Catégorie : Gastronomie

  • Trois sens en éveil cette semaine

     

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    La vue: Un monde de papier; Fortuny par Isabelle de Borchgrave. Superbe exposition avec Joséphine. Je l'avais vue à Venise lors d'une journée offerte à ma filleule, dans le palazzo de Mariano Fortuny lui-même. Cet espagnol, émigré très jeune à Venise, était un artiste, créateur de robes, dont Isadora Duncan et Sarah Bernhardt étaient aficionadas autant que Catherine Deneuve l'était de Yves Saint-Laurent. Le plissé de la soie dans des couleurs inimaginables fait tout simplement rêvé. Alors quand la grande prêtresse du papier s'en inspire, cela laisse pantois. Plaisir des yeux garanti.

     

     

     

    L'ouïe: Les fleurs du mal de Baudelaire. Très chouette spectacle musical, florilège de poèmes de Baudelaire, récités de manière très percutante, entrecoupés de musique et de chansons de Brigitte Fontaine et Ari Belkacem – que j'ai découverts par ailleurs – dans une mise en scène on ne peut plus inventive et audacieuse. L'homme et fille cadette ont très moyennement appréciés mais moi, je suis ressortie enchantée.

     Le goût: Notre sortie annuelle dans un grand restaurant après l'ouverture du cochon que l'on engraisse chaque semaine après le badminton n'a pas été une réussite cette année. Je ne vous recommanderai donc pas le restaurant où le millefeuilles de légumes racines et foie gras était assez déplaisant, surtout pour les trois d'entre nous qui ont eu la désgréable surprise de tomber sur des bouchées de foie gras non dénervé. Le filet de bar et les noisettes d'agneau manquaient d'éclat et je n'ai commencé à voir quelque peu scintiller les deux étoiles annoncées dans le baba au rhum. Moi qui n'en attendais rien parce qu'a priori, le baba n'est pas ma tasse de thé. Mais cette fois, j'ai enfin compris pourquoi c'était le dessert préféré de Papy L. 

     Peut-être que la semaine qui vient m'offrira des parfums printaniers et la douceur des premiers rayons sur la peau…..


  • En pleine croissance

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    Fin des festivités. Mon coeur soupire: "Déjà ?". C'était bien ces moments répétés en famille, en cuisine, autour du sapin, autour de la table, ces repas à géométrie variable, les moments précieux avec les enfants au Nouvel-An.

    Mon corps lui gémit: "Enfin !". Il n'en peut plus de toutes ces agapes, il crie grasse. Il veut du légume, du fruit, de l'eau, du bouillon. Basta pasta, foie gras, alcool, fini le sucre en perfusion, la crème fraîche en masque et le champagne en douche. Je suis en pleine croissance horizontale.

    Le temps de la diète et de la détox est arrivé. L'ennui c'est que je ne suis pas très forte dans ces deux matières. Et je dois attendre la semaine prochaine pour reprendre les activités sportives. 

    Malheureusement, je ne suis pas encore au bout de mes peines, les Rois débarquent après-demain, je prends une année dans les lattes trois jours plus tard et cela va se payer fêter pendant plusieurs jours et le 2 février, on ne pourra tout de même pas se contenter de tenir la chandelle à la Chandeleur ! 

     

  • Non fuggite lieti istanti della mia felicità….*

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    * Ne fuyez pas, doux instants de bonheur… (Le barbier de Séville de Rossini).

    Toute une semaine de moments de bonheur les uns après les autres. Des moments de plaisir des sens, des moments de chaleur humaine, des moments de douceur de vivre…. Comment ne pas se réjouir à chaque instant d'être en vie, en bonne santé, tout comme ceux qui nous entourent, comment ne pas profiter pleinement de tout ce qui nous est offert ?

    Samedi: Je vais m'acheter une paire de chaussures (enfin deux), toujours les mêmes mais dans d'autres couleurs, dans ce magasin qui vend tout au long de l'année les mêmes chaussures tellement confortables qu'une fois essayées, elles sont adoptées et qu'il devient difficile d'acheter autre chose. J'en suis à ma sixième paire. Toutefois, la dernière paire s'est mise à bailler à la semelle après peu de temps. La propriétaire de la boutique, d'habitude plutôt peu aimable, s'est montrée charmante et m'a offert de remplacer la paire fatiguée et défectueuse par une paire identique toute neuve. Elle a fait ma journée….

