Catégorie : Friends

  • Vendredi 13 et chat noir (ou pas)

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    Comment décrire ces dix derniers jours ?

    Depuis ce vendredi 13 funeste, moi qui suis tout sauf paraskévidécatriaphobe, moi qui ne jure que par le côté porte-bonheur de ce jour associé à ce chiffre – jour de naissance de ma Sis'Cile, veille de mon mariage et tant d'autres vendredis 13 heureux. 

    Depuis ce vendredi soir où nous nous étions retrouvés entre amis, belges, italiens, français, anglais, espagnols, roumains, avec quelques gouttes de sang polonais, portugais, une vraiment jolie brochette devant le match amical Italie-Belgique, champagne au frais pour fêter le pays gagnant – peu importait le gagnant, pourvu qu'on ait l'allégresse -.

    Depuis ce vendredi soir où la Belgique gagnante à peine au vestiaire, on zappe sur France-Allemagne pour apprendre non pas la fin du match mais le début de l'horreur. Le champagne est resté au frais. 

    Depuis ce vendredi soir parisien jusqu'à ce samedi matin où la Belgique se réveille en état d'alerte maximale. Où on se retrouve, malgré nous, terreau de dingues qui se la pètent. Et où on se lève hébété en se demandant si on fait bien de sortir faire son marché tout en refusant par principe de se terrer.

    Jusqu'à ce samedi matin où les amis qu'on a invités pour le soir même hésitent malgré tout à descendre dans le centre-ville, considéré à risque. Et pour cause, l'armée a rejoint la police, les mitraillettes des automitrailleuses sont déhoussées, les doigts sont sur les gachettes.

    Jusqu'à ce samedi soir où les amis ont pris leur courage à deux mains et un taxi et où on a passé une soirée merveilleuse et délicieuse.Au grand dam des enfants à qui on avait proposé de prendre la relève en cas de désistement confirmé et qui voient des agapes royales leur filer sous les narines.

    Jusqu'à ce dimanche soir où l'état d'alerte maximale se prolonge au-delà du weekend et de l'inquiétude relative, où il convient de prendre des décisions pour les collègues et leur proposer de télétravailler vu la fermeture des écoles et du métro pour les jours à venir.

    Jusqu'à ce dimanche soir où le quartier est bouclé pour cause d'action d'envergure dans les rues adjacentes où pourraient bien se planquer l'ennemi public numéro 1 et ses bombes et où se dit qu'on a bien fait d'inviter les amis le samedi et pas le dimanche.

    Jusque' à ce dimanche soir où la police demande à tous les internautes, facebookers et twitters de s'abstenir de commenter et photographier la progression de l'action en cours pour ne pas en compromettre le succès. Se dire que c'est justement quand ça se passe sous vos fenêtres qu'on voudrait bien rester informés. Voir un déferlement de lolcats sur les réseau sociaux en réponse à cette demande de la police qui, en remerciement le lendemain, a offert à tous les chats de la toile un bol de croquettes. Et se dire que tant qu'il y aura de l'humour……

     

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  • Premiers jours d’automne

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    Lundi: Reprise des cours de portugais. Je pensais qu'après trois mois d'interruption, j'aurais déjà tout oublié et je me suis surprise à retrouver très vite les mots, les conjugaisons, la grammaire, à comprendre tout ce que Maria disait et à y trouver beaucoup de plaisir. Pourtant quand elle a annoncé que le cours risquait d'être déplacé au mercredi – ce qui ne me convient pas du tout, je ne vais tout de même pas renoncer au badminton -, j'ai immédiatement pensé que je remplacerais le portugais par le japonais pour cette année. Incorrigible, je sais, mais je ne vais tout de même pas perdre une année sans langue :-).

