Catégorie : Friends

  • Déjà juin

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    Vendredi: Weekend de l'Ascension à la campagne avec Princesse Sappho. Toujours un vrai plaisir d'être avec elle. Sage et drôle à la fois. Et pourtant cette fois, elle n'a pas voulu s'éloigner de moi, voire décoller de mes bras. On ne sait toujours pas ce qui l'a inquiétée. Le bruit des tracteurs, des motos, le vent dans les feuilles des arbres, même le coq qui chantait deux maisons plus loin, tout semblait source d'inquiétude. Un seul instant, elle a essayé de vaincre sa peur et de traverser la grande pelouse qui séparait son nonno de moi et passés les dix premiers pas, elle s'est mise à courir en pleurant. Espérons que fin juillet, elle sera moins craintive. Je compte sur Jules pour lui faire oublier tous les bruits.

    Samedi: Journée en cuisine pour recevoir Anne et Guido. Soirée de plein été chaude et mémorable. Ces deux-là sont juste incroyables. C'est la parfaite réussite du couple mixte des deux principales cultures belges, elle pure francophone, lui bruxellois néerlandophone, la parfaite réussite de la famille recomposée, trois enfants séparément, un petit dernier en cerise sur le gâteau, pas mal de difficultés pour nouer les deux bouts mais toujours prêts à faire la fête avec trois bouts de ficelle et une bonne bouteille de vin, généreux, aimants, merveilleux même dans l'adversité la plus terrible comme la perte d'un neveu de onze ans. Je les adore. Nous sommes amies depuis l'âge de 12 ans et nous le serons probablement jusqu'à la mort.

    Lundi: Concert avec Mamy B. de Yuja Wang, pianiste magicienne, virtuose hors pair et incroyablement….. sexy. Elle m'a subjuguée pendant deux heures trente. J'ai rarement vu une technique pareille doublée d'une sensibilité extraordinaire. Et d'une beauté sensuelle à couper le souffle. Du coup, j'ai appris que cette artiste particulièrement exceptionnelle était vertement critiquée, non pas pour son jeu incomparable mais pour ….. ses tenues de concert. Après coup, j'ai lu toute une série d'articles où une brochette de critiques musicaux, tous plus guindés les uns que les autres, la descendent en flammes parce que non, vraiment, ça ne se fait pas de jouer Chopin ou Beethoven en tenue sexy. J'en suis restée sur mon …. 

    Mardi: Première injection de ce nouveau traitement en test aveugle pour l'Homme pour essayer de venir à bout de ces 6 mois de papules urticantes et surtout tenter de mettre un terme à son traitement d'antihistaminiques divers et de cortisone. Le tout lui aura pris toute une journée entre prise de sang, re-prise de sang, injection difficile à faire, questionnaires à remplir et temps d'attente interminables entre chaque étape. Croisons les doigts.

    Jeudi:  Cadeau de ma belle-soeur à l'Homme pour son anniversaire, un spectacle intitulé Les Franglaises. Pas particulièrement motivés, plutôt méfiants parce que "repérés à la télé" – exactement ce qu'il ne faut pas nous dire -, on a été complètement bluffés. On a ri du début à la fin, de ce rire qu'on ne contrôle plus vraiment tant il est répétitif. Cette troupe d'une quinzaine d'artistes polyvalents est partie du principe que nous sommes très nombreux à fredonner des airs méga connus sans trop réaliser ce que nous chantons vraiment. En partant de textes de chansons traduits via Google Translation, ils ont interprété ces morceaux anglais dans leur traduction française littérale et hilarante. Entre Pourpre Pluie, Il pleut des hommes et J'aime le pierre et roule, on a passé un moment super frais 😉

     

  • Tout Eze et tout heureuses

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    Et revoilà les sorcières en vadrouille. Trois jours, trois nuits à Eze, magnifique petit village perché à quelques kilomètres de Nice. Trois jours, trois nuits de papotes interminables, trois jours, trois nuits de fous rires, trois jours, trois nuits de confidences, trois jours, trois nuits de pur plaisir.

    Bien sûr, j'ai toujours un peu de peine à quitter l'Homme mais une fois que je les ai retrouvées toutes les trois, je suis vraiment heureuse. Parce qu'elles sont toutes les trois incroyablement belles et drôles mais surtout incroyablement authentiques.  

