Catégorie : Petites douceurs

  • Vacances enfin !

    IMG_2561

     

    Jamais en 30 ans, nous n'avons laissé passer le mois de juillet sans partir en vacances, même en Belgique. Nous sommes des juillettistes convaincus. Et voilà qu'un petit bébé, même pas encore né, nous a fait revoir tous nos plans. Et on a bien fait puisqu'il est arrivé… le 1 août.

    Nous avons donc dû attendre la fin d'un été qui n'en finissait d'ailleurs pas d'arriver pour enfin partir à notre tour.

    Direction Venise, pour changer. Mais cette fois, fini de se laisser mener l'agenda par le bout du nez des avions ou plutôt des compagnies aériennes. L'Homme a décidé de descendre en voiture. Et finalement, comme souvent, ce fut une bonne idée. Les deux jours pour descendre m'ont permis de décompresser doucement. On s'est arrêté dans le Valais, là où on a passé plus de 30 ans d'une partie de nos étés et on a mangé tous nos souvenirs sur la carte, de quoi ne pas se sentir trop bien au sortir de table. Puis on a passé les Alpes et nous nous sommes arrêtés à Bergame où on a retrouvé un restaurant qui n'était, lui, plus tout à fait comme dans nos souvenirs, mais où nous étions bien malgré tout.

    Et au troisième jour, Venise fut. On a retrouvé "notre" sous-toiture et sa petite terrasse. Deux jours de soleil pour commencer, deux jours de farniente. Puis retrouver nos différents restaurants préférés de gros gourmets. A force d'aller toujours aux mêmes endroits, on finit par connaître beaucoup de monde et on arrive même à comprendre les liens entre les uns et les autres et se rendre compte que, comme toujours, le monde est vraiment petit. 

    Retrouver J et S pour 3 jours qui deviennent, comme nous, des habitués des lieux. 

    Découvrir Sant'Erasmo, l'île qui sert de potager à toute la lagune et sa petite plage improbable. 

    Et partir à reculons en souhaitant revenir au plus vite.

    Retour à la maison pour découvrir avec horreur l'appartement ensablé. Les travaux de sablage de la façade ont démarré et les vitres n'ont pas été bien protégées. Le sable s'est infiltré partout et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, tout, absolument tout l'appartement s'est transformé en plage. De quoi ruiner quinze jours de détente totale.

    Mais on a tout laissé en l'état puisque deux petites frimousses nous attendaient avec leurs mamans pour prendre la route de Disneyland Paris. 

    Deux jours dans ce monde totalement féérique où on oublie tout, même les appartements sahariens. 30 ans plus tard, la magie opère toujours et j'ai savouré chaque minute.

    Voilà, les vacances tant attendues sont finies. On rentre à la plage, je la laisse à l'Homme et je m'en vais garder sa mer maman pendant que sa soeur prend ses vacances à la côte belge ;-).

     

  • Amour à Venise

    IMG_6032

     

    C'était prévu en mars. Annulé pour cause de pandémie. On a pris le risque de reporter fin septembre après le mariage de Q et K. 

    Le mariage, lui a été annulé. Reporté en septembre 2021. 

    Mais nos dix jours rien qu'à deux ont été maintenus. Et nous ont fait un bien fou. Pas d'horaires. Pas de contraintes. Se lever quand le corps nous en dit. Retrouver nos restaurants favoris où non seulement on nous dit à nouveau Bentornati mais où on nous dit maintenant A l'anno prossimo. Ils ont compris que nous étions des inconditionnels et que même ce satané Corona ne nous a pas empêchés de nous rendre à notre rendez-vous annuel. 

    Deux jours de soleil où nous avons lézardé-bouquiné sur notre terrasse-toit (ma conception des vacances parfaites – du soleil et 3 ou 4 bouquins en même temps); deux jours de pluie désagréable et donc orgie de musées – deux expos photos, l'une émouvante de Henri Cartier-Bresson, l'autre fantasque et joyeuse de Lartigue, une expo présentant une soixantaine d"oeuvres en tous genres que j'ai vraiment peu appréciée et notre première visite au musée Guggenheim que par contre j'ai adorée. 