    Mardi: Je me suis décidée à aller chez le médecin et me laisser faire cette infiltration. Il a anesthésié légèrement l'endroit de la piqûre et je n'ai quasi rien senti de l'injection. Il m'a même demandé si je sentais déjà la différence. Et de fait, miracle, je ne sentais quasi plus de douleur. Mais une demi-heure plus tard, l'anesthésie s'est évaporée et j'ai vraiment peu apprécié la diffusion du produit dans mon bras. Et cerise sur le gâteau, le médecin considère qu'il y a plus que probablement une indication pour une intervention chirurgicale. Cela me réjouit infiniment, cette perspective d'immobilisation de quelques semaines voire mois. Seul un arthroscanner permettra un diagnostic sûr. Bon, faut maintenant que je me décide à prendre ce rendez-vous là.

    Jeudi: Envol pour notre escapade annuelle avec J. et S.. Rien ne pouvait me faire autant de bien. Tout oublier, un ciel sans souci, une compagnie sans nuages. Atterrissage à Rome, deux heures de route et un agritourisme en pleine campagne. Fatiguée mais déjà relax.

    Vendredi: Un chaton joue les intrus dans notre chambre et résiste aux récriminations de l'Homme qui lui interdit de se vautrer dans la valise ouverte. La journée commence souriante. Débat animé au petit déjeuner, controverse autour d'Uber. J'adore quand Stefano trouve toujours avec calme et pondération les arguments qui contrent un peu l'Homme toujours au combat. Le hasard de la route nous fait passer à une centaine de km de Sienne. Ils se sont mariés là il y a bientôt dix ans et je ne vois pas pourquoi on ne leur offrirait pas le plaisir d'y passer, dix ans plus tard. Petit moment doux dans la ville coquillage. Mini stop au cimetière où repose le grand-père de Stefano, à défaut d'avoir trouvé le cimetière de la grand-mère. Mais on compte sur le nonno pour passer le message. Un peu de shopping, où j'ai fini par acheter ce petit manteau en pilou gris que j'avais essayé à Turin avec mes sorcières, ré-essayé avec l'Homme et les enfants et toujours pas craqué. Plaisir d'avoir craqué malgré les moues de l'Homme en été.

    Le soir, magnifique coucher de soleil rose, qui annonce la pluie. Repas divin mais dans une ambiance feutrée, sombre et silencieuse, totalement incongrue pour l'Italie. Mais il est vrai que rares sont les Italiens dans ce magnifique domaine pour touristes posés. 

    Samedi: Visite du vignoble de Sassicaia, prétexte initial de cette escapade. Dégustation de ce vin d'exception et de ses petits frères, histoire de bien tenir la comparaison. Moment rare. Journée de pluie qui se termine sur la plage pour un coucher de soleil qui enflamme d'or tout ce qu'il touche, se jette dans la mer, face aux courbes parfaites d'un arc-en-ciel complet jaillissant de la montagne. Un instant magique.

    Le soir, retour dans cet agritourisme qui a vu nos enfants petits puis grands s'émerveiller de toute la bontà de la cucina italiana à profusion et plaisir de partager cela avec ces amis-là.

    Dimanche: Direction Bologne, soleil délicieux, flâneries encore et toujours, apéro en terrasse et déjeuner dominical à l'Osteria dei poeti pour finir en beauté. Retour à la maison heureux et les batteries rechargées à bloc.

  • Fin de vacances

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    Vendredi: Cela faisait très longtemps que je n'avais plus passé une soirée seule à la maison. Mes hommes étaient partis charger le bois pour l'hiver et le ramener jusqu'au garage. Je suis rentrée du boulot, j'ai fait quelques parties de Candy Crush, histoire de me vider la tête, j'ai liquidé les légumes de la semaine dans un délicieux minestrone, pris un bain, mangé un petit bout, téléchargé des morceaux que j'avais entendus, découverts et soigneusement notés. Et je me suis offert le luxe d'écouter quelques entretiens avec Amalia Rodriguez. Ces quelques heures pour moi seule sont du pur bonheur. Je ne suis pas un animal solitaire, loin de là, mais quelques heures où je ne dois ni parler à personne ni écouter personne et où je peux meubler le silence comme bon me semble me font un bien fou.

