Catégorie : Petites douceurs

  • Au parfum

    Cet été, j’ai lu un nouveau livre de Ryoko Sekiguchi, cette écrivaine et poète japonaise que j’ai rencontrée à Venise au printemps dernier. Elle était à nouveau là en septembre mais nos routes ne se sont pas croisées cette fois si ce n’est par le biais de ce livre, L’appel des odeurs, un recueil de billets écrits en son temps pour un hebdomadaire et toujours sur le thème des odeurs, des parfums.

    Dans un des billets, je me suis pleinement retrouvée au point d’en être presque abasourdie.

    Depuis longtemps, j’ai une petite manie (parmi tant d’autres) dans la gestion de mes parfums. J’ai dans ma salle de bains une vingtaine de parfums, achetés, reçus, récupérés, peu importe. La plupart ont des notes d’agrumes, quelques-uns de fleurs, presqu’aucun n’est capiteux. J’ai la manie d’en changer chaque jour et surtout je les porte par deux, je les superpose, selon un mode faussement aléatoire. Le résultat est toujours inattendu. Parfois c’est le premier qui prend le dessus, parfois c’est le deuxième. Souvent, les deux s’adoucissent l’un l’autre et il en résulte un nouveau parfum, inédit, souvent très agréable.

    Et l’envie m’est venue un jour de les rebaptiser. Parfois de manière simpliste: Baiser volé et Biarritz devient Baiser volé à Biarritz. Easy. Parfois plus tiré par les cheveux : Eau dynamisante et Sel marin devient Claque d’embruns. Riviera et Venise devient carrément Lido. Ce sont les petits plaisirs ridicules du matin. Ridicules sans doute mais vrais petits plaisirs quand même.

    C’est une femme que j’admirais beaucoup qui m’a appris à faire ça. Elle était belgo-belge mais avait des origines indiennes et ne s’habillait qu’en sari. En toutes circonstances et par tous les temps. Le jour de son enterrement, ses enfants ont découpé de petits bouts de quelques-uns de ses saris et les ont aspergés de ses deux parfums superposés (elle n’en mélangeait que deux, toujours les mêmes) et ont offert ces souvenirs olfactifs à tous les membres de l’assemblée, très émue. C’était un petit bout d’elle parfumé.

  • Septembre est un pont

    Entre la chaleur de l’été et les couleurs de l’automne.

    Lundi: Ils sont tous repartis hier tôt dans l’après-midi. En 24 heures, les pioux avaient retourné toutes les caisses de jouets que j’avais patiemment rangées les jours précédents. J’ai tout rangé à nouveau. L’Homme a rangé les tables, les chaises de jardin, l’été est bien terminé. On a fini de cueillir pommes et poires pour en ramener une partie à Bruxelles et commencer les gelées le soir même. J’ai tellement le bourdon quand ils ne sont plus là. Il était temps qu’on rentre.

    Mardi: Ce matin, yoga puis petit café avec Georgia qui parle grec avec moi pendant une heure. Un vrai bonheur. Elle connait aussi tellement de choses et m’en apprend chaque fois un peu plus. Aujourd’hui on a parlé du grand poète Elytis et des grands compositeurs qui ont mis ses poèmes en musique dont l’incontournable Theodorakis. Et elle m’a également fait découvrir, à moi qui me targue d’en connaitre un bout en gastronomie du monde, le trachanas, une pâte traditionnelle grecque fabriquée à partir de blé et de lait caillé. J’étais presque vexée de ne pas connaitre.

    Mercredi: Lunch avec une ancienne collègue le midi et dans l’après-midi, je suis allée avec Maman changer son téléphone portable basique contre un smartphone. Le vendeur, charmant par ailleurs, lui demande pendant la procédure de conversion: Etes-vous un homme, une femme ou autre ? Il faut imaginer l’écarquillement des yeux de ma maman, 88 ans, se mettant à réfléchir sérieusement à la question.

    Le soir, j’ai retrouvé Sis’Cile rentrée de vacances, toute briochée. La rentrée a été rude, Clara a raté son année et doit demander une dérogation pour pouvoir recommencer. Pas cool.

