Catégorie : anniversaires

  • C’est une belle journée, je vais me coucher

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    Une si belle journée qui s'achève….

    Une journée à ne rien faire, le luxe suprême.

    Me lever à une heure décente, parce que tiraillée par la faim mais me recoucher ensuite et me rendormir, quel bonheur. Ne même plus entendre les petites clochettes qui annoncent les souhaits d'anniversaire qui s'égrènent dans les différentes messageries et avoir le plaisir de les découvrir au réveil. Recevoir quelques coups de fil d'irréductibles des nouvelles technologies. Se faire couler un bain mousseux à souhait. Recevoir un appel de Fille aînée qui renonce à passer l'après-midi mère-filles pour des raisons indépendantes de sa volonté. Et puis, il est déjà midi. Que c'est gai de ne rien faire.

    Je prépare une petite salade pour fille n°2 qui ne renonce pas à l'après-midi de congé. Toujours le même farniente au programme. Musique à fond, playlists qui ne peuvent décemment être écoutées que par elle et moi, la ringardise à l'état pur mais totalement assumée, ou alors la Grèce rébétique ou même le folklore de la péninsule ibérique à plein tube. Un peu d'exercice physique pour se donner bonne conscience.

    Et un dîner risotto champagne plutôt sympathique. Même si le champagne, en fait, je ne peux plus le voir. Je devrais d'abord passer par une cure de déchampagnisation et peut-être qu'ensuite, on pourra reconsidérer le pétage de bouchon.

    C'était une belle journée, je vais me coucher, heureuse et comblée.

  • Joli mois d’octobre

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    Ce fut un joli mois d'octobre. Commencé véritablement en beauté: Bergamo, Vérone et Venise.

    Bergame est un petit bijou médiéval très joli. Il y a là un restaurant familial absolument incroyable, du genre à nous faire revenir dans cette petite ville tous les ans, rien que pour le plaisir de cette table.

    Vérone est tout aussi charmante, à part le pseudo balcon de la Juliette, complètement surfait, où des touristes aussi moches les unes que les autres, se penchent l'une après l'autre vers leurs Romeos respectifs armés d'un Nikon ou simplement d'un téléphone photographique braqué sur leur dulcinée. On a fui à toutes jambes. 

    Et Venise, faut-il encore que j'en parle ? Nous avons voulu faire découvrir à J. et S. notre petite île sauvage, malheureusement de plus en plus fréquentée, et surtout notre restaurant de prédilection qui nous revoit aussi chaque année pour le plaisir. Ce fut un moment divin. 

    Et bien sûr, ce long weekend annuel en leur compagnie est à lui seul un plaisir qu'on veut également renouveler chaque année.

    Après deux mois assez pénibles à supporter un doigt à ressaut (le majeur, on se demande bien pourquoi !), j'ai enfin décidé d'accepter l'infiltration. Comme toujours, je m'en faisais une montagne et finalement ce n'est pas plus douloureux que ça. Mais bon, sous anti-coagulants, je ne sais jamais à quoi m'attendre. Et le médecin n'a pas été particulièrement en mode informatif. Je dirais même qu'il était plutôt sur le mode défensif américain, comme si ma seule demande des éventuels risques encourus liés à cette situation particulière visait à lui coller un procès sur le dos en cas de complications. 

    Le weekend dernier, on a fêté l'anniversaire de Maïté. Le samedi, mère et fille, bras dessus bras dessous, marché aux puces, shopping, sandwich, pause café ou thé à la menthe, papote tout au long de la journée. Le bonheur annuel renouvelé. Le dimanche, en cuisine toute la journée pour la fêter le soir avec les 8 avec un résultat gustatif plutôt mitigé toutefois.

     Et ce weekend, aller-retour en Champagne, se ré-approvisionner avant Noël et autres fêtes, chez le frère de Renaud, le collègue qui nous a quittés le mois dernier, repasser par le cimetière sans trouver sa tombe mais revenir contente malgré tout d'être descendue jusque là pour ramener quelques bouteilles à boire à sa mémoire. 

