Catégorie : Gastronomie

  • En mai, tout ce qui m’a plu

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    Le mois de mai s'est ouvert sur le sabbat annuel des sorcières, à Anvers, cette fois. Trois jours de retrouvailles avec ces trois canailles, si chères à mon coeur. La cinquième était présente malgré elle; le premier soir, K. avait réservé une table pour cinq, sans s'en rendre compte, par une inadvertance lourde de sens. Si l'hôtesse du restaurant n'a pas fait grand cas de cette erreur de couverts, elle, et nous par ricochet, a mis quelques instants à s'en remettre. H. était donc là, parmi nous, encore et toujours. 

    On a passé 4 jours avec petit Jules pendant que ses parents fêtaient les 30 ans de Simon sur la côte d'Opale et s'offraient par la même occasion 3 nuits complètes. Nos nuits l'étaient moins, nos jours ont été plutôt chahutés, petit Jules ne nous a pas laissés beaucoup de répit. Mais quand il ne fait pas la grosse moue et qu'il ne pleure pas, il a l'art de décocher un sourire dévastateur, lumineux et enchanteur.  Rien que pour ce sourire, j'attends avec impatience le prochain besoin de nuits récupératrices de ses parents. Pour autant que je ne sois pas moi-même en gros manque de sommeil. 

    L'amitié, toujours au rendez-vous, en ce mois de mai, et les 50 ans de S. nous ont réunis, comme il y a dix ans – déjà -.  On prend (presque) les mêmes et on recommence. On passe une première nuit à Rome, on retourne dans des restaurants qui nous sont mythiques tant chaque bouchée trouve immédiatement le point G de nos papilles. On se balade, le coeur en fête, dans cette ville tout aussi mythique, on retrouve la fontaine de Trevi, restaurée, en fonction cette fois et c'est juste un moment de pur bonheur. Puis on prend la route et on retrouve cette divine maison de J et B en Ombrie, où la douceur de vivre et le farniente total ont été vécus comme le luxe suprême. 

    Ce joli weekend s'est terminé par un des plus beaux concerts de ces dernières années: la dernière tournée de Joan Baez. Subjuguée du début à la fin par cette infatigable militante, par ses paroles, sa présence, sa beauté à 77 ans. 

     Un dîner en pleine semaine avec des amis devenus insaisissables, tant ils voyagent par monts et par vaux. Nous avons mis des semaines à trouver une date commune pour nous retrouver et nous avons fini par nous rabattre sur un soir de semaine si on voulait se voir avant Noël. Mais ce fut un dîner agréable, où on a presque retrouvé l'insouciance et la joie de vivre de nos vingt ans. Ils ont mis leur mal-être et leurs récriminations au vestiaire et cela nous a fait un bien fou.

     Et ce joli mois de mai s'est terminé dans une bulle de poésie. Petite Anne m'a emmenée à la Fondation Folon que je n'avais jamais visitée malgré une envie jamais assouvie. Il faisait délicieux, le château de La Hulpe est un endroit paisible et serein et l'exposition Folon était surprenante. 

    Il y a longtemps que je n'avais plus appliqué les adages aussi à la lettre: En mai, j'ai fait ce qui me plaisait.

  • Entre hiver et printemps

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    Lundi: Je continue à tout faire pour ne pas rater l'entraînement tous les lundis midi. Ce n'est pas encore vraiment de l'addiction mais presque. Et pourtant, on peut dire que ça me coûte. Non seulement, je pense bien que je n'y suis jamais allée sans que ce soit un jour de pluie ou pire, de neige. Et David le coach ne lésine pas sur le côté cardio, mon point faible. Mais je persévère. Et, c'est bête, je pense bien que cela fait partie de sa formation de coach, mais quand il me félicite, c'est comme si j'avais 8 ans et que l'institutrice me tapote la tête en me disant "C'est bien !".

    Mardi: Baby sitting express chez petit Jules, le temps de permettre à sa maman de faire un aller retour chez le médecin pour une visite de contrôle. Enfin seuls, lui et moi. Et c'est un moment où on se rencontre enfin, tout en douceur et caresses. Il a cette peau douce et fragile à la fois, que seuls les tout petits ont encore. Il s'exprime par petits essais de areuh ou alors par des pleurs aussi subits que puissants. Quelques chansons et caresses le calment un instant et ses yeux semblent vous regarder pour vous dire toutes les choses qu'il ne peut pas exprimer. Et dans ces moments-là, j'éprouve pour lui toute la tendresse du monde. 

