est ça surtout qui compte.

    Sans doute tiennent-ils de leur père ces zingrats zamnésiques. C’est vrai, 30 ans de bonheur à deux, ça mérite pas une petite fleur ? C’est une fête commerciale pitêtre ?

    Allez, on ne peut pas tout avoir, la crème des crèmes de mari, d’enfants, et les fleurs en plus….

  • Egalité des chances

    PierrotSession d’information/formation hier sur l’égalité des chances hommes/femmes. Très intéressant. Adressée uniquement à des managers et directeurs. Au début, on se dit que c’est bateau comme formation, on connaît, on va encore nous resservir un discours archi connu: action positive ou discrimination positive (attention, la nuance est de taille: en cas de recrutement, à qualité égale entre deux candidats, on choisit la femme, c’est une action positive; si l’on choisit la femme même si elle est moins bonne que l’homme, c’est de la discrimination positive). On croit que c’est clair pour tout le monde mais finalement il y a toujours un(e) imbécile pour parler de "discrimination ou action positive envers les femmes ou autres personnes défavorisées", on voit tout de suite les préjugés inconscients.

    Et puis, on a échangé les points de vue, les expériences professionnelles mais aussi personnelles. Surtout les femmes, en ce qui concerne le vécu personnel. Les difficultés qu’elles ont rencontrées pour grimper dans la hiérarchie, la résistance, les préjugés, les affronts, les difficultés à combiner vie privée, familiale et vie professionnelle.

    Impossible pour moi de dire que "non, la maternité n’a pas été un obstacle, on m’a recrutée à 5 mois de grossesse en me demandant pour seule condition de revenir après le congé de maternité", "non, je n’ai pas dû faire le choix entre la carrière d’un mari ou la mienne, on l’a faite chacun à son tour, sans même en avoir l’ambition", "oui, mon mari a fait une pause dans sa carrière pour nous accompagner en Italie et s’occuper des enfants pendant 4 ans", "non, je n’ai pas de difficultés à me créer un réseau le soir après le boulot pour la bonne et simple raison que je me le crée le midi, pendant les pauses déjeuner, la journée en travaillant, en échangeant quelques paroles autres que professionnelles, etc….". Je ne peux pas dire tout ça, j’ai eu beaucoup de chance quand je compare avec les autres et je ne peux pas nier que ce n’est pas toujours facile d’être une femme cadre et concilier toutes les autres facettes de sa vie de femme.

  • Mezze moi

    Dsc_0062_2 Concert de Dalaras, hier soir. Mais d’où me vient ce sentiment extraordinaire à chaque fois que j’entends parler, chanter, jouer, rire grec ? C’est une sensation inexplicable, un profond sentiment d’appartenance alors que a priori rien ne le justifie. C’est en tout cas pas dans mes lointaines racines dans les cantons périmés, le Limousin ou la Picardie qu’il faut chercher…. A moins que… un bel hellène un jour….

    Personne n’a compris (et les Grecs, moins que personne – franchement où est l’intérêt ? -) pourquoi j’ai appris cette langue. Personne ne comprend ce que je leur trouve: ils ne sont pas exagérément sympathiques, leur cuisine n’est pas super raffinée, leur beauté a franchement évolué depuis l’antiquité, la politesse n’est pas leur point fort (j’ai envoyé un email à 15 Grecs hier pour proposer une place qu’il me restait pour ce concert, pas un seul sur les quinze ne s’est fendu d’un merci, non merci, c’est gentil, j’ai déjà, mais comment se fait-il que, ou je sais pas quoi, rien, τιποτα). Mais il y a des choses qu’on n’explique pas. Ma longue relation à l’Italie m’a guérie de l’engouement irraisonné mais le gut feeling est resté intact.

    Cela fait plus de trente ans que cela dure et aucun autre pays n’a remplacé cette sensation. Le coeur est en Italie, la tête est en Belgique mais l’arrière-nombril est en Grèce.

