Catégorie : Home sweet home

  • A pied

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    Je m'étais jurée que je ne me laisserais pas atteindre. L'Homme était super pessimiste, moi très optimiste. Comme d'habitude.

    La ville a décidé d'étendre sa zone piétonne et notre immeuble est concerné. Jusque là, pas de problème. 

    Nous avons accueilli le plan de mobilité avec un enthousiasme mêlé d’une certaine appréhension toutefois. 

    Il nous semblait tomber sous le sens que les habitants de la ville bénéficieraient d’un laissez passer afin d’être en mesure de charger et décharger leur véhicule devant leur domicile. Le courrier qui nous a été adressé relatif à la demande de laissez-passer a réveillé nos craintes. Le courrier s’adressait aux riverains propriétaires ou locataires d’un garage ou d’un emplacement de parking dans la zone. 
     
    Notre compréhension était que TOUS les habitants de la zone concernée avaient droit à un laissez-passer. 
     
    Mais lorsque je me suis présentée au service ad hoc, on m’a purement et simplement refusé le laissez-passer qui n’est délivré qu’aux riverains motorisés de plus de 65 ans !!
     
    Rendre la ville à ses citoyens en augmentant les zones piétonnes et en mettant fin une circulation démesurée est une chose, rendre la ville infernale à ces mêmes citoyens en leur interdisant d’avoir un accès motorisé légitime à leur domicile en est une autre. 
     
    Nous ne demandons rien de plus qu’un accès de courte durée devant la maison pour charger et décharger notre véhicule (Mamy L. par exemple, les packs d'eau, les grosses courses, les bûches pour la cheminée, les objets encombrants, etc….) comme c'est le cas dans toutes les autres grandes capitales européennes où le piétonnier est en place depuis longtemps.
     
    Le projet visait à donner un nouveau coeur à la ville, qui mêle qualité de vie, commerce, économie, culture, emplois… et mobilité rendues à la population ». Projet auquel nous adhérions et pourrions encore adhérer si, pour exister, il ne se révélait pas inutilement contraignant pour les vrais habitants du piétonnier. 
    Le but du projet du bourgmestre de Bruxelles est "de permettre à plus de gens de (re)venir en ville » mais son approche totalement fermée à ses propres concitoyens laisserait supposer que son projet soit tout autre. 
     
    Aujourd'hui, je ne décolère pas. C'est plus une question de principe qu'autre chose. On pourra toujours se débrouiller si on n'obtient pas gain de cause. L'être humain s'adapte et c'est tant mieux. Mais je ne digère pas l'idée que ceux qui viennent travailler à côté de chez moi et qui ont un garage dans cette rue auront le droit de passer devant chez moi et moi, je serai interdite de passage devant ma propre porte. Ca me rend plus enragée qu'un chien mordu par un renard.
  • Journées de fin d’hiver

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    Lundi: Uyen, ma petite princesse du Mékong qui nous a quittés le mois dernier pour rejoindre une autre agence, se languit de nous. Nous sommes allées la rejoindre pour un lunch trop rapide et nous avons eu un gros moment de nostalgie. C'est dans ces moments-là que je sais que j'ai créé une équipe qui représente quelque chose, même s'ils ne s'entendent pas tous comme larrons en foire, je sais qu'il y a entre eux une cohésion qui n'existe pas nécessairement ailleurs. 

    Mardi: Petite journée annuelle avec Anaïs pour fêter ses 26 printemps. Comme toujours, ce fut un pur bonheur. Je ne dirai jamais assez à quel point des journées comme celles-là me font plaisir. Elle a choisi le restaurant en fonction du dessert, un moelleux au chocolat incomparable, elle a choisi un parfum au nom d'Alba di Seoul, et on a marché, flâné toute la journée au hasard des vitrines et des boutiques.  Elle est gaie, pétillante, drôle et le temps file avec elle.