    Mercredi: Ce mercredi, je le réserve à ma maman. Quand j'arrive, elle est en pleine tractation avec le jeune voisin qui lui rachète la voiture de papa. Elle est contente de voir cette voiture partir dans des mains connues et surtout appréciées de Papa. Enfin, le monsieur, pas les mains. 

    Jeudi: Visite de contrôle chez le médecin. Tout va bien. Sauf qu'il entend toujours un léger sifflement dans mes poumons. La fin de bronchite diagnostiquée par la pneumologue n'était pas une bronchite selon lui. Mais quoi alors ? Il ne sait pas, on contrôlera la prochaine fois. Du coup, j'oublie de parler de mes pieds. Ah mes pieds…. A gauche, j'ai l'impression de marcher sur des lames de rasoir, à droite, l'oignon, ce cornichon, me fait crier "aïe" à chaque pas. Je ne supporte plus que les boîtes à chaussures. Je ne peux quand même pas marcher pieds nus en ville. Je sens qu'il va falloir qu'on déménage en bord de plage.

    Vendredi: Spectacle de danse le soir. Aline et Quintijn ont monté un spectacle entre danse, cirque et féérie. J'étais très fatiguée et mes pieds me faisaient terriblement souffrir. Mais j'ai profité de ce moment de magie, malgré, quelquefois, les paupières très lourdes.

    Samedi:  Il neige. On croyait l'hiver terminé mais non, il a repris du service. Et il fait froid. On fait quelques courses, mais au pas de course, on se les gèle trop. On fait un saut chez Mamy qui n'a plus de connexion internet. En arrivant dans sa rue, je ne vois plus la voiture de Papy. Se peut-il que le jeune voisin l'ait déjà emmené en France, comme il en avait l'intention? Je ne peux pas arrêter les larmes qui coulent soudain. Ce n'est qu'une voiture, me dit l'Homme. Oui, bien sûr. Je ne pleure pas la voiture, je pleure un nouveau coup de gomme sur tout ce qui faisait le quotidien lié à mon papa.

    Dimanche: Matin maussade, estomac barbouillé de la veille, dîner gastronomique annuel après avoir cassé la tirelire du badminton. Mais puisqu'on a préparé un osso buco pour les lovebirds, Q et K, qui viennent manger ce midi, il faut bien se forcer un peu. Après-midi Sappho, bougonne parce qu'encombrée, mais toujours aussi craquante malgré tout. N'empêche, elle commence à bien savoir ce qu'elle veut et surtout…. ce qu'elle ne veut pas.

    Et la semaine se termine au coin du feu….

  • Joli mois d’octobre

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    Ce fut un joli mois d'octobre. Commencé véritablement en beauté: Bergamo, Vérone et Venise.

    Bergame est un petit bijou médiéval très joli. Il y a là un restaurant familial absolument incroyable, du genre à nous faire revenir dans cette petite ville tous les ans, rien que pour le plaisir de cette table.

    Vérone est tout aussi charmante, à part le pseudo balcon de la Juliette, complètement surfait, où des touristes aussi moches les unes que les autres, se penchent l'une après l'autre vers leurs Romeos respectifs armés d'un Nikon ou simplement d'un téléphone photographique braqué sur leur dulcinée. On a fui à toutes jambes. 

    Et Venise, faut-il encore que j'en parle ? Nous avons voulu faire découvrir à J. et S. notre petite île sauvage, malheureusement de plus en plus fréquentée, et surtout notre restaurant de prédilection qui nous revoit aussi chaque année pour le plaisir. Ce fut un moment divin. 

    Et bien sûr, ce long weekend annuel en leur compagnie est à lui seul un plaisir qu'on veut également renouveler chaque année.

