Catégorie : Friends

  • Que du bonheur !

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    Je fais collection de petits moments tout doux, j'engrange ces pépites pour d'éventuels jours plus durs. Je sais que j'ai de la chance d'être tombée dedans depuis que je suis née mais je ne peux pas m'empêcher d'être contente. Je déjeûnais avec un collègue la semaine dernière qui me disait être heureux, content de sa vie pour le moment. Il me demandait mon avis et je lui ai répondu spontanément: "je suis heureuse à 150%. Si je regarde les 50 ans qui viennent de s'écouler, je ne jette rien ou si peu."

    Et tout me ravit:

    – le weekend que l'on vient de passer en Touraine, chez Olivier et Véro, la douceur de vivre qui les accompagne, le temps offert, le cadre dans lequel ils vivent, conscients eux aussi de la chance qu'ils ont. 

    – le moelleux incomparable du lit dans lequel nous avons dormi comme des marmottes.

    – la sieste annuelle que je me suis offerte.

    – l'incroyable Nutella maison préparé par Vero (Praliné de côte d'or, lait concentré sucré, beurre, ….)

    – sa tarte aux pommes tout simplement exquise.

    – la conversation en "live" sur F@cebook avec Célestine (un vrai moment de bonheur virtuel, plus riche en une demi-heure que en mois de commentaires).

    – la perspective d'un weekend shopping entre soeurs dans une dizaine de jours.

    - le petit moment passé avec Anaïs sur la tombe de mes grands-parents, à nettoyer à la brosse à dents, les lettres encrassées de terre de leurs noms; le soleil sur le dos, piquant des fous rires à l'arrivée de l'autobus qui s'arrête juste à notre hauteur, les passagers perplexes devant notre activité surprenante au cimetière.

    – les premiers repérages dans les magasins pour les cadeaux de Noël et les idées qui commencent à affleurer pour (tenter de) faire plaisir aux uns et aux autres.

    – les deux livres en cours pour le moment qui m'emmènent l'un et l'autre loin, très loin d'ici. L'un m'emmène dans le Japon d'avant la guerre, chronique familiale de 900 pages, tout de suite le temps ralentit. L'autre m'isole dans les transports en commun et me transporte dans le désert en compagnie de candidats réfugiés.

    Et tant et tant d'autres petites douceurs….

     

  • La petite flamme

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    Nous l'avons enterré il y a un an. Six mois plus tard, quelques-uns parmi nous ont eu l'idée de nous rassembler en souvenir de lui. C'était un pari un peu fou. Retrouver et rassembler un certain nombre de jeunes, devenus moins jeunes, qui s'étaient retrouvés été après été, ou hiver après hiver, ou, pour les plus assidus, hiver après été de chaque année, entre 15 et 20 ans, autour de ce sacré bonhomme. 

    Il était moine, passionné de musique – de Bach en particulier, et il animait les retraites organisées pour les écoles à la demande des professeurs de religion. Vu le succès de ces retraites, il s'était lancé dans un projet un peu risqué: organiser ces retraites deux fois par an pour les jeunes de 15 à 20 ans intéressés. Le succès a été immédiat et n'a cessé de croître. 

    Nous avons vécu là des moments extraordinaires, gonflés de tout l'idéalisme de notre adolescence, prêts à soulever des montagnes pour rendre le monde un tout petit peu plus tolérant, un tout petit peu plus ouvert, un rien plus heureux, un rien plus beau. Saison après saison, nous avons entretenu la petite flamme. 

    Certains sont restés proches, voire très proches, après avoir dépassé la limite d'âge de ces retraites pour adolescents et se sont retrouvés régulièrement. Mais la plupart se sont perdus de vue.

    Alors oui, ces retrouvailles après plus de 30 ans étaient un vrai défi. Nous avons vraiment eu besoin de nous présenter pour nous identifier. "Moi, je suis une telle et toi ?" "Ah c'est toi ? Et bien moi, je suis un tel." "Nooon ?" Cheveux gris, calvitie naissante ou franchement avancée, petits ou gros bedons, légers empâtements, lunettes pour la plupart, rides plus ou moins creusées, stigmates de la maladie ou de la vie tout simplement… Personne n'a cherché à cacher sa surprise, certains ont amené des photos de nous, en groupe, vieilles de 30 ans. On a dit ou entendu: "Ah oui, cette fille-là, je m'en souviens, c'était une telle !" "Ah ben oui, c'était moi !" Gloups !. "Et lui là avec son pull gris, c'est qui, sa tête me dit quelque chose ?" "Ah et bien lui, c'est mon ex-mari". Re-gloups !. 