    On ne se voit jamais toutes les quatre ensemble plus d'une fois par an et chaque fois, on se retrouve comme si on s'était vues la veille. Enfin, probablement pas, vu les heures qu'on passe à se remettre à jour. Même la cinquième était là, elle a manifesté sa présence en brisant les photophores sur la terrasse alors qu'on parlait d'elle. Et même si scientifiquement, il est clair que la flamme de la bougie fondue au soleil de l'après-midi explique le bris du verre à son contact, la coîncidence n'en restait pas moins sorciérique.

    Dix ans séparent la plus âgée de la plus jeune; la plus âgée a toujours et a toujours eu une longueur d'avance sur tout: les enfants, les ados, la ménopause, les petits-enfants, les petits soucis de santé and so on. Mais elle n'a pas réponse à tout, elle n'a pas eu de jumeaux, elle n'a pas eu à affronter l'anorexie, n'a pas vraiment eu  besoin de réinventer sa vie, n'a pas ses parents malades à distance.Et quand bien même, elle aurait vécu tout cela, son expérience n'a que peu de poids puisque chacun vit sa vie avec ses propres références, son propre cadre, sa propre expérience.

    Nos vies se poursuivent chacune en parallèle et prennent la tangente pour se croiser le temps de quelques capuccinos, de quelques apéros et de quelques confidences qu'on ne ferait à personne d'autre, avant que chacune ne reprenne son chemin, toujours plus riche qu'avant.

  • Et janvier a filé

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    Le lâcher prise, c'est bien mais à force, on perd un peu pied sur tous les tableaux. Un peu comme les apprentis nageurs, quand on accepte de lâcher la perche ou le bord de la piscine là où on n'a pas pied, il faut aussi apprendre à ne pas paniquer et essayer de garder la tête hors de l'eau. Moi, à force de lâcher prise, je perds un peu le contrôle de tout. Ce blog est négligé, peu entretenu, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à dire. Ma pile de livres à lire menace de s'écrouler, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à lire. Voilà bientôt un an que je me suis offert le mercredi après-midi en me jurant de prendre du temps pour moi. Combien d'expos aurais-je vu en un an ? Deux ? Trois ? Grand maximum. Mais à quoi passé-je donc mon temps ? Et pourquoi file-t'il si vite ?

    Qu'avons-nous fait de ce janvier ? A part les éruptions urticantes de l'Homme qui ne sont toujours pas résolues et qui occupent nos conversations un jour sur deux, le mois s'est à nouveau écoulé entre délicieux moments, nouvelles joyeuses et nouvelles tristes à pleurer, jolis spectacles, réflexions hautement philosophiques et routines rassurantes.

    Un moment sublime et délicieux dans tous les sens du terme dans ce restaurant 2 étoiles incomparable, indécemment cher mais bluffant, en compagnie non moins délicieuse.

    Un essai de guimauve, pas mauvais mais esthétiquement perfectible.

    De nouveaux draps tellement tellement agréables.

    Ce foutu pèse-ma-personne qui me balance un chiffre indécent. Janvier, je te déteste !

    Une soirée d'hommage à Nat King Cole, pas déplaisante mais trop fatiguée pour en profiter vraiment.

    L'annonce de la mort d'un enfant de onze ans, que ses parents ont quitté sur un quai de gare, tout joyeux de partir à la neige. Il mourrait le lendemain, victime d'une rupture d'anévrisme insoupçonnée. Je sais que chaque jour tant d'enfants meurent mais quand ce drame touche des amis qui vous sont proches, je suis chaque fois plus bouleversée que je ne le voudrais.

    Un petit moment tout court avec Jules, le temps d'aller le chercher à la crèche et de le ramener à sa maman. Un petit moment très court mais pendant lequel j'aurais pu le manger tout cru dix fois.

    Des moments plus longs avec Mademoiselle Sappho, de plus en plus loquace et si charmante.

    Trois petites heures à la maison-jardin, le temps de récupérer quelques bûches. Arrivés en presque fin d'après-midi, à cette heure mi-figue mi-raisin qu'on dit entre chien et loup, une fois la chaleur revenue dans la maison, le simple fait de passer la porte et de rentrer dans la cuisine réchauffée vous envoie au visage un parfum chaud particulier qui n'appartient qu'à cette maison et qui fait revivre instantanément mon papa. Et j'ai furtivement essuyé les quelques larmes glissant sur mes joues et mon nez qui n'a pas résisté à se plonger dans son écharpe accrochée au porte-manteau.