    Dimanche: Parmi les livres de la tournée de 12 livres que l'on se partage à 12 en un an, j'ai reçu pour le mois de mai la biographie de Marie Laurencin. Et j'attends chaque jour avec impatience le moment du coucher où je vais retrouver pour quelques instants la butte Montmartre, le Bateau-Lavoir et le Lapin Agile avec Marie, Guillaume, Pablo, Fernande, le Douanier, Gertrude et Alice, tous ces jeunes fous qui vivaient de rien, de couleurs et de fêtes et qui me fascinent aujourd'hui. Parmi les multiples époques où j'aurais aimé vivre, je pense que ce Paris-là m'aurait infiniment séduite.

    Lundi: L'arbre qui se trouve devant l'entrée du bureau où je travaille est sublime. Il est entré dans le printemps tout en bourgeons roses qui se sont ensuite épanouis en magnifiques fleurs blanches. Il verdit lentement jour après jour. Il est tout simplement splendide. Il me fascine et si j'avais le temps je m'arrêterais chaque jour un instant pour l'admirer plus longuement.

    Mardi: Réjouissances festives entre amis pour célébrer l'anniversaire de l'Homme autour d'une table malgache. Une cuisine divine, tout en saveurs et parfums. Le ravitoto, plat traditionnel national est un pur régal: une cassolette de porc longtemps mijotée aux feuilles de manioc pilées et au gingembre accompagnée de riz parfumé au coco et d'une salade de tomates à la coriandre et au kumbava. Un vrai délice. Le tout arrosé au rhum, arrangé ou non. Et cerise sur le gâteau, le couple qui a ouvert récemment ce tout premier restaurant malgache à Bruxelles est exquis de gentillesse, de sourires et d'attentions. Une soirée délicieuse.

    Mercredi: Non contents de l'avoir entouré la veille, les amis lui ont offert des billets pour le concert organisé au Bozar pour célébrer les 90 ans de Toots Thielemans. Ce fabuleux artiste bruxellois nous a époustouflés. Deux heures ininterrompues de morceaux hyper connus mais revus au son de son harmonica légendaire. Deux heures sans même boire une goutte d'eau. Quel souffle ! Il aurait pu aisément éteindre ses 90 bougies ! Le public en délire lui a manifesté haut et fort son enthousiasme et son amour. L'émotion était vraiment palpable et nous, les filles, nous avons essuyé notre petite larme.

     

    Jeudi: Toutes les semaines ne sont pas aussi chargées mais le rendez-vous était fixé depuis longtemps. Soirée à nous deux, cette fois. Deuxième séance cinéma-opéra de l'année et cette fois c'est Figaro qui nous a enchanté les oreilles. On m'aurait dit il y a 30 ans que j'adorerais ça, j'aurais été plus que sceptique et pourtant nous sommes tous les deux de plus en plus enthousiastes. Cette fois, le Barbier de Séville était retransmis du Teatro Regio de Parme, ce qui ajoutait un brin de nostalgie à l'événement, pour moi, la Parmiggiana d'une année. Morceaux archi-connus ou moins connus, prestation enjouée, trois heures de plaisir non dissimulé. 

     

    Je ne voudrais pas avoir l'air d'un papillon écervelé, je sais qu'autour de moi, proches et moins proches vivent une souffrance, que ce soit une maladie soudaine, un divorce difficile, un deuil violent ou les effets sournois de la crise. Je vois les montées d'extrêmes un peu partout, la peur qui grandit. Je ne suis ni hermétique ni aveugle. J'apporte ce que je peux, même si c'est si peu, dans le réconfort. Mais je ne peux pas m'empêcher de souligner ici, dans la bulle qui m'appartient, les moments de plaisir que l'on peut trouver un peu partout.

  • Chant de l’heure nocturne

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    Cette nuit, j'ai:

    – préparé toutes les quatre vérités que j'allais dire à tous ceux qui me fâchent

    – j'ai fait l'inventaire de toutes mes tâches professionnelles du lendemain

    – j'ai élucubré sur les raisons des multiples sirènes de police ou ambulance passant sous mes fenêtres. A chaque fois, bien sûr, ce ne pouvait être qu'une catastrophe arrivée à ma fille aînée pas encore rentrée. Et bien sûr, il ne lui arrive quelque chose qu'au moment où elle est à 100 mètres de la maison. Ou alors, ils me la ramènent en ambulance, plus rapide que le taxi.

