Catégorie : Friends

  • Amours, amitiés, santé, petits plaisirs

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    Samedi: Les valises sont défaites, les machines ont presque fini de tourner, y'aura plus qu'à repasser. Je savais le vendredi soir que dès que nous aurions passé le seuil de la maison, le rythme reprendrait sa course folle. Ce matin, à la première heure, rendez-vous chez le coiffeur pour remettre un peu d'ordre dans la couleur de mes cheveux, rendre visite à ma belle-mère et remplir le frigo pour accueillir la tribu demain. Retrouver Maïté et les filles chez nous, impatientes de nous revoir. Anaïs et sa troupe nous rejoignent avec l'intention programmée de nous laisser Samuel et Amalia pour leur permettre de participer à une course de 10 km le lendemain matin. Finalement seul Simon participera et Anaïs conduira Jules à un anniversaire à …. 8 heures du mat'. Nouvelle mode. Au final, Sappho et Lémoni demandent à pouvoir rester dormir aussi. Amalia s'est endormie avant que ses parents ne partent et ne s'est rendu compte de la supercherie que le lendemain matin et m'a bien fait comprendre qu'elle appréciait peu ce genre de procédé. Tout dans les yeux. Mais au moins elle ne pleure pas. Puis elle a fait contre mauvaise fortune bon coeur et a accepté de me parler, toujours avec les yeux. 

    Dimanche: On s'est tous retrouvés pour fêter les 67 ans de l'Homme/papa/nonno. Il était heureux. Et moi aussi. Ils étaient même là très tôt parce que Simon court vraiment très vite. Et que les autres étaient pressés d'arriver aussi. On a passé un bon moment, les petits avec les petits, les grands avec les grands et les petits avec les grands. On a profité de la présence de tout le monde pour valider un projet de weekend tous ensemble dans les Ardennes en novembre pour fêter nos 40 ans.

    Lundi: Petit marathon de plaisirs divers et variés: Lunch à midi avec M., pas très en forme. Maman en convalescence en Italie, où elle habite, après une vilaine chute et compagnon en dépression après un double pontage. Stressée par le boulot, bref, pas joyeux tout ça. Mais contentes de se voir. Je file chez l'esthéticienne puis je cours – pas trop – chez l'orthopédiste pour recevoir une infiltration dans le deuxième genou. Les résultats obtenus pour le premier genou étaient suffisamment concluants pour tenter le deuxième. Et comme cette fois, je sais que ça ne fait absolument pas mal, je suis plus détendue. Entre tous ces rendez-vous, il y a chaque fois 45-50 minutes de métro ou de bus et j'en profite pour me plonger dans un bouquin, autre petit moment de plaisir. L'homme vient me chercher pour terminer la journée autour d'un plat de pâtes chez J et S. Eux non plus ne sont pas en grande forme mais ça passera.

    Mardi: Je retrouve Quentin à la salle de sport mais je ne le vois que quelques minutes. Je suis venue plus tôt que prévu parce que je devais être à la maison à midi et il a un autre client que sa maman préférée à cette heure-là. Mais je suis contente de retourner à la salle après un peu plus de deux semaines d'absence. Je rentre retrouver mes filles qui sont venues télétravailler et Katia qui nous fait une belle séance de manucure et pédicure à tous. Entre deux réunions, mes deux Disneyphiles se montent l'une l'autre un projet de séjour à Disneyland après l'été, alors qu'elles s'étaient juré d'attendre 2025. Mais c'est parti, nous voilà sur un nouveau séjour, mais en appartement cette fois, pour éviter les repasbondutout ou les salades passées en catimini dans les chambres d"hôtel. Et avec Maoh cette fois. 

    Mercredi: Le matin, je retrouve Andrea pour un café – déjà un an depuis le dernier – qui s'éternise jusqu'à midi. Il prépare sa retraite, me raconte son voyage en Inde, sa pratique du yoga, sa maman et le temps file. De là, je rejoins B et Z pour un lunch. Elles me racontent les potins du bureau, leurs enfants qui grandissent et leurs vies de maman. Elles sont belles. Je rentre, le temps de me laver les dents et nous voilà partis chez le dentiste. Il est bavard comme un pinson et on passe plus de temps à l'écouter, la bouche ouverte – nous, pas lui – qu'à se faire détartrer. Puis je rejoins Sis'Cile chez maman et on ouvre le champagne pour son anniversaire. 

