Catégorie : Friends

  • 2017

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    Et dire que j'ai qualifié 2016 d'annus horribilis.

    Ma tête était parfaitement au courant, pas dupe, mais mon coeur les croyait éternels. On a beau stocker l'information dans une petite circonvolution du cerveau, on l'entoure d'une bonne couche d'ouate de cellulose insonorisante. Depuis le mois de juin, Mamy L. a décliné de jour en jour. On nous a annoncé qu'elle ne terminerait pas l'année, elle a perdu du poids jusqu'à ne plus peser que 40 kilos mouillée, elle nous a bien des fois donné à penser qu'elle ne terminerait pas la semaine. On a annulé un weekend à Porto, on est partis en Normandie en été à reculons pour malgré tout se le faire reprocher. Le corps médical, infirmier et psychologue nous a tournés en bourrique, l'hôpital ne voulant plus la garder, la maison de repos la considérant comme privée de ses fonctions cognitives, ce qui est loin d'être le cas, jusqu'à ce que sa fille prenne la seule décision qu'il nous restait à prendre, la ramener à la maison. Et contre toute attente, elle a repris du poil de la bête, entre autres en retrouvant la sienne, sa Bella adorée.

    Elle n'est pas partie et c'est très bien ainsi. Mais celui qu'on n'attendait pas aux portes de St Pierre de si tôt nous a pris par suprise. Parti sans crier gare, sans même le signaler au chauffeur de taxi qui l'a cru endormi, sans dire au revoir…. Papa, tu me manques tellement. Et demain, tu ne seras pas là pour nous accueillir sur le pas de 2018. Pour moi, ce sera encore bien plus dur que le soir de Noël……

    Vovo, le grand-père de Simon, est parti lui aussi, en été. JD a aussi perdu le sien. C'était l'année des grand-pères.

    2017, c'est aussi l'année des secrets de famille. Les dévoilés, les insinués et les sous-entendus. Des secrets lourds comme des pavés dans des mares de larmes, des pavés qu'on porte en bandoulière et qui sont trop lourds pour nos épaules déjà affaissées.

    Mais pour relever la tête, il faut repenser aux 60 ans de l'Homme et aux 30 ans de Maïté. Il faut se souvenir du bonheur d'être entourés d'amis, de la chaleur familiale autour de Mamy et entre nous depuis le départ de Papa et à la chance d'avoir trois enfants merveilleux et trois valeurs ajoutées extraordinaires. 

    Et puis 2017, c'est aussi et surtout la rencontre avec une petite fille que tout le monde à la crèche appelle si justement le petit soleil et qui n'est que sourires et petits pieds dodus. 2017, c'est l'année de Sappho.

    Et la promesse d'un petit cousin dans quelques semaines. 

    Alors, relevons la tête. 

    2018, tu peux venir, nous t'attendons de pied ferme et la tête haute. Nous allons rencontrer un petit conquérant des goals, nous allons fêter les 80 ans de la maman la plus courageuse du monde, nous allons retourner à Venise, nous allons retourner à Preggio, nous allons redistribuer tout l'amour que nous avons reçu sans en perdre une miette. Et affronter ce qui vient, muni de ce bouclier invincible. 

     

  • Sorcières au château

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    Cette année, le congrès des sorcières s'est tenu au château. La classe !

    Plein d'envies nous sont passées par la tête. J'avais proposé Lisbonne ou Barcelone, Cat revenait d'un long weekend à Marrakech et séduite, nous avait fait l'article. Marrakech remportait tous les suffrages mais la difficulté récurrente est de rallier l'endroit, tout de rêve soit-il. Pour les deux sorcières bruxelloises, les moyens de transport sont assez variés et faciles; pour la sorcière turinoise, ce n'est pas simple déjà mais alors pour la sorcière tourangelle, c'est carrément galère.

    Finalement, c'est elle qui a déclaré forfait, non seulement vu l'accès difficile mais aussi parce que pour elle et ses chambres d'hôtes au château, la saison bat son plein et cette année, elle n'a trouvé personne pour la remplacer.

    Alors, qu'à cela ne tienne, si la châtelaine ne peut venir à nous, nous irons à la châtelaine. 

    Et c'était parfait. Elle nous a réservé le gîte où on peut dormir à quatre, elle nous a réservé un super bon restaurant pour le premier soir. Papotes sans fin, shopping à tout va à Tours et à Amboise, petits déjeuners délices, apéros à gogo et partages de vie de filles.

