Catégorie : Arte

  • M. et Mme Rêve

    Ce fut un weekend bien occupé. 

    Le vendredi soir, on a cassé le cochon-tirelire pour notre étoilé annuel. L'élu de cette année a été le Sea Grill d'Yves Mattagne. Serions-nous devenus blasés? Malgré les multiples découvertes dans l'assiette – une meringue de betterave rouge, un cube de granité au café, une mousse de yuzu, un pétale de radis – , ce ne fut pas l'éblouissement de nos premières fois chez Bon bon. Bien sûr c'est un bon restaurant, mais très en dessous de nos attentes. 

    Tout était bon, sans plus, mais l'addition était franchement salée par rapport à ce que nous avons mangé. Et l'originalité n'était pas au rendez-vous. En prime un service obséquieux, dépourvu de classe, robotisé, et surtout totalement non chaleureux. Une étoile de trop, certainement….

    Samedi matin, petite démonstration culinaire à l'institut culturel coréen. Sans trop d'intérêt si ce n'est que, malgré son air très critique, l'attention soutenue de l'Homme m'a confortée dans l'idée qu'il aimerait vraiment suivre un vrai cours de cuisine alors qu'il prétend fermement le contraire.

    Samedi soir, pièce de théâtre en italien à l'institut culturel italien (décidément !). Spectacle bon enfant et bon exercice de compréhension à l'audition.

    Et cerise sur le gâteau, le dimanche après-midi: un spectacle époustouflant des danseurs Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, M. et Mme Rêve.

    Partis d'une phrase de Ionesco "Tout ce que nous rêvons est réalisable.», ces deux chorégraphes extraordinaires ont monté un spectacle avec les ingénieurs de Dassault Systèmes qui unit le monde de la danse et de la 3D, de l’expression corporelle et de la programmation logicielle.

    C'était tout simplement magique. Emouvant. Poétique. A couper le souffle.

  • Trois sens en éveil cette semaine

     

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    La vue: Un monde de papier; Fortuny par Isabelle de Borchgrave. Superbe exposition avec Joséphine. Je l'avais vue à Venise lors d'une journée offerte à ma filleule, dans le palazzo de Mariano Fortuny lui-même. Cet espagnol, émigré très jeune à Venise, était un artiste, créateur de robes, dont Isadora Duncan et Sarah Bernhardt étaient aficionadas autant que Catherine Deneuve l'était de Yves Saint-Laurent. Le plissé de la soie dans des couleurs inimaginables fait tout simplement rêvé. Alors quand la grande prêtresse du papier s'en inspire, cela laisse pantois. Plaisir des yeux garanti.

     

     

     

    L'ouïe: Les fleurs du mal de Baudelaire. Très chouette spectacle musical, florilège de poèmes de Baudelaire, récités de manière très percutante, entrecoupés de musique et de chansons de Brigitte Fontaine et Ari Belkacem – que j'ai découverts par ailleurs – dans une mise en scène on ne peut plus inventive et audacieuse. L'homme et fille cadette ont très moyennement appréciés mais moi, je suis ressortie enchantée.

     Le goût: Notre sortie annuelle dans un grand restaurant après l'ouverture du cochon que l'on engraisse chaque semaine après le badminton n'a pas été une réussite cette année. Je ne vous recommanderai donc pas le restaurant où le millefeuilles de légumes racines et foie gras était assez déplaisant, surtout pour les trois d'entre nous qui ont eu la désgréable surprise de tomber sur des bouchées de foie gras non dénervé. Le filet de bar et les noisettes d'agneau manquaient d'éclat et je n'ai commencé à voir quelque peu scintiller les deux étoiles annoncées dans le baba au rhum. Moi qui n'en attendais rien parce qu'a priori, le baba n'est pas ma tasse de thé. Mais cette fois, j'ai enfin compris pourquoi c'était le dessert préféré de Papy L. 

     Peut-être que la semaine qui vient m'offrira des parfums printaniers et la douceur des premiers rayons sur la peau…..


  • Plein de petits plaisirs

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    Un mois d'absence presque. Mais où reste-t-elle ? Je me fais rare parce que je suis débordée. Débordée de petits plaisirs. 