    Jeudi: Je pars pour la salle mais c'était sans compter un incident dans le métro et j'ai dû marcher plus d'une demi-heure avec une paire de baskets neuves qui n'avaient pas l'intention de marcher si longtemps au départ. Non seulement, je suis arrivée trop en retard pour que Quentin ait le temps de s'occuper de moi, mais de toute façon, j'étais trop fatiguée et cerise sur l'orteil, je me suis bien blessée au pied. Retour à la maison, en mode grognon. Mais j'ai convaincu l'Homme d'aller au cinéma l'après-midi, un truc qu'on ne fait jamais. Nous sommes allés voir "C'è ancora domani" et c'était un très très bon moment.

    Vendredi: Quentin m'a proposé de venir le lendemain mais très tôt. J'ai pris mon courage à deux mains et me suis levée alors qu'il faisait encore un peu noir. Je suis rentrée et repartie retrouver J pour une expo sur les Surréalistes. C'est fou comme une expo à Bruxelles est nettement moins mise en valeur qu'à Venise. Ou alors suis-je de parti pris ? 

    Amours, amitiés, santé, petits plaisirs, les perles du collier de ma vie…..

  • La vie des autres

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    Lundi: On part tôt le matin pour terminer l'installation des lits superposés pour accueillir 5 pioux sur sept à Pâques. Les deux dernières dormiront encore avec leurs parents. On élague vite un des figuiers avant que la sève ne monte trop. Je change les draps d'à peu près tout le monde et les embarque pour les laver à Bruxelles, histoire d'avoir des draps propres et secs pour tous. Hop hop hop un passage chez le fermier et au supermarché en vue de la visite des amis demain et on repart fissa sur Bruxelles où une préparation de la réunion des copropriétaires nous attend chez les voisins. 

    Mardi: Les amis arrivent de Bourgogne pour trois jours. Pur bonheur de les retrouver. On parle à bâtons rompus sans discontinuer et tout est intéressant dans ce qu'ils nous partagent. Ce qui m'a émue ce sont les récits de famille que Martine m'a partagés. La grand-mère algérienne, naturalisée Française et même rebaptisée d'un prénom bien français français et dont personne de ses petits enfants n'a soupçonné la nationalité avant un âge adulte avancé. Alors qu'elle se faisait appelé Mamouna et préparait si bien la tchatchouka. L'arrière-grand père déposé dans une tour d'abandon, appelée chez nous "boîte à bébés" et dont Martine a fini par retrouver la trace généalogique. Toutes ces histoires de vie méconnues qui sont imprimées dans vos gênes et qu'on ne soupçonne même pas.

    Mercredi: Il fait un magnifique soleil, premier jour de vrai printemps. C'est idéal pour emmener ces amis visiter Bruxelles. On les emmène au Sablon, à la Grand Place, dans les Marolles, place du Jeu de Balle où se tient le marché aux puces tous les jours de l'année. On leur fait découvrir la cuisine typique bruxelloise au Stekerlapatte, vieux bistrot bruxellois dans le quartier des Marolles. On remonte vers le Palais de Justice, le Mont des Arts et on termine la journée devant une pasta alla Norma et un bon verre de vin. Gérard m'a offert des cordes de guitare qu'il a montées et qu'il a ensuite accordées. Il m'a redonné l'envie d'apprendre à jouer de cette guitare, cadeau de mes 20 ans que je n'ai jamais exploité. 

    Jeudi: On abandonne les amis pour la matinée pour aller à l'enterrement de l'oncle de Kerya, parti trop vite et trop bêtement. Une intervention chirurgicale sur les vertèbres cervicales est a priori sans danger et tout le monde l'a encouragé à le faire. Et deux jours après, il fait une hémorragie et part en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Toute la famille est atterrée et incrédule. J'aimais bien ce monsieur qu'on rencontrait aux fêtes d'anniversaire. Ce que je ne savais pas et qu'on nous a appris pendant la cérémonie d'adieu, c'est qu'il avait quitté le Cambodge avec femme et enfants pour fuir le régime de Pol Pot et les Khmers Rouges et se réfugier dans un camp en Thaïlande avant d'atterrir en Belgique et que dans ce camp, ils ont perdu une petite fille de 5 ans, de faim et de froid.