    Mercredi: Semaine de vacances, les amis sont au ski, l'Homme a mal au genou, on fait l'impasse sur le badminton ce soir. Du coup, impasse aussi sur le petit moment hebdomadaire chez papa et maman, entre le boulot et le badminton. Je les appelle pour annuler et j'entends bien le "comme c'est dommage !". Pas une déception majeure mais un "comme c'est dommage" qui en fait, résonne chez moi aussi. Ces moments me sont devenus aussi agréables que je le suppose pour eux. 

    Jeudi: Cet homme qui est mon chef, qui est une crème d'homme, bon comme le pain, gâche sa vie et celle des autres, et la mienne en l'occurence, de par sa paranoïa aiguë. Il me propose ce matin de l'accompagner à une réunion importante mais vu le boulot, je décline l'offre, sauf bien sûr s'il souhaite que je l'accompagne. Non, sa proposition était juste amicale. Mais à midi, le directeur me demande de venir et ce n'est pas une invitation, c'est une demande expresse. Du coup, cet homme qui est mon chef le prend très mal, comme un signe de défiance du directeur qui ne le considérerait pas capable de défendre seul la position des ressources humaines. Et me voilà envoyée seule parce que, vexé, il s'est désisté, alors que je voulais être dispensée, travailler sur ce qui était urgent. Et surtout, surtout, le voilà qui me boude pendant 48 heures. Et je ne sais pas encore si lundi, il sera revenu à des sentiments meilleurs. 

    Vendredi: Journée exécrable donc, en prise à une bouderie ridicule, un évitement qui va jusqu'à la porte fermée à clé et l'échappée par la porte de derrière de manière à bien se garder de me croiser. Je déteste ces journées là qui me minent malgré moi.

    Samedi: Petit concert avec Maïté, JD et Anaïs. Après un dîner rapide avec les mêmes et Quentin et sa belle. Il ne manquait que Simon, retenu par le ballon rond. Une soirée comme je les aime.

    Dimanche: Un dimanche sans surprise, repassage, lasagne au poisson, rangement des outils, recherche peu fructueuse d'un logement de vacances, un peu de blog, devoirs de portugais pour demain et prête à repartir pour une semaine. 

     

  • Panne de plume

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    Ce n'est pas que je n'aie plus rien à dire, c'est juste que je n'ai plus le temps de le dire. Plus que jamais, je tiens à ce blog, il est mon "journal extime", ma mémoire écrite, mes mémoires à l'intention – peut-être un jour – de mes petits-enfants. La plupart de mes copines de blog ont jeté la plume, ou ont sérieusement ralenti le jet d'encre à l'exception de Célestine, réglée comme du papier à musique, princesse des notes, Vivaldi des mots. Moi, je ne veux pas arrêter mais le temps me manque.

    Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Peut-être ce bloody Candy Crush ? Peut-être les filles qui ont quitté la maison et que paradoxalement je vois plus profondément qu'avant ? Avant quand elles habitaient encore ici, elles prenaient leur repas en famille et puis rejoignaient vite leur chambre pour retrouver leur monde, sortaient retrouver leur amour, disparaissaient de mon champ de vision et d'oreille. Aujourd'hui, elles passent de temps en temps, viennent manger et s'attardent autour de la table. Peut-être que je sors trop ? Encore que je ne pense pas sortir plus que les années précédentes.

    Toujours est-il que je délaisse un peu "ma cabane au fond du jardin"….

    Que s'est-il passé ces deux dernières semaines ? Nous en sommes maintenant à une overdose de crabe. JD a perdu son papa en 15 jours et nous sommes restés désemparés devant la brutalité de cette disparition et l'immense tristesse de JD que nous ne savions pas comment adoucir. Il est rentré d'une semaine très difficile, juste à temps pour déménager avec Maïté dans un magnifique appartement et j'espère que l'installation dans son nouveau nid va l'aider à retrouver son sourire d'ange. 