    Comme le dimanche, c'était le deuxième tour des élections, on a vécu l'intronisation du messie Macron et j'avoue que moi qui étais plutôt mitigée, je me suis laissé gagner par la fièvre de Vero et Cat, complètement gaga devant le phénomène Emmanuel. On a fini la soirée sur le slogan débile "Je suis Brigitte".

    Le lundi, on a visité le château de Chaumont et une exposition Flower Power très séduisante. On a pris la pose pour une photo et inconsciemment, on s'est positionnées de façon à laisser une place bien à elle à l'absente, symboliquement devant une fenêtre ouverte. On aurait voulu le faire exprès qu'un n'aurait pas fait mieux.

    Puis les deux Bruxelloises ont repris le Thalys à Paris, quelques heures avant que la Gare du Nord ne soit complètement évacuée pour un nouveau risque d'attentat. Quelle chance pour moi, qui ne voyageais pas avec la plus sereine des sorcières.

    Et nous avons retrouvé nos foyers respectifs, gonflées à bloc de cette amitié si riche. 

  • Sexygénaire

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    Il a eu exactement la fête qu'il voulait: ses enfants et quelques amis, bons vivants, aimant cuisiner, manger et déguster un bon vin. Il a eu la chance d'avoir un cadre de rêve qui s'est offert à lui. Véronique et Olivier ont fermé pour lui leurs chambres d'hôtes et il a pu, grâce à eux, mener la vie de château en pays de Loire. 

    Il a désigné deux chefs en cuisine: une fille pour une brigade de filles en charge de l'entrée, un garçon pour une brigade de garçons pour le plat principal. Et une oeuvre commune pour le dessert. 

    Toujours avec l'aide précieuse de Véro et Olivier, on a coordonné l'approvisionnement des matières premières, la location de la vaisselle, la visite d'un château et de ses caves pour le samedi matin, un grand jeu de devinettes pour l'après-midi et un concert de sonneurs de cors pour le soleil couchant. 

    Les filles dans une cuisine, les garçons dans l'autre se sont activés autour de courgettes poêlées aux amandes fraîches, poudre de curry, menthe poivrée et Serrano, d'une crème de petits pois frais et de St Jacques juste tièdes, beurre au citron vert pour les unes et d'un navarin d'agneau aux petits légumes de printemps pour les autres. Et la mousse au chocolat parfumée au thé matcha, le semifreddo au gingembre et la soupe de rhubarbe ont complété le tout avec délice.

    Il était vraiment heureux. Et malgré le stress lié à toute cette organisation, j'ai fini par profiter du moment et du bonheur de mon sexy.

     

  • Un an plus tard

     

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    Hier était une journée particulière. Je savais qu'elle serait difficile mais je n'ai pas anticipé le déluge qui allait me submerger. J'ai sangloté une bonne partie de la matinée, enfermée dans mon bureau. Personne, pour une fois, n'a osé pousser la porte. Je n'ai pas imaginé que le contexte de la journée allait déclencher ce tsunami. Il faut dire que l'ironie du sort a voulu que nos bureaux déménagent d'un coin presque champêtre de Bruxelles dans la rue où se trouve la station Maelbeek. Les cérémonies organisées dans le métro étaient encadrées haute sécurité et les hélicoptères dans le ciel ainsi que les sirènes continues des voitures de police ont planté un décor rappelant, même si plus que probablement dans une moindre mesure, la situation d'il y a un an dans cette même rue où nous n'étions pas. Tout m'a ramenée à elle qui n'est jamais sortie de Maelbeek. Et j'ai pleuré tout ce que je n'ai pas pleuré ces jours là. 

    De toute façon, la journée lui était consacrée. Le comité créé en son nom – dont j'ai expressément évité de faire partie parce que je sentais bien que je n'en étais pas capable – avait organisé une cérémonie qu'ils souhaitaient sobre mais qui les a rapidement dépassés dès lors que tout le gratin de l'Union européenne a souhaité participer à l'événement. Et ils ont réussi à garder à cette commémoration le caractère sobre et digne qu'ils voulaient. Chapeau les filles, vous avez accompli une prouesse phénoménale et vous avez évité tous les écueils.

    Une plaque à sa mémoire a été placée sur un mur à l'entrée du bureau. Décidément, il était écrit que partout où j'irais, elle me suivrait. Turin, Parme, Evere et bien malgré elle cette fois, Maelbeek. 