    Vendredi: Les amis nous quittent. L'Homme retrouve un ancien collègue pour le déjeuner et moi je rattrape mon repassage avant de partir chez l'orthopédiste pour ma première infiltration au genou. Même pas mal. Anaïs m'avait pourtant laissé entendre que c'était très douloureux. Sans doute un orthopédiste n'est pas l'autre. Ou la fille serait plus douillette que la mère ? Mais ça, ça m'étonnerait. Le soir, spectacle à La Monnaie, première partie: Rivoluzione. Mai 68 à Paris et en Italie.

    Samedi: Deuxième partie: Nostalgia. Que sont devenus en 2000 tous ceux qui se sont battus en mai 68, lutte armée ou lutte non violente. La plupart du temps, ils se sont rangés vers plus de confort. Leurs vies racontées pendant ces 5 heures de spectacle cumulées me laissent beaucoup de questions. Que laissons-nous à la postérité finalement ?

    Dimanche: Dîner gastronomique avec les ex-collègues de l'Homme. Dix couples autour de la table pendant 7 heures et toujours des histoires de la vie des autres. Celle à qui on a détecté un cancer du sein depuis la dernière fois que l'on s'est vues, celui qui attend un rein depuis deux ans, celle qui a perdu un beau-frère étouffé avec un petit bout de jambon, celle qui passe son examen de piano mardi, des petits bouts de vie comme j'aime les écouter. 

    Les rencontres dans la vie sont comme le vent, certaines vous effleurent juste la peau, d'autres vous renversent. 

  • 2023

     

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    S'il n'y avait pas eu le départ douloureux de Michèle, cette année aura été tellement belle !

    Elle a commencé toute en merveille avec l'arrivée d'Amalia, pour tout dire la sixième merveille du monde, le 3 janvier. 

    J'ai passé le mois de janvier comme un hamster sur une roue pour essayer de finir tout ce que je voulais finir et jusqu'à la dernière seconde, j'ai donné le meilleur de moi-même. Et puis j'ai clôturé 40 ans de carrière, l'estomac noué, le coeur serré, les yeux noyés.

    Et la nouvelle vie a commencé. Il m'a fallu une ou deux semaines d'adaptation, surtout en termes de cohabitation permanente avec l'Homme, mais une fois les compteurs ajustés, un nouveau bonheur s'est installé. Je crois que ce qui m'a fait et me fait encore aujourd'hui le plus plaisir dans le nouveau format, c'est le droit de dormir longtemps. Alors bien sûr, pas tous les jours, selon les impératifs du calendrier, mais souvent. Et au bout de quelques semaines, je me suis surprise à ne plus répondre à la sempiternelle question "Comment vas-tu ?" " Bien mais fatiguée" au point que je m'énervais moi-même de cette réponse invariable. C'est fini, je ne réponds plus jamais en fonction de mon besoin de sieste. Et je trouve ça très luxueux.

    L'autre luxe est de pouvoir partir en vacances quand on veut ou presque et autant qu'on veut ou presque. Et cette année-ci, nous n'avons pas lésiné sur les kilomètres qui nous ont amenés quatre fois en Italie, seuls ou entre amis. La montagne, par deux fois, un grand étoilé transalpin, autre grand plaisir de l'année écoulée, et Venise l'incontournable.

    Et puis le coup de folie, le concert de Stavros Xarchakos, sous l'Acropole à Athènes, sans doute un des plus beaux moments de l'année si pas de ma vie, dans ce registre.

    Mais sans doute ce que je chéris le plus au monde, ce sont les moments avec les pioux, seuls ou en groupe, ces deux mois d'été avec eux, un peu, beaucoup, à la campagne, à la mer ou à Disneyland Paris. Je peux regarder inlassablement les photos sur mon téléphone ou relire les billets de ce blog qui les concernent avec délectation pour revivre ces moments-là.

    Octobre a vu ma reprise en main en termes d'activité physique et j'ai le meilleur coach de la planète. Ce n'est pas parce que  c'est mon fils que je le dis mais il est le meilleur pédagogue qui soit. Et je n'ai pas l'intention de m'arrêter en si bon chemin. Dommage que son père ne soit pas aussi discipliné et disposé à passer le seuil d'une salle de sport. 

    En somme, une année sous le signe de la famille, de ma tribu, de mes pioux, des amis, de la musique, du soleil, des vacances, des bouquins…. S'il n'y avait pas les petits bobos insignifiants à la main, aux genoux, aux poumons et le reste du monde qui part en sucette, 2023 a été une année magnifique !