    Jeudi: Debout à la première heure, prise de sang en vue du contrôle annuel chez le médecin en octobre. On est passé ensuite chez maman qui ne s’en sort pas très bien avec son nouvel outil. Ce n’est pas si évident de changer un mode opératoire à cet âge là et ce nouveau téléphone la stresse beaucoup plus qu’elle n’avait imaginé. Cet écolage a pris beaucoup plus de temps que prévu et j’ai loupé ma séance de sport avec mon coach préféré. On est ensuite repartis à la maison-jardin attaquer les compotes et gelées de pommes, poires au sirop et en gelée également. 48 heures non stop sauf pour dormir et cueillir quelques figues.

    Vendredi: Des pommes, des poires et …. des séances longuissimes d’écolage à distance pour aider une Maman très énervée avec son nouveau téléphone.

    Samedi: on ferme la maison qu’on prépare pour le séjour de Swiss’Sis en octobre. Retour chez nous. Je n’ai plus de voix, je tousse et je suis claquée. J’ai fait une sieste avant de repartir distribuer à chaque famille une caisse de pommes, de poires, de figues, compotes et gelées. Le soir, resto avec G. et C. pour leurs anniversaires respectifs.

    Dimanche: Exposition Harry Potter avec Sappho, Jules et Sam. Nous très déçus mais les enfants contents. Et surtout terriblement sages, tant sur place que dans le métro. Et maintenant, on peut commencer à préparer les valises, Venise se profile à l’horizon.

  • 20 ans

    Ce blog a 20 ans. Je ne pensais pas tenir aussi longtemps. Je l’ai ouvert le jour où mon papa a eu 70 ans. Sans raison particulière toutefois. J’ai eu envie d’essayer avec l’idée bien ancrée de laisser une trace, un souvenir à mes enfants, mais surtout à mes petits-enfants, comme si j’étais certaine d’en avoir. Vingt après, ils sont presque huit et jamais je n’aurais imaginé cela ni surtout le bonheur que cela m’apporte.

    J’aurais pu écrire un journal intime comme lorsque j’étais adolescente mais les blogs en format journal extime étaient en vogue il y a 20 ans. L’idée m’a plu, j’ai essayé et j’ai persévéré.

    Aujourd’hui, mon père aurait donc 90 ans. J’ai emmené mes enfants et petits-enfants sur sa tombe porter un panier fleuri où il y avait aussi un hibou, une mandarine (mon papa avait en permanence une mandarine dans sa poche) et une noix. C’était tendre et drôle. On avait interrompu les enfants dans leurs jeux, ils jouaient à l’école et plus particulièrement à la cantine et Samuel et Maoh ont emmené avec eux leurs cartables improvisés et leur boite lunch. Jules guidait la marche comme s’il menait ses élèves en exploration. Amalia a demandé si Mamy allait le rejoindre là et surtout quand ? On a passé un demi weekend dans la maison où il est né et on a mangé une raclette comme pendant les semaines de vacances à la montagne qu’on a passées avec lui pendant 30 ans. Samuel avait demandé à sa maman si c’était un anniversaire de tristesse. Non, vraiment, ce ne l’était pas. C’était une autre façon de célébrer le myosotis, le « forget-me-not ».

  • La vie est une grande roue

    Lundi: Retour d’un weekend extraordinaire. On est partis vendredi soir pour Athènes. J’avoue, cette année, mon empreinte carbone a explosé, je ne suis pas très contente de moi et je me sens très égoïste. Mais en même temps, mon bonheur a été immense ces trois jours. On a eu la chance inespérée de revoir mon compositeur grec préféré dans l’amphithéâtre de Hérode Atticus, juste en dessous de l’Acropole. Revivre cette magie était tout simplement incroyable. Et puis cette ville que l’on aime tellement tous les deux. L’Homme a dit « j‘aime l’odeur de cette ville » et c’est tout à fait ça.

