Catégorie : bizness

  • Mon Grexit à moi

     

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    Voilà. Le dernier de mes Grecs s'en va.

    Nick, mon collègue et partenaire direct est parti il y a un an pour exercer des responsabilités plus importantes aux Pays-Bas. Il me manque encore.

    Antonios, lui, est parti à la retraite en juin. C'est toujours un peu mon ami malgré toutes nos dissensions professionnelles et je sais que je le reverrai.

    Costas, mon chef infernal, parano, colérique mais si attachant, part demain à la retraite. Lui part, amer, déçu, plus tôt que prévu parce que renié par la Direction. 

    Mes trois Grecs qui tenaient "kafeneio" un matin sur deux dans le bureau de Costas, refaisaient le monde la Grèce, discutaient politique à grands cris et palabraient pendant des heures (au lieu de travailler). J'adorais les entendre, j'adorais intervenir parfois, dans la mesure de mon pauvre vocabulaire. Souvent Costas et Antonios se disputaient et Nick essayait de les calmer ou se retirait sur la pointe des pieds et me regardait en levant les yeux au ciel.

    Moi aussi, je me suis disputée avec ces deux-là, jamais avec Nick.

    Costas est bien le seul chef sur lequel je me suis autorisée à crier, un jour où il m'avait vraiment poussée à bout. Je crois bien que je ne m'en suis jamais remise.

    Je me sens un peu orpheline ce matin, je n'entendrai plus de sitôt la musicalité de la langue grecque au quotidien (même quand il ne restait plus que Costas, il appelait sa maman tous les deux jours en Grèce et c'était tout sauf discret) et cela me désole.

    On se fera bien quelques lunches de loin en loin mais ce ne sera plus pareil.

    Une autre ère commence. Je ne sais pas qui sera mon chef dans l'avenir et pendant quelques mois, je ferai fonction et c'est une lourde charge qui va me peser sur les épaules.

    J'espère que les deux semaines de vacances en Suisse vont me permettre de recharger les batteries.

     

     

  • Journées de fin d’hiver

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    Lundi: Uyen, ma petite princesse du Mékong qui nous a quittés le mois dernier pour rejoindre une autre agence, se languit de nous. Nous sommes allées la rejoindre pour un lunch trop rapide et nous avons eu un gros moment de nostalgie. C'est dans ces moments-là que je sais que j'ai créé une équipe qui représente quelque chose, même s'ils ne s'entendent pas tous comme larrons en foire, je sais qu'il y a entre eux une cohésion qui n'existe pas nécessairement ailleurs. 

    Mardi: Petite journée annuelle avec Anaïs pour fêter ses 26 printemps. Comme toujours, ce fut un pur bonheur. Je ne dirai jamais assez à quel point des journées comme celles-là me font plaisir. Elle a choisi le restaurant en fonction du dessert, un moelleux au chocolat incomparable, elle a choisi un parfum au nom d'Alba di Seoul, et on a marché, flâné toute la journée au hasard des vitrines et des boutiques.  Elle est gaie, pétillante, drôle et le temps file avec elle.

    Mercredi: Semaine de vacances, les amis sont au ski, l'Homme a mal au genou, on fait l'impasse sur le badminton ce soir. Du coup, impasse aussi sur le petit moment hebdomadaire chez papa et maman, entre le boulot et le badminton. Je les appelle pour annuler et j'entends bien le "comme c'est dommage !". Pas une déception majeure mais un "comme c'est dommage" qui en fait, résonne chez moi aussi. Ces moments me sont devenus aussi agréables que je le suppose pour eux. 

    Jeudi: Cet homme qui est mon chef, qui est une crème d'homme, bon comme le pain, gâche sa vie et celle des autres, et la mienne en l'occurence, de par sa paranoïa aiguë. Il me propose ce matin de l'accompagner à une réunion importante mais vu le boulot, je décline l'offre, sauf bien sûr s'il souhaite que je l'accompagne. Non, sa proposition était juste amicale. Mais à midi, le directeur me demande de venir et ce n'est pas une invitation, c'est une demande expresse. Du coup, cet homme qui est mon chef le prend très mal, comme un signe de défiance du directeur qui ne le considérerait pas capable de défendre seul la position des ressources humaines. Et me voilà envoyée seule parce que, vexé, il s'est désisté, alors que je voulais être dispensée, travailler sur ce qui était urgent. Et surtout, surtout, le voilà qui me boude pendant 48 heures. Et je ne sais pas encore si lundi, il sera revenu à des sentiments meilleurs. 

