Catégorie : Friends

  • Drôles de dames à Amsterdam

    P1060563

    Pour notre onzième sabbat annuel, mes sorcières bien-aimées nous sommes retrouvées à Amsterdam ! Il ne pouvait pas faire ni plus froid ni plus mouillé. Il a plu tout le samedi sans discontinuer; on a été OBLIGEES de se réfugier dans les magasins. L'une d'entre nous s'est même dévouée pour essayer la moitié d'un magasin de fringues pour faire passer le temps. A force de la voir se changer trente-six fois, on a fini par essayer l'une ou l'autre petite pièce pour ne pas la laisser seule. 

    Tous ces canaux ont bien contribué à l'impression d'humidité totale. Et le ciel était vraiment bas. Si bas qu'un canal etc….

    Le premier soir, on s'est offert une table de riz dans un restaurant indonésien. Un pur délice. Le deuxième soir, nous avons célébré nos retrouvailles dans un restaurant italien, histoire de nous rappeler que c'est l'Italie qui a vu naître notre amitié indéfectible au-delà des frontières (nous vivons dans trois pays différents) et au-delà des années qui nous séparent (il y a quand même 18 ans entre l'aînée et la cadette).

    Et le balai d'argent revient cette année à l'hôte de notre B&B, Christian l'Autrichien, absolument charmant, attentionné, l'homme parfait, qui tient son bed and breakfast de 6 chambres plus propre que ne le ferait Mr Propre et qui prépare les oeufs à la coque comme personne. 

    Pas de musée Van Gogh, pas de maison d'Anne Frank, pas de tour en bateau-mouche, rien que du shopping dans les Negen Straatjes. Mais du bonheur de filles à chaque instant !

    On va où l'année prochaine ? Au soleil !

     Large

  • Plein de petits plaisirs

    10781731-femme-avec-des-notes-de-musique-dans-ses-cheveux-illustration-vectorielle

    Un mois d'absence presque. Mais où reste-t-elle ? Je me fais rare parce que je suis débordée. Débordée de petits plaisirs. 

    Après le weekend suisse, on a enchaîné les concerts, les pièces de théâtre et les moments précieux. 

    Au théâtre un de ces soirs :

    Antigone d'Anouilh, mise en scène très moderne, pas mal du tout. Seul bémol, c'est le genre de pièces où forcément une bonne partie du public est adolescent, généralement obligé d'être là et peu concerné. C'est normal et de leur âge, ce n'est que bien plus tard que l'on y prend intérêt, voire goût. Mais du coup, ça dérange pas mal le public qui a mûri et qui écoute cette pièce très sérieusement. 

    Sur la grande toile:

    Le premier film de Polanski, à la cinémathèque avec Maïté, "Le couteau dans l'eau" en V.O. et donc encore en polonais. Très spécial mais j'ai aimé. Même si ce que j'ai préféré c'est le passage où la seule femme du film chante.

     Sur scène:

    Six concerts:

    Cécilia Bartoli qui, elle, chante comme personne. Elle est juste inimitable. Elle est chaleureuse, généreuse, théâtrale, drôle et une soirée avec elle tient presque de la soirée entre amis. Cette fois, c'est Mamy B. qui nous avait invités et qui avait également invité Mamy L. Elles ont passé la soirée ensemble, Mamy L. était ravie et j'ai entendu pour la première fois ma maman tutoyer ma belle-maman.

    Dans la catégorie rock'n roll années 70, un concert de Status Quo à Paris avec l'Homme. Que des vieux comme nous mais ça déménageait bien. On est sortis de là, complètement sourds mais heureux. Sans compter que la journée, je l'avais passée avec Véro et que ces journées là sont toujours des petits bulles de bonheur dans ma "routine" (bon, d'accord, je ne devrais pas utiliser ce mot, je sais…)

    Dans la catégorie rock'n roll années 60, notre traditionnelle virée à Anvers pour assister au concert des Golden Years. Chaque année, depuis plus de 20 ans, on rempile pour une nouvelle édition. Au programme cette fois: the Tremeloes, Peter Noone (vous savez "No milk today, my love has gone away"), Dave Berry, The Searchers, Chris Andrews, Chris Montez, Dozy, Beaky, Mick and Tich. Comme ça, ça ne vous dit peut-être rien mais c'est sûr vous connaissez tous au moins un morceau de chaque groupe. Testez sur YouTube ! Forcément, à force d'y aller chaque année depuis 20 ans, le poil se raréfie, le muscle se ramollit, tant sur scène que sur les gradins d'ailleurs mais côté scène, la voix n'a rien perdu et le coeur y est toujours. 

