Catégorie : Petites douceurs

  • Juste être là

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    "On est bien parce qu’on est là. On est bien parce qu’on n’est nulle part mieux que là où on est. Habitant ce corps-là, tranquillement posté à la frontière entre ce qui est soi et ce qui n’est pas soi, entre le dehors et le dedans, et se sentant vivre. Pas faire quelque chose : seulement vivre. Ca n’a rien d’extraordinaire, c’est le contraire : l’ordinaire même." Emmanuel Carrère – Yoga

     

    Cela peut paraître un peu surfait de dire ces choses là mais j'ai tellement peu l'habitude de vivre le moment présent que cela valait la peine de le souligner. Après l'épisode un peu difficile qui a précédé notre départ, arriver ici a été un pur bonheur. Ici j'arrive à ne (presque) plus penser qu'en termes d'"ici et maintenant" et à mettre ma to do list au frigo. Je vis au jour le jour sans autre préoccupation que de savoir ce qu'on va faire au cours des prochaines heures. Lézarder au soleil avec un bon bouquin, visiter un musée, programmer un resto, flâner au hasard dans Venise, …..

    Et puis fêter ces 40 années de bonheur à deux, dans cette lagune qui nous va si bien, dans ce restaurant où on est accueilli comme des amis, sur cette île, berceau de Venise, si petite qu'elle ne compte plus que 10 habitants et où j'ai eu la prétention d'écrire à l'un deux qui vend sa maison qui aurait pu nous accueillir avec toute la tribu de temps en temps mais qui n'entre malheureusement pas dans notre budget. 

    Je m'étais jurée qu'une fois à la retraite, je pourrais enfin trouver le temps d'écumer toutes les expos de Bruxelles et c'est complètement raté. Si j'arrive à en voir une ou deux sur l'année, c'est beaucoup. Par contre, ici, on profite du fait de ne pas avoir dix mille choses à faire pour passer la porte de quelques musées pour mon grand plaisir. Encore que, cette année, la pioche n'a pas été extraordinaire. Mais j'en retire malgré tout toujours quelque chose.

    Ici, on passe 24 heures sur 24 ensemble et tout est fluide comme un vaporetto qui glisse sur le grand canal. Jamais un mot plus haut que l'autre, des attentions permanentes l'un pour l'autre, un immense plaisir partagé à table, un même rythme, une même harmonie.

    A défaut de pouvoir vivre ici, on veut y revenir autant de fois qu'on le pourra encore. 

     

     

     

  • Rockin’ around the Christmas tree

     

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    Celle qu'on croyait indétrônable a pourtant dû laisser sa place à une chanson aussi vieille que moi et All I wanted for Christmas is cette année Rockin' Around the Christmas tree. 

    Ce fut à nouveau un Noël joyeux, tout le monde était de bonne humeur, les enfants étaient exemplaires, le repas était délicieux, les cadeaux merveilleux. Mamy L. a tenu le coup jusqu'à minuit et a pu profiter des desserts cette année. Jules était très fier de la salade de fruits "trop piquants" qu'il avait préparés avec Thierry et de la divine mousse au chocolat au thé matcha préparée avec sa maman. Lémoni était la princesse de la fête dans sa robe et sa cape à paillettes. Maoh est resté vaillant et sage jusqu'à une heure du matin.

    Et pour la première fois depuis bien bien longtemps, on a passé des morceaux indélébiles tels Céline Dion ou Mort Schuman et Cécile, Maïté et Anaïs se sont levées comme une seule femme pour reprendre les morceaux en choeur. Ce n'était pas du goût de tout le monde, morceaux non pas indélébiles mais débiles, trop de bruit, sourires coincés, etc…. et moi qui aurais bien voulu me joindre à la bande de chanteuses joyeuses, j'ai affiché le même sourire coincé et essayé de calmer les ardeurs auxquelles je voulais participer. All I wanted for Christmas was Rockin' Around the Christmas tree. Mais mon côté "tout le monde doit être content" me bride. Des épisodes comme celui-là, j'en ai plein ma hotte. Et j'en ai plein les bottes de mon moi-même.