    Samedi: Refaire la couleur, l'épilation et le soin visage après 4 semaines, c'est encore un moment à moi. Mais cette fois, sans stress puisque personne ne m'attendait pour déjeuner, le transport des bûches se poursuivant toute la matinée. Puis direction La Glanerie, faire l'épilation du jardin qui en avait, lui aussi, bien besoin. Encore un moment de bien-être. Je ne peux pas dire que ce soit de tout repos de tondre cet immense jardin, surtout sous 30° à l'ombre à six heures du soir, mais tout ce vert m'apaise.

    Dimanche: Sur la route du retour, l'Homme, le premier, entend un "petit bruit". D'abord, je n'entends rien mais très vite, le bruit s'accentue peu à peu. Un peu comme si quelque chose s'était dévissé. On arrive à bon port toutefois, l'Homme envisage d'amener la voiture au garage le lendemain, et nous repartons chez G et M pour un chouette dîner entre amis. Le bruit s'est encore amplifié et au retour, vers minuit, un autre automobiliste nous signale qu'une de nos roues ne semble plus tenir que par un fil. Nous avons donc abandonné la voiture sans plus attendre et nous sommes rentrés à pied. 

    Lundi: Pendant que l'Homme fait venir la dépanneuse et prend rendez-vous avec le garagiste pour voir ce qui ne fonctionne pas, moi, je vais passer une radiographie et une échographie pour voir ce qui ne fonctionne pas avec mon épaule. Verdict rapide: luxation du tendon du long biceps. Ca fait chic. Déjà le simple fait de mentionner que j'ai un biceps est valorisant; qu'il soit long est un plus, moi qui suis réputée pour mes bras courts; qu'il soit luxé me fait moins plaisir, surtout quand le médecin me traduit "luxé" par "sorti de son logement". Dû à l'usure et l'usage intensif d'un sac trop lourd.

    Mardi: Le généraliste me prescrit donc des anti-inflammatoires, de la kiné, de la patience et une révision du plan sac. Ca promet, moi qui génétiquement suis programmée pour transporter toute ma maison dans un sac (portefeuille, porte-monnaie, trousse de maquillage (toujours être fin prête), brosse à cheveux, clés de ma maison, du bureau, de la maison des parents, téléphone, un sac plastique okazou, des pansements okazou, un petit carnet (celui que Célestine m'a offert un jour à Paris…..), une trousse de bics – au moins cinq – (si jamais je peux dépanner quelqu'un). Et je n'ai pas mon dé à coudre comme ma grand-mère ou un petit pot de lait comme ma maman au cas où on prendrait le café à l'improviste….

    Mercredi: Journée de retrouvailles. Le midi avec Cat, toute bronzée mais torticolée. Le soir avec Josiane et Stefano, au badminton, tout aussi bronzés et pas torticolés. Cela fait du bien de se remettre à bouger, à papoter et à se faire plein de plans théâtres, restos, etc…. La vie est belle.

    Jeudi: Après deux mois de vacances non méritées, d'inertie totale ou presque, et de vide intersidéral au niveau de la réflexion sur le futur proche et lointain, l'intérêt de Quentin s'est enfin réveillé. On a tout passé en revue, la gestion (pour ouvrir son "truc", mais il ne sait pas trop quel "truc"), le développement durable, trouver un job tout de suite et voir plus tard, partir 6 mois en coopération, on a fini sur la comptabilité, faute de mieux. Et tous nos proches atterrés de voir le solaire animal finir assis à un bureau à aligner des chiffres en actif et passif ! Les bouches bées de Josiane et Stefano m'ont secouée et j'ai à nouveau relancé le débat. Et en passant, j'ai mentionné l'enseignement. Et à l'autre bout du fil, j'ai entendu un moineau se gonfler les plumes, une envie se réveiller, une voix s'allumer, une voie s'éclaircir. Reste à voir maintenant si le trop grand nombre d'échecs ne va pas lui fermer cette dernière piste.