    Vendredi: Journée exécrable donc, en prise à une bouderie ridicule, un évitement qui va jusqu'à la porte fermée à clé et l'échappée par la porte de derrière de manière à bien se garder de me croiser. Je déteste ces journées là qui me minent malgré moi.

    Samedi: Petit concert avec Maïté, JD et Anaïs. Après un dîner rapide avec les mêmes et Quentin et sa belle. Il ne manquait que Simon, retenu par le ballon rond. Une soirée comme je les aime.

    Dimanche: Un dimanche sans surprise, repassage, lasagne au poisson, rangement des outils, recherche peu fructueuse d'un logement de vacances, un peu de blog, devoirs de portugais pour demain et prête à repartir pour une semaine. 

     

  • En attendant le printemps

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    Lundi: Retour au bureau après un weekend mouvementé qui suivait une sérieuse altercation avec mon chef. Pour la première fois de ma vie, vendredi, j'ai crié sur ce chef. Je n'imaginais même pas que c'était possible. Mais ses accès de colère répétés, initiés à partir d'un petit rien, un petit grain de sable dans l'engrenage de sa paranoïa – et moi qui me trouve toujours quelque part sur un des crans de cet engrenage – ont brisé en éclats de voix mon self contrôle légendaire. Bien sûr, je ne m'en suis pas remise de toute la journée, de tout le weekend. Je n'ai pas dormi ou très peu, j'ai même réveillé l'Homme en pleine nuit après un cauchemar dont je ne me souviens plus. J'ai rédigé des lettres mentales pour demander ma démission, puis ma mutation. J'ai envisagé la semaine off pour ne plus retourner au bureau le lundi. Et puis voilà, on ne se refait pas. Lundi matin, j'étais là, fidèle au poste, prête à redémarrer une nouvelle semaine. Et lui, et bien, comme si de rien n'était, comme si rien ne s'était passé. Ce n'est pas "on efface tout et on recommence", non, c'est "rien à effacer, page blanche, on continue….".

     Mardi: "And by the way, I apologise for Friday". Voilà, fin de journée, mardi, les excuses sont arrivées. Comme si de rien n'était. Je ne le changerai pas. Il est trop âgé pour cela. Je n'ai même pas pu en placer une pour lui faire prendre conscience du ridicule de sa réaction mais surtout de l'impact que cela peut avoir sur moi et dont il n'a pas la moindre idée; il était tellement occupé à noyer ses excuses sous un flot de paroles marmonnées que j'ai abandonné l'idée même.

    Le soir, Le Jeu des Cigognes, une pièce de théâtre extraordinaire, plutôt mal reçue par la critique et tièdement accueillie par le public, mais que nous, unaniment, nous avons adoré. Le jeu de l'actrice qui jouait une personne atteinte de dysphasie sémantique-pragmatique était époustouflant. Une des meilleures pièces de la saison.

    Mercredi: Ils m'ont fait un cadeau tout simplement extraordinaire. La carte qui accompagnait le cadeau disait: "Bytes volant, scripta manent". Voilà quelques années que je vis dans la crainte que le site qui héberge mon bien-aimé blog se plante, mette la clé sous le paillasson ou disparaisse soudainement de la toile. L'impression de mes pages et photos fait partie de ma to-do-list mais l'ampleur de la tâche, croissante au fur et à mesure des années, imprime un mouvement de coucou suisse à cette tâche qui revient périodiquement en haut de la liste. Mais ils l'ont fait ! Ils m'ont offert pour mon anniversaire un premier recueil des années 2006-2007 de Myosottises. C'est tout simplement magique. Relire ces articles qui ont déjà sept ans comme on lit une histoire et se dire que cette histoire c'est la vôtre a quelque chose de particulièrement émouvant. Ils n'imaginent même pas à quel point leur cadeau m'a touchée en plein coeur.