    Après le weekend suisse, on a enchaîné les concerts, les pièces de théâtre et les moments précieux. 

    Au théâtre un de ces soirs :

    Antigone d'Anouilh, mise en scène très moderne, pas mal du tout. Seul bémol, c'est le genre de pièces où forcément une bonne partie du public est adolescent, généralement obligé d'être là et peu concerné. C'est normal et de leur âge, ce n'est que bien plus tard que l'on y prend intérêt, voire goût. Mais du coup, ça dérange pas mal le public qui a mûri et qui écoute cette pièce très sérieusement. 

    Sur la grande toile:

    Le premier film de Polanski, à la cinémathèque avec Maïté, "Le couteau dans l'eau" en V.O. et donc encore en polonais. Très spécial mais j'ai aimé. Même si ce que j'ai préféré c'est le passage où la seule femme du film chante.

     Sur scène:

    Six concerts:

    Cécilia Bartoli qui, elle, chante comme personne. Elle est juste inimitable. Elle est chaleureuse, généreuse, théâtrale, drôle et une soirée avec elle tient presque de la soirée entre amis. Cette fois, c'est Mamy B. qui nous avait invités et qui avait également invité Mamy L. Elles ont passé la soirée ensemble, Mamy L. était ravie et j'ai entendu pour la première fois ma maman tutoyer ma belle-maman.

    Dans la catégorie rock'n roll années 70, un concert de Status Quo à Paris avec l'Homme. Que des vieux comme nous mais ça déménageait bien. On est sortis de là, complètement sourds mais heureux. Sans compter que la journée, je l'avais passée avec Véro et que ces journées là sont toujours des petits bulles de bonheur dans ma "routine" (bon, d'accord, je ne devrais pas utiliser ce mot, je sais…)

    Dans la catégorie rock'n roll années 60, notre traditionnelle virée à Anvers pour assister au concert des Golden Years. Chaque année, depuis plus de 20 ans, on rempile pour une nouvelle édition. Au programme cette fois: the Tremeloes, Peter Noone (vous savez "No milk today, my love has gone away"), Dave Berry, The Searchers, Chris Andrews, Chris Montez, Dozy, Beaky, Mick and Tich. Comme ça, ça ne vous dit peut-être rien mais c'est sûr vous connaissez tous au moins un morceau de chaque groupe. Testez sur YouTube ! Forcément, à force d'y aller chaque année depuis 20 ans, le poil se raréfie, le muscle se ramollit, tant sur scène que sur les gradins d'ailleurs mais côté scène, la voix n'a rien perdu et le coeur y est toujours. 

    Cette année encore une fois, retrouver Renaud Patigny, qui avait animé une partie de mes 50 ans. Un peu plus déçus que les autres fois peut-être mais sans doute l'année dernière nous avait par trop émerveillés.

    Et puis la découverte de l'année: Charles Berling chante aussi. Ce spectacle était le deuxième d'un abonnement de six spectacles hétéroclites et la surprise était bien agréable. Non content de nous séduire entre charme et charisme, l'acteur écrit des chansons et les chante. C'est tout simplement très bon. A découvrir si le coeur vous en dit sur Internet. Il vendait son CD 10 € à la sortie et le dédicaçait de quelques fleurs et d'un sourire désarmant.

    En fin dans la catégorie lyrique, La flûte enchantée de Wolfgang avec Mamy et la chauve-souris de Johan avec l'Homme. Deux plaisirs allemands différents mais tout aussi enchanteurs.

    Un débat: 

    La présentation du livre "Debout l'Europe" de Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit sous forme d'entretien avec deux journalistes belges et un journaliste français. Ces deux-là ont beau être controversés, ils ont l'art de soulever l'enthousiasme et de ranimer la flamme en cette Europe en laquelle nous croyons depuis toujours. Et ils donnent envie de se réveiller et de se lever.

    Dans les musées:

    Deux expos aussi, toutes deux à Paris, pendant ma petite escapade de deux jours. L'une avec Véro: "Cheveux chéris" au quai Branly . Le cheveu, élément de frivolité, de coquetteries, matériau humain à modeler, symbole de beauté, du temps qui passe, relique, talisman, objet magique, trophée. Le cheveu à tout crin, sous toutes ses formes.