    Et 2024 s'annonce joliment.

     

     

     

     

  • Décembre donc

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    Lundi: Sur un long weekend de 4 jours à la campagne, avec l'intention de tailler la glycine avant qu'elle ne nous échappe au printemps, petite escapade d'un jour Lille-Paris pour aller retrouver Véronique. On a bien failli rater nos trains respectifs, mais par je ne sais quel miracle, on est arrivées toutes les deux à la même heure à la Gare du Nord. Chouette journée à nous deux, malgré la pluie. Cappuccino, petit tour au Bon Marché pour un petit bain de luxe, resto chinois choisi au hasard des gouttes et jolie découverte, expo au musée Maillol: l'expo permanente de Maillol et dans un style complètement différent, une expo temporaire cette fois dédiée au peintre congolais Chéri Samba. Un peu déconcertante mais moi j'ai aimé. Et point d'orgue de la journée papote, l'apéro au Bar Hemingway du Ritz. Avant de repartir vers nos pénates respectives. 

    Mardi: Dernier jour à la campagne, on l'a  fait courte, la campagne sous la pluie, cela n'a jamais été notre tasse de thé. J'en ai profité pour ranger une étagère de la bibliothèque de notre chambre et emmener un Charles Dickens pour nos soirées au coin du feu.

    Mercredi: Lunch avec T. Elle me raconte qu'elle partira une dizaine de jours à la mer au printemps, comme elle le fait chaque année. Elle va toujours au même endroit, à Coxyde, dans un appartement face à la mer. L'immeuble a  déjà une bonne cinquantaine d'années et c'est le seul de cette plage à abriter une piscine intérieure. Mon coeur bat la chamade. C'est l'immeuble dans lequel les parents de ma meilleure amie d'enfance avaient un appartement et où bien sûr, nous avons passé des moments merveilleux, connu nos premières amours et profité de la piscine. Le temps d'un instant, j'ai perdu 50 ans et je me suis retrouvée là-bas, avec elle, nous avions 15 ans puis 16 ans. Et c'est là aussi qu'une voiture l'a fauchée à vélo, à quelques semaines de son mariage, à 21 ans…..

    Jeudi: rendez-vous chez le kiné pour ces satanés genoux. J'avoue que je suis un peu découragée, je ne vois pas vraiment d'amélioration. Mais lui a l'air optimiste. 

    Vendredi:Séance manucure-pédicure avec mes deux filles et Jules et Samuel à nouveau en congé pour cause de conférence pédagogique. Ces deux-là jouent ensemble ou séparément pendant des heures et c'est un pur bonheur de les avoir.

    Samedi: Dîner d'anniversaire pour Joséphine chez M. et C. C'est toujours un plaisir de nous retrouver tous les six. C'est parfois aussi houleux. Et ça n'a pas raté, dans le contexte de la situation au Moyen-Orient, le ton est monté. Pour une fois, ce n'est pas trop l'Homme qui l'a ramené mais M et S qui ont défendu des points de vue je suppose différents. Je dis "je suppose" parce que c'est plus fort que moi, dès que les décibels grimpent, que les joues s'enflamment, je ferme les écoutilles, voire mieux si je peux, je quitte la table. J'ai rejoint C dans la cuisine qui préparait le dessert. Joséphine a suivi. Et quand la vague est passée, nous sommes revenues à table avec les desserts. Dieu que je déteste les prises de bec de ce type. Le pire, c'est que je n'ai aucun avis sur la question, je ne vois que des gens qui souffrent et je me fous éperdument de donner raison à l'un ou tort à l'autre ou encore d'essayer d'expliquer le pourquoi du comment de ces situations. 

    Dimanche: C'est le jour du Grand Saint. A nouveau le plaisir était au rendez-vous. Même les deux grands qui nous donnent l'impression de douter de son existence m'ont tout l'air d'avoir complètement rangé leurs doutes au placard pour ces quelques jours où St Nicolas a visité toutes les maisons qui l'attendaient. Et pour l'Homme et moi, le plaisir d'accueillir tous nos enfants autour de la table. 

    Jules, Sam et Maoh sont restés dormir pour passer la journée de lundi chez nous. 

    Pas de bol, en fin de journée, l'Homme donnait des signes de fièvre du dimanche soir. Et le lendemain, se testait positif au Covid. Bonheur !