    Jeudi: Nos amis ont eu un jour des bébés. Et voilà que ces bébés font des bébés eux aussi. Avons-nous déjà passé la main ? Où est passé le temps béni où, pleins d'énergie, nous tenions trois petites mains à la fois ? La naissance du petit Gabriel m'a laissé des sentiments mélangés, empreints à la fois de joie et de nostalgie.

    Vendredi: Le matin, je rappelle à mon chef la vanité des titres que l'on nous donne dans l'administration et dont certains se rengorgent: "What's in a name ?". Qu'avons-nous à faire d'un titre, d'un nom ? Le midi, je déjeune avec H., trois mois après le début de sa chimiothérapie et cela m'a fait du bien de la retrouver même si ce n'était que pour le temps d'un déjeuner. On discute de tout et un moment, la discussion dévie sur l'importance ou non des patronymes, les enfants qui portent le nom du papa ou de la maman, et elle me (ré)cite: "What's in a name? that which we call a rose, By any other name would smell as sweet;" Je me rends compte que je connais ce vers mais mes classiques m'échappent. Le soir, nous assistons à une représentation de Romeo et Juliette où les Capulet sont francophones et les Montaigu néerlandophones. Et là, "Wat stelt een naam voor? Een roos zou met een andere naam net zo zoet geuren." Et voilà, la boucle était bouclée, les classiques ont retrouvé leur place dans leur tiroir de mon cerveau. Et j'ai souri de tant de coïncidences.

    Samedi: Une journée comme je les aime: petit marché le matin, deux menus nouveaux testés sur la journée et plutôt réussis, une expo visitée à deux – c'est si rare – quelques belles oeuvres d'art, de celles qui vous vont droit au coeur; et une soirée poker avec les enfants. Pur bonheur.

    Dimanche: Repas de dimanche, sept services, à table de midi à vingt heures. Chez et avec uniquement des collègues de l'Homme et leurs femmes. Epuisée. Mais contente de voir l'Homme dans un autre contexte. Très rare. 

    Les jours se suivent et ne se ressemblent pas du tout. Et pendant ce temps-là, imperceptiblement, les jours rallongent, l'hiver s'éloigne et le printemps se prépare….

     

     

  • Semainier d’automne


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    Lundi: Ma journée a vu défiler six heures dans un train poussif (3 heures aller, 3 heures retour) en compagnie d'un avocat imbu, volubile et atteint de logorrhée pompeuse. Entre les deux, un procès pour licenciement abusif où mon coeur était plutôt du côté de la partie adverse mais ma tête se devait d'être du côté de l'employeur. Epuisant. Cours de portugais pour terminer la journée. Mes journées sont loin d'être monotones.

    Mardi: Retrouvailles avec J. et M. C'est toujours un plaisir de les retrouver. Et cette fois, la conversation a pris un tour inattendu. Après avoir fait le point sur nos vies respectives – le boulot, les enfants, les petits-enfants -, J., pur Catalan, a entrepris de nous convaincre de l'inéluctabilité de l'indépendance de la Catalogne. M., demi-Catalane, était plus mitigée, elle prône plutôt le renforcement de l'autonomie. Je ne vais pas résumer ici les arguments de l'un et de l'autre mais le débat était assez instructif et vraiment intéressant.

     Mercredi: La journée a été longue. Après une après-midi de réunions intensives, un rapide saut chez les parents, avaler deux tartines préparées rien que pour moi, admirer le méga-giga-frigo qu'ils se sont offerts rien que pour eux deux, filer au badminton, rentrer déjà fatiguée mais prendre encore une à deux heures pour préparer la valise, tout mettre dans un petit sac, se rendre compte que tout est trop compressé, tout transvaser dans une valise, constater que c'est trop lourd, tout retransvaser dans un grand sac, peser le tout et s'affaler complètement moulue dans son lit. Les city trips c'est bien mais quelle course avant de partir.

    Jeudi: Encore une journée de boulot bien stressante, en compagnie d'un chef complètement parano qui croit toujours que le monde entier – et en particulier, ses proches collaborateurs – complote contre lui. M'énerve ! Filer à 4h30 pour Charleroi et s'envoler sur R*anair, en compagnie de J. et S. pour un long weekend de 3 jours. Venise-Udine-Trieste. Arrivée sur l'île de Murano un peu avant minuit, marche le long des quais sous la lumière bienveillante de la lune jusqu'à l'hôtel. Un hôtel tout beau, tout neuf, magnifique. La magie commence.
     
