Catégorie : bizness

  • Vivre le jour

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    Voilà dix jours que nous sommes rentrés de ce voyage hors du temps, de ce rêve à peine espéré. Les jours se suivent depuis et ne se ressemblent pas. On croit que le temps nous échappe, qu'il nous file entre les doigts. Ce n'est pas faux mais en même temps tant de choses se passent.

    – On est allé voir un spectacle de marionnettes chez Toone, une institution pour nous, Bruxellois. Cela faisait des années que je voulais y aller sans jamais vraiment prendre l'initiative. Il a fallu que G. et C. nous en parlent pour concrétiser. Pour en profiter pleinement, il faut comprendre un peu le bruxellois. Ce n'est qu'alors qu'on en goûte toute sa saveur. Par chance, on y a rencontré Thomas qui manipulait quelques unes des marionnettes et qui nous a fait visiter les coulisses après le spectacle. J'adore voir l'envers du décor.

    – On a fêté l'anniversaire de l'Homme chez sa maman. Pas de bougies, il a passé l'âge. De gros gâteaux à la crème fraîche comme on ne les aime pas mais qu'on mange quand même pour être polis et qui nous restent sur l'estomac tout l'après-midi. Je pense à tous les goûters d'anniversaire de mes enfants où toute la famille s'est farcie des gâteaux d'anniversaire, certes très beaux, mais parfaitement indigestes qu'ils ont mangé quand même pour être polis et qui leur sont restés sur l'estomac toute l'après-midi.

    – J'ai eu mon évaluation annuelle et j'ai été abasourdie quand ma chef m'a dit que j'abattais une quantité de travail énorme et qu'elle n'avait jamais vu quelqu'un qui avait une telle capacité de travail. Et moi qui ai réduit mon rythme si pas de moitié, au moins d'un tiers. J'étais tellement surprise que je suis restée un moment la bouche ouverte. Mais tant mieux si c'est l'impression que je lui donne. 

    – J'ai participé pendant une journée à l'évaluation de candidatures de stagiaires pour l'automne prochain. Je n'en reviens pas de deux choses: d'une part, j'ai expérimenté de mon propre chef les conclusions d'un article scientifique que j'avais lu quelques jours avant: nous sommes terriblement manipulables et souvent à notre insu. Et je me suis rendu compte qu'effectivement, certains éléments dans les candidatures attiraient mon attention plus que d'autres: une date de naissance similaire à celles d'un proche, un nom ou un prénom italien ou grec, un diplôme d'une école que je connais, un loisir qui me parle. Comme si ces rapprochements donnaient plus de poids à la candidature. D'autre part, la plupart des candidatures provenaient de jeunes nés entre 1985 et 1987 et certains avaient l'âge de ma fille aînée. Et ils sont prêts à être lancés sur le marché du travail. Et cela m'a interpellée. Sans que je parvienne à définir le sentiment qui m'a habitée.

    – J'ai retrouvé une bonne partie de mon sommeil grâce aux fleurs de Bach et je ne peux pas expliquer aux autres à quel point c'est un soulagement teinté d'un réel bonheur. Les bras de Morphée sont un élément essentiel de mon équilibre et de ma survie. Et ses infidélités de ces deux dernières années m'ont été très néfastes. Ah, le traître !

    – Hier, Mamy L. a fait un petit accident vasculaire cérébral très léger et passager. Le brouillard qui l'a enveloppée pendant quelques heures s'est dissipé comme il est venu et pendant son séjour aux urgences, son oeil a retrouvé son pétillant et son débit est revenu à la normale. Ce matin, elle était gaie comme un pinson, contente d'être sortie d'un épisode dont elle n'a pas pris vraiment conscience non plus. On respire un peu mieux mais l'état de vigilance est déclaré.

    – En vue de son prochain examen de cuisine, Anaïs nous a préparé une truite en poussant des cris d'orfraie. Le simple contact avec la peau glissante de la bête la dégoûtait au plus haut point malgré les gants qu'elle a absolument voulu enfiler. Je prie le ciel pour qu'elle tire un autre plat le jour de l'examen. 

    – Le reste du weekend s'est passé dans l'ordre et le rangement. On a remisé l'échafaudage qui gênait ma vue dans la cuisine et rangé quelques caisses à outils que l'Homme s'obstinait à vouloir garder sous la main plutôt que d'aller chercher les dits outils huit marches plus bas à l'entresol. 