     

    https://webcast.ec.europa.eu/commemoration-patricia-rizzo

     

  • Ca sent le printemps

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    Je continue à nager dans les eaux des troubles hormonaux et c'est peu de le dire. Nous avons retrouvé un groupe d'amis que nous avons connus à 18 ans et nous avons tous ensemble, 15 petits-enfants et demi (la demie en question s'épanouissant gentiment dans le rond cocon de Maïté…). Et toutes ces grand-mères réelles ou potentielles ne connaissent ni les bouffées de chaleur ni le moindre problème annexe. De 50 à 60 ans et toutes leurs dents et tous leurs cheveux. Non, mais ? Je suis punie ou quoi ?

    Promis, j'arrête de m'auto-narcisser le nombril. 

    Enfin les jours rallongent, enfin la lumière s'intensifie, ça sent le printemps dans l'air. Maïté s'arrondit, elle fait des listes de vêtements de bébé, de biberons, de doudous, de gigoteuses et de nids d'ange. Anaïs fait des listes de lieux verts et accueillants, d'activités ludiques en tous genre, de robes de mariée délicates, de décorations scintillantes. Moi, je fais des listes de listes de listes.

    On prépare activement l'anniversaire de mon sexygénaire. Un weekend en Touraine chez Véro et Olivier, les filles s'occupent de l'entrée sous la houlette de Josiane et les garçons préparent le "main course" guidé par le naked chef Mitch. Une vraie fête des papilles en perspective.

    On se prépare au déménagement des deux filles en avril. 

    En attendant, le boulot me prend la tête et l'énergie mais l'ambiance est plutôt positive. Il faut juste tenir. 

    Allez, encore deux semaines dormir et ma chère Sérénissime, nous voilà.

     

     

     

     

  • Midi à ma porte

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    Tout est question de perspective. Je me plains – beaucoup – ces temps-ci de mon physique qui part en "oh le boudin !", de mes cheveux qui s'éclaircissent non pas de mèche avec le coiffeur ni sous la grisaille du temps à la neige, mais bien au sens strict du mot, à savoir qu'ils se clairsèment à tout va. Je me plains, je me lamente, je râle, j'enquiquine tout le monde. Et bien sûr, " tout le monde" ne comprend pas de quoi je parle, on ne voit pour ainsi dire rien (je masque bien, évidemment), je suis toujours aussi jolie, je ne change pas, je ne fais pas mon âge, ….. Merci, merci, les amis, les enfants, les collègues, vous êtes trop gentils. Nous ne voyons visiblement pas les mêmes choses. Question de perspective.

    Elle a un enfant en pré-adolescence, il ment sur des bêtises, juste pour éviter les ennuis, juste pour ne pas dire ce qui serait susceptible de la fâcher – et il n'aime pas quand ses beaux yeux se fâchent – , juste pour le plaisir peut-être…. Elle en fait une montagne. Juste comme moi j'en faisais des tonnes quand mes adolescents à moi me cachaient la vérité pour exactement les mêmes raisons. Comme elle, je leur jouais le grand air de la perte de confiance en sol majeur, comme elle je me demandais comment ces enfants allaient finir s'ils osaient déjà me faire ça à 13 ans. Aujourd'hui, je souris de ces petits délits d'initiation à la vie d'adulte, qui permettent de se mesurer à ces colosses que sont les parents. Et je ne peux m'empêcher de trouver qu'elle fait un monde de rien du tout. Question de perspective.

    Je suis moins disponible pour mes collègues parce que la nouvelle hiérarchie m'accapare au moins un tiers de mon temps. Certaines d'entre elles vivent très mal cet abandon de poste. Objectivement, elles n'ont pas besoin de moi, elles sont parfaitement autonomes et fières de l'être. Mais je ne suis plus à leur entière disposition pour lever le moindre doute, pour répondre à la question immédiate, pour rassurer, apaiser ou soulager. Et c'est vécu un peu comme une trahison. Au point de me trouver "moins chaleureuse depuis qu'elle est là". Bien sûr que ce n'est pas le cas, selon moi. Mais pour certaines, la perception est différente. Question de perspective.

    Il n'y a pas là de quoi chercher midi à quatorze heures mais une petite piqûre de rappel sur l'importance de se mettre dans les chaussures de l'autre pour comprendre quel est ce petit caillou qui le blesse.