    Vendredi: Longues flâneries au soleil sur l île de Murano. Comme toujours dans la lagune, tout me plait, tout lui plait: le soleil qui scintille sur l eau, les façades délavées, les volets décrépits, le spritz aperol en terrasse sur une petite place ensoleillée, l absence totale de voitures et … de vélos, le vaporetto en lieu et place de bus, les jardins magnifiques, les grenadiers fantastiques, les potagers incroyables des habitants de l'île – cette adorable vieille dame qui nous a offert un petit piment tout brillant en vantant les mérites de son jardinier de mari, cloué au lit depuis 15 jours avec une vilaine sciatique, ….
    Et là, ça m'est venu d un coup, comme une incroyable évidence : c est ici qu on veut vivre à la retraite… Et je commence à visiter les sites des agences immobilières.
     
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    Samedi: Réveil à Udine sous la pluie. La vraie pluie, qui me rappelle nos cinq années turinoises. Une pluie drue, dense, de vraies gouttes, pas le crachin bruxellois, froid, humide, qui pénètre la peau par capillarité sournoise. Mais chez la maman de S., chez qui nous logeons en son absence, il y a de grands parapluies, beaucoup de grands parapluies. Et notre première étape s'arrête dans un bar du début du siècle pour un croissant et un cappucino d'enfer. C'est un de nos moments favoris dès qu'on met le pied en Italie, c'est le cappucino du matin. Puis nous flânons sous les portiques, bien pratiques pour lécher les vitrines les jours de pluie ou de grand soleil, c'est selon, nous flânons dans cette petite ville simple, charmante, un rien désuète mais très chaleureuse. On s'arrête dans une petite brasserie absolument divine où l'ambiance est familiale, drôle, easy going, truffée de bouilles sympathiques – Oeil-de-Nikon s'en est donné à coeur joie – et où vous sert une cuisine exquise. Et bien sûr, pendant ce temps, la pluie a cessé, le soleil est sorti et la promenade dans le parc du château surplombant la ville fût un moment de douceur angélique. Et le soir, feu d'artifice de saveurs du terroir italien à défaillir de plaisir: gnocchi au potiron et aux châtaignes, risotto aux champignons des bois, cuisse d'oie confite pendant des heures, que du bonheur papillaire.
     
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    Dimanche: Ce weekend enchanteur s'est terminé à Trieste, ville plus grandiose, plus aristocrate en quelque sorte, austro-hongroise, le long d'une baie magnifique. Course de voiliers, la barcolana, très dépités par le manque total de souffle éolien, flâneries encore et toujours, un gelato caffe et panna pour ne pas quitter l'Italie sans ce plaisir-là. 
    Retour à la maison, fatigués mais heureux et la tête pleine de ces moments délicieux avec ces deux amis précieux.

     

  • Les risques du métier

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    Pas toujours facile d'être DRH dans la fonction publique. A priori, on pourrait penser que c'est bien plus peinard que dans le privé. Oh bien sûr, on est loin des licenciements collectifs, des lois Renault et autres fermetures générales. Et le licenciement individuel est assez rare. Avant, quand le fonctionnaire public était nommé, il aurait fallu tuer père et mère pour se faire éjecter. Aujourd'hui, les contrats ne sont plus signés à vie et tant la performance que le comportement doivent être l'une acceptable et l'autre irréprochable. Ceci dit, si on licencie une personne par an, c'est déjà beaucoup.

    Par contre, pour rentrer dans la fonction publique, c'est devenu de plus en plus compliqué. Epreuves écrites, entretiens corsés devant 4 à 5 personnes, diplômes et attestations de travail, certificat de bonne vie et moeurs, un vrai parcours du combattant.