  • Retour à Turin

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    Nous voilà repartis pour une deuxième quinzaine de vacances, cette fois-ci avec Anaïs et Quentin. Ils ont chacun laissé leur moitié, l’une à ses examens de seconde session, l’autre à son boulot et gardien de Spock, le chat de la maison, et père nourricier de Miel en fin de quinzaine lorsque Maïté et Jean-Didier nous rejoindront pour quelques jours et que Miel sera totalement abandonné à son triste sort.

    Une première nuit dans un charmant petit hôtel à Besançon avant de passer les Alpes comme nous l’avons fait tant de fois il y a quinze ans. On connait chaque coin de la montée et de la descente du Saint-Bernard, on identifie ce qui a disparu, ce qui a changé, ce qui est nouveau. On arrive à Turin avec toujours le même sentiment de « tornare a casa ». 

    Le bed and breakfast que Kristien nous a trouvé est parfait. Deux grandes chambres dans un vieil appartement turinois, en plein centre ville, que la propriétaire nous a laissées jusqu’au lendemain soir, histoire de nous rafraîchir avant de reprendre la route.

    Nous avons retrouvé Kristien et Kristof chez « les garçons » qui semblaient vraiment très heureux de la surprise. La joie de les revoir était réciproque et il ne manquait que Maïté pour que le bonheur soit total. Le plaisir dans l’assiette et dans les verres n’a eu d’égal que la déception d’apprendre qu’ils fermaient leur restaurant fin septembre. Nous avons alors décidé de prolonger notre séjour du lendemain jusqu’à la fin de la journée et de ne reprendre la route pour la Suisse qu’après être venus savourer un nouveau repas, plus léger. 

    Nous avons passé la journée du lendemain à flâner dans Turin, retrouver tous les endroits que l’on aimait, revoir la maison de loin, la via Roma, la piazza San Carlo, la via Po, le Lingotto et Eataly que je voulais montrer à Anaïs, une pizza à la Fila, une glace chez Fiorio…. avant de retrouver une dernière fois les garçons. Cette soirée était très émouvante dans la mesure où ils avaient annoncé l’après-midi même la fermeture à leur personnel qui, imperturbable, jouait « the show must go on » à m’en fendre le coeur. On les a quittés à regret en promettant de tout faire pour venir à leur table encore une fois avant leur fermeture. 

    Et on repris la route le coeur gros vers la Suisse.

     

  • Mon Grexit à moi

     

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    Voilà. Le dernier de mes Grecs s'en va.

    Nick, mon collègue et partenaire direct est parti il y a un an pour exercer des responsabilités plus importantes aux Pays-Bas. Il me manque encore.

    Antonios, lui, est parti à la retraite en juin. C'est toujours un peu mon ami malgré toutes nos dissensions professionnelles et je sais que je le reverrai.

    Costas, mon chef infernal, parano, colérique mais si attachant, part demain à la retraite. Lui part, amer, déçu, plus tôt que prévu parce que renié par la Direction. 

    Mes trois Grecs qui tenaient "kafeneio" un matin sur deux dans le bureau de Costas, refaisaient le monde la Grèce, discutaient politique à grands cris et palabraient pendant des heures (au lieu de travailler). J'adorais les entendre, j'adorais intervenir parfois, dans la mesure de mon pauvre vocabulaire. Souvent Costas et Antonios se disputaient et Nick essayait de les calmer ou se retirait sur la pointe des pieds et me regardait en levant les yeux au ciel.

    Moi aussi, je me suis disputée avec ces deux-là, jamais avec Nick.

    Costas est bien le seul chef sur lequel je me suis autorisée à crier, un jour où il m'avait vraiment poussée à bout. Je crois bien que je ne m'en suis jamais remise.

    Je me sens un peu orpheline ce matin, je n'entendrai plus de sitôt la musicalité de la langue grecque au quotidien (même quand il ne restait plus que Costas, il appelait sa maman tous les deux jours en Grèce et c'était tout sauf discret) et cela me désole.