    Téléchargement dalaras_george_the_greek_voice_mana_mou_ellas_live.mp3

  • Boulimie

    Voyages

     

    Je voudrais vite vite:

    • retourner au Brésil
    • visiter la Patagonie
    • passer un week end à Ballymalloe
    • visiter la Californie
    • retourner en Nouvelle-Zélande
    • retourner aux Saintes
    • emmener les enfants en Martinique
    • aller à New York
    • passer des journées entières à la mer
    • retourner au Reed’s
    • visiter l’Ecosse
    • voir les Pyramides
    • emmener les enfants à Athènes
    • visiter Lisbonne
    • voyager en Orient-Express
    • passer un week end à Nazelles
    • retourner à Turin et à Parme
    • prendre le Transsibérien
    • visiter l’Islande
    • voir la banquise
    • voir Vienne et St Pétersbourg
    • …..

    Le temps qu’il me reste (et surtout le portefeuille) ne sera pas suffisant. J’enrage et je piaffre et tout ce que le trop sage (en la matière, du moins) compagnon de route (plutôt de chemin, oui) trouve à dire, c’est de me traiter de boulimique.

    Ah Dieu, que les régimes me pèsent….

  • Corrigendum

    249cartpg19 Après avoir lu deux messages sur le débat Ségo-Sarko, je reviens un peu sur ce que j’ai dit précédemment.

    D’abord Sis’Cile a écrit un message sur le débat Ségo-Sarko fort bien écrit, comme tout ce qu’elle écrit d’ailleurs, et à sa lecture, je reviens sur le fait que je m’en fiche et que je n’ai rien à dire. En fait, comme elle, "je lis/j’entends tant d’argumentaires extrêmement brillants" que je n’oserais même pas y ajouter mon grain de sel. Et quand, comme moi, elle dit admirer ceux qui défendent merveilleusement leur point de vue, elle corrige très justement en disant "j’admire ceux qui parviennent, eux, à mettre des mots sur ce que je pense tout au fond de moi". Et elle a raison, "des opinions, j’en ai plein ma petite sacoche". Mais je trouve toujours que elle et Swiss Sis et bien sûr aussi Big mari "opinent" tellement mieux.

    Et puis, j’ai lu le message de Lola qui m’a ému aux larmes tant elle exprimait bien tout ce que j’ai dans le coeur, du moins sur ce débat du moment. Bon, elle n’est pas parvenue à me faire aimer Ségo mais ses convictions et son approche sont les miennes. Et c’est tourné comme je veux le dire, c’est à dire pas exagérément brillant au point qu’il faille relire chaque phrase deux fois, c’est clair, écrit avec le coeur et les tripes (et, private joke for Big mari, comme c’est par écrit, le ton ne monte pas (si tant est qu’elle hausse le ton quand elle parle avec les tripes).

  • Les grands débats

    Segosarko2_web Ah les grands débats, les beaux élans de rhétorique, les fructueux échanges d’idées ! Tout un monde qui m’est complètement hermétique. J’admire ceux qui parviennent à aligner deux phrases intelligentes sur un sujet x, y ou z. La peine de mort, l’euthanasie, la délinquance, la politique belge, le duel Sarko-Ségo, ceux qui ont une opinion sur tout. Comment font-ils ? Où trouvent-ils le temps de lire, d’écouter, d’entendre des avis, des points de vue divergents qui leur permettent de se forger leur propre opinion ? D’où leur vient cet art de s’exprimer clairement et de donner l’impression de dire quelque chose d’intelligent ?

    En général, je reste dans tous ces débats, silencieuse et dans l’ombre. Plutôt ne rien dire que de dire une connerie. Neuf fois sur dix, je n’ai pas fait le tour de la question et je ne peux donc pas émettre un avis aussi éclairé que je le voudrais. Donc je la ferme et je fais partie des sans opinion.

    Là, le grand débat du moment, c’est Sarko-Ségo et même si instinctivement, je n’aime ni l’un ni l’autre, je ne peux même pas clairement dire pourquoi. Ca tient à la limite du délit de sale gueule ou de voix de conne. Enfin, je me comprends. Mais aussi, je suis convaincue que je suis portée par l’opinion générale, Sarko le dangereux, Ségo la nounouille. Je n’approfondis pas, je ne m’y intéresse pas et je ne peux donc pas juger de manière objective sur ce qu’ils disent ou proposent.

    Sans doute que je m’en fiche…. Cela doit sans doute être politiquement incorrect de s’en fiche parce que sinon je ne ressentirais pas cette petite honte à être aussi rhétoriquement ignare et de cette non implication citoyenne.