    Parfois, on connaît bien les personnes qui se lancent dans ce parcours, on connaît leurs qualités, leur excellente performance, elles ont déjà travaillé avec vous ou travaillent encore toujours là mais sous un type de contrat précaire et on voudrait tout faire pour leur permettre de stabiliser leur situation. Particulièrement en ces temps de crise. Parfois, on est impuissant devant le diplôme qui manque, le nombre d'années d'expérience requis pas atteint, parfois il ne manque que quelques mois, parfois on cherche tous les moyens légaux pour interpréter la règle au mieux des intérêts de chacun. Mais parfois, rien n'y fait et on doit refuser la sélection.

    Et puis, quelques semaines plus tard, celle que vous n'avez pas voulu/pas pu recruter fait un accident vasculaire cérébral et se retrouve bras et jambe paralysés.

    Et sous le coup de l'émotion, de la colère, la collègue, l'amie proche de la victime, déboule dans votre bureau et vient vous cracher sa haine et son reproche. 

    Et vous restez seule avec cette haine glaciale, cette tristesse immense pour celle qui est tombée, cette profonde solitude et puis cette colère volcanique à l'intérieur. 

    Colère contre le système qui nous impose un tel cadre rigide autour du choix des collaborateurs, comme si on entrait à l'Elysée (le paradis de la mythologie grecque, pas le pied-à-terre de Hollande). Colère surtout contre la haine déversée chez moi et uniquement chez moi. Parce qu'on sait que j'accepte tout. Colère contre moi qui accepte tout. 

    Sa haine l'a rendue malade, elle n'est pas revenue pendant quinze jours. Et j'essaie d'entretenir ma colère pour pouvoir en faire part lundi, si elle revient. Mais je ne sais pas garder la colère, elle me file comme du sable entre les doigts.

    Alors je m'entraîne….

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  • Fatiguée mais contente

     

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    Lundi: Une journée à Paris avec Véro, le plaisir de papoter des heures, un peu de lèche-vitrines, un peu de shopping – on a découvert un styliste japonais, ancien assistant de Kenzo, Irié Wash. C'est elle qui a poussé la porte, c'est moi qui en suis sortie avec une robe. Un petit tour sur les quais, côté bouquinistes et un vieux livre de cuisine d'Antonin Carême dans la poche. Et retour à la maison.

    Mardi: Cours de cuisine vietnamienne avec Anaïs. Il y a quinze jours, on avait testé le cours de macarons. Très bof bof. Cette fois, la déception a été encore plus grande et on ne nous y reprendra plus. Un, le pseudo-chef s'annonce lui-même amateur, deux, il ne s'occupe pas de nous, considère que "celles qui font le dessert, c'est la planque" – pas de chance, c'était nous -, trois, il ne peut pas répondre à des questions pas très compliquées, et quatre, c'était même pas bon.

    Jeudi: Désordre public. Très chouette pièce. Complètement décalée mais il y a longtemps que je n'avais plus ri avec autant de bonheur. 

    Vendredi: Conférence sur la gestion des ressources humaines dans le secteur public. Très intéressant. J'avais un peu oublié à quel point la GRH est différente entre le public et le privé. Une certaine stabilité d'emploi dans le public, certes de plus en plus relative mais néanmoins encore pas mal garantie en échange de procédures lourdissimes dans tous les domaines que ce soit dans les appels à marché ou, plus particulièrement en matière de RH dans les procédures de sélection. De quoi rafraîchir ma mémoire, même si je ne suis pas prête d'oublier, moi qui ai naïvement importé du privé des méthodes de sélection expéditives: trois piles, les CVs intéressants, les CVs inappropriés et les "à voir". De quoi se prendre un audit carabiné où l'auditrice en chef a bien faille me mettre au bûcher pour hérésie.

    Samedi: Il y a deux ans, on s'était promis de remettre le couvert tous les ans mais le temps nous échappe. Cette année, on y est arrivés et on s'est à nouveau offert une belle cousinade. Cette fois, Swiss Sis' et mon filleul préféré manquait à l'appel mais la plupart avait répondu présent. Preuve s'il en est que tout le monde apprécie de se retrouver au moins tous les deux ans si pas tous les ans. Tout de même, cela reste plus sympa que de se retrouver aux enterrements. Et comme il ne faut plus trop compter sur les mariages et les baptêmes….

