Catégorie : Petites douceurs

  • Venise, Bâle, les pioux et back to business

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    Elle nous avait dit "Prenez des pulls, on ne dépasse pas les 17 degrés à Venise pour le moment". Elle, c'est Elodie, celle qui nous loue depuis tant d'années son flat mansardé à Murano. C'était sans compter sans ma chance habituelle que j'emmène partout avec moi. Il a fait super beau. Ni trop ni trop peu. De quoi s'allonger en terrasse avec quelques bouquins pendant quelques jours et d'alterner avec des promenades dans Venise, quelques expos et quelques bonnes tables. Tout ce qu'on aime. 

    Venise, c'est vraiment un moment de déconnexion totale. Pas de voitures, pas de vélos, pas de trottinette au-delà de 8 ans. Juste des piétons. Et quand on évite les gros flux touristiques, on peut se promener sans stress. En général, on ne s'en rend vraiment compte que quand on revient à Bruxelles. Pas d'horaires non plus. Sauf, à la limite, quand on a réservé une table. Pour le reste, on fait comme on veut quand on veut. Et savoir qu'on y retourne en septembre est un luxe incroyable. Je suis tellement reconnaissante de vivre ces moments-là.

    Début mai, on a repris la route pour s'arrêter à Bâle où Swiss Sis et Swiss Beauf (au sens littéral s'entend) nous attendaient pour fêter les 60 ans de ce dernier dans un restaurant gastronomique. L'Homme qui a toujours ses petits préjugés pas très malins (resto en Suisse allemande, je me méfie, etc…) a dû revoir sa copie. C'était juste incroyable. Une cuisine fine, inventive, explosive en saveurs, trois étoiles depuis 10 ans, c'est assez inhabituel. Et une petite journée à Bâle qui valait le détour. C'est une ville charmante où il fait joliment vivre. 

    Ensuite on est rentrés à la maison vider les valises et en refaire d'autres pour emmener trois pioux à la maison-jardin pour la deuxième semaine de vacances scolaires. On a largement perdu 10 à 12 degrés mais on a quand même réussi à jouer un peu dans le jardin. Pour le reste, on a réalisé quelques bricolages, joué à des jeux de société, joué tout court. Sappho a essayé mes vieilles échasses mais après quelques tentatives couronnées de succès, les échasses se sont effondrées, le temps et la vermoulure ayant eu raison de leur solidité. Maoh a voulu jouer à un jeu où on doit courir, se toucher puis essayer de "délibérer" les autres. Lémoni a appris à boutonner son pyjama sans trop rechigner mais coince encore sur l'enfilage des chaussettes.

    On les a ramenés le vendredi soir à leurs parents. Le samedi, on a fêté l'anniversaire de Simon autour d'un verre dans leur toute nouvelle maison et leur chouette jardin. Puis on est repartis tous les deux passer une journée tout seuls dans la maison-jardin. Et le vide d'enfants m'a repris à la gorge. J'ai réussi à ne pas pleurer cette fois mais c'est fou comme après avoir passé du temps avec eux, ils me manquent instantanément. Heureusement que je vis avec un homme extraordinaire et avec qui j'aime passer du temps seuls à seuls , sinon je lui en voudrais d'être là et pas eux. 

    Nous voilà back to business: continuer les travaux de la cuisine, retourner à la salle de sport et au yoga, vider l'appartement de belle-maman, finaliser la succession, fêter les 130 ans de mon ancienne école et sans doute retrouver des visages d'enfance, des parfums, des souvenirs.

    La suite au prochain numéro 🙂

  • 2024

     

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    Démarrer l'année en prenant un vol pour l'autre bout du monde, il y a pire. Cela faisait plus de 10 ans que nous n'avions plus pris un long courrier ni fait un long voyage. Et quel voyage ! J'avais déjà été séduite par la Nouvelle Zélande et le Pérou mais je m'y attendais. L'Inde, ce fut la surprise ! Jamais je n'aurais imaginé que ce pays me marquerait autant. Je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner.