    – j'ai organisé toute une série d'enterrements. C'est la suite logique du point plus haut mais j'étends le drame comme une tâche d'huile.

    – je me suis retournée comme une crèpe un nombre incroyable de fois, probablement autant de fois que l'on prévoyait de crèpes le lendemain.

    – j'ai regardé chaque heure passer, chaque demi-heure s'égrener, chaque quart d'heure s'écouler, j'ai fermé les yeux mais les paupières internes restaient grand ouvertes.

    – j'ai envoyé des sms à 00h40, 00h44, 01h25, 03h30, j'ai appelé à 03h35. Elle m'a dit "je suis là dans une heure". Alors forcément…

    J'avais promis de lâcher prise et en général j'y arrive. Mais voilà, il y avait -10° dehors et l'Homme avait fait allusion dans la soirée au danger potentiel de l'alcool par temps froid, un verre de trop, une chute, un froid polaire et ciao…. Non pas qu'elle était partie pour une folle soirée d'ébriété, juste une soirée prolongée chez une copine. Mais le cerveau des mamans est une espèce de magma bouillonnant complètement incontrôlable.

  • La tirelire

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    Je ne sais plus laquelle de nous trois a eu l'idée mais c'était une bonne, très bonne idée. Après avoir fêté mon anniversaire dans un restaurant bon bon, mais qui coûtait itou, nous avons souhaité renouveler l'expérience l'année suivante, en se préparant financièrement au choc. D'où l'idée d'une tirelire que nous remplirions chaque semaine au badminton à raison de 5 euros par couple. 

    Nous nous étions promis d'ouvrir la tirelire – à l'ouvre-boîte – le soir du réveillon. Pour patienter quelques minutes avant les douze coups de minuit, nous avons rassemblé nos billets de cinq par paquet de dix et nous avons compté notre fortune gastronomique.

    Au bout d'une année de sport assidu, non seulement, nous avons entretenu agréablement notre forme physique, nous avons eu le plaisir de nous retrouver chaque semaine mais aussi nous nous retrouvons riches d'une jolie cagnotte qui émoustille déjà nos papilles. Une jolie galette pour manger à la fortune du pot de ce magicien culinaire. Notre recette annuelle pour célébrer les siennes. Stefano et moi attendons le moment où nous sortirons la tirelire é-ventrée au moment de l'addition.

    Joséfine a promis de racheter une tirelire pour recommencer l'exercice sans tarder.

    Et moi, je pense que je vais faire fructifier l'idée et multiplier les petits cochons à la maison. Pour partir en voyage, offrir un beau cadeau ou donner vie à tout autre projet lumineux. 

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  • La teuf à Léon

     

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    La fête de Noël la tête à l'envers. Je ne sais pas pourquoi mais je fais tout de travers ces derniers temps. Les objets m'échappent des mains, je me cogne partout, je fais des bêtises. Et cette veille de Noël ne déroge pas à la règle. 

    Pourtant, tout s'annonçait joliment. Swiss'Sis et Thierry n'ont pas eu à souffrir de la grève de jeudi et sont arrivés sans encombres, tous les cadeaux étaient prêts et emballés le 23 au soir, le sapin monté bien à temps, et j'ai même trouvé le temps de préparer une sélection de mes chants de Noël préférés. C'est dire que, pour une fois, ça se présentait bien. 

    Oui mais, le 24, tout m'a échappé.

    Le brushing a fondu sous la pluie.

    La pâte des sablés me collait aux doigts et je ne parvenais plus à m'en dépatouiller, malgré de grands renforts de farine.

    Le cougnou a pris des proportions monstrueuses et ne ressemblait plus du tout à un enfant enmailloté.

    En me promenant avec ma poche à douille remplie de lemon curd, j'en ai renversé la moitié sur les patates douces en attente de cuisson.

    Au lieu d'ajouter une petite branche de romarin à la cuisson de mes myrtilles au vin rouge, j'ai carrément immergé deux plants qui ont imprégné les myrtilles d'un goût particulièrement amer.

