Auteur/autrice : Myosotis

  • Un mois déjà

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    Quatre petites semaines de retraite passées en deux temps trois mouvements. Il y a un mois, je quittais en pleurant et sous les applaudissements tous mes chers collègues. Je suis allée les voir aujourd'hui pour la première fois. On a mangé tous ensemble dans un espace aménagé à cet effet, un coin fauteuils, tables basses et machine à café très sympa. Cela m'a fait un plaisir fou de les retrouver le temps d'un lunch. Elles ont accroché au mur la photo de mon départ et cela m'a émue.

    Je commence à me calmer un peu. La semaine passée au vert avec les deux petits derniers, leurs mamans, leurs chiens et Quentin ont bridé mon impatience. J'ai pris le temps de faire connaissance avec cette merveilleuse petite dernière, d'apprivoiser un peu plus Maoh. Anaïs m'a accompagnée dans le yoga du matin et je l'ai accompagnée dans ses promenades avec le chien dans les sentiers boueux que je n'avais plus empruntés depuis mes 15 ans au temps où je pédalais encore avec plaisir. On est passées à plusieurs reprises devant des lieux très chers à mon enfance, le magasin de mon grand père, la ferme du voisin où j'accompagnais la fille du fermier tout en haut des bottes de foin remisées pour l'hiver, et d'autres lieux que je ne leur ai pas montrés de peur de ressembler à une vieille qui rabâche ses souvenirs d'enfant.

    Mais cette coupure avec le quotidien m'a redonné des forces pour la suite. 

    On est revenus le vendredi soir, les filles sont rentrées de leur semaine de vacances à Tours, chez leur autre grand-mère, et j'ai fait le plein d'elles le weekend. Il n'y a que les garçons que je n'aurai pas vus mais ils viennent passer deux jours ici demain et Sappho les rejoindra pour passer la nuit ici aussi.

    Vendredi, on part pour le weekend à Rotterdam. On va revoir en concert ce chanteur grec que j'adore et visiter ce port que je ne connais pas.

    Tout est bien. 

  • L’impatience

     

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    La plupart me diront patiente. Et je le suis. "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage" disait mon Jean préféré. Et dans bien des domaines, je suis d'une patience d'ange. Je peux attendre dans une salle d'attente sans jamais m'énerver ni montrer de signes d'impatience. Parfois oui, j'ai un autre rendez-vous et je trépigne très légèrement intérieurement mais personne ne le verra. Je peux passer des heures sur un problème à résoudre qu'il soit verbal ou numérique. Un puzzle me remplit de sérénité. Je peux lire des histoires aux enfants sans jamais me lasser. Dans mon boulot, j'étais reconnue pour ma patience à écouter les uns et les autres à vider leur sac. 

    Mais aujourd'hui, je découvre l'impatience. Et elle me grignote à petits coups de dents secs. Je ne m'y attendais pas.

    La reine des listes que je suis avait deux listes prioritaires pour le début de ces grandes vacances à durée indéterminée. D'abord la to do list du quotidien qui inclut tout ce que je voulais faire mais ne pouvait pas faire par manque de temps: vider la petite cave et la grande cave; laver les vitres de la cuisine et les rideaux (5 mètres de haut quand même, donc forcément avec l'aide de l'Homme – c'est là que ça se corse – ); vider la chambre des filles qui sert depuis dix ans de débarras; aménager une chambre pour les pioux; etc …. Ensuite une to do list de nouvelle retraitée: se remettre au badminton, trouver un endroit où pratiquer à l'extérieur Pilates et yoga, trouver un cours de tai chi et un cours de danses folkloriques grecques; se remettre aux danses de salon. Commencer un cours de japonais et chercher un cours de khmer. Aller marcher. Aller au cinéma, au théâtre. Voir des expos. Tricoter. Broder. Dessiner. Faire des puzzles. Cuisiner. Découvrir de nouvelles cuisines. Réaménager mes maisons de poupée. Reprendre l'archéologie généalogique de mon père. Me construire un dictionnaire étymologique dans les langues que je connais. Et bien sûr visiter les pays dont je rêvais déjà il y a quinze ans. La liste est loin d'être exhaustive. Mais je m'arrête ici.

    Si vous me lisez, vous conviendrez aisément que je n'ai plus assez de ce qu'il me reste de vie pour cette dernière liste. Mais bon, autant mettre la barre haut.

    Et oui, non contente d'être impatiente, je suis naïve. Et oui, je pensais qu'en 2-3 semaines, on allait cocher chaque case de la première liste et être donc fin prêts à se consacrer pleinement à exploiter la seconde.

    Et bien non, ce n'est pas comme ça que ça se passe. Et au bout de 3 semaines, aucune case n'est cochée. 

    Je dois donc apprendre la patience à toute épreuve. Mais comme le dit toujours mon Jean préféré, "tout vient à point à qui sait attendre". 

  • Comme de jeunes mariés

     

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    Ça y est, nous voilà tous les deux démobilisés. On aurait pu s'attendre à une nouvelle lune de miel. Mais c'est mal nous connaître. Pourtant oui, cela ressemble étrangement à nos premiers jours de vie commune. Une période de perturbations atmosphériques assez remuantes. Une perturbation atmosphérique est "une interruption de l'équilibre local de l'atmosphère qui conduit à la formation de nuages et de précipitations".C'est tout à fait ça. C'était le cas, il y a bientôt 40 ans, c'est le cas aujourd'hui. 

    On se retrouve presque 24 heures sur 24 ensemble. Là n'est pas le problème. Quand on partait en vacances, rien qu'à nous deux, ces dernières années, on était aussi jour et nuit ensemble et cela nous convenait très bien. En vacances, on est plutôt d'accord sur le programme du jour, l'expo à visiter, le resto où réjouir nos papilles. Mais là, contrairement à ce que d'aucuns pensent, nous ne sommes pas en vacances. Et se mettre d'accord sur le programme du jour relève d'une dynamique bien différente. 

    Le soir où je suis rentrée du bureau pour la toute dernière fois, chargée d'émotions comme un gros cumulonimbus, je n'avais pas envie que l'Homme décide pour nous du programme du lendemain et encore moins envie du programme décidé, à savoir partir à la chasse à la nouvelle voiture ! Bien sûr, il était terriblement stressé à l'idée que la voiture commandée il y a 13 mois était loin de débarquer. Le concessionnaire nous la promettait pour "aujourd'hui peut-être ou alors demain…" ou plus prosaïquement " le 16 mars ou alors peut-être mi-avril" ou aux calendes grecques. Bien sûr, il fallait trouver une solution, la voiture en titre montre des signes de faiblesse et devrait aussi pouvoir prendre une retraite bien méritée. Bien sûr, il m'attendait pour prendre  ce genre de décision. Mais de là, à m'emmener dès le lendemain matin en car hunting, beuh, ça ne m'a pas mise de très bonne humeur, déjà que j'avais des yeux de grenouille, j'ai poussé des "quoi !?" de crapaud. Mais bien sûr, je me suis laissée faire.

    Ces car-acolades ont duré quelques jours et ce n'est que le lundi que j'ai enfin pu me sentir un peu plus relax. Il est parti une bonne partie de la journée et je suis restée seule à la maison, musique à fond et j'ai cuisiné. Détente absolue. J'avais enfin l'impression d'avoir du temps pour moi. 

    Le lendemain, on démonte enfin le sapin de Noël (oui, c'est bon, c'est pas encore Pâques, donc ça va, non ?) et tout se passe bien, en musique et dans la bonne humeur. Ça nous prend une bonne partie de la journée mais on travaille en équipe et tout est fluide. On range tout dans le réduit sous l'escalier et on en sort une caisse qu'on n'a plus utilisée depuis quelques années. Je sais qu'elle contient des guirlandes assez démodées, des circuits de lampes et du papier de soie. Mais je décide de l'ouvrir plus tard pour faire le tri.

    Aujourd'hui, Maïté passe à la maison et comme j'y pense, je lui propose pour l'école de Sappho les guirlandes démodées. J'ouvre la boîte, elle les voit et les adopte pour son prochain Noël. Restent les circuits et les papiers de soie. Et c'est là que ça se corse. Déjà bien énervé par l'assemblée générale des co-propriétaires du matin, il râle de mon idée subite et de l'ouverture de la boîte. Il décrète que les circuits sont à jeter et le papier de soie à garder. Il a à peine le dos tourné que je ramène les circuits vers le réduit sous l'escalier, parce que peut-être, je vais les tester et s'ils fonctionnent, ce serait sympa à la maison-jardin, dans le grenier, pour les petits. Alors que le papier de soie, franchement, on en a déjà plus qu'assez. 

    C'était sans compter son passage impromptu sous l'escalier et sa voix de barytonton Donald "Est ce que je peux savoir pourquoi tu as remis les circuits sous l'escalier, j'ai dit qu'il fallait les jeter !". Et que bien évidemment, je me suis énervée et j'ai violemment jeté les circuits à la poubelle.

    On se croirait vraiment revenus 40 ans en arrière. Malheureusement, les réconciliations seront plus chastes :-).

  • The End

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    C’est fini, je n’enverrai plus de CV. Alors, je vais en faire un petit dernier. Mais pas un CV Europass. Plutôt un CV « le temps passe ».

    1 mars 1983 – 31 janvier 2023. A un mois près, 40 ans de carrière. Globalement la moitié d’une vie. C’est pas mal.

    Si je jette un coup d’œil dans le rétroviseur, je suis assez contente du voyage.

    A 17 ans, je ne savais pas trop quoi faire à part faire du théâtre. On m’a dit « Fais des études d’infirmière, tu ne seras jamais au chômage ». Ok, s’occuper des gens, ça me va assez bien, pourquoi pas. Mais comme 1) encore aujourd’hui, j’ai un peu de mal à différencier ma gauche de ma droite et 2) l’anatomie ou la biochimie et moi, ça n’a jamais été le grand amour, j’ai vite dit adieu à l’hôpital.

    Ce que j’aimais moi, à part le théâtre, c’était les mots. Les mots et les langues. Alors j’ai appris quelques langues et j’ai passé quelques années le nez fourré dans un dictionnaire à traduire des articles…. médicaux, des modes d’emploi de machines dont je ne soupçonnais même pas l’existence et des posologies de cosmétiques. J’aimais ça mais je manquais d’interlocuteurs.

    C’était la période « lost in translation »

    Puis il y a eu la période « la couleur de l’argent » et même « l’ odeur de l’argent ». Six ans dans une banque à compter des pièces et des billets, ceux du boulanger, ceux des bistrots de la place du Luxembourg, ceux du client qui mangeait trois gousses d’ail chaque matin pcq c’est bon pour fluidifier le sang, contrairement à ce que dit le proverbe, je peux décemment affirmer que l’argent a une odeur. Mais je comptais aussi les billets de certains membres du staff du tout beau, tout jeune Bureau Erasmus et ceux-là avaient un parfum qui me faisaient rêver. Je rêvais surtout de les rejoindre. J’ai déployé tous mes sourires, j’ai postulé et de fil en aiguille, ce n’est pas pour Erasmus que j’ai été recrutée mais pour … Tempus.

    C’était Tempus, le bon temps, le bon tempo,  la plus belle période de ma vie professionnelle. Une centaine de personnes, tous ou presque, jeunes, dynamiques, pas de stress, la bonne humeur permanente, bref 4 ans de bonheur pur. Jusqu’au jour où la Commission européenne a décidé de confier la gestion du Programme Tempus à une agence de régulation, à créer de toutes pièces à Turin. Je n’avais jamais imaginé quitter Bruxelles et c’est contrainte et forcée par un mari visionnaire que j’ai postulé et que je me suis embarquée pour l’Italie.

    Ce fut d’abord la période « Les bronzés font du ski » Club Med. Imaginez 60 jeunes et un rien moins jeunes qui débarquent juste avant Noël, tous logés dans un seul et même hôtel, adjacent au bureau. Petit déjeuner tous ensemble le matin, apéro le soir, la fête pendant un mois, deux mois, jusqu’à 6 mois avant de trouver un vrai logement. Et puis, la période «  la dolce vita ». La famille enfin réunie, la découverte de l’Italie tout au long de la botte, la mer ou le ski le weekend, la cuisine italienne, la langue italienne, les mains italiennes, le café italien – plus jamais jamais un cappuccino après onze heures du matin – , la joie italienne, bref l’Italie pour toujours et à jamais dans le cœur.

    Mais le dolce farniente et le congé sans solde du mari prennent fin et c’est le retour à Bruxelles. Neuf mois de consultance informatique où je n’ai rien fichu. C’est la période «  l’Arnaque » mais où j’ai décroché ma plus belle carte de visite « Solution Specialist ». Même si on ne m’a jamais soumis le moindre problème à résoudre.

    Puis une nouvelle agence en création me recrute et je retrouve le plaisir de tout mettre en place. Cette agence pour la sécurité alimentaire est censée s’installer à Helsinki et le recrutement n’est pas simple. Personne n’est trop tenté par les températures finlandaises. Et puis Berlusconi passe par là, convainc tout le monde d’installer cette agence à Parme et me revoilà partie pour …. l’Italie.

    L’Agence s’installe en grande pompe à Parme, on est convoqué au Palazzo Chiggi, on circule escortés par la police (avec le gyrophare et tout), les autorités de Parme me prennent pour l’épouse du Directeur et m’organisent un programme de visite spécial épouse de Directeur. Côté privé, plus question d’expatrier de grands ados, je fais donc l’aller-retour hebdomadaire. Je loge pendant un an dans un palazzo magnifique, je dors dans une chambre de princesse qui donne sur le Duomo, je fais l’aller-retour entre Parme et l’aéroport de Bologne en limousine, Bref c’est la période Diva.

    Mais les allers retours ne peuvent pas durer toujours et je reviens. On me propose un poste à l’agence Education Culture et Media, je le refuse une première fois, l’Italie va trop me manquer. On me relance, je finis par accepter. Jamais je n’aurai cru que l’Italie m’attendait là et qu’on finirait même par faire certaines réunions en italien.  Et deux ans après mon arrivée, qui me rejoint à l’Agence ? Le programme Tempus. La boucle est bouclée.

    Et voilà, j’ai vécu pendant 16 ans dans cette Agence des moments incroyablement chaleureux, des situations vraiment cocasses, des moments loufoques, et malheureusement, un épisode absolument tragique le 22 mars 2016 avec la perte inimaginable d’une amie de plus de vingt ans.

    16 ans, c’est beaucoup, surtout pour moi qui changeait de boulot tous les 4-5 ans. Jamais je n’aurais cru rester si longtemps. Et ce mardi matin, 150 collègues étaient pour m’aider à sauter le pas autour d'un petit déjeuner.

    Aujourd'hui, je rends mon tablier. J'ai travaillé pendant 40 ans. Une demi-vie. J'ai aimé tous mes boulots , je ne me suis jamais ennuyée et même si je suis fatiguée et contente de m'arrêter, j'appréhende un peu de fermer la porte.

    Ce n'est pas tant ce qui est devant moi qui me fait peur mais je redoute le manque. Le manque de tous ceux-là. . Et plus particulièrement de mes collègues directs, ces collègues d'une longue partie de ma vie, que j'ai aussi aimés infiniment, chacun et chacune à leur manière.

    J'ai réussi à ne pas pleurer jusqu'au soir, mais lorsque j'ai emballé mes dernières affaires et qu'ils m"ont tous accompagnée jusqu'à l'ascenseur en applaudissant, j'ai craqué et je ne me suis plus arrêtée jusque tard le soir.

    Mais demain est un autre jour.

     

  • Compte à rebours

    Épinglé par Zeenat Nazeer sur Good pics en 2022 | Fond d'écran téléphone  Dessin de paysage fantastique  Fond d'ecran dessin

     

    J'ai commencé ce blog trois mois après avoir commencé mon dernier job. Il aura duré 16 ans soit plus d'un tiers de toute ma carrière professionnelle. Moi qui ne restais pas en place plus de quatre ou cinq ans, je n'en reviens pas d'être restée au même endroit si longtemps. 

    Aujourd'hui, le compte à rebours a commencé. Dans 15 jours exactement, je rends mon tablier. J'ai travaillé pendant 40 ans. Une demi-vie. J'ai aimé tous mes boulots et même si je suis fatiguée et contente de m'arrêter, j'appréhende un peu ce moment charnière.

    Ce n'est pas tant ce qui est devant moi qui me fait peur mais je redoute de ne plus être exposée à la différence. Ce que j'aime dans ma vie professionnelle, c'est la rencontre avec l'autre, son vécu différent, sa vision du monde différente de la mienne. D'autant que j'ai eu la chance de travailler dans un environnement multi-culturel, sans doute trop européen à mon goût plus large mais néanmoins suffisamment vaste pour être confronté à la différence. Pas grand chose de commun entre une Croate et une Suédoise. Et c'est ce que j'ai aimé infiniment toutes ces années.

    Alors oui, j'ai une petite boule au creux du ventre, en partie à cause de cela, mais aussi parce que je ne côtoierai plus au quotidien ces collègues d'une longue partie de ma vie, que j'ai aussi aimés infiniment, chacun et chacune à leur manière.

     

  • Amalia

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    Dans FAMILLE, il y a toutes les lettres pour écrire les mots FILLE et AMALIA. Petite fille attendue pour clôturer l'an 2022, sa maman aurait bien voulu qu'elle n'arrive pas trop tôt – elle voulait fêter ses trois Noëls, le Noël chez ses beaux-parents, le Noël avec sa famille et le "Noël des restes" -, pas le 31 non plus ni le premier de l'an – pour ne pas rater le réveillon, le concert du Nouvel An et la choucroute de l'an neuf – et pas trop tard – pour la galette bien sûr.

    Sa maman tradition, famille, tout ça tout ça. Alors cette petite fille a décidé de faire plaisir à sa maman (aussi pour respecter la tradition des petites filles qui adorent faire plaisir à leur maman) et elle s'est glissée entre toutes ces fêtes pour se présenter le 3 janvier, histoire de permettre à sa maman d'être sortie de la maternité pour les Rois. Elle mérite sa première couronne !

    Quant à ta grand-mère, petite Amalia, elle attend avec impatience de te rencontrer. Tu es née en hiver comme elle, le même mois, le même décan, c'est déjà bon signe. Tu portes le nom de sa propre grand-mère, la reine des traditions familiales, c'est déjà bon sceptre.

    Allez, petite sixième de la troupe, tu vas voir, c'est très chouette les traditions !

  • Noël joyeux

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    Les années se suivent mais heureusement ne se ressemblent pas. Après le messy Christmas de l’année dernière, celui-ci fut joyeux.

    C’était « l’année des belles-familles », donc on a fêté le 25 décembre. On a commencé plus tôt pour éviter que les pioux ne s’écroulent avant les desserts et pour finir c’est Mamy L. qui a déclaré forfait avant le chariot de douceurs, comme l’année passée. Du coup, Anaïs et Simon l’ont embarquée sans prendre de dessert non plus. Les pioux, eux, étaient toujours sur le pont pour une petite mousse au socolat.

    Le lendemain, on a fêté une sorte de « Boxing Day » avec les enfants et les pioux. Mais cette fois, ce ne sont pas les employeurs qui offrent un cadeau à leurs employés mais les enfants qui nous ont outrageusement gâtés. Lui a reçu une bouteille de whisky, un cigare, une BD et un petit livre « Comment cuisiner le sapin« . Moi, trois livres de cuisine dont un que j’avais repéré chez le libraire sur « Les desserts de Ballymaloe« , endroit mythique en Irlande pour nous, un manchon de cou, troooop bien, de longs gants gris souris et une broche comme je les aime. Last but not least, un carnet de dessin et une boite de Caran d’Ache. J’ai dit que j’allais dessiner, il va falloir que je m’y mette. Je le répète, gâtée comme jamais.

    Et cerise sur le cheesecake, Anaïs a pu participer à ses trois Noëls, sans devoir passer par la case maternité.

  • Le tourbillon de décembre

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    On devait aller déjeuner le jeudi, j'avais reporté sans bonne raison (trois déjeuners sur la semaine c'est trop pour ma ligne courbe), il est mort le mardi matin juste après minuit. C'était mon collègue le plus sympa, le plus drôle, le plus généreux et le plus humain de ces quinze dernières années. Il avait pris sa retraite le 1er mars et sa femme le 15 novembre. Ils auront eu le temps de réaliser leurs projets pendant 3 semaines. C'est court. Je n'ai toujours pas bien intégré cette disparition, tellement inattendue et irréelle. Je voulais organiser ma fête de départ au même endroit que lui, aujourd'hui c'est tout simplement impensable. Même de faire une fête d'ailleurs.

    Le sapin est enfin monté. Il nous faut toujours quelques jours. Un jour pour monter la bête, un jour pour mettre les circuits dans l'arbre. Un jour pour les enlever parce que finalement ils ne sont pas bien mis et les arranger à nouveau. Un jour pour accrocher les boules. Un soir pour le contempler avec la satisfaction habituelle. 

    La semaine de mon retraité maison a été tout simplement infernale. Il est devenu la personne de référence de l'immeuble et le syndic donne son numéro de téléphone à tous les corps de métier qui débarquent. Lundi, se lever pour accueillir la livraison de mazout pour l'immeuble alors que nous sommes les seuls qui ne sommes pas chauffés par cette source. Constater que les caves ont été "visitées", prévenir tout le monde, recevoir la police, essayer de ranger un peu tout ce que les voleurs ont retourné, accueillir le toiturier pour un devis. Puis courir sortir le chien de sa soeur empêchée à midi. Mardi découvrir une nouvelle visite des voleurs de cave, attendre la société qui devrait réparer la porte d'entrée qui ne ferme plus, en vain, ils décommandent à cause du temps.  Attendre le chauffagiste parce que malgré la livraison de mazout, une partie des habitants n'est toujours pas chauffée. Il ne viendra pas non plus parce qu'on n'arrive pas à se garer au centre ville. Aller chercher Maoh à la crèche, le ramener chez lui. Mercredi attendre toujours le chauffagiste qui finalement reportera une nouvelle fois parce que trop d'interventions d'urgence, filer sortir le chien à nouveau, attendre un corps de métier pour un devis pour un dégât des eaux chez ma maman qui lui aussi reporte au lendemain, revenir attendre un autre chauffagiste. Jeudi on prend les mêmes et on recommence. Cette fois-ci, ils sont au rendez-vous. Aller chercher Jules et Sam à l'école et à la crèche pour cause de papa exceptionnellement indisponible et de maman pas en état de "marche". Vendredi, le chauffage tombe à nouveau en panne et comme les convoyeurs, l'Homme attend. La retraite, donc. 

    Weekend de pioux, ils ont défilé tout le samedi à tour de rôle, un moment tous ensemble, le temps de laisser leurs parents faire leurs courses de Noël, on a cuisiné, joué, parlé, trinqué. Bonheur. Cette bande me plait tellement. 

    Et ce soir, je finis d'écrire le discours de la fête de départ à la retraite pour une collègue que j'adore. Ah oui et j'ai lavé tous les ours de la bibliothèque. Ils se réchauffent au coin du feu.

    Bref, le tourbillon de la vie.

  • Le grand Saint

     

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    C'est le surnom qu'on lui donne entre adultes dans cette famille. Comme on dirait le grand Jacques ou le grand Léon. Dans le calendrier, on inscrit "Brunch du grand Saint". 

    Cela fait 35 ans sans interruption que nous fêtons St Nicolas. En gros, le grand Saint n'a jamais arrêté de visiter notre cheminée, quel que soit l'âge de ceux qu'on appelle encore les enfants. Et quand sont arrivés les valeurs ajoutées et la TVA (trésors de valeur absolue), il n'a pas lésiné. De toute manière, sa hotte est extensible, jamais elle ne lui semble trop lourde. 

    Quand nous habitions en Italie, il nous a même fait l'honneur de nous rendre visite à la maison à condition que nous invitions tous les enfants du bureau qui lui avaient écrit, les petits Allemands, les petits Néerlandais, les petits Alsaciens et les petits Belges bien sûr. Quelques petits Français et Italiens se sont joints à nous, considérant que ce n'était jamais trop de solliciter St Nicolas en même temps que le Père Noël ou la Befana. Plus on y croit, plus on y gagne.

    Cette année, il était très attendu par ceux qui ont bien compris qu'après leur maison, ils passent chez Bonnie et Nonno, a fortiori si on est invités à déjeuner tous ensemble. Ça sent le hotte parade ! 

    Cette journée est pour nous notre petit Noël avant Noël, le Noël de la tribu avant le Noël de la grande famille. Le plaisir d'être ensemble, de petits plats dans les grands et des cadeaux.

    Je ne m'en lasse pas. L'Homme fait les gros yeux sur le budget. On verra l'année prochaine mais c'est la dernière année avant la mise à la retraite de la Grande Sainte (je peux dire ça, après tout, on partage le même "onomastico"). Alors au diable la varice, je verrai l'année prochaine à quel saint me vouer.

     

  • Halloween, olives et contrariétés

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    Halloween, olives et contrariétés, le menu de ces deux dernières semaines. 

    Nous n'avons jamais vraiment fêté Halloween dans notre famille mais depuis que les pioux sont en âge de pouvoir y prendre plaisir, leurs mamans organisent un programme ensorcelé. Anaïs la première avait commencé sur un mode très soft, déguisement gentil, confection de biscuits à thème, activités diaboludiques. Mais cette année, les pioux grandissant, elles se sont lancées à deux dans une préparation démoniaque à grande échelle. Maison playmobil bombée en mauve et orange, personnages de maison hantée, confection de chauve-souris, citrouilles décorées, grand apéro de serpents en pâte feuilletée, de Babybel grimaçants, de seringues de sirop de groseille, confection de biscuits, de tartes aux pommes et surtout grand moment de déguisements, qui en vampire, qui en dragon, en sorcière, en Cruella ou en citrouille. Difficile pour les pioux d'accepter que la fête se termine. C'était tellement ensorcelant !

    Nous sommes partis une semaine rejoindre des amis en Italie pour les aider à la cueillette des olives. Hormis le fait que j'avais opté plutôt pour une semaine de télétravail à l'étranger, compte tenu de mon doigt toujours pas réparé, et laissant à l'Homme le soin d'apporter son aide à la cueillette, c'était une semaine très sympa. Se retrouver tous ensemble, les amis, leurs autres amis qu'on ne connaissait pas, d'autres amis d'amis encore qui nous avaient invités pour un repas chez eux, toutes ces nouvelles rencontres que j'appréhende toujours un peu avant se révèlent neuf fois sur dix tellement enrichissantes. Et la nature, là, au milieu de nulle part, est juste époustouflante.

    Mais cette belle semaine a été gâchée par une gorge en feu, une bouche en ébullition, et la tête pleine de contrariétés nées la veille du départ d'une dispute encore plus stupide qu'inutile avec ma maman. Je n'avais absolument rien à me reprocher – et pour que moi, la meaculpiste née, je le dise, ce doit certainement être vrai – et elle m'a blessée inutilement. Nous avons donc somatisé notre rancoeur mutuelle pendant toute la semaine pour finir par baisser les armes et sécher les larmes.

    Mais une chose est sûre, essayer de contenter tout le monde et de ne blesser personne, c'est se perdre soi-même en chemin. Et je n'ai plus vraiment le temps de me perdre.