    Mais le bonheur était au rendez-vous, et notre joie n'était même pas feinte. On a revisité tous les coins mythiques de ce monastère, le couloir "transsibérien" – reliant les bâtiments pour hôtes et l'aile réservée aux moines -, le Moulin, le Cénacle ou l'Asekrem, l'église, le réfectoire et les cuisines où on se serait presque disputé pour faire la vaisselle. 

    On a passé une journée entière tous ensemble à se redécouvrir, se raconter le passé, formuler timidement de nouveaux projets.

    Et le plus merveilleux de ces retrouvailles a été de retrouver chez ces 30 cinquantenaires la petite flamme intacte, des instituteurs heureux, des enseignants plein de fougue et de motivation, des notaire, vétérinaire, infirmières, fonctionnaires, journalistes, engagés, motivés, prêts encore à tous les combats.

    J'en reviens gonflée à bloc, pleine d'envies d'en découdre encore un maximum !

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  • Tchèque liste

     L'Art nouveau (à tous les coins de balcon)

    La Becherowska (l'eau-de-vie typique)

    Le Château (à peine entrevu, vu l'heure)

    Dvoràk au petit déjeuner (grandiose, comme le petit déjeuner)

    La petite soeur de la Tour Eiffel (presque copie conforme)

    Le Funiculaire (qu'on n'a pas pris)

    La cathédrale Saint Guy (aux vitraux impressionnants)

    L'Horloge astronomique (un peu décevante)

     L'Incontournable Taupek (la star du dessin animé tchèque)

    Le Jacobin de Dvoràk au Théâtre National (et vivent les sous-titres en tchèque et en anglais !)

    Les Knedlyki (boulettes de farine, accompagnant un rôti de porc et du chou pour obtenir le plat national)

    La Laterna Magika (qu'on n'aura pas eu le temps de voir)

    Le musée Mucha (très bel homme ce Mucha)

    L'église St Nicolas (baroque rococo, j'aime)

    Un soir à l'Opéra (rien de tel qu'une soirée à l'opéra lors d'un city trip)

    Le Pont Charles (débordant de touristes)

    Le Quartier juif (et l'horloge qui tourne à l'envers)

    Le Restaurant italien (Stefano, tu es incorrigible..)

    La vieille Synagogue (impressionnante)

    Les Trdelnik (des gâteaux creux qui se vendent à tous les coins de rue, un pur bonheur, un goût de trop peu)

    Un moment Unique (dans une ville unique)

    La Valtva (ah, les fleuves dans les villes)

    Un Weekend inoubliable (avec des amis formidables)

    XYZ: Dobry dén, Nashlédanou et Dikuji (bonjour, au revoir et merci !)

     

  • Eté indien

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    Il fait absolument magnifique. Le mois d'août est enfin arrivé. Le hic, c'est la rentrée aussi. Cherchez l'erreur ! Allez un petit semainier pour fêter le soleil !

    Lundi: Dîner de rentrée avec Cat et Joséfine. Juste un peu de bonheur entre filles.

    Mardi: C'est l'anniversaire de ma meilleure amie d'enfance. Elle aurait aujourd'hui 52 ans. Elle me précédait de quelques mois. Chaque année, j'y pense à la même date, mais je ne sais pas pourquoi cette année encore plus que d'autres. Je repense à ce matin d'avril quand le (futur) Homme est venu me chercher à la gare, à la joie de le revoir, brisée en éclats en un instant quand il m'a annoncé l'impensable. 21 ans, un vélo à la mer, une voiture, un vol plané, la mort instantanée. 

    Mercredi: Nouveau rendez-vous chez la diététicienne. Cette pèse-personne se fait un poids d'or si elle traite toutes les clientes comme moi. Je rentre, je monte sur la balance, elle note le verdict, me dit de continuer comme ça et allège mon porte-feuille. Et rendez-vous pour dans un ou deux mois. Ca me revient à ce jour à peu près à 60 euros le kilo (perdu). Je sais, c'est cher payé, mais finalement, ça marche lentement mais sûrement. Alors, tout compte fait, autant la payer elle que d'investir dans des poudres hyper-protéinées ou autres cochonneries allégeantes.

    Jeudi: Première pièce de théâtre de la saison. Manneke. On ne peut pas faire plus belge. Tendre et émouvant, l'histoire de l'auteur-acteur lui-même, celle d'un enfant transbahuté par une mère extravagante entre Liège et Bruxelles, entre sa grand-mère et les hommes de passage de sa mère. Mais drôle, émouvant, bouleversant.