  • Et ça continue

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    Lundi: Je poursuis l'entrainement avec Quentin et je suis super fière et contente à la fois.J'enchaîne avec le repas du soir de Mamy parce que l"Homme est retenu dans une assemblée générale de copropriété pour ma maman. Chacun s'occupe de la mère de l'autre en d'autres termes. C'est plutôt inédit mais c'est pas mal non plus. Il est un fait indéniable qu'il a des compétences bien supérieures dans le domaine de gestion de copropriété. Et je ne suis pas trop mauvaise en empathie quatrième âge.

    Mardi: C'est une journée pour moi ou du moins une bonne partie de journée. Je rejoins petite Anne pour un lunch précédé d'un massage dont elle a le secret. Moi qui ne suis pas fan, voire même plutôt réticente à confier mon corps aux mains expertes en la matière, je ne sais pas pourquoi mais avec elle, tout cela parait simple. Elle doit avoir un don. Elle a commencé par un massage de la voûte plantaire et elle a mis – c'est le cas de le dire – tout de suite le doigt sur une zone sensible. Quand je lui ai demandé à quoi cela correspondait, elle m'a pointé le côlon. Et quelle est la partie de mon corps la plus sensible ? En plein dans le mille !

    Mercredi: Après-midi Jules et Samuel. L'Homme est allé me les chercher à l'école et me les ramener avant de filer chez sa maman. Ils ont mangé puis joué. Sappho les a rejoint après la piscine. On les a emmenés manger une glace tellement il faisait encore beau. J'ai découvert que le marchand de glaces habite la maison où Verlaine a tiré sur Rimbaud. C'était à l'époque un hôtel à deux pas de la Grand Place mais les murs sont toujours identiques. Sur la Grand Place justement, les lauréats de l'Université Libre de Bruxelles fêtaient leur réussite en toge et toque de remise de diplôme. Les questions allaient bon train et c'était amusant de les voir se projeter dans cet avenir un peu lointain tout de même.

    Jeudi: Lunch avec six de mes anciens collègues que je n'avais plus vus depuis mon départ le 1 février. Un pur bonheur. Je les ai retrouvés comme si c'était hier et je regrette que les lunches passent si vite. Et je pense qu'eux aussi étaient contents de me revoir. Soirée théâtre avec J. et S.. Pièce peu convaincante malgré le plaisir de les voir.

    Vendredi, samedi, dimanche: Courses, repassage, s'occuper de sa maman, prendre en charge l'un ou l'autre petit pendant quelques heures, une journée entière ou une nuit, notre routine de weekend "calme". 

    Lundi: Dîner chez J et S, trois fois rien et mille fois tout ou l'art de prendre trois ingrédients et d'en faire une merveille. Chez elle, c'est un don…. Et puis soudain ce nouvel attentat terroriste dans la soirée. Mon portable vibre deux fois et malgré les bonnes manières à table, je sens que je dois le sortir de mon sac. L'un vient de Swiss'Sis qui se demande "si tout va bien pour nous ?" et l'autre d'Anaïs beaucoup plus en mode panique "C'est quoi ce bordel place Sainctelette ?". Cet attentat qui ravive chez elle tout ce contre quoi elle lutte pour garder le niveau de ses angoisses dans des limites acceptables lui permettant de fonctionner au quotidien. Le travail immense qu'elle accomplit sur elle-même pour grignoter du terrain sur son anxiété est pulvérisé en deux coups d'arme à feu. Et je désespère de ne pouvoir l'aider.

    Mercredi: Aller chercher les garçons à l'école, les ramener à leur mère, filer chez sa maman puis rendez-vous chez l'ophtalmo pour tous les deux. Le verdict attendu est tombé, mon oeil qui voit de loin est toujours dans les mêmes dispositions, mon oeil qui voit de près se presbytise un peu et me voilà bien obligée de faire comme tout le monde (ou presque) et chausser des lunettes sur le nez si je veux encore lire avec plaisir le soir (seulement le soir, si si). Bon ben, j'aurai tenu 20 ans de plus que la moyenne, c'est déjà pas si mal. J'aurai un truc en plus à chercher un peu partout dans la maison, outre le téléphone et les clés.