    Quelques jours de grisaille ensoleillée, de déambulation dans cette ville adorée, allégée de son tourisme de masse, le nez en l'air, sans guide dans les mains, luxe suprême. 

    Et olive sur le Spritz, un homme détendu, sérénissime, joyeux, heureux. Et ça aussi, ça n'a pas de prix.

  • Un weekend sens dessus dessous

    IMG_0242

     

    Quel merveilleux weekend ! Tous mes sens ont été chamboulés. 

    Vendredi après-midi, j'ai pris congé et nous avons commencé le weekend par fêter une nouvelle fois mes soixante palais dans ce restaurant gastronomique qui enchante mes papilles. A nouveau, ce fut une explosion de saveurs et de parfums, un plaisir des yeux aussi. A une seule exception près – et non des moindres – je n'ai jamais été déçue par cet "artisan du goût"; bien au contraire, il parvient à me bluffer à chaque fois. Difficile de sortir de là en fin d'après-midi et d'aller faire son supermarché du vendredi soir. Je me suis vraiment sentie comme Cendrillon après les douze coups de minuit….

    Samedi matin: Soin lift chez l'esthéticienne pour remonter d'un demi-cran ce qui retombera de deux crans dès le soir. Mais qu'importe, ce soin du visage me fait un bien fou et quand j'enchaîne avec un shampooing chez le coiffeur et que le massage du cuir chevelu est juste divin, je ronronne. C'est là que j'apprends à la délicieuse masseuse capillaire que le mot lui-même "shampooing" vient d'une langue indienne et signifie justement "masser".

    Samedi après-midi: c'est la course… des courses. Il faut faire vite, Sappho vient dormir chez nous ce soir et elle arrive vers 17h30. On arrive plus ou moins à boucler notre tour et être là quand la princesse arrive. Une fois qu'elle sera couchée, on pourra finir le gâteau de Clara pour demain. C'est sans compter Quentin et Kerya qui reviennent de Prague et ratent leur connexion train de Charleroi à Bruxelles. Allo Papa ? Les finitions du "terrain de football" attendront donc le retour de l'Homme dont la précision pour découper des lignes de terrains dans du sucre de couverture est inégalable.

    Dimanche matin: j'ai dormi avec Sappho, le nez dans ses cheveux de soie au parfum d'ange. Et ce plaisir, à nul autre pareil, est indescriptible.

    Dimanche après-midi: c'est l'anniversaire de Clara et on se retrouve tous au complet chez elle pour souffler ses 14 petites flammes, grignoter quelques centimètres du terrain de foot et jouer une partie de Cluedo pour clôturer l'après-midi. Pendant ce temps, deux petits monstres manipulent sans ménagement les vieux jouets de Sis'Cile qui perdent quelques plumes au passage.

    Dimanche soir: concert fabuleux. Un des plus grands ténors du moment qui revisite les mélodies viennoises de sa grand-mère. Je suis aux anges. Je l'adore comme une vieille midinette décatie, Vienne m'enchante et ces mélodies (non pas que les valses de Strauss, pas que….) tournent en boucle dans ma tête. Pur bonheur pour mon cinquième sens.

     

  • Délicieux Noël

    DSC_7266

     

    Délicieux le repas, l'Homme a vraiment l'art de mettre les dindes en valeur. Euh non, je ne dis pas ça pour moi mais plutôt pour celle qui s'invite maintenant chaque année à Noël. Lui aimerait passer à autre chose mais tout le monde en redemande, à son grand dam.

    Délicieux les mises en bouche et les desserts de Swiss'Sis, Sis'Cile et moi.

    Délicieux les allées et venues des petits dans nos pattes pendant les journées de préparation du 23 et du 24.

    Délicieux les cadeaux échangés sous le sapin.

    Mais surtout surtout, délicieux moments d'un Noël incroyable où personne n'était de mauvaise humeur.

    Un seul regret, la fatigue extrême et l'infection virale de Mamy qui l'a empêchée de se sentir bien. 

