Catégorie : Friends

  • Semaine de passages

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    Passage de l'été indien à l'automne, passage à l'heure d'hiver, passage d'une famille de cinq à un couple de… deux, passage du virtuel au réel…

    C'est une semaine de passages….

    Samedi: Ma plus ancienne amie d'école marie sa fille. Le mariage a lieu dans cette église où elle-même s'est mariée il y a presque 30 ans, où j'étais là comme témoin de ce mariage malheureusement trop vite échoué. Même ambiance festive, musicale, 30 ans plus tard. Je croise les doigts pour que ces deux-ci aient plus de chance. Parce que, quand même, la chance y est pour beaucoup. On quitte juste après la cérémonie religieuse parce que nous, on déménage notre fille aînée. Elle boucle ses dernières caisses, en chantant sur la musique. Il n'en faut pas plus pour me faire craquer, j'ai toujours tant aimé l'entendre chanter. Je fond en larmes. A son interrogation, je lui avoue que je ne veux pas qu'elle parte. Elle pleure aussi dans mes bras et me dit "Dis-moi de ne pas partir et je ne pars pas !". Ah non, surtout pas, tu dois partir. Je m'en veux de l'avoir encore freinée. On finit par en rire. Et on continue d'empaqueter. 

    Dimanche: On poursuit et termine le déménagement. Cette fois-ci tout est parti, il ne reste que le lit qu'elle n'emmène pas tant qu'ils n'auront pas déménagé dans plus grand. A moins que ce ne soit Anaïs qui l'emmène…. Je ne peux pas rentrer dans cette chambre vide. Peut-être plus tard…. Anaïs, elle, est à Cambridge pour le weekend et n'est pas là pour voir sa soeur partir.

    Lundi: Pas de cours de portugais, c'est la semaine de congé de Toussaint. Pour une fois je rentre tôt. Anaïs rentre super enthousiaste, prête à aller vivre en Angleterre, séduite par le savoir-vivre britannique. 

    Mardi: Premier rendez-vous avec Maïté depuis qu'elle est partie (une éternité ! 🙂 ). Puisqu'on aime ça toutes les deux, on va se retrouver toutes les 3-4 semaines à la cinémathèque. Premier essai: Le Silence de Bergman. Déroutant, particulier mais moi, j'ai beaucoup aimé. Surtout certains plans absolument fantastiques. Elle est revenue manger à la maison et c'était bien.

    Mercredi: Dernier jour d'une petite semaine. Notre ami Guy s'est ramassé à moto et a l'épaule en puzzle. Le chirurgien va pouvoir s'amuser aujourd'hui à recoller les morceaux.

    Jeudi: Pour une fois, faire la grasse mat'. Faire traîner le reste de la matinée. Aller voir Guy à l'hôpital. Passer à la librairie. Se préparer à demain.

    Vendredi: Paris. Célestine. Pluie dehors, soleil dedans. Mais ça, c'est un autre billet.

  • L’immense chance….

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    J'ai pris congé vendredi dernier. L'homme est parti travailler et moi j'avais rendez-vous à 10 heures chez le coiffeur. J'avais deux heures à passer seule à la maison. Je ne suis jamais seule à la maison ou alors très rarement. Je cherchais une paire de ciseaux et j'ai poussé la porte de la chambre de ma fille. Et un seau de larmes m'est tombé sur la tête. Je sais pertinemment bien qu'elle s'en va, que le 1 novembre elle déménage définitivement, mais quand j'ai vu les caisses remplies, la bibliothèque à moitié vide, les petits trésors accumulés pendant l'enfance et l'adolescence triés entre "je prends", "je jette", "je donne", une grosse bouffée de chagrin inconsolable m'a pris le coeur. 

    Pour arrêter tout de suite cet apitoiement insupportable, je me suis donnée une bonne claque mentale. J'ai pensé à ceux qui n'ont pas d'enfants à pousser hors du nid, ou pire encore à ceux qui ont perdu leur enfant d'une manière ou d'une autre. Mes enfants s'en vont certes, mais ils sont heureux, en pleine santé et pleins d'avenir. Et j'ai pensé à l'immense chance que j'ai.