    Mais surtout, lorsque Sis'Cile a ouvert un de mes cadeaux, je suis restée bouche bée un bon moment. J'ai réalisé que le livre qu'elle tenait dans les mains était destiné à Lola de l'autre côté de l'Atlantique et que le livre que je destinais à Sis'Cile était parti la veille par la poste…. J'ai mis un certain temps à m'en remettre. 

    Mais à part ça, tout va bien, c'était un joyeux Noël, une jolie table, une dinde "orgasmique" (selon les critères de Sis'cile), une journée en cuisine avec Swiss'Sis mais sans Anaïs cette fois, études obligent. De jolis cadeaux pour tout le monde dont pour moi, quatre romans qui viennent s'ajouter à la pile à lire, les contemplations gourmandes de Victor Hugo, un superbe collier et de très jolies boucles d'oreilles.

    Et plus que tout, le plaisir d'être à nouveau tous réunis. Le vrai cadeau de Noël.

  • Fatiguée mais contente

     

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    Lundi: Une journée à Paris avec Véro, le plaisir de papoter des heures, un peu de lèche-vitrines, un peu de shopping – on a découvert un styliste japonais, ancien assistant de Kenzo, Irié Wash. C'est elle qui a poussé la porte, c'est moi qui en suis sortie avec une robe. Un petit tour sur les quais, côté bouquinistes et un vieux livre de cuisine d'Antonin Carême dans la poche. Et retour à la maison.

    Mardi: Cours de cuisine vietnamienne avec Anaïs. Il y a quinze jours, on avait testé le cours de macarons. Très bof bof. Cette fois, la déception a été encore plus grande et on ne nous y reprendra plus. Un, le pseudo-chef s'annonce lui-même amateur, deux, il ne s'occupe pas de nous, considère que "celles qui font le dessert, c'est la planque" – pas de chance, c'était nous -, trois, il ne peut pas répondre à des questions pas très compliquées, et quatre, c'était même pas bon.

    Jeudi: Désordre public. Très chouette pièce. Complètement décalée mais il y a longtemps que je n'avais plus ri avec autant de bonheur. 

    Vendredi: Conférence sur la gestion des ressources humaines dans le secteur public. Très intéressant. J'avais un peu oublié à quel point la GRH est différente entre le public et le privé. Une certaine stabilité d'emploi dans le public, certes de plus en plus relative mais néanmoins encore pas mal garantie en échange de procédures lourdissimes dans tous les domaines que ce soit dans les appels à marché ou, plus particulièrement en matière de RH dans les procédures de sélection. De quoi rafraîchir ma mémoire, même si je ne suis pas prête d'oublier, moi qui ai naïvement importé du privé des méthodes de sélection expéditives: trois piles, les CVs intéressants, les CVs inappropriés et les "à voir". De quoi se prendre un audit carabiné où l'auditrice en chef a bien faille me mettre au bûcher pour hérésie.

    Samedi: Il y a deux ans, on s'était promis de remettre le couvert tous les ans mais le temps nous échappe. Cette année, on y est arrivés et on s'est à nouveau offert une belle cousinade. Cette fois, Swiss Sis' et mon filleul préféré manquait à l'appel mais la plupart avait répondu présent. Preuve s'il en est que tout le monde apprécie de se retrouver au moins tous les deux ans si pas tous les ans. Tout de même, cela reste plus sympa que de se retrouver aux enterrements. Et comme il ne faut plus trop compter sur les mariages et les baptêmes….

    Dimanche: Une journée pour tout ranger, tout nettoyer – merci les enfants ! – et en soirée, j'ai accompagné Maïté – qui n'a trouvé que moi pour l'escorter – à la projection d'un court-métrage avec débat. Le film déplore en long et en large l'impact insoupçonné de l'image de la femme véhiculé par la télévision italienne depuis plus de 30 ans. Le débat, lui, était assez édifiant sur le manque d'empathie entre les différents interlocuteurs. Plutôt qu'un débat, on a assisté à un échange de monologues. Y'a encore du chemin à tous les niveaux !

    Plus interpellant encore, le mini-métrage de 3 minutes avant la projection proprement dite. De quoi nous ouvrir les yeux sur les images publicitaires qui ne nous choquent même plus, faute de les regarder vraiment. Une claque en pleine figure! 