  • Une si jolie semaine

     

     

    Mardi: Concert avec Mamy. Un moment d'exception. Jordi Savall fait partie de ces musiciens qui ne laissent personne indifférent. On aime ou on n'aime pas. Mais quand on aime la musique baroque, la viole de gamme et les musiques du monde, on ne peut pas rester insensible à ses concerts à thème. Cette fois, il nous a emmenés sur les routes de l'esclavage. Entre plusieurs épisodes allant du début de l'esclavage à son abolition, récités par Kassé Mady Diabaté, il a alterné les morceaux de musique latino-américaine, mexicaine, colombienne et brésilienne et les morceaux de musique d'Afrique Noire au rythme de la kora et du chant de griot. Juste sublime.

    Mercredi: C'était l'anniversaire de Patricia, le premier qu'elle ne fêtera pas. On était quelques unes à s'en souvenir au bureau et à ne rien dire parce qu'il ne servait à rien de s'épancher. Mais chacune savait que l'autre savait et on se parlait avec les yeux. Et on s'est embrassées le soir par sms pour ne pas craquer.

    Jeudi: Et voilà j'attends une petite-fille. Non, non, bien sûr, je ne suis pas enceinte, j'ai largement dépassé la date de péremption mais Maïté et JD attendent un petit baby et ils ont appris ce jeudi que c'est une petite fille. On a fait une petite téléconférence à midi entre filles pour se réjouir de ces histoires de filles. Je reviendrai plus tard sur cette histoire de mère-grand (!) mais je suis tellement ravie pour elle que je fais en sorte d'oublier la galette et le petit pot de beurre e tutti quanti.

    Vendredi: une soirée sous le signe du rire, de l'amitié, d'un dîner plus que parfait et d'un peu trop de vin. Dix amis autour de la table, une ambiance détendue, des fous rires et de la tendresse. Un si joli moment.

    Samedi: de nouveaux fous rires avec Quentin, Maïté, l'Homme et JD déclenchés par des jeux de mots déchaînés, en cascade et sans queue ni tête mais tellement drôles. Le soir, un dîner pour mon anniversaire par J. et S. qui me gâtent chaque année et cette année encore plus que d'autres quand on sait à quel point cette fin de semaine n'a pas été drôle du tout pour ma Joséphine. Et toujours les petits plats dans les grands, même quand elle fait simple.

    Dimanche: Gros cadeau de Simon et Anaïs venus réparer l'ordinateur tombé dans le coma jeudi soir. L'Homme était totalement démuni sans son amie la Pomme mais ce midi il a retrouvé le sourire.

  • La mort, l’amour, la vie

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    La mort, l'amour, la vie…. Les jours se suivent, ne se ressemblent pas mais finalement le cycle de la vie est toujours présent. 

    Jeudi, on apprenait la mort de ce collègue qui s'est pourtant bien battu contre la sale bête. Un collègue aimé par certains, détesté par d'autres, surtout les femmes qu'il apostrophait vulgairement lorsque, les jours de fête, la bière coulait trop à flot. Une espèce d'ours mal léché qui abritait un grand coeur. C'est lui qui nous fournissait le champagne produit par son frère et sa belle-soeur.

    Le lendemain c'est Célestine qui perdait son papa tout doucement, sans faire de bruit.

    Vendredi, on rentrait le bois pour l'hiver. Parce que le cycle des saisons est là et qu'il faut bien que ça se fasse. L'Homme, Quentin, JD ont transféré les bûches de La Glanerie à Bruxelles de 18h à 4h du matin. Avant de reprendre la route pour le dernier trajet, ils ont pris un moment pour regarder la nuit sans nuages et traquer les étoiles filantes.

    Samedi, c'est une collègue de l'Homme qui se mariait avec l'homme de sa vie après plus de dix ans de vie commune et deux jolies petites filles. La mariée était splendide et personne ne pouvait deviner derrière son sourire la douleur matée à coups d'anti-inflammatoires et qu'en guise de voyage de noces, elle rentre mercredi à l'hôpital pour une lourde chirurgie au niveau du dos.

    Dimanche, nous étions invités chez la mamma de Graziella, que nous n'avions plus vu depuis longtemps mais qui ne change pas. A 85 ans, elle nous a préparé un repas de fête tout à l'italienne: la lasagne fatta a casa, les melanzane alla parmigiana, les saltimboccas, les poivrons marinés, le plateau de fromages italiens, les petits fours italiens, le vin italien et la musique italienne. Une immersion dans tout ce qui nous enchante.

    Et ce soir, skype avec Swiss'Sis qui revient de loin après une chute de 4 mètres, après avoir glissé d'un rocher et qui s'en sort avec des hématomes un peu partout, une dose massive d'arnica et des sueurs froides rétrospectives dans le dos. Mais comme elle le dit, quand c'est pas l'heure, c'est pas l'heure.