    Ce déménagement nous a donné à nouveau l'occasion de nous retrouver tous les sept, toujours prêts quand il s'agit d'aider un du clan, et finir, fatigués mais heureux, autour d'un sandwich et d'un mini clafoutis, histoire de reprendre des forces après l'effort. Et tous heureux de les voir enfin quitter leur nid d'aigle, tellement bourré comme un oeuf qu'ils auraient fini par se brouiller.

    Chez nous, les travaux n'avancent pas, ou pour être plus honnête, ils avancent de dimanche en dimanche. Et j'aimerais bien rappeler à l'Homme que jusqu'à Noël, il ne reste que cinq dimanche dont un où nous serons à Venise, que j'aimerais remonter dormir dans ma chambre et que Maïté et JD pourraient maintenant accueillir le bureau et le lit qui attendaient leur nouvel espace pour quitter l'ancienne chambre des filles où on les a entreposés mais où nous dormons aussi pendant les travaux.

    On a tiré au sort les deux heureux bénéficiaires de nos cadeaux de Noël et c'est parti pour la chasse aux cadeaux emballés du plaisir de faire plaisir. Dans la plupart des cas.

    Entretemps, on prépare la St Nicolas, prochaine étape de retrouvailles à sept où cette fois, les cadeaux sont échangés au pied de la cheminée et le brunch est attendu avec une impatience non dissimulée par certaines.

    Demain, la semaine démarre par une visite annuelle de contrôle chez le médecin pour tous les deux, puis petite semaine de boulot et dès jeudi soir, à nous Venise en amoureux !

     

  • La vie continue

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    Difficile de ne pas penser à elle. Elle est partout, dans les innombrables petits cadeaux qu'elle nous a faits, les coquelicots qui sont sur mon bureau, les cartes postales représentant les anges qu'elle aimait tant, les bougies un peu partout, les boucles d'oreille colorées que je choisis le matin en pensant à elle, encore et toujours. Et aujourd'hui, je n'ai pas résisté à lui envoyer un message de bon anniversaire sur FB, en espérant que là où elle est, elle le fête dignement, entourée d'une ribambelle d'anges qui rient aux éclats.

    En attendant, la vie continue, bien entendu.

    Nous sommes en travaux, on refait notre hall d'entrée et notre chambre, du sol au plafond. Et quand on dit du sol au plafond, chez nous, cela prend toujours des proportions d'échafaudage de quatre mètres de haut. Et ce dimanche matin, le réveil fut plutôt pénible. Il pleut dans ma cuisine à trois endroits différents. Youpie ! Ca nous manquait. Donc, non contents d'avoir le contenu du hall et de la chambre dans le salon, il faut maintenant y ajouter tout ce qu'il nous faut sauver de la pluie dans notre cuisine. Autant dire que c'est le souk chez nous.

    Mais ce n'est pas grave, ce sont les petits alea de la vie. Un peu de musique, faire la cuisine, des compotes encore et toujours (ces petites reinettes n'en finissent pas de proliférer) et le sourire revient.

    Maïté et JD sont revenus du Japon, enchantés, les poches pleins de petits cadeaux pour chacun et chacune.

    Les cours de portugais ont repris, la saison théâtrale aussi, les filles passent en coup de vent ou viennent manger, Quentin est un vrai courant d'air à lui tout seul. La vie continue, quoi …..

  • En attendant le printemps

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    Lundi: Retour au bureau après un weekend mouvementé qui suivait une sérieuse altercation avec mon chef. Pour la première fois de ma vie, vendredi, j'ai crié sur ce chef. Je n'imaginais même pas que c'était possible. Mais ses accès de colère répétés, initiés à partir d'un petit rien, un petit grain de sable dans l'engrenage de sa paranoïa – et moi qui me trouve toujours quelque part sur un des crans de cet engrenage – ont brisé en éclats de voix mon self contrôle légendaire. Bien sûr, je ne m'en suis pas remise de toute la journée, de tout le weekend. Je n'ai pas dormi ou très peu, j'ai même réveillé l'Homme en pleine nuit après un cauchemar dont je ne me souviens plus. J'ai rédigé des lettres mentales pour demander ma démission, puis ma mutation. J'ai envisagé la semaine off pour ne plus retourner au bureau le lundi. Et puis voilà, on ne se refait pas. Lundi matin, j'étais là, fidèle au poste, prête à redémarrer une nouvelle semaine. Et lui, et bien, comme si de rien n'était, comme si rien ne s'était passé. Ce n'est pas "on efface tout et on recommence", non, c'est "rien à effacer, page blanche, on continue….".