    Le temps d'atterrir et de se poser, nous voilà éblouis par l'arrivée de la septième merveille du monde, la princesse Oona. Belle comme un coeur, elle vient compléter l'équipe qui grandit aussi, chacun à sa manière. Sappho perd sa première dent et Amalia fait ses premiers pas.

    Deux séjours au printemps et à la fin de l'été dans notre Sérénissime adorée dont un a bien failli tomber dans la lagune quand l'Homme m'a fait un choc anaphylactique (et même un choc tout court) le matin du départ. Réaction violente à la pénicilline qu'il avait pourtant l"habitude de prendre. Il aura fallu toutefois plus de 9 mois pour confirmer cette hypothèse. 

    Une semaine en Ombrie et deux-trois jours à Pantelleria où le meilleur du séjour aura été à chaque fois la rencontre avec d'autres amis des amis qui sont tous autant qu'ils sont de belles personnes avec qui on peut échanger vraiment.

    Trois semaines de pioux à géométrie variable à la campagne et deux semaines en Algarve, invités par Anaïs et Simon, avec tous les pioux. Rien que du bonheur. Et pendant notre séjour en Algarve, ce concert tellement improbable de ce bon vieux Tom Jones qui m'a ensorcelée comme à mes 15 ans. 

    Un séjour à Disneyland Paris, prévu pour 2025, mais quand on aime à ce point, on ne compte plus et au diable les varices !

    Un weekend en Ardennes avec toute la tribu pour fêter nos 40 ans de mariage. Un puzzle de mille petits morceaux de nous, un pestacle sur notre histoire et une video reprenant des petits et grands bouts de films HI8 de notre mariage et de notre vie de jeune parents. J'ai dit qu'après ce weekend, je pouvais mourir. Réflexion faite, je ne suis pas si pressée.

    Et terminer l'année sur un anniversaire incroyable, celui de la Fondation où j'ai travaillé pendant 5 ans à Turin. Retrouver tous les anciens avec une émotion non simulée pour la plupart d'entre nous et une joie tellement vraie.

    Tout cela a l'air – et est – idyllique. Mais bien sûr, il y a eu la vente de l'appartement qui nous a vu vivre nos dix premières années de vie commune à deux, puis à trois, quatre et cinq. J'en ai versé des torrents de larmes. Bien sûr, il y a eu l'abattage du noyer qui a vu naître mon papa, jouer mes soeurs et moi, nos enfants et nos petits enfants. Et ce n'est passé sans mal. Et bien sûr, il y a tous ces problèmes de santé qui me minent le moral, les problèmes mécaniques, de genoux, de hanche, de dos qui me font enrager et ces soucis de défense immunitaire très déficiente qui me rendent très suspicieuse au moindre éternuement et à la moindre toux d'autrui. Mais il y a pire et je pense que je peux m'estimer heureuse qu'après tout "ce n'est que çà".

    Au final, une année merveilleuse sur le plan personnel et je mesure ma chance quand je vois tous ceux dont la vie est ruinée par la folie de certains débiles mentaux. 

     

  • Les menus détails

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    Hier j'ai passé la journée seule. L'Homme devait s'absenter et j'en ai profité pour réduire un chouïa la to do list. Et quand je suis seule, je suis forcément moins distraite par tout ce que j'ai à raconter à l'Homme ou par tout ce qu'il me raconte lui et je suis beaucoup plus attentive et réceptive aux menus détails .

    Les petits riens qu'on ne remarque pas forcément mais qui changent tout. 

    Je suis allée chez le notaire porter nos testaments respectifs. On a voulu que le bien qui constituera le domicile conjugal au moment où l'un de nous tirera sa révérence revienne entièrement à l'autre. Pour cela, il fallait consigner cette volonté dans un testament. Il fallait aussi que celui-ci soit manuscrit et la veille, nous nous sommes prêtés tous les deux à l'exercice. Bien sûr, j'ai écrit le texte d'un seul jet et de ma belle écriture légendaire. L'Homme a dû s'y reprendre à plusieurs reprises et a chiffonné un certain nombre de débuts de copie en bougonnant haut et fort, pour une fois que je suis meilleure que lui. Lorsque j'ai déposé l'enveloppe ouverte avec nos deux copies au secrétariat du notaire, la gentille dame à l'accueil a jeté un oeil à l'intérieur de l'enveloppe et n'a pu s'empêcher de s'exclamer : "Oh quelle belle écriture !" et moi je n'ai pas pu réprimer un sourire de fierté et un petit "C'est la mienne !" de première de classe.