     

  • Et septembre a filé….

     

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    Lundi:  Katia vient passer la soirée à la maison comme tous les mois. C'est l'occasion de nous retrouver avec ceux qui veulent, les filles surtout, pour une soirée manucure, pédicure, vernis de toutes les couleurs. Katia est rayonnante, enfin encore plus rayonnante que d'habitude. Son fils lui a fait la surprise de lui envoyer sa femme et leur petit Noah tout neuf pendant presque 6 semaines pour que sa maman puisse faire connaissance avec son petit-fils. Elle est radieuse, n'a pas de mots pour dire à quel point elle est heureuse.  

    Mardi: Premier concert de la saison avec Maman. Ce n'est pas n'importe quoi ce soir. Pour fêter l'ouverture de la Présidence autrichienne du Conseil européen, Bozar a invité le Wiener Philharmonic Orchestra sous la direction d'un chef d'orchestre de …. 91 ans. Déjà, respect. De manière très protocolaire, l'orchestre entame l'hymne national autrichien et quelque dix personnes se lèvent respectueusement dans la salle. On peut donc compter les Autrichiens sur les doigts de la main. Puis l'orchestre enchaîne avec l'hymne européen. Et là, à ma grande stupéfaction, une salle entière est debout. Qui a dit que l'Europe n'avait plus que des détracteurs ?

    Mercredi: Dans le métro ce midi, un homme s'avance vers moi pour mendier une pièce. Je lui donne quelque chose et il reste devant moi sans oser formuler sa demande suivante. Puis il se lance et me raconte ses difficultés à boucler les fins de mois et surtout son expulsion imminente de son appartement, faute de pouvoir payer son loyer. Il me demande de l'aider, de parler avec son propriétaire. Je suis restée là, complètement démunie, ne sachant trop que lui dire, bafouillant l'une ou l'autre ânerie, consciente de ma stupidité. Puis j'ai profité de l'arrivée de la rame de métro et de mon rendez-vous à venir pour filer sans demander mon reste. Mais je me demande encore comment j'aurais dû réagir.   

    Jeudi: Je suis seule à bord, ma chef est déjà partie. La directrice convoque une réunion dans le quart d'heure. Je suis sensée remplacer ma chef mais moi j'ai un avion à prendre dans deux heures. Je ne peux pas rester. J'attrape la première collègue décente qui passe dans le couloir et je lui demande la faveur de me remplacer. Elle accepte sans trop de difficultés. Dans les cinq minutes qui suivent, je reçois un mail de sa collègue directe, plus légitimée à participer à cette réunion, qui se plaint de mon choix. Elle souffre depuis quelque temps d'une mise à l'écart et cette décision prise un peu à la légère ne fait qu'exacerber ce sentiment d'exclusion. Je prends la peine de lui répondre et de m'excuser avant de vite fermer boutique et de rassembler mes afffaires pour partir. En quittant l'étage, je m'arrête devant son bureau et je la retrouve en pleurs. Je suis tellement désolée de voir comment parfois un simple malentendu, une petite maladresse peut avoir des conséquences insoupçonnées. 

    Vendredi: Lyon avec J. et S.. Première journée à flâner sous le soleil, monter à Croix-Rousse, redescendre par des petites rues sympas, revoir la fresque des Lyonnais, manger une glace chez Nardone et être très déçus, tomber sur Amorino au hasard dans le Vieux Lyon et craquer à nouveau pour une glace pour masquer la déception de la première. Monter à la basilique de Fourvière à pied, courageusement et se dire que l'effort est bien récompensé. C'est une basilique magnifique. Finir la journée dans un bouchon toujours aussi sympathique, le Bouchon des Filles.