    Vendredi: Soirée cinéma en amoureux dans ce cinéma menacé d'expropriation. Le dernier Nanni Moretti "Habemus Papam". Du bon Moretti, de l'Italie, des curés, de la tendresse, un Michel Piccoli absolument superbe d'angoisses. 

    Samedi et Dimanche: Enfin un weekend à la maison. Et malgré le beau ciel bleu, nous sommes restés entre nos 4 murs à les uns coller des plaques de gyproc sur le mur de la cuisine et les autres ranger à grande échelle. Vu de l'extérieur, ce n'est pas très drôle mais moi j'aime les weekends "chantier".

    Et youpie, on nous promet cet été indien pour encore une semaine !

     

     

  • Loirs en bord de Loire

     
    Un petit weekend en bord de Loire chez Véro et Olivier. Rien que du bonheur.
    Elle, c'est une de mes sorcières bien aimées.
    La plus piquante, dont le nez se retrousse comme celui de Samantha à chaque plaisanterie bien sentie ou à chaque "gossip" croustillant.
    La plus altière et la plus classe qui porte des colliers lourds comme la Toison d'Or avec une légèreté de gazelle.
    La plus zen que rien ne stresse, rien ne presse. Auprès d'elle, j'ai lâché prise. On s'est promenés pendant 2 heures et demie et tant pis si les enfants ont dû nous attendre jusqu'à près de 15 heures pour déjeûner. Moi qui stresse sans commune mesure quand mes adulescents ne sont pas nourris avant 14 heures…..
    La plus engagée dans la sphère bio, alimentation durable et écolo. Elle est incollable sur les OGM, les parabens et les pesticides en tous genres.
    La plus fidèle de mes lectrices ici qui ne rate aucun épisode et qui, du coup, en sait plus que moi sur ma propre vie.
    La plus audacieuse dans ses projets de vie pour avoir suivi un mari encore plus fou dans une entreprise de chambre d'hôtes parfaitement gérée, dans un endroit sublime.
    La plus courageuse aussi pour avoir accepté de s'enfermer dans un endroit perdu malgré sa sublimité.
    La plus pétulante.
    La plus manipulatrice de toutes, qui nous mène par le bout du nez, nous demande notre avis pour le programme des activités, écoute religieusement et nous propose un programme totalement différent, de son choix sans avoir l'air d'y toucher. Et toutes, béates, nous suivons sans broncher.
    La plus mystérieuse à mes yeux: depuis le jour où nous nous sommes rencontrées pour la première fois, il y a presque 20 ans, nous cherchons d'où nous nous connaissions déjà. Au premier regard, on savait qu'on s'était déjà rencontrées mais on n'a jamais trouvé ni quand ni sous quels cieux. Peut-être en vraies sorcières encore inconscientes de l'être, nous nous sommes reconnues et souvenues de notre vie future.
    Nous avons passé avec elle et lui un moment figé dans la douceur de vivre, le plaisir d'être ensemble, l'envie d'arrêter le temps et de profiter de chaque seconde sans plus aucune contrainte. Un avant-goût du paradis.
  • Cinq sorcières sur la Canebière

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    Cinq sorcières

    Sur la Canebière

    Venues faire le plein de soleil

    A Marseille

    Cinq sorcières

    Bonne Mère

    Pleines d'allégresse

    Autour de la bouillabaisse

    Se brouillent

    Avec la rouille

    Se chamaillent

    Avec l'ail

    Fêtent les quarante ans

    Epatants

    De la benjamine 

    Kristien

    Marchandent

    Des savons à la lavande

    Achètent

    Des navettes

    Sans oublier

    Du mimosa par brassées

    Cinq sorcières

    Sur la canebière

    Se sont retrouvées

    Comme chaque année

    Pour leur congrès annuel

    Leur weekend pluri-elles. 

     

  • Ah comme la neige a neigé….

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    Premier vers du plus célèbre poème d'Emile Nelligan, poète québécois que j'ai découvert sous la plume d'un écrivain…. haïtien:

    Je n'étais durant cet après-midi de décembre

    qu'une ombre derrière la fenêtre givrée 

    en train d'admirer

    l'un des plus bouleversants spectacles de la nature.

    Je regardais fasciné toute cette neige

    qui ne cessait de tomber.


    Le poète Emile Nelligan a atteint l'immortalité

    pour avoir employé deux fois le mot neige

    dans ce vers très bref: 

    "Ah comme la neige a neigé."