    On se fera bien quelques lunches de loin en loin mais ce ne sera plus pareil.

    Une autre ère commence. Je ne sais pas qui sera mon chef dans l'avenir et pendant quelques mois, je ferai fonction et c'est une lourde charge qui va me peser sur les épaules.

    J'espère que les deux semaines de vacances en Suisse vont me permettre de recharger les batteries.

     

     

  • San Michele

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    On se l'était promis. Un de tes derniers souhaits avant de mourir, c'était de voir le Mont St Michel. Mais le temps t'a prise de court. Alors, tes sorcières bien-aimées ont voulu y aller pour toi. Puis on a vite compris que pour la cadette, rejoindre le Mont St Michel au départ de Turin, c'était carrément une expédition d'une journée. On a abandonné l'idée. Et je ne sais plus laquelle d'entre nous a pensé à la Sacra di San Michele. Cette abbaye à une demi-heure de route de Turin pourrait faire l'affaire. San Michele ou St Michel, c'est du pareil au même, non ? Et puis Turin, tout de même, c'est le berceau de notre amitié. 

    On ne pensait pas si bien dire. Arrivées la veille à Turin, nous nous sommes retrouvées pour une soirée spa-apéro. L'apéro j'aime assez, le spa moins. Ca fripe la peau et au bout de vingt minutes, j'en ai déjà marre. Mais mes sorcières bien-aimées aiment tellement ça, les sorties de bain en tissu éponge détrempé et les bains bulles que je n'ai pas eu le coeur de les priver de ce plaisir aquatique. Le lendemain, on a pris la route pour la sacra di San Michele vers onze heures, après une grasse mat' et cappuccino croissant au petit bar du coin. Bien sûr, on est arrivées à midi deux alors que la billetterie fermait à midi pile. Tu devais bien rire de nous, essoufflées, en nage, et dépitées d'être arrivées en retard. 

    On est redescendues tristounettes vers le lac pour déjeuner en attendant 14 heures pour la réouverture de la billetterie.

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    Et nous avons découvert ce lieu sublime que toi, tu avais bien sûr déjà visité et que nous, nous avions négligé en cinq ans de séjour à Turin. On a allumé cinq bougies et on t'a lu la petite bafouille qu'on t'avait écrite pour te dire adieu. Et bien sûr les larmes ont coulé. On avait l'air malin, toutes les quatre, serrées l'une contre l'autre sur un petit banc de prière devant je ne sais même plus quelle statue, en train de renifler et de sortir les mouchoirs.

    Et puis au fond de l'église, on a trouvé un panneau qui nous a expliqué le lien entre le Mont St Michel et la sacra di San Michele. Ce sont deux étapes d'un pèlerinage qui part de St Michael en Irlande et descend vers Jerusalem dans une oblique parfaite en passant par St Michael en Cornouailles, le Mont St Michel, la sacra di San Michele, le monte Sant'Angelo dans les Pouilles et le Mont St Michel à Symi en Grèce. Et cela nous a donné des idées…..

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    Tout en haut de la sacra, on a assisté à une demande en mariage et c'était vraiment un clin d'oeil de ta part.

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    Tu nous as accompagnés tout au long de ce weekend de premières retrouvailles sans toi et c'était vraiment bien. On avait un peu peur de cette première fois et ta présence angélique nous a bien aidées. 

    Mais ton côté sorcière s'est aussi manifesté quand tu as annulé notre avion de retour vers Bruxelles et que nous avons passé le dimanche après-midi, Cat et moi, dans l'aéroport de Turin et que tu nous as déroutées sur Munich avant de nous laisser rentrer paisiblement dans nos chaumières.

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  • Pépites pour le coeur

      

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    Au retour de Cuba, il y a eu Pâques et les retrouvailles familiales autour de la chasse aux oeufs, du repas pascal, des anniversaires de Sis'Cile et l'Homme et autour de la brocante de Mamy B. Cette fois, ce sont plutôt mes filles qui ont pioché parmi les trésors trouvés par Mamy. 