    Samedi: Petit déjeuner dans un bar où l'on fait des capuccinos absolument extraordinaires, longer la Saône avec l'intention de monter jusqu'à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or retrouver Isa puis faire demi-tour pour cause de vent du Nord trop frais pour nos tenues légèrement optimistes. Retourner à l'hôtel pour se couvrir d'une petite laine et prendre le métro pour Saint Cyr. Arriver juste à temps pour le rendez-vous fixé avec Isa pour un petit lunch super sympa et délicieux au Cyr au Thé. Elle est en cuisine et n'a pas beaucoup de temps mais elle nous accueille avec sourire. C'est un projet fou qu'ils ont mis sur pied et je les trouve bien courageux. Elle m'a fait rire, elle pense à moi chaque fois qu'elle épluche des carottes. Les copines de blog en connaissent parfois plus sur nous que nos plus proches….. Redescendre cette fois vers Lyon à pied, 25 km par de jolis chemins dans la colline, très beau moment un rien gâché par une envie insupportable de faire pipi. Terminer le weekend dans un bouchon réputé, Daniel et Denise, mais qui nous a déçus.  

    Dimanche: Retour à la maison après un trajet la tête à l'envers. Première fois de ma vie que j'oublie ma valise au contrôle de sécurité en étant totalement persuadée que l'Homme l'avait prise et que non, non, non, je ne l'ai pas oubliée, je suis certaine qu'on a quitté la sécurité la valise à la main.  Très contrariée, je rumine à la porte d'embarquement. Au moment d'embarquer, je réalise que j'ai oublié mon livre sur un siège dans la salle d'attente. Je n'en reviens pas d'être aussi distraite. Arrivés à la maison, je reçois un mail de l'hôtel qui dit: 

    Chère Madame,

    Cela a été un plaisir de vous accueillir et nous espérons que vous avez apprécié votre passage chez nous.

    Ce matin, lors de votre départ, il semblerait que votre tête soit restée au fond de notre confortable lit… En effet, nous avons retrouvé dans votre chambre un sèche-cheveux vous appartenant.

    Si vous envisagez de revenir nous voir bientôt, nous serons ravis de le mettre de côté pour vous.

    Dans le cas contraire, nous pouvons, bien sûr, vous le renvoyer.

    Je ne sais pas si j'ai laissé ma tête au fond de leur confortable lit mais en tout cas, elle n'est plus solidement ancrée sur mes épaules. 

  • Nostalgies

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    Sur la route des vacances, on oscille entre Radio Nostalgie et l'Info Trafic. Ca roule plutôt bien. Les vieux morceaux s'enchaînent et mon esprit vagabonde. Il y a les morceaux que j'adore, les morceaux qui ne me parlent en rien et puis, il y a les morceaux qui éveillent une image. Toujours la même. Je veux dire, une chanson bien spécifique fait naître un souvenir bien particulier. 

    Juste quelques-uns, entendus là sur la route:

    Like a virgin de Madonna: Je suis à Turin. J'ai laissé mari et enfants à grands regrets à Bruxelles. L'Homme a dit que c'était une opportunité en or, qu'on devait partir, ce serait bien pour les enfants, cette ouverture sur autre chose. Moi, je ne voulais pas mais je me suis laissée faire. Mais il fallait que les enfants terminent l'année scolaire, le temps que je passe la période d'essai. Pas la peine de déménager toute une famille si on ne me gardait pas à l'issue de cette période. Donc, pendant neuf mois, j'ai fait l'aller retour Bruxelles-Turin et obtenu de travailler trois jours sur place et deux jours à distance, histoire de ne pas me priver de trois petits enfants, si petits, que les trois jours hebdomadaires de sevrage me restent encore en travers du coeur, 25 ans plus tard. 

    Madonna donc. Il faut préciser que ce nouveau boulot n'était que la prolongation du précédent et que je n'étais pas seule à partir. Nous étions 30 collègues à quitter Bruxelles et à nous retrouver pendant quelques temps, logés dans le même hôtel, accolé au bureau, le temps de trouver un logement plus permanent. Trente garçons et filles entre 20 et 35 ans. Tous célibataires et plein de fougue. Sans enfants. J'en avais 35 et 3 enfants. Après le boulot, on se retrouvait tous au bar de l'hôtel. Et Silvana chantait Madonna. Dansait Madonna. Et me subjuguait. Ce morceau reste à jamais associé à cette courte période d'insouciance en contradiction avec mon statut de maman de 3 jeunes poussins.