    Je suis allée à l'hôpital prendre rendez-vous pour une radio de mon dos et un scanner de ma hanche. L'orthopédiste est vraiment perplexe sur mes douleurs et ne comprend pas bien ce que j'ai. Ce qui bien sûr ne me rassure pas vraiment. J'ai patienté un petit quart d'heure que ce soit mon tour et j'avais en ligne de mire un gars qui accueillait les patients venus pour une IRM ou un PET-scan. Il avait un don inné pour les mettre à l'aise, demandait systématiquement s'ils étaient bien à jeun – ce qui n'était pas requis – et devant leur air ébahi et interrogateur, il les rassurait tout de suite en leur disant que c'était une blague. Les patients se détendaient illico et il enchainait en parlant de tout et de rien, du petit fromager ou du magnifique parc qu'il connaissait près de chez eux à la lecture de leur adresse. Et je me suis dit que ce type était vraiment cool et que tous ceux qui accueillaient les gens un peu stressés devraient en prendre de la graine.

    Je suis allée chercher deux poulets pour le weekend et la petite marchande de volailles était tellement chou. Elle a pesé les deux poulets et ils pesaient exactement le même poids à un gramme près. Elle a dit "je pense que ce sont des jumeaux". Je ne sais pas si elle y croyait ou si elle plaisantait mais elle était dans son histoire quand elle a ajouté "parfois les frères et soeurs se ressemblent moins que les cousins". Elle m'a fait rire. Et c'était bien.  

    Ce sont d'infimes petits riens mais qui peuvent changer la couleur du monde, quand on prend la peine de les distribuer et de les voir.

  • Chaque minute compte

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    Déjà plus d'un mois que nous sommes rentrés du Portugal et le temps a à nouveau filé. On a repris le collier des retraités occupés. Le médecin m'a prescrit une échographie pour confirmer la trochantérite mais pas moyen d'avoir un rendez-vous avant un mois. Je vais donc traîner la patte pendant encore un moment. On a filé à la maison-jardin, seuls, pour mettre de l'ordre tant dans la maison que dans le jardin. 

    Pendant que mon fils/coach adoré est en vacances, je reprends le chemin de la salle de sport et je tente dans cette salle les cours de yoga et de Pilates. Essai approuvé. Cela me convient. Quand mon bien-aimé coach reviendra, j'essaierai de combiner le tout. 

    On a terminé l'été en beauté à Disneyland Paris avec presque tous les enfants, Amalia était encore trop petite pour en profiter vraiment et Oona était là mais plus parce qu'elle ne pouvait pas encore quitter sa maman pendant 3 jours d'affilée. Il y a ceux qui adorent et ceux qui détestent. On fait clairement partie des "Dingos de Disney", moi la première. Trois jours après notre retour, je pourrais y retourner sans me lasser. Une fois dans ce monde irréel, j'oublie tout. 

    On a rentré les bûches pour l'hiver et il fait tellement frisquet qu'on a déjà allumé un feu. 

    On a pris rendez-vous avec un notaire pour changer notre contrat de mariage et rédiger un testament chacun, à la fois pour protéger celui de nous deux qui aura le triste de privilège de survivre à l'autre et lui permettre de garder son domicile à 100% et pour éviter aux enfants de payer deux fois les droits de succession. C'est une démarche un peu anxiogène parce que c'est la première fois que, très implicitement en ce qui me me concerne, on admet que l'on va partir un jour sans retour. 