    – Et j'ai terminé Zola Jackson de Gilles Leroy. Sublime. A lire. 

  • Une journée comme les autres

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    C'est quoi ton boulot exactement ? Tu t'occupes de recrutement ? C'est curieux, tout le monde a dans sa vie professionnelle à faire avec un service au mieux de Ressources humaines, au pire du Personnel mais il y en a encore qui se demandent ce qu'on fait toute la journée. Alors pour ceux-là, pour mes enfants et pour ma…. chef, voici à quoi ressemble une journée-type:

    8h30: un peu plus tard que d'habitude, vacances de Pâques oblige, j'ouvre la boutique (càd dans l'ordre, la lumière, le PC et les mails de la nuit).

    Jusqu'à neuf heures: je réponds aux derniers mails, en m'interrompant toutes les 5 minutes pour saluer les collègues qui arrivent au compte-gouttes et me racontent l'une ou l'autre aventure de leur soirée de la veille ou qui me détaillent par le menu leur bulletin de santé.

    9h: je m'offre un café et commence à finaliser un dossier de mobilité interne – qui a postulé où, qui a interviewé qui, qui prend qui -, je donne quelques coups de fil aux différents responsables concernés et j'établis une première esquisse des mutations à venir. 

    Cela ne devait pas me prendre plus d'une demi-heure mais comme toujours j'ai été interrompue à plusieurs reprises pour 

    1) réclamer au service de la sécurité les autorisations d'accès au bâtiment pour les ouvriers qui viennent terminer les travaux de la cafeteria ce samedi. – C'est uuurgent, si on les a pas, ça va être le bordel demain matin ! – D'accord, d'accord, je m'en occupe.

    2) un de mes collègues téléphone pour dire qu'il est malade et qu'il ne viendra pas aujourd'hui. Le temps de récolter les informations essentielles de sa journée et de réorganiser les rendez-vous qu'il avait, trouver les volontaires désignés pour le remplacer ici et là. 

    3) je réponds à une collègue qui a besoin d'informations pour avancer dans ce que je lui ai demandé de faire la veille

    4) je réponds à une dame qui vient juste de perdre son mari et qui nous téléphone pensant que son mari travaillait chez nous alors que ce n'était pas le cas.

    Il est donc déjà 10h30 et dans une demi-heure et j'ai une réunion dans un autre bâtiment à dix minutes de là. Je ne vais pas pouvoir faire grand-chose. Je parcours rapidement les mails arrivés entretemps. J'en gère un ou deux et je rassemble mes papiers pour la réunion.

    11h: Réunion pour valider les grilles de sélection de la prochaine procédure de recrutement. Dans la fonction publique, on essaye d'être le plus transparent et équitable possible. La moindre suspicion de favoritisme est immédiatement qualifiée de népotisme. On fait gaffe. Du coup, on met en place des procédures d'évaluation des candidatures tellement sophistiquées et mathématiques que cela en devient ridicule et qu'on y perd en qualité de jugement. Et on perd un temps fou en plus. 

    12h30: Je reviens au bureau. La secrétaire me signale qu'il y a un mail urgent : une maman dont le fils de10 ans vient de se casser la jambe au ski demande en urgence un congé parental, elle voudrait rester avec son fils dès lundi. Normalement il convient de le demander x semaines à l'avance mais là, c'est urgent et la collègue en charge de ce type de demande est en vacances. Bon, je passe la main, je trouve une collègue dont ce n'est pas le domaine d'activité mais qui s'y connait un peu et je lui demande de contacter la collègue et de gérer l'affaire. 

    12h45: je devrais me mettre en route et repartir pour l'autre bâtiment pour la séance de Pilates mais je sens le stress de ma chef qui rôde autour de moi pour une note urgente à finaliser. Je décide de laisser tomber le Pilates, je m'attaque à cette note. Elle me barbe. C'est complexe, juridique et trop long à vous expliquer ici. J'ai faim et je ne suis plus très efficace. Je déjeûne sans quitter l'écran. Je vais me chercher un café. Je passe devant les petits oeufs de Pâques, je résiste. Cette note m'ennuie vraiment. C'est l'heure de la pause tout de même. Je fais un petit tour des blogs. Je laisse quelques commentaires.