    Nous sommes allés samedi fêter les soixante ans d'une amie. Elle a pris la parole pour remercier tous ses amis d'être là autour d'elle pour passer le cap de la soixantaine et elle nous a rappelé que le jour de la fête de ses 50 ans, il y avait près d'elle une petite fille qui aimait aussi beaucoup parler dans un micro. Que malheureusement aujourd'hui, elle n'était plus là. Et j'ai repensé à l'immense chance que j'ai.

    J'ai passé la soirée à côté d'un vieux monsieur de 92 ans, absolument charmant. Il nous a regardés valser et danser à plusieurs reprises et m'a murmuré à mon retour à côté de lui : "Comme je vous envie, madame ! Dansez tant que vous pouvez". Et j'ai repensé à l'immense chance que j'ai.

  • Non fuggite lieti istanti della mia felicità….*

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    * Ne fuyez pas, doux instants de bonheur… (Le barbier de Séville de Rossini).

    Toute une semaine de moments de bonheur les uns après les autres. Des moments de plaisir des sens, des moments de chaleur humaine, des moments de douceur de vivre…. Comment ne pas se réjouir à chaque instant d'être en vie, en bonne santé, tout comme ceux qui nous entourent, comment ne pas profiter pleinement de tout ce qui nous est offert ?

    Samedi: Je vais m'acheter une paire de chaussures (enfin deux), toujours les mêmes mais dans d'autres couleurs, dans ce magasin qui vend tout au long de l'année les mêmes chaussures tellement confortables qu'une fois essayées, elles sont adoptées et qu'il devient difficile d'acheter autre chose. J'en suis à ma sixième paire. Toutefois, la dernière paire s'est mise à bailler à la semelle après peu de temps. La propriétaire de la boutique, d'habitude plutôt peu aimable, s'est montrée charmante et m'a offert de remplacer la paire fatiguée et défectueuse par une paire identique toute neuve. Elle a fait ma journée….

    Dimanche: Parmi les livres de la tournée de 12 livres que l'on se partage à 12 en un an, j'ai reçu pour le mois de mai la biographie de Marie Laurencin. Et j'attends chaque jour avec impatience le moment du coucher où je vais retrouver pour quelques instants la butte Montmartre, le Bateau-Lavoir et le Lapin Agile avec Marie, Guillaume, Pablo, Fernande, le Douanier, Gertrude et Alice, tous ces jeunes fous qui vivaient de rien, de couleurs et de fêtes et qui me fascinent aujourd'hui. Parmi les multiples époques où j'aurais aimé vivre, je pense que ce Paris-là m'aurait infiniment séduite.

    Lundi: L'arbre qui se trouve devant l'entrée du bureau où je travaille est sublime. Il est entré dans le printemps tout en bourgeons roses qui se sont ensuite épanouis en magnifiques fleurs blanches. Il verdit lentement jour après jour. Il est tout simplement splendide. Il me fascine et si j'avais le temps je m'arrêterais chaque jour un instant pour l'admirer plus longuement.

    Mardi: Réjouissances festives entre amis pour célébrer l'anniversaire de l'Homme autour d'une table malgache. Une cuisine divine, tout en saveurs et parfums. Le ravitoto, plat traditionnel national est un pur régal: une cassolette de porc longtemps mijotée aux feuilles de manioc pilées et au gingembre accompagnée de riz parfumé au coco et d'une salade de tomates à la coriandre et au kumbava. Un vrai délice. Le tout arrosé au rhum, arrangé ou non. Et cerise sur le gâteau, le couple qui a ouvert récemment ce tout premier restaurant malgache à Bruxelles est exquis de gentillesse, de sourires et d'attentions. Une soirée délicieuse.