    L'autre avec l'Homme: une exposition consacrée à la veduta dont Canaletto et Guardi sont les peintres de prédilection. La veduta est un genre artistique du XVIIIème siècle qui rassemble des tableaux, grands ou petits, représentant principalement Venise, commandés par les jeunes fortunés de l'époque qui voyageaient à travers l'Europe et souhaitaient ramener chez eux l'équivalent grand format de nos cartes postales. Venise à toutes les sauces, fantaisistes ou réalistes, notre Venise présente partout partout dans ce magnifique hôtel de maître qu'est le musée Jacquemart-André. Trois heures de pur bonheur.

    Et puis aussi, un anniversaire surprise organisé pour Joséphine, une soirée de Thanksgiving chez Hanka, un dîner chez C et P, un cours de cuisine "Grand Bluff" entre filles. 

    Le tout saupoudré hebdomadairement de badminton et de cours de portugais. Et un super stage de yoga un dimanche matin.

    Alors voilà, je suis toujours là et je vais reprendre la souris bientôt. Parce que j'ai encore plein de choses à raconter, entre la St Nicolas des enfants, le discours de départ de ma chef à préparer, le repassage, le ménage, la cuisine et le boulot, il y aurait de quoi tenir la plume pendant des heures.

    Un merci tout particulier à celles qui se sont gentiment inquiétées de mon silence inhabituel 🙂

  • Big bisou

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    Petite escapade à Rome le seul weekend de l'année où il pleut. Où il pleut même sérieusement. Pas tout le temps mais quand ce sont des cordes qui tombent, il est inutile de lever le nez en l'air. Alors pour compenser cette météo grincheuse, nous nous sommes réfugiés, sans aucunement nous forcer, à l'exposition sur Robert Doisneau. 

    Agencée non pas chronologiquement mais plutôt par thèmes (les baisers, les enfants, le monde de la mode, les Halles, etc…), l'exposition met magnifiquement en valeur les photos de ce poète de l'incongru.

    Le Baiser de l'hôtel de ville est sans doute sa photo la plus connue. Mais ce n'est pas, de loin, ma préférée. Je me suis toujours demandée si ces deux amoureux s'étaient rendus compte qu'ils étaient photographiés. J'ai trouvé rapidement la réponse à ma question et bien plus encore. Je vous le partage ici:

    Prise en 1950 à proximité de l'hôtel de ville de Paris,il s'agit d'une scène posée réalisée dans le cadre d'un travail de l'auteur pour le magazine Life avec la complicité des deux étudiants en théâtre, Françoise et son petit ami Jacques. Doisneau les avait rencontrés dans un café parisien et, les ayant vu s'embrasser, leur avait proposé une séance de prise de vue en pleine rue, moyennant une rétribution de 500 FF. L'idendité des deux protagoniste fut longtemps inconnue, y compris de l'auteur lui-même.

    Cette photographie est devenue particulièrement célèbre avec la commercialisation, en 1986, de 410 000 exemplaires d'un tirage en format poster, un record mondial.

    Ce cliché a été au cœur de nombreux contentieux, dont un procès retentissant du vivant de Robert Doisneau. En 1992, le couple Lavergne revendique être les amants de l’hôtel de ville, et réclament 500 000 FF au photographe pour violation de sa vie privée. Ce procès fait resurgir Françoise qui se fait connaître de Robert Doisneau et fournit, pour prouver qu'elle est bien l'un des protagonistes, un cliché original et numéroté que le photographe avait donné aux amants après la séance photo. Françoise fait, elle aussi, un procès et réclame 100 000 FF de rémunération complémentaire, ainsi qu'un pourcentage sur les bénéfices commerciaux. Depuis la prise du cliché, les amants se sont séparés. Jacques refuse quant à lui de se joindre à la démarche, refusant de "transformer cette histoire photographique en histoire de fric". Le 2 juin 1993, le Tribunal de grande Instance de Paris déboute en appel les trois demandeurs. Les époux Lavergne n'ont pas réussi – et pour cause – à prouver qu'il s'agissait bien d'eux sur le cliché. Quant à Françoise, Robert Doisneau lui même la reconnaît comme étant la protagoniste. Mais le tribunal considère qu'elle ne peut se prévaloir d'un droit à l'image n'étant, du fait de sa position, pas reconnaissable sur le cliché.