    J'accepte des invitations partout, concerts, dîners, voire un événement anniversaire, les 30 ans de la Fondation pour laquelle j'ai travaillé en Italie et qu'importe si cela signifie à nouveau une semaine d'absence. Je veux tout faire, ne rien rater. Je ressens comme un sentiment d'urgence. Ce n'est pas un mauvais pressentiment, loin de là, ou alors inconscient, mais je me rends compte que mourir à 20 ou 30 ans c'est une injustice – comme dit Jules, on n'a pas encore eu toute une belle vie, quand on part trop tôt – mais à 65-70, on est plus dans le registre de la statistique. 

    Alors chaque minute compte. Ce soir, j'écris ce billet dans une chambre d'hôtel à Aoste pendant que l'Homme cuve son gros rhume. Demain on roule vers Venise, s'envole vers Palerme. Mercredi, on s'envole vers Pantelleria et le samedi suivant, on revient se reposer dans notre Sérénissime. Là où, paradoxalement, le temps s'arrête et passe bien trop vite.

     

     

  • En mai, fais ce qu’il te plait

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    Un mois de passé depuis mon dernier billet. Le temps me file entre les doigts. Mais le moins qu'on puisse dire c'est que j'aurai appliqué autant que faire se peut l'adage dévolu au mois de mai.

    La première semaine de vacances scolaires, on a gardé les filles et Maoh est venu les rejoindre pour une nuit et un jour à la fin de la semaine. Quand Maoh est là, je dors avec eux. Il a encore besoin d'être rassuré et moi, je n'aime pas faire des allers-retours la nuit. C'était une combinaison inédite: Sappho, Lémoni et Maoh. Et le combo a fonctionné à merveille. J'ai retrouvé en Sappho l'aînée que j'étais, organisatrice de jeux en tous genre mais un chouia très directrice. Quand elle a dit aux deux autres: "Ce n'est plus possible de jouer à la cabane, vous l'avez cassée. C'est dommage…..", l'Homme s'est empressé d'envoyer un message au clan en demandant : "Ça ne vous rappelle personne ?". Tsssss. Le jeudi, on a réalisé un atelier raviolis à la courge avec les deux filles. Quatre heures de boulot, essentiellement pour l'Homme, faute de machine à abaisser la pâte. Mais un résultat plus qu'honorable.

    Puis on est partis – guess where – en Italie passer une semaine chez des amis en Ombrie. Une semaine de dolce vita et de farniente total. Rien que des moments de douceur, de discussions sans fin, de plaisirs en cuisine et des découvertes d'amis d'amis. 

    A notre retour, nous avons repris notre rythme soutenu d'heureux retraités, puis nous sommes partis en Champagne nous réapprovisionner pour tous les moments festifs à venir. Et nous avons passé le long weekend de Pentecôte avec Françoise et Thierry à la maison-jardin, faire un grand tri de printemps. 

    Et cette dernière semaine s'est à nouveau passée sous le signe des Pioux. Aller chercher Sappho à l'école un jour de grève de la garderie et fondre devant ce sourire de plaisir quand elle nous voit. Faire un crochet au retour pour lui offrir un cornet à deux boules. Passer le vendredi soir avec Quentin, Kerya, Maoh et Oona. Garder Amalia le samedi pendant que son frère fête son anniversaire à la ferme. Et profiter de l'absence de sa maman pour avoir droit aux câlins qu'elle refuse systématiquement lorsqu'Anaïs est là. Accueillir le soir SamSam, Lémoni et Maoh pour la nuit. Une autre combinaison qui a très bien marché. Et finir le dimanche en fêtant les 4 ans de SamSam avec les adultes cette fois. 

    C'est vrai qu'après deux, voire trois semaines selon les fratries, sans les voir, j'avais besoin d'une immersion dans cette petite bande d'amour.