    Mardi: Ce soir, récital de piano de Sappho. Hier, c’était hautbois, mais vu les trois heures de retard de l’avion, on n’a pas pu y assister. Aujourd’hui, l’Homme ne peut pas, il a dentiste mais moi je peux. Une vingtaine d’enfants attendaient leur tour pour s’installer au piano le temps de deux mélodies d’une à deux minutes chacune. Leur stress était palpable et j’avais pitié d’eux. Mais une fois devant le clavier, ils donnaient le meilleur d’eux-mêmes. Sappho n’a pas dérogé à la règle et a très bien joué. Et même si moi, je ne suis pas objective, la prof, elle, lui a discerné une distinction.

    Mercredi: Mamy et Grand-Père sont partis au Portugal et c’est donc nous qui prenons la relève pour Jules, Samuel et Amalia, tout le mois de juin. Mais cette fois, Jules est en classe verte (Amalia décrète qu’elle, elle ira en classe rose) et ils ne sont que deux. Enfin, jusqu’à ce que Sappho et Lémoni les rejoignent pour l’après-midi.

    Jeudi: On continue l’exercice de vente en ligne des menus trésors de Mamy L. Anaïs photographie, met en ligne, fixe le prix et gère les contacts avec les acheteurs (elle répond aux questions, négocie les rabais éventuels, etc.) et l’Homme et moi nous chargeons de la logistique (emballage, étiquettes, envoi). Curieusement, les bondieuseries ont un succès fou. Et les chapelets, images pieuses, missels, crucifix, médailles, et autres Vierges en plâtre quittent Bruxelles pour partir en mission vers d’autres horizons.

    Vendredi: Le musée d’Orsay consacre une exposition à Renoir et la modernité heureuse. J’ai une véritable passion pour ce peintre et j’ai convaincu l’Homme de m’accompagner en train aller-retour. Je me faisais une joie de passer cette journée avec lui. Mais il a éternué une bonne partie de la nuit et s’est réveillé épuisé et tout fiévreux. Je suis donc partie seule, à mon grand regret, vers la Ville-Lumière. J’ai passé toute la matinée dans le musée d’Orsay avec beaucoup de plaisir mais après, j’ai trouvé l’après-midi beaucoup moins drôle. Je n’avais pas vraiment envie de m’asseoir seule dans un restaurant donc, j’ai fait l’impasse. J’ai marché, marché dans Paris jusqu’à épuisement et je me suis endormie sur un banc dans un parc. Je n’avais vraiment pas vu les choses comme ça.

    Samedi: A partir de 6 ans, ils ont tous droit à une journée avec nous. Resto, musée, etc. Aujourd’hui, c’était le tour de Samuel. On a commencé par le musée Magritte qu’il aurait bien fait au pas de course. Succès très relatif. Puis un tour dans la grande roue – à sa demande – mais là aussi, c’était moins chouette que lors de sa première expérience. Puis resto italien. D’abord assez enthousiaste, il a fini par décréter que le restaurant où il va parfois avec son autre grand-mère était meilleur. On a donc croisé les doigts pour que l’après-midi ait plus de succès que le matin plutôt décevant. Ouf, l’achat de sa première montre flik flak pour apprendre à lire l’heure et le musée des illusions nous ont permis de mieux finir la journée.

    Dimanche: Les filles sont passées nous voir en coup de vent et incroyable mais vrai, Lémoni est venue à vélo, alors que je désespérais qu’elle puisse un jour pédaler. C’était le petit miracle du jour.

  • Venise, Bâle, les pioux et back to business

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    Elle nous avait dit "Prenez des pulls, on ne dépasse pas les 17 degrés à Venise pour le moment". Elle, c'est Elodie, celle qui nous loue depuis tant d'années son flat mansardé à Murano. C'était sans compter sans ma chance habituelle que j'emmène partout avec moi. Il a fait super beau. Ni trop ni trop peu. De quoi s'allonger en terrasse avec quelques bouquins pendant quelques jours et d'alterner avec des promenades dans Venise, quelques expos et quelques bonnes tables. Tout ce qu'on aime. 