    Françoise va, en revanche, mettre en vente son cliché original. Le 25 avril 2005, il est mis à prix à 10 000 € chez Artcurial à Paris ; il sera adjugé 150 000 € en présence de sa propriétaire.(source: Wikipedia: le baiser de l'hotel de ville)

    Mais ma photo préférée n'est pas le Baiser de l'hôtel de ville. Moi j'ai craqué pour les 3 petits chaperons blancs.


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    Et puis celle-ci, qui ne faisait pas partie de l'expo mais que j'aime beaucoup. Le reconnaissez-vous ?

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  • La rentrée des sorties

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    Ca y est, la rentrée théâtrale, musicale, littéraire est aussi arrivée ! Cette année, pressentant la désertion probable du nid par les trois oisillons, j'ai un peu suralimenté le calendrier culturel. 4 abonnements de théâtre dont un avec Mamy L. et un avec les copains, 2 opéras en live et 2 opéras au cinéma et les concerts classiques avec Mamy B. 

    Et la première pièce de l'année ne nous aura pas déçus. La robe de Gulnara est une fable qui raconte l'histoire de milliers de réfugiés qui vivent entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan dans une enfilade de wagons désaffectés. La jolie Gulnara dépense toutes les économies de sa jeune vie pour s'offrir une robe de mariée, pour donner un peu de couleur et de fierté à ce mariage. Sa jeune soeur Mika essaye la robe en cachette et par inadvertance la tâche de goudron. Elle entamera alors une course à la réparation des dégâts et sera confrontée au meilleur et au pire de l'être humain. Tout y était pour séduire. Des comédiens incarnant avec brio deux ou trois personnages, un jeu subtil, une mise en scène originale, et bien sûr le thème des réfugiés qui me tient tant à coeur.

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    Le mercredi, faute de pouvoir jouer au badminton, Joséphine m'a emmenée à l'opéra. Songe d'une nuit d'été mis en musique par Mendelssohn. C'était tout simplement magique. Je ne m'attendais à rien en fait. Et puis, une narratrice hors pair – Dame Harriett – a déclamé le texte de Shakespeare avec une telle classe et une telle diction que cela m'a donné la chair de poule. L'histoire ajoutait à la féérie. 

    Deux couples d'amoureux transis, une dispute entre le roi et la reine des fées, une potion magique et le mariage d'un prince, le tout dans une forêt étrange, le temps d'une nuit d'été ensorcelante qui ressemble à un rêve. 

    Le tout mis en musique par Mendelssohn de manière tout aussi féérique et la découverte toute surprise que la Marche Nuptiale – qu'on nous rabâche à plein de mariages – fait partie de cette oeuvre.

    Un joli début pour les sorties.

  • Fatiguée mais contente

     

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    Lundi: Une journée à Paris avec Véro, le plaisir de papoter des heures, un peu de lèche-vitrines, un peu de shopping – on a découvert un styliste japonais, ancien assistant de Kenzo, Irié Wash. C'est elle qui a poussé la porte, c'est moi qui en suis sortie avec une robe. Un petit tour sur les quais, côté bouquinistes et un vieux livre de cuisine d'Antonin Carême dans la poche. Et retour à la maison.

    Mardi: Cours de cuisine vietnamienne avec Anaïs. Il y a quinze jours, on avait testé le cours de macarons. Très bof bof. Cette fois, la déception a été encore plus grande et on ne nous y reprendra plus. Un, le pseudo-chef s'annonce lui-même amateur, deux, il ne s'occupe pas de nous, considère que "celles qui font le dessert, c'est la planque" – pas de chance, c'était nous -, trois, il ne peut pas répondre à des questions pas très compliquées, et quatre, c'était même pas bon.