  • Amours, amitiés, santé, petits plaisirs

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    Samedi: Les valises sont défaites, les machines ont presque fini de tourner, y'aura plus qu'à repasser. Je savais le vendredi soir que dès que nous aurions passé le seuil de la maison, le rythme reprendrait sa course folle. Ce matin, à la première heure, rendez-vous chez le coiffeur pour remettre un peu d'ordre dans la couleur de mes cheveux, rendre visite à ma belle-mère et remplir le frigo pour accueillir la tribu demain. Retrouver Maïté et les filles chez nous, impatientes de nous revoir. Anaïs et sa troupe nous rejoignent avec l'intention programmée de nous laisser Samuel et Amalia pour leur permettre de participer à une course de 10 km le lendemain matin. Finalement seul Simon participera et Anaïs conduira Jules à un anniversaire à …. 8 heures du mat'. Nouvelle mode. Au final, Sappho et Lémoni demandent à pouvoir rester dormir aussi. Amalia s'est endormie avant que ses parents ne partent et ne s'est rendu compte de la supercherie que le lendemain matin et m'a bien fait comprendre qu'elle appréciait peu ce genre de procédé. Tout dans les yeux. Mais au moins elle ne pleure pas. Puis elle a fait contre mauvaise fortune bon coeur et a accepté de me parler, toujours avec les yeux. 

    Dimanche: On s'est tous retrouvés pour fêter les 67 ans de l'Homme/papa/nonno. Il était heureux. Et moi aussi. Ils étaient même là très tôt parce que Simon court vraiment très vite. Et que les autres étaient pressés d'arriver aussi. On a passé un bon moment, les petits avec les petits, les grands avec les grands et les petits avec les grands. On a profité de la présence de tout le monde pour valider un projet de weekend tous ensemble dans les Ardennes en novembre pour fêter nos 40 ans.

    Lundi: Petit marathon de plaisirs divers et variés: Lunch à midi avec M., pas très en forme. Maman en convalescence en Italie, où elle habite, après une vilaine chute et compagnon en dépression après un double pontage. Stressée par le boulot, bref, pas joyeux tout ça. Mais contentes de se voir. Je file chez l'esthéticienne puis je cours – pas trop – chez l'orthopédiste pour recevoir une infiltration dans le deuxième genou. Les résultats obtenus pour le premier genou étaient suffisamment concluants pour tenter le deuxième. Et comme cette fois, je sais que ça ne fait absolument pas mal, je suis plus détendue. Entre tous ces rendez-vous, il y a chaque fois 45-50 minutes de métro ou de bus et j'en profite pour me plonger dans un bouquin, autre petit moment de plaisir. L'homme vient me chercher pour terminer la journée autour d'un plat de pâtes chez J et S. Eux non plus ne sont pas en grande forme mais ça passera.

    Mardi: Je retrouve Quentin à la salle de sport mais je ne le vois que quelques minutes. Je suis venue plus tôt que prévu parce que je devais être à la maison à midi et il a un autre client que sa maman préférée à cette heure-là. Mais je suis contente de retourner à la salle après un peu plus de deux semaines d'absence. Je rentre retrouver mes filles qui sont venues télétravailler et Katia qui nous fait une belle séance de manucure et pédicure à tous. Entre deux réunions, mes deux Disneyphiles se montent l'une l'autre un projet de séjour à Disneyland après l'été, alors qu'elles s'étaient juré d'attendre 2025. Mais c'est parti, nous voilà sur un nouveau séjour, mais en appartement cette fois, pour éviter les repasbondutout ou les salades passées en catimini dans les chambres d"hôtel. Et avec Maoh cette fois. 

    Mercredi: Le matin, je retrouve Andrea pour un café – déjà un an depuis le dernier – qui s'éternise jusqu'à midi. Il prépare sa retraite, me raconte son voyage en Inde, sa pratique du yoga, sa maman et le temps file. De là, je rejoins B et Z pour un lunch. Elles me racontent les potins du bureau, leurs enfants qui grandissent et leurs vies de maman. Elles sont belles. Je rentre, le temps de me laver les dents et nous voilà partis chez le dentiste. Il est bavard comme un pinson et on passe plus de temps à l'écouter, la bouche ouverte – nous, pas lui – qu'à se faire détartrer. Puis je rejoins Sis'Cile chez maman et on ouvre le champagne pour son anniversaire. 