  • Weekend en clair obscur

    Fullsizeoutput_28b0

    Dernier weekend avant les vacances. J'ai eu envie de réunir les enfants pour un dernier brunch d'été avant de partir. Evidemment, je ne sais pas faire simple, j'aime trop mettre les petits plats dans les grands. L'Homme s'y met aussi et veut mettre les grands plats dans les petits. Tout cela demande malgré tout une certaine organisation et un timing suisse. Sans compter qu'il me fallait caser le coiffeur et la coupe d'avant vacances. Alors quand des amis appellent pour manger un petit bout le soir pour nous voir encore une fois avant les vacances, je panique bêtement. Bien sûr, j'ai envie de les voir aussi mais ils ne rentrent pas dans mon planning. Je me sens totalement envahie par le stress. Je sais qu'il faut aussi préparer la réunion de copropriété où L'Homme ira avec celui de Sis'cile représenter ma maman. C'est la première fois et ce n'est pas un dossier facile, un minimum de préparation s'impose. Tout mon coeur voudrait accepter l'invitation mais toute ma tête repousse violemment cet élan du coeur. Je finis par refuser parce qu'"elle" me dit toujours de dire les choses sincèrement et de penser parfois à moi et dès cet instant, tout s'apaise. Mais je crois bien qu'elle a eu quelques difficultés à comprendre mon choix.

    Plus tard dans la journée, nous recevons l'appel d'une autre amie qui nous annonce que son mari, notre ami, atteint d'une leucémie, a vu le médecin qui lui a annoncé la fin des prolongations. Il est maintenant en sursis et souhaite nous voir si possible avant notre départ en vacances, sinon très vite après. On convient d'une date à notre retour. Mais au petit matin, je me suis ravisée. Et nous avons convenu de nous voir le dimanche soir.

    Le dimanche, dès onze heures, tous les enfants, les originaux, les beaux et les petits nous ont rejoints pour le maxi-brunch de Bonnie et Nonno. Le plus délicieux de tout était bien entendu le moment passé ensemble, les retrouvailles de Zules et Fofo, les voir tous réunis et si bien assortis. Tellement meilleur que ce qui se trouvait dans l'assiette, ce qui n'était déjà pas négligeable.

    Et le soir, nous sommes allés voir cet ami, un noeud à l'estomac, ne sachant pas si nous allions lui dire au revoir ou adieu. Parler de tout et de rien, de son traitement, de sa fatigue, de son désir de profiter encore un peu d'elle, de ses enfants, de ses petits-enfants, d'écrire ses mémoires, de son chagrin à elle qui aurait encore bien signé pour 20 ans de plus avec lui, du déménagement qu'ils devaient faire mais qu'elle fera sans lui…. Leur fille était là, enceinte d'un petit-fils qu'il ne verra sans doute plus et leur fils nous a rejoints et nous avons parlé d'un pain à la croûte sublime d'un nouveau boulanger installé en ville et du champagne que nous lui avons apporté et qu'il trouvait "long en bouche".

    On est repartis, le coeur dans les chaussettes, presque embarrassés d'être si vivants.

  • Et janvier a filé

    79db9543158930af064f744a50bce90c

    Le lâcher prise, c'est bien mais à force, on perd un peu pied sur tous les tableaux. Un peu comme les apprentis nageurs, quand on accepte de lâcher la perche ou le bord de la piscine là où on n'a pas pied, il faut aussi apprendre à ne pas paniquer et essayer de garder la tête hors de l'eau. Moi, à force de lâcher prise, je perds un peu le contrôle de tout. Ce blog est négligé, peu entretenu, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à dire. Ma pile de livres à lire menace de s'écrouler, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à lire. Voilà bientôt un an que je me suis offert le mercredi après-midi en me jurant de prendre du temps pour moi. Combien d'expos aurais-je vu en un an ? Deux ? Trois ? Grand maximum. Mais à quoi passé-je donc mon temps ? Et pourquoi file-t'il si vite ?

    Qu'avons-nous fait de ce janvier ? A part les éruptions urticantes de l'Homme qui ne sont toujours pas résolues et qui occupent nos conversations un jour sur deux, le mois s'est à nouveau écoulé entre délicieux moments, nouvelles joyeuses et nouvelles tristes à pleurer, jolis spectacles, réflexions hautement philosophiques et routines rassurantes.

