Chaud, chaud la météo. Comme tout le monde, la canicule nous aura bien assommés. Pendant 5 jours, nous avons été incapables de fonctionner normalement. Impossible de cuisiner, de repasser, de bouger simplement. Pendant 5 jours on s’est contenté du minimum syndical. J’ai trié mes boites de souvenirs en tout genre, toujours sous le souffle du ventilateur. Petits mots doux des enfants, souvenirs de vacances, petits mots doux des collègues d’un peu partout, premier salaire, faire-part de naissance, de décès d’êtres chers, etc…. Une rétrospective de toute une vie par 33 degrés à l’ombre dans la cuisine.
Chaud chaud le bowling en famille pour l’anniversaire de Sappho. C’était son souhait et c’était super chouette. On était tous les 15 réunis autour de trois pistes et j’ai vraiment passé un bon moment malgré la chaleur.
Chaud chaud les derniers jours à récupérer encore ce qu’on pouvait chez Mamy L. avant le passage du vide-maison. Très dur pour moi de fermer une dernière fois la porte de l’appartement encore visuellement et olfactivement « habité ». J’ai versé ma petite larme au lieu de soutenir l’Homme qui n’en menait pas plus large.
Chaud chaud la Coupe du Monde. On avait dit qu’on ne regarderait pas et puis la canicule l’empêchant de dormir, l’Homme a commencé à regarder ces matches nocturnes et s’est pris au jeu. Chaud chaud le dernier match de la Belgique contre le Sénégal où au moment où tous les Belges se sont dit « 2-0 et il reste 5 minutes, laisse tomber, on va dormir« , les Diables ont marqué deux buts en 3 minutes puis un troisième pendant les prolongations. Foot nous ? Ben non pourtant.
Chaud chaud la semaine où on a aidé Quentin et Kerya pour amener Maoh à l’école et Oona à la crèche, pour soulager Kerya surtout. On s’est levé tous les jours à 6h30 et il y a longtemps que ça ne nous était plus arrivé. Mais c’était chouette de découvrir l’école et la crèche. Et d’être un peu plus avec eux.
Mais à déguster tièdes, notre premier essai de feuilles de vigne farcies avec une petite sauce au citron. Pas mécontents de nous.
Demain les vacances scolaires commencent et on est chaud !
Lundi: Retour d’un weekend extraordinaire. On est partis vendredi soir pour Athènes. J’avoue, cette année, mon empreinte carbone a explosé, je ne suis pas très contente de moi et je me sens très égoïste. Mais en même temps, mon bonheur a été immense ces trois jours. On a eu la chance inespérée de revoir mon compositeur grec préféré dans l’amphithéâtre de Hérode Atticus, juste en dessous de l’Acropole. Revivre cette magie était tout simplement incroyable. Et puis cette ville que l’on aime tellement tous les deux. L’Homme a dit « j‘aime l’odeur de cette ville » et c’est tout à fait ça.
Mardi: Ce soir, récital de piano de Sappho. Hier, c’était hautbois, mais vu les trois heures de retard de l’avion, on n’a pas pu y assister. Aujourd’hui, l’Homme ne peut pas, il a dentiste mais moi je peux. Une vingtaine d’enfants attendaient leur tour pour s’installer au piano le temps de deux mélodies d’une à deux minutes chacune. Leur stress était palpable et j’avais pitié d’eux. Mais une fois devant le clavier, ils donnaient le meilleur d’eux-mêmes. Sappho n’a pas dérogé à la règle et a très bien joué. Et même si moi, je ne suis pas objective, la prof, elle, lui a discerné une distinction.
Mercredi: Mamy et Grand-Père sont partis au Portugal et c’est donc nous qui prenons la relève pour Jules, Samuel et Amalia, tout le mois de juin. Mais cette fois, Jules est en classe verte (Amalia décrète qu’elle, elle ira en classe rose) et ils ne sont que deux. Enfin, jusqu’à ce que Sappho et Lémoni les rejoignent pour l’après-midi.