    Cette année encore une fois, retrouver Renaud Patigny, qui avait animé une partie de mes 50 ans. Un peu plus déçus que les autres fois peut-être mais sans doute l'année dernière nous avait par trop émerveillés.

    Et puis la découverte de l'année: Charles Berling chante aussi. Ce spectacle était le deuxième d'un abonnement de six spectacles hétéroclites et la surprise était bien agréable. Non content de nous séduire entre charme et charisme, l'acteur écrit des chansons et les chante. C'est tout simplement très bon. A découvrir si le coeur vous en dit sur Internet. Il vendait son CD 10 € à la sortie et le dédicaçait de quelques fleurs et d'un sourire désarmant.

    En fin dans la catégorie lyrique, La flûte enchantée de Wolfgang avec Mamy et la chauve-souris de Johan avec l'Homme. Deux plaisirs allemands différents mais tout aussi enchanteurs.

    Un débat: 

    La présentation du livre "Debout l'Europe" de Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit sous forme d'entretien avec deux journalistes belges et un journaliste français. Ces deux-là ont beau être controversés, ils ont l'art de soulever l'enthousiasme et de ranimer la flamme en cette Europe en laquelle nous croyons depuis toujours. Et ils donnent envie de se réveiller et de se lever.

    Dans les musées:

    Deux expos aussi, toutes deux à Paris, pendant ma petite escapade de deux jours. L'une avec Véro: "Cheveux chéris" au quai Branly . Le cheveu, élément de frivolité, de coquetteries, matériau humain à modeler, symbole de beauté, du temps qui passe, relique, talisman, objet magique, trophée. Le cheveu à tout crin, sous toutes ses formes.

    L'autre avec l'Homme: une exposition consacrée à la veduta dont Canaletto et Guardi sont les peintres de prédilection. La veduta est un genre artistique du XVIIIème siècle qui rassemble des tableaux, grands ou petits, représentant principalement Venise, commandés par les jeunes fortunés de l'époque qui voyageaient à travers l'Europe et souhaitaient ramener chez eux l'équivalent grand format de nos cartes postales. Venise à toutes les sauces, fantaisistes ou réalistes, notre Venise présente partout partout dans ce magnifique hôtel de maître qu'est le musée Jacquemart-André. Trois heures de pur bonheur.

    Et puis aussi, un anniversaire surprise organisé pour Joséphine, une soirée de Thanksgiving chez Hanka, un dîner chez C et P, un cours de cuisine "Grand Bluff" entre filles. 

    Le tout saupoudré hebdomadairement de badminton et de cours de portugais. Et un super stage de yoga un dimanche matin.

    Alors voilà, je suis toujours là et je vais reprendre la souris bientôt. Parce que j'ai encore plein de choses à raconter, entre la St Nicolas des enfants, le discours de départ de ma chef à préparer, le repassage, le ménage, la cuisine et le boulot, il y aurait de quoi tenir la plume pendant des heures.

    Un merci tout particulier à celles qui se sont gentiment inquiétées de mon silence inhabituel 🙂

  • Le bord du voile

    Voile rose

    J'ai soulevé un coin du voile.

    Le voile qui ne me laissait connaître de Célestine que les yeux. Ces yeux extraordinaires que connaissent tous ceux qui la lisent avec délices. J'ai découvert tout ce qu'il y avait sous les yeux. Un bon mètre de jambes et un bon 60 cm entre les yeux et les jambes. De jolies mains en partie cachées sous des mitaines de chat. Elle enlève méticuleusement les peluches de ses mitaines quand elle parle. Moi, je fais tourner mes bagues autour de mes doigts. 

    J'ai soulevé un coin du voile.

    Le "voile rose" dont elle recouvre tout ce qu'elle voit, tout ce qu'elle vit, tout ce qu'elle dit. Mes yeux de curieuse ont subrepticement jeté un regard sous le voile rose. Et bien, je suis au regret de vous dire que Célestine est tout à fait normale, vraiment tout ce qu'il y a de plus normal. Elle a les mêmes soucis que nous, elle a les mêmes périodes d'abattement, de manque de magnesium, de coups de mou, elle peste et enrage comme nous, elle peut même être désagréable avec les très mal élevés (ceux qui ne saluent pas les femmes de ménage, par exemple). Elle a juste opté pour le port du voile… rose. Celui qui fait qu'après tout, les petites contrariétés, les petits désagréments, les coups de barre, tout cela n'est pas bien grave, ça ira mieux demain. Et même ce soir. Et pourquoi pas tout de suite, en fait ?