     Mardi: "And by the way, I apologise for Friday". Voilà, fin de journée, mardi, les excuses sont arrivées. Comme si de rien n'était. Je ne le changerai pas. Il est trop âgé pour cela. Je n'ai même pas pu en placer une pour lui faire prendre conscience du ridicule de sa réaction mais surtout de l'impact que cela peut avoir sur moi et dont il n'a pas la moindre idée; il était tellement occupé à noyer ses excuses sous un flot de paroles marmonnées que j'ai abandonné l'idée même.

    Le soir, Le Jeu des Cigognes, une pièce de théâtre extraordinaire, plutôt mal reçue par la critique et tièdement accueillie par le public, mais que nous, unaniment, nous avons adoré. Le jeu de l'actrice qui jouait une personne atteinte de dysphasie sémantique-pragmatique était époustouflant. Une des meilleures pièces de la saison.

    Mercredi: Ils m'ont fait un cadeau tout simplement extraordinaire. La carte qui accompagnait le cadeau disait: "Bytes volant, scripta manent". Voilà quelques années que je vis dans la crainte que le site qui héberge mon bien-aimé blog se plante, mette la clé sous le paillasson ou disparaisse soudainement de la toile. L'impression de mes pages et photos fait partie de ma to-do-list mais l'ampleur de la tâche, croissante au fur et à mesure des années, imprime un mouvement de coucou suisse à cette tâche qui revient périodiquement en haut de la liste. Mais ils l'ont fait ! Ils m'ont offert pour mon anniversaire un premier recueil des années 2006-2007 de Myosottises. C'est tout simplement magique. Relire ces articles qui ont déjà sept ans comme on lit une histoire et se dire que cette histoire c'est la vôtre a quelque chose de particulièrement émouvant. Ils n'imaginent même pas à quel point leur cadeau m'a touchée en plein coeur.

    Jeudi: Nos amis ont eu un jour des bébés. Et voilà que ces bébés font des bébés eux aussi. Avons-nous déjà passé la main ? Où est passé le temps béni où, pleins d'énergie, nous tenions trois petites mains à la fois ? La naissance du petit Gabriel m'a laissé des sentiments mélangés, empreints à la fois de joie et de nostalgie.

    Vendredi: Le matin, je rappelle à mon chef la vanité des titres que l'on nous donne dans l'administration et dont certains se rengorgent: "What's in a name ?". Qu'avons-nous à faire d'un titre, d'un nom ? Le midi, je déjeune avec H., trois mois après le début de sa chimiothérapie et cela m'a fait du bien de la retrouver même si ce n'était que pour le temps d'un déjeuner. On discute de tout et un moment, la discussion dévie sur l'importance ou non des patronymes, les enfants qui portent le nom du papa ou de la maman, et elle me (ré)cite: "What's in a name? that which we call a rose, By any other name would smell as sweet;" Je me rends compte que je connais ce vers mais mes classiques m'échappent. Le soir, nous assistons à une représentation de Romeo et Juliette où les Capulet sont francophones et les Montaigu néerlandophones. Et là, "Wat stelt een naam voor? Een roos zou met een andere naam net zo zoet geuren." Et voilà, la boucle était bouclée, les classiques ont retrouvé leur place dans leur tiroir de mon cerveau. Et j'ai souri de tant de coïncidences.

    Samedi: Une journée comme je les aime: petit marché le matin, deux menus nouveaux testés sur la journée et plutôt réussis, une expo visitée à deux – c'est si rare – quelques belles oeuvres d'art, de celles qui vous vont droit au coeur; et une soirée poker avec les enfants. Pur bonheur.