Jeudi: On continue l’exercice de vente en ligne des menus trésors de Mamy L. Anaïs photographie, met en ligne, fixe le prix et gère les contacts avec les acheteurs (elle répond aux questions, négocie les rabais éventuels, etc.) et l’Homme et moi nous chargeons de la logistique (emballage, étiquettes, envoi). Curieusement, les bondieuseries ont un succès fou. Et les chapelets, images pieuses, missels, crucifix, médailles, et autres Vierges en plâtre quittent Bruxelles pour partir en mission vers d’autres horizons.
Vendredi: Le musée d’Orsay consacre une exposition à Renoir et la modernité heureuse. J’ai une véritable passion pour ce peintre et j’ai convaincu l’Homme de m’accompagner en train aller-retour. Je me faisais une joie de passer cette journée avec lui. Mais il a éternué une bonne partie de la nuit et s’est réveillé épuisé et tout fiévreux. Je suis donc partie seule, à mon grand regret, vers la Ville-Lumière. J’ai passé toute la matinée dans le musée d’Orsay avec beaucoup de plaisir mais après, j’ai trouvé l’après-midi beaucoup moins drôle. Je n’avais pas vraiment envie de m’asseoir seule dans un restaurant donc, j’ai fait l’impasse. J’ai marché, marché dans Paris jusqu’à épuisement et je me suis endormie sur un banc dans un parc. Je n’avais vraiment pas vu les choses comme ça.
Samedi: A partir de 6 ans, ils ont tous droit à une journée avec nous. Resto, musée, etc. Aujourd’hui, c’était le tour de Samuel. On a commencé par le musée Magritte qu’il aurait bien fait au pas de course. Succès très relatif. Puis un tour dans la grande roue – à sa demande – mais là aussi, c’était moins chouette que lors de sa première expérience. Puis resto italien. D’abord assez enthousiaste, il a fini par décréter que le restaurant où il va parfois avec son autre grand-mère était meilleur. On a donc croisé les doigts pour que l’après-midi ait plus de succès que le matin plutôt décevant. Ouf, l’achat de sa première montre flik flak pour apprendre à lire l’heure et le musée des illusions nous ont permis de mieux finir la journée.
Dimanche: Les filles sont passées nous voir en coup de vent et incroyable mais vrai, Lémoni est venue à vélo, alors que je désespérais qu’elle puisse un jour pédaler. C’était le petit miracle du jour.
Je sais que le monde va mal et je m’en voudrais presque d’aller si bien. Je traque les petites parcelles de bonheur et je vais de l’une à l’autre.
Après cette extraordinaire semaine à Venise, nous voilà rentrés par le chemin des plaisirs. Un arrêt à Gorizia pour offrir à l’Homme un cadeau d’anniversaire inattendu: une visite de vignes totalement naturelles, une production de vins macérés en amphores en très petites quantités. Je connaissais leur vin, j’ai été subjuguée par leurs méthodes et leur respect de la nature. Soirée chez Swiss Sis, ce qui est aussi toujours un pur bonheur.
Retour à la maison. Lunch avec petite Anne qui me demande d’être témoin de sa déclaration de souhaits à respecter pour le jour où elle ne sera plus lucide. Je me suis sentie très honorée mais aussi très émue de ses dispositions qu’elle prend aujourd’hui pour un futur éventuellement grisâtre. Et cela m’a fait réfléchir.
Mariage de ma filleule où je me rendais un peu réticente et où l’amour des jeunes mariés certes, mais aussi des soeurs de la maman que nous avons tant aimés, de tous ces cousins que nous avons vu grandir, était très contagieux.
Le lendemain, je suis partie très tôt à Milan rejoindre mes sorcières adorées pour quelques jours. Là aussi, l’amitié qui nous unit nous fait énormément de bien à toutes les quatre. Surtout quand l’une ne va pas bien du tout et se bat contre l’anorexie inquiétante d’une de ses filles.