    Après deux mois assez pénibles à supporter un doigt à ressaut (le majeur, on se demande bien pourquoi !), j'ai enfin décidé d'accepter l'infiltration. Comme toujours, je m'en faisais une montagne et finalement ce n'est pas plus douloureux que ça. Mais bon, sous anti-coagulants, je ne sais jamais à quoi m'attendre. Et le médecin n'a pas été particulièrement en mode informatif. Je dirais même qu'il était plutôt sur le mode défensif américain, comme si ma seule demande des éventuels risques encourus liés à cette situation particulière visait à lui coller un procès sur le dos en cas de complications. 

    Le weekend dernier, on a fêté l'anniversaire de Maïté. Le samedi, mère et fille, bras dessus bras dessous, marché aux puces, shopping, sandwich, pause café ou thé à la menthe, papote tout au long de la journée. Le bonheur annuel renouvelé. Le dimanche, en cuisine toute la journée pour la fêter le soir avec les 8 avec un résultat gustatif plutôt mitigé toutefois.

     Et ce weekend, aller-retour en Champagne, se ré-approvisionner avant Noël et autres fêtes, chez le frère de Renaud, le collègue qui nous a quittés le mois dernier, repasser par le cimetière sans trouver sa tombe mais revenir contente malgré tout d'être descendue jusque là pour ramener quelques bouteilles à boire à sa mémoire. 

    Un mois plutôt épicurien donc.

  • La mort, l’amour, la vie

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    La mort, l'amour, la vie…. Les jours se suivent, ne se ressemblent pas mais finalement le cycle de la vie est toujours présent. 

    Jeudi, on apprenait la mort de ce collègue qui s'est pourtant bien battu contre la sale bête. Un collègue aimé par certains, détesté par d'autres, surtout les femmes qu'il apostrophait vulgairement lorsque, les jours de fête, la bière coulait trop à flot. Une espèce d'ours mal léché qui abritait un grand coeur. C'est lui qui nous fournissait le champagne produit par son frère et sa belle-soeur.

    Le lendemain c'est Célestine qui perdait son papa tout doucement, sans faire de bruit.

    Vendredi, on rentrait le bois pour l'hiver. Parce que le cycle des saisons est là et qu'il faut bien que ça se fasse. L'Homme, Quentin, JD ont transféré les bûches de La Glanerie à Bruxelles de 18h à 4h du matin. Avant de reprendre la route pour le dernier trajet, ils ont pris un moment pour regarder la nuit sans nuages et traquer les étoiles filantes.

    Samedi, c'est une collègue de l'Homme qui se mariait avec l'homme de sa vie après plus de dix ans de vie commune et deux jolies petites filles. La mariée était splendide et personne ne pouvait deviner derrière son sourire la douleur matée à coups d'anti-inflammatoires et qu'en guise de voyage de noces, elle rentre mercredi à l'hôpital pour une lourde chirurgie au niveau du dos.

    Dimanche, nous étions invités chez la mamma de Graziella, que nous n'avions plus vu depuis longtemps mais qui ne change pas. A 85 ans, elle nous a préparé un repas de fête tout à l'italienne: la lasagne fatta a casa, les melanzane alla parmigiana, les saltimboccas, les poivrons marinés, le plateau de fromages italiens, les petits fours italiens, le vin italien et la musique italienne. Une immersion dans tout ce qui nous enchante.

    Et ce soir, skype avec Swiss'Sis qui revient de loin après une chute de 4 mètres, après avoir glissé d'un rocher et qui s'en sort avec des hématomes un peu partout, une dose massive d'arnica et des sueurs froides rétrospectives dans le dos. Mais comme elle le dit, quand c'est pas l'heure, c'est pas l'heure.

     

  • Premiers jours d’automne

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    Lundi: Reprise des cours de portugais. Je pensais qu'après trois mois d'interruption, j'aurais déjà tout oublié et je me suis surprise à retrouver très vite les mots, les conjugaisons, la grammaire, à comprendre tout ce que Maria disait et à y trouver beaucoup de plaisir. Pourtant quand elle a annoncé que le cours risquait d'être déplacé au mercredi – ce qui ne me convient pas du tout, je ne vais tout de même pas renoncer au badminton -, j'ai immédiatement pensé que je remplacerais le portugais par le japonais pour cette année. Incorrigible, je sais, mais je ne vais tout de même pas perdre une année sans langue :-).