    Jeudi: Je pars pour la salle mais c'était sans compter un incident dans le métro et j'ai dû marcher plus d'une demi-heure avec une paire de baskets neuves qui n'avaient pas l'intention de marcher si longtemps au départ. Non seulement, je suis arrivée trop en retard pour que Quentin ait le temps de s'occuper de moi, mais de toute façon, j'étais trop fatiguée et cerise sur l'orteil, je me suis bien blessée au pied. Retour à la maison, en mode grognon. Mais j'ai convaincu l'Homme d'aller au cinéma l'après-midi, un truc qu'on ne fait jamais. Nous sommes allés voir "C'è ancora domani" et c'était un très très bon moment.

    Vendredi: Quentin m'a proposé de venir le lendemain mais très tôt. J'ai pris mon courage à deux mains et me suis levée alors qu'il faisait encore un peu noir. Je suis rentrée et repartie retrouver J pour une expo sur les Surréalistes. C'est fou comme une expo à Bruxelles est nettement moins mise en valeur qu'à Venise. Ou alors suis-je de parti pris ? 

    Amours, amitiés, santé, petits plaisirs, les perles du collier de ma vie…..

  • Juste être là

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    "On est bien parce qu’on est là. On est bien parce qu’on n’est nulle part mieux que là où on est. Habitant ce corps-là, tranquillement posté à la frontière entre ce qui est soi et ce qui n’est pas soi, entre le dehors et le dedans, et se sentant vivre. Pas faire quelque chose : seulement vivre. Ca n’a rien d’extraordinaire, c’est le contraire : l’ordinaire même." Emmanuel Carrère – Yoga

     

    Cela peut paraître un peu surfait de dire ces choses là mais j'ai tellement peu l'habitude de vivre le moment présent que cela valait la peine de le souligner. Après l'épisode un peu difficile qui a précédé notre départ, arriver ici a été un pur bonheur. Ici j'arrive à ne (presque) plus penser qu'en termes d'"ici et maintenant" et à mettre ma to do list au frigo. Je vis au jour le jour sans autre préoccupation que de savoir ce qu'on va faire au cours des prochaines heures. Lézarder au soleil avec un bon bouquin, visiter un musée, programmer un resto, flâner au hasard dans Venise, …..

    Et puis fêter ces 40 années de bonheur à deux, dans cette lagune qui nous va si bien, dans ce restaurant où on est accueilli comme des amis, sur cette île, berceau de Venise, si petite qu'elle ne compte plus que 10 habitants et où j'ai eu la prétention d'écrire à l'un deux qui vend sa maison qui aurait pu nous accueillir avec toute la tribu de temps en temps mais qui n'entre malheureusement pas dans notre budget. 

    Je m'étais jurée qu'une fois à la retraite, je pourrais enfin trouver le temps d'écumer toutes les expos de Bruxelles et c'est complètement raté. Si j'arrive à en voir une ou deux sur l'année, c'est beaucoup. Par contre, ici, on profite du fait de ne pas avoir dix mille choses à faire pour passer la porte de quelques musées pour mon grand plaisir. Encore que, cette année, la pioche n'a pas été extraordinaire. Mais j'en retire malgré tout toujours quelque chose.

    Ici, on passe 24 heures sur 24 ensemble et tout est fluide comme un vaporetto qui glisse sur le grand canal. Jamais un mot plus haut que l'autre, des attentions permanentes l'un pour l'autre, un immense plaisir partagé à table, un même rythme, une même harmonie.

    A défaut de pouvoir vivre ici, on veut y revenir autant de fois qu'on le pourra encore. 

     

     

     

  • Rockin’ around the Christmas tree

     

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    Celle qu'on croyait indétrônable a pourtant dû laisser sa place à une chanson aussi vieille que moi et All I wanted for Christmas is cette année Rockin' Around the Christmas tree. 