    Dimanche: Repas de dimanche, sept services, à table de midi à vingt heures. Chez et avec uniquement des collègues de l'Homme et leurs femmes. Epuisée. Mais contente de voir l'Homme dans un autre contexte. Très rare. 

    Les jours se suivent et ne se ressemblent pas du tout. Et pendant ce temps-là, imperceptiblement, les jours rallongent, l'hiver s'éloigne et le printemps se prépare….

     

     

  • Le moulin

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    Il n'y a plus personne à temps plein dans ma maison, à part l'Homme et moi évidemment. Le nid s'est vidé assez rapidement. Même si le petit dernier revient au bercail pour l'année scolaire suivante, il y a fort à parier qu'il ne sera pas souvent là. 

    Nous avons mis quelque temps, l'homme et moi, à retrouver nos marques, à trouver simplement des sujets de conversation lors de nos dîners en tête-à-tête (ça n'a l'air de rien mais quand les 25 années qui viennent de s'écouler ont été rythmées par des babillages d'enfants, des conversations de petites filles, des récriminations d'adolescents et des échanges entre adultes en devenir, il y a un certain rééquilibrage à effectuer).

    Le rythme a changé, la géométrie est devenue très variable, on peut être deux, trois ou cinq ou sept à table. C'est selon l'arrivage du jour. Mon côté planning préfère savoir combien on sera le soir même mais je ne vais pas faire ma difficile si je veux garder l'esprit portes ouvertes que je revendique haut et fort.

    Alors, ma maison est devenue un moulin.

    Un moulin à vents: ils entrent et sortent comme des courants d'air. "Je ne fais que passer", "Je passe en vitesse".

    Un moulin à cafés: Ca c'est surtout quand Maïté débarque. Et encore plus avec son Jidé. Il a vécu trois mois avec nous et c'était sa "charge" de préparer les cafés à la fin du repas. Et quand il est là, il reprend spontanément son costume de barista et nous prépare les ristretto bien serrés.

    Un moulin à paroles: puisqu'on se voit moins, il y a tant de choses à se raconter. Et quand ils sont repartis, je me rends compte que j'ai oublié la moitié de ce que je voulais leur dire ou leur demander.

    Un moulin qui me donne des ailes, un moulin rouge amour, où les allées et venues de mes petits meuniers font que mon coeur que mon coeur bat trop vite, que mon coeur que mon coeur bat trop fort….

     

  • Glacial dehors, doux dedans

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    Weekend polaire et solaire à la fois. Un ciel d'azur vendredi et dimanche. 

    Puisque Bruxelles est en grève ce vendredi, l'Homme et moi avons demandé à télétravailler exceptionnellement. C'était assez agréable d'être là tous les deux, l'un en bas, l'autre en haut dans la mezzanine, mais il suffisait de tourner les yeux, moi vers la droite et vers le bas, lui vers la gauche et vers le haut pour se rencontrer d'un sourire. Pour le reste, on n'a pas parlé de toute la journée à l'exception de la pause déjeuner où nous sommes sortis prendre l'air, finir de remplir le frigo, le panier à fruits et la corbeille à pain. Mais même en travaillant pour ainsi dire sans lever le nez de toute la journée, on a quand même l'impression d'être déjà en weekend. 