    Puis il y a eu le dîner chez Maïté et JD. Je ne suis pas encore habituée à être invitée par mes enfants et cela me semble toujours un peu irréel. Et pourtant c'est un pur plaisir. J'ai adoré les voir se couper en quatre pour nous, servir l'apéro sur la terrasse de leur nouvel appartement, nous offrir un plat de gnocchi aux asperges et aux champignons et un dessert sublime, une ganache à la fleur de sel et à l'huile d'olive. J'ai adoré qu'elle ait allumé les très vieilles bougies glanées à la brocante de Mamy. J'ai craqué lorsqu'elle a dit à JD qui s'est éclipsé pour préparer le dessert "Vas-y, appelle-moi quand ce sera prêt, je viendrai pour les paillettes" en frappant des mains comme une petite fille. C'est tellement plus joli que de dire "appelle-moi pour j'ajoute la touche finale". Surtout qu'il n'y avait rien à ajouter. 

     Il y a eu ce long weekend en Ombrie. A dix. Cinq couples. Cinq garçons, cinq filles de 45 à 60 ans. Enfin, ce serait plus correct de dire cinq hommes et cinq femmes. Quand devient-on l'un et l'une plutôt que l'autre ? C'était un weekend magique où tout est bien. Les plaisirs de tous les sens, la tendresse, les rires, les découvertes des uns et des autres, le farniente ou presque. Le genre de weekend dont on atterrit avec beaucoup de difficultés.

    Il y a tous ces mercredis soirs où je suis accueillie comme un cadeau de Noël par mes parents pour un petit souper avant le badminton. Et franchement rien ne fait plus chaud au coeur que d'être attendue avec autant de bonheur.

    Et enfin, il y a tous ces moments de plus en plus nombreux passés en la seule compagnie de l'Homme, dans une bulle de complicité joyeuse, qui me font voir les années à venir sous d'heureux auspices.

  • M. et Mme Rêve

    Ce fut un weekend bien occupé. 

    Le vendredi soir, on a cassé le cochon-tirelire pour notre étoilé annuel. L'élu de cette année a été le Sea Grill d'Yves Mattagne. Serions-nous devenus blasés? Malgré les multiples découvertes dans l'assiette – une meringue de betterave rouge, un cube de granité au café, une mousse de yuzu, un pétale de radis – , ce ne fut pas l'éblouissement de nos premières fois chez Bon bon. Bien sûr c'est un bon restaurant, mais très en dessous de nos attentes. 

    Tout était bon, sans plus, mais l'addition était franchement salée par rapport à ce que nous avons mangé. Et l'originalité n'était pas au rendez-vous. En prime un service obséquieux, dépourvu de classe, robotisé, et surtout totalement non chaleureux. Une étoile de trop, certainement….

    Samedi matin, petite démonstration culinaire à l'institut culturel coréen. Sans trop d'intérêt si ce n'est que, malgré son air très critique, l'attention soutenue de l'Homme m'a confortée dans l'idée qu'il aimerait vraiment suivre un vrai cours de cuisine alors qu'il prétend fermement le contraire.

    Samedi soir, pièce de théâtre en italien à l'institut culturel italien (décidément !). Spectacle bon enfant et bon exercice de compréhension à l'audition.

    Et cerise sur le gâteau, le dimanche après-midi: un spectacle époustouflant des danseurs Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, M. et Mme Rêve.

    Partis d'une phrase de Ionesco "Tout ce que nous rêvons est réalisable.», ces deux chorégraphes extraordinaires ont monté un spectacle avec les ingénieurs de Dassault Systèmes qui unit le monde de la danse et de la 3D, de l’expression corporelle et de la programmation logicielle.

    C'était tout simplement magique. Emouvant. Poétique. A couper le souffle.