    Roxane de Sting: J'ai 20 ans. La vraie insouciance cette fois. Je ne dois penser à rien d'autre qu'à mes études et mes amours. Je fais des pauses à la cafetaria qui n'est rien d'autre qu'un deux-pièces au premier étage d'une vieille maison délabrée. On boit de la bière, beaucoup, on joue aux cartes, on rigole. On chante aussi. Tout le répertoire des chansons d'étudiants. Et on revisite les tubes du moment. Ro-xaaaaan est devenue Weeeeeb-ster du nom d'un petit bouclé un peu timide qui se faisait chambrer chaque fois qu'il passait le bout de son nez à la porte de la cafetaria. Je ne chante plus jamais Ro-xaaan d'ailleurs mais bien le nom de ce type dont je me demande bien d'ailleurs ce qu'il est devenu.

    The battle of Jericho des Golden Gospel Singers: Je suis à nouveau à Turin. L'Homme et les enfants m'ont rejointe. L'Homme fait l'aller-retour entre Bruxelles et Turin à son tour pendant quelques mois. Au printemps suivant, je n'y tiens plus, lui non plus, il prend une pause carrière de quelques années et joue les papas au foyer au grand bonheur de tous, sauf moi peut-être qui aurais secrètement préféré le scenario renversé. Probablement à cause de ce manque des enfants à jamais imprimé dans ma peau. Ce sont néanmoins les années de la vie douce en Italie. L'appartement est vaste, chaque enfant a sa chambre, la terrasse est une pièce de vie à part entière. Le boulot n'est pas simple, j'ai accepté un job au-dessus de mes compétences mais on m'a tellement seriné que je me sous-estimais que j'ai fini par y croire. Je l'ai payé par après mais c'est une autre histoire. En attendant, la vie était douce. Pas d'heures supp', le temps de prendre un cappuccino le matin entre copines/futures sorcières, lunch avec l'Homme le midi, des enfants dorés comme des brioches, gais comme des pinsons, heureux comme des poissons dans l'eau dans cette bulle de bonheur. Le premier ordinateur, les débuts d'Internet, le jeu video en famille – le papa qui joue à Tomb Raider et les enfants qui jouent les supporters sur ses genoux ou dans son dos -. Pas de mp3 encore, mais un lecteur CD à cinq platines, le luxe. Et The Battle of Jericho qui tourne presque en boucle pendant qu'on range la maison, en sautillant au-dessus des rayons de soleil qui rentrent par les porte-fenêtres et baignent la maison entre ombre et lumière. 

    Bye bye Baby des Bay City Rollers: J'ai 15 ans. Je suis à la mer avec elle. C'est ma meilleure amie. Celle qu'on adore par dessus tout à l'adolescence, qu'on quitte à quatre heures à la fin des cours et à qui on écrit une lettre le soir parce qu'entretemps on a mille choses à lui dire. Ses parents m'ont invitée à passer une semaine avec eux à la mer pendant les vacances de Pâques. On parle jusqu'à plus soif. On se promène, on saute depuis la digue dans le sable, des sauts d'une hauteur inimaginable, on n'a peur de rien à cet âge là. On a repéré deux frères plutôt mignons. Etienne et Stéphane. Elle choisit Etienne, moi Stéphane. Il est né le 1/9, moi le 9/1. C'est un signe indéniable que nous sommes faits l'un pour l'autre. Nous sommes bêtes comme le sont les ados. Elle a acheté une eau de toilette au parfum très frais. Eau jeune. J'adore. Et les Bay City Rollers passent en boucle.

  • En mai, tout ce qui m’a plu

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    Le mois de mai s'est ouvert sur le sabbat annuel des sorcières, à Anvers, cette fois. Trois jours de retrouvailles avec ces trois canailles, si chères à mon coeur. La cinquième était présente malgré elle; le premier soir, K. avait réservé une table pour cinq, sans s'en rendre compte, par une inadvertance lourde de sens. Si l'hôtesse du restaurant n'a pas fait grand cas de cette erreur de couverts, elle, et nous par ricochet, a mis quelques instants à s'en remettre. H. était donc là, parmi nous, encore et toujours. 

    On a passé 4 jours avec petit Jules pendant que ses parents fêtaient les 30 ans de Simon sur la côte d'Opale et s'offraient par la même occasion 3 nuits complètes. Nos nuits l'étaient moins, nos jours ont été plutôt chahutés, petit Jules ne nous a pas laissés beaucoup de répit. Mais quand il ne fait pas la grosse moue et qu'il ne pleure pas, il a l'art de décocher un sourire dévastateur, lumineux et enchanteur.  Rien que pour ce sourire, j'attends avec impatience le prochain besoin de nuits récupératrices de ses parents. Pour autant que je ne sois pas moi-même en gros manque de sommeil. 