     

  • Encore un joli weekend

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    En général, je rechigne un peu quand on m'invite à déjeuner le weekend. Un samedi ou un dimanche midi, cela me donne l'impression de bousiller un temps précieux. C'est encore l'ancienne moi, celle d'avant mai 2016 qui veut rentabiliser le temps, qui se réveille. Et donc ce samedi, il a fallu se lever tôt pour faire malgré tout un rapide petit marché avant de prendre la route pour un petit village près de Liège où vit une de mes plus vieilles amies, celles de l'école primaire, ce qui fait déjà un fameux bail. On ne s'est plus vus depuis 3 ans déjà mais c'était comme si c'était hier. C'est un couple d'éternels amoureux, heureux de ce qu'ils ont et pas compliqués. Pourtant la vie ne les a pas gâtés. Deux enfants morts quelques mois après la naissance, un troisième souffrant d'une malformation cardiaque congénitale et une quatrième en pleine santé jusqu'à il y a deux ans où on lui a détecté un cancer du côlon à 30 ans. Sous contrôle depuis mais sous stress toujours. Rien d'étonnant donc que cette amie ait sombré dans une dépression longue et pénible et qu'elle ait évité de voir beaucoup de monde. Mais comme chaque fois, nous avons passé une après-midi agréable, drôle et pleine de tendresse. 

    Le soir, Maïté et JD nous attendaient à la maison. Ils étaient venus chercher une valise pour leur départ au Japon lundi prochain. Ils sont repartis avec quelques polars pour la grimpette du Mont Fuji programmée pendant ces vacances. J'espère sincèrement qu'ils pourront mettre leur projet à exécution parce que le temps annoncé n'est pas fameux fameux et encore moins propice à l'ascension de cette merveille. Comme toujours, quand mes enfants partent loin, j'ai un petit pincement au coeur mais je suppose que ce sera toujours comme ça, quel que soit leur âge.

    Ce dimanche, malgré la pluie, l'Homme m'a obligée à sortir au marché faire le plein de framboises et de myrtilles. Je l'ai tellement bassiné cet été à vanter les mérites anti-oxydants de toute une série de fruits et légumes qu'il se fait un devoir maintenant de me pousser à poursuivre ce régime anti-rouille. Puis, on a passé l'après-midi en cuisine, confitures et tarte aux reines-claudes cueillies le weekend dernier.

    Ce lundi matin, réveil mitigé: Toots Thielemans est décédé cette nuit et Mindulle le typhon accoste au Japon. What !? Mais ma fille et JD partent ce soir. Plus de 500 vols sont annulés et ils ont évacué la tour de contrôle vu les vents de 180 km/heure. Et il faut voir les trombes d'eau. Malgré tout, leur avion a décollé ce soir; je sens que la nuit va encore être tranquille, tiens…..

  • Sorcières à Paris

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    Dix ans plus tard, nous revoilà à Paris. A quatre malheureusement, même si cette fois encore, elle était bien parmi nous. Quel joli weekend ! 

    J'adore retrouver au moins une fois par an ces adorables sorcières. Nos retrouvailles sont chaque fois un vrai bonheur et il est difficile d'imaginer qu'une année se soit passée sans que l'on se retrouve toutes les quatre. On amène toutes nos soucis, on les partage, et puis on les oublie le temps du weekend. 

    Véro nous avait tout organisé: un airbnb dans le Marais, un petit salon de thé pour le lunch où je recommande la salade de lentilles au saumon fumé, divine, et une visite guidée du Quartier Latin. J'adore ce genre de visite, surtout quand la guide est géniale. J'ai appris plein de choses, vu de très jolies choses et passé un moment délicieux. 

    Le petit bistro où on a reposé nos jambes fatiguées mais pas nos langues, jamais fatiguées, était lui aussi une découverte. Simple mais divinement bon. 

    Le dimanche après la visite guidée, on s'est posées au soleil sur une péniche, moment de complicité enivrée dont on ne ressort pas toutes dignes et droites. Le soir, trop fatiguées pour trouver un resto, on s'est fait livrer un thaï bof bof, juste de quoi absorber les deux caipirinhas de l'après-midi. 

    Et c'était déjà la fin; le temps nous a filé entre les doigts mais il était si riche de moments intenses qu'une nouvelle fois, ce weekend de sorcières restera gravé dans nos mémoires.