    Un moment sublime et délicieux dans tous les sens du terme dans ce restaurant 2 étoiles incomparable, indécemment cher mais bluffant, en compagnie non moins délicieuse.

    Un essai de guimauve, pas mauvais mais esthétiquement perfectible.

    De nouveaux draps tellement tellement agréables.

    Ce foutu pèse-ma-personne qui me balance un chiffre indécent. Janvier, je te déteste !

    Une soirée d'hommage à Nat King Cole, pas déplaisante mais trop fatiguée pour en profiter vraiment.

    L'annonce de la mort d'un enfant de onze ans, que ses parents ont quitté sur un quai de gare, tout joyeux de partir à la neige. Il mourrait le lendemain, victime d'une rupture d'anévrisme insoupçonnée. Je sais que chaque jour tant d'enfants meurent mais quand ce drame touche des amis qui vous sont proches, je suis chaque fois plus bouleversée que je ne le voudrais.

    Un petit moment tout court avec Jules, le temps d'aller le chercher à la crèche et de le ramener à sa maman. Un petit moment très court mais pendant lequel j'aurais pu le manger tout cru dix fois.

    Des moments plus longs avec Mademoiselle Sappho, de plus en plus loquace et si charmante.

    Trois petites heures à la maison-jardin, le temps de récupérer quelques bûches. Arrivés en presque fin d'après-midi, à cette heure mi-figue mi-raisin qu'on dit entre chien et loup, une fois la chaleur revenue dans la maison, le simple fait de passer la porte et de rentrer dans la cuisine réchauffée vous envoie au visage un parfum chaud particulier qui n'appartient qu'à cette maison et qui fait revivre instantanément mon papa. Et j'ai furtivement essuyé les quelques larmes glissant sur mes joues et mon nez qui n'a pas résisté à se plonger dans son écharpe accrochée au porte-manteau.

     

  • Un moment hors du temps

    DSC_0827

     

    Deux petits pieds de part et d'autre de mon poignet, cinq petits doigts autour de mon index. Sous ma main bat sa fontanelle comme un oisillon à peine éclos. Mon pouce caresse sa joue de soie, ses yeux gris bleus bien plantés dans les miens. C'est un moment hors du temps où plus rien d'autre n'existe. Et pour une fois, une petite fois, je me laisse aller à vivre le moment présent. Pleinement. 

  • Nostalgies

    Teps_539487765

     

    Sur la route des vacances, on oscille entre Radio Nostalgie et l'Info Trafic. Ca roule plutôt bien. Les vieux morceaux s'enchaînent et mon esprit vagabonde. Il y a les morceaux que j'adore, les morceaux qui ne me parlent en rien et puis, il y a les morceaux qui éveillent une image. Toujours la même. Je veux dire, une chanson bien spécifique fait naître un souvenir bien particulier. 

    Juste quelques-uns, entendus là sur la route:

    Like a virgin de Madonna: Je suis à Turin. J'ai laissé mari et enfants à grands regrets à Bruxelles. L'Homme a dit que c'était une opportunité en or, qu'on devait partir, ce serait bien pour les enfants, cette ouverture sur autre chose. Moi, je ne voulais pas mais je me suis laissée faire. Mais il fallait que les enfants terminent l'année scolaire, le temps que je passe la période d'essai. Pas la peine de déménager toute une famille si on ne me gardait pas à l'issue de cette période. Donc, pendant neuf mois, j'ai fait l'aller retour Bruxelles-Turin et obtenu de travailler trois jours sur place et deux jours à distance, histoire de ne pas me priver de trois petits enfants, si petits, que les trois jours hebdomadaires de sevrage me restent encore en travers du coeur, 25 ans plus tard. 

    Madonna donc. Il faut préciser que ce nouveau boulot n'était que la prolongation du précédent et que je n'étais pas seule à partir. Nous étions 30 collègues à quitter Bruxelles et à nous retrouver pendant quelques temps, logés dans le même hôtel, accolé au bureau, le temps de trouver un logement plus permanent. Trente garçons et filles entre 20 et 35 ans. Tous célibataires et plein de fougue. Sans enfants. J'en avais 35 et 3 enfants. Après le boulot, on se retrouvait tous au bar de l'hôtel. Et Silvana chantait Madonna. Dansait Madonna. Et me subjuguait. Ce morceau reste à jamais associé à cette courte période d'insouciance en contradiction avec mon statut de maman de 3 jeunes poussins.