  • La vie continue

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    Difficile de ne pas penser à elle. Elle est partout, dans les innombrables petits cadeaux qu'elle nous a faits, les coquelicots qui sont sur mon bureau, les cartes postales représentant les anges qu'elle aimait tant, les bougies un peu partout, les boucles d'oreille colorées que je choisis le matin en pensant à elle, encore et toujours. Et aujourd'hui, je n'ai pas résisté à lui envoyer un message de bon anniversaire sur FB, en espérant que là où elle est, elle le fête dignement, entourée d'une ribambelle d'anges qui rient aux éclats.

    En attendant, la vie continue, bien entendu.

    Nous sommes en travaux, on refait notre hall d'entrée et notre chambre, du sol au plafond. Et quand on dit du sol au plafond, chez nous, cela prend toujours des proportions d'échafaudage de quatre mètres de haut. Et ce dimanche matin, le réveil fut plutôt pénible. Il pleut dans ma cuisine à trois endroits différents. Youpie ! Ca nous manquait. Donc, non contents d'avoir le contenu du hall et de la chambre dans le salon, il faut maintenant y ajouter tout ce qu'il nous faut sauver de la pluie dans notre cuisine. Autant dire que c'est le souk chez nous.

    Mais ce n'est pas grave, ce sont les petits alea de la vie. Un peu de musique, faire la cuisine, des compotes encore et toujours (ces petites reinettes n'en finissent pas de proliférer) et le sourire revient.

    Maïté et JD sont revenus du Japon, enchantés, les poches pleins de petits cadeaux pour chacun et chacune.

    Les cours de portugais ont repris, la saison théâtrale aussi, les filles passent en coup de vent ou viennent manger, Quentin est un vrai courant d'air à lui tout seul. La vie continue, quoi …..

  • Bisoucini

      Hanka

    Voilà, tu es partie. Je n'enverrai plus jamais de sms à personne en demandant: "Talkable ?". C'est un mot qui n'existe même pas, qu'on a inventé toutes les deux pour savoir si on pouvait se téléphoner, si on ne dérangeait pas, si c'était le bon moment. Bisoucini non plus d'ailleurs, ça n'existe pas; celui-là, c'est toi qui l'as inventé.

    Je n'arrive même pas à imaginer comment on va faire maintenant que tu n'es plus "talkable". Je crois que je n'ai pas encore vraiment réalisé.

    Ces deux dernières semaines ont été tellement bizarres. Nous sommes allées déjeuner ensemble puis tu as vu le médecin qui a décidé de tout arrêter. Puis je t'ai demandé ce que tu voulais faire de ces derniers mois à vivre et tu as rêvé le Mont St Michel. Claude a tout organisé le soir-même mais deux jours après, tu as vite compris que même ça, tu ne pourrais plus. On a rangé tes papiers, on a paré au plus pressé, le loyer, le gaz, l'électricité, tout ça, pour que tes proches n'aient pas à se casser la tête. Et puis, comme tu le voulais, pour éviter l'encombrement du cercueil dans ta cage d'escalier étroite – tu n'auras décidément pas arrêté de penser aux autres -, on t'a emmenée à l'hôpital quand la fin est devenue imminente. J'ai pu te dire au revoir et te transmettre les baisers des sorcières et tu as souri, pour la dernière fois.

    Quand j'ai prévenu nos anciens collègues, j'ai reçu une avalanche de messages pour dire à quel point tu les avais marqués dans leur vie personnelle ou professionnelle, à quel point ta passion pour les autres les avait touchés chacun personnellement.

    Et voilà, hier, la cérémonie d'adieu que tu nous as préparée de la première à la dernière ligne était à ton image. Grande, magnifique, généreuse et humaine. Tellement.

    Tu me passes le flambeau d'aînée des sorcières. Et c'est un sacré poids sur mes épaules, ça. Mais je prends volontiers aussi le flambeau de la défense des autres que personne d'autre n'a jamais aussi bien porté que toi. Et j'essayerai d'en être digne. C'est ma façon à moi de t'aimer aujourd'hui.