    Un mois plutôt épicurien donc.

  • 80 ans et 10 ans

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    Ce blog a 10 ans aujourd'hui. Je n'aurais jamais imaginé que je tiendrais 10 ans. Je l'ai inauguré à l'occasion des 70 ans de mon papa. Aujourd'hui, il fête ses 80 ans.

    Et il les porte joliment. Nous allons le fêter dignement dans 15 jours quand tous ses enfants et petits-enfants seront revenus de vacances. 

    C'est a priori un pur hasard si j'ai démarré ce blog le jour de son anniversaire. Mais le hasard existe-t'il vraiment ? C'est de lui que j'ai hérité le plaisir d'écrire dans tous les sens du terme. La calligraphie d'abord (Oh, tu écris bien pour une gauchère ! – J'écris bien tout court, gauchère ou pas !) – il pouvait transformer une recette de pain grillé au pâté en un poème écrit en calligraphie sur un petit bout de papier. Ensuite, l'écriture et les phrases bien roulées, emballé c'est pesé. Enfin, les jeux de mots, les créations de mots-valises ou les inventions farfelues et les contrepèteries. Mes soeurs ont aussi hérité de ses plumes à des niveaux divers et variés.

    Alors oui, ce blog lui a été dédié à raison, même si c'était inconscient.

    Comme le choix du myosotis, lui qui adore les fleurs bleues. Même si mon intention en choisissant cette fleur était d'utiliser la symbolique du langage des fleurs et l'écriture pour ne pas oublier et ne pas être oubliée.

    Il est beau, mon papa et je suis fière de lui. Du couple qu'il a formé et forme encore aujourd'hui avec maman. Qu'ils soient encore aussi amoureux et complices aujourd'hui me donne une foi indécrottable en l'amour et dans la possibilité de la longévité amoureuse, en dépit des écueils et des obstacles.

    Je suis fière de ce qu'il a fait – de ce qu'ils ont fait – de nous trois. On n'est pas n'importe qui, vous savez ;-). Et on le vaut bien, comme disait Claudia. 

    Tout le monde l'a rebaptisé "le Hibou". Parce que quand il prend ses airs sévères et désagréables, il ressemble comme deux gouttes d'eau à Monsieur Hibou dans Bambi. Parce qu'il peut lever un sourcil sans lever l'autre ou fermer un oeil sans fermer l'autre. Parce qu'il se prend pour un sage. Parce que sa femme est vraiment chouette. Parce qu'il boude pour un oui pour un non. 

    Alors Hibou Bird day mon papa adoré !

     

     

     

  • 25 ans

     

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    On a pensé que c'était une folie. On pensait qu'on n'avait pas les moyens financiers d'avoir un petit troisième. Qu'on devait déjà s'estimer heureux d'avoir deux princesses. J'étais un peu gênée de l'annoncer mais en même temps secrètement sûre de moi (Je ne vois vraiment pas pourquoi ça ne marcherait pas, quand il y en a pour deux, il y en a pour trois – sauf que des mains, on n'en a que deux mais bon, ça c'est une autre histoire….). Et puis j'en voulais cinq de toutes façons. 

    A peine enceinte, j'ai pris le risque de quitter la stabilité du monde bancaire, du moins c'est ce qu'on s'imaginait à l'époque – et puis c'était la banque de Papa. Je ne lui ai jamais dit que j'ai donné ma démission avant même d'avoir signé de l'autre côté. Chez ceux qui m'ont engagée me sachant enceinte de 4 mois. Rien que pour ça, j'aurais tout quitté. Depuis que je suis de l'autre côté de la barrière d'ailleurs, je me fais un devoir de ne jamais refuser de recruter une femme enceinte sous ce seul critère. J'ai commencé à travailler le 16 avril pour m'arrêter le 16 juillet. Et reprendre le 1 octobre.

    Entretemps, le petit lion est arrivé à l'aube du 30 juillet. C'est sans doute la seule fois de sa vie où il aura été aussi matinal. Sauf peut-être un jour d'examen mémorable. 