    Roxane de Sting: J'ai 20 ans. La vraie insouciance cette fois. Je ne dois penser à rien d'autre qu'à mes études et mes amours. Je fais des pauses à la cafetaria qui n'est rien d'autre qu'un deux-pièces au premier étage d'une vieille maison délabrée. On boit de la bière, beaucoup, on joue aux cartes, on rigole. On chante aussi. Tout le répertoire des chansons d'étudiants. Et on revisite les tubes du moment. Ro-xaaaaan est devenue Weeeeeb-ster du nom d'un petit bouclé un peu timide qui se faisait chambrer chaque fois qu'il passait le bout de son nez à la porte de la cafetaria. Je ne chante plus jamais Ro-xaaan d'ailleurs mais bien le nom de ce type dont je me demande bien d'ailleurs ce qu'il est devenu.

    The battle of Jericho des Golden Gospel Singers: Je suis à nouveau à Turin. L'Homme et les enfants m'ont rejointe. L'Homme fait l'aller-retour entre Bruxelles et Turin à son tour pendant quelques mois. Au printemps suivant, je n'y tiens plus, lui non plus, il prend une pause carrière de quelques années et joue les papas au foyer au grand bonheur de tous, sauf moi peut-être qui aurais secrètement préféré le scenario renversé. Probablement à cause de ce manque des enfants à jamais imprimé dans ma peau. Ce sont néanmoins les années de la vie douce en Italie. L'appartement est vaste, chaque enfant a sa chambre, la terrasse est une pièce de vie à part entière. Le boulot n'est pas simple, j'ai accepté un job au-dessus de mes compétences mais on m'a tellement seriné que je me sous-estimais que j'ai fini par y croire. Je l'ai payé par après mais c'est une autre histoire. En attendant, la vie était douce. Pas d'heures supp', le temps de prendre un cappuccino le matin entre copines/futures sorcières, lunch avec l'Homme le midi, des enfants dorés comme des brioches, gais comme des pinsons, heureux comme des poissons dans l'eau dans cette bulle de bonheur. Le premier ordinateur, les débuts d'Internet, le jeu video en famille – le papa qui joue à Tomb Raider et les enfants qui jouent les supporters sur ses genoux ou dans son dos -. Pas de mp3 encore, mais un lecteur CD à cinq platines, le luxe. Et The Battle of Jericho qui tourne presque en boucle pendant qu'on range la maison, en sautillant au-dessus des rayons de soleil qui rentrent par les porte-fenêtres et baignent la maison entre ombre et lumière. 

    Bye bye Baby des Bay City Rollers: J'ai 15 ans. Je suis à la mer avec elle. C'est ma meilleure amie. Celle qu'on adore par dessus tout à l'adolescence, qu'on quitte à quatre heures à la fin des cours et à qui on écrit une lettre le soir parce qu'entretemps on a mille choses à lui dire. Ses parents m'ont invitée à passer une semaine avec eux à la mer pendant les vacances de Pâques. On parle jusqu'à plus soif. On se promène, on saute depuis la digue dans le sable, des sauts d'une hauteur inimaginable, on n'a peur de rien à cet âge là. On a repéré deux frères plutôt mignons. Etienne et Stéphane. Elle choisit Etienne, moi Stéphane. Il est né le 1/9, moi le 9/1. C'est un signe indéniable que nous sommes faits l'un pour l'autre. Nous sommes bêtes comme le sont les ados. Elle a acheté une eau de toilette au parfum très frais. Eau jeune. J'adore. Et les Bay City Rollers passent en boucle.

  • Le monde est vraiment petit petit

    IMG_2948

     

    Je l'ai déjà dit, si on creusait un peu, on pourrait mélanger nos racines avec à peu près n'importe qui.