    Dimanche: Une journée pour tout ranger, tout nettoyer – merci les enfants ! – et en soirée, j'ai accompagné Maïté – qui n'a trouvé que moi pour l'escorter – à la projection d'un court-métrage avec débat. Le film déplore en long et en large l'impact insoupçonné de l'image de la femme véhiculé par la télévision italienne depuis plus de 30 ans. Le débat, lui, était assez édifiant sur le manque d'empathie entre les différents interlocuteurs. Plutôt qu'un débat, on a assisté à un échange de monologues. Y'a encore du chemin à tous les niveaux !

    Plus interpellant encore, le mini-métrage de 3 minutes avant la projection proprement dite. De quoi nous ouvrir les yeux sur les images publicitaires qui ne nous choquent même plus, faute de les regarder vraiment. Une claque en pleine figure! 

     

     

  • Semaine de retour

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    Lundi:  Après 4 semaines loin des dossiers, du PC, des collègues, le retour est toujours un peu appréhendé. Mais cette année, ma chef ne m'a pas accueillie d'un "Plus jamais 5 semaines !!" avant même de me dire bonjour. Normal je n'ai pris que 4 semaines…. Et j'avais un remplaçant…. et le mois de juillet 2011 a été moins pénible. Une matinée passée à faire le point avec elle, à saluer tout le monde (du moins ceux qui sont encore là), s'enquérir du temps "magnifique" que les aoûtistes ont eu en Belgique, se réjouir de leurs vacances à venir, être sûre que tout le monde va bien, c'est pas tout ça mais j'ai des mails à lire. 170. C'est moins que l'année passée. Mais qu'est-ce que je donnerais pour être ailleurs….

    Mardi: Rendez-vous chez la diététicienne. Je me demande pourquoi j'y vais, pourquoi je paie une consultation de dix minutes, le temps de monter sur sa balance, vérifier qu'elle est parfaitement d'accord avec la mienne (de balance), et m'entendre dire que c'est bien, qu'on est sur la bonne voie, qu'il faut continuer comme ça. C'est idiot mais c'est plus fort que moi, j'ai besoin de quelqu'un qui joue les "maîtresses d'école" et me donne des bons ou mauvais points. Seul bonus de cette pause-déjeuner: le passage par la librairie et l'achat de Gatsby le Magnifique que je ne me souviens pas d'avoir lu et que le livre de Gilles Leroy (Alabama Song) sur la vie de Zelda Fitzgerald m'a donné envie de lire.

    Mercredi: Mon collègue le plus rentable (rapport efficacité/rapidité) s'en va pour un avenir meilleur. Forcément ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont. Je le regrette déjà. 

    Jeudi: C'est l'anniversaire de Mamy L. Comme avait l'habitude de plaisanter Papy L., on retourne les chiffres de son âge et ça lui fait un joli 18 ans. Du coup, je lui ai offert son premier rouge à lèvres Chanel et elle en avait les joues aussi roses qu'une jeune fille. Dommage que l'Homme ait gâché l'ambiance pour une sombre mais violente discussion avec ses enfants et plus particulièrement son fils sur la valeur du serment et celle de la parole donnée. J'étais assez désolée de la tournure que prenaient les choses mais visiblement Mamy L., contactée le lendemain et qui avait dormi comme un bébé, a trouvé qu'elle avait passé une excellente soirée. Elle est sans doute immunisée contre le verbe haut. Pourquoi je n'y arrive pas ? Je reçois pourtant des piqûres de rappel au moins hebdomadaires.

    Vendredi: Fin de cette première semaine de travail et j'ai l'impression de n'être jamais partie en vacances. Il faut croire que le rythme ne me convient pas. En me levant à 6h30, je devrais aller dormir au plus tard à 23 heures. mais c'est juste pas possible, je n'y arrive pas. Trop de choses à faire, trop d'envies, trop de tout. Comment apprendre à ralentir ?