Et nous voilà en vacances scolaires avec Sappho et Lémoni d’abord auxquelles Maoh et Oona viendront se joindre demain avant le grand départ tous ensemble pour Disneyland.
On a fêté les 20 ans de Clara, ma nièce, la fille de Sis’Cile. Je me souviens avec précision du moment où on m’a annoncé sa naissance. Je sortais de la banque italienne à Parme où je venais de clôturer mon compte. J’avais en main ma carte de banque coupée en deux sur laquelle il y avait un angelot. Je l’ai gardée en souvenir de ce moment. Ce qui m’échappe, c’est pourquoi j’ai clôturé mon compte fin janvier alors que je quittais Parme fin juin mais bon, ça c’est une autre histoire. Bref, on a fêté Clara tous ensemble et on lui a offert un match de foot Real Madrid-Atletico fin mars à Madrid. C’est Swiss Sis et Swiss mari qui s’y collent parce que personne n’est fan de foot dans la famille à part Clara. Elle est fan fan fan.
J’ai été invitée chez une ex-collègue pour le lunch. Elle est bipolaire avec tous les écarts d’émotions que cela suppose, pro-Poutine, et donc pas facile à gérer dans mon équipe mais je l’aimais bien. Et son invitation m’a fait plaisir. Elle avait mis les petits plats dans les grands, elle a tenu à me préparer un Spritz (parce que nous partageons la même passion pour la Sérénissime) alors qu’elle est aux abonnés absents côté alcool et elle m’a touchée.
J’ai pris un dernier café avec cet ancien collègue d’une autre vie pour ainsi dire. Il quitte Bruxelles après 35 ans ici pour Lugano en Suisse. Lui aussi est compliqué. Bellâtre grec (mais beau quand même), totalement centré sur lui-même, en couple pendant quelques années avec une de mes proches amies qui n’a finalement pas tenu le coup face à cet égocentrique assumé. Mais je l’aime quand même. Et cela m’a vraiment attristée qu’il parte. Il y a peu de chances que l’on se revoie et je l’ai quitté avec beaucoup d’émotions.
On a fêté les 70 ans d’un ami d’univ, que je n’avais plus vu depuis bien longtemps (l’Homme l’a revu plus régulièrement parce qu’il est devenu notre courtier d’assurances) et j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à retrouver cette bouille rieuse d’Italo-Belge et ses yeux pétillants comme quand on avait 20 ans.
On a aussi fêté les 8 ans de Jules. Le chauffage d’Anaïs et Simon venait de tomber en panne et il faisait vachement froid. Heureusement la température a légèrement augmenté vu le nombre de personnes présentes. La chaleur humaine, y’a que ça de vrai.
J’ai retrouvé Véro à Paris pour une journée. Elle m’a emmenée dans un très joli resto et on a pris le temps de voir deux expos. L’une sur les sculptures de carton de Eva Jospin représentant la Domus Aurea. J’adore son travail, je l’avais découverte à Venise et cette nouvelle expo n’avait rien à envier à la première. Juste à côté, il y avait une exposition de Claire Tabouret qui présentait le travail préparatoire à la confection de nouveaux vitraux pour Notre Dame (ils seront installés fin 2026) et c’était juste magnifique.
On a fait notre aller-retour annuel en Champagne pour approvisionner toute la famille et les amis en bulles festives. Mais au fur et à mesure des années, c’est la rencontre avec Thierry, le vigneron, qui devient festive. C’est un plaisir attendu de le retrouver et d’aller manger un bout avec lui.