    Un roi après deux princesses. Un roi pour tout le monde, premier fils, premier petit-fils dans un monde très féminin. Un roi pour ses soeurs, quoi qu'elles en disent aujourd'hui. Elles l'ont protégé envers et contre tout, malgré tout ce qu'il a pu leur faire endurer. Elles l'adorent et il ne saurait s'en passer. 

    Cinq jours après sa naissance, on emmenait ce mini-colosse à la mer, à 4 semaines à la montagne et à 6 semaines en Provence. A trois ans et demi, il s'expatriait avec nous en Italie. En réaction à ces voyages un peu précoces sans doute, il a gardé un attachement viscéral à sa maison, au point de nous interdire de la vendre et, si vraiment besoin était, d'attendre qu'il puisse la racheter. Attachement encore plus tenace à son lit qu'il a un jour qualifié de "son meilleur ami". 

    Il a fait la fierté des ses grands-parents paternels puisque c'était et c'est encore le portrait craché de son père. Mais j'y retrouve mes gènes malgré tout puisque – même si dans l'absolu, il le dépasse - il n'a pas hérité des longues jambes interminables de son père que ce dernier a préféré léguer à sa fille aînée mais plutôt des miennes, de mon sourire et d'un humour tiré par les cheveux selon ceux qui ne nous comprennent pas toujours et d'un amour des jeux de mots parfois vraiment tordus, on le reconnaît.

    Il est horripilant de procrastination et plus avare qu'Harpagon. Et il discutaille pour un oui ou pour un non avec un aplomb et une argumentation pas toujours facile à démonter. Mais il vous embobine avec un charme et une affection à nuls autres pareils. 

    Et pour ne rien gâcher, je suis fière de lui. Comme je le suis de ses deux aînées. 

    Pour la deuxième fois en 25 ans, on ne passera pas son anniversaire avec lui et j'en suis plus désolée que je n'essaie de le montrer. Je suis prête à remonter en Belgique avant de redescendre vers la Suisse mais je ne peux pas demander à l'Homme, qui n'en est pourtant pas à un coup d'accélérateur près, de faire 900 km dans un sens puis 700 dans l'autre, un jour noir de noir sur la piste de Bison Futé. Alors qu'il n'en faut pas 400 pour rejoindre la deuxième étape de nos vacances.

    Il aurait pu être ici mais l'amour en a décidé autrement. Mais alors ce serait ses soeurs qui n'auraient pas été là. Alors aujourd'hui, je le leur laisse et elles le fêteront dignement. Et c'est un beau cadeau pour moi aussi.

  • Paris reçu

     

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    Cette année, mon anniversaire tombait un samedi. Le dernier samedi en date, c'était celui de mes 50 ans, un jour idéal pour faire la fête. Mais pour 56 ans, on ne fait pas de fête. Pas de journée prévue avec ma maman non plus. Pas de journée où je fais ce que je veux, rien que ce que je veux puisque c'est un samedi et le samedi, je le passe avec l'Homme. Donc pas de plan particulier, un seul moment agréable en vue, un dîner d'anniversaire chez Anaïs avec tous les enfants.

    Mais pour le reste, une envie de rien, pas trop contente de prendre un an de plus, pas en super forme non plus, grumpy mood quoi…..

    Vendredi soir, on rentre les courses, on prépare le repas et Anaïs et Simon débarquent en coup de vent pour ramener une couette prêtée. Puis Maïté et Jean-Didier se pointent aussi. Je commence à sentir la bouteille de champagne qui ne se tient plus dans le frigo. Je trouve ça très sympa mais bon, on se voit demain chez Anaïs, non ? Maité s'excuse, me dit qu'elle et JD ne seront pas là samedi soir parce qu'ils partent fêter l'anniversaire de JD à Paris….. Je commence à dépiter…. Maité ajoute vite "avec toi !". Il me faut un certain temps pour comprendre que c'est mon cadeau d'anniversaire, qu'ils m'emmènent tous à Paris (à l'exception de Simon, pas bien et de Kerya, en examens). Je crois bien que c'est la première fois de ma vie qu'on parvient à me faire une surprise, je n'ai rien vu venir. Ils ont pris les billets en octobre et mille fois, ils auraient pu vendre la mèche ou j'aurais pu inventer une journée d'anniversaire pour moi qui aurait fait tomber leur plan à la Seine.