    Samedi: Je suis allée porter un petit colis à la poste en compagnie de l'Homme. Témoins de loin d'une petite altercation entre un client et un employé, nous avons vu – sans entendre ce qui se disait – le geste honorifique de l'employé à l'aimable attention du client. Nous sommes sortis en même temps que le client furieux, vitupérant mais raccompagné par une charmante vigile, suivie très rapidement par le responsable du bureau de poste. Très vite, nous avons compris que le client était dans son droit et n'avait pas à tolérer les grossièretés proférées par le guichetier. Malheureusement, l'état de sobriété, l'accent étranger ainsi que la mise du pauvre hère n'allaient pas jouer en sa faveur si, comme il en menaçait la planète entière, il allait faire venir la maréchaussée. Ce que l'Homme a tenté de lui faire comprendre, de concert avec madame la vigile et monsieur le responsable, mais dans des termes que la fonction de ces derniers ne leur permettait pas d'utiliser et qui étaient certainement plus percutants pour ce bougre, pourtant bien Belge et fier d'avoir défendu la patrie, comme il s'est empressé de nous montrer les traces de balle sur tout son torse ("Tiens moi ça" et hop que je t'enlève mon T-shirt !). La vigile lui a proposé une cigarette, le responsable a promis qu'il ferait "le nécessaire pour que ça ne se reproduise plus" et son copain est arrivé et l'a emmené "boire un pot, c'est mon anniversaire, aujourd'hui !". Et nous on est repartis en rouvrant le débat sur la valeur des dires de personnes assermentées, sobres ou non.

    Dimanche: Après-midi et dîner chez un ancien copain de l'Homme qu'on voit à peu près une fois par an. Chaque année, je redoute cette rencontre et cette année n'a pas démérité: il n'a pas fallu cinq minutes pour que les conversations se scindent – comme dans les églises aux enterrements d'autrefois – entre hommes à gauche et femmes à droite. Je ne sais pas pourquoi mais c'est le seul couple avec lequel ça nous arrive. Et ce n'est pas ma copine, c'est la femme d'un copain "annuel". Parce que si c'était mes copines, ça irait, je pourrais parler des heures sans les hommes. Mais pas avec elle. Et pourtant elle est intelligente, elle dit pas de c… niaiseries, je ne peux vraiment rien lui reprocher. Alors, bien sûr, au retour, je peux comparer avec l'Homme nos conversations respectives et on a, au final, le double d'informations que si nous avions bavardé à quatre. Mais tandis que l'Homme m'informe sur les nouveaux programmes universitaires et de recherche en matière de sciences de l'éducation physique, moi je ne peux que le tenir au courant des nouveaux protocoles opératoires des colonoscopies (l'anesthésie générale permet maintenant de "faire d'une pierre deux coups, s'il y a un polype, on l'enlève tout de suite", youpie !). J'aimerais autant n'avoir que la moitié des infos et dormir sur le chemin du retour…

     

  • Sur les rotules

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    Oui, je vis toujours et je vais bien merci. Et merci surtout à celles qui s'en sont inquiétées. Mais je suis sur les rotules. Les mois de juin sont toujours pénibles mais celui-ci est champion toutes catégories. 

    Au boulot, outre le fait que j'arrive au bout d'une année sans vacances (les petits weekends de trois jours par-ci par-là, c'est super et je ne boude pas mon plaisir mais ce n'est jamais du vrai repos), le mois de juin a été synonyme, entre autres, de licenciement après 6 ans de (très) bons et (très) loyaux services de six collègues dont le seul crime a été de ne pas être en ordre d'une exigence administrative bête et stupide. On a fait tout ce qu'on pouvait – avec une imagination très créative qui dépassait les limites du juridiquement correct – pour les sortir de ce guêpier mais sans succès. Enfin si, sur les 14, huit ont réussi mais ces six-là sont restés sur le carreau. Et annoncer individuellement ces échecs a été épuisant moralement. Synonyme aussi de suspicion de harcèlement et ces entretiens-là ne sont pas moins éprouvants. Et je terminerai la semaine qui précède mon départ en vacances par ma présence au tribunal dans le cadre d'un autre licenciement litigieux.

    Le chaud froid imposé par la météo capricieuse – un jour on fond sous 33° et le lendemain on frissonne à 18° – a eu raison de ma fragilité du moment et j'ai passé une semaine entre kleenex et pastilles pour la toux.