    Mardi: Je me suis décidée à aller chez le médecin et me laisser faire cette infiltration. Il a anesthésié légèrement l'endroit de la piqûre et je n'ai quasi rien senti de l'injection. Il m'a même demandé si je sentais déjà la différence. Et de fait, miracle, je ne sentais quasi plus de douleur. Mais une demi-heure plus tard, l'anesthésie s'est évaporée et j'ai vraiment peu apprécié la diffusion du produit dans mon bras. Et cerise sur le gâteau, le médecin considère qu'il y a plus que probablement une indication pour une intervention chirurgicale. Cela me réjouit infiniment, cette perspective d'immobilisation de quelques semaines voire mois. Seul un arthroscanner permettra un diagnostic sûr. Bon, faut maintenant que je me décide à prendre ce rendez-vous là.

    Jeudi: Envol pour notre escapade annuelle avec J. et S.. Rien ne pouvait me faire autant de bien. Tout oublier, un ciel sans souci, une compagnie sans nuages. Atterrissage à Rome, deux heures de route et un agritourisme en pleine campagne. Fatiguée mais déjà relax.

    Vendredi: Un chaton joue les intrus dans notre chambre et résiste aux récriminations de l'Homme qui lui interdit de se vautrer dans la valise ouverte. La journée commence souriante. Débat animé au petit déjeuner, controverse autour d'Uber. J'adore quand Stefano trouve toujours avec calme et pondération les arguments qui contrent un peu l'Homme toujours au combat. Le hasard de la route nous fait passer à une centaine de km de Sienne. Ils se sont mariés là il y a bientôt dix ans et je ne vois pas pourquoi on ne leur offrirait pas le plaisir d'y passer, dix ans plus tard. Petit moment doux dans la ville coquillage. Mini stop au cimetière où repose le grand-père de Stefano, à défaut d'avoir trouvé le cimetière de la grand-mère. Mais on compte sur le nonno pour passer le message. Un peu de shopping, où j'ai fini par acheter ce petit manteau en pilou gris que j'avais essayé à Turin avec mes sorcières, ré-essayé avec l'Homme et les enfants et toujours pas craqué. Plaisir d'avoir craqué malgré les moues de l'Homme en été.

    Le soir, magnifique coucher de soleil rose, qui annonce la pluie. Repas divin mais dans une ambiance feutrée, sombre et silencieuse, totalement incongrue pour l'Italie. Mais il est vrai que rares sont les Italiens dans ce magnifique domaine pour touristes posés. 

    Samedi: Visite du vignoble de Sassicaia, prétexte initial de cette escapade. Dégustation de ce vin d'exception et de ses petits frères, histoire de bien tenir la comparaison. Moment rare. Journée de pluie qui se termine sur la plage pour un coucher de soleil qui enflamme d'or tout ce qu'il touche, se jette dans la mer, face aux courbes parfaites d'un arc-en-ciel complet jaillissant de la montagne. Un instant magique.

    Le soir, retour dans cet agritourisme qui a vu nos enfants petits puis grands s'émerveiller de toute la bontà de la cucina italiana à profusion et plaisir de partager cela avec ces amis-là.

    Dimanche: Direction Bologne, soleil délicieux, flâneries encore et toujours, apéro en terrasse et déjeuner dominical à l'Osteria dei poeti pour finir en beauté. Retour à la maison heureux et les batteries rechargées à bloc.

  • Retour à Turin

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    Nous voilà repartis pour une deuxième quinzaine de vacances, cette fois-ci avec Anaïs et Quentin. Ils ont chacun laissé leur moitié, l’une à ses examens de seconde session, l’autre à son boulot et gardien de Spock, le chat de la maison, et père nourricier de Miel en fin de quinzaine lorsque Maïté et Jean-Didier nous rejoindront pour quelques jours et que Miel sera totalement abandonné à son triste sort.

    Une première nuit dans un charmant petit hôtel à Besançon avant de passer les Alpes comme nous l’avons fait tant de fois il y a quinze ans. On connait chaque coin de la montée et de la descente du Saint-Bernard, on identifie ce qui a disparu, ce qui a changé, ce qui est nouveau. On arrive à Turin avec toujours le même sentiment de « tornare a casa ». 