    C'était juste une journée fabuleuse. Je n'ai pas eu vraiment le temps de planifier la journée. On a donc marché, marché, toute la journée. Du Vieux-Colombier à la rue du Cherche-midi, de la grande épicerie et du Bon Marché à Deyrolles, du Marais à la Seine, des quais au Louvre. Pauvre Anaïs dont c'était la première sortie au-delà de 2 km depuis trois mois, ses pieds ont été mis à rude épreuve. On a quand même pris un bus jusqu'aux Abbesses, flâné là pour revenir ensuite vers les Grands Boulevards où on a abandonné Maïté et JD à leur hôtel avant de repartir vers la Gare du Nord, épuisés mais heureuse.

    Je n'ai rien fait de ce que j'aurais pu faire – quand j'ai vu que c'était les derniers jours de l'expo de Vigée-le Brun, j'aurais bien voulu me l'offrir mais je n'ai pas voulu imposer ça à toute l'équipe, même si c'était MA journée, je n'ai rien acheté hormis un parfum qu'on ne trouve qu'à Paris et qui me fait de l'oeil depuis deux trois ans. J'ai juste aimé être là, dans cette ville que j'adore, avec eux, et être la reine du jour. Magique.

  • Anniversaires en cascade

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    C'était son anniversaire et c'est elle qui nous a invités. Alla grande. Deux nuits dans un magnifique hôtel suisse, vieux de plus de cent ans, face à une cascade immense, un lac aux eaux turquoises et à côté du plus vieux funiculaire d'Europe. Un séjour magique.

    Elle ne voulait rien d'autre que réunir toute la famille et ce fut de nouveau un de ces moments mémorables. Il ne manquait que Simon et Kerya, l'un retenu pour préparer la défense de mi-parcours de son doctorat, l'autre pas encore sûre de pouvoir venir au moment où il a fallu réserver les chambres. 

    Elle a offert la grande suite aux parents et leur chambre est devenu le point de ralliement aux moments-clés de ces deux journées. Rassemblement avant le premier dîner, rassemblement avant le déjeuner, rassemblement avant le départ en promenade le long de la cascade puis le autour du lac avec retour en bateau à aubes et funiculaire. Féérique. 

     

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    Et enfin, rassemblement avant le dernier dîner, champagne pour fêter la cinquantenaire….. et Papy dont c'était également l'anniversaire le jour même. 

    Fins de soirée, affalés dans des fauteuils ou autour du billard. 

    S'il n'y avait pas 7 heures de route aller et 7 heures de route retour, on se ferait bien tous les anniversaires là !

    Merci cinquante mille fois, Swiss'Sis !

  • Vivre ensemble

     

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    Je ne sais plus trop où j'en suis. Les événements de ces dernières semaines me laissent perplexe. J'ai longtemps voulu croire à la bonté innée de l'être humain. Je suppose que ça m'arrangeait. Mademoiselle Bisounours préfère regarder la vie avec des lunettes étoilées sur le nez.

    Mais depuis la semaine dernière, les lunettes se sont un peu embuées. 

    Je me raccroche à ce que je peux. L'amour sans failles et la tendresse des miens, de l'Homme, de mes enfants, de mes parents, de mes soeurs, de mes amis proches. Ces signes d'affection si palpables, si tactiles, si chaleureux.

    Et je continue de chercher dans les gestes anodins – sont-ils si anodins ? – dans la vie  de tous les jours des signes que la bienveillance existe encore. Dans la porte tenue et le sourire qui l'accompagne, dans le bonjour du chauffeur de bus, dans la place offerte d'un petit mot gentil, dans la pile de livres offerts par mes collègues pour mon anniversaire, dans les réactions de soutien à une copine de blog qui se fait insulter, dans les souhaits d'anniversaire de tous les horizons, dans la bienveillance de l'un qui s'inquiète de la santé de l'autre….