    Last but not least, pendant un mois, Anaïs et moi avons préparé les 20 ans de Quentin et plus particulièrement le montage video qui devait faire partie des surprises que nous lui réservions pour ce vendredi 1 juillet. Il aura 20 ans dans un mois mais si on voulait le fêter dignement pour une fois, en présence de tous ses copains et de sa famille, il fallait profiter de la fin des examens, de la présence encore pour quelques jours de la plupart d'entre eux et ne pas attendre les secondes sessions d'août. Et tout cela nous a mangé tout le temps qu'il nous restait encore disponible. Mais son bonheur nous a récompensés des heures de veille, les allumettes aux yeux.

    Mais me voilà de retour. Pour quelques jours seulement. Parce que cette semaine, on prépare les VALISES !! Youpie !

  • Janvier

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    Janvier a beau être le mois de mon anniversaire, c'est rarement le meilleur mois de l'année. Et cette année ne fait pas exception à la règle.

    Il fait froid et les fêtes passées, il n'y a plus de perspectives scintillantes pour nous aider à passer l'hiver. On veut du printemps, des jonquilles, des bourgeons, quelques rayons de soleil, des oiseaux, des couleurs gaies. Rien ne nous retient en janvier ou en février. On ne part plus au ski depuis belle lurette – on avait la "domenica bianca" quand on vivait à 100 km des pistes mais depuis… -, on ne part jamais au soleil en hiver, quoique….

    Quoique. Guy et Catherine nous ont proposé à brûle-pourpoint de partir avec eux en mars à Cuba. On venait d'en parler le weekend avec les enfants comme une destination possible pour l'été. Mais ce n'est pas la bonne saison pour partir là-bas, les billets d'avion sont bien plus chers, et l'idée est restée en suspens… Alors quand cette proposition est arrivée… Mais il fallait se décider en 3 heures. Comment faire pour décider en 3 heures si nous pouvons réorganiser toutes les réunions professionnelles que nous avons pendant ces 12 jours, pour décider si nous pouvons nous permettre d'amputer le budget vacances d'été sacré pour nous, décider si nous pouvons laisser pendant 12 jours nos enfants si prompts à faire la fête, si peu disciplinés en matière d'assiduité scolaire ? Nous qui mettons des plombes à nous décider pour la moindre bricole. On a donc renoncé. Et je le regrette déjà. Où est passé le petit grain de folie qui nous a habité quelquefois, où est passé mon bélier de mari qui fonçait parfois tête baissée en se disant "on verra après" et qui aujourd'hui hésite profondément par crainte aussi d'être déçu ?

    Dans le registre "décision à prendre", alors que je viens d'obtenir mon contrat à durée indéterminée, je me morfonds et rumine une nouvelle proposition d'emploi bien intéressante, plus près de chez moi et un rien mieux payée mais trois fois hélas limitée à 6 ans. Ce qui me ramène sur le marché de l'emploi à 57 ans. Je ne serai évidemment plus de première fraîcheur. Décision très difficile.

    Tout cela ne contribue pas à améliorer la qualité du sommeil, l'alimentation équilibrée et l'attitude zen.

  • Dommage

    Horloge
    Le rythme au boulot s'est – très légèrement – calmé mais je n'arrive toujours pas à suivre mon activité bloguesque. Je fais le tour du blog au pas de course – mon chien ma souris me regarde d'un air interloqué "d'habitude, tu marches moins vite !" – , je n'alimente plus aussi régulièrement le mien – et c'est pas parce que je n'ai rien à dire, au contraire. Mais le temps me manque.

    Franchement, travailler plein temps, assurer un minimum d'intendance à la maison, être un minimum disponible pour ses enfants et la personne avec qui l'on vit, profiter de ses parents, soeurs, beaux-frères et nièce sans parler du restant de la famille, voir ses amis, faire un 'tit peu de sport, lire, se cultiver (théâtre, concerts, cinémas, expos, …), s'informer, s'instruire, voyager, faire du shopping, cuisiner, essayer des restos, se promener, jouer, bloguer, dormir…., ça le fait pas. Y'a un truc en trop. A mon avis, si j'enlève une de ces activités mais une seule – pas n'importe laquelle non plus, une seule bien précise -, je devrais arriver à combiner tout le reste.

    Hélas, je sens que ça ne va pas marcher….