    Le bed and breakfast que Kristien nous a trouvé est parfait. Deux grandes chambres dans un vieil appartement turinois, en plein centre ville, que la propriétaire nous a laissées jusqu’au lendemain soir, histoire de nous rafraîchir avant de reprendre la route.

    Nous avons retrouvé Kristien et Kristof chez « les garçons » qui semblaient vraiment très heureux de la surprise. La joie de les revoir était réciproque et il ne manquait que Maïté pour que le bonheur soit total. Le plaisir dans l’assiette et dans les verres n’a eu d’égal que la déception d’apprendre qu’ils fermaient leur restaurant fin septembre. Nous avons alors décidé de prolonger notre séjour du lendemain jusqu’à la fin de la journée et de ne reprendre la route pour la Suisse qu’après être venus savourer un nouveau repas, plus léger. 

    Nous avons passé la journée du lendemain à flâner dans Turin, retrouver tous les endroits que l’on aimait, revoir la maison de loin, la via Roma, la piazza San Carlo, la via Po, le Lingotto et Eataly que je voulais montrer à Anaïs, une pizza à la Fila, une glace chez Fiorio…. avant de retrouver une dernière fois les garçons. Cette soirée était très émouvante dans la mesure où ils avaient annoncé l’après-midi même la fermeture à leur personnel qui, imperturbable, jouait « the show must go on » à m’en fendre le coeur. On les a quittés à regret en promettant de tout faire pour venir à leur table encore une fois avant leur fermeture. 

    Et on repris la route le coeur gros vers la Suisse.

     

  • M. et Mme Rêve

    Ce fut un weekend bien occupé. 

    Le vendredi soir, on a cassé le cochon-tirelire pour notre étoilé annuel. L'élu de cette année a été le Sea Grill d'Yves Mattagne. Serions-nous devenus blasés? Malgré les multiples découvertes dans l'assiette – une meringue de betterave rouge, un cube de granité au café, une mousse de yuzu, un pétale de radis – , ce ne fut pas l'éblouissement de nos premières fois chez Bon bon. Bien sûr c'est un bon restaurant, mais très en dessous de nos attentes. 

    Tout était bon, sans plus, mais l'addition était franchement salée par rapport à ce que nous avons mangé. Et l'originalité n'était pas au rendez-vous. En prime un service obséquieux, dépourvu de classe, robotisé, et surtout totalement non chaleureux. Une étoile de trop, certainement….

    Samedi matin, petite démonstration culinaire à l'institut culturel coréen. Sans trop d'intérêt si ce n'est que, malgré son air très critique, l'attention soutenue de l'Homme m'a confortée dans l'idée qu'il aimerait vraiment suivre un vrai cours de cuisine alors qu'il prétend fermement le contraire.

    Samedi soir, pièce de théâtre en italien à l'institut culturel italien (décidément !). Spectacle bon enfant et bon exercice de compréhension à l'audition.

    Et cerise sur le gâteau, le dimanche après-midi: un spectacle époustouflant des danseurs Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, M. et Mme Rêve.

    Partis d'une phrase de Ionesco "Tout ce que nous rêvons est réalisable.», ces deux chorégraphes extraordinaires ont monté un spectacle avec les ingénieurs de Dassault Systèmes qui unit le monde de la danse et de la 3D, de l’expression corporelle et de la programmation logicielle.

    C'était tout simplement magique. Emouvant. Poétique. A couper le souffle.

  • C’est reparti

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    Jeudi: Premier jour de l'an. Plus on vieillit, plus ça devient difficile d'émerger après le réveillon du Nouvel An. On s'est amusés comme des petits fous, couchés à quatre heures du mat' et le lever ce matin est plutôt pénible. Le dos cassé, les yeux gonflés de fatigue, il faut bien mettre un pied puis l'autre au sol et se diriger au radar vers la salle de bains. Secouer le fils et l'Homme pour qu'ils se lèvent. Tradition oblige, c'et la tournée des grands-parents. Tradition numéro 2, chez Papy et Mamy B., c'est choucroute au menu. Rien de tel pour se remettre en selle. La veille déjà, on avait sacrifié à la tradition roumaine de Claudia et Livio qui mangent du chou farci à la nouvelle année. De quoi se préparer une chou-ette année. Puis poursuivre la tradtion chez Mamy L. avec des petits choux à la crème le coeur de l'an crème fraîche, au secours. Retour à la maison, soirée tranquille au coin du feu.