    Je regarde le sapin de Noël que nous n'avons toujours pas démonté. Les autres années, à pareille date, je piaffe pour qu'on le démonte parce que Noël est bien passé, qu'il est temps de passer à autre chose. Et là, je n'y arrive pas, comme si je voulais croire que Noël peut durer encore.

    Fleur bleue envers et contre tout. Mais un peu désabusée malgré tout….

  • 30 ans

     

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    Il y a 30 ans, j'ai passé une dernière nuit avec mes deux soeurs dans le même lit parce que je les quittais le lendemain. Si j'avais pu, j'aurais bien embarqué mes parents dans le même lit mais il n'y avait pas assez de place. Esprit de clan encore très présent: dans une semaine, c'est Pâques et trois filles entre 44 et 54 ans se retrouvent assises en tailleur sur le lit de la reine mère et se font servir le café au lit par le papa prince consort.

    Il y a 30 ans, je suis rentrée dans l'église non pas au bras de mon papa mais au bras de l'Homme et sans attendre le curé qui aurait voulu venir nous accueillir sur le seuil comme il se devait, selon lui. Je suis rentrée guillerette, le coeur aux lèvres, le rire aux yeux.

    Il y a 30 ans, ils étaient tous là, la famille, les amis, ils chantaient pour nous et le soleil chantait aussi après 15 jours de pluie ininterrompue.

    Il y a 30 ans, le jour de fête est passé comme dans un brouillard de visages souriants, de félicitations, de musique et de danse.

    Il y a 30 ans, on a ouvert la soirée avec "Qué serà, serà" de Doris Day parce qu'on le pensait vraiment. Sans se promettre aveuglément que 30 ans plus tard, on serait toujours là. Même si, c'est sûr, ça faisait partie du plan.

    Il y a 30 ans, les amis ont préparé en cachette les habituelles surprises de goût douteux (le dentifrice sur les poignées de la voiture, la mousse à raser sous les essuie-glaces, les casseroles à l'arrière….). L'Homme au mauvais caractère n'a pas apprécié le dentifrice chu sur son beau smoking tout propre.

    Il y a 30 ans, je riais encore de son irascibilité irationnelle que mon rire décuplait au point que mon sourire s'est affaissé en bouderie.

    Il y a 30 ans, il a voulu me ramener chez mes parents, ce qu'en bonne frondeuse j'ai accepté. Mon père a décrété qu'il n'y avait pas de service après-vente et nous a conduits à l'hôtel où nous étions sensés nous réconcilier.

    Il y a 30 ans, les amis nous attendaient devant l'hôtel et nous avons fini la fête dans un restaurant grec ami à boire du retsina.

    Il y a 30 ans, je me suis réveillée aux aurores sur la plus belle place du monde, par le chant d'un coq et de ses poules, encore en vente à l'époque le dimanche matin sur cette place, à côté d'un inconnu, dans une chambre inconnue et j'ai réalisé que je m'étais mariée.

    Aujourd'hui, on est toujours là and whatever will be, will be for the next 30 years. Je resigne des deux mains.

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  • Quart de siècle

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    Voilà donc la deuxième qui atteint le quart de siècle. Après Maïté, il y a 16 mois, c'est Anaïs qui coupe le siècle en quatre. Pour ne pas faillir à la tradition, nous passons la journée ensemble. C'est notre journée. Après tout, elle fête son arrivée sur cette planète mais ensemble, nous fêtons un moment qui n'a appartenu qu'à nous. Un moment de douleur indicible et de bonheur inimaginable avant de le vivre. La fusion de deux sentiments totalement contradictoires dont la mémoire ne garde finalement que le deuxième.