    Venise, c'est vraiment un moment de déconnexion totale. Pas de voitures, pas de vélos, pas de trottinette au-delà de 8 ans. Juste des piétons. Et quand on évite les gros flux touristiques, on peut se promener sans stress. En général, on ne s'en rend vraiment compte que quand on revient à Bruxelles. Pas d'horaires non plus. Sauf, à la limite, quand on a réservé une table. Pour le reste, on fait comme on veut quand on veut. Et savoir qu'on y retourne en septembre est un luxe incroyable. Je suis tellement reconnaissante de vivre ces moments-là.

    Début mai, on a repris la route pour s'arrêter à Bâle où Swiss Sis et Swiss Beauf (au sens littéral s'entend) nous attendaient pour fêter les 60 ans de ce dernier dans un restaurant gastronomique. L'Homme qui a toujours ses petits préjugés pas très malins (resto en Suisse allemande, je me méfie, etc…) a dû revoir sa copie. C'était juste incroyable. Une cuisine fine, inventive, explosive en saveurs, trois étoiles depuis 10 ans, c'est assez inhabituel. Et une petite journée à Bâle qui valait le détour. C'est une ville charmante où il fait joliment vivre. 

    Ensuite on est rentrés à la maison vider les valises et en refaire d'autres pour emmener trois pioux à la maison-jardin pour la deuxième semaine de vacances scolaires. On a largement perdu 10 à 12 degrés mais on a quand même réussi à jouer un peu dans le jardin. Pour le reste, on a réalisé quelques bricolages, joué à des jeux de société, joué tout court. Sappho a essayé mes vieilles échasses mais après quelques tentatives couronnées de succès, les échasses se sont effondrées, le temps et la vermoulure ayant eu raison de leur solidité. Maoh a voulu jouer à un jeu où on doit courir, se toucher puis essayer de "délibérer" les autres. Lémoni a appris à boutonner son pyjama sans trop rechigner mais coince encore sur l'enfilage des chaussettes.

    On les a ramenés le vendredi soir à leurs parents. Le samedi, on a fêté l'anniversaire de Simon autour d'un verre dans leur toute nouvelle maison et leur chouette jardin. Puis on est repartis tous les deux passer une journée tout seuls dans la maison-jardin. Et le vide d'enfants m'a repris à la gorge. J'ai réussi à ne pas pleurer cette fois mais c'est fou comme après avoir passé du temps avec eux, ils me manquent instantanément. Heureusement que je vis avec un homme extraordinaire et avec qui j'aime passer du temps seuls à seuls , sinon je lui en voudrais d'être là et pas eux. 

    Nous voilà back to business: continuer les travaux de la cuisine, retourner à la salle de sport et au yoga, vider l'appartement de belle-maman, finaliser la succession, fêter les 130 ans de mon ancienne école et sans doute retrouver des visages d'enfance, des parfums, des souvenirs.

    La suite au prochain numéro 🙂

  • 2024

     

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    Démarrer l'année en prenant un vol pour l'autre bout du monde, il y a pire. Cela faisait plus de 10 ans que nous n'avions plus pris un long courrier ni fait un long voyage. Et quel voyage ! J'avais déjà été séduite par la Nouvelle Zélande et le Pérou mais je m'y attendais. L'Inde, ce fut la surprise ! Jamais je n'aurais imaginé que ce pays me marquerait autant. Je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner.

    Le temps d'atterrir et de se poser, nous voilà éblouis par l'arrivée de la septième merveille du monde, la princesse Oona. Belle comme un coeur, elle vient compléter l'équipe qui grandit aussi, chacun à sa manière. Sappho perd sa première dent et Amalia fait ses premiers pas.

    Deux séjours au printemps et à la fin de l'été dans notre Sérénissime adorée dont un a bien failli tomber dans la lagune quand l'Homme m'a fait un choc anaphylactique (et même un choc tout court) le matin du départ. Réaction violente à la pénicilline qu'il avait pourtant l"habitude de prendre. Il aura fallu toutefois plus de 9 mois pour confirmer cette hypothèse. 

    Une semaine en Ombrie et deux-trois jours à Pantelleria où le meilleur du séjour aura été à chaque fois la rencontre avec d'autres amis des amis qui sont tous autant qu'ils sont de belles personnes avec qui on peut échanger vraiment.