Le lendemain, on a passé la journée avec Jules pour son anniversaire, lui seul et nous. Une expo le matin au musée des Sciences Naturelles sur les vols des oiseaux et des avions. Cela ne l’a pas trop branché. Un spaghetti bolo et une crème brûlée au resto où il était prêt à donner toutes les étoiles possibles, tellement il était enchanté. Puis une visite au musée de l’aviation et de l’armée qu’il a adorée. Passer une journée avec lui est un pur bonheur. Il est drôle, intelligent, vif. Et je jure que je suis la plus objective des grands-mères.
Le soir, j’ai appris le décès de ma gynécologue adorée, la maman des mamans.
Le dimanche, on a reçu les amis de Claude et on a passé toute l’après-midi avec eux avant de voir arriver les trois premiers locataires pour la première semaine de vacances scolaires.
Les filles de Maïté sont arrivées le lendemain matin et on a passé une semaine avec ces cinq là, entre jeux, bricolages, déguisements, spectacles, dessins animés (peu) .
On a appris le cancer de l’estomac du papa de Kerya et cela nous a bouleversés. C’est l’autre grand-père de deux des pioux et c’est comme s’il était de notre famille. On les a retrouvés le dimanche pour les deux ans de Oona et on a pu parler assez sereinement. Il commençait la chimio le lendemain.
Swiss Sis est arrivée entretemps pour passer 4 jours avec Maman et pour une fois, elle a pu assister à un anniversaire de pioux.
On est partis le soir même pour la maison-jardin avec six pioux cette fois et on a rempilé pour un programme similaire à la première semaine, jardin en plus.
On a ramené tout le monde le vendredi soir pour fêter Anaïs le samedi et on est repartis passer le dimanche à nettoyer la maison-jardin pour les suivants. Comme à chaque fois, une boule me monte à la gorge dès que je rentre dans cette maison vide de leurs cris, de leurs rires et de leurs bouilles d’amour.
Mois court mais intense, n’est-il pas ? Fêtes, anniversaires, amis, claques, pioux, pioux et encore pioux.
Maintenant mars s’annonce. A nous l’Afrique du Sud et le Botswana. Aventures à suivre.
Une agence de voyage a inventé au début des années 2000 le concept du Blue Monday afin d’inciter les météo-dépendants (comme moi) à faire leurs valises et d’aller voir ailleurs si le ciel est plus bleu. Un départ avant ou après le troisième lundi de janvier était bien entendu autorisé. C’est juste un concept cette histoire de Blue Monday. Encore que…. il semble bien que la période qui s’étend de mi-janvier à mi-février soit effectivement propice à la déprime ambiante. Les fêtes sont finies, les guirlandes lumineuses sont éteintes, le sapin est défait, les soldes nous ont ruinés, les kilos en trop s’incrustent, les bonnes résolutions s’effilochent. Bien sûr, les jours s’allongent mais notre cerveau n’a pas encore enregistré l’info.
Moi, ça va, je ne vois pas la vie en bleu. La fête n’est jamais finie, il y a au moins deux anniversaires par mois, les guirlandes lumineuses clignotent encore toujours dans ma rue, je n’ai pas fait les soldes, les kilos en trop fondront certainement bientôt et les bonnes résolutions ne datent pas du 1 janvier.
Autour de nous, l’ami qui était hospitalisé pour une pancréatite depuis décembre et dont on ne donnait pas cher sort demain. L’ami qui a subi un pontage en urgence il y a dix jours est déjà au volant de sa voiture. D’accord, ce n’est pas sérieux. Mais il n’est pas sérieux, on le sait.
Par contre, pour l’ami qui est parti hier en Italie parce que sa maman est dans le coma et que son papa ne sait plus qui est sa femme ni son fils, la couleur est au bleu, c’est sûr. Je suis triste pour lui parce qu’on sait que pour sa maman, c’est la fin, pour son papa, c’est le début d’une autre vie.
Jouer les Parisiennes pendant deux jours et trois nuits, maman, Sis’Cile et moi pour fêter les 60 ans de Swiss’Sis.