    Bon, cette note….. Péniblement j'aligne deux trois paragraphes. On frappe à la porte que j'avais fermée pour mieux me concentrer. Une intérimaire qui n'en peut plus de ne jamais connaître ce dont demain sera fait. Je la rassure assez vaguement, je n'ai pas la tête à ça. Elle repart, à mon avis, peu satisfaite. 

    14h: Bon, je n'ai pas trop avancé, il faudrait que je m'active. 

    14h30: Encore un mail urgent. Je dois identifier les volontaires désignés pour faire partie des comités d'évaluation des candidatures de stagiaires. Cela va assez vite, je ne rencontre pas trop de résistance. 

    15h: je prépare le rapport d'évaluation d'une collègue. J'avais complètement oublié que j'étais en vacances la semaine prochaine et cela doit être prêt pour mon retour.

    16h15: j'ai une réunion dans une demi-heure, je n'ai pas fini la note urgente et je dois encore téléphoner au médecin conseil pour prendre des nouvelles de deux collègues en maladie depuis longtemps et discuter des approches à suivre. 

    16h30: rendez-vous avec un consultant externe pour préparer un séminaire de toute la direction sur le plan d'action consécutif à l'enquête de satisfaction du personnel. Super intéressant. La consultante, je la connais, est une femme extraordinaire et je bois comme du petit lait tout ce qu'elle dit. Elle a l'art de transformer les situations les plus désastreuses en tremplin pour rebondir et elle regonfle à bloc les baudruches les plus à plat.

    17h30 déjà: je termine plus tôt, c'est vendredi et j'ai un supermarché à faire. Je refile la note à l'état plutôt embryonnaire à ma chef qui se lamente sur l'absence de ma tête, de mes dix doigts et de ma bouche la semaine prochaine. Cela sonne bizarrement mais je décide de le prendre comme un compliment.

    17h50: je ferme la boutique, je file, l'Homme m'attend depuis 20 minutes. 

    18h20: Supermarché à deux, un des chouettes moments du vendredi.

    19h30: double file, décharger la voiture, tout monter, tout ranger, petite pause café.

    20h: l'Homme prépare une poêlée de courgettes, poivrons, tomates. Je range quelques bricoles, grignote ici et là (pas bien), papote.

    21h: on dîne enfin, à quatre, Maïté rentrait plus tard. Un copain vient chercher Quentin pour aller…. manger. A cet âge là, ils peuvent manger deux fois, ça gêne pas.

    21h30: Maïté rentre, je lui propose de nous accompagner à brûle-pourpoint à Balkan Trafic, une soirée de musique des Balkans au BOZAR. Moi, j'y vais surtout pour une heure de rébétiko. Elle accepte séance tenante. Si c'est grec, en bonne fille de sa mère, Maïté est toujours partante. 

    22h: une heure de pur bonheur. Stelios Vamvakaris et son bouzouki. Une heure de rebetiko absolument divin. Dommage que le public n'ait pas été à la hauteur. 

    24h: Bonne nuit, demain est un autre jour……

  • Manger un éléphant

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    Ma Swiss'Sis est en plein sur-ménage. Elle travaille à plein temps, d'arrache-pied et comme une bête; elle s'attaque à son troisième ou quatrième (je ne compte plus) diploume; et elle emménage dans une semaine dans sa nouvelle maison qui n'est visiblement pas prête: pas de cuisine (pas grave, ils mangeront au boulot), pas de parquet (pas grave, ils stockeront leurs caisses ailleurs), pas de douche, pas de bain (pas grave, ils se laveront dans leur ancien appartement, encore quelques semaines à leur disposition), pas de sanitaires (là ça se corse, ils habitent en pleine campagne, mais tout de même). Elle est donc, comme qui dirait, un chouia dépassée. 

    Je compatis ô combien. Je connais tellement bien ce sentiment d'impuissance et de lutte contre le découragement.

    Un de ses professeurs a dit, très rationnelle: "Pour manger un éléphant, il faut mâcher un morceau à la fois". Pas bête, la dame !

    Moi, pour le moment, je ne déménage pas, je n'étudie plus, mais je croule sous le boulot en cette fin d'année. Et j'avoue avoir envie de baisser les bras devant le mammouth qui m'écrase les pieds.

    Alors, je pense à la remarque de ce sage professeur: mâcher une besogne à la fois.