    Ce fut à nouveau un Noël joyeux, tout le monde était de bonne humeur, les enfants étaient exemplaires, le repas était délicieux, les cadeaux merveilleux. Mamy L. a tenu le coup jusqu'à minuit et a pu profiter des desserts cette année. Jules était très fier de la salade de fruits "trop piquants" qu'il avait préparés avec Thierry et de la divine mousse au chocolat au thé matcha préparée avec sa maman. Lémoni était la princesse de la fête dans sa robe et sa cape à paillettes. Maoh est resté vaillant et sage jusqu'à une heure du matin.

    Et pour la première fois depuis bien bien longtemps, on a passé des morceaux indélébiles tels Céline Dion ou Mort Schuman et Cécile, Maïté et Anaïs se sont levées comme une seule femme pour reprendre les morceaux en choeur. Ce n'était pas du goût de tout le monde, morceaux non pas indélébiles mais débiles, trop de bruit, sourires coincés, etc…. et moi qui aurais bien voulu me joindre à la bande de chanteuses joyeuses, j'ai affiché le même sourire coincé et essayé de calmer les ardeurs auxquelles je voulais participer. All I wanted for Christmas was Rockin' Around the Christmas tree. Mais mon côté "tout le monde doit être content" me bride. Des épisodes comme celui-là, j'en ai plein ma hotte. Et j'en ai plein les bottes de mon moi-même.

    L'année prochaine, promis juré, I will let it go, let it go, let it go….

     

  • La reprise en octobre

     

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    Lundi: Après avoir passé une nuit à l'hôtel "Swiss Sis", toujours aussi bien tenu, on a repris la route. Dernière ligne droite avant la fin de ces merveilleuses vacances et une rentrée sur les chapeaux de roue. Le fait de faire tout ce trajet en voiture a un effet quelque peu thérapeutique. On métabolise tout le bonheur engrangé et on prend des forces mentales pour les semaines chargées à venir. Au fil de la remontée vers le nord, le paysage change graduellement, le temps aussi – bien que quelque peu cette fois -, et on enfile mentalement nos tenues de parents, grands-parents, enfants, amis, gestionnaires de 1001 détails. Sur la route, Maïté nous invite à venir manger chez eux et nous acceptons, contents de les revoir eux et les filles. 

    Mardi: Prise de sang à la première heure. Retour à la maison pour un petit café et je prends mon courage à deux mains pour rejoindre mon coach de fils à la salle de sport. Je lui ai promis qu'au retour de vacances, je me reprendrais moi aussi en main. A ma grande surprise, je ne suis pas aussi découragée que je ne le craignais et je me surprends même à aimer courir sur un tapis qui ne mène nulle part. L'Homme vient me chercher et on file remplir le frigo avant mon rendez-vous chez la kiné pour une nouvelle série de séances de mobilisation du doigt. Et on finit la journée par un concert du dernier survivant du Buenavista Social Club, Eliades Ochoa. Pur plaisir.  Si ça, c'est pas une reprise d'enfer…..

    Mercredi: Katia venait à la maison pour la séance mensuelle de manucure pédicure. On devait être trois, l'Homme, Maïté et moi. On s'est retrouvés à 11. Quentin, Kerya et Maoh ont débarqué dès le  matin. Quentin est allé chercher Jules et Sam à l'école parce que les grands-parents bis étaient partis plus tôt que prévu en vacances. Du coup Sappho nous a rejoints après la piscine. Et comme Amalia avait de la température, Anaïs est venue avec elle dès le matin, rejoindre la troupe des télétravailleuses aux mains et pieds soignés. Swiss Sis avait débarqué le matin même à Bruxelles pour une formation de trois jours et je lui avais proposé de passer à la maison entre la fin de la formation et le dîner organisé à deux pas de chez nous. Elle pensait se poser dans un endroit un peu calme, c'était pas tout à fait ce qu'elle avait imaginé mais en même temps, voir le temps d'une petite heure cette petite troupe remuante ne devrait pas lui avoir déplu.

    Jeudi: Nouvelles séances avec Quentin et avec la kiné. Journée plus calme en apparence. J'en profite pour repasser la montagne de linge post-vacances. 

