Auteur/autrice : Myosotis

  • Italie 2023 – Acte 3 – Scène 2

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    Lundi: Le ciel est à nouveau gris… Seule la perspective de retrouver Kristien et Kristof à Turin ce soir maintient mon moral à un niveau acceptable. En attendant, je dévore "Trois". On prend la route vers 16h toujours sous la pluie pour arriver à Turin sous un ciel plombé, sans pluie mais lourd d'humidité maximale. L'orage s'annonce ici. On trouve quand même le temps de prendre l'apéro dehors avant d'aller manger chez eux. Il est très rare que l'on se retrouve à quatre et c'est une soirée exceptionnelle que nous passons avec eux. 

    Mardi, mercredi: Cette fois la coupe est pleine. Il pleut sans discontinuer toute la journée. A mon tour de vouloir plier bagages et de rentrer. Mais la perspective de trois jours de soleil pousse l'Homme à m'encourager à rester. Impossible de sortir se promener, il fait marécageux partout. Donc on se résigne à lire et à regarder des séries. Et en fait, c'est bien aussi. 

    Jeudi, vendredi, samedi: Enfin le soleil est revenu ! On profite un maximum de ces 3 jours qu'il nous reste. Et on passe encore une dernière soirée avec les Turinois.

    Dimanche: On quitte cette magnifique maison, encore une fois à regrets en ce qui me concerne. Mais contents d'avoir passé ces deux semaines ensemble, presque rien qu'à nous deux. 

  • Italie 2023 – Acte 3 – Scène 1

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    Lundi: Nous voilà repartis pour un tour. Toujours les Alpes italiennes, toujours la montagne mais cette fois en Piémont et non plus dans un petit refuge minuscule pour deux mais dans une vieille maison du XIXème prévue pour héberger 12 personnes. Au départ, l'idée était d'y passer quelques semaines en été avec toute la tribu mais les calendriers ne se sont pas accordés cette année. Qu'à cela ne tienne, on a décidé de "tester" la maison en juin, rien qu'à nous deux, les grands espaces ne nous ont jamais fait peur, bien au contraire. Ce soir, on s'arrête à Pontarlier, dans la même maison d'hôtes qu'en avril. Même chambre. J'appréhendais un peu de me retrouver dans le même lit où j'ai appris dans la nuit la mort de Michèle mais j'ai dormi sans me réveiller et mes craintes se sont envolées.

    Mardi: Le soleil brille, on passe le col du Grand St Bernard, enfin ouvert, et on descend vers l'Italie. Arrivée sans encombres, sauf le portail de la maison où, bêtement, l'Homme inflige à la voiture sa première griffe. Il fulmine intérieurement tout en faisant bonne figure auprès de la dame qui nous accueille. La maison est magnifique, le jardin aussi, tout en étages. Mais tout est détrempé. Il pleut depuis des semaines ici. Et cela n'a pas l'air de vouloir s'arrêter. Notre enthousiasme pâlit un peu mais on s'installe dans ce douze pièces.

    Mercredi: Le temps est nuageux et le soleil perce timidement de temps à autre. On tente une petite lecture au jardin. L'après-midi, on décide de remplir le frigo pour les dix prochains jours et on descend vers la plaine où la température monte de 10 degrés et le soleil brille de tous ses rayons. On reprend bêtement espoir mais de retour au bercail, le temps est à nouveau bien gris et l'Homme parle déjà de rentrer à la maison.

    Jeudi: On passe la journée en mode farniente et on réussit malgré tout à profiter de ce que le soleil nous offre entre de gros nuages blancs ou gris. Je vais même jusqu'à enlever mes ballerines. Bien mal m'en prit, une abeille passant par là a pris mes orteils pour une fleur et s'apercevant de sa méprise, s'est vengée en me faisant cadeau de son dard, paix à son âme. J'ai maintenant un coussinet tout gonflé sous le pied et je marche sur des oeufs.

    Vendredi: Journée pluie. C'est déprimant au possible. J'ai beau essayé, je n'aime définitivement pas la pluie. Je dois déployer beaucoup d'arguments pour empêcher l'Homme de refaire les valises. On a tenté une balade en montagne mais la pluie nous a fait rebrousser chemin. Heureusement, il y a des livres et des séries sur Arte.

    Samedi: Toujours un ciel plombé et des pluies drues intermittentes. Journée déprimante à souhait. Heureusement j'ai trouvé dans la bibliothèque de cette jolie maison un livre français traduit en italien. Trois de Valérie Perrin. J'adore. 

    Dimanche: Enfin le soleil est sorti. Les lézards bibliophiles sont contents. On n'aime rien tant que de rester allongés au soleil à bouquiner. C'est l'élément central de nos vacances farniente. Bien sûr, l'orage a grondé vers 16 heures mais c'était déjà bien mieux que rien. On reprend des couleurs au sens propre comme au sens figuré.

  • Le monde des urgences

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    Jeudi, j'ai fait un petit tour aux urgences. Rien de grave, juste un doute (est-ce que je ne suis pas en train de faire une nouvelle pneumonie, moi ?), un médecin traitant en vacances au Mexique, un autre médecin qui n'accepte plus de nouveaux patients (bon, tant pis), et un départ en vacances le lundi suivant. Pas vraiment d'autre choix que d'oser encombrer les urgences. Mais personne ne me l'a reproché sur place, il faut bien le dire.

    J'y suis restée une longue après-midi et une soirée, le temps de faire une kyrielle d'examens (la petite dame a quand même déjà fait une petite embolie et on préfère ne pas passer à côté d'une récidive) et d'en attendre les résultats qui ont bien entendu confirmé mon petit doute.

    Et ce long moment de patience m'a donné l'occasion d'observer mes congénères humains. Le monde des urgences est un microcosme en soi. 

    Il y avait une maman africaine qui accompagnait son mari qui s'était foulé voire cassé la cheville et qui l'attendait dans la salle d'attente avec son bébé de 8-9 mois. Elle avait deux portables, un pour elle avec lequel elle a enchaîné conversation sur conversation et un autre pour son bébé qui regardait (déjà) une video "Dans sa maison, un grand cerf regardait par la fenêtre…..". Je ne suis pas restée longtemps dans la salle d'attente (par chance!) et je ne saurai jamais combien de temps elle a pu tenir ce rythme.

    Il y avait ce jeune Espagnol accompagné d'un copain qui lui faisait la conversation après un épisode de choc anaphylactique, visiblement après avoir mangé du poisson. Ce devait sans doute être la première fois que cela lui arrivait et il devait avoir eu la frousse de sa vie. Son copain essayait de le détendre un peu en lui faisant la liste "googuelisée" de tous les aliments qui pouvaient lui être fatals. L'autre riait d'un jaune nerveux et passait en revue tout ce qu'il avait mangé depuis le début de la semaine.

    Il y avait cette petite dame portugaise qui s'était fait renverser par un vélo et qui s'était fracturé le coude. L'infirmière lui a demandé si elle tenait beaucoup à son joli petit gilet orange et la dame a dit oui. Mais quand on lui a expliqué que ce serait sans doute douloureux de lui enlever son gilet normalement, elle a accepté vaillamment qu'on découpe la manche aux ciseaux: "Bah, un gilet, ça se remplace…." Son mari est arrivé une heure plus tard, elle n'était toujours pas embarquée pour la salle d'op et elle lui a répété, en portugais cette fois "Bah, un gilet, ça se remplace…"

    Il y avait cet Anglais qui ne tenait plus sur ses jambes parce que les 5 grammes d'alcool qu'il avait dans le sang rendait sa marche on ne peut plus instable. Sa femme est arrivée à peu près en même temps que lui et n'a cessé de se fâcher sur lui. Elle le traitait de tous les noms d'oiseaux ivres et lui, plus imbibé que dix babas au rhum, lui répondait avec autant de verve pâteuse. Les Espagnols ont cessé de faire des listes alimentaires pour rire sous cape dans le box voisin. L'Anglais voulait absolument aller aux toilettes, le médecin refusait qu'il se lève et l'enjoignait à utiliser le bocal ad hoc. L'Anglais essayait de se lever, sa femme le replaquait au lit avec une force insoupçonnée. Il a fini par accepter le bocal mais bien entendu n'a pas su viser et quelques litres d'alcool ont arrosé le sol, au grand dam des infirmières. Les Espagnols ne se tenaient plus.

    Je suis rentrée tard le soir et j'ai eu une pensée particulière pour tous ces soignants qui vivent cette réalité jour après jour, nuit après nuit. 

  • Threenager

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    Crédit photo @Sis'Cile

    C'est le mot que sa maman a trouvé pour qualifier "cet enfant de mai qui ne fait que ce qui lui plait". Elle ne pouvait pas mieux trouver.  Ce petit bout d'homme, pas plus haut que trois pommes, a un sourire et des yeux enjôleurs. Il vous susurre "je t'aime" comme personne parce qu'il a compris qu'il vous fait fondre comme une boule chocolat sur un cornet tenu par un enfant gourmet, pas gourmand. Il murmure "non" avec la même candeur et la même douceur, dès que vous lui demandez de faire quelque chose ou tout simplement d'obéir. Il connait aussi toutes les ficelles pour vous faire rire et détourner votre attention de ses bêtises.

    Il est indépendant et ne veut rien faire comme les autres. Il ne cherche pas à être meilleur. Si son frère, qui lui n'aspire qu'à cela, crie "J'ai gagné ! ", il crie avec le même enthousiasme et la même jubilation "j'ai perdu !". 

    Alors quand sa maman a décidé d'organiser son anniversaire sur le thème de Peter Pan, il n'a pas du tout aspiré à endosser la tenue du petit garçon qui ne voulait pas grandir, il a voulu se déguiser en Michel, le petit dernier de la famille Darling, celui qui traine son nounours partout derrière lui.

    C'était le plus réussi des anniversaires, tant tout le monde a mis du sien pour réussir les costumes de Peter Pan, Capitaine Crochet, Michel, Monsieur Mouche et l'enfant perdu, pour faire de trois planches, une couverture et un vieux drap, un bateau fantastique, et pour couronner le tout un gâteau merveilleux. 

    C'était magique ! Happy 3 mon Sam Sam !

     

     

     

  • Les Dingos de Disney

     

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    Comment expliquer cette fascination pour Disney ? Je ne m'en lasse pas. Je crois que je pourrais y passer un séjour seule, sans avoir à prétexter y emmener des enfants. J'assume. J'assume aussi avoir transmis ce virus à mes deux filles. 

    Nous ne sommes pourtant pas aveugles ni insensibles aux aberrations totalement en désaccord avec ce que nous aimerions arborer comme valeurs.

    La malbouffe à prix d'or est juste intolérable. J'avais préparé pour le premier soir une bonne salade que nous avons introduits en catimini dans nos valises. On a évité au maximum de consommer tout ce n'importe quoi, à l'exception d'une barbe à papa pour 4 voire 6-7, les mamans et moi tenant absolument à "aider" ces petits anges à se dépatouiller avec ce coton sucré.

    Le plastique est encore très présent, même si beaucoup d'efforts sont déployés pour le réduire drastiquement. Et nous n'avons pas pu résister à l'achat de capes de pluies pour protéger les moins bien équipés. 

    Mais il faut reconnaître que l'extrême propreté des parcs, la gentillesse jamais prise en défaut de tous ceux qui travaillent à cette féérie, les moindres détails léchés où qu'on pose les yeux, tout contribue à rendre ce lieu magique.

    Alors oui, malgré les cordes de pluie le deuxième jour, malgré les files d'attente interminables, certaines sous la pluie justement, la magie a opéré. Et celle qui a été sage comme une image, celui qui a peur de tout et ferme les yeux par défaut, celle qui n'a peur de rien et réclame toutes les sorcières et les dragons à grands cris et celui qu'il fallait surveiller comme le lait sur le feu, tous les quatre ont eu plus d'étoiles dans les yeux que ne peuvent en distribuer toutes les fées de Clochette à la Fée Bleue en passant par la marraine de Cendrillon. 

  • Michèle

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    On ne choisit pas sa marraine. Ce sont les parents qui choisissent, pas toujours avec bonheur mais c’est comme ça. Moi c’est sûr j’ai tiré le gros lot. Dix ans entre toi et moi. Tu aurais donc pu être ma grande soeur. Et quelle grande soeur tu as été. 

     Le plus ancien souvenir que j’ai de mon enfance, c’est cette comptine « je fais le tour du jardin, je tire la sonnette, toc toc qui est là, etc…. », cette comptine que tu me chantais dans le lit, visage contre visage et on riait aux éclats. J’avais 4 ans, tu en avais 14. Mon grand père, ton père, tonnait « vous devez dormir maintenant ! ». Et on riait de plus belle. 

    Mon tout premier film au cinéma, c’est toi, mon premier réveillon de Nouvel An hors de la maison, c’est toi, mes premiers babysittings ce sont tes enfants. 

    Et quelques mémorables fous rires aux larmes. Parce que rire, tu le faisais vraiment bien. J’ai toujours adoré ton rire, et je suis sûre que je ne suis pas la seule ici. 

    Dans le rayon des douceurs, il y a les Bêtises de cambrai, les Calissons d’Aix en Provence, les Baisers de Malmedy. Et puis il y a les Galettes de Michèle. 

    Une institution dans toute la famille. Même mes propres petits-enfants adorent les galettes de Michèle. Tu en faisais des quantités énormes. Et à elles seules, ces galettes symbolisaient toute ta générosité.

    Toute ta vie, tu auras donné sans compter. Au risque de perdre. Mais peu importe, ta générosité a été sans limites.

    Ta vie n’a pas vraiment été un long fleuve tranquille mais ce dont je suis sûre, c’est que ces trente dernières années avec Paul ont été infiniment heureuses. Et je lui suis tellement reconnaissante du bonheur qu’il t’a apporté.

    Cette dernière semaine, après t’avoir dit au revoir, je suis partie quelques jours retrouver des amies et me promener en montagne avec Claude. J’ai pensé à vous et à cette après-midi, à l’hôpital, où Paul t’a rappelé tous les endroits où vous étiez partis en vacances avec la caravane, libres comme l’air et heureux d’être ensemble et en vacances. Tu souriais. Et je me suis jurée de profiter de chaque instant. C’est en quelque sorte le testament que tu nous laisses, involontairement mais sûrement. 

    Un des derniers messages que tu m’as écrit disait « je suis toujours heureuse d’être ta marraine » . Je te retourne le compliment. Et nous sommes nombreux à penser ainsi: nous avons été heureux de te connaitre et nous ne sommes pas prêts de t’oublier.

     

  • Italie 2023 – acte 2

     

     

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    J'ai longtemps hésité. Je ne savais plus si je voulais rester ou partir. Je suis allée la voir le mercredi et je savais en partant que je lui disais au revoir pour la dernière fois. Elle était si faible mais en même temps toujours si présente. Mais je suis partie le lendemain à nouveau pour l'Italie. J'ai pleuré une bonne partie du trajet. Nous avons fait étape à Pontarlier et fatiguée d'avoir pleuré, je suis allée dormir tôt. Sis'Cile a appelé vers 23 heures, je dormais et n'ai pas entendu. Evidemment, je me suis réveillée comme souvent à 1 heure du matin et j'ai vu le message. Elle était partie. Je n'ai pas réveillé l'Homme, cela ne servait à rien. Il y avait des lits pour enfants dans la chambre d'hôte, je m'y suis réfugiée pour pleurer en silence.

    Le lendemain, nous traversions les Alpes. J'étais plus sereine, je savais qu'elle ne souffrait plus. Mais j'étais triste, tellement. J'ai installé l'Homme dans un magnifique refuge de montagne et il m'a amenée à Turin retrouver mes sorcières bien-aimées. Elles m'ont portée tout le weekend et j'ai pu sourire et rire malgré tout. On s'est promenées dans les Langhe, à Alba, à Monforte. On a découvert une église sur une place tout en haut du village. C'était juste magique. Un haut parleur diffusait de la musique de jazz, de blues, de reggae. Un instant, il a passé "Every little thing gonna be all right" de Bob Marley. On a pris une video selfie de nous en train de chanter sur la musique. On chantait faux, on riait mais c'était tellement bien. On s'est passé et repassé la video et on se l'est partagée. Elle restera mythique et quand l'une ou l'autre flanchera, on se l'enverra. 

    Après un weekend d'amitié éternelle, j'ai rejoint l'Homme dans son refuge et on s'est promené en montagne pendant deux jours sous la neige; on a rencontré des bouquetins, des chamois, des marmottes à une distance inimaginable, on aurait presque pu prendre les marmottes dans nos bras et toucher les cornes des bouquetins. C'était fou. Et si on a rencontré dix personnes sur ces deux jours, c'est beaucoup. Un moment hors du temps.

    On est rentrés trois jours plus tôt pour les funérailles mais pendant ces quelques jours en Italie, j'ai fait ce qu'elle m'aurait dit de faire: profiter de chaque instant. 

     

  • Italie 2023 – acte 1

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    Ceci n'est pas une poire

    Cette première année de retraite, on va en Italie, puis en Italie, puis encore en Italie et enfin en Italie. Et on ne dira pas non à un cinquième tour si l'occasion se présente. 

    Donc premier acte: 5 jours fin mars. Virée gastronomique à six. Toujours les mêmes six gourmets gourmands. Ceux avec qui manger est un acte sacré. Alors forcément, l'Italie…. Qui plus est avec un Italien pur jus, sa femme pas italienne mais qui cuisine mieux que toutes les mammas de la péninsule et les quatre autres belges ou anglais qui ont passé quand même plus de cinq ans de leur vie sous la botte du slow food.

    Et tout le séjour nous a enchanté le coeur, les papilles, les pupilles et les oreilles. Et même si le but initial du voyage était d'enfin s'asseoir à la table du plus grand 3 étoiles d'Italie, à l'Osteria Francescana de Massimo Bottura, où le menu dégustation était un voyage à lui tout seul, nous avons aussi mangé avec un plaisir tout aussi grand, même si différent, dans une ou deux petites trattorias à Parme.

    Retour à Parme pour trois d'entre nous qui y avons travaillé et retour pour moi surtout dans l'hôtel qui m'a hébergée pendant un an, face au Duomo, sur la plus belle place de Parme. J'ai retrouvé, intacts, le parfum madeleine de Proust des chambres et surtout, par chance saisonnière, le parfum inégalable de leur glycine couleur…. parme.

    A la descente, nous nous sommes arrêtés à Lausanne chez Swiss Sis qui, elle aussi, nous reçoit autour d'une table qui vous met aussi des étoiles dans les yeux. Et à la remontée, arrêt en Champagne pour faire le plein pour l'année qui vient. 

    On dirait un billet de luxe mais en fait ce n'est qu'un billet d'épicuriens bien décidés à en profiter tant que la vie nous l'offre.

  • Weekend festif

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    Weekend festif veut dire plein d'étoiles dans la tête mais gros désir de couette le dimanche soir. 

    Vendredi soir: soirée Maxime Le Forestier chante Brassens. Deux heures exquises. A vrai dire, j'aime Le Forestier mais j'aime encore plus Brassens. Quelques chansons très connues, d'autres moins grand public mais à notre répertoire malgré tout et quelques pépites découvertes. Pur bonheur.

    Samedi: Visite guidée de l'Aegidium, une salle de fêtes, cinéma, salle de bal, des années 20, rachetée par l'Eglise en 1950 et complètement laissée à l'abandon à partir des années 70. L'ensemble est dans un état de délabrement avancé mais avec un peu d'imagination, on peut y retrouver la beauté du lieu d'il y a 100 ans et pour nous, raviver les souvenirs des années 78 à 82 où il était encore possible d'y organiser des soirées estudiantines malgré l'abandon du lieu. Parmi la quinzaine d'amateurs de ce type de visite, on devait être les seuls à avoir des étoiles dans les yeux, et pas seulement à l'idée des 5000 ampoules électriques que comptait ce palace à sa création.

    On a ensuite récupéré les deux princesses pour l'après-midi et la soirée. Tout s'est passé comme sur des roulettes à l'exception de la nuit. Pour la première fois depuis longtemps, elles ont très mal dormi. Les premiers beaux jours ont fait leur apparition et tout le monde était de sortie en ville. Et je peste tout le choléra du monde sur cette engeance de piétonnier qui nous rend déjà la vie si difficile au quotidien diurne. La nuit, ce n'est que cris avinés, gloussements de poules idiotes, chants criards et faux par dessus le marché, braillements et beuglements, sirènes et alarmes. Dès que le temps s'adoucit, du jeudi au samedi, c'est toujours le même cirque. Et je regrette amèrement le temps où le seul ronron des voitures nous berçait. L'une est restée éveillée de 1 à 2 heures du mat', l'autre, la plus exigeante en heures de sommeil, de 1 à 3 heures. Et moi probablement encore une heure d'insomnie de plus après avoir enfin réussi à fermer ses jolis yeux.

    Dimanche: Alors, oui, préparer un repas pour 13 le lendemain c'est un peu rock'n roll. Heureusement, ils sont arrivés un peu plus tôt et m'ont aidée à finir tout ce qu'il fallait pour fêter dignement l'anniversaire d'Anaïs. Mais forcément, le soir, on s'écroule comme deux vieux chevaux. Et j'ai à nouveau la sensation de ne pas en avoir profité assez, malgré tous les câlins reçus. Mention spéciale pour Sam Sam, venu me chercher dans la cuisine par sa petite main "Viens Bonnie, c'est l'heure du petit 'apéro…". Bien sûr, je ne savais pas qu'on lui avait demandé de ne pas toucher aux petits toasts avant que tout le monde soit là et que je manquais dans le tableau. Ça remet un peu sa sollicitude en perspective mais je préfère y croire….. 🙂

  • Attaquer Mars

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    Mercredi: Petit moment manucure-pédicure-vernis avec les filles, l'une en télétravail, l'autre en congé de maternité. Sappho, Jules et Sam Sam  sont venus aussi puisque les écoles étaient en congé. Enfin pour Sam Sam, c'était une semaine de congé transition entre la crèche et l'école. Puis j'ai emmené les deux aînés chez le coiffeur, ils ont adoré ça. Non seulement aller chez le coiffeur mais surtout y aller à deux. Ils se tenaient la main au bac à shampooing et souriaient béatement. Ils ont dormi tous les trois à la maison et c'était bien.

    Jeudi: Journée avec les mêmes. Ils ont joué toute la journée sans s'ennuyer un seul moment, Jules et Sappho ensemble, Sam Sam tout seul. Et même si c'est difficile à croire, il n'y a pas eu un seul moment de dispute. On a même eu des scrupules à interrompre leurs jeux pour les emmener voir Manneken-Pis et sa soeur Jeanneke-Pis, moins connue, et à vrai dire, moins élégante. Et terminer la promenade glaciale par une bonne gaufre de Bruxelles. 

    Vendredi: Départ tranquille pour Rotterdam dans cette voiture flambant neuve qui vient d'arriver. Chambre d'hôtel au 20 ème étage avec une vue à couper le souffle et même à donner un peu le vertige. Concert de Dalaras le soir, juste tellement bien. Tant qu'il pourra encore donner des concerts, j'irai le voir. Ma fibre hellène vibre sans faiblir depuis tant d'années quand je l'entends et surtout surtout quand je l'entends en public alors que tous ses fans chantent à l'unisson. C'est un plaisir inégalé depuis 40 ans que je le connais.

    Samedi: Touristes dans une Rotterdam glaciale et bruineuse. On a marché pendant des heures sans toutefois jamais s'ennuyer. Entre le vieux port, les parcs, la rue Witte de With, les drôles de maisons cubiques, le Markthal, explosion de couleurs et de parfums et tant d'autres chemins de traverse. On a grignoté quelques marrons chauds puis on est rentré frigorifiés se réchauffer au bar autour d'un ou deux cocktails.

    Dimanche: On a repris la route en passant par les moulins à vent de Kinderdijk et on est rentrés en passant par les cases belle-mère et supermarché. Puis on a passé le restant de la journée à cuisiner ensemble en réécoutant Dalaras et en trinquant au bonheur d'être là tous les deux.

    Lundi: Sam Sam est donc rentré à l'école et ces moments-là m'émeuvent toujours. Pendant ce temps, nous, on a rangé ensemble un meuble, vidé, lavé ce qui pouvait l'être, fait le tri de ce qu'on ne gardait plus, et réorganiser intelligemment. On a retrouvé des trésors, des objets qu'on pensait perdus, des trucs démodés, et il a ciré le meuble. J'adore  ce type de journée.

    Mardi: Petit soin visage le matin. L'esthéticienne me propose un soin régénérant. En gros, elle me perce la peau du visage avec de toutes petites aiguilles pour agresser la peau et l'obliger à se régénérer. J'accepte avant de connaitre le processus, puis subst. Elle y est allée assez fort et je le sens passer. Je regrette de ne pas avoir demandé un soin doux et gentil comme d'habitude s'il vous plait, merci. Je sors de là rouge pivoine comme si j'avais abusé du premier soleil de printemps sans protection. A mon retour, l'Homme s'effraie de mon teint et me demande si c'est normal d'être plus moche après qu'avant un soin visage. Je crois que c'était la première et dernière fois.

    Mercredi: Ma peau se régénère donc. Je passe le mercredi seule et ça me va aussi. Je continue les rangements, je cuisine, je télécharge du Dalaras à la pelle, je repasse, je suis bien. En fin d'après-midi, je rejoins Maman et Sis'Cile comme tous les mercredis. Au moment de partir, le beau-frère de Maman l'appelle pour dire que sa soeur, ma marraine, est au plus mal et qu'il faut envisager de venir lui dire au revoir. On sait qu'elle se bat "contre une vilaine maladie" mais Maman l'appelle tous les jours et elle n'avait pas cette impression, ces derniers jours. Il est vrai qu'elle n'arrive plus à s'alimenter cette dernière semaine. L'Homme, venu nous chercher, ne tergiverse pas et nous enjoint à sauter dans sa voiture et nous voilà partis à 150 km de là. Arrivés vers 21h30, on ne peut que constater qu'elle est dans un état de faiblesse immense. Elle refuse de voir un médecin autre que son médecin traitant, malheureusement parti skier. On parvient finalement à la convaincre de se rendre à l'hôpital le lendemain matin.  Le Covid a frappé et pour quelqu'un dont le système immunitaire est au plus bas, c'est un coup sérieux. Elle va donc rester hospitalisée le temps nécessaire à guérir et reprendre des forces. On y croit.