    L'amitié, toujours au rendez-vous, en ce mois de mai, et les 50 ans de S. nous ont réunis, comme il y a dix ans – déjà -.  On prend (presque) les mêmes et on recommence. On passe une première nuit à Rome, on retourne dans des restaurants qui nous sont mythiques tant chaque bouchée trouve immédiatement le point G de nos papilles. On se balade, le coeur en fête, dans cette ville tout aussi mythique, on retrouve la fontaine de Trevi, restaurée, en fonction cette fois et c'est juste un moment de pur bonheur. Puis on prend la route et on retrouve cette divine maison de J et B en Ombrie, où la douceur de vivre et le farniente total ont été vécus comme le luxe suprême. 

    Ce joli weekend s'est terminé par un des plus beaux concerts de ces dernières années: la dernière tournée de Joan Baez. Subjuguée du début à la fin par cette infatigable militante, par ses paroles, sa présence, sa beauté à 77 ans. 

     Un dîner en pleine semaine avec des amis devenus insaisissables, tant ils voyagent par monts et par vaux. Nous avons mis des semaines à trouver une date commune pour nous retrouver et nous avons fini par nous rabattre sur un soir de semaine si on voulait se voir avant Noël. Mais ce fut un dîner agréable, où on a presque retrouvé l'insouciance et la joie de vivre de nos vingt ans. Ils ont mis leur mal-être et leurs récriminations au vestiaire et cela nous a fait un bien fou.

     Et ce joli mois de mai s'est terminé dans une bulle de poésie. Petite Anne m'a emmenée à la Fondation Folon que je n'avais jamais visitée malgré une envie jamais assouvie. Il faisait délicieux, le château de La Hulpe est un endroit paisible et serein et l'exposition Folon était surprenante. 

    Il y a longtemps que je n'avais plus appliqué les adages aussi à la lettre: En mai, j'ai fait ce qui me plaisait.

  • Entre hiver et printemps

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    Lundi: Je continue à tout faire pour ne pas rater l'entraînement tous les lundis midi. Ce n'est pas encore vraiment de l'addiction mais presque. Et pourtant, on peut dire que ça me coûte. Non seulement, je pense bien que je n'y suis jamais allée sans que ce soit un jour de pluie ou pire, de neige. Et David le coach ne lésine pas sur le côté cardio, mon point faible. Mais je persévère. Et, c'est bête, je pense bien que cela fait partie de sa formation de coach, mais quand il me félicite, c'est comme si j'avais 8 ans et que l'institutrice me tapote la tête en me disant "C'est bien !".

    Mardi: Baby sitting express chez petit Jules, le temps de permettre à sa maman de faire un aller retour chez le médecin pour une visite de contrôle. Enfin seuls, lui et moi. Et c'est un moment où on se rencontre enfin, tout en douceur et caresses. Il a cette peau douce et fragile à la fois, que seuls les tout petits ont encore. Il s'exprime par petits essais de areuh ou alors par des pleurs aussi subits que puissants. Quelques chansons et caresses le calment un instant et ses yeux semblent vous regarder pour vous dire toutes les choses qu'il ne peut pas exprimer. Et dans ces moments-là, j'éprouve pour lui toute la tendresse du monde. 

    Mercredi: Ce mercredi, je le réserve à ma maman. Quand j'arrive, elle est en pleine tractation avec le jeune voisin qui lui rachète la voiture de papa. Elle est contente de voir cette voiture partir dans des mains connues et surtout appréciées de Papa. Enfin, le monsieur, pas les mains. 

    Jeudi: Visite de contrôle chez le médecin. Tout va bien. Sauf qu'il entend toujours un léger sifflement dans mes poumons. La fin de bronchite diagnostiquée par la pneumologue n'était pas une bronchite selon lui. Mais quoi alors ? Il ne sait pas, on contrôlera la prochaine fois. Du coup, j'oublie de parler de mes pieds. Ah mes pieds…. A gauche, j'ai l'impression de marcher sur des lames de rasoir, à droite, l'oignon, ce cornichon, me fait crier "aïe" à chaque pas. Je ne supporte plus que les boîtes à chaussures. Je ne peux quand même pas marcher pieds nus en ville. Je sens qu'il va falloir qu'on déménage en bord de plage.