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  • Vacances maladie

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    Une semaine en congé maladie. Sans être vraiment malade. Juste très fatiguée et une obligation de bouger le moins possible. Au départ, j'avais pensé ne prendre que 3 jours pour ne pas perturber le bon fonctionnement du bureau. D'autant que ma chef qui me remplace en mon absence mais que je remplace également en son absence n'était pas là de toute la semaine. Mais la fatigue qui m'a terrassée les deux jours qui ont suivi l'intervention, les conseils avisés de Swiss'Sis et de Mamy, les recommandations du médecin de ne pas trop remuer m'ont finalement convaincue de prendre la semaine.

    Je suis très rarement malade et cette semaine m'est apparue un peu comme une semaine de pseudo-vacances. J'en ai profité pour classer les papiers en tous genres, factures, résultats médicaux, dessins d'enfants (euh oui, encore à leur âge), souvenirs divers, articles de journaux qui m'intéressent, etc…

    J'ai également entrepris la remise en état la maison de poupée que j'avais construite il y 8 ans pendant les deux années sabbatiques où j'ai repris des études. J'ai aussi voulu y installer l'électricité mais il me manquait une pièce. Ce sera pour plus tard.

    J'en ai profité pour aller chez le coiffeur en dehors du weekend. Chez le coiffeur, on ne bouge pas beaucoup, donc j'ai pensé que je pouvais me le permettre.

    J'ai passé deux matinées avec la dame qui nous aide à nettoyer la maison et cela m'a fait bien plaisir, je ne la vois jamais.

    Et pendant ce temps, je n'ai pas arrêté de télétravailler (sauf chez le coiffeur), en partie pour me donner bonne conscience mais aussi pour ne pas perdre le fil pendant cette semaine où beaucoup de dossiers chauds se développaient au bureau.

    Demain, on enlève les fils, lundi je retourne travailler et vendredi on part à Rome pour 3 jours. Elle est pas belle la vie ?
  • A distance

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    Depuis deux semaines je travaille (ou télétravaille, c'est comme vous voulez) à distance. Une fois par semaine, le mercredi, je reste à la maison et je travaille sur un portable comme si j'étais au bureau. Et vraiment c'est une bulle d'air dans ma semaine. 

    Je me lève un chouia plus tard, même si le réveil sonne à la même heure, même si en fait, je suis réveillée encore plus tôt parce que c'est le jour où Anaïs se lève à six heures pour être au cours à huit.
    Mais au moins quand je me lève, j'ai les yeux grand ouverts et pas mi-clos, zombie jusque dans la salle de bains.
    Je suis à pied d'oeuvre dès huit heures et j'ai une heure devant moi avant que les collègues ne soient tous arrivés au bureau à l'autre bout de la ville. C'est fou le nombre de problèmes que je peux régler en une heure sans être obligée de dire bonjour en huit temps au fur et à mesure qu'ils arrivent et me racontent le film, le drame ou l'histoire drôle de la veille, les exploits des enfants, la visite chez le médecin ou chez le dentiste. Non pas que je n'aime pas ça, au contraire, c'est le moment où on partage un petit bout de sa vie (et je ne serais pas ici si je n'aimais pas ça) mais il est clair que ça ralentit ma production. Après, quand tout le monde est là, commencent les réunions, les entretiens, les rendez-vous, les explications, rectifications, clarifications, et il faut attendre six heures du soir pour retrouver un peu de calme productif.

    Alors là, le mercredi matin, je savoure cette heure de super efficacité. Ensuite, c'est vrai, pas de réunion ni de rendez-vous mais les sollicitations par mail sont grandes et on n'avance plus aussi bien. Mais quel plaisir malgré tout de pouvoir faire tourner une machine à laver, profiter de la pause déjeuner pour faire les courses dans son quartier, aller chez le coiffeur ou téléphoner à une copine. Sans compter que les enfants rentrent et sortent selon leurs horaires respectifs et que c'est sympa de les voir. 

    Et cerise sur le gâteau, c'est moi qui attend l'Homme à la maison et pas l'inverse.
  • Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain *

    La procrastination est la caractéristique majeure qui unit les membres de cette famille. Demain est autre jour. Fans de Scarlett, levez-vous ! Ne faites pas aujourd'hui ce que vous pourriez remettre à demain.

    Quentin et Maïté sont passés orfèvres en la matière. La simple idée de s'avancer dans son boulot stresse Quentin. Qui sait si le prof ne déciderait pas à la dernière minute d'annuler tel ou tel devoir, ce serait vraiment trop bête d'avoir fait quelque chose pour rien.