    Jeudi: Petite intervention chirurgicale chez la dermato. J'ai le choix: on enlève tout tout de suite et 4 points de suture ou on fait une biopsie avec un seul point puis on analyse et on voit. Evidemment, pas trop courageuse, j'opte pour la biopsie. Je pense surtout que j'ai les deux filles le soir même pour 4 nuits, vu le déménagement de leurs parents dans leur nouvelle maison, dont une petite farfadette qui se fait porter comme un poids mort pour un oui ou pour un non. Et ce sera encore moins compatible avec 4 points.

    Vendredi, samedi: Et voilà c'est le weekend du grand déménagement. Ils l'auront attendue cette maison-là. Ils sont "dessus" depuis avril et aucune embûche ne leur aura été épargnée. Ils sont contents. J'ai emmené les filles voir l'appartement vide, je pense que c'était important de faire la transition, surtout pour la farfadette. Et le samedi, découvrir la nouvelle maison, mais encore gonflée de caisses et de cartons. Difficile pour un petit bout de se projeter là. Au moins elle a vu que Coton le chat était là. 

    Dimanche: Maïté a soufflé ses 36 chandelles chez nous avec le clan et ça leur a fait du bien, je pense, malgré l'immense fatigue. Ce soir, les filles rentrent dans leur nouveau nid et ce sont les garçons qui prennent la relève pour la première semaine des vacances de Toussaint. 

  • Rentrée des pioux, sortie pour nous

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    Rentrée des classes pour quatre des pioux dont une à l'école primaire, l'autre à l'école maternelle. Une rentrée toute en douceur. Petit bémol tout de même: après deux semaines, Le meilleur ami de Sappho, dont elle est inséparable depuis leur entrée à la crèche, a changé d'école du jour au lendemain, sans signe avant-coureur, sans même avoir eu le temps de dire au revoir. Ce n'est pas comme s'ils n'allaient plus se voir du tout mais le choc est grand malgré tout quand le matin on arrive à l'école et il n'est plus là. Et même si Sappho ne montre pas trop de désarroi, on ne sait pas ce qu'il se passe derrière ses beaux yeux bleus un peu perdus….

    Sortie pour nous, maintenant que nous avons rendu nos tabliers de grands-parents d'été. Alors en route pour la Bourgogne pour retrouver Gérard et Martine que nous n'avons plus vus depuis 15 ans pour lui, 20 ans pour elle. On s'est rencontrés en Italie, lui et moi comme collègues, elle et l'Homme au cours d'italien. Elle a vite trouvé un boulot d'institutrice au Lycée Français et Quentin l'a adorée dès le premier jour. Après cinq ans, nos chemins se sont séparés, nous sommes rentrés en Belgique, eux ont encore fait un petit tour de deux ans en Jordanie avant de rentrer dans leur Bourgogne. Les retrouver a été un pur plaisir. Deux nuits chez eux, deux journées enivrantes dans tous les sens du terme.

    Puis nous avons mis le cap sur l'Italie. Après une nuit dans un agritourisme absolument délicieux, nous avons pris le bateau à Ancône vers la Grèce. Trois petits jours dans Athènes la magnifique avant d'assister à ce concert tant attendu. Concert inoubliable dans un endroit magique, l'Odéon d'Hérode Atticus, juste sous l'aile de l'Acropole. Je n'en reviens toujours pas d'avoir vécu ce moment. 

    Seul bémol, une bronchite bien malvenue m'a empêchée de profiter comme j'aurais voulu de ces 3 jours à Athènes. 

    Retour à la maison pour une petite semaine, le temps de fêter avec retard nos amis lions, de retrouver les enfants et les pioux et de convertir le cadeau de mes collègues en 2 billets d'avion pour le Sud de l'Inde. Et de refaire les valises pour Venise !

    Elle est pas belle la vie de pensionnés ?

  • Première semaine de vacances

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    Je dis çà mais c'est une vue de l'esprit. La première semaine de juillet n'est plus vraiment la première semaine de vacances. Nous, on est maintenant en vacances toute l'année. Et nos pioux scolarisés ne sont même plus en vacances dès le 30 juin, ils se trainent une dernière semaine jusqu'au 7 juillet. Dans certaines écoles, ils poussent le bouchon jusqu'à leur donner congé l'après-midi pour que les maîtresses puissent ranger les classes mais par contre, pas question de partir en vacances dès le 1 juillet.

    Mais ceci dit, nous on a bien commencé le mois de juillet.