    Trois semaines de pioux à géométrie variable à la campagne et deux semaines en Algarve, invités par Anaïs et Simon, avec tous les pioux. Rien que du bonheur. Et pendant notre séjour en Algarve, ce concert tellement improbable de ce bon vieux Tom Jones qui m'a ensorcelée comme à mes 15 ans. 

    Un séjour à Disneyland Paris, prévu pour 2025, mais quand on aime à ce point, on ne compte plus et au diable les varices !

    Un weekend en Ardennes avec toute la tribu pour fêter nos 40 ans de mariage. Un puzzle de mille petits morceaux de nous, un pestacle sur notre histoire et une video reprenant des petits et grands bouts de films HI8 de notre mariage et de notre vie de jeune parents. J'ai dit qu'après ce weekend, je pouvais mourir. Réflexion faite, je ne suis pas si pressée.

    Et terminer l'année sur un anniversaire incroyable, celui de la Fondation où j'ai travaillé pendant 5 ans à Turin. Retrouver tous les anciens avec une émotion non simulée pour la plupart d'entre nous et une joie tellement vraie.

    Tout cela a l'air – et est – idyllique. Mais bien sûr, il y a eu la vente de l'appartement qui nous a vu vivre nos dix premières années de vie commune à deux, puis à trois, quatre et cinq. J'en ai versé des torrents de larmes. Bien sûr, il y a eu l'abattage du noyer qui a vu naître mon papa, jouer mes soeurs et moi, nos enfants et nos petits enfants. Et ce n'est passé sans mal. Et bien sûr, il y a tous ces problèmes de santé qui me minent le moral, les problèmes mécaniques, de genoux, de hanche, de dos qui me font enrager et ces soucis de défense immunitaire très déficiente qui me rendent très suspicieuse au moindre éternuement et à la moindre toux d'autrui. Mais il y a pire et je pense que je peux m'estimer heureuse qu'après tout "ce n'est que çà".

    Au final, une année merveilleuse sur le plan personnel et je mesure ma chance quand je vois tous ceux dont la vie est ruinée par la folie de certains débiles mentaux. 

     

  • Les menus détails

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    Hier j'ai passé la journée seule. L'Homme devait s'absenter et j'en ai profité pour réduire un chouïa la to do list. Et quand je suis seule, je suis forcément moins distraite par tout ce que j'ai à raconter à l'Homme ou par tout ce qu'il me raconte lui et je suis beaucoup plus attentive et réceptive aux menus détails .

    Les petits riens qu'on ne remarque pas forcément mais qui changent tout. 

    Je suis allée chez le notaire porter nos testaments respectifs. On a voulu que le bien qui constituera le domicile conjugal au moment où l'un de nous tirera sa révérence revienne entièrement à l'autre. Pour cela, il fallait consigner cette volonté dans un testament. Il fallait aussi que celui-ci soit manuscrit et la veille, nous nous sommes prêtés tous les deux à l'exercice. Bien sûr, j'ai écrit le texte d'un seul jet et de ma belle écriture légendaire. L'Homme a dû s'y reprendre à plusieurs reprises et a chiffonné un certain nombre de débuts de copie en bougonnant haut et fort, pour une fois que je suis meilleure que lui. Lorsque j'ai déposé l'enveloppe ouverte avec nos deux copies au secrétariat du notaire, la gentille dame à l'accueil a jeté un oeil à l'intérieur de l'enveloppe et n'a pu s'empêcher de s'exclamer : "Oh quelle belle écriture !" et moi je n'ai pas pu réprimer un sourire de fierté et un petit "C'est la mienne !" de première de classe.