Arrivée un peu plus tôt que nous à la gare de Lyon, la jubilaire est venue nous chercher à la gare du Nord. De là, on a rejoint nos pénates louées pour trois nuits au pied de la Tour Eiffel, un appartement au sixième étage d’un vieil immeuble. L’ascenseur ne peut emmener qu’une personne et une valise à la fois. Si on contrevient à la règle, c’est 500€ d’amende, ça commence fort. On s’installe vite fait et on trouve notre cantine dès le premier soir, une brasserie super sympa où on mange vraiment bien et où l’ambiance est très détendue. Sis’Cile décrète qu’on reviendra manger là les soirs suivants. Un des garçons a dû lire dans ses pensées et nous a dit « A demain ».
Expo Greuze au Petit Palais, découverte de la nouvelle Notre Dame, expo Rock and drôle d’Antoine de Caunes au Bon Marché (tiens c’est bizarre, m’aurait-il volé mon titre ?), expo photos Vanessa Paradis, près de deux heures dans la Grande Epicerie (excitées comme des poules sans tête dans les rayons), un thé chez The Caddy Tea avec des scones et tout et tout, juste à côté de Shakespeare and Company, la Seine, les quais, le Marais, marcher, marcher, marcher, monter (surtout) et descendre les escaliers du métro parisien (bravo Maman !), grignoter des sandwiches au pâté (maman a vidé son frigo) sur des bancs publics en se foutant pas mal du regard oblique, soleil et ciel bleu tout le temps, une pièce de théâtre un soir avec Isabelle Carré et Bernard Campan (pur délice) et puis champagne et saumon fumé à l’appart.
Un joli programme. Je crois que Swiss’Sis a aimé son cadeau mais la plus ravie était sans conteste la maman de ces trois filles en goguette. Si ça ne tenait qu’à elle, on pourrait fêter tous les anniversaires à venir in Paris.
A peine revenus, le temps de défaire les valises, lancer les machines, repasser, embrasser tous les enfants, embrasser Maman et nous voilà repartis pour quelques jours avec J. et S. dans les Langhe, magnifique région du Piémont, patrie du Barolo, des noisettes et de la truffe. On est retourné dans cet agritourisme que l’Homme et moi avions découvert il y a deux ans. J’avais adoré ce couple de retraités qui a transformé la maison d’une des grand-mères en maison de campagne puis annexé les dépendances pour accueillir leurs deux mamans vieillissantes et à leur décès à toutes les deux (quando ci sono mancate – quand elles en sont venues à nous manquer – l’italien est si beau), recyclé le tout en chambre d’hôtes quelques mois par an. Je crois que J. et S. les ont aussi bien aimés. Le soleil nous a accompagnés pendant 4 jours, en promenade dans une nature incroyable, en dégustation de vins, visites de châteaux, et en repas mémorables. Cerise sur le gâteau, nous avons découvert l’exposition d’un artiste italien qui nous a émus aux larmes (enfin surtout les filles). A peine rentrés, nous voilà repartis fin d’après-midi pour Rotterdam pour un concert en hommage à Mikis Theodorakis qui aurait fêté son centenaire cette année et c’était tout simplement magique.
Retour à la maison le soir même, mardi yoga, accueillir les filles l’après-midi parce que les enseignants sont en grève, nain jaune, puzzles et goûter puis je file au cours de danses grecques. Le mercredi, on accueille Jules, Sam et Amalia exceptionnellement. Ils ouvrent l’armoire à jeux, chacun prend ce qui lui plait. A la fin de l’après-midi, l’armoire est vide, il y a des jouets partout partout mais ils ont été exemplaires.
Ils sont punis depuis quelques jours et privés de sucreries jusqu’à la fin du mois. Au moment de les ramener, Jules me demande si on peut passer devant l’école, peut-être que le marchand de gaufres chaudes sera là et on pourra ouvrir la vitre de la voiture pour qu’il puisse se nourrir du parfum de la gaufre. Jules l’épicurien.