    Vendredi: C'est au tour de ma belle-soeur de partir en vacances. L'Homme la conduit elle, le chien et des bagages pour 3 mois à la mer. Il s'occupera de sa maman pendant les deux semaines qui viennent. Matin, midi et soir. Mais c'est moi qui, après les rendez-vous esthéticienne et coiffeur (faut ce qu'il faut), ouvre le feu ce soir puisqu'il ne sera pas de retour. Je reste auprès d'elle une petite heure puis rejoint maman, Swiss Sis et Sis'Cile pour un repas un peu festif avant le retour de Swiss Sis vers son Vaud et son mari.

    Samedi: Quentin, Kerya et Maoh ont fait quelques courses en ville et sont venus déjeuner. Plus tard dans l'après-midi, Maïté et JD sont passés avec les filles. Ces moments que j'aime. Le soir, l'Homme a ramenés les premiers avant de filer chez sa maman et moi je suis partie retrouver la mienne pour un concert de musique baroque.

    Dimanche: J'ai accompagné l'Homme pour le petit déjeuner de sa maman, puis nous avons été prendre un cappuccino chez J et S avant de rejoindre tout le clan chez Anaïs et Simon qui nous invitaient pour un brunch. Rien que du bonheur. Quentin a remplacé son père chez Mamy le midi, histoire de le laisser souffler un peu. 

    Et voilà comment cette première semaine a filé. Dans un tourbillon dont, pour rien au monde, je ne me plaindrais.

     

  • Veni etiam

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    Mais que j'aime cette ville. Je ne l'ai pas encore quittée que je pense déjà à organiser nos retrouvailles. Veni etiam, viens encore. Il ne faudra pas me le répéter deux fois. Je reviens dès que je peux. A chaque séjour, je suis un peu plus amoureuse. De l'eau, de la lagune, du soleil qui scintille sur l'eau, des ponts, des ruelles sombres, des campi déserts puis résonnant de cris d'enfants, du va et vient des vaporetti, du bruit qu'ils font quand ils freinent et accostent, des petites vieilles et leurs caddies, ….

    On a retrouvé nos restaurants favoris, on a pris le temps de faire deux-trois expos, on a marché, marché, marché, on a découvert une nouvelle île, San Servolo, si sereine, on s'est reposés sur notre altana, on a lu, on a ri, on a aimé chaque instant. 

    J'ai enfin fait découvrir à l'Homme le musée Fortuny, dans sa maison, le Palazzo Pesaro degli Orfei, transformé en atelier par Mariano Fortuny et sa femme Henriette, lui Espagnol, elle Française et eux deux amoureux de Venise.  Fortuny se consacrait aux nombreuses disciplines qui le passionnaient: de la photographie à la peinture, en passant par l’éclairage théâtral et domestique et le couple fabriquait à la main des tissus et des vêtements et c'est surtout cette activité là qui est passée à la postérité. 

    Comme il pleuvait, on s'est engouffré dans un second musée présentant une expo sur 70 ans de photographies de Vogue de 1910 à 1980. Une sorte de chronorama qui traverse presque tout un siècle par le biais de près de 400 photos connues, moins connues ou totalement inédites. Impressionnant.

    Quelques jours plus tard, j'ai voulu voir une expo de photographies prises par Nikos Aliagas, "Regards Vénitiens" que je n'ai pas aimée mais qui nous a permis de découvrir dans le même bâtiment une autre exposition sur le Marco Polo de l'Inde, Nicolo Manucci. Et là j'ai adoré. Comme quoi, ne jamais hésiter, une expo peut en cacher une autre.
     
    A part ça, on a dormi comme des marmottes, il a préparé des petits déjeuners succulents, on a pris son temps pour tout, on a mangé des glaces chaque jour, la dernière à la truffe blanche, à tomber, on a regardé des films bêtes et moins bêtes, on a regardé la lune grossir jour après jour au-dessus du canal, enfin bref, deux semaines idylliques.