    Je suis allée à l'hôpital prendre rendez-vous pour une radio de mon dos et un scanner de ma hanche. L'orthopédiste est vraiment perplexe sur mes douleurs et ne comprend pas bien ce que j'ai. Ce qui bien sûr ne me rassure pas vraiment. J'ai patienté un petit quart d'heure que ce soit mon tour et j'avais en ligne de mire un gars qui accueillait les patients venus pour une IRM ou un PET-scan. Il avait un don inné pour les mettre à l'aise, demandait systématiquement s'ils étaient bien à jeun – ce qui n'était pas requis – et devant leur air ébahi et interrogateur, il les rassurait tout de suite en leur disant que c'était une blague. Les patients se détendaient illico et il enchainait en parlant de tout et de rien, du petit fromager ou du magnifique parc qu'il connaissait près de chez eux à la lecture de leur adresse. Et je me suis dit que ce type était vraiment cool et que tous ceux qui accueillaient les gens un peu stressés devraient en prendre de la graine.

    Je suis allée chercher deux poulets pour le weekend et la petite marchande de volailles était tellement chou. Elle a pesé les deux poulets et ils pesaient exactement le même poids à un gramme près. Elle a dit "je pense que ce sont des jumeaux". Je ne sais pas si elle y croyait ou si elle plaisantait mais elle était dans son histoire quand elle a ajouté "parfois les frères et soeurs se ressemblent moins que les cousins". Elle m'a fait rire. Et c'était bien.  

    Ce sont d'infimes petits riens mais qui peuvent changer la couleur du monde, quand on prend la peine de les distribuer et de les voir.

  • Chaque minute compte

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    Déjà plus d'un mois que nous sommes rentrés du Portugal et le temps a à nouveau filé. On a repris le collier des retraités occupés. Le médecin m'a prescrit une échographie pour confirmer la trochantérite mais pas moyen d'avoir un rendez-vous avant un mois. Je vais donc traîner la patte pendant encore un moment. On a filé à la maison-jardin, seuls, pour mettre de l'ordre tant dans la maison que dans le jardin. 

    Pendant que mon fils/coach adoré est en vacances, je reprends le chemin de la salle de sport et je tente dans cette salle les cours de yoga et de Pilates. Essai approuvé. Cela me convient. Quand mon bien-aimé coach reviendra, j'essaierai de combiner le tout. 

    On a terminé l'été en beauté à Disneyland Paris avec presque tous les enfants, Amalia était encore trop petite pour en profiter vraiment et Oona était là mais plus parce qu'elle ne pouvait pas encore quitter sa maman pendant 3 jours d'affilée. Il y a ceux qui adorent et ceux qui détestent. On fait clairement partie des "Dingos de Disney", moi la première. Trois jours après notre retour, je pourrais y retourner sans me lasser. Une fois dans ce monde irréel, j'oublie tout. 

    On a rentré les bûches pour l'hiver et il fait tellement frisquet qu'on a déjà allumé un feu. 

    On a pris rendez-vous avec un notaire pour changer notre contrat de mariage et rédiger un testament chacun, à la fois pour protéger celui de nous deux qui aura le triste de privilège de survivre à l'autre et lui permettre de garder son domicile à 100% et pour éviter aux enfants de payer deux fois les droits de succession. C'est une démarche un peu anxiogène parce que c'est la première fois que, très implicitement en ce qui me me concerne, on admet que l'on va partir un jour sans retour. 

    J'accepte des invitations partout, concerts, dîners, voire un événement anniversaire, les 30 ans de la Fondation pour laquelle j'ai travaillé en Italie et qu'importe si cela signifie à nouveau une semaine d'absence. Je veux tout faire, ne rien rater. Je ressens comme un sentiment d'urgence. Ce n'est pas un mauvais pressentiment, loin de là, ou alors inconscient, mais je me rends compte que mourir à 20 ou 30 ans c'est une injustice – comme dit Jules, on n'a pas encore eu toute une belle vie, quand on part trop tôt – mais à 65-70, on est plus dans le registre de la statistique. 

    Alors chaque minute compte. Ce soir, j'écris ce billet dans une chambre d'hôtel à Aoste pendant que l'Homme cuve son gros rhume. Demain on roule vers Venise, s'envole vers Palerme. Mercredi, on s'envole vers Pantelleria et le samedi suivant, on revient se reposer dans notre Sérénissime. Là où, paradoxalement, le temps s'arrête et passe bien trop vite.