    Samedi: on a passé la journée en cuisine tous les deux pour recevoir les "amis du badminton", ceux avec qui les plaisirs de la table sont les plus intenses et ce fut une bien belle soirée. Exquise tant dans l'assiette (en toute modestie 😉 ) qu'autour de la table. Ma jolie nappe malgache de Noël n'a pas apprécié par contre la tache de vin dont on l'a gratifiée. On a tout de suite couvert la tache avec du gros sel mais j'ai appris ensuite que c'est la dernière chose à faire car le sel fixe les pigments. Après dix lavages, la tache est toujours là…. 🙁

    Dimanche: Sappho fête son anniversaire avec ses copains cette fois et Lémoni est donc venue chez nous avec Sam Sam, Amalia et leurs parents. Et le soir, Sappho, ses parents et Jules nous ont rejoints pour terminer le boeuf bourguignon de la veille. Inutile de dire que même si je n'avais dormi que 5 heures la nuit précédente, je raffole de ces moments-là. Il ne manquait que Quentin, Kerya et Maoh.

    Lundi: Lunch avec petite Anne, toujours le même bonheur de la retrouver. On s'est demandé à quel moment on s'était retrouvées, des années après la fin de nos études, et on n'est pas parvenues à mettre une date, une période sur ce moment-là. Mais toujours est-il que cela fait bien 20 ans que l'on se retrouve toutes les 4-6 semaines pour un lunch voire plus. Après le lunch, la fatigue était si forte que j'ai lâché prise et accepté de faire une exceptionnelle petite sieste.

    Mardi: Rendez-vous le matin avec la dame de l'agence immobilière pour régler les derniers détails de la mission de vente de l'appartement de maman que nous lui confions. J'espère que cette fois-ci ça marchera. A midi, nouveau lunch, cette fois avec deux ex-collègues et j'ai passé un moment délicieux. Le boulot ne me manque vraiment pas mais les collègues, oui, vraiment.

    Mercredi: Soldes pour l'Homme. Il se contente d'une belle paire de chaussures. Il faut dire qu'on a fait le plein de chemises il y a à peine un mois. Soirée déclaration d'impôts pour maman. Tout ce que j'aime 🙁

    Jeudi: Soldes pour Madame. Moi je dévalise le magasin. L'Homme m'accompagne. Je m'étonne toujours de le voir accepter tous ces essayages pendant plus d'une heure. Mais lui m'assure qu'il aime ça. Du moins dans une boutique où les vêtements sont encore bien pendus sur des cintres et pas roulés en boule au sol et où il y a peu de monde. Fin d'après-midi, Quentin, Kerya et Maoh nous ont rejoints et sont restés manger pour notre plus grand plaisir. 

    Vendredi: Canicule en vue. Dernier jour de crèche pour Lémoni qu'on emmène un jour plus tôt à la campagne pour une durée indéterminée. Une première semaine seule puis sa soeur et ses cousins suivront au gré de leurs vacances, stages et autres besoins des parents. Et je ne vais pas bouder mon bonheur.

  • Italie 2023 – Acte 3 – Scène 2

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    Lundi: Le ciel est à nouveau gris… Seule la perspective de retrouver Kristien et Kristof à Turin ce soir maintient mon moral à un niveau acceptable. En attendant, je dévore "Trois". On prend la route vers 16h toujours sous la pluie pour arriver à Turin sous un ciel plombé, sans pluie mais lourd d'humidité maximale. L'orage s'annonce ici. On trouve quand même le temps de prendre l'apéro dehors avant d'aller manger chez eux. Il est très rare que l'on se retrouve à quatre et c'est une soirée exceptionnelle que nous passons avec eux. 

    Mardi, mercredi: Cette fois la coupe est pleine. Il pleut sans discontinuer toute la journée. A mon tour de vouloir plier bagages et de rentrer. Mais la perspective de trois jours de soleil pousse l'Homme à m'encourager à rester. Impossible de sortir se promener, il fait marécageux partout. Donc on se résigne à lire et à regarder des séries. Et en fait, c'est bien aussi. 

    Jeudi, vendredi, samedi: Enfin le soleil est revenu ! On profite un maximum de ces 3 jours qu'il nous reste. Et on passe encore une dernière soirée avec les Turinois.

    Dimanche: On quitte cette magnifique maison, encore une fois à regrets en ce qui me concerne. Mais contents d'avoir passé ces deux semaines ensemble, presque rien qu'à nous deux. 

