Myosottises

  • Les petites choses

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    La vie va. Continue. Assez tranquille finalement. On finit par prendre goût aux petits bonheurs simples. Ce dimanche, ils sont tous venus fêter le nonno. 

    Jules avait proposé à sa maman de faire des crêpes et ils ont planté quelques bougies (pas la totalité, plus assez de place) sur la pile de crêpes. Le nonno a ouvert le champagne, tout le monde était bien. 

    J'adore quand ils sont tous là. Le seul hic, c'est que je n'arrive pas à profiter de chacun. Soit je pouponne, soit je joue, soit je papote. Mais je ne peux pas tout faire en même temps. Enfin, si, je peux biberonner et écouter les adultes. Mais généralement, je suis sollicitée pour jouer et j'adore ça. Souvent je pense à tous ces grands-parents qui vivent dans d'autres pays que leurs petits-enfants et je bénis ma chance.

    Le régime entamé en février a porté quelques fruits et allégé l'homme du double de kilos de moi évidemment. Mais je suis persévérante et je finirai bien par le rattraper. D'autant que ce n'est pas vraiment un régime mais une autre façon de manger.

    Pour ce qui est de bouger, on en est loin. On a adopté une vitesse de tortue et ce n'est pas vraiment ce qui me convient, même si c'est elle qui gagne selon La Fontaine. Plus de sport non plus. Ce temps me manque.

    Pas de vacances planifiées non plus. Je pense que cela fait bien 15 ans que cela ne nous est plus arrivé. Mais comment prévoir dans les circonstances actuelles ? Et puis ce petit cinquième qui nous arrive fin juillet nous retient au pays. 

    J'aimerais revoir ma Swiss'Sis autrement que sur Skype et là encore, on ne sait toujours pas s'ils arriveront à se déplacer le temps d'un weekend en mai.

    La vie va. Le temps des fraises et des petits pois est revenu. Des arbres en fleurs aussi mais à nouveau je n'aurai pas vu le cerisier du Japon de la maison-jardin. Je me suis juré qu'à partir de l'année prochaine, je m'arrange pour ne plus le manquer. Ce n'est pas comme si j'avais encore 50 printemps devant moi.

    Mais bon allez, carpe minutum et secondum.

     

     

     

     

  • Un an

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    Un an déjà qu'on traîne cette situation de merde. Comme beaucoup, je sens le poids de toute cette morosité m'écraser. Et pourtant, on est loin d'être à plaindre. 

    Toujours est-il que je n'arrive plus à écrire vraiment. Alors je laisse la parole copiée collée à Marie Sauvion qui a écrit ce que je voudrais écrire et résume parfaitement mon état d'esprit.

     

    Bien sûr, c’est un anniversaire sans joie — ne parlons pas de bougie, quelle personne sensée aurait l’idée d’en souffler encore en public ? Un an de Covid… Il faut l’écrire pour le croire. Pour mesurer tout ce que nous avons appris depuis ce printemps 2020 où une pandémie nous est tombée sur le coin du nez. Nous savons désormais que, face à des directives ubuesques, nous sommes d’une souplesse à faire pâlir la Nadia Comaneci de 1976. Nous savons que, dans un film de zombies, la puissance France tiendrait vingt-quatre heures. Nous savons que les complotistes vivent parmi nous. Que les scientifiques, nos phares dans la nuit, peuvent perdre le nord. Que lorsque l’on confine les citadins dans leurs clapiers, les oiseaux reprennent du poil de la bête. Et qu’il y a des gens solidaires comme jamais. Depuis un an nous avons applaudi des blouses blanches déterminées, admiré des professeurs vaillants, remercié (pas assez) des caissières héroïques. Nous avons eu mal au cœur devant le JT. Mal à l’âme devant les Ehpad claquemurés. Mal au dos en télétravail, pour les plus chanceux. À l’ère des moocs, nous avons touché les limites de l’enseignement à distance. À l’heure des polémiques sur l’islamo-gauchisme, des étudiants nous ont dit qu’ils avaient faim. Nous savons que la télé bouge encore, qui nous a tenus captifs quatre heures quarante et une minutes par jour en moyenne. Que seuls les livres ont gagné leur statut d’« essentiels » mais que toute la culture le reste à nos yeux. Et qu’elle demeurera un privilège dans ce monde d’après dont on n’ose plus rêver. Nous savons que nous sommes fragiles, que les baisers exigent le « présentiel » et que les autres, vivants et morts, nous manquent. Totalement, tendrement, tragiquement.

     

    Je vais essayer de reprendre la plume, vaille que vaille, mais le coeur n'y est plus. 

  • Peut mieux faire

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    Trois mots, juste trois mots. Une espèce de tatouage cérébral. Trois mots qui m'auront marquée au bic rouge des enseignants. Ancrés dans ma vie pour toujours. L'effort n'était jamais à la hauteur des espérances des professeurs, des parents. Une espèce de Poulidor du parcours scolaire. 

    Peut-être effectivement que j'aurais pu donner plus. Mais il y avait autre chose dans la vie. Les jeux, les livres, les rêveries, les amitiés. Tout ça, ça prend du temps. 

    Mais j'ai gardé cette profonde certitude que je n'étais pas à la hauteur. Jusqu'au syndrôme de l'imposteur parfois, dans la carrière professionnelle. Qui pousse à se donner au-delà du nécessaire parce que finalement le salaire mirobolant n'est pas justifié et qu'il faut en faire beaucoup plus pour le mériter. Encore aujourd'hui à un an de la retraite, il refait surface certains jours de doute, lorsque le sujet n'est pas maîtrisé à 200%. C'est d'autant plus embarrassant quand on n'est absolument pas doué de la capacité de broder, de parler pour ne rien dire, de tourner autour du pot aux roses.

    Alors que tout le monde me loue pour mon expertise, que certains me consultent pour ma sagesse (sic !), m'encensent pour mon savoir-faire, je reste dubitative. 

    Et là, ce matin, quelqu'un venu de nulle part, à qui je disais que "peut mieux faire" résumait toute ma vie, m'a dit: Si on peut mieux faire, c'est que c'est déjà bien.

    Mais pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?

  • Année Chutney

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    Dès janvier, j'ai su que cette épidémie chinoise allait nous apporter des ennuis. Je ne sais pas pourquoi. Je n'ai jamais pensé ça avec la grippe aviaire ou Ebola. Mais cette fois-ci oui. Mon anxiété était irrationnelle et très sincèrement j'avais déjà imaginé qu'on ne finirait pas l'année sans perdre quelqu'un. Et, knock on wood, tout le monde est encore à bord, personne n'a fini aux soins intensifs ni même à l'hôpital. Personne n'a perdu ni boulot, ni salaire. Nos mamans sont chez elles et pas en maison de retraite. Franchement, "on" veille sur nous de là-haut, si là-haut existe.

    Mais tout de même quelle année de m…. ! Le télétravail, c'est bien mais à la longue, le contact humain ça manque. C'est bien mais pas avec des petits enfants à gérer en même temps. C'est bien mais les yeux trinquent, le dos aussi.

    Et ne plus embrasser ceux qu'on aime depuis dix mois, c'est très mauvais pour le moral. Ne parlons même pas de ceux qu'on ne peut plus voir.

    Année au goût amer et aigre, donc.

    Mais aussi au goût doux et sucré. Deux bébés en 6 mois de temps. Un deuxième petit bonhomme chez Anaïs et une deuxième petite fille chez Maïté. Que du bonheur. Un mariage masqué mais heureux, même si ramené à sa plus simple expression. Des vacances ensemble, totalement inespérées, loin de tout, mais ensemble. Et puis, nous deux à Venise encore et toujours. On n'y croyait même pas.

    Une fin d'année tristounette avec un Noël au rabais et en catimini et un Nouvel An en tête à tête, bien agréable mais c'est bien parce que l'Homme a tout fait pour balayer la morosité ambiante. 

     

  • Vracs de décembre

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    Lundi: Scanner de l'abdomen cet après-midi. On m'injecte un produit de contraste. On fait l'examen. Puis on me laisse dix minutes patienter je ne sais quoi. Le technicien vient me voir et me dit qu'ils n'ont pas bien vu un truc dans la partie supérieure de l'abdomen et qu'il faut réinjecter et recommencer. J'appuie sur le bouton "alerte au cerveau". Quoi, un truc ? Un deux!ème larron s'approche comme un joyeux pinson "Ne vous inquiétez pas madame, petit problème technique". Euh t'es sûr ? Pas la peine de demander de toute façon, j'aurai pas une réponse satisfaisante. Résultat: je rentre avec une boule au ventre, de peur d'en avoir une.

    Mardi: Rendez-vous de routine chez la gynéco. Elle est dans le même circuit hospitalier que là où j'ai fait le scanner hier. Je fais l'innocente et je lui demande si elle a accès, par hasard, au protocole de l'examen. Bien sûr, je sais qu'elle l'a. Mais je sais aussi que ce n'est pas facile pour un médecin qui n'a pas fait la demande d'examen de refiler en douce au patient les infos. On pourrait penser qu'on est quand même en droit d'avoir accès à notre propre dossier médical, ce n'est pas si simple. Il faut accompagner le patient, non "instruit" au sens propre de la médecine, dans la compréhension des termes obscurs. Tout plutôt que de les voir filer sur Doctissimo. Je suis d'accord. Mais je suis aussi curieuse. Et inquiète. Mais parce qu'elle est sympa, la gynéco, elle regarde, me montre, préfère ne pas imprimer le protocole – pour des raisons écolos (mon oeil !) mais j'ai vu. Rien à signaler. C'est déjà ça. Ca n'explique pas les résultats sanguins perplexitants mais on écarte déjà un petit paquet de vilaines choses. Et par les temps qui courent, franchement, c'est déjà ca.

    Mercredi: Petite poupée dernière est venue prendre un biberon ici et c'est fou comme un bébé change en à peine 3 semaines de temps. Elle nous distingue à peine et pourtant son regard suit l'ombre et la voix, sa joue suit le doigt qui la caresse. Les bébés me fascinent.

    Jeudi: C'est quand même incroyable d'être encore aussi timide à 60 balais. Je m'en veux terriblement. Dans le bus tout à l'heure, quelqu'un demande son chemin à une jeune femme qui ne connaît pas l'adresse qu'il désigne. Moi, tout aussi curieuse que timide, j'ai entendu et je sais où il doit aller. Je sais aussi qu'il est dans le bon bus et à quel arrêt il doit descendre. Mais comme je ne voudrais pas qu'on croie que je suis une curieuse et que je me mêle de ce qui ne me regarde pas puisqu'on ne m'a rien demandé, je ne dis rien. Prête à dégainer et renseigner tout sourire si on me le demande. Mais rien ne vient. Pire, la jeune femme qui ne sait pas l'entraîne avec elle et sort du bus pour se renseigner à l'extérieur avant même que je n'ai réalisé. Je peux vraiment être nulle et asociale :-(.

    Vendredi: Ca y est, il est monté. Etonnemment, nous sommes le 12 décembre et le sapin est monté. Je crois bien que cela n'est plus arrivé depuis notre retour d'Italie. Je dois toujours batailler avec l"Homme pour qu'on l'installe. Et cette fois, bizarrement, alors que Noël s'annonce peu festif, le sapin lui est déjà là. On se console comme on peut.

    Samedi: Journée en cuisine parce que demain, on brave l'interdit. On rassemble les enfants, grands et petits pour fêter St Nicolas devant la cheminée et autour de la table. Et tant pis si les drônes nous prennent la température à distance. Soyons fous sinon on va devenir dingue. Nous sommes tous prudents, nos cercles sont limités au maximum, nous télétravaillons pour la plupart. Restent les écoles et les crèches et la faute à pas de chance. Mais notre santé psychologique rentre en jeu aussi. Même si je sais que je suis la dernière à plaindre. Mais quand même, quand on en arrive à ce que les voisins de Maman lui proposent de passer Noël avec elle, même si ça part de la meilleure intention du monde, y'a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce monde.

    Dimanche: Voilà, le grand Saint est passé avec retard pour les enfants, petits et grands. Et voir Jules et Sappho s'émerveiller sans oser toucher dans un premier temps, entendre Jules dire "Il a apporté une maison pour nous?" est le plus beau des cadeaux pour nous.

  • Lémoni

     

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    Bienvenue ma Lémoni chérie dans ce monde bizarre. Comme Samuel ton cousin, les premiers visages que tu n'auras heureusement que perçus plutôt que vus, auront été masqués. Si un jour ta maman te montre la première photo que ton papa aura faite de toi dans un câlin peau à peau avec elle, tu la verras avec le masque sur le menton. Drôle de barbichette pour un drôle de bal.

    Si on m'avait dit un jour que deux de mes petits-enfants verraient le jour en pleine pandémie, j'aurais été terrifiée. Et pourtant non, le bonheur de ces naissances reste intact. 

    Tu es belle comme un coeur et tu es encore plus zen que ta maman bébé. Elle-même a dû mal y croire, tant elle a vécu ces neuf mois en mode stress. Il faut croire que tu n'as rien d'une éponge. Ou que neuf mois passés en télétravail sont finalement bénéfiques si l'on exclut la période où il a fallu cumuler à la maison boulot-école-cantine-garderie et plus si affinités.

    Il faudra quand même qu'on te raconte, ma poupée jolie, que ta maman a dû partir à la maternité en pleine nuit et que bien entendu, Nonno et moi avons bravé le couvre-feu pour venir garder ta grande soeur. Et que bien entendu, la surréaliste maréchaussée bruxelloise n'a pas manqué de nous remarquer, nous les deux sexagénaires masqués seuls dans la ville. Et que bien entendu, elle n'a pas voulu accepter notre excuse on ne peut plus valable – mais peut-être pas prévue dans leur liste ad hoc – pour contrevenir à la règle. Dans un dernier sursaut de bon sens – ou peut-être l'information ayant enfin trouvé le neurone assoupi -, l'agent fatigué nous a accordé un laisser-passer jusqu'à ta future maison.

    Tu peux être sûre, ma Lémoni, que l'âge aidant, on te resservira l'histoire à chaque anniversaire, mais si jamais Alzheimer nous rattrape avant ou si, pire encore, tous les anniversaires à venir seront limités à deux participants maximum, il te restera ce billet pour te souvenir de l'anecdote.

  • Ups and downs

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    Encore un mois qui vient de s'écouler depuis mon retour à la maison. J'ai repris le télétravail à la maison. Les vacances de Toussaint en perspective et quelques sorties avec Jules et Sappho. Le musée du train et le musée des Sciences Naturelles. Et une petite après-midi d'Halloween. Que du bon. Oui mais….

    Samuel a été écarté de la crèche après une semaine parce qu'une des puéricultrices a été testée positive. Tout comme Jules avait arrêté l'école après moins de deux semaines en septembre, alors que la rentrée ne s'était déjà pas particulièrement bien passée. Quand on a un enfant un peu inquiet et qu'on ne peut même pas l'accompagner en classe le premier jour ever, c'est chaud boulettes quand même.

    Puis c'est nous deux qui avons été déclarés cas contact pour avoir cotoyé un ami positif. Quarantaine pour nous aussi. Et bien sûr, au deuxième jour de quarantaine, je développe quelques symptômes, principalement digestifs, un jour de fièvre et une grosse fatigue. Test négatif mais état pas très positif. Enfin Sappho est à son tour en quarantaine parce qu'en contact avec une institutrice positive. On n'en finit pas. On tourne en rond. 

    Entretemps, de toute façon, on est tous confinés, couvre-feu à 22 heures, magasins non essentiels fermés et les chiffres grimpent. 

    Donc exit les musées, les congés avec les enfants, on a fêté Halloween avec Jules et Sappho le 6 novembre. Et on a fait en sorte que ce soit bien quand même. 

    On transgresse un peu la règle de ne voir qu'une personne à la fois parce que sinon la morosité va tourner à la déprime totale. Et pour le reste, on fait attention à tout. On se lave les mains cent mille fois par jour, on sort masqué, en fait, en dehors de chez soi, on ne vit plus que masqué. On essaye de ne pas louper le créneau pour sortir les poubelles, pas avant 18 heures mais avant 22 heures. On se fait la couleur à la maison et j'ai encore coupé ma frange de travers.

    Et on attend la petite soeur de Sappho dans les jours qui viennent. Un deuxième bébé de confinement. 

    Dans six semaines, on fermera la porte sur cette année de m…. . Mais je crains qu'on ne soit pas encore au bout de nos peines.

     

  • Mamy sitting

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    Il y a trois ans, on ne lui en donnait plus que pour 3 mois. Ma belle-soeur l'a donc ramenée à la maison en organisant tous les soins nécessaires à sa fin de vie. Elle voulait qu'elle termine ses jours tranquillement chez elle. Mais c'était mal connaître sa warrior de mère, ma belle-mère. Bouchée après bouchée, elle a repris des kilos et des forces, pas après pas, elle a réappris à marcher, jour après jour, elle a retrouvé le sourire. Trois ans plus tard, elle est toujours là. De plus en plus sourde, la vue de plus en plus basse, mais toujours fringante et alerte.

    Bien qu'elle s'en réjouisse bien entendu, ma belle-soeur n'avait pas prévu ce rôle de proche aidant à temps plein depuis trois ans. Et donc, pour la deuxième fois, elle s'est offert deux petites semaines de vacances. J'ai donc pris mes quartiers chez ma belle-mère pour quinze jours. Cette année, le télétravail forcé a facilité grandement la logistique. Je n'ai pas dû faire d'allers-retours entre sa maison et le bureau, je suis restée là sans stress. L'homme s'est chargé du ravitaillement et je suis rentrée rapidement chez moi deux trois fois, le temps de me refaire une valise. Et pour le reste, ….. je n'ai pas fait grand chose à part travailler, réchauffer des plats surgelés, lessiver et repasser. Et administrer les médicaments sous haute surveillance (elle sait exactement ce qu'elle prend et à quelle heure – une seule fois, je me suis trompée et elle m'a rappelée à l'ordre).  A 20h au plus tard, elle dormait déjà et à 20h30 ….. moi aussi. Heureusement d'ailleurs, parce qu'en pleine nuit, elle se réveille et rallume la télé pour s'occuper mais au volume maximal évidemment. Et à chaque fois, j'ai mis un temps fou à me rendormir. 

    Ces quinze jours avec elle n'ont vraiment pas été désagréables, elle est attachante et franchement pas compliquée. 

    Mais l'Homme m'a manqué, ma maison m'a manqué et c'était un peu la fête de rentrer chez moi. 

    Ma belle-soeur, elle, a bien profité de ses quinze jours et m'a illico demandé si elle pouvait déjà réserver pour l'année prochaine. 

     

  • Mariage masqué, mariage remarqué

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    Ils devaient se marier alla grande en septembre. Ils ont vraiment attendu la dernière minute pour annuler. Mais ils ont voulu malgré tout garder le mariage civil, histoire d'officialiser cette belle histoire d'amour en attendant des jours meilleurs pour célébrer fastement. 

    Mais mariage civil en petit comité ou pas, c'est toujours bal masqué. Seuls les mariés ont eu le droit de tomber le masque le temps de dire oui, histoire que ce soit bien audible et clair pour tout le monde qu'ils n'étaient pas là en train de tergiverser.

    A la sortie de l'hôtel de ville de la plus belle place du monde, à défaut de champagne et petits fours, ce fut masques et parapluies. Ils auront eu droit au "mariage pluvieux, mariage heureux". Et moi, j'ajoute "mariage masqué, mariage remarqué" parce qu'une mariée aussi incroyablement jolie et un marié aussi élégant, on ne pouvait pas ne pas les remarquer. 

    Je leur souhaite tout le bonheur du monde mais aussi une très belle cérémonie à sourire découvert l'année prochaine. 

     

     

  • Amour à Venise

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    C'était prévu en mars. Annulé pour cause de pandémie. On a pris le risque de reporter fin septembre après le mariage de Q et K. 

    Le mariage, lui a été annulé. Reporté en septembre 2021. 

    Mais nos dix jours rien qu'à deux ont été maintenus. Et nous ont fait un bien fou. Pas d'horaires. Pas de contraintes. Se lever quand le corps nous en dit. Retrouver nos restaurants favoris où non seulement on nous dit à nouveau Bentornati mais où on nous dit maintenant A l'anno prossimo. Ils ont compris que nous étions des inconditionnels et que même ce satané Corona ne nous a pas empêchés de nous rendre à notre rendez-vous annuel. 

    Deux jours de soleil où nous avons lézardé-bouquiné sur notre terrasse-toit (ma conception des vacances parfaites – du soleil et 3 ou 4 bouquins en même temps); deux jours de pluie désagréable et donc orgie de musées – deux expos photos, l'une émouvante de Henri Cartier-Bresson, l'autre fantasque et joyeuse de Lartigue, une expo présentant une soixantaine d"oeuvres en tous genres que j'ai vraiment peu appréciée et notre première visite au musée Guggenheim que par contre j'ai adorée. 

    Quelques jours de grisaille ensoleillée, de déambulation dans cette ville adorée, allégée de son tourisme de masse, le nez en l'air, sans guide dans les mains, luxe suprême. 

    Et olive sur le Spritz, un homme détendu, sérénissime, joyeux, heureux. Et ça aussi, ça n'a pas de prix.