    Vendredi: Spectacle de danse le soir. Aline et Quintijn ont monté un spectacle entre danse, cirque et féérie. J'étais très fatiguée et mes pieds me faisaient terriblement souffrir. Mais j'ai profité de ce moment de magie, malgré, quelquefois, les paupières très lourdes.

    Samedi:  Il neige. On croyait l'hiver terminé mais non, il a repris du service. Et il fait froid. On fait quelques courses, mais au pas de course, on se les gèle trop. On fait un saut chez Mamy qui n'a plus de connexion internet. En arrivant dans sa rue, je ne vois plus la voiture de Papy. Se peut-il que le jeune voisin l'ait déjà emmené en France, comme il en avait l'intention? Je ne peux pas arrêter les larmes qui coulent soudain. Ce n'est qu'une voiture, me dit l'Homme. Oui, bien sûr. Je ne pleure pas la voiture, je pleure un nouveau coup de gomme sur tout ce qui faisait le quotidien lié à mon papa.

    Dimanche: Matin maussade, estomac barbouillé de la veille, dîner gastronomique annuel après avoir cassé la tirelire du badminton. Mais puisqu'on a préparé un osso buco pour les lovebirds, Q et K, qui viennent manger ce midi, il faut bien se forcer un peu. Après-midi Sappho, bougonne parce qu'encombrée, mais toujours aussi craquante malgré tout. N'empêche, elle commence à bien savoir ce qu'elle veut et surtout…. ce qu'elle ne veut pas.

    Et la semaine se termine au coin du feu….

  • 2017

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    Et dire que j'ai qualifié 2016 d'annus horribilis.

    Ma tête était parfaitement au courant, pas dupe, mais mon coeur les croyait éternels. On a beau stocker l'information dans une petite circonvolution du cerveau, on l'entoure d'une bonne couche d'ouate de cellulose insonorisante. Depuis le mois de juin, Mamy L. a décliné de jour en jour. On nous a annoncé qu'elle ne terminerait pas l'année, elle a perdu du poids jusqu'à ne plus peser que 40 kilos mouillée, elle nous a bien des fois donné à penser qu'elle ne terminerait pas la semaine. On a annulé un weekend à Porto, on est partis en Normandie en été à reculons pour malgré tout se le faire reprocher. Le corps médical, infirmier et psychologue nous a tournés en bourrique, l'hôpital ne voulant plus la garder, la maison de repos la considérant comme privée de ses fonctions cognitives, ce qui est loin d'être le cas, jusqu'à ce que sa fille prenne la seule décision qu'il nous restait à prendre, la ramener à la maison. Et contre toute attente, elle a repris du poil de la bête, entre autres en retrouvant la sienne, sa Bella adorée.

    Elle n'est pas partie et c'est très bien ainsi. Mais celui qu'on n'attendait pas aux portes de St Pierre de si tôt nous a pris par suprise. Parti sans crier gare, sans même le signaler au chauffeur de taxi qui l'a cru endormi, sans dire au revoir…. Papa, tu me manques tellement. Et demain, tu ne seras pas là pour nous accueillir sur le pas de 2018. Pour moi, ce sera encore bien plus dur que le soir de Noël……

    Vovo, le grand-père de Simon, est parti lui aussi, en été. JD a aussi perdu le sien. C'était l'année des grand-pères.

    2017, c'est aussi l'année des secrets de famille. Les dévoilés, les insinués et les sous-entendus. Des secrets lourds comme des pavés dans des mares de larmes, des pavés qu'on porte en bandoulière et qui sont trop lourds pour nos épaules déjà affaissées.

    Mais pour relever la tête, il faut repenser aux 60 ans de l'Homme et aux 30 ans de Maïté. Il faut se souvenir du bonheur d'être entourés d'amis, de la chaleur familiale autour de Mamy et entre nous depuis le départ de Papa et à la chance d'avoir trois enfants merveilleux et trois valeurs ajoutées extraordinaires. 

    Et puis 2017, c'est aussi et surtout la rencontre avec une petite fille que tout le monde à la crèche appelle si justement le petit soleil et qui n'est que sourires et petits pieds dodus. 2017, c'est l'année de Sappho.

    Et la promesse d'un petit cousin dans quelques semaines. 