    J'ai soulevé un coin du voile.

    Celui qui nous manque dans les relations virtuelles, comme autrefois dans les correspondances épistolaires de notre enfance. On connait beaucoup de l'autre, du moins ce qu'il veut bien nous dire, mais il nous manque la voix. Et la voix donne une toute autre dimension à l'autre. Une musique particulière. Je ne m'attendais à rien ou alors peut-être à une voix légèrement sud-chantante. Mais la voix céleste n'est pas particulièrement méditerranéenne. Elle chante plutôt comme une poussière d'étoiles, c'est une voix qui alterne les pointes légères de rire et les poussées graves de sérieux avec les tremolos de l'émotion. Une aussi jolie voix que les yeux qui la parlent.


     Le ciel aussi a soulevé un coin du voile.

    Cette journée à Paris a été toute entière sous le signe de la pluie dehors, soleil dedans. On n'a pas arrêté de parler, deux heures au café de la gare, deux heures à Bercy village en déjeûnant, puis petite marche digestive sous un parapluie et à nouveau autour d'un thé au café Pouchkine du Printemps. Et on aurait pu encore parler des heures. En fin de journée, le ciel a soulevé un coin du voile. Juste de quoi tailler la culotte à un gendarme, comme disait la grand-mère de Célestine. Et c'était beau.

     
    Nuages

     

     

  • Semaine de passages

    Bonus-Passages-Nuageux_portrait_w858

    Passage de l'été indien à l'automne, passage à l'heure d'hiver, passage d'une famille de cinq à un couple de… deux, passage du virtuel au réel…

    C'est une semaine de passages….

    Samedi: Ma plus ancienne amie d'école marie sa fille. Le mariage a lieu dans cette église où elle-même s'est mariée il y a presque 30 ans, où j'étais là comme témoin de ce mariage malheureusement trop vite échoué. Même ambiance festive, musicale, 30 ans plus tard. Je croise les doigts pour que ces deux-ci aient plus de chance. Parce que, quand même, la chance y est pour beaucoup. On quitte juste après la cérémonie religieuse parce que nous, on déménage notre fille aînée. Elle boucle ses dernières caisses, en chantant sur la musique. Il n'en faut pas plus pour me faire craquer, j'ai toujours tant aimé l'entendre chanter. Je fond en larmes. A son interrogation, je lui avoue que je ne veux pas qu'elle parte. Elle pleure aussi dans mes bras et me dit "Dis-moi de ne pas partir et je ne pars pas !". Ah non, surtout pas, tu dois partir. Je m'en veux de l'avoir encore freinée. On finit par en rire. Et on continue d'empaqueter. 

    Dimanche: On poursuit et termine le déménagement. Cette fois-ci tout est parti, il ne reste que le lit qu'elle n'emmène pas tant qu'ils n'auront pas déménagé dans plus grand. A moins que ce ne soit Anaïs qui l'emmène…. Je ne peux pas rentrer dans cette chambre vide. Peut-être plus tard…. Anaïs, elle, est à Cambridge pour le weekend et n'est pas là pour voir sa soeur partir.

    Lundi: Pas de cours de portugais, c'est la semaine de congé de Toussaint. Pour une fois je rentre tôt. Anaïs rentre super enthousiaste, prête à aller vivre en Angleterre, séduite par le savoir-vivre britannique. 

    Mardi: Premier rendez-vous avec Maïté depuis qu'elle est partie (une éternité ! 🙂 ). Puisqu'on aime ça toutes les deux, on va se retrouver toutes les 3-4 semaines à la cinémathèque. Premier essai: Le Silence de Bergman. Déroutant, particulier mais moi, j'ai beaucoup aimé. Surtout certains plans absolument fantastiques. Elle est revenue manger à la maison et c'était bien.

    Mercredi: Dernier jour d'une petite semaine. Notre ami Guy s'est ramassé à moto et a l'épaule en puzzle. Le chirurgien va pouvoir s'amuser aujourd'hui à recoller les morceaux.

    Jeudi: Pour une fois, faire la grasse mat'. Faire traîner le reste de la matinée. Aller voir Guy à l'hôpital. Passer à la librairie. Se préparer à demain.