    Nous avons passé le samedi à la campagne où Quentin a tondu toute l'après-midi. Visiblement, l'exercice lui a donné chaud, lui qui s'était habillé comme un oignon, il s'est épluché au fur et à mesure de l'après-midi. Moi, bien au chaud à l'intérieur, je me les suis gelés (je ne sais pas si je dois mettre un "e" parce qu'en fait je ne sais pas très bien ce qu'on se gèle exactement…). J'ai eu beau passé l'aspirateur et m'activer un peu, ça ne m'a pas réchauffée. On a fait un tour par la déchetterie pour évacuer toute une série d'encombrants et j'ai eu un peu le coeur gros quand j'ai vu mon vieux matelas basculer dans la benne à "encombrants divers". Il a accueilli les grands-parents maternels de l'Homme, il nous a bercés les vingt premières années de notre mariage, il a supporté sans broncher les sauts de trampoline de nos enfants. Pendant toutes ces années, sa laine a été battue et rebattue, il a enfilé de nouvelles toiles pour chaque fois reprendre du service et de la fraîcheur. Il a fini sa longue vie en deux pièces superposées qui séparaient Quentin du sol. Et vraiment, même si c'est un peu ridicule, j'ai eu le coeur serré de le voir partir.

    Plus tard en fin d'après-midi, les parents sont arrivés et nous avons passé une chouette soirée ensemble. Mais nous sommes repartis pour dormir à Bruxelles. L'Homme ne se sentait pas le courage d'affronter le lit froid (il m'a confié le soir que quand il fait si froid, il ne parvient même pas à lire au lit – il faut sortir les bras (moi, je ne sors que les mains) -) et Quentin rêvait de retrouver son grand copain (traduisez son nouveau lit de 160 s/200 dans lequel il peut "même dormir en diagonale, maman!"). Dommage, moi, je serais bien restée la nuit pour le plaisir de prendre le petit déjeuner avec ma maman 🙂 !

    Ceci dit, le dimanche était bien agréable aussi. Pour la première fois depuis des lunes, je me suis recouchée après le coup de Skype hebdomadaire avec Swiss'Sis en espérant secrètement que l'Homme se lève et me laisse le lit pour moi toute seule. Non pas pour "dormir en diagonale, maman!" mais parce que je ne dors jamais aussi bien que dans le silence total. Et à côté de l'Homme, c'est clair, ce n'est jamais "total". Mais je n'ai pas profité longtemps de ce plaisir, l'heure était bien trop tardive.

    Après une petite pasta, Quentin est parti avec ses copains à la recherche de plantes et nous avons enfilé écharpe et parka pour marcher pendant deux bonnes heures dans un froid de canard, en zigzaguant à la recherche des tâches de soleil. Mais dès que quelques rayons s'invitent, Bruxelles est bien jolie…. 

  • La première dinde

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    Non, je ne vais pas vous écrire un billet sur Carla, loin de moi cette idée saugrenue. Mais bien sur notre première dinde farcie de Noël. En 27 réveillons de Noël, jamais nous n'avons préparé de dinde. Et cette fois, nous avons sacrifié à la tradition. Bien nous en prit, le succès a été unanime. Les plus difficiles (traduisez, chez nous, ceux qui n'aiment pas du tout la sophistication) ont décerné l'Oscar du Noël dans la catégorie "papilles".

    Malgré l'affaire Tannenbaum, ce fut un beau Noël encore une fois. Ca a bien failli tourner à nouveau en purée de marrons à cause de cette brave dinde. L'homme a préparé la farce à sa façon et a cuit le restant avant de la mettre au four pour qu'on teste la dite farce. J'ai émis mon avis ("Est-ce que tu ne trouves pas qu'elle manque un peu de goût ? Ca ne va pas donner beaucoup de goût à la dinde ? Tu as mis des épices, cannelle, quatre-épices ? C'est même moins bon que ton pain de viande habituel...). Je me suis à nouveau fait traiter de manipulatrice par l'homme et les enfants qui trouvaient cette farce tout à fait digne. Il n'empêche que l'homme a récupéré sa farce, l'a retravaillée avec épices, cognac, etc… et que tout le monde a bien dû reconnaitre qu'il y a bien farce et farce. La bonne blague ! Et "on" a encore insinué que j'obtenais tout ce que je voulais. Mais bon, puisque c'est le rôle qu'"on" m'a attribuée dans ce couple, j'assume. Je suis le quality controller d'une équipe qui marche, alors pourquoi changer la formule ?