    Vendredi: Premier essai de gnocchi maison. L'Homme passe dans mon dos et me demande ce que je fais. Et, curieusement, il ne s'en mêle pas. Au contraire, il me dit "Si tu réussis ça, chapeau !". Mais il ne prend pas les commandes. Que se passe-t'il ? Je ne le reconnais plus. Lui qui veut tout régenter, il me laisserait réaliser quelque chose en cuisine sans y mettre son grain de sel ? Et bien oui. Peut-être cette attitude fait-elle partie de ses résolutions du 1er janvier ? J'en doute fort, pour la bonne et simple raison que l'Homme ne prend jamais de bonnes résolutions, il fait déjà tout bien (!). Et ma foi, ces gnocchi aux fines herbes n'étaient pas mauvais du tout, peut-être un peu trop mous, mais tout à fait honorables pour un premier essai.

    Samedi: Habiter en ville présente de nombreux avantages et même si je manque de vert, je ne regrette pas notre choix. Du moins tant qu'on travaillera. Mais parfois, on s'en mord les doigts. Les nuits où les fêtards deviennent odieux, s'invectivent, s'injurient, cassent les tables et les chaises, ces nuits là, je deviens une moi enfouie qui remonte à la surface, la "moi" qu'on prive de sommeil, hargneuse, harpie, prête à cogner. Je me lève de fort méchante humeur. Mais par chance, c'était aujourd'hui le premier jour des soldes. Et malgré la pluie incessante de cette vilaine journée, l'Homme m'a proposé de m'emmener dans ma boutique préférée. Enfin disons la boutique où la dame s'occupe de moi comme une Barbie. Elle me fait essayer la moitié du magasin, elle sait ce que j'aime et ce qui m'ira, elle me force à passer des trucs que je n'aime pas du tout sur cintre et qui sur moi, tombent parfaitement. Cette petite futée qui a bien dix-quinze ans de plus que moi, toute en élégance, a le chic pour me dénicher la pièce la plus chère de sa boutique, l'air de rien. Et hop, emballé c'est pesé. Me voilà avec un beau manteau gris à capuchon dans lequel j'ai l'air d'une petite fille (sic). A 6 jours de mes 55 balais, c'est toujours bon à prendre, même si un peu incongru.

    Dimanche: Et voilà, plus qu'une fois dormir et on retourne à l'école travailler. Pas dans la joie et l'allégresse mais c'est la vie. Pour la première fois depuis très très longtemps, j'ai pris congé les deux jours qui précédaient Noël, ce qui, compte tenu de la fermeture du bureau entre Noël et Nouvel An, m'a valu deux semaines complètes de vacances. Un vrai régal. D'accord, on a été bien occupés avec les préparatifs de Noël, Noël, la soirée du Nouvel An, le jour de l'An mais à part ça, hormis le chantier ponçage qui s'éternise, à part le blocus de Quentin, du temps rien que pour moi, du rangement la journée, des petits plats nouveaux, blog et bouquins le soir au coin du feu. Franchement, c'était bien. Au point d'en faire une bonne résolution pour 2015. Un peu plus de temps non programmé.

    Lundi: Et c'est reparti ! Bonne année les collègues, gros bisous, un petit café à la machine et hop c'est reparti. Même pas mis de l'ordre sur mon bureau-usine à papier. Une de mes meilleures collaboratrices nous quitte à la fin du mois et je dois trouver activement comment la remplacer. Déjà que je n'ai pas encore synthétisé l'annonce de son départ avant Noël. Ca me plombe tout de suite le moral. Et ce matin, j'ai embrassé trois enrhumées. Du coup, ce soir, je me sens déjà fiévreuse. Enfin, j'ai quand même courageusement repris le chemin du cours de portugais. Mais mes bonnes résolutions de coucher tôt tombent à l'eau dès le premier jour. 