    Mercredi: Non contents de l'avoir entouré la veille, les amis lui ont offert des billets pour le concert organisé au Bozar pour célébrer les 90 ans de Toots Thielemans. Ce fabuleux artiste bruxellois nous a époustouflés. Deux heures ininterrompues de morceaux hyper connus mais revus au son de son harmonica légendaire. Deux heures sans même boire une goutte d'eau. Quel souffle ! Il aurait pu aisément éteindre ses 90 bougies ! Le public en délire lui a manifesté haut et fort son enthousiasme et son amour. L'émotion était vraiment palpable et nous, les filles, nous avons essuyé notre petite larme.

     

    Jeudi: Toutes les semaines ne sont pas aussi chargées mais le rendez-vous était fixé depuis longtemps. Soirée à nous deux, cette fois. Deuxième séance cinéma-opéra de l'année et cette fois c'est Figaro qui nous a enchanté les oreilles. On m'aurait dit il y a 30 ans que j'adorerais ça, j'aurais été plus que sceptique et pourtant nous sommes tous les deux de plus en plus enthousiastes. Cette fois, le Barbier de Séville était retransmis du Teatro Regio de Parme, ce qui ajoutait un brin de nostalgie à l'événement, pour moi, la Parmiggiana d'une année. Morceaux archi-connus ou moins connus, prestation enjouée, trois heures de plaisir non dissimulé. 

     

    Je ne voudrais pas avoir l'air d'un papillon écervelé, je sais qu'autour de moi, proches et moins proches vivent une souffrance, que ce soit une maladie soudaine, un divorce difficile, un deuil violent ou les effets sournois de la crise. Je vois les montées d'extrêmes un peu partout, la peur qui grandit. Je ne suis ni hermétique ni aveugle. J'apporte ce que je peux, même si c'est si peu, dans le réconfort. Mais je ne peux pas m'empêcher de souligner ici, dans la bulle qui m'appartient, les moments de plaisir que l'on peut trouver un peu partout.

  • Impressions très personnelles – en vrac

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    Meteo: Difficile de croire qu'on était à la même latitude que Naples ou Madrid. Les gratte-ciels et les rues rectilignes se serrent les unes contre les uns pour former de longs et hauts couloirs où le vent s'engouffre et gèle les os. Il y avait longtemps que je n'avais plus eu aussi froid….

    Mes pieds: J’ai marché, marché, marché. Je suis prête pour Compostelle mais je vais revoir mes distances à la baisse. 4 heures par jour me semblent amplement suffisantes. Au régime de six à sept heures par jour, je ne tiens pas plus de 3 jours. Le matin du quatrième jour, j’aurais bien demandé une chaise roulante. Mais on pourra dire qu’on a sillonné Manhattan en long et en large, en rues et en avenues. Je signale aux guides touristiques que les 45 secondes pour aller d’une rue à l’autre et les 2 minutes pour aller d’une avenue à l’autre sont un peu sous-estimés. Il faut compter avec les feux de signalisation, neuf fois sur dix au rouge quand j’arrive. C’est ainsi que nous avons mal calculé et que nous sommes arrivés au rendez-vous avec Lola avec royalement vingt minutes de retard.

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    Grand Central Terminal: Une gare extraordinaire; on y a passé au moins deux heures. Tout était beau. Du sol au plafond – Ah ce plafond qui représente la voûte céleste, magique ! -. Des guichets aux escaliers. Des quais aux portes battantes. Peu de trains toutefois mais suffisamment pour la maintenir en vie. C'est Paul Auster qui m'y a emmenée, que Sis'Cile en soit remerciée !

    Grayline: Les bus hop on hop off sont parfaits pour voir beaucoup de choses en un minimum de temps. Mais quand il fait deux degrés, le séjour prolongé sur le deck supérieur, en plein vent, sans bonnet et sans gants, fait qu'on renonce à faire le tour complet; on descend au point le plus éloigné du trajet et on revient à pied. C’est ainsi qu’on a arpenté Central Park dans toute sa longueur.