    Vendredi: Paris. Célestine. Pluie dehors, soleil dedans. Mais ça, c'est un autre billet.

  • L’immense chance….

    2010-08oisillonfinal

    J'ai pris congé vendredi dernier. L'homme est parti travailler et moi j'avais rendez-vous à 10 heures chez le coiffeur. J'avais deux heures à passer seule à la maison. Je ne suis jamais seule à la maison ou alors très rarement. Je cherchais une paire de ciseaux et j'ai poussé la porte de la chambre de ma fille. Et un seau de larmes m'est tombé sur la tête. Je sais pertinemment bien qu'elle s'en va, que le 1 novembre elle déménage définitivement, mais quand j'ai vu les caisses remplies, la bibliothèque à moitié vide, les petits trésors accumulés pendant l'enfance et l'adolescence triés entre "je prends", "je jette", "je donne", une grosse bouffée de chagrin inconsolable m'a pris le coeur. 

    Pour arrêter tout de suite cet apitoiement insupportable, je me suis donnée une bonne claque mentale. J'ai pensé à ceux qui n'ont pas d'enfants à pousser hors du nid, ou pire encore à ceux qui ont perdu leur enfant d'une manière ou d'une autre. Mes enfants s'en vont certes, mais ils sont heureux, en pleine santé et pleins d'avenir. Et j'ai pensé à l'immense chance que j'ai.

    Nous sommes allés samedi fêter les soixante ans d'une amie. Elle a pris la parole pour remercier tous ses amis d'être là autour d'elle pour passer le cap de la soixantaine et elle nous a rappelé que le jour de la fête de ses 50 ans, il y avait près d'elle une petite fille qui aimait aussi beaucoup parler dans un micro. Que malheureusement aujourd'hui, elle n'était plus là. Et j'ai repensé à l'immense chance que j'ai.

    J'ai passé la soirée à côté d'un vieux monsieur de 92 ans, absolument charmant. Il nous a regardés valser et danser à plusieurs reprises et m'a murmuré à mon retour à côté de lui : "Comme je vous envie, madame ! Dansez tant que vous pouvez". Et j'ai repensé à l'immense chance que j'ai.

  • Non fuggite lieti istanti della mia felicità….*

    Papillon-38

    * Ne fuyez pas, doux instants de bonheur… (Le barbier de Séville de Rossini).

    Toute une semaine de moments de bonheur les uns après les autres. Des moments de plaisir des sens, des moments de chaleur humaine, des moments de douceur de vivre…. Comment ne pas se réjouir à chaque instant d'être en vie, en bonne santé, tout comme ceux qui nous entourent, comment ne pas profiter pleinement de tout ce qui nous est offert ?

    Samedi: Je vais m'acheter une paire de chaussures (enfin deux), toujours les mêmes mais dans d'autres couleurs, dans ce magasin qui vend tout au long de l'année les mêmes chaussures tellement confortables qu'une fois essayées, elles sont adoptées et qu'il devient difficile d'acheter autre chose. J'en suis à ma sixième paire. Toutefois, la dernière paire s'est mise à bailler à la semelle après peu de temps. La propriétaire de la boutique, d'habitude plutôt peu aimable, s'est montrée charmante et m'a offert de remplacer la paire fatiguée et défectueuse par une paire identique toute neuve. Elle a fait ma journée….

    Dimanche: Parmi les livres de la tournée de 12 livres que l'on se partage à 12 en un an, j'ai reçu pour le mois de mai la biographie de Marie Laurencin. Et j'attends chaque jour avec impatience le moment du coucher où je vais retrouver pour quelques instants la butte Montmartre, le Bateau-Lavoir et le Lapin Agile avec Marie, Guillaume, Pablo, Fernande, le Douanier, Gertrude et Alice, tous ces jeunes fous qui vivaient de rien, de couleurs et de fêtes et qui me fascinent aujourd'hui. Parmi les multiples époques où j'aurais aimé vivre, je pense que ce Paris-là m'aurait infiniment séduite.

    Lundi: L'arbre qui se trouve devant l'entrée du bureau où je travaille est sublime. Il est entré dans le printemps tout en bourgeons roses qui se sont ensuite épanouis en magnifiques fleurs blanches. Il verdit lentement jour après jour. Il est tout simplement splendide. Il me fascine et si j'avais le temps je m'arrêterais chaque jour un instant pour l'admirer plus longuement.