    Maïté elle, ne peut fonctionner que sous stress. L'adrénaline de la dernière minute.  Jusque là, elle cogite à la manière de faire ou de ne pas faire.

    Anaïs est moins régulière mais a quelques jolis essais à son actif. Tous trois n'ont qu'un mot à la bouche: "Attends", "Tout de suite" (traduire: PAS tout de suite), "je finis un truc et j'arrive".

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    Ceci dit, ils ne sont probablement pas tombés loin du nid. Et celui des deux qui n'aura pas l'honnêteté de le reconnaître n'est certainement pas le moins procrastinateur des deux.

    Nous parvenons d'ailleurs à rendre fou un couple de nos amis dont la devise "Ne pas remettre à demain…" est appliquée à la lettre. A l'extrême. Au point, lorsqu'ils nous reçoivent, de débarrasser la table COMPLETEMENT dès le dernier café poussé (càd, le bouquet de fleurs d'origine à nouveau déposé sur ladite table et la cuisine nickel chrome comme sortie d'un magazine). Alors que chez nous, ce rangement post-bonne soirée peut bien attendre le lendemain. Mais au moins, on ne donne pas à nos invités l'impression que la soirée est terminée et qu'ils feraient bien de lever le camp.

    Ces amis-là ne comprennent pas qu'on mette plus d'un an à peindre une porte, changer une lampe ou réparer un robinet. Moi non plus, en principe, mais j'ai déjà tellement la réputation d'une emm… pour les 4 qui doivent vivre avec moi que je me modère, quoi qu'ils en pensent.

    Moi, je vis la procrastination surtout au bureau. Tout ce que je ne fais pas bien, je reporte au lendemain, au surlendemain, à la semaine suivante et ainsi de suite. Jusqu'à être acculée. Et de finalement mal faire ce fichu rapport ou ce foutu document.

    Il paraît que cette tendance affecte particulièrement les personnes atteintes de perfectionnisme. A y regarder de plus près, je dois bien avouer que ce n'est pas faux. Et que, chez nous, quand on s'y met, on vise le top. Et en général, on peut dire que si ce n'est pas LE top, c'est top quand même. Maïté dans ses créations, Anaïs et moi dans l'art de recevoir et la cuisine, les hommes dans tant et tant de disciplines différentes que c'en est écoeurant.

    Mais comme il est rare d'atteindre la perfection autrement que par essais et erreurs et que nous vivons mal l'idée de faire une erreur, on contourne le problème en ne faisant rien. Enfin, façon de parler. On fait mille et une autres choses que ce que l'on devrait faire.  

    Dernières procrastinactions du moment:

    • Les bouteilles vides attendent un trajet vers la bulle à verre depuis au moins 6 mois

    • Les chaussures d'été attendent toujours d'être rangées

    • Cela fait 15 jours que je dois répondre au mail de V.

    • Cela fait plus de trois mois que je devrais équiper Quentin en draps, taies et housses de couette

    • On pense commander un nouveau four qu'on a déjà identifié depuis juillet

    Je continue ?

    PS: Ce billet est en construction depuis le 14 août.

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    * Alphonse Allais

  • Juste pas envie

    Cela fait une semaine que j'ai repris le chemin de l'école du boulot. Avec des pieds plombés. Juste pas envie de travailler. L'année dernière déjà, c'était pareil. Mais cela s'est manifesté par de la colère. Cette année, le symptôme c'est l'ennui. Mais l'ennui mortel.

    Juste pas envie d'être là, pas envie de m'occuper des humains qui m'entourent, de leurs problèmes existentiels, professionnels, administratifs et autres. Juste envie de m'occuper de moi, de l'Homme et de rien d'autre. Vivre à mon rythme (celui des vacances). Sans contrainte d'horaires, d'obligations, de devoirs et de rapports à rendre.

    Je suis mûre pour la retraite précoce.

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  • Pères ou pairs ?

    L’autre jour, en réunion de direction, j’ai eu un flash. Le directeur, qui n’est pas la crème des crèmes de directeur que j’ai eus mais qui n’est pas mal quand même, faisait un petit exposé genre 1, 2, 3 sur je ne sais plus quel sujet – sans importance d’ailleurs – de manière bien structurée, détendu, jambes allongées, bras croisés, intéressant, accrochant son public. Le temps d’un flash, j’ai superposé son image à celle d’un directeur précédent, top de top celui-là, brillantissime, captivantissime, toutissime, et l’image de mon père. Et cette superposition d’images m’a interpellée. Quel rapport ??