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    Central Park: Un de ces lieux mythiques qui m’a toujours fait rêver. Se dire “j’y suis” et être tellement congelée qu’il m’a fallu une bonne demi-heure de soleil en perfusion pour revenir à la réalité et en profiter pleinement. 

    Beurk food: Nous disions donc 5 portions de fruits et 4 portions de légumes par jour ? Disons tout de suite que ces bonnes résolutions sont intenables lors d’un séjour comme celui-ci. Petit déjeuner américain avec les oeufs brouillés, les pommes de terre et le lard grillé, histoire de se caler l’estomac pour la journée,  un peu de fromage et jambon accompagnés de quelques tranchettes de concombre et de tomates épouvantablement transgéniques et terminer par quelques fruits coupés, melon, ananas et raisin sans aucun goût. La journée, on a fait l’impasse sur le fast food offert à tous les coins de rue (bretzels, bagels, pizzas, hamburgers, hot dogs, pittas, nuts4nuts, …). Deux soirs sur trois, on s’est contenté d’un paquet de chips, fromage et saucisson (je sens littéralement les plaques d’athérome s’aggripper aux parois de mes artères). Le seul soir où on s’est offert un resto, on a visé “italien”, on a lu les commentaires sur internet qui laissaient raisonnablement à penser que ce serait décent. Et même là, déception. A part le café et le vin. Mais le vin versé comme du Coca, à ras bord, ça perd un peu de son charme, même s’il est bon. Je pense que malgré le régime de marche intensive, au mieux, je n’aurai pas perdu un gramme.

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    Les gratte-ciels: Il y eut cette époque où c'était à celui qui pourrait chatouiller le ciel au plus près pour le faire rire plus fort. Contrairement à ce que j'imaginais, l'architecture de ces tours immenses est pensée dans le détail tant au rez-de-chaussée qu'au 86ème étage. Contrairement à ce que j'imaginais, ils sont beaux, très beaux, souvent des chefs d'oeuvre d'art déco. Contrairement à ce que j'imaginais, ils se marient superbement avec toute l'architecture autre de New York: le style géorgien, les cast-iron buildings dans le quartier de Soho, les grandes baies vitrées et la présence d'escaliers extérieurs. Les brownstones à Harlem ou à Brooklyn. A tout moment, j'ai pensé à la Source vive de Ayn Rand.

    Times Square: Le premier soir, fatiguée, sous la pluie, j'ai rien vu et ça m'a plus énervée qu'autre chose. Le lendemain soir, c'était déjà plus sympa. Les deux soirs suivants, j'étais fascinée. Lumières et couleurs, images et mouvements, instantanés et permanence.

    Patinoire du Rockfeller Center: J'adore. Ne me demandez pas pourquoi, je pourrai rester là des heures à les regarder patiner. Et si je savais patiner, j'aurais beaucoup aimé me joindre à eux. 

    Schwarz: J'ai cherché dans tous les rayons l'ancien jouet que ma maman m'avait rapporté de New York quand j'avais 2 ou 3 ans, un petit ours (ou était-ce un hérisson ? ) qui faisait du café et quand le café était prêt et qu'il fumait (si, si), il versait le café dans une tasse. Ce jouet a disparu on ne sait où et 50 ans plus tard, je le cherche toujours.

    Tiffany: C'est un peu idiot, mais je ne pouvais pas éviter d'y aller. Juste mythique.

    Les New yorkais: Les New-Yorkais sont incroyablement sympathiques, gentils et attentifs. Dès notre arrivée – disons une fois passée la halte au contrôle d'identité où, là, on a dépassé le summum de la muflerie exaspérée – , cette gentillesse ne s'est jamais démentie. Du chauffeur de navette qui affichait "complet" et qui a attendu 15 minutes avec nous que la prochaine navette arrive pour être sûrs que nous soyions pris en charge aux vendeurs et vendeuses dans les grands magasins, absolument charmants, engageant juste pour le plaisir une conversation badine mais intéressée par vous, en passant par tous ceux qui travaillent dans l'industrie du tourisme et dont le sourire et la gentillesse ne sont pas juste un outil de travail. Ou du moins font tout pour vous prouver le contraire.