    Alors, relevons la tête. 

    2018, tu peux venir, nous t'attendons de pied ferme et la tête haute. Nous allons rencontrer un petit conquérant des goals, nous allons fêter les 80 ans de la maman la plus courageuse du monde, nous allons retourner à Venise, nous allons retourner à Preggio, nous allons redistribuer tout l'amour que nous avons reçu sans en perdre une miette. Et affronter ce qui vient, muni de ce bouclier invincible. 

     

  • Sorcières au château

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    Cette année, le congrès des sorcières s'est tenu au château. La classe !

    Plein d'envies nous sont passées par la tête. J'avais proposé Lisbonne ou Barcelone, Cat revenait d'un long weekend à Marrakech et séduite, nous avait fait l'article. Marrakech remportait tous les suffrages mais la difficulté récurrente est de rallier l'endroit, tout de rêve soit-il. Pour les deux sorcières bruxelloises, les moyens de transport sont assez variés et faciles; pour la sorcière turinoise, ce n'est pas simple déjà mais alors pour la sorcière tourangelle, c'est carrément galère.

    Finalement, c'est elle qui a déclaré forfait, non seulement vu l'accès difficile mais aussi parce que pour elle et ses chambres d'hôtes au château, la saison bat son plein et cette année, elle n'a trouvé personne pour la remplacer.

    Alors, qu'à cela ne tienne, si la châtelaine ne peut venir à nous, nous irons à la châtelaine. 

    Et c'était parfait. Elle nous a réservé le gîte où on peut dormir à quatre, elle nous a réservé un super bon restaurant pour le premier soir. Papotes sans fin, shopping à tout va à Tours et à Amboise, petits déjeuners délices, apéros à gogo et partages de vie de filles.

    Comme le dimanche, c'était le deuxième tour des élections, on a vécu l'intronisation du messie Macron et j'avoue que moi qui étais plutôt mitigée, je me suis laissé gagner par la fièvre de Vero et Cat, complètement gaga devant le phénomène Emmanuel. On a fini la soirée sur le slogan débile "Je suis Brigitte".

    Le lundi, on a visité le château de Chaumont et une exposition Flower Power très séduisante. On a pris la pose pour une photo et inconsciemment, on s'est positionnées de façon à laisser une place bien à elle à l'absente, symboliquement devant une fenêtre ouverte. On aurait voulu le faire exprès qu'un n'aurait pas fait mieux.

    Puis les deux Bruxelloises ont repris le Thalys à Paris, quelques heures avant que la Gare du Nord ne soit complètement évacuée pour un nouveau risque d'attentat. Quelle chance pour moi, qui ne voyageais pas avec la plus sereine des sorcières.

    Et nous avons retrouvé nos foyers respectifs, gonflées à bloc de cette amitié si riche. 

  • Sexygénaire

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    Il a eu exactement la fête qu'il voulait: ses enfants et quelques amis, bons vivants, aimant cuisiner, manger et déguster un bon vin. Il a eu la chance d'avoir un cadre de rêve qui s'est offert à lui. Véronique et Olivier ont fermé pour lui leurs chambres d'hôtes et il a pu, grâce à eux, mener la vie de château en pays de Loire. 

    Il a désigné deux chefs en cuisine: une fille pour une brigade de filles en charge de l'entrée, un garçon pour une brigade de garçons pour le plat principal. Et une oeuvre commune pour le dessert. 

    Toujours avec l'aide précieuse de Véro et Olivier, on a coordonné l'approvisionnement des matières premières, la location de la vaisselle, la visite d'un château et de ses caves pour le samedi matin, un grand jeu de devinettes pour l'après-midi et un concert de sonneurs de cors pour le soleil couchant. 

    Les filles dans une cuisine, les garçons dans l'autre se sont activés autour de courgettes poêlées aux amandes fraîches, poudre de curry, menthe poivrée et Serrano, d'une crème de petits pois frais et de St Jacques juste tièdes, beurre au citron vert pour les unes et d'un navarin d'agneau aux petits légumes de printemps pour les autres. Et la mousse au chocolat parfumée au thé matcha, le semifreddo au gingembre et la soupe de rhubarbe ont complété le tout avec délice.

    Il était vraiment heureux. Et malgré le stress lié à toute cette organisation, j'ai fini par profiter du moment et du bonheur de mon sexy.