Après les avoir ramenés, on file à un spectacle de marionnettes sur le thème des violences sexuelles et autour d’Edith Piaf. Super bien fait.
Demain je pars à Paris avec maman et mes deux soeurs pour fêter ensemble les 60 ans de Swiss’Sis.
On nous demande souvent si on ne peut pas s’arrêter un peu. Et bien non, je ne veux pas. Je dois tenir de ma maman et si c’est ça qui la maintient en forme à 87 ans, je veux bien suivre ses traces.
Je sais qu'on me considère souvent comme une bisounours, une ravie de la crèche mais j'assume. Chaque matin, je me réveille en souriant toute seule parce que je suis encore là. Je ne sais pas encore ce qui m'attend dans la journée qui pourrait faire voler en éclats tout ce bonheur qui m'habite mais je me dis chaque matin "j'ai déjà eu tout ça" en pensant aux jours heureux qui se sont écoulés jusqu'ici.
Cette semaine, Sappho a eu 8 ans et il ne s'est pas passé un seul jour depuis 8 ans où je n'ai pris la mesure du bonheur pour moi d'être grand-mère. A fortiori pour les six pioux qui ont suivi. Je sais qu'un jour viendra – et le temps passe vite – où ils aimeront toujours leurs grands-parents, je n'en doute pas, mais de loin probablement. C'est une évolution tout à fait normale mais donc, j'en profite tout mon saoul maintenant.
Dès que la cloche aura sonné, on entamera 6 semaines de vacances avec 3, 5, 6 selon les moments. Et je m'en réjouis pleinement.
Lémoni s'est fait opérer des amygdales et des végétations et tout s'est bien passé. Simon est parti toute la semaine à Vienne et on a aidé Anaïs un tout petit peu. Cela m'a donné l'occasion de passer une dernière fois la porte de la crèche où Jules, Samuel, Maoh et Amalia ont été accueillis à tour de rôle depuis 2018. Amalia rentre à l'école en septembre et il n'y aura plus d'enfant dans cette crèche là. Ce n'est pas que j'y sois allée si souvent mais fermer une porte m'est toujours aussi pénible.
On a retrouvé à deux reprises deux couples d'amis, à l'opéra voir Carmen et ensuite autour d'un excellent repas concocté par Mitch et Cat. Là aussi, bonheur d'avoir des amis si chers, depuis si longtemps et de nous savoir en bonne santé jusqu'ici.
Oui, je suis privilégiée, j'ai beaucoup de chance dans ma vie, sur tous les plans. Et je marche sur un fil, j'ai peur que tout s'effondre tout en ayant parfaitement conscience que ces valises de bonheur que j'ai remplies au cours de ces six décennies pèsent merveilleusement lourd.
Prévert disait: Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple. Quand je vois le monde autour de moi, j'aurais presque honte de n'avoir vraiment pas beaucoup d'effort à faire. Mon seul mérite est d'en être consciente.
Elle nous avait dit "Prenez des pulls, on ne dépasse pas les 17 degrés à Venise pour le moment". Elle, c'est Elodie, celle qui nous loue depuis tant d'années son flat mansardé à Murano. C'était sans compter sans ma chance habituelle que j'emmène partout avec moi. Il a fait super beau. Ni trop ni trop peu. De quoi s'allonger en terrasse avec quelques bouquins pendant quelques jours et d'alterner avec des promenades dans Venise, quelques expos et quelques bonnes tables. Tout ce qu'on aime.
Venise, c'est vraiment un moment de déconnexion totale. Pas de voitures, pas de vélos, pas de trottinette au-delà de 8 ans. Juste des piétons. Et quand on évite les gros flux touristiques, on peut se promener sans stress. En général, on ne s'en rend vraiment compte que quand on revient à Bruxelles. Pas d'horaires non plus. Sauf, à la limite, quand on a réservé une table. Pour le reste, on fait comme on veut quand on veut. Et savoir qu'on y retourne en septembre est un luxe incroyable. Je suis tellement reconnaissante de vivre ces moments-là.