    La consommation d’énergie: Les Américains (ou peut-être seulement les New-Yorkais) sont loin des économies d'énergie qu'on connaît en Europe. Le chauffage fonctionne à fond (en été, la clim' aussi je suppose) et l'eau chaude est facilement à 80°. La première fois que je me suis lavé les cheveux, j'ai bien cru m'ébouillanter.

    Le décalage horaire: Curieusement, j'en ai beaucoup plus souffert à l'aller qu'au retour. Or, on dit que c'est toujours plus dur quand on voyage vers l'est. Je suppose que comme je ne me suis vraiment pas adaptée à l'heure NY en 3 jours, je suis restée dans le rythme européen et au retour, pas le moindre souci. Par contre, sur place, à 7 heures du soir, j'étais cuite et à deux heures du mat' fraîche comme un jardin (je sais, on dit "comme un gardon", mais est-ce que j'ai vraiment une tête de gardon ?)

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    Lola: Framboise sur la lemon tart, j'ai enfin rencontré Lola. J'avais hésité, je ne voulais pas imposer à l'homme une rencontre d'une copine de blog que je n'avais jamais rencontrée moi-même. Mais l'occasion était trop belle et l'envie trop forte. Et elle aussi était disponible, prête à faire une heure et demie en train pour rejoindre New York. Elle m'a dit "manteau noir, écharpe bleue". Ce n'était vraiment pas nécessaire, je l'aurais reconnue entre mille. On s'est trouvées comme si on se retrouvait après quelques semaines d'absence. C'était normal. Comme une amie de la vraie vie. Ce qu'elle est, en fait. On a parlé de tout, de rien, des petits détails de la vie quotidienne. Elle nous a présenté un autre New York, celui de la High Line, une ancienne voie ferrée aérienne désaffectée, reconvertie en parc urbain, une réussite en termes de réaménagement de l'espace. Les deux heures que nous avons passées ensemble se sont envolées comme par enchantement.

     

     

  • Envies de Venise

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    Cette année, les sorcières ont déposé leurs valises à Venise. Il fallait une ville à la hauteur de leur dixième anniversaire d'escapades annuelles. 

    Pour mener leur sabbat tout à leur aise, elles ont loué un appartement en plein centre de la ville mystérieuse, coincé entre ruelle et canal. Elles sont arrivées au compte-gouttes de potion. La sorcière tourangelle et la turinoise sont arrivées les premières. Les sorcières du plat pays sont arrivées beaucoup plus tard. Les premières ont prêté oreille à leur faim et se sont sustentées à la première auberge venue, au grand dam de la sorcière aînée qui avait amené son chaudron dans son grand cabas et un brouet arrache-gosier. Elle les aurait bien gavées de force, si elle avait pu. La sorcière G.O. a distribué les chambres. Et elles se sont endormies d'un sommeil agité de chauve-souris et de philtres magiques.

    Le lendemain, elles ont flâné dans une Sérénissime glaciale mais ensoleillée. Première expo à la Punta della Dogana sur – sorcières obligent – l'Eloge du Doute. Spritz à l'apéro. Dîner à la première auberge ensuite.

    Pour le deuxième jour de congrès, la sorcière aînée avait concocté un programme d'exception: visite privée de la crypte de la basilique Saint Marc et contemplation d'une croix en verre taillé absolument splendide, réalisée par un sculpteur de verre, puis, grâce à sa fille (celle du sculpteur, pas de la sorcière), visite de l'atelier de l'artiste, disparu il y a deux ans. De pures merveilles. 

    Soirée autour d'un repas préparé avec les moyens du bord, autour d'un petit verre de vin. 

    Le lendemain, visite d'une autre expo au Palazzo Grassi et l'heure des adieux a déjà sonné. Chacune a repris son balai et s'est envolée vers ses pénates. 

    On va où l'année prochaine ?