     

     

  • En mai, fais ce qu’il te plait

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    Un mois de passé depuis mon dernier billet. Le temps me file entre les doigts. Mais le moins qu'on puisse dire c'est que j'aurai appliqué autant que faire se peut l'adage dévolu au mois de mai.

    La première semaine de vacances scolaires, on a gardé les filles et Maoh est venu les rejoindre pour une nuit et un jour à la fin de la semaine. Quand Maoh est là, je dors avec eux. Il a encore besoin d'être rassuré et moi, je n'aime pas faire des allers-retours la nuit. C'était une combinaison inédite: Sappho, Lémoni et Maoh. Et le combo a fonctionné à merveille. J'ai retrouvé en Sappho l'aînée que j'étais, organisatrice de jeux en tous genre mais un chouia très directrice. Quand elle a dit aux deux autres: "Ce n'est plus possible de jouer à la cabane, vous l'avez cassée. C'est dommage…..", l'Homme s'est empressé d'envoyer un message au clan en demandant : "Ça ne vous rappelle personne ?". Tsssss. Le jeudi, on a réalisé un atelier raviolis à la courge avec les deux filles. Quatre heures de boulot, essentiellement pour l'Homme, faute de machine à abaisser la pâte. Mais un résultat plus qu'honorable.

    Puis on est partis – guess where – en Italie passer une semaine chez des amis en Ombrie. Une semaine de dolce vita et de farniente total. Rien que des moments de douceur, de discussions sans fin, de plaisirs en cuisine et des découvertes d'amis d'amis. 

    A notre retour, nous avons repris notre rythme soutenu d'heureux retraités, puis nous sommes partis en Champagne nous réapprovisionner pour tous les moments festifs à venir. Et nous avons passé le long weekend de Pentecôte avec Françoise et Thierry à la maison-jardin, faire un grand tri de printemps. 

    Et cette dernière semaine s'est à nouveau passée sous le signe des Pioux. Aller chercher Sappho à l'école un jour de grève de la garderie et fondre devant ce sourire de plaisir quand elle nous voit. Faire un crochet au retour pour lui offrir un cornet à deux boules. Passer le vendredi soir avec Quentin, Kerya, Maoh et Oona. Garder Amalia le samedi pendant que son frère fête son anniversaire à la ferme. Et profiter de l'absence de sa maman pour avoir droit aux câlins qu'elle refuse systématiquement lorsqu'Anaïs est là. Accueillir le soir SamSam, Lémoni et Maoh pour la nuit. Une autre combinaison qui a très bien marché. Et finir le dimanche en fêtant les 4 ans de SamSam avec les adultes cette fois. 

    C'est vrai qu'après deux, voire trois semaines selon les fratries, sans les voir, j'avais besoin d'une immersion dans cette petite bande d'amour.

  • Amours, amitiés, santé, petits plaisirs

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    Samedi: Les valises sont défaites, les machines ont presque fini de tourner, y'aura plus qu'à repasser. Je savais le vendredi soir que dès que nous aurions passé le seuil de la maison, le rythme reprendrait sa course folle. Ce matin, à la première heure, rendez-vous chez le coiffeur pour remettre un peu d'ordre dans la couleur de mes cheveux, rendre visite à ma belle-mère et remplir le frigo pour accueillir la tribu demain. Retrouver Maïté et les filles chez nous, impatientes de nous revoir. Anaïs et sa troupe nous rejoignent avec l'intention programmée de nous laisser Samuel et Amalia pour leur permettre de participer à une course de 10 km le lendemain matin. Finalement seul Simon participera et Anaïs conduira Jules à un anniversaire à …. 8 heures du mat'. Nouvelle mode. Au final, Sappho et Lémoni demandent à pouvoir rester dormir aussi. Amalia s'est endormie avant que ses parents ne partent et ne s'est rendu compte de la supercherie que le lendemain matin et m'a bien fait comprendre qu'elle appréciait peu ce genre de procédé. Tout dans les yeux. Mais au moins elle ne pleure pas. Puis elle a fait contre mauvaise fortune bon coeur et a accepté de me parler, toujours avec les yeux. 