    L'autre soir, Lohengrin de Wagner à l'opéra, cadeau de Noël des enfants. 4h30 de spectacle, donc forcément une petite pause technique à l'un des entractes s'impose. En sortant des toilettes, je tombe nez à nez sur une de mes collègues. Salutations plus ou moins distinguées. En fin de spectacle, re-belote, je tombe à nouveau sur la même collègue mais cette fois, accompagnée de Monsieur. On se salue à nouveau, on fait les présentations. Généralement, moi, je présente l"Homme par son prénom. Mais elle me présente le sien par ses prénom et nom. La carte de visite complète. Paul-Henri Durand (toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant réellement existé ne saurait être que fortuite). 

    Ce nom m'est tellement familier mais ma mémoire refuse de l'identifier immédiatement. Ce visage ne me dit rien, je ne le connais pas. Son nom oui, très bien. Devant ce paradoxe, mon cerveau bugge. On se dirige vers le vestiaire et dans la bousculade, on se perd de vue. 

    Et puis soudain, mon cerveau retrouve un semblant d'activité. Ce Paul-Henri Durand mais c'est bien sûr ! 

    Pendant 2 ans, mon papa a été instituteur. Deux petites années seulement. Voire moins. Le temps de deux-trois remplacements. Il en a gardé une forme de nostalgie et a gardé, collectionneur en herbe, tout, absolument tout ce qui avait trait à cette période bénie pour lui. Cahiers des premiers de classe, petits mots d'excuse des parents, rédigés avec tout le respect reconnu aux professeurs en ce temps-là, lettres de remerciement des élèves à Monsieur le Professeur….

    Quelques années plus tard, je suis devenue une petite fille qui jouait à "école". J'étais une maîtresse hors pair. Et j'utilisais comme modèle les beaux cahiers des premiers de classe, ceux de …… Paul-Henri Durand, je lisais les petits mots d'excuse de la maman de Paul-Henri et il y a fort à parier que la lettre de remerciement était écrite de sa superbe écriture.

    Quand, le lendemain, j'ai demandé à ma collègue si par hasard…., elle lui a téléphoné illico et m'a confirmé que oui, Paul-Henri se rappelait très bien de mon papa et qu'il aurait beaucoup aimé le rencontrer.

    Le monde est vraiment petit, petit…..

     

  • Rien que pour moi

    Singin001

     

    Après des années de lutte contre mon esclavagiste de mari, j'ai pris la liberté de ne plus attendre son consentement de principe. N'exagérons rien, surtout en cette journée de la Dame, je ne suis pas femme à demander la permission. Mais j'aime que les choses soient décidées d'un commun accord, je tiens compte de son avis, je suis une adepte du compromis. J'espère que les choses sont claires. 

    Et donc, malgré sa réticence tenace, colérique ou bougonne selon les saisons, j'ai finalement introduit une demande de temps partiel. Oh un trois fois rien, juste le mercredi après-midi. Et encore pour ne pas trop alléger la bourse – parce que tu comprends bien, si tu fais ça, tu vas devoir revoir ton train de vie !, comprenez : tu veux partir en petits city trips par ci par là mais il faudra réduire tes ambitions en la matière mon chou. Ben oui forcément, on ne va pas réduire les bons cigares cubains ou les bonnes bouteilles italiennes ou portugaises quand même !. Donc, pour ne pas trop alléger la bourse, disais-je, je compense mon mercredi après-midi de moitié en rallongeant les 4 autres jours de la semaine d'une demi-heure. Pour faire court, je prends un 95% qui me laisse quand même une après-midi entière.

    Et hier, pour la première fois depuis Mathusalem, je me suis retrouvée avec une après-midi pour moi. Ou presque. C'était juste divin. A un moment dans l'après-midi, au sortir d'une exposition et en ouvrant mon parapluie sur les pavés luisants de la Grand-Place, j'ai murmuré pour moi toute seule: "P….., je m'éclate !". J'ai filé chez le coiffeur, demandé une petite coupe revigorante et puis j'ai rejoint Maman pour passer un peu plus de temps avec elle que les mercredis habituels.

    Mais pourquoi, pourquoi j'ai attendu tout ce temps !? Je le sais pourtant, que tout ce que j'ai décidé malgré ses cors et cris n'était que tout bénéfice. Ah le manque de confiance en soi, quelle plaie !