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  • La tirelire

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    Je ne sais plus laquelle de nous trois a eu l'idée mais c'était une bonne, très bonne idée. Après avoir fêté mon anniversaire dans un restaurant bon bon, mais qui coûtait itou, nous avons souhaité renouveler l'expérience l'année suivante, en se préparant financièrement au choc. D'où l'idée d'une tirelire que nous remplirions chaque semaine au badminton à raison de 5 euros par couple. 

    Nous nous étions promis d'ouvrir la tirelire – à l'ouvre-boîte – le soir du réveillon. Pour patienter quelques minutes avant les douze coups de minuit, nous avons rassemblé nos billets de cinq par paquet de dix et nous avons compté notre fortune gastronomique.

    Au bout d'une année de sport assidu, non seulement, nous avons entretenu agréablement notre forme physique, nous avons eu le plaisir de nous retrouver chaque semaine mais aussi nous nous retrouvons riches d'une jolie cagnotte qui émoustille déjà nos papilles. Une jolie galette pour manger à la fortune du pot de ce magicien culinaire. Notre recette annuelle pour célébrer les siennes. Stefano et moi attendons le moment où nous sortirons la tirelire é-ventrée au moment de l'addition.

    Joséfine a promis de racheter une tirelire pour recommencer l'exercice sans tarder.

    Et moi, je pense que je vais faire fructifier l'idée et multiplier les petits cochons à la maison. Pour partir en voyage, offrir un beau cadeau ou donner vie à tout autre projet lumineux. 

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  • Demi-teintes

     

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    Je sais que j'ai une propension surdimensionnée à voir le joli côté des choses, à me comporter comme une "ravie de la crèche", expression que j'adore et que m'a fait découvrir Célestine. Je ne dois même pas me forcer, je suis naturellement contente. Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis née comme cela parce qu'on me rappelera vite fait que, petite, je boudais beaucoup. Mais de toute évidence, cela m'est passé.

    Ce soir, après un weekend heureux, dans les Ardennes cette fois, avec J. et S. et C. et M., je vais essayer de râler un peu et de trouver les petits nuages de ces deux jours. Je me force, je me force….

    – La chambre de l'hôtel était super obscure. Le pire, c'était que c'était voulu, lumière hyper tamisée, bougies partout, murs foncés… Le soir, c'est joli, la journée, ça l'est beaucoup moins. A force, cela devient déprimant…

    – La cheminée dans le salon de l'hôtel refoulait. On a beau être en Ardennes, être parfumée au jambon fumé, très peu pour moi….

    -Il n'a pas arrêté de pleuvoir. On a visité l'abbaye d'Orval sous la pluie, marché deux heures le dimanche sous la pluie et dans la gadoue. Je n'ai quasi rien vu de la promenade, tant j'étais concentrée à regarder où je posais les bottines.

    – Ca m'énerve qu'on suppose que je n'ai pas pris mes chaussures de marche sous prétexte que je ne suis pas une sportive. Alors quand l'Homme utilise mes genoux douloureux pour éviter de faire une promenade juste avant le retour, au lieu de dire qu'il n'a pas envie qu'on rentre tout crasseux dans sa voiture, c'est lui qui se prend mes yeux revolver.

    – J'ai passé la première nuit à essayer de garder tout ce que mon estomac aurait préféré évacuer. A mon avis, les épinards n'étaient pas frais.

    – Un sms professionnel est venu me gâcher une partie du weekend à l'idée que lundi matin, il faudrait préparer des documents en urgence, avant 9 heures. Stress garanti pour débuter la semaine.

     

    Mais voilà, chassez le naturel, il revient au galop:

    – Le lit était moelleux, confortable et tout et tout. La baignoire était super profonde et quand même les bougies dans la salle de bains, c'est joli.

    – Malgré la pluie, l'abbaye d'Orval valait le détour, sans compter la bière et les excellentes tartines au fromage et au jambon d'Ardenne après la promenade.

    – La cueillette du gui par la druidesse J. valait toute la promenade.