    Hormis la dinde, le plaisir était au rendez-vous. Le plaisir en cuisine pendant toute la journée du 24 avec Swiss'Sis, Anaïs et le champion de la dinde, le plaisir autour du sapin et au milieu des cadeaux, le plaisir des sourires heureux, le plaisir de réunir ceux qu'on aime, une pensée très émue pour Papy L. qui manque toujours autour de la table.

    Le plaisir encore le lendemain, à ranger les vestiges de la fête, le plaisir de découvrir plus au calme ses cadeaux (un flacon de Coco Mademoiselle, un soin Capture de Dior et "Le goût des pépins de pomme" de Katharina Hagena pour moi), le plaisir de traîner un peu sans trop rien faire pour une fois.

    J'espère que pour vous aussi, Noël a été source de joie et de bonheur en famille…

  • Joli weekend

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    Un weekend plus que sympa composé comme un plateau de fromages, d'un peu de tout et de ces "tout" que j'affectionne particulièrement:

    Vendredi: Soirée cinéma en amoureux. Particulièrement rare pour que cela mérite d'être souligné. L'homme déteste les salles de cinéma. On y marche sur du pop corn qui colle aux semelles – on s'estime heureux quand il n'y en a pas dans les fauteuils -, les voisins mangent des nachos sauce tomate ou sauce fromage, quand ils ne font crounch crounch avec les popcorns. Parfois ils parlent pendant le film. L'homme est mal assis, il ne voit pas bien, il déteste les sous-titres qui lui mangent une partie de l'image, l'homme n'aime pas les salles de cinéma. Rien de tel qu'un dvd à la maison, ça coûte moins cher, il le regarde comme il veut, dans la langue qu'il veut. Moi j'adore aller au cinéma. Je vois bien tous les inconvénients qu'il me décrit mais cela ne me dérange pas outre mesure. Je sais bien que c'est cher mais rien n'y fait, je préfère ce grand écran là à celui de la maison et j'en profite bien plus. Alors double plaisir ce vendredi. J'ai choisi "Les petits mouchoirs", film tant décrié partout. Et d'accord, il n'y a rien de transcendant dans ce film à part les caricatures de personnage – mais tellement réelles que j'y ai retrouvé des amis copié collé – , il dure deux heures et demie – et bien non, je n'ai pas trouvé le temps long -, c'est sans doute un peu surfait mais en attendant, on a ri, beaucoup, j'ai pleuré, un peu et au bout du compte, j'ai passé un bon moment. 

    Samedi: Personne n'était de sortie ce soir – fait exceptionnel dans cette famille – et à la fin du dîner, j'ai lancé sans beaucoup de conviction: "Vous voulez qu'on joue un jeu de société ?". Et à ma grande surprise, personne n'a dit: "Oh noon !", Quentin est allé chercher le Mikado pour commencer et l'Homme a ouvert le coffre aux apéros et alcools et nous a offert une dégustation de grappa, rhum, whisky et bourbon. un tout petit verre à liqueur pour cinq où chacun a pu tremper ses lèvres et s'offrir une petite gorgée de grands crus très forts. Un vrai plaisir rarissime dans cette famille. On a enchaîné avec un jeu de mime et un tabou. 

    Dimanche: Grand rangement dans la chambre de Quentin. On a jeté, jeté une tonne de papier. Quentin ne veut rien garder de ses cours. Je lui ai demandé s'il ne voulait pas montrer ses cours à ses enfants plus tard, il m'a dit préférer ne leur montrer que les cours d'univ, le reste ne l'ayant visiblement pas enthousiasmé. Il faut dire aussi que les cours de Quentin sont tous dispersés, chiffonnés, empilés dans un désordre indescriptible et entre une feuille de math et une feuille d'anglais, j'ai sauvé in extremis une page d'un roman policier et une autre d'une bande dessinée.

    Et rien de tel que de terminer le weekend par un long tour du blog.