    Jeudi: Désordre public. Très chouette pièce. Complètement décalée mais il y a longtemps que je n'avais plus ri avec autant de bonheur. 

    Vendredi: Conférence sur la gestion des ressources humaines dans le secteur public. Très intéressant. J'avais un peu oublié à quel point la GRH est différente entre le public et le privé. Une certaine stabilité d'emploi dans le public, certes de plus en plus relative mais néanmoins encore pas mal garantie en échange de procédures lourdissimes dans tous les domaines que ce soit dans les appels à marché ou, plus particulièrement en matière de RH dans les procédures de sélection. De quoi rafraîchir ma mémoire, même si je ne suis pas prête d'oublier, moi qui ai naïvement importé du privé des méthodes de sélection expéditives: trois piles, les CVs intéressants, les CVs inappropriés et les "à voir". De quoi se prendre un audit carabiné où l'auditrice en chef a bien faille me mettre au bûcher pour hérésie.

    Samedi: Il y a deux ans, on s'était promis de remettre le couvert tous les ans mais le temps nous échappe. Cette année, on y est arrivés et on s'est à nouveau offert une belle cousinade. Cette fois, Swiss Sis' et mon filleul préféré manquait à l'appel mais la plupart avait répondu présent. Preuve s'il en est que tout le monde apprécie de se retrouver au moins tous les deux ans si pas tous les ans. Tout de même, cela reste plus sympa que de se retrouver aux enterrements. Et comme il ne faut plus trop compter sur les mariages et les baptêmes….

    Dimanche: Une journée pour tout ranger, tout nettoyer – merci les enfants ! – et en soirée, j'ai accompagné Maïté – qui n'a trouvé que moi pour l'escorter – à la projection d'un court-métrage avec débat. Le film déplore en long et en large l'impact insoupçonné de l'image de la femme véhiculé par la télévision italienne depuis plus de 30 ans. Le débat, lui, était assez édifiant sur le manque d'empathie entre les différents interlocuteurs. Plutôt qu'un débat, on a assisté à un échange de monologues. Y'a encore du chemin à tous les niveaux !

    Plus interpellant encore, le mini-métrage de 3 minutes avant la projection proprement dite. De quoi nous ouvrir les yeux sur les images publicitaires qui ne nous choquent même plus, faute de les regarder vraiment. Une claque en pleine figure! 

     

     

  • La fille de son père

    Une imagination débordante, un humour subtil, un amour immodéré pour les planches. 

    Lui, en 1925, dans la ruée vers l'or.

     

    Elle, en 2011. Elle a fêté ses 60 ans hier et nous sommes restés ébahis devant tant de jeunesse.

     

     

    Les Chaplin, père et fille, qui pourrait croire qu'il y a 86 ans d'intervalle entre ces deux enchantements poétiques ? 

    Un spectacle splendide.

  • Vivre dans le « boum »

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     On la trouvait sévère, revêche, colérique. Elle était surtout théâtrale, dramatique, tragédienne. L'école avait déniché je ne sais où cette passionnée des planches dans la ferme intention de relever le niveau des pièces de théâtre des Fancy Fair annuelles. Elle a fait de moi une "femme savante", une "précieuse ridicule" puis une marquise à perruque blonde au temps de la Révolution française, pauvre de moi. Contrairement à la majorité des étudiantes, j'ai vite revu mon jugement hâtif sur ce petit bout de femme extravagant. J'aimais ses emportements exubérants, sa diction idyllique, sa main élégamment levée.

    A 18 ans, j'ai quitté l'école et je ne l'ai revue qu'à de très rares occasions. A 40 ans, j'ai emménagé dans l'immeuble que j'habite aujourd'hui et …. je l'ai retrouvée dans l'escalier. Elle se souvenait parfaitement de moi et nous a accueilli le plus joliment du monde. Elle nous a vanté les agréments de la vie en plein centre ville: "Vous verrez, c'est formidable de vivre dans le boum !". A près de 75 ans, je lui enviais son dynamisme et me sentais contaminée par son enthousiasme.