    – On n'a pas arrêté une seconde de parler, des bienfaits de l'alimentation bio aux voeux de chasteté des moines, de l'enseignement des mathématiques aux souvenirs de ski, des avantages et inconvénients d'Apple, des i-phones et des tablettes aux plaisirs de la table.

    – J'ai passé deux jours avec des amis avec lesquels je ne m'ennuie jamais et le temps avec eux passe toujours trop vite.

    – On a vraiment des maris exceptionnels. Ou alors, on a vraiment été bien inspirées le jour où on a croisé leur chemin…

    – Le coup de fil d'Anaïs après son premier cours de harpe "Maman, c'est trop trop trop bien !" était une explosion de bonheur qui a fait office de rayon de soleil pour le weekend.

     

  • Que du bonheur !

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    Je fais collection de petits moments tout doux, j'engrange ces pépites pour d'éventuels jours plus durs. Je sais que j'ai de la chance d'être tombée dedans depuis que je suis née mais je ne peux pas m'empêcher d'être contente. Je déjeûnais avec un collègue la semaine dernière qui me disait être heureux, content de sa vie pour le moment. Il me demandait mon avis et je lui ai répondu spontanément: "je suis heureuse à 150%. Si je regarde les 50 ans qui viennent de s'écouler, je ne jette rien ou si peu."

    Et tout me ravit:

    – le weekend que l'on vient de passer en Touraine, chez Olivier et Véro, la douceur de vivre qui les accompagne, le temps offert, le cadre dans lequel ils vivent, conscients eux aussi de la chance qu'ils ont. 

    – le moelleux incomparable du lit dans lequel nous avons dormi comme des marmottes.

    – la sieste annuelle que je me suis offerte.

    – l'incroyable Nutella maison préparé par Vero (Praliné de côte d'or, lait concentré sucré, beurre, ….)

    – sa tarte aux pommes tout simplement exquise.

    – la conversation en "live" sur F@cebook avec Célestine (un vrai moment de bonheur virtuel, plus riche en une demi-heure que en mois de commentaires).

    – la perspective d'un weekend shopping entre soeurs dans une dizaine de jours.

    - le petit moment passé avec Anaïs sur la tombe de mes grands-parents, à nettoyer à la brosse à dents, les lettres encrassées de terre de leurs noms; le soleil sur le dos, piquant des fous rires à l'arrivée de l'autobus qui s'arrête juste à notre hauteur, les passagers perplexes devant notre activité surprenante au cimetière.

    – les premiers repérages dans les magasins pour les cadeaux de Noël et les idées qui commencent à affleurer pour (tenter de) faire plaisir aux uns et aux autres.

    – les deux livres en cours pour le moment qui m'emmènent l'un et l'autre loin, très loin d'ici. L'un m'emmène dans le Japon d'avant la guerre, chronique familiale de 900 pages, tout de suite le temps ralentit. L'autre m'isole dans les transports en commun et me transporte dans le désert en compagnie de candidats réfugiés.

    Et tant et tant d'autres petites douceurs….

     

  • La petite flamme

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    Nous l'avons enterré il y a un an. Six mois plus tard, quelques-uns parmi nous ont eu l'idée de nous rassembler en souvenir de lui. C'était un pari un peu fou. Retrouver et rassembler un certain nombre de jeunes, devenus moins jeunes, qui s'étaient retrouvés été après été, ou hiver après hiver, ou, pour les plus assidus, hiver après été de chaque année, entre 15 et 20 ans, autour de ce sacré bonhomme. 

    Il était moine, passionné de musique – de Bach en particulier, et il animait les retraites organisées pour les écoles à la demande des professeurs de religion. Vu le succès de ces retraites, il s'était lancé dans un projet un peu risqué: organiser ces retraites deux fois par an pour les jeunes de 15 à 20 ans intéressés. Le succès a été immédiat et n'a cessé de croître. 