    La veille de son arrivée, je confectionnais amoureusement des coeurs en carton de toutes tailles et de toutes couleurs et je les suspendais dans un bouquet de branches nues pour célébrer la St Valentin. Sa naissance était prévue pour le 11 février. Elle avait un peu de retard et je la souhaitais – un peu bêbêtement – pour le 14. Mais elle a frappé discrètement à la porte le soir du 12. Je me suis précipitée dans un bain, pensant naïvement freiner ses ardeurs pendant 24 heures. Je ne voulais pas y aller, je ne voulais plus sortir de ce bain, au grand dam et stress du papa qui a déployé le peu de diplomatie dont il est capable pour sortir sa baleine bien-aimée de la baignoire.

    Je suis arrivée en boudant à la clinique. On a passé la nuit à l'attendre et au petit matin, à l'heure où tout le monde se lève pour aller travailler, elle s'est présentée au monde, de fort méchante humeur ou, pour le moins, déjà en râlant. 

    Fatiguées toutes les deux de cette longue nuit difficile, nous avons dormi une bonne partie de la journée. Moi, j'aurais bien dormi la nuit suivante aussi mais elle, elle ne l'entendait pas de cette oreille et elle a adopté un rythme qui ne correspondait pas vraiment au mien. Nous avons vécu toutes les deux sur ce mode asynchrone pendant quelques mois et nos deux hypersensibilités combinées n'ont pas amélioré le tableau.

    Mais quand les tempêtes se sont apaisées au bout de quatre mois, l'attachement viscéral qui nous lie est devenu indestructible et je n'en reviens pas que nous ayons déjà passé 25 ans ensemble, tant le temps nous a filé entre les doigts. 

    Dans quelques mois, elle quittera le nid et ne vivra plus sous mon "moi" mais d'un coup d'"elle", on saura où se trouver.

     

  • Un moment si doux

    Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912) Paradis terrestre

     

    Pour la troisième année consécutive, j'ai passé mon anniversaire à Paris avec ma maman. Rien que du bonheur. Deux expos cette fois: la première consacrée à Raymond Depardon, intitulée "Un moment si doux". Pouvait-on rêver meilleur titre pour cette journée à nous deux ? C'est l'exposition qu'elle voulait voir, les photos de ce photographe et maître du film documentaire. L'exposition était consacrée essentiellement aux photographies en couleur de Depardon ou plutôt même à la couleur dans les photographies de Depardon. En France, en Ethiopie, au Chili, principalement. Des photos magnifiques. 

     

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    On a enchaîné tout de suite avec une deuxième expo, celle que j'avais, moi, retenue: "Désirs et volupté à l'époque victorienne", sur la peinture d'artistes anglais célèbres à l'époque de la reine Victoria qui font de la beauté un absolu et un art de vivre. Le genre de peintures devant lesquelles je peux rester des heures en contemplation….. si seulement il y avait une chaise….

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    Après deux expos, on a enchaîné avec les soldes au Printemps. Mais avant, il fallait absolument se requinquer avec un bon café crème dans les deux seuls fauteuils d'un pseudo-bar au rez-de-chaussée du magasin. J'étais fatiguée avant elle. Je ne sais pas comment elle fait. Bon, sans doute qu'elle se retient de dire sa fatigue. D'abord parce qu'on l'a élevée comme ça, ensuite parce qu'elle ne veut pas en perdre une miette. Depuis toujours. Ou plutôt depuis qu'elle est à la retraite. Comme si elle rattrapait le temps "perdu" en travaillant. Elle court toujours d'une exposition à l'autre, d'une excursion à un musée ou d'un concert à un film d'auteur. Elle veut tout savoir, retient tout et son insatiabilité me fascine.

    Après cette pause-café, on a fait le tour de quelques rayons, elle s'est offert un chapeau et moi…. un manteau, pas franchement bon marché mais voilà, c'était mon anniversaire….

    On a bouclé le périple en retrouvant une boulangerie qui vend des confitures particulières et si moi, j'ai craqué pour la confiture Cohn-Bendit au chanvre, elle a jeté son dévolu sur la confiture DSK à l'orange et au bois-bandé. Maman !! Incorrigible.

    Retour en TGV, regonflée par tous ces moments si doux. Et cerises sur le gâteau, l'Homme et tous les enfants m'attendaient un verre de champagne à la main à la maison. Autre moment très doux.