Début mai, on a repris la route pour s'arrêter à Bâle où Swiss Sis et Swiss Beauf (au sens littéral s'entend) nous attendaient pour fêter les 60 ans de ce dernier dans un restaurant gastronomique. L'Homme qui a toujours ses petits préjugés pas très malins (resto en Suisse allemande, je me méfie, etc…) a dû revoir sa copie. C'était juste incroyable. Une cuisine fine, inventive, explosive en saveurs, trois étoiles depuis 10 ans, c'est assez inhabituel. Et une petite journée à Bâle qui valait le détour. C'est une ville charmante où il fait joliment vivre.
Ensuite on est rentrés à la maison vider les valises et en refaire d'autres pour emmener trois pioux à la maison-jardin pour la deuxième semaine de vacances scolaires. On a largement perdu 10 à 12 degrés mais on a quand même réussi à jouer un peu dans le jardin. Pour le reste, on a réalisé quelques bricolages, joué à des jeux de société, joué tout court. Sappho a essayé mes vieilles échasses mais après quelques tentatives couronnées de succès, les échasses se sont effondrées, le temps et la vermoulure ayant eu raison de leur solidité. Maoh a voulu jouer à un jeu où on doit courir, se toucher puis essayer de "délibérer" les autres. Lémoni a appris à boutonner son pyjama sans trop rechigner mais coince encore sur l'enfilage des chaussettes.
On les a ramenés le vendredi soir à leurs parents. Le samedi, on a fêté l'anniversaire de Simon autour d'un verre dans leur toute nouvelle maison et leur chouette jardin. Puis on est repartis tous les deux passer une journée tout seuls dans la maison-jardin. Et le vide d'enfants m'a repris à la gorge. J'ai réussi à ne pas pleurer cette fois mais c'est fou comme après avoir passé du temps avec eux, ils me manquent instantanément. Heureusement que je vis avec un homme extraordinaire et avec qui j'aime passer du temps seuls à seuls , sinon je lui en voudrais d'être là et pas eux.
Nous voilà back to business: continuer les travaux de la cuisine, retourner à la salle de sport et au yoga, vider l'appartement de belle-maman, finaliser la succession, fêter les 130 ans de mon ancienne école et sans doute retrouver des visages d'enfance, des parfums, des souvenirs.
Je n'ai pas vu le temps passer. Depuis mon dernier billet, j'ai subi une intervention chirurgicale. Sans gravité au final mais je suis toujours stressée dans les moments qui précèdent. J'ai une gratitude infinie pour l'infirmière qui m'a pris la main quelques instants avant l'anesthésie. Elle a perçu mon angoisse que j'essayais de maîtriser, sans pour autant la nier. Mais on n'imagine pas à quel point un petit geste comme celui-là peut faire la différence. Tout s'est bien passé et j'attends maintenant les résultats de l'anapathologie.
Les travaux dans la cuisine se poursuivent tant bien que mal. L'Homme fait et défait et refait jusqu'à ce qu'il soit satisfait et ça prend du temps.
Mon cousin a commencé une semaine de radiothérapie et je pense à lui tout le temps.
On a fêté notre anniversaire de mariage dans un restaurant gastronomique. Des places se sont libérées et nous avons prévenu J et S. Ils habitent juste à côté et ils nous ont rejoints au pied levé. C'était inespéré et très sympa.
Et puis, on a vécu un weekend pascal enchanteur. L'anniversaire de l'Homme d'abord qu'il a voulu fêter toute la journée. La chasse aux oeufs ensuite, entre deux averses.
Le soir-même, on est rentrés à la maison faire nos valises pour Venise.
Et voilà, on y est enfin. Depuis mardi soir. On recharge nos batteries en terrasse et bouquins avant de se mettre en route en mode expo, crapahutage et restos. Le bonheur.