    Nous avons vécu là des moments extraordinaires, gonflés de tout l'idéalisme de notre adolescence, prêts à soulever des montagnes pour rendre le monde un tout petit peu plus tolérant, un tout petit peu plus ouvert, un rien plus heureux, un rien plus beau. Saison après saison, nous avons entretenu la petite flamme. 

    Certains sont restés proches, voire très proches, après avoir dépassé la limite d'âge de ces retraites pour adolescents et se sont retrouvés régulièrement. Mais la plupart se sont perdus de vue.

    Alors oui, ces retrouvailles après plus de 30 ans étaient un vrai défi. Nous avons vraiment eu besoin de nous présenter pour nous identifier. "Moi, je suis une telle et toi ?" "Ah c'est toi ? Et bien moi, je suis un tel." "Nooon ?" Cheveux gris, calvitie naissante ou franchement avancée, petits ou gros bedons, légers empâtements, lunettes pour la plupart, rides plus ou moins creusées, stigmates de la maladie ou de la vie tout simplement… Personne n'a cherché à cacher sa surprise, certains ont amené des photos de nous, en groupe, vieilles de 30 ans. On a dit ou entendu: "Ah oui, cette fille-là, je m'en souviens, c'était une telle !" "Ah ben oui, c'était moi !" Gloups !. "Et lui là avec son pull gris, c'est qui, sa tête me dit quelque chose ?" "Ah et bien lui, c'est mon ex-mari". Re-gloups !. 

    Mais le bonheur était au rendez-vous, et notre joie n'était même pas feinte. On a revisité tous les coins mythiques de ce monastère, le couloir "transsibérien" – reliant les bâtiments pour hôtes et l'aile réservée aux moines -, le Moulin, le Cénacle ou l'Asekrem, l'église, le réfectoire et les cuisines où on se serait presque disputé pour faire la vaisselle. 

    On a passé une journée entière tous ensemble à se redécouvrir, se raconter le passé, formuler timidement de nouveaux projets.

    Et le plus merveilleux de ces retrouvailles a été de retrouver chez ces 30 cinquantenaires la petite flamme intacte, des instituteurs heureux, des enseignants plein de fougue et de motivation, des notaire, vétérinaire, infirmières, fonctionnaires, journalistes, engagés, motivés, prêts encore à tous les combats.

    J'en reviens gonflée à bloc, pleine d'envies d'en découdre encore un maximum !

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  • Tchèque liste

     L'Art nouveau (à tous les coins de balcon)

    La Becherowska (l'eau-de-vie typique)

    Le Château (à peine entrevu, vu l'heure)

    Dvoràk au petit déjeuner (grandiose, comme le petit déjeuner)

    La petite soeur de la Tour Eiffel (presque copie conforme)

    Le Funiculaire (qu'on n'a pas pris)

    La cathédrale Saint Guy (aux vitraux impressionnants)

    L'Horloge astronomique (un peu décevante)

     L'Incontournable Taupek (la star du dessin animé tchèque)

    Le Jacobin de Dvoràk au Théâtre National (et vivent les sous-titres en tchèque et en anglais !)

    Les Knedlyki (boulettes de farine, accompagnant un rôti de porc et du chou pour obtenir le plat national)

    La Laterna Magika (qu'on n'aura pas eu le temps de voir)

    Le musée Mucha (très bel homme ce Mucha)

    L'église St Nicolas (baroque rococo, j'aime)

    Un soir à l'Opéra (rien de tel qu'une soirée à l'opéra lors d'un city trip)

    Le Pont Charles (débordant de touristes)

    Le Quartier juif (et l'horloge qui tourne à l'envers)

    Le Restaurant italien (Stefano, tu es incorrigible..)

    La vieille Synagogue (impressionnante)

    Les Trdelnik (des gâteaux creux qui se vendent à tous les coins de rue, un pur bonheur, un goût de trop peu)

    Un moment Unique (dans une ville unique)

    La Valtva (ah, les fleuves dans les villes)

    Un Weekend inoubliable (avec des amis formidables)

    XYZ: Dobry dén, Nashlédanou et Dikuji (bonjour, au revoir et merci !)