    Pendant les dix années où sa voix de cristal et son caractère enjoué ont éclairé le hall d'entrée, nous lui avons décerné le Molière de la top voisine. La seule qui se fendait d'une lettre dithyrambique pour nous remercier des petits biscuits offerts chaque Noël, la seule qui s'extasiait exagérément et ne tarissait pas d'éloges chaque fois qu'elle nous rencontrait, nous qui avions bien sûr les enfants les plus beaux, les mieux éduqués, les plus charmants de toute la planète.

    Elle a fait ses adieux à la scène de la vie d'un seul coup, baisser de rideau sans appel, sans rappel. Et tant mieux. Les lamentations n'étaient pas pour elle. On s'était embrassées deux jours avant. Elle m'avait demandé avec emphase: "Dansez-vous la valse ?" et comme je lui rétorquais qu'elle ne pensait pas si bien dire, elle m'a dit: "Cest bien. Continuez à danser, toujours".

    Je suivrai vos recommandations, chère Mademoiselle Thilgès, je continuerai à vivre dans le "boum" et à valser, toujours.

  • La cérémonie du thé

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    On s'est offert ce dimanche, Anaïs et moi, une conférence sur la cérémonie du thé au Japon. Le conférencier était un maître de thé belge, mais formé par un grand maître du thé au Japon. 

    Il a commencé par nous faire une démonstration de la cérémonie du thé en elle-même dans un pavillon de thé reconstruit dans un musée. Tout est reproduit à l'identique, à l'exception malheureusement du foyer de braises que, pour des raisons évidentes de sécurité, il n'a pas été possible d'installer. Et donc, premier couac, il apporte l'eau chaude dans deux grandes bouilloires électriques en plastique. Là déjà, je sens les mâchoires d'Anaïs et les miennes se crisper. 

    Ensuite, dans un silence religieux, il accomplit tous les gestes parfaits et souvent codifiés de la cérémonie du thé. Chaque ustensile a sa raison d'être, aucun n'est superflu. Ils atteignent un niveau de raffinement dans la simplicité qui rejoint pratiquement la perfection. Il y a également dans le pavillon de thé un bouquet de fleurs, placé dans une alcôve qui représente l'instant éphémère et la condition humaine (on ne choisit pas la fleur qu'on coupe dans le jardin, on prend une fleur telle qu'elle est avec sa beauté mais aussi avec ses imperfections). 

    Une fois la cérémonie terminée, il nous offre une douceur japonaise à base de haricots rouges et un bol de thé macha dont il a fait mousser la poudre à l'aide d'un petit fouet en bambou. On rit un peu, tant le parfum de ce thé nous rappelle le gazon fraîchement tondu et accessoirement la "soupe d'herbes" que l'on préparait, enfants, dans le jardin. C'est inhabituel mais j'aime assez.

    Ensuite, le maître de thé nous a expliqué par le menu les grands principes de la Voie du Thé (saviez-vous que la cérémonie du thé est un art martial, tout comme l'ikebana (l'art floral japonais) d'ailleurs ?), les gestes, les codes, les nombreuses fêtes célébrées au Japon qui font toutes l'objet de cérémonies du thé, les traditions japonaises et tant et tant d'autres choses. Deuxième couac, le conférencier doit se moucher et sort de sa poche un mouchoir en tissu dont l'état de fraîcheur est proche de celle d'un paillasson un jour de neige en ville. Là, je sens le nez et les lèvres d'Anaïs et les miennes se pincer. Quoi, lui qui accomplit des gestes d'une pureté exemplaire pendant la cérémonie, se laisse aller à une telle … indignité ? Heureusement que son érudition me fait oublier ces deux petits impairs. 

    Deux heures plus tard, on repart heureuses d'être venues, gourmandes d'en savoir plus, d'apprendre encore et encore. Un dimanche zen….

     

  • Vivre le jour

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    Voilà dix jours que nous sommes rentrés de ce voyage hors du temps, de ce rêve à peine espéré. Les jours se suivent depuis et ne se ressemblent pas. On croit que le temps nous échappe, qu'il nous file entre les doigts. Ce n'est pas faux mais en même temps tant de choses se passent.