    Dsc_0007_5De toute évidence, ces deux directeurs m’ont rappelé mon papa. Mais ce  qui m’inquiétait un peu plus, c’est qu’ils ont à tout casser 6 à 7 ans de plus que moi. En d’autres termes, on est dans la même tranche d’âge, non ?

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    Quand vais-je donc

    1. grandir et ne plus voir mon père dans des directeurs beaux parleurs avec toute la connotation d’infériorité qui en découle inévitablement, puisqu’il est bien connu que j’écris mieux que je ne m’exprime ?

    2. cesser d’admirer mon père ?

    1. à la retraite sans doute….

    2. jamais sans doute….      

  • C’est reparti !

    Beurk, je déteste les retours de vacances. Je boude tout le trajet du retour et je boude le dimanche et je boude le lundi matin. Naturellement, j’offre mon beau sourire professionnel (mon sourire "hôpital" comme on l’appelle dans notre famille d’infirmières) dès l’arrivée au bureau. Tout le monde est si content de me voir. S’ils savaient comme moi, je ne suis pas contente du tout d’être là. Mais pro je suis et pro je reste.

    Tout de même, j’ai envoyé un mail à Claude ce matin pour qu’il vérifie bien si on n’avait pas, par hasard, gagné au loto, pendant les vacances. Je rêve de retraite anticipée avec des moyens (un appart à la mer, un chalet à la montagne, une maison en Provence, une en Italie, une en Grèce, et pourquoi un petit voilier…). Et un appartement en ville, expos, concerts, théâtres, shopping, etc…. Et du temps pour les parents, les enfants, les amis… Et un petit peu de temps pour moi (apprendre à nager, gym, yoga, coiffeur, esthéticienne,…). A mon rythme.

    Bon, y’a rien à faire, on a sans doute rien gagné, faut turbiner. Compresser le temps, retrouver les cernes, les épaules nouées, le stress, la fatigue.

    Img20070721_0047_12Mais comme je voudrais retrouver le soleil, la piscine et les bouquins….

  • Egalité des chances

    PierrotSession d’information/formation hier sur l’égalité des chances hommes/femmes. Très intéressant. Adressée uniquement à des managers et directeurs. Au début, on se dit que c’est bateau comme formation, on connaît, on va encore nous resservir un discours archi connu: action positive ou discrimination positive (attention, la nuance est de taille: en cas de recrutement, à qualité égale entre deux candidats, on choisit la femme, c’est une action positive; si l’on choisit la femme même si elle est moins bonne que l’homme, c’est de la discrimination positive). On croit que c’est clair pour tout le monde mais finalement il y a toujours un(e) imbécile pour parler de "discrimination ou action positive envers les femmes ou autres personnes défavorisées", on voit tout de suite les préjugés inconscients.

    Et puis, on a échangé les points de vue, les expériences professionnelles mais aussi personnelles. Surtout les femmes, en ce qui concerne le vécu personnel. Les difficultés qu’elles ont rencontrées pour grimper dans la hiérarchie, la résistance, les préjugés, les affronts, les difficultés à combiner vie privée, familiale et vie professionnelle.

    Impossible pour moi de dire que "non, la maternité n’a pas été un obstacle, on m’a recrutée à 5 mois de grossesse en me demandant pour seule condition de revenir après le congé de maternité", "non, je n’ai pas dû faire le choix entre la carrière d’un mari ou la mienne, on l’a faite chacun à son tour, sans même en avoir l’ambition", "oui, mon mari a fait une pause dans sa carrière pour nous accompagner en Italie et s’occuper des enfants pendant 4 ans", "non, je n’ai pas de difficultés à me créer un réseau le soir après le boulot pour la bonne et simple raison que je me le crée le midi, pendant les pauses déjeuner, la journée en travaillant, en échangeant quelques paroles autres que professionnelles, etc….". Je ne peux pas dire tout ça, j’ai eu beaucoup de chance quand je compare avec les autres et je ne peux pas nier que ce n’est pas toujours facile d’être une femme cadre et concilier toutes les autres facettes de sa vie de femme.