    Mardi: Réjouissances festives entre amis pour célébrer l'anniversaire de l'Homme autour d'une table malgache. Une cuisine divine, tout en saveurs et parfums. Le ravitoto, plat traditionnel national est un pur régal: une cassolette de porc longtemps mijotée aux feuilles de manioc pilées et au gingembre accompagnée de riz parfumé au coco et d'une salade de tomates à la coriandre et au kumbava. Un vrai délice. Le tout arrosé au rhum, arrangé ou non. Et cerise sur le gâteau, le couple qui a ouvert récemment ce tout premier restaurant malgache à Bruxelles est exquis de gentillesse, de sourires et d'attentions. Une soirée délicieuse.

    Mercredi: Non contents de l'avoir entouré la veille, les amis lui ont offert des billets pour le concert organisé au Bozar pour célébrer les 90 ans de Toots Thielemans. Ce fabuleux artiste bruxellois nous a époustouflés. Deux heures ininterrompues de morceaux hyper connus mais revus au son de son harmonica légendaire. Deux heures sans même boire une goutte d'eau. Quel souffle ! Il aurait pu aisément éteindre ses 90 bougies ! Le public en délire lui a manifesté haut et fort son enthousiasme et son amour. L'émotion était vraiment palpable et nous, les filles, nous avons essuyé notre petite larme.

     

    Jeudi: Toutes les semaines ne sont pas aussi chargées mais le rendez-vous était fixé depuis longtemps. Soirée à nous deux, cette fois. Deuxième séance cinéma-opéra de l'année et cette fois c'est Figaro qui nous a enchanté les oreilles. On m'aurait dit il y a 30 ans que j'adorerais ça, j'aurais été plus que sceptique et pourtant nous sommes tous les deux de plus en plus enthousiastes. Cette fois, le Barbier de Séville était retransmis du Teatro Regio de Parme, ce qui ajoutait un brin de nostalgie à l'événement, pour moi, la Parmiggiana d'une année. Morceaux archi-connus ou moins connus, prestation enjouée, trois heures de plaisir non dissimulé. 

     

    Je ne voudrais pas avoir l'air d'un papillon écervelé, je sais qu'autour de moi, proches et moins proches vivent une souffrance, que ce soit une maladie soudaine, un divorce difficile, un deuil violent ou les effets sournois de la crise. Je vois les montées d'extrêmes un peu partout, la peur qui grandit. Je ne suis ni hermétique ni aveugle. J'apporte ce que je peux, même si c'est si peu, dans le réconfort. Mais je ne peux pas m'empêcher de souligner ici, dans la bulle qui m'appartient, les moments de plaisir que l'on peut trouver un peu partout.

  • Impressions très personnelles – en vrac

    I-love-new-york-logo

    Meteo: Difficile de croire qu'on était à la même latitude que Naples ou Madrid. Les gratte-ciels et les rues rectilignes se serrent les unes contre les uns pour former de longs et hauts couloirs où le vent s'engouffre et gèle les os. Il y avait longtemps que je n'avais plus eu aussi froid….

    Mes pieds: J’ai marché, marché, marché. Je suis prête pour Compostelle mais je vais revoir mes distances à la baisse. 4 heures par jour me semblent amplement suffisantes. Au régime de six à sept heures par jour, je ne tiens pas plus de 3 jours. Le matin du quatrième jour, j’aurais bien demandé une chaise roulante. Mais on pourra dire qu’on a sillonné Manhattan en long et en large, en rues et en avenues. Je signale aux guides touristiques que les 45 secondes pour aller d’une rue à l’autre et les 2 minutes pour aller d’une avenue à l’autre sont un peu sous-estimés. Il faut compter avec les feux de signalisation, neuf fois sur dix au rouge quand j’arrive. C’est ainsi que nous avons mal calculé et que nous sommes arrivés au rendez-vous avec Lola avec royalement vingt minutes de retard.

    DSC_0661

    Grand Central Terminal: Une gare extraordinaire; on y a passé au moins deux heures. Tout était beau. Du sol au plafond – Ah ce plafond qui représente la voûte céleste, magique ! -. Des guichets aux escaliers. Des quais aux portes battantes. Peu de trains toutefois mais suffisamment pour la maintenir en vie. C'est Paul Auster qui m'y a emmenée, que Sis'Cile en soit remerciée !