    Mardi: Déjeuner avec un morceau de galette des rois à nous trois. Pas de fève. Tea time au bureau: on partage trois galettes des rois à 25. Et qui se coiffe d'une couronne ? C'est mwâââââ….. Et re-belote ce soir pour terminer la galette de ce matin. Et c'est Quentin le roi. Mais après tout ça, je me sens comme une princesse avec un gros poids.

    Mercredi: Je n'ai pas pensé que la semaine de rentrée se terminerait comme ça. Impossible de travailler après avoir entendu l'ignominie de ce mercredi matin. L'attentat contre Charlie Hebdo nous a laissé sans voix. J'ai lu et entendu le meilleur et malheureusement le pire. Et je ne sais pas ce qui m'atterre le plus.

     

  • Le grand concert de Noël

     

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    Depuis 30 ans, c'est pareil. Noël se passe chez nous, tout le monde se retrouve chez nous autour du sapin, des cadeaux et de la table. Mais avant cela, nous sommes quelques musiciens à nous retrouver en cuisine pour préparer le grand concert de Noël.

    Il y a l'Homme, le chef d'orchestre qui monopolise également le piano à lui tout seul, ou presque. Il y a Swiss Sis, premier violon, qui donne le la, accorde les violons de l'orchestre et fait en sorte que tout le monde ait sa partition sous les yeux et à la bonne page. Et il y a nous, les musiciens qui donnent le meilleur d'eux-mêmes.

    Toute la batterie de cuisine est mise à contribution, de la mandoline aux cuivres. Le rythme va crescendo; on commence a cappella, le premier soir, on feuillette les nouvelles et les anciennes partitions, on choisit les morceaux, on annote les pages, et note après note, on compose le menuet du jour. Le deuxième jour, on discute beaucoup plus qu'on ne joue mais malgré tout, on y va adagio. Le troisième mouvement, plus question de lambiner, on y va allegro et à la fin, c'est toujours la course.

    Nous sommes un quintet d'enfer, nous, les Swiss et Anaïs qui nous rejoint à la fin du deuxième acte. Et nous faisons appel à une artiste indépendante qui nous livre chaque année, au grand bonheur du chef, ses cannelés de Sis'Cile de Bordeaux.

    Parfois nous prend la crainte de faire un four mais trente ans de scène, ça laisse un peu d'assurance malgré le trac.

     Et quand enfin, on sort les flûtes, on sait que le rideau va se lever et que nous pourrons lancer la musique.

     J'aime ce concert prénatal qui nous donne du temps ensemble. J'ai besoin de cette musique familiale (fa mi à do ré) avant la veillée de Noël pour étouffer l'angoisse sourde qui se réveille chaque année un peu plus fort depuis le départ de Papy L. Cette année encore, nous sommes tous là mais l'année prochaine ? Bien sûr, les parents ont un âge qui les rapproche d'une désertion à Noël mais les six quinqua autour de la table ne sont pas à l'abri non plus. J'aimerais ne pas y penser mais c'est plus fort que moi. Et ça me gâche le plaisir ! Alors je monte le son du concert…..

     

     

     

  • En attendant le printemps

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    Lundi: Retour au bureau après un weekend mouvementé qui suivait une sérieuse altercation avec mon chef. Pour la première fois de ma vie, vendredi, j'ai crié sur ce chef. Je n'imaginais même pas que c'était possible. Mais ses accès de colère répétés, initiés à partir d'un petit rien, un petit grain de sable dans l'engrenage de sa paranoïa – et moi qui me trouve toujours quelque part sur un des crans de cet engrenage – ont brisé en éclats de voix mon self contrôle légendaire. Bien sûr, je ne m'en suis pas remise de toute la journée, de tout le weekend. Je n'ai pas dormi ou très peu, j'ai même réveillé l'Homme en pleine nuit après un cauchemar dont je ne me souviens plus. J'ai rédigé des lettres mentales pour demander ma démission, puis ma mutation. J'ai envisagé la semaine off pour ne plus retourner au bureau le lundi. Et puis voilà, on ne se refait pas. Lundi matin, j'étais là, fidèle au poste, prête à redémarrer une nouvelle semaine. Et lui, et bien, comme si de rien n'était, comme si rien ne s'était passé. Ce n'est pas "on efface tout et on recommence", non, c'est "rien à effacer, page blanche, on continue….".