    L'année prochaine, promis juré, I will let it go, let it go, let it go….

     

  • La reprise en octobre

     

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    Lundi: Après avoir passé une nuit à l'hôtel "Swiss Sis", toujours aussi bien tenu, on a repris la route. Dernière ligne droite avant la fin de ces merveilleuses vacances et une rentrée sur les chapeaux de roue. Le fait de faire tout ce trajet en voiture a un effet quelque peu thérapeutique. On métabolise tout le bonheur engrangé et on prend des forces mentales pour les semaines chargées à venir. Au fil de la remontée vers le nord, le paysage change graduellement, le temps aussi – bien que quelque peu cette fois -, et on enfile mentalement nos tenues de parents, grands-parents, enfants, amis, gestionnaires de 1001 détails. Sur la route, Maïté nous invite à venir manger chez eux et nous acceptons, contents de les revoir eux et les filles. 

    Mardi: Prise de sang à la première heure. Retour à la maison pour un petit café et je prends mon courage à deux mains pour rejoindre mon coach de fils à la salle de sport. Je lui ai promis qu'au retour de vacances, je me reprendrais moi aussi en main. A ma grande surprise, je ne suis pas aussi découragée que je ne le craignais et je me surprends même à aimer courir sur un tapis qui ne mène nulle part. L'Homme vient me chercher et on file remplir le frigo avant mon rendez-vous chez la kiné pour une nouvelle série de séances de mobilisation du doigt. Et on finit la journée par un concert du dernier survivant du Buenavista Social Club, Eliades Ochoa. Pur plaisir.  Si ça, c'est pas une reprise d'enfer…..

    Mercredi: Katia venait à la maison pour la séance mensuelle de manucure pédicure. On devait être trois, l'Homme, Maïté et moi. On s'est retrouvés à 11. Quentin, Kerya et Maoh ont débarqué dès le  matin. Quentin est allé chercher Jules et Sam à l'école parce que les grands-parents bis étaient partis plus tôt que prévu en vacances. Du coup Sappho nous a rejoints après la piscine. Et comme Amalia avait de la température, Anaïs est venue avec elle dès le matin, rejoindre la troupe des télétravailleuses aux mains et pieds soignés. Swiss Sis avait débarqué le matin même à Bruxelles pour une formation de trois jours et je lui avais proposé de passer à la maison entre la fin de la formation et le dîner organisé à deux pas de chez nous. Elle pensait se poser dans un endroit un peu calme, c'était pas tout à fait ce qu'elle avait imaginé mais en même temps, voir le temps d'une petite heure cette petite troupe remuante ne devrait pas lui avoir déplu.

    Jeudi: Nouvelles séances avec Quentin et avec la kiné. Journée plus calme en apparence. J'en profite pour repasser la montagne de linge post-vacances. 

    Vendredi: C'est au tour de ma belle-soeur de partir en vacances. L'Homme la conduit elle, le chien et des bagages pour 3 mois à la mer. Il s'occupera de sa maman pendant les deux semaines qui viennent. Matin, midi et soir. Mais c'est moi qui, après les rendez-vous esthéticienne et coiffeur (faut ce qu'il faut), ouvre le feu ce soir puisqu'il ne sera pas de retour. Je reste auprès d'elle une petite heure puis rejoint maman, Swiss Sis et Sis'Cile pour un repas un peu festif avant le retour de Swiss Sis vers son Vaud et son mari.

    Samedi: Quentin, Kerya et Maoh ont fait quelques courses en ville et sont venus déjeuner. Plus tard dans l'après-midi, Maïté et JD sont passés avec les filles. Ces moments que j'aime. Le soir, l'Homme a ramenés les premiers avant de filer chez sa maman et moi je suis partie retrouver la mienne pour un concert de musique baroque.

    Dimanche: J'ai accompagné l'Homme pour le petit déjeuner de sa maman, puis nous avons été prendre un cappuccino chez J et S avant de rejoindre tout le clan chez Anaïs et Simon qui nous invitaient pour un brunch. Rien que du bonheur. Quentin a remplacé son père chez Mamy le midi, histoire de le laisser souffler un peu. 