    Grayline: Les bus hop on hop off sont parfaits pour voir beaucoup de choses en un minimum de temps. Mais quand il fait deux degrés, le séjour prolongé sur le deck supérieur, en plein vent, sans bonnet et sans gants, fait qu'on renonce à faire le tour complet; on descend au point le plus éloigné du trajet et on revient à pied. C’est ainsi qu’on a arpenté Central Park dans toute sa longueur.

    DSC_0060

    Central Park: Un de ces lieux mythiques qui m’a toujours fait rêver. Se dire “j’y suis” et être tellement congelée qu’il m’a fallu une bonne demi-heure de soleil en perfusion pour revenir à la réalité et en profiter pleinement. 

    Beurk food: Nous disions donc 5 portions de fruits et 4 portions de légumes par jour ? Disons tout de suite que ces bonnes résolutions sont intenables lors d’un séjour comme celui-ci. Petit déjeuner américain avec les oeufs brouillés, les pommes de terre et le lard grillé, histoire de se caler l’estomac pour la journée,  un peu de fromage et jambon accompagnés de quelques tranchettes de concombre et de tomates épouvantablement transgéniques et terminer par quelques fruits coupés, melon, ananas et raisin sans aucun goût. La journée, on a fait l’impasse sur le fast food offert à tous les coins de rue (bretzels, bagels, pizzas, hamburgers, hot dogs, pittas, nuts4nuts, …). Deux soirs sur trois, on s’est contenté d’un paquet de chips, fromage et saucisson (je sens littéralement les plaques d’athérome s’aggripper aux parois de mes artères). Le seul soir où on s’est offert un resto, on a visé “italien”, on a lu les commentaires sur internet qui laissaient raisonnablement à penser que ce serait décent. Et même là, déception. A part le café et le vin. Mais le vin versé comme du Coca, à ras bord, ça perd un peu de son charme, même s’il est bon. Je pense que malgré le régime de marche intensive, au mieux, je n’aurai pas perdu un gramme.

    DSC_0781

    Les gratte-ciels: Il y eut cette époque où c'était à celui qui pourrait chatouiller le ciel au plus près pour le faire rire plus fort. Contrairement à ce que j'imaginais, l'architecture de ces tours immenses est pensée dans le détail tant au rez-de-chaussée qu'au 86ème étage. Contrairement à ce que j'imaginais, ils sont beaux, très beaux, souvent des chefs d'oeuvre d'art déco. Contrairement à ce que j'imaginais, ils se marient superbement avec toute l'architecture autre de New York: le style géorgien, les cast-iron buildings dans le quartier de Soho, les grandes baies vitrées et la présence d'escaliers extérieurs. Les brownstones à Harlem ou à Brooklyn. A tout moment, j'ai pensé à la Source vive de Ayn Rand.

    Times Square: Le premier soir, fatiguée, sous la pluie, j'ai rien vu et ça m'a plus énervée qu'autre chose. Le lendemain soir, c'était déjà plus sympa. Les deux soirs suivants, j'étais fascinée. Lumières et couleurs, images et mouvements, instantanés et permanence.

    Patinoire du Rockfeller Center: J'adore. Ne me demandez pas pourquoi, je pourrai rester là des heures à les regarder patiner. Et si je savais patiner, j'aurais beaucoup aimé me joindre à eux. 

    Schwarz: J'ai cherché dans tous les rayons l'ancien jouet que ma maman m'avait rapporté de New York quand j'avais 2 ou 3 ans, un petit ours (ou était-ce un hérisson ? ) qui faisait du café et quand le café était prêt et qu'il fumait (si, si), il versait le café dans une tasse. Ce jouet a disparu on ne sait où et 50 ans plus tard, je le cherche toujours.

    Tiffany: C'est un peu idiot, mais je ne pouvais pas éviter d'y aller. Juste mythique.

    Les New yorkais: Les New-Yorkais sont incroyablement sympathiques, gentils et attentifs. Dès notre arrivée – disons une fois passée la halte au contrôle d'identité où, là, on a dépassé le summum de la muflerie exaspérée – , cette gentillesse ne s'est jamais démentie. Du chauffeur de navette qui affichait "complet" et qui a attendu 15 minutes avec nous que la prochaine navette arrive pour être sûrs que nous soyions pris en charge aux vendeurs et vendeuses dans les grands magasins, absolument charmants, engageant juste pour le plaisir une conversation badine mais intéressée par vous, en passant par tous ceux qui travaillent dans l'industrie du tourisme et dont le sourire et la gentillesse ne sont pas juste un outil de travail. Ou du moins font tout pour vous prouver le contraire.