     

  • Weekend multifacettes

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    Comme un dé à jouer, un weekend à six faces: 

    Le 6 : Une soirée chez Joséphine et Stefano où la jolie s'est décarcassée pour me faire un menu minceur légumes, de l'apéro au dessert. Et chez elle, les menus minceur ont une allure de fête. Cette soirée était organisée en prélude à une sortie en boîte. Mais comme on ne va plus "en boîte" avant 23 heures au minimum – désolée, mais je trouvais nos sorties à 20h beaucoup plus rentables -, il faut qu'on tue le temps avant. Et on l'a tué de la manière la plus agréable qui soit. Dommage qu'on soit ….. sorti en boîte après. On a choisi une boîte rétro pour ne pas se retrouver, quadras et quinquas au milieu d'une belle et fraîche jeunesse. Et bien, il n'y avait de rétro que la faune qui s"y trouvait: des couples en catimini et en mode séduction pitoyable, des rouleurs de mécanique bijoutés jusqu'aux dents et les épouvantails à breloques qui les accompagnent. La musique, elle, était peu rétro et si elle l'était, elle était tellement remixée et remastérisée que c'en était lassant. Assaisonner de chaleur suffocante et brouillard de fumée et vous aurez une fin de soirée plutôt indigeste.

    Le 2: Je ne suis néanmoins pas restée sur ma chaise puisque j'étais venue pour danser. Mais visiblement mes lombaires n'ont pas aimé le rythme. Le lendemain matin, j'ai voulu me lever pour éteindre le réveille-matin, je suis restée coincée, pliée en deux. Plus moyen de faire marche avant ni marche arrière. L'Homme s'est levé pour essayer de m'aider mais j'ai bien senti que je m'en allais. J'ai fait une brève syncope. En général quand j'ai mal, sous l'effet de la douleur, je retire le fusible, je déconnecte. Pourtant, je n'ai pas eu l'impression d'avoir eu si mal.

    Le 4: On a mangé divinement ce weekend. Hormis le festin chez Joséphine, l'Homme a cuisiné un hamburger maison absolument parfait – j'ai appris par la même occasion que Mc Do cache une petite pilule anti-vomitive dans ses MacMachin. Mes enfants l'ont vue de leurs yeux vue. Après avoir été informés par des copines qui y travaillaient tout de même -. Le lendemain, lasagne d'aubergines tout aussi divine.

    Le 3: Courses dans deux types de magasin que j'affectionne particulièrement: 

    – un magasin de matériel artistique et bricolage pour approvisionner Maïté en matériel scolaire. J'ai trouvé comment j'allais coudre mes sachets de lavande miniature pour la boutique de ma maison de poupées provençale. Je vais acheter du papier à transferts, imprimer des photos de tissu provençal, le réduire au maximum et l'imprimer sur le papier transfert puis repasser le tout sur du tissu blanc ou jaune.

    – Et un magasin de matériel de cuisine et épicerie fine, genre la Grande Epicerie. J'adore fouiner dans ce genre d'endroits et découvrir de nouveaux produits. J'en suis ressortie avec une mandoline.

    Le 1: On a rendu visite à C. à l'hôpital, opérée de la colonne la semaine dernière et qui n'en peut plus de souffrir de sciatique et de demander sans succès qu'on la soulage un peu. Comme si la sclérose en plaques dont elle souffre ne suffisait pas. Je la trouve extrêmement courageuse et je suis vraiment désolée de ce qui lui arrive.

    Le 5: J'ai terminé la soirée seule avec Quentin. Les filles s'étaient retirées dans leur appartement et l'Homme, pour une raison obscure, s'est mis à bouder (= il monte dans sa chambre et se met à lire et ne répond que par monosyllabes). On s'est offert un très beau film: Eden à l'Ouest de Costa Gavras. A voir si l'on est sensible à la problématique des émigrés clandestins. Sinon s'abstenir. 

    J'ai fait un 6, je rejoue: j'ai aussi eu un immense plaisir à nettoyer le fond de mes armoires dans la salle de bains et un tout aussi immense déplaisir à changer d'heure.