     

     

  • La première dinde

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    Non, je ne vais pas vous écrire un billet sur Carla, loin de moi cette idée saugrenue. Mais bien sur notre première dinde farcie de Noël. En 27 réveillons de Noël, jamais nous n'avons préparé de dinde. Et cette fois, nous avons sacrifié à la tradition. Bien nous en prit, le succès a été unanime. Les plus difficiles (traduisez, chez nous, ceux qui n'aiment pas du tout la sophistication) ont décerné l'Oscar du Noël dans la catégorie "papilles".

    Malgré l'affaire Tannenbaum, ce fut un beau Noël encore une fois. Ca a bien failli tourner à nouveau en purée de marrons à cause de cette brave dinde. L'homme a préparé la farce à sa façon et a cuit le restant avant de la mettre au four pour qu'on teste la dite farce. J'ai émis mon avis ("Est-ce que tu ne trouves pas qu'elle manque un peu de goût ? Ca ne va pas donner beaucoup de goût à la dinde ? Tu as mis des épices, cannelle, quatre-épices ? C'est même moins bon que ton pain de viande habituel...). Je me suis à nouveau fait traiter de manipulatrice par l'homme et les enfants qui trouvaient cette farce tout à fait digne. Il n'empêche que l'homme a récupéré sa farce, l'a retravaillée avec épices, cognac, etc… et que tout le monde a bien dû reconnaitre qu'il y a bien farce et farce. La bonne blague ! Et "on" a encore insinué que j'obtenais tout ce que je voulais. Mais bon, puisque c'est le rôle qu'"on" m'a attribuée dans ce couple, j'assume. Je suis le quality controller d'une équipe qui marche, alors pourquoi changer la formule ?

    Hormis la dinde, le plaisir était au rendez-vous. Le plaisir en cuisine pendant toute la journée du 24 avec Swiss'Sis, Anaïs et le champion de la dinde, le plaisir autour du sapin et au milieu des cadeaux, le plaisir des sourires heureux, le plaisir de réunir ceux qu'on aime, une pensée très émue pour Papy L. qui manque toujours autour de la table.

    Le plaisir encore le lendemain, à ranger les vestiges de la fête, le plaisir de découvrir plus au calme ses cadeaux (un flacon de Coco Mademoiselle, un soin Capture de Dior et "Le goût des pépins de pomme" de Katharina Hagena pour moi), le plaisir de traîner un peu sans trop rien faire pour une fois.

    J'espère que pour vous aussi, Noël a été source de joie et de bonheur en famille…

  • Les légumes dans les desserts

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    Il y a plus de 6 mois, les sorcières et la fée m'ont offert pour mon anniversaire un cours de cuisine toutes ensemble, accompagnées de nos Merlin enchanteurs, à l'Atelier Guy Martin, le chef étoilé du Grand Véfour. Je n'avais malheureusement pas pu les rejoindre parce que je tenais absolument à assister à l'enterrement de Tante Danielle. Je les ai rejoints l'après-midi mais le cours avait lieu le matin. Les organisateurs m'ont gentiment offert la possibilité de revenir plus tard. Ce que j'ai fait – enfin – ce weekend avec l'Homme et Véro qui nous a rejoints. J'ai choisi un thème un chouia incongru: Les légumes dans les desserts. Au menu: 

    • Raviole de betterave, pommes, vanille
    • Verrine de tiramisu, carottes et endives
    • Millefeuilles de poivron rouge et chocolat

    J'ai aimé le cours, j'ai appris deux trois trucs (notamment qu'une cartouche de gaz suffit pour un siphon à condition de bien secouer l'affaire pour que le gaz s'incorpore bien à la préparation, comment faire une petite rigole pour qu'un soufflé monte droit comme un i), c'était sympa et tout et tout mais j'ai finalement été déçue par le résultat final que je n'ai goûté qu'une fois de retour à la maison. 

    Mais 24 heures à Paris sous le soleil valait tous les desserts du monde.