     Mardi: "And by the way, I apologise for Friday". Voilà, fin de journée, mardi, les excuses sont arrivées. Comme si de rien n'était. Je ne le changerai pas. Il est trop âgé pour cela. Je n'ai même pas pu en placer une pour lui faire prendre conscience du ridicule de sa réaction mais surtout de l'impact que cela peut avoir sur moi et dont il n'a pas la moindre idée; il était tellement occupé à noyer ses excuses sous un flot de paroles marmonnées que j'ai abandonné l'idée même.

    Le soir, Le Jeu des Cigognes, une pièce de théâtre extraordinaire, plutôt mal reçue par la critique et tièdement accueillie par le public, mais que nous, unaniment, nous avons adoré. Le jeu de l'actrice qui jouait une personne atteinte de dysphasie sémantique-pragmatique était époustouflant. Une des meilleures pièces de la saison.

    Mercredi: Ils m'ont fait un cadeau tout simplement extraordinaire. La carte qui accompagnait le cadeau disait: "Bytes volant, scripta manent". Voilà quelques années que je vis dans la crainte que le site qui héberge mon bien-aimé blog se plante, mette la clé sous le paillasson ou disparaisse soudainement de la toile. L'impression de mes pages et photos fait partie de ma to-do-list mais l'ampleur de la tâche, croissante au fur et à mesure des années, imprime un mouvement de coucou suisse à cette tâche qui revient périodiquement en haut de la liste. Mais ils l'ont fait ! Ils m'ont offert pour mon anniversaire un premier recueil des années 2006-2007 de Myosottises. C'est tout simplement magique. Relire ces articles qui ont déjà sept ans comme on lit une histoire et se dire que cette histoire c'est la vôtre a quelque chose de particulièrement émouvant. Ils n'imaginent même pas à quel point leur cadeau m'a touchée en plein coeur.

    Jeudi: Nos amis ont eu un jour des bébés. Et voilà que ces bébés font des bébés eux aussi. Avons-nous déjà passé la main ? Où est passé le temps béni où, pleins d'énergie, nous tenions trois petites mains à la fois ? La naissance du petit Gabriel m'a laissé des sentiments mélangés, empreints à la fois de joie et de nostalgie.

    Vendredi: Le matin, je rappelle à mon chef la vanité des titres que l'on nous donne dans l'administration et dont certains se rengorgent: "What's in a name ?". Qu'avons-nous à faire d'un titre, d'un nom ? Le midi, je déjeune avec H., trois mois après le début de sa chimiothérapie et cela m'a fait du bien de la retrouver même si ce n'était que pour le temps d'un déjeuner. On discute de tout et un moment, la discussion dévie sur l'importance ou non des patronymes, les enfants qui portent le nom du papa ou de la maman, et elle me (ré)cite: "What's in a name? that which we call a rose, By any other name would smell as sweet;" Je me rends compte que je connais ce vers mais mes classiques m'échappent. Le soir, nous assistons à une représentation de Romeo et Juliette où les Capulet sont francophones et les Montaigu néerlandophones. Et là, "Wat stelt een naam voor? Een roos zou met een andere naam net zo zoet geuren." Et voilà, la boucle était bouclée, les classiques ont retrouvé leur place dans leur tiroir de mon cerveau. Et j'ai souri de tant de coïncidences.

    Samedi: Une journée comme je les aime: petit marché le matin, deux menus nouveaux testés sur la journée et plutôt réussis, une expo visitée à deux – c'est si rare – quelques belles oeuvres d'art, de celles qui vous vont droit au coeur; et une soirée poker avec les enfants. Pur bonheur.

    Dimanche: Repas de dimanche, sept services, à table de midi à vingt heures. Chez et avec uniquement des collègues de l'Homme et leurs femmes. Epuisée. Mais contente de voir l'Homme dans un autre contexte. Très rare. 

    Les jours se suivent et ne se ressemblent pas du tout. Et pendant ce temps-là, imperceptiblement, les jours rallongent, l'hiver s'éloigne et le printemps se prépare….