    La consommation d’énergie: Les Américains (ou peut-être seulement les New-Yorkais) sont loin des économies d'énergie qu'on connaît en Europe. Le chauffage fonctionne à fond (en été, la clim' aussi je suppose) et l'eau chaude est facilement à 80°. La première fois que je me suis lavé les cheveux, j'ai bien cru m'ébouillanter.

    Le décalage horaire: Curieusement, j'en ai beaucoup plus souffert à l'aller qu'au retour. Or, on dit que c'est toujours plus dur quand on voyage vers l'est. Je suppose que comme je ne me suis vraiment pas adaptée à l'heure NY en 3 jours, je suis restée dans le rythme européen et au retour, pas le moindre souci. Par contre, sur place, à 7 heures du soir, j'étais cuite et à deux heures du mat' fraîche comme un jardin (je sais, on dit "comme un gardon", mais est-ce que j'ai vraiment une tête de gardon ?)

    2012 02 NY-20120226-1003

    Lola: Framboise sur la lemon tart, j'ai enfin rencontré Lola. J'avais hésité, je ne voulais pas imposer à l'homme une rencontre d'une copine de blog que je n'avais jamais rencontrée moi-même. Mais l'occasion était trop belle et l'envie trop forte. Et elle aussi était disponible, prête à faire une heure et demie en train pour rejoindre New York. Elle m'a dit "manteau noir, écharpe bleue". Ce n'était vraiment pas nécessaire, je l'aurais reconnue entre mille. On s'est trouvées comme si on se retrouvait après quelques semaines d'absence. C'était normal. Comme une amie de la vraie vie. Ce qu'elle est, en fait. On a parlé de tout, de rien, des petits détails de la vie quotidienne. Elle nous a présenté un autre New York, celui de la High Line, une ancienne voie ferrée aérienne désaffectée, reconvertie en parc urbain, une réussite en termes de réaménagement de l'espace. Les deux heures que nous avons passées ensemble se sont envolées comme par enchantement.

     

     

  • Envies de Venise

    IMG_0049

    Cette année, les sorcières ont déposé leurs valises à Venise. Il fallait une ville à la hauteur de leur dixième anniversaire d'escapades annuelles. 

    Pour mener leur sabbat tout à leur aise, elles ont loué un appartement en plein centre de la ville mystérieuse, coincé entre ruelle et canal. Elles sont arrivées au compte-gouttes de potion. La sorcière tourangelle et la turinoise sont arrivées les premières. Les sorcières du plat pays sont arrivées beaucoup plus tard. Les premières ont prêté oreille à leur faim et se sont sustentées à la première auberge venue, au grand dam de la sorcière aînée qui avait amené son chaudron dans son grand cabas et un brouet arrache-gosier. Elle les aurait bien gavées de force, si elle avait pu. La sorcière G.O. a distribué les chambres. Et elles se sont endormies d'un sommeil agité de chauve-souris et de philtres magiques.

    Le lendemain, elles ont flâné dans une Sérénissime glaciale mais ensoleillée. Première expo à la Punta della Dogana sur – sorcières obligent – l'Eloge du Doute. Spritz à l'apéro. Dîner à la première auberge ensuite.

    Pour le deuxième jour de congrès, la sorcière aînée avait concocté un programme d'exception: visite privée de la crypte de la basilique Saint Marc et contemplation d'une croix en verre taillé absolument splendide, réalisée par un sculpteur de verre, puis, grâce à sa fille (celle du sculpteur, pas de la sorcière), visite de l'atelier de l'artiste, disparu il y a deux ans. De pures merveilles. 

    Soirée autour d'un repas préparé avec les moyens du bord, autour d'un petit verre de vin. 

    Le lendemain, visite d'une autre expo au Palazzo Grassi et l'heure des adieux a déjà sonné. Chacune a repris son balai et s'est envolée vers ses pénates. 

    On va où l'année prochaine ?

    IMG_0061 IMG_0050

     

  • La tirelire

    Coin_Bank
    Je ne sais plus laquelle de nous trois a eu l'idée mais c'était une bonne, très bonne idée. Après avoir fêté mon anniversaire dans un restaurant bon bon, mais qui coûtait itou, nous avons souhaité renouveler l'expérience l'année suivante, en se préparant financièrement au choc. D'où l'idée d'une tirelire que nous remplirions chaque semaine au badminton à raison de 5 euros par couple. 

    Nous nous étions promis d'ouvrir la tirelire – à l'ouvre-boîte – le soir du réveillon. Pour patienter quelques minutes avant les douze coups de minuit, nous avons rassemblé nos billets de cinq par paquet de dix et nous avons compté notre fortune gastronomique.

    Au bout d'une année de sport assidu, non seulement, nous avons entretenu agréablement notre forme physique, nous avons eu le plaisir de nous retrouver chaque semaine mais aussi nous nous retrouvons riches d'une jolie cagnotte qui émoustille déjà nos papilles. Une jolie galette pour manger à la fortune du pot de ce magicien culinaire. Notre recette annuelle pour célébrer les siennes. Stefano et moi attendons le moment où nous sortirons la tirelire é-ventrée au moment de l'addition.

    Joséfine a promis de racheter une tirelire pour recommencer l'exercice sans tarder.

    Et moi, je pense que je vais faire fructifier l'idée et multiplier les petits cochons à la maison. Pour partir en voyage, offrir un beau cadeau ou donner vie à tout autre projet lumineux. 

    Tirelire-cochon-cagnotte-pour-

     

  • Demi-teintes

     

    2011-12-04-0064

    Je sais que j'ai une propension surdimensionnée à voir le joli côté des choses, à me comporter comme une "ravie de la crèche", expression que j'adore et que m'a fait découvrir Célestine. Je ne dois même pas me forcer, je suis naturellement contente. Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis née comme cela parce qu'on me rappelera vite fait que, petite, je boudais beaucoup. Mais de toute évidence, cela m'est passé.

    Ce soir, après un weekend heureux, dans les Ardennes cette fois, avec J. et S. et C. et M., je vais essayer de râler un peu et de trouver les petits nuages de ces deux jours. Je me force, je me force….

    – La chambre de l'hôtel était super obscure. Le pire, c'était que c'était voulu, lumière hyper tamisée, bougies partout, murs foncés… Le soir, c'est joli, la journée, ça l'est beaucoup moins. A force, cela devient déprimant…

    – La cheminée dans le salon de l'hôtel refoulait. On a beau être en Ardennes, être parfumée au jambon fumé, très peu pour moi….

    -Il n'a pas arrêté de pleuvoir. On a visité l'abbaye d'Orval sous la pluie, marché deux heures le dimanche sous la pluie et dans la gadoue. Je n'ai quasi rien vu de la promenade, tant j'étais concentrée à regarder où je posais les bottines.

    – Ca m'énerve qu'on suppose que je n'ai pas pris mes chaussures de marche sous prétexte que je ne suis pas une sportive. Alors quand l'Homme utilise mes genoux douloureux pour éviter de faire une promenade juste avant le retour, au lieu de dire qu'il n'a pas envie qu'on rentre tout crasseux dans sa voiture, c'est lui qui se prend mes yeux revolver.

    – J'ai passé la première nuit à essayer de garder tout ce que mon estomac aurait préféré évacuer. A mon avis, les épinards n'étaient pas frais.

    – Un sms professionnel est venu me gâcher une partie du weekend à l'idée que lundi matin, il faudrait préparer des documents en urgence, avant 9 heures. Stress garanti pour débuter la semaine.

     

    Mais voilà, chassez le naturel, il revient au galop:

    – Le lit était moelleux, confortable et tout et tout. La baignoire était super profonde et quand même les bougies dans la salle de bains, c'est joli.

    – Malgré la pluie, l'abbaye d'Orval valait le détour, sans compter la bière et les excellentes tartines au fromage et au jambon d'Ardenne après la promenade.

    – La cueillette du gui par la druidesse J. valait toute la promenade.

    – On n'a pas arrêté une seconde de parler, des bienfaits de l'alimentation bio aux voeux de chasteté des moines, de l'enseignement des mathématiques aux souvenirs de ski, des avantages et inconvénients d'Apple, des i-phones et des tablettes aux plaisirs de la table.

    – J'ai passé deux jours avec des amis avec lesquels je ne m'ennuie jamais et le temps avec eux passe toujours trop vite.

    – On a vraiment des maris exceptionnels. Ou alors, on a vraiment été bien inspirées le jour où on a croisé leur chemin…

    – Le coup de fil d'Anaïs après son premier cours de harpe "Maman, c'est trop trop trop bien !" était une explosion de bonheur qui a fait office de rayon de soleil pour le weekend.