     

  • Pipolette en vaporetto

    La magie ne s’est pas arrêtée sur le quai de Santa Lucia. Nous avons passé deux jours dans une de nos villes préférées. Nous avons eu la chance de la visiter déjà plusieurs fois lorsque nous habitions l’Italie. Nous avons donc pu, sans complexes, quitter les sentiers trop battus, et nous échapper dans les ruelles abandonnées aux seuls Vénitiens. Et cette belle échappée a ravi le photographe fou qui se cache en l’Homme. Moi, j’ai moins l’âme d’une compagne de Tintin reporter (la preuve, celui-là n’a jamais trouvé de Castafiore à son pied) et le suivre – trois pas en avant, deux pas en arrière – est particulièrement épuisant. Lui avance au rythme de son zoom, moi, j’avance à l’allure du routard ou de n’importe quel autre guide de voyage plus original. J’ai besoin de savoir où regarder, lui sait où regarder; en bonne élève, je cherche à comprendre ce que je vois, compulse les explications, retient la petite histoire; lui, généralement sait tout ça – ou disons presque tout. Bonne fille, je le suis et j’essaye de me repérer sur le guide. Là, j’avais choisi de suivre les « Ballades de Corto Maltese » qui emmènent dans un Venise moins connu. J’ai essayé de prendre en route la ballade correspondant à l’endroit où nous mène Mr Nikon mais son zoom prend bien entendu la ballade à contresens. Comme j’ai pas mal de difficultés d’orientation, quand je dois traduire « tournez à droite » par « tournez à gauche » parce qu’on va à l’envers, rien ne va plus.

    Mais Venise reste belle malgré la fatigue et la (légère) frustation. 

    Comme on a choisi un hôtel pas cher, j’avais dit qu’on remplacerait par un thé ou un apéro dans le bar d’un grand hôtel ou mieux au Harry’s bar. On a fait une à une les recettes du livre de Harry Cipriani et je voulais goûter de mes propres papilles si on était vraiment loin du compte.

    Quand on dit à un homme: « Ca te dirait d’aller boire un verre au Danieli ? », vous les femmes, vous traduisez « Ca me plairait d’aller boire un verre au Danieli ! », non ? Et bien, un homme comme le mien, non, il comprend « Ca te dirait d »aller boire un verre au Danieli ? » et il répond « Non, pas vraiment. » Dans un premier temps, on se dit: « Ok, pas maintenant, y’a justement le soleil qui se pointe, c’est le moment idéal pour les photos, ça donne une autre luminosité, etc… ». Deuxième essai: « Ca te dirait d’aller boire un verre au Danieli ? » – « Non, pas vraiment. » Troisième essai:…./…..

    Bon, là, faut que je pleure. Facile, je suis crevée, j’ai mal aux pieds, mal à la hanche, j’ai froid, très froid. Je dois même pas jouer la comédie, ça coule tout seul. L’homme n’aime pas ça du tout, les larmes. Il marche silencieux, je le suis. « Où on va ? ». « Ben, au Harry’s bar puisque c’est CA que tu veux » soupire-t-il. Ah, c’est malin. Je vais arriver là avec des yeux de grenouille, ça va pas le faire.

    Il a été séduit – comme toujours – et on a même réservé une table pour le soir. C’est pas donné mais c’est notre anniversaire de mariage aujourd’hui, que diable ! Seul hic, il faut patienter encore deux bonnes heures et pas question de retourner à l’hôtel, trop loin, on aurait juste le temps d’entrer et de sortir, même pas le temps de s’habiller, se maquiller et se recoiffer. Bon, qu’à cela ne tienne, je ferai avec les moyens du bord. Mais il va encore falloir marcher deux heures ??

    Et le soir, j’ai eu le point d’orgue de mon cadeau d’anniversaire, petite crème catalane sur le gâteau, devinez qui dînait à la table voisine avec deux autres Espagnols et un Italien ? Un des trois ténors, José Carreras, él mismo. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite mais son visage m’intriguait. Quand j’ai compris, je n’ai plus pu quitter ni son visage ni leurs conversations. Je sais, c’est très impoli mais je fais ça discrètement. Parce que je suis une pipolette invétérée. Je me fiche comme de l’an quarante de ce que raconte la presse pipole mais en voir un en vrai de près, ça m’a toujours transportée un peu plus près des étoiles.

    Alors, oui, vraiment, ce cadeau d’anniversaire valait tous les bijoux de la planète.