    – On est allé voir un spectacle de marionnettes chez Toone, une institution pour nous, Bruxellois. Cela faisait des années que je voulais y aller sans jamais vraiment prendre l'initiative. Il a fallu que G. et C. nous en parlent pour concrétiser. Pour en profiter pleinement, il faut comprendre un peu le bruxellois. Ce n'est qu'alors qu'on en goûte toute sa saveur. Par chance, on y a rencontré Thomas qui manipulait quelques unes des marionnettes et qui nous a fait visiter les coulisses après le spectacle. J'adore voir l'envers du décor.

    – On a fêté l'anniversaire de l'Homme chez sa maman. Pas de bougies, il a passé l'âge. De gros gâteaux à la crème fraîche comme on ne les aime pas mais qu'on mange quand même pour être polis et qui nous restent sur l'estomac tout l'après-midi. Je pense à tous les goûters d'anniversaire de mes enfants où toute la famille s'est farcie des gâteaux d'anniversaire, certes très beaux, mais parfaitement indigestes qu'ils ont mangé quand même pour être polis et qui leur sont restés sur l'estomac toute l'après-midi.

    – J'ai eu mon évaluation annuelle et j'ai été abasourdie quand ma chef m'a dit que j'abattais une quantité de travail énorme et qu'elle n'avait jamais vu quelqu'un qui avait une telle capacité de travail. Et moi qui ai réduit mon rythme si pas de moitié, au moins d'un tiers. J'étais tellement surprise que je suis restée un moment la bouche ouverte. Mais tant mieux si c'est l'impression que je lui donne. 

    – J'ai participé pendant une journée à l'évaluation de candidatures de stagiaires pour l'automne prochain. Je n'en reviens pas de deux choses: d'une part, j'ai expérimenté de mon propre chef les conclusions d'un article scientifique que j'avais lu quelques jours avant: nous sommes terriblement manipulables et souvent à notre insu. Et je me suis rendu compte qu'effectivement, certains éléments dans les candidatures attiraient mon attention plus que d'autres: une date de naissance similaire à celles d'un proche, un nom ou un prénom italien ou grec, un diplôme d'une école que je connais, un loisir qui me parle. Comme si ces rapprochements donnaient plus de poids à la candidature. D'autre part, la plupart des candidatures provenaient de jeunes nés entre 1985 et 1987 et certains avaient l'âge de ma fille aînée. Et ils sont prêts à être lancés sur le marché du travail. Et cela m'a interpellée. Sans que je parvienne à définir le sentiment qui m'a habitée.

    – J'ai retrouvé une bonne partie de mon sommeil grâce aux fleurs de Bach et je ne peux pas expliquer aux autres à quel point c'est un soulagement teinté d'un réel bonheur. Les bras de Morphée sont un élément essentiel de mon équilibre et de ma survie. Et ses infidélités de ces deux dernières années m'ont été très néfastes. Ah, le traître !

    – Hier, Mamy L. a fait un petit accident vasculaire cérébral très léger et passager. Le brouillard qui l'a enveloppée pendant quelques heures s'est dissipé comme il est venu et pendant son séjour aux urgences, son oeil a retrouvé son pétillant et son débit est revenu à la normale. Ce matin, elle était gaie comme un pinson, contente d'être sortie d'un épisode dont elle n'a pas pris vraiment conscience non plus. On respire un peu mieux mais l'état de vigilance est déclaré.

    – En vue de son prochain examen de cuisine, Anaïs nous a préparé une truite en poussant des cris d'orfraie. Le simple contact avec la peau glissante de la bête la dégoûtait au plus haut point malgré les gants qu'elle a absolument voulu enfiler. Je prie le ciel pour qu'elle tire un autre plat le jour de l'examen. 

    – Le reste du weekend s'est passé dans l'ordre et le rangement. On a remisé l'échafaudage qui gênait ma vue dans la cuisine et rangé quelques caisses à outils que l'Homme s'obstinait à vouloir garder sous la main plutôt que d'aller chercher les dits outils huit marches plus bas à l'entresol. 

    – Et j'ai terminé Zola Jackson de Gilles Leroy. Sublime. A lire.