  • Italie 2023 – acte 2

     

     

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    J'ai longtemps hésité. Je ne savais plus si je voulais rester ou partir. Je suis allée la voir le mercredi et je savais en partant que je lui disais au revoir pour la dernière fois. Elle était si faible mais en même temps toujours si présente. Mais je suis partie le lendemain à nouveau pour l'Italie. J'ai pleuré une bonne partie du trajet. Nous avons fait étape à Pontarlier et fatiguée d'avoir pleuré, je suis allée dormir tôt. Sis'Cile a appelé vers 23 heures, je dormais et n'ai pas entendu. Evidemment, je me suis réveillée comme souvent à 1 heure du matin et j'ai vu le message. Elle était partie. Je n'ai pas réveillé l'Homme, cela ne servait à rien. Il y avait des lits pour enfants dans la chambre d'hôte, je m'y suis réfugiée pour pleurer en silence.

    Le lendemain, nous traversions les Alpes. J'étais plus sereine, je savais qu'elle ne souffrait plus. Mais j'étais triste, tellement. J'ai installé l'Homme dans un magnifique refuge de montagne et il m'a amenée à Turin retrouver mes sorcières bien-aimées. Elles m'ont portée tout le weekend et j'ai pu sourire et rire malgré tout. On s'est promenées dans les Langhe, à Alba, à Monforte. On a découvert une église sur une place tout en haut du village. C'était juste magique. Un haut parleur diffusait de la musique de jazz, de blues, de reggae. Un instant, il a passé "Every little thing gonna be all right" de Bob Marley. On a pris une video selfie de nous en train de chanter sur la musique. On chantait faux, on riait mais c'était tellement bien. On s'est passé et repassé la video et on se l'est partagée. Elle restera mythique et quand l'une ou l'autre flanchera, on se l'enverra. 

    Après un weekend d'amitié éternelle, j'ai rejoint l'Homme dans son refuge et on s'est promené en montagne pendant deux jours sous la neige; on a rencontré des bouquetins, des chamois, des marmottes à une distance inimaginable, on aurait presque pu prendre les marmottes dans nos bras et toucher les cornes des bouquetins. C'était fou. Et si on a rencontré dix personnes sur ces deux jours, c'est beaucoup. Un moment hors du temps.

    On est rentrés trois jours plus tôt pour les funérailles mais pendant ces quelques jours en Italie, j'ai fait ce qu'elle m'aurait dit de faire: profiter de chaque instant. 

     

  • Italie 2023 – acte 1

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    Ceci n'est pas une poire

    Cette première année de retraite, on va en Italie, puis en Italie, puis encore en Italie et enfin en Italie. Et on ne dira pas non à un cinquième tour si l'occasion se présente. 

    Donc premier acte: 5 jours fin mars. Virée gastronomique à six. Toujours les mêmes six gourmets gourmands. Ceux avec qui manger est un acte sacré. Alors forcément, l'Italie…. Qui plus est avec un Italien pur jus, sa femme pas italienne mais qui cuisine mieux que toutes les mammas de la péninsule et les quatre autres belges ou anglais qui ont passé quand même plus de cinq ans de leur vie sous la botte du slow food.

    Et tout le séjour nous a enchanté le coeur, les papilles, les pupilles et les oreilles. Et même si le but initial du voyage était d'enfin s'asseoir à la table du plus grand 3 étoiles d'Italie, à l'Osteria Francescana de Massimo Bottura, où le menu dégustation était un voyage à lui tout seul, nous avons aussi mangé avec un plaisir tout aussi grand, même si différent, dans une ou deux petites trattorias à Parme.

    Retour à Parme pour trois d'entre nous qui y avons travaillé et retour pour moi surtout dans l'hôtel qui m'a hébergée pendant un an, face au Duomo, sur la plus belle place de Parme. J'ai retrouvé, intacts, le parfum madeleine de Proust des chambres et surtout, par chance saisonnière, le parfum inégalable de leur glycine couleur…. parme.

    A la descente, nous nous sommes arrêtés à Lausanne chez Swiss Sis qui, elle aussi, nous reçoit autour d'une table qui vous met aussi des étoiles dans les yeux. Et à la remontée, arrêt en Champagne pour faire le plein pour l'année qui vient. 

    On dirait un billet de luxe mais en fait ce n'est qu'un billet d'épicuriens bien décidés à en profiter tant que la vie nous l'offre.