    Dimanche: On s'est tous retrouvés pour fêter les 67 ans de l'Homme/papa/nonno. Il était heureux. Et moi aussi. Ils étaient même là très tôt parce que Simon court vraiment très vite. Et que les autres étaient pressés d'arriver aussi. On a passé un bon moment, les petits avec les petits, les grands avec les grands et les petits avec les grands. On a profité de la présence de tout le monde pour valider un projet de weekend tous ensemble dans les Ardennes en novembre pour fêter nos 40 ans.

    Lundi: Petit marathon de plaisirs divers et variés: Lunch à midi avec M., pas très en forme. Maman en convalescence en Italie, où elle habite, après une vilaine chute et compagnon en dépression après un double pontage. Stressée par le boulot, bref, pas joyeux tout ça. Mais contentes de se voir. Je file chez l'esthéticienne puis je cours – pas trop – chez l'orthopédiste pour recevoir une infiltration dans le deuxième genou. Les résultats obtenus pour le premier genou étaient suffisamment concluants pour tenter le deuxième. Et comme cette fois, je sais que ça ne fait absolument pas mal, je suis plus détendue. Entre tous ces rendez-vous, il y a chaque fois 45-50 minutes de métro ou de bus et j'en profite pour me plonger dans un bouquin, autre petit moment de plaisir. L'homme vient me chercher pour terminer la journée autour d'un plat de pâtes chez J et S. Eux non plus ne sont pas en grande forme mais ça passera.

    Mardi: Je retrouve Quentin à la salle de sport mais je ne le vois que quelques minutes. Je suis venue plus tôt que prévu parce que je devais être à la maison à midi et il a un autre client que sa maman préférée à cette heure-là. Mais je suis contente de retourner à la salle après un peu plus de deux semaines d'absence. Je rentre retrouver mes filles qui sont venues télétravailler et Katia qui nous fait une belle séance de manucure et pédicure à tous. Entre deux réunions, mes deux Disneyphiles se montent l'une l'autre un projet de séjour à Disneyland après l'été, alors qu'elles s'étaient juré d'attendre 2025. Mais c'est parti, nous voilà sur un nouveau séjour, mais en appartement cette fois, pour éviter les repasbondutout ou les salades passées en catimini dans les chambres d"hôtel. Et avec Maoh cette fois. 

    Mercredi: Le matin, je retrouve Andrea pour un café – déjà un an depuis le dernier – qui s'éternise jusqu'à midi. Il prépare sa retraite, me raconte son voyage en Inde, sa pratique du yoga, sa maman et le temps file. De là, je rejoins B et Z pour un lunch. Elles me racontent les potins du bureau, leurs enfants qui grandissent et leurs vies de maman. Elles sont belles. Je rentre, le temps de me laver les dents et nous voilà partis chez le dentiste. Il est bavard comme un pinson et on passe plus de temps à l'écouter, la bouche ouverte – nous, pas lui – qu'à se faire détartrer. Puis je rejoins Sis'Cile chez maman et on ouvre le champagne pour son anniversaire. 

    Jeudi: Je pars pour la salle mais c'était sans compter un incident dans le métro et j'ai dû marcher plus d'une demi-heure avec une paire de baskets neuves qui n'avaient pas l'intention de marcher si longtemps au départ. Non seulement, je suis arrivée trop en retard pour que Quentin ait le temps de s'occuper de moi, mais de toute façon, j'étais trop fatiguée et cerise sur l'orteil, je me suis bien blessée au pied. Retour à la maison, en mode grognon. Mais j'ai convaincu l'Homme d'aller au cinéma l'après-midi, un truc qu'on ne fait jamais. Nous sommes allés voir "C'è ancora domani" et c'était un très très bon moment.

    Vendredi: Quentin m'a proposé de venir le lendemain mais très tôt. J'ai pris mon courage à deux mains et me suis levée alors qu'il faisait encore un peu noir. Je suis rentrée et repartie retrouver J pour une expo sur les Surréalistes. C'est fou comme une expo à Bruxelles est nettement moins mise en valeur qu'à Venise. Ou alors suis-je de parti pris ? 

    Amours, amitiés, santé, petits plaisirs, les perles du collier de ma vie…..