     L'énigme du retour – Dany Laferrière

    Il neige sur la Belgique depuis une semaine par petites touches. Il fait bigrement froid mais petit à petit on s'habitue. 

    Fin de semaine sous le signe de la neige et du froid:

    Jeudi: Une pièce d'Amélie Nothomb au théâtre: Les Combustibles. Pas une pièce particulièrement extraordinaire mais qui pose question néanmoins par ce soir de grand froid: Une étudiante, un assistant et un professeur de littérature vivent ensemble dans l'appartement du professeur en pleine période de guerre. Il fait dramatiquement froid et ils ont déjà brûlé tous les meubles. Restent les livres, une bibliothèque fabuleuse. Mais dilemme: quel(s) livre(s) brûler en premier ? On connaît bien la question: "Quel(s) livre(s) emmèneriez-vous sur une île déserte ?" mais se demander quel livre brûler en premier pose la question sous un angle très différent. Il y a un côté sacrilège difficile à surmonter. Et j'ai essayé de répondre à la question sans y parvenir. Il faut croire que j'ai pas encore assez froid pour la prendre au sérieux…..

    Vendredi: On a pris la route à six direction Le Touquet. Soirée dans une chambre d'hôtes/restaurant à vous recommander absolument: La Cour de Rémi. Arrivés sur place, on a entrepris de faire une petite promenade de soleil couchant. Brrrrr, – 8°C, – 10°C, on n'a pas tenu très longtemps et le plus méditerranéen d'entre nous a déclaré forfait et nous nous sommes engouffrés dans le seul et unique café du village, à côté de la petite église, et nous avons débarqués chez les Ch'tis: "Vous v'nez de Bruxelles, hein ?" "Ah, monsieur est anglais, hein ?", "Et vous v'nez ici pour une nuiiiit ?". Un vieux poêle Godin, un tapis de cartes, les cartes, des petits Portos (personne ne s'est aventuré du côté du Picon vin blanc), des clients du cru qui nous dévisagent en riant sous cape. Retour chez Rémi: Une soirée toute en saveurs et parfums, toute en rires et dégustation, et hop sous la couette + couverture supplémentaire. Un petit déjeuner mémorable et une promenade plutôt courte sur la plage du Touquet, absolument pas belle pour deux sous, mais la plage sous la neige, cela reste toujours un spectacle d'enfant pour des citadins comme nous. Et retour sous une tempête de neige vers Bruxelles où la neige a fondu.

  • Faux amis

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    Elle a vexé des amis à elle, moins "anciens", en nous présentant les uns aux autres et en nous désignant comme étant "nos amis de toujours". Elle voulait dire "nos plus anciens amis", ils ont compris "nos vrais amis". 

    Ils nous ont invité pour 4 jours dans leur appartement à Majorque et on y a retrouvé le temps d'un dîner leurs amis de vacances. Je pense que nous avons réussi à atténuer quelque peu l'antipathie immédiate que son impair avait dû faire naître à notre égard.

    Pourtant, elle avait raison, nous sommes leurs amis de toujours. Toujours remonte aux amphithéâtres de l'univ où l'Homme et elle ont passé des heures et des soirées entières à refaire le monde. Et on peut dire qu'ils s'y entendent encore toujours tous les deux à réorganiser virtuellement et verbalement la planète entière. 

    Puis elle a rencontré son futur chirurgien bricoleur, ravaleur de façades et de larmes de détresse. L'Homme m'a rencontré moi. Et nous ne nous sommes plus vraiment quittés. On s'est mariés deux par deux, à un mois d'intervalle. On a pleuré, prié, espéré ensemble ces bébés qui ne voulaient pas venir. Nos espoirs ont été comblés à un an d'intervalle et tout naturellement elle est devenue la marraine de Maïté et l'Homme est devenu le parrain de leur Caroline. Quatre mois plus tard naissait Anaïs et nos deux fils sont nés en juin et juillet de la même année. 

    On a fêté des dizaines d'anniversaire ensemble, rivalisé dans la confection des plus beaux gâteaux, passé des mois de dimanche après-midi, l'été dans leur jardin, l'hiver dans nos quatre murs d'appartement. 

    On a passé tant de vacances à neuf. 

    Aujourd'hui, de loin en loin, on part en city trip ensemble. Mais l'âge accentue ce qui nous séparait déjà il y a 20 ans. Nous n'avons absolument pas le même rythme. Un peu comme la fable du lièvre et de la tortue revue et corrigée où ce serait le lièvre qui gagnerait la course. C'est le couple le plus rapide de la planète, "dépêche-toi" est leur prière, "vite" leur code secret. J'en ai déjà parlé dans un billet précédent. 

    Lui organise des voyages extraordinaires, ils ont déjà visité la moitié de la terre et toujours ils nous invitent à les accompagner. Et souvent, nous refusons. D'une part, parce que je pars difficilement en "beau" voyage sans pouvoir le partager avec mes enfants et que forcément, le prix pour cinq n'est pas celui pour deux. Mais d'autre part et surtout parce que le rythme effréné auquel ils visitent un pays est aux antipodes de lenteur Nikonesque de l'Homme-tryclope, doté d'un troisième oeil en mode zoom. Lui ne comprend pas ces arrêts sur image permanents et est totalement incapable de ronger son frein. Du coup, c'est l'Homme qui freine nos escapades communes.

    Mais malgré nos divergences de sablier, l'amitié qui nous lie reste indéfectible. Elle est enracinée dans le terreau si riche de nos vingt ans, quand on croyait que le monde nous appartenait et qu'on avait toute la vie devant nous. 

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    Le bogato qu'elle a confectionné pour les 50 ans de l'Homme 

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    Nos voeux réalisés en toute beauté.

  • La « maman » des mamans

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    Tableau de Denise Rafenomanjato
     

    Elle m'a prise par surprise. Je savais qu'elle avait dix ans de plus que moi mais comme j'oublie que j'en ai 50, j'ai oublié qu'elle allait avoir 60 ans en décembre. Lors de notre rendez-vous la semaine dernière, elle m'annonce l'impensable: c'est notre dernier rendez-vous, elle arrête à la fin de l'année. Elle ne travaillera plus qu'à mi-temps et se consacrera exclusivement à sa passion: la stérilité. J'ai du mal à y croire. Je lui souris et plaisante mais le coeur n'y est pas, le sentiment d'abandon est immense. Je me sens redevenir une petite fille. 

    Depuis toujours, j'entretiens avec les médecins une relation privilégiée. Dès le premier rendez-vous, ça passe ou ça casse. Si nous ne devenons pas tout de suite amis pour la vie, je ne reviens plus. Mais ouiiii, j'exagère. Mais pas beaucoup.

    En général, on y va même en couple, voire carrément en famille. Oserais-je l'avouer mais nos enfants ont été chez le pédiatre tous les ans pour une simple visite de routine jusqu'à 14-15 ans. On aimait bien y aller, c'est tout. Et on y allait à 5 pour la visite d'un seul à la fin. Simplement pour aller dire bonjour à celui que tous les enfants appelaient Tonton Clément.

    Chez le dentiste (par ailleurs, mari de la gynéco – le concept de famille est assez large), même scénario, on débarque à cinq dans le cabinet. Il jure ses grands dieux qu'il ne connaît que nous qui venions en tribu. 

    Chez la gynéco, on va en couple. D'abord parce que ce n'est pas à côté de la porte mais surtout parce que cela permet à l'Homme de la voir. Ce n'était pas une amie au départ, elle l'est devenue.

    C'est elle qui m'a rendu l'espoir d'avoir des enfants, quand je n'y croyais plus, c'est elle qui les a mis au monde dans la douceur la plus totale, c'est elle qui vous caresse la joue quand vous avez bien travaillé. Elle est la douceur personnifiée, elle a toujours deux heures de retard dans son planning de rendez-vous parce qu'elle double systématiquement son temps de consultation avec ses patientes mais elles sont toutes prêtes à patienter deux ou trois heures s'il le faut plutôt que de changer. Personne ne veut renoncer à cette douceur si rassurante. On doit donc être des centaines à se retrouver démunies. Perdues sans la "maman" des mamans.

  • Petite croatière entre amis

    Une semaine
    à 15 en Croatie: 4 enfants, 9 adultes et 2 adulescents. Commencer les vacances
    par une bulle de mer sur un voilier avec d’autres, amis proches certes mais
    avec qui on n’a jamais partagé une semaine de vacances, reste un exercice
    périlleux. Mais malgré nos appréhensions à tous, cette semaine a vraiment été
    parfaite. Avec des oh! et des bah ! comme il va de soi.
     

    Les bah !

    • Après 22
      heures de route ininterrompue dont 6 de nuit, une ou deux heures de repos dans
      des conditions plus qu’inconfortables – l’Homme se surestime toujours et refuse
      toujours de s’arrêter dans un motel et d’abandonner sa voiture chargée comme un
      oeuf à la malveillance de mauvais bougres en mal de bagages intéressants – , nous
      sommes arrivés dans la marina où nous attendait le caïque. Il nous a fallu une
      heure et demie pour le trouver en plein soleil de midi, épuisés et tiraillés
      par un besoin de plus en plus urgent. Autant dire que ma première impression du
      bateau était loin d’être éblouissante. Et l’étroitesse de l’espace a
      cristallisé toutes les tensions des dernières 24 heures. Je ne me voyais pas
      passer les sept jours suivants dans un espace aussi petit. Après une nuit d’un
      sommeil plus ou moins réparateur et une mise à jour des paramètres spatiaux de
      mon corps, je me suis habituée et organisée.
       
    • L’absence
      de résultats concrets du régime pré-vacances commencé en avril et les effets de
      plus en plus manifestes de l’âge m’ont plongé dans un état de déprime
      difficilement maîtrisé. J’apprends donc à me ceinturer du pareo chaque fois que
      je m’assieds, à ne plus m’asseoir en tailleur, à me tenir plus droite. Mais
      c’est surtout en photo que le choc est grand. En prime, chaque fois que je
      voyais une photo de ma fille, mon oeil, qui commence à fléchir lui aussi, me
      prenait en défaut et je pensais que finalement j’avais de beaux restes pour me
      rendre compte une demi-seconde plus tard que ce n’était pas moi mais elle, la
      jolie brunette souriante. Grrrr !
    • Le réveil à
      l’aube de l’Homme en vacances est la chose la plus désagréable qui soit. Pour
      moi, pas pour lui. Toute l’année, il se lève après moi. Surtout le weekend où
      le décalage est souvent d’une heure ou deux. Mais en vacances, son rythme
      s’inverse. Il ne veut rien perdre, le lever du soleil, les photos du
      matin, la paix de la nature autour
      de lui avant le lever de tous les autres, le plongeon dans une mer sans rides,
      pas une miette de ses vacances n’est à perdre.  Mais moi, je veux dormir et cet homme qui se lève, se
      douche, se mouche, se rase, se tartine de crème solaire, prépare son sac photo
      en essayant de faire le moins de bruit possible mais en faisant un tintamarre
      de tous les diables, cet homme me brouille le teint dès le matin. Je me retourne,
      essaye de retrouver le sommeil mais généralement rien n’y fait, Morphée s’est
      fait la malle et je n’ai plus qu’à poser le pied – gauche – par terre.

     

    Les oh!

    •  Le dolce
      farniente ! Cat qui nous a organisé la croisière a opté pour la formule
      “cuisinier à bord”. Joséfine, Stefano et nous, nous n’étions pas ravis, la
      cuisine on aime ça et l’idée de nous faire servir ne nous enchantait pas
      vraiment. Mais le fait que Cat organise tout lui donnait de facto un pouvoir de
      décision tacite. Et finalement, contre toute attente, cette formule nous a ravis.
      Force nous est de reconnaître que faire les courses tous les jours ou tous les
      deux jours, capacité de conservation oblige, pour 15 personnes, puis de
      préparer à manger pour tout ce petit monde en tenant compte des petits, des
      allergiques au poisson au sens propre comme au sens figuré, des dégoûtés des
      mollusques et autres goûts et couleurs, tout cela nous aurait pris pas mal de
      temps. Cerise sur le gâteau, le cuisinier était parfait, on a mangé sainement,
      délicieusement, ni trop ni trop peu. 
      Le tout sans jamais avoir l’impression de se faire servir.
    • La couleur
      turquoise de l’eau ! Une mer pas toujours très chaude mais transparente,
      limpide,  magnifique.  A moi qui ne nage pas, Cat a prêté une
      bouée et j’ai pu les accompagner “à la nage” vers une petite plage bien
      sympathique. Un vrai moment de bonheur. 
    • De jolis
      petits ports, des baies enchanteresses où se réveiller le matin, des petites balades sans autre but que
      de trouver un glacier pour les petits (et les grands), une petite église très
      claire, de jolis points de vue pour le zoom de l’Homme, des parties de tavli
      (backgammon), de cartes, de loup-garou, de Uno, de Lobo77, des concours de
      plongeon, des lézarderies sur la plage avant du bateau où la seule
      préoccupation se résume à s’enduire d’indice 30 suffisamment souvent et de
      compter les enfants encore plus souvent, une vie de petite sirène qu’on aurait bien prolongée de quelques jours…