    Et voilà comment cette première semaine a filé. Dans un tourbillon dont, pour rien au monde, je ne me plaindrais.

     

  • Veni etiam

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    Mais que j'aime cette ville. Je ne l'ai pas encore quittée que je pense déjà à organiser nos retrouvailles. Veni etiam, viens encore. Il ne faudra pas me le répéter deux fois. Je reviens dès que je peux. A chaque séjour, je suis un peu plus amoureuse. De l'eau, de la lagune, du soleil qui scintille sur l'eau, des ponts, des ruelles sombres, des campi déserts puis résonnant de cris d'enfants, du va et vient des vaporetti, du bruit qu'ils font quand ils freinent et accostent, des petites vieilles et leurs caddies, ….

    On a retrouvé nos restaurants favoris, on a pris le temps de faire deux-trois expos, on a marché, marché, marché, on a découvert une nouvelle île, San Servolo, si sereine, on s'est reposés sur notre altana, on a lu, on a ri, on a aimé chaque instant. 

    J'ai enfin fait découvrir à l'Homme le musée Fortuny, dans sa maison, le Palazzo Pesaro degli Orfei, transformé en atelier par Mariano Fortuny et sa femme Henriette, lui Espagnol, elle Française et eux deux amoureux de Venise.  Fortuny se consacrait aux nombreuses disciplines qui le passionnaient: de la photographie à la peinture, en passant par l’éclairage théâtral et domestique et le couple fabriquait à la main des tissus et des vêtements et c'est surtout cette activité là qui est passée à la postérité. 

    Comme il pleuvait, on s'est engouffré dans un second musée présentant une expo sur 70 ans de photographies de Vogue de 1910 à 1980. Une sorte de chronorama qui traverse presque tout un siècle par le biais de près de 400 photos connues, moins connues ou totalement inédites. Impressionnant.

    Quelques jours plus tard, j'ai voulu voir une expo de photographies prises par Nikos Aliagas, "Regards Vénitiens" que je n'ai pas aimée mais qui nous a permis de découvrir dans le même bâtiment une autre exposition sur le Marco Polo de l'Inde, Nicolo Manucci. Et là j'ai adoré. Comme quoi, ne jamais hésiter, une expo peut en cacher une autre.
     
    A part ça, on a dormi comme des marmottes, il a préparé des petits déjeuners succulents, on a pris son temps pour tout, on a mangé des glaces chaque jour, la dernière à la truffe blanche, à tomber, on a regardé des films bêtes et moins bêtes, on a regardé la lune grossir jour après jour au-dessus du canal, enfin bref, deux semaines idylliques. 

     

  • Michèle

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    On ne choisit pas sa marraine. Ce sont les parents qui choisissent, pas toujours avec bonheur mais c’est comme ça. Moi c’est sûr j’ai tiré le gros lot. Dix ans entre toi et moi. Tu aurais donc pu être ma grande soeur. Et quelle grande soeur tu as été. 

     Le plus ancien souvenir que j’ai de mon enfance, c’est cette comptine « je fais le tour du jardin, je tire la sonnette, toc toc qui est là, etc…. », cette comptine que tu me chantais dans le lit, visage contre visage et on riait aux éclats. J’avais 4 ans, tu en avais 14. Mon grand père, ton père, tonnait « vous devez dormir maintenant ! ». Et on riait de plus belle. 

    Mon tout premier film au cinéma, c’est toi, mon premier réveillon de Nouvel An hors de la maison, c’est toi, mes premiers babysittings ce sont tes enfants. 

    Et quelques mémorables fous rires aux larmes. Parce que rire, tu le faisais vraiment bien. J’ai toujours adoré ton rire, et je suis sûre que je ne suis pas la seule ici. 

    Dans le rayon des douceurs, il y a les Bêtises de cambrai, les Calissons d’Aix en Provence, les Baisers de Malmedy. Et puis il y a les Galettes de Michèle. 

    Une institution dans toute la famille. Même mes propres petits-enfants adorent les galettes de Michèle. Tu en faisais des quantités énormes. Et à elles seules, ces galettes symbolisaient toute ta générosité.

    Toute ta vie, tu auras donné sans compter. Au risque de perdre. Mais peu importe, ta générosité a été sans limites.

    Ta vie n’a pas vraiment été un long fleuve tranquille mais ce dont je suis sûre, c’est que ces trente dernières années avec Paul ont été infiniment heureuses. Et je lui suis tellement reconnaissante du bonheur qu’il t’a apporté.

    Cette dernière semaine, après t’avoir dit au revoir, je suis partie quelques jours retrouver des amies et me promener en montagne avec Claude. J’ai pensé à vous et à cette après-midi, à l’hôpital, où Paul t’a rappelé tous les endroits où vous étiez partis en vacances avec la caravane, libres comme l’air et heureux d’être ensemble et en vacances. Tu souriais. Et je me suis jurée de profiter de chaque instant. C’est en quelque sorte le testament que tu nous laisses, involontairement mais sûrement. 

    Un des derniers messages que tu m’as écrit disait « je suis toujours heureuse d’être ta marraine » . Je te retourne le compliment. Et nous sommes nombreux à penser ainsi: nous avons été heureux de te connaitre et nous ne sommes pas prêts de t’oublier.

     

  • Italie 2023 – acte 2

     

     

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    J'ai longtemps hésité. Je ne savais plus si je voulais rester ou partir. Je suis allée la voir le mercredi et je savais en partant que je lui disais au revoir pour la dernière fois. Elle était si faible mais en même temps toujours si présente. Mais je suis partie le lendemain à nouveau pour l'Italie. J'ai pleuré une bonne partie du trajet. Nous avons fait étape à Pontarlier et fatiguée d'avoir pleuré, je suis allée dormir tôt. Sis'Cile a appelé vers 23 heures, je dormais et n'ai pas entendu. Evidemment, je me suis réveillée comme souvent à 1 heure du matin et j'ai vu le message. Elle était partie. Je n'ai pas réveillé l'Homme, cela ne servait à rien. Il y avait des lits pour enfants dans la chambre d'hôte, je m'y suis réfugiée pour pleurer en silence.

    Le lendemain, nous traversions les Alpes. J'étais plus sereine, je savais qu'elle ne souffrait plus. Mais j'étais triste, tellement. J'ai installé l'Homme dans un magnifique refuge de montagne et il m'a amenée à Turin retrouver mes sorcières bien-aimées. Elles m'ont portée tout le weekend et j'ai pu sourire et rire malgré tout. On s'est promenées dans les Langhe, à Alba, à Monforte. On a découvert une église sur une place tout en haut du village. C'était juste magique. Un haut parleur diffusait de la musique de jazz, de blues, de reggae. Un instant, il a passé "Every little thing gonna be all right" de Bob Marley. On a pris une video selfie de nous en train de chanter sur la musique. On chantait faux, on riait mais c'était tellement bien. On s'est passé et repassé la video et on se l'est partagée. Elle restera mythique et quand l'une ou l'autre flanchera, on se l'enverra. 

    Après un weekend d'amitié éternelle, j'ai rejoint l'Homme dans son refuge et on s'est promené en montagne pendant deux jours sous la neige; on a rencontré des bouquetins, des chamois, des marmottes à une distance inimaginable, on aurait presque pu prendre les marmottes dans nos bras et toucher les cornes des bouquetins. C'était fou. Et si on a rencontré dix personnes sur ces deux jours, c'est beaucoup. Un moment hors du temps.

    On est rentrés trois jours plus tôt pour les funérailles mais pendant ces quelques jours en Italie, j'ai fait ce qu'elle m'aurait dit de faire: profiter de chaque instant. 

     

  • Weekend festif

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    Weekend festif veut dire plein d'étoiles dans la tête mais gros désir de couette le dimanche soir. 

    Vendredi soir: soirée Maxime Le Forestier chante Brassens. Deux heures exquises. A vrai dire, j'aime Le Forestier mais j'aime encore plus Brassens. Quelques chansons très connues, d'autres moins grand public mais à notre répertoire malgré tout et quelques pépites découvertes. Pur bonheur.

    Samedi: Visite guidée de l'Aegidium, une salle de fêtes, cinéma, salle de bal, des années 20, rachetée par l'Eglise en 1950 et complètement laissée à l'abandon à partir des années 70. L'ensemble est dans un état de délabrement avancé mais avec un peu d'imagination, on peut y retrouver la beauté du lieu d'il y a 100 ans et pour nous, raviver les souvenirs des années 78 à 82 où il était encore possible d'y organiser des soirées estudiantines malgré l'abandon du lieu. Parmi la quinzaine d'amateurs de ce type de visite, on devait être les seuls à avoir des étoiles dans les yeux, et pas seulement à l'idée des 5000 ampoules électriques que comptait ce palace à sa création.

    On a ensuite récupéré les deux princesses pour l'après-midi et la soirée. Tout s'est passé comme sur des roulettes à l'exception de la nuit. Pour la première fois depuis longtemps, elles ont très mal dormi. Les premiers beaux jours ont fait leur apparition et tout le monde était de sortie en ville. Et je peste tout le choléra du monde sur cette engeance de piétonnier qui nous rend déjà la vie si difficile au quotidien diurne. La nuit, ce n'est que cris avinés, gloussements de poules idiotes, chants criards et faux par dessus le marché, braillements et beuglements, sirènes et alarmes. Dès que le temps s'adoucit, du jeudi au samedi, c'est toujours le même cirque. Et je regrette amèrement le temps où le seul ronron des voitures nous berçait. L'une est restée éveillée de 1 à 2 heures du mat', l'autre, la plus exigeante en heures de sommeil, de 1 à 3 heures. Et moi probablement encore une heure d'insomnie de plus après avoir enfin réussi à fermer ses jolis yeux.

    Dimanche: Alors, oui, préparer un repas pour 13 le lendemain c'est un peu rock'n roll. Heureusement, ils sont arrivés un peu plus tôt et m'ont aidée à finir tout ce qu'il fallait pour fêter dignement l'anniversaire d'Anaïs. Mais forcément, le soir, on s'écroule comme deux vieux chevaux. Et j'ai à nouveau la sensation de ne pas en avoir profité assez, malgré tous les câlins reçus. Mention spéciale pour Sam Sam, venu me chercher dans la cuisine par sa petite main "Viens Bonnie, c'est l'heure du petit 'apéro…". Bien sûr, je ne savais pas qu'on lui avait demandé de ne pas toucher aux petits toasts avant que tout le monde soit là et que je manquais dans le tableau. Ça remet un peu sa sollicitude en perspective mais je préfère y croire….. 🙂

  • Linda

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    crédit photo: www.nonos.com

    J'ai rencontré Linda à Venise. Dans un jardin où des artistes de tous horizons exposaient des sculptures ou des installations. J'en ai aimées beaucoup, d'autres moins. Mais devant Linda, j'ai eu un coup de foudre. Preuve en est que depuis quinze jours, je pense à elle tous les jours. 

    Elle est sensée incarner la sensualité, la féminité et la joie de vivre à l'état pur. C'est ce que j'ai ressenti tout de suite en la voyant. C'était aussi parfaitement raccord avec mes états d'âme, là, à Venise. Tellement heureuse d'être là, de vivre pleinement tous mes sens (plaisir des yeux partout, pas de voitures, pas de vélos, pas de trottinette, rien que le bruit de l'eau, de la langue italienne, des mouettes dans les oreilles, la chaleur du soleil ou la brise marine sur la peau, plaisirs de palais et parfums subtils chaque jour aussi). On me demande souvent ce que je peux trouver à Venise pour y retourner si souvent. Et bien tout est là, dans ce qui précède. Et Linda symbolise tout ça.

    Elle me montre aussi la voie de ce que je veux vivre chaque jour de ce qu'il me reste à vivre. Elle devient un peu mon phare dans cette nouvelle vie qui s"ouvre bientôt à moi.

    Et puis, et ça ça vaut tout l'or du monde, elle me rappelle quatre petits lutins qui scandaient derrière moi en Normandie: "La patate, la patate, la patate et l'apéro, yeah !". Je ne sais pas d'où c'est venu, j'ai inventé cette marche à quatorze temps qui se terminait les bras en l'air comme Linda, pour patienter avant l'apéro. Ça ne voulait rien dire mais ça nous rendait joyeux. 

     

  • Un vrai chaudron de sorcières

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    Et voilà, après deux ans d'abstinence où on s'est demandées si on allait encore un jour enfourcher son balai et traverser les frontières pour se retrouver, on a enfin repris confiance. 

    La sorcière qui tient château avait une nouvelle chambre d'hôtes, d'un nouveau genre, plus orienté vers une clientèle jeune: une chambre un peu en hauteur, à l'orée du bois, creusée dans une caverne, avec sur la terrasse, un bain nordique chauffé à 39 degrés, de quoi contempler le coucher du soleil, puis la lune et les étoiles, bien emmitouflés dans une eau délicieusement chaude. 

    Vous avez dit "jeune" ? orée du bois ? caverne ? chaudron bouillonnant ? Mais mesdames, cette attraction est pour nous ! Bon, elle nous avait déjà invitées il y a 5 ans mais cette fois, c'est plutôt nous qui nous sommes invitées chez elle. Pour elle, le dépaysement est quand même moins grand. Mais elle nous a gentiment acceptées encore cette fois.

    Faire le sabbat dans un chaudron c'est pas mal non plus. Mais seules les trois plus jeunes se sont mouillées. Moi, fraîchement charcutée par la dermato, je suis restée prudemment en dehors du bouillon mais je n'étais ni en reste de champagne que je servais à ces dames ni en reste de langue de sorcière bien pendue, de celles qui se délient dès les retrouvailles et ne s'arrêtent qu'au moment de se quitter. Cela m'a toujours fascinée combien avec ces bien-aimées là, il n'y a pas le moindre temps mort, aucun creux, c'est une logorrhée joyeuse, sincère, réconfortante, drôle, solidaire, philosophique parfois, si si. 

    On s'aime beaucoup individuellement, on s'aime énormément ensemble. 

    Et bien sûr, l'absente n'a pas manqué de se manifester en toute discrétion: quand la mise au bouillon a commencé entre chien et loup, une chouette a hululé par deux fois dans le bois. Puis fini. La coquine.

  • Une pincée de printemps

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    On le sent, il arrive. Mais le froid pique bien.  N'empêche, ce ciel bleu bleu panse un peu les coeurs chamboulés.

    On a pris l'air à la maison-jardin mais il fallait vraiment bien s'emmitoufler. Quelques enfants et chicoufs nous ont rejoints le dimanche en un petit aller-retour avant-coureur. 

    Au bureau aussi, il souffle un petit air de printemps, on nous force maintenant à retourner au moins deux jours par semaine. Au début, c'est un peu dur de sortir le bout du nez de son hibernation mais une fois sur place, il y a quelque chose de frais dans toutes ces retrouvailles. On dirait de jeunes oiseaux qui se déplient et battent des ailes et pépient avec une joie timide mais non feinte. Je crois qu'on est contents de se retrouver. 

    Ceci dit, hier soir, un collègue fêtait son anniversaire et son départ à la retraite et nous a réunis autour d'un verre et des discours et tous ces anciens combattants qui ne s'étaient plus vus depuis mille ans n'ont pas résisté aux grandes embrassades et je suis partie beaucoup trop tôt, tant la crainte de la contagion m'a gâchée la soirée. Je n'étais pas la dernière à résister aux accolades et passé le moment d'euphorie, je m'en suis mordue le masque.

    Le printemps arrive mais il fait encore très nuageux sur bien des régions où les bombardements laissent une poussière grise terriblement envahissante. 

    Et ce soir, j'ai fait le plein de rires avec 3 amies d'univ, qui n'ont pas vraiment changé; nos vies ont pris des chemins différents et pendant longtemps on ne s'est plus vues. Mais l'amitié n'a pas faibli et nos rires n'ont